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 Entre chien et loup (P.V. Charlie)

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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Dim 7 Fév 2016 - 0:15

Je regardais derrière moi, le bruit se rapprochait toujours plus, inquiétant, amenant avec lui une vague d’adrénaline et de peur dans mes veines. Par bien des côtés, j’avais eu de la chance d’être « tombée » sur le géant. S’il connaissait un endroit où me réfugier en attendant, je ferais bien de le suivre. Je ne souhaitais pas qu’Hayden me retrouve transformer en zombie ou morte, la tête éclatée sur le sol. Ce n’était pas une belle image que je souhaitais qu’il eut de moi. Je ne voulais pas terminer comme cela tout comme je ne voulais pas qu’il devienne ainsi. Hayden était cet homme blond que j’aimais tant et qui resterait à jamais graver dans ma mémoire et dans la mémoire de mon corps, cet homme charmant, charmeur et souriant ne pouvait pas devenir de ces êtres immondes et assoiffés par le sang, pas mon Hayden.

Comme dans les livres de conte, j’osais me dire que je le retrouverais, malgré tout le temps que cela pourrait prendre, malgré tout ce que l’on pourrait me dire et malgré tous les efforts que je devrais déployer pour le retrouver. Toutefois, j’étais persuadée que de son côté, Hayden était en train de chercher à revenir à la maison – où je n’étais plus. Deux personnes recherchant l’autre personne ne pouvait être que favorable, nous finirions par nous retrouver. Le plus tôt serait le mieux, mon homme me manquait tellement, atrocement que je sentais le manque physiquement. Avais-eu raison finalement d’être partie de Ravensdale ? S’il y était allé, il ne verrait que le mot que j’avais laissé sur la table en guise d’explication. Je ne donnais rien de précis puisque moi-même je ne savais pas vers où j’allais mis à part que je voulais me diriger vers Seattle.

Suivant de près le géant, je continuais à marcher et à regarder les alentours. Il tuait avec une grande dextérité les rôdeurs, je n’avais que peu de travail. Il semblait avoir vécu longtemps à la dure, s’il savait que j’étais dehors depuis seulement quelques jours, il rirait bien en pensant qu’une novice de mon genre mourrait bien rapidement. Le géant emprunta un pont mobile, je n’étais pas rassurée en le voyant passer et en voyant le pont vaciller dangereusement. J’attendais qu’il ait terminé la traversée pour entreprendre la mienne, Gary à mes côtés. Mon chien ne semblait pas rassurer, mais à force de caresse et de mots doux, il finit par me suivre. Agile, il ne tomba pas, moi non plus. Heureusement, la mort aurait été au rendez-vous dans ce cas-là. Je m’efforçais de ne pas jeter d’œil en bas, me concentrant que sur le point d’arrivée, jusqu’à ce que j’eus touché le sol dur.

Une fois sur l’autre rive, le géant s’éloigna un peu de moi, je ne savais pas si c’était pour mieux me jauger ou pour me laisser le temps de le voir et de ne pas être trop effrayée. Les mains sur les côtes, je reprenais ma respiration, sereine d’être encore vivante. Pour le moment. Pourvu que cela dure. Il m’expliqua qu’il y avait une tour d’observation à cinq minutes de marche et qu’il s’agissait d’un bon refuge pour se reposer. Je regardais le doigt qu’il pointait en direction de l’abri. Il me remercia également de l’avoir aidé et de ne pas l’avoir attaqué. Cela aurait été bien bête de ma part, cela aurait sans doute terminé avec ma tête au bout d’une pique.

- Oh, très bien, je comprends que vous ne puissiez pas rester. Merci à vous de m’avoir été d’une si grande aide et d’une si grande générosité, lançais-je. Le géant ne semblait décidément pas méchant. Je devrais peut-être me méfier, mais dans son regard passait un message qui m’indiquait une grande gentillesse.

A ce moment-là, étrangement, Gary vint se placer vers le géant. Mon chien semblait bien l’apprécier et pour cela, le sixième sens de l’animal ne pouvait pas me tromper. L’homme le caressa et semblait éprouver beaucoup de plaisir à le toucher, la scène était touchante. Il était rare maintenant d’assister à de telles choses. Alors, l’homme se redressa et ouvrit une barre chocolatée. Je n’avais pas mangé de chocolat depuis bien longtemps et mon estomac grogna de plaisir. Avec une très grande surprise – pour moi – l’homme me tendit un morceau de barre.

- Merci beaucoup, c’est très gentil, lui répondis-je avec un faible sourire.

Il me demanda alors s’il pouvait en donner à Gary.

- Cela aurait été avec plaisir si cela avait été autre chose que du chocolat, je crois que c’est une sorte de poison pour les chiens et je ne veux pas tenter la nature en lui accordant ce droit, lui dis-je encore, heureuse qu’il me l’ait demandé. Certaines personnes n’auraient pas prises la peine de me demander mon accord.

Je sortis de mon sac un bol que je remplis de croquettes. J’étais pratiquement à sec et je n’avais aucune idée de ce que je pourrais donner à Gary pour que lui aussi puisse se nourrir convenablement. Mon pauvre animal devait avoir faim.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Sam 13 Fév 2016 - 13:42

Dame- Merci beaucoup, c’est très gentil.

Le mastodonte regarda la sublime dame prendre délicatement le morceau de plaisirs sucré avant de l’enfouir entre ses lèvres pulpeuses. Voir les mouvements de mastication et le jeu des muscles faciaux de l’ange aux yeux d’émeraudes fit monter le rouge aux joues mal rasées de l’homme. Il ne comprenait pas pourquoi, mais il aimait ce qu’il voyait. Détournant le regard de l’expression d’extase qui venait de s’afficher sur le visage aux traits magnifique de la jeune femme, Bobby fit un tour d’horizon pour surveiller, évité d’avoir de mauvaises surprises. La voix presque chantonner, une douce musique pour l’ouïe amoindrie de la bête, de l’être céleste permis à Bobby se replonger son regard bleuté à la profondeur si pure dans les émeraudes de celle-ci.

Dame- Cela aurait été avec plaisir si cela avait été autre chose que du chocolat, je crois que c’est une sorte de poison pour les chiens et je ne veux pas tenter la nature en lui accordant ce droit.

La honte et la tristesse détériorent subitement les traits atypiques du géant difforme. Un peu plus et l’horrible faciès pourrait se transmuter en pierre et faire office de gargouille sur les clochers d’église. Robert venait de comprendre pourquoi Rocky, le chien du patron de la mine et son seul véritable ami de cette époque troublée, avait trépassé. Chaque midi, le chien fidèle venait retrouver le géant pour lui tenir compagnie. Le mineur ayant une apparence de cauchemar dinait toujours tout seul. Il préférait éviter que les autres ne le voient et surtout ne pas entendre leurs mesquineries et leurs remarques blessantes. Mais qu’importe la cachette, Rocky découvrait la lie de l’humanité et sans un mot, venait se coucher à ses côtés. L’immense main du colosse flattait alors doucement le pelage ras du chien et il séparait son repas pour les deux. Tout, du sandwich et la soupe juste au dessert chocolaté. Des bruits, semblables à du verglas qui tombait sur un toit de maison, sortirent le lunatique mastodonte de ses pensées. Regardant le chien se jeter sur le bol de nourriture avec une faim frôlant l’indécence, un sourire naïf et surtout bienveillant se déposa sur les lèvres exsangues de Robert. Seule ombre à ce tableau joyeux fut le chœur macabre des goules prisonnières de la fosse à leur côté. Un chant funèbre et même rassembleur, indiquant aux âmes en peine tout près qu’un être vivant était devenu leur proie. Dès que le chien releva le nez de son bol nettoyé, Bobby prit le contenant et le tendit à l’ange. La voix rocailleuse et un peu intimidante, mais au fond remplie d’une gentillesse insoupçonnée s’éleva alors dans l’air.

Robert- Désolé madame, mais on doit partir… Euh… Les méchants qui mordent appellent leurs copains… Euh… Je vous montre la tour c’est sur le même chemin que le chalet… Euh… J’espère arriver avant Juliane.


Se décalant alors près de l’ange à la beauté aveuglante, essayant de cacher sa laideur, le monstre de foire l’escorta alors sur un petit sentier presque laissé pour compte. Devant des obstacles que les grandes enjambées du colosse franchissaient aisément, Robert donna toujours la main à l’être divin pour lui faciliter le passage. Bobby des tremblements d’angoisse d’être aussi auprès d’elle, ayant honte de son corps repoussant et couvert de cicatrices qui était le sien. De son esprit lent et de ses carences intellectuelles. Comme si la proximité de l’aura de pureté de l’être divin amplifia ses défauts. De son ton et lent, il désigna les oiseaux dans les arbres et parla simplement.

Robert- Euh… Les oiseaux sont gentils. Ils n’aiment pas les méchants qui mordent et ne chantent plus pour nous prévenir… Euh… Écoute toujours la nature… Euh… Elle est ton amie…


Rendu près d’un ruisseau chantant, Robert parut gêné sur le coup. Du rouge monta alors à ses joues et il détourna le regard. Il dit alors d’une voix basse.

Robert- La tour est près, mais on doit traverser… Euh… Les rochers à la surface sont glissants. Euh… Si tu ne veux pas te mouiller les pieds, je peux te faire traverser…


Il allait se soumettre à la décision de l’ange, mais il se surprit à vouloir tenir la main de la dame comme il l’avait fait à Abigail un peu plus tôt. Il ne comprenait aucunement cette envie soudaine et il le fit sombrer dans son subconscient. Quand l’épreuve fut accomplie, le duo des plus étranges arriva enfin devant la tour d’observation. C’était un lieu pour mettre une vigile pour surveiller les risques d’incendie de forêt et portés assistance aux randonneurs. Une volée de marches emmena la bête ignoble et l’être de perfection dans l’habitation située au sommet des pilotis. La barrière était ouverte et après un examen soigneux de l’aire d’habitation, aucun danger ne se déclara alors à Bobby. Refermant la sécurité de la porte, le colosse entreprit de faire ronfler un feu dans le poêle à combustion lente. Les lieux étaient assez disparates, ne comptant qu’une grande pièce et deux petites. Une toilette avec douche et une chambre au lit simple. Souriant avec une douceur et une gentillesse dont lui seul avait le secret, la bête de foire posa doucement à l’ange au regard d’émeraude une simple question.

Robert- Euh… Je vais faire à manger avant que j’aille voir Juliane… Tu as surement très faim?


Sortant de son sac les diverses conserves de nourritures prises dans la remorque, un sourire béat se dessina sur les traits atypiques de l’homme. Laissant le choix de conserves sur la table pour que la dame puisse faire la sélection, le golem de chair farfouilla en dessous de l’évier. Sortant un sac de croquettes aux poulets pour chien, il le tendit au-dessus de sa tête avec une lueur triomphale dans son regard bleuté. L’ancien Ranger devait avoir un chien pour l’accompagner lors de ses surveillances mornes, car au pied du lit se trouvait un coussin pour le quadrupède.



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Dim 21 Fév 2016 - 21:12

Spoiler:
 

J’avais décidé de faire confiance, à mes risques et périls, au géant. J’espérais ne pas le regretter, mais une main secourable était la bienvenue. D’autant plus que j’étais épuisée et j’avais envie de dormir, s’il pouvait me procurer une cachette me permettant de me reposer en toute sécurité, je ne pouvais pas refuser. C’était là une chose impossible. Mon refus, par rapport au don de nourriture pour Gary, semblait apporter une tristesse au géant et étrangement, je me sentais coupable de lui infliger la moindre tristesse. Il semblait être le genre d’homme qui avait toujours beaucoup souffert dans sa vie, ses traits le montraient quelque peu, je ne voulais pas lui rendre son existence encore plus difficile. Toutefois, lorsqu’il vit Gary manger, le sourire lui revint au visage. Peut-être lui avais-je rappelé une mauvaise passe de son existence ? A moins que ce ne soit Gary. L’homme semblait apprécier la compagnie des chiens, il est vrai que moi-même, j’étais heureuse et ravie que Gary était là, à mes côtés. Il était d’un tel soutien, ne serait-ce qu’un soutien moral ! L’homme attendit que le chien finisse avant de me dire qu’il était temps pour nous de repartir.

En effet, j’entendais encore le râle des mordeurs, on devait partir de cet endroit au plus vite. Je ne voulais pas devenir comme eux. Pas tout de suite. Jamais en fait. J’essayais de l’encourager avec un sourire, quoi qu’un peu timide, lorsqu’il m’expliqua qu’il allait me montrer le chemin de la tour qui était sur le même chemin que le chalet où se trouvait Juliane. C’était drôle de voir qu’il pouvait y avoir plusieurs Juliane. Je n’en connaissais qu’une seule dans ma vie, c’était elle qui m’avait apportée le déclic dont j’avais besoin pour partir à la conquête de mon homme. Je voulais le retrouver, coûte que coûte.

Cela aurait été un heureux hasard si la Juliane qu’il allait retrouver prochainement et la Juliane que je « venais » de quitter soit la même personne. Je suivis l’homme sur l’étroit sentier et avec l’aide du géant, je pus le suivre sans grande difficulté. Il me tendait toujours la main quand on devait grimper et il était étrange de voir ma main, si petite, dans celle du géant, si grande. Il était également étrange de voir ma main dans celle d’un autre homme. Enfin… ce n’était pas comme si je trompais Hayden, je n’avais aucun sentiment pour l’homme. C’était seulement de la courtoisie, pure et simple. Mon homme me manquait tellement.

Je souriais davantage lorsque l’homme, d’un ton très maladroit, me souligna qu’il fallait toujours écouter la nature. C’était le mieux quand on ne voulait pas se faire manger par un rodeur trainant dans les environs. Il fallait toujours être à l’affut pour ne pas finir dans le ventre d’un autre. La vie était devenue épuisante, toujours à devoir surveiller ses arrières pour éviter de devenir un casse-croute. Finalement, baissant la voix, il expliqua encore que la tour était tout près, il fallait traverser une rivière. Je rougis lorsqu’il me proposa de m’aider à passer la rivière s’il ne voulait pas que je me mouille les pieds.

- Ça ira, je ne suis pas une de ces femmes qui ne savent pas marcher sur des pierres dans l’eau, dis-je en plongeant mes pieds dans l’eau froide.

Je lui accordais toutefois le droit de me tenir la main, connaissant ma maladresse, cela n’était pas de refus. De cette façon, j’évitais de tomber et lui ne perdait pas de temps à devoir attendre que j’eus terminée puisque nous avions la même cadence pour la traversée. Je le remerciais d’un hochement de tête lorsque nous fûmes de l’autre côté. La tour se trouvait là, sur pilotis. Elle ne semblait pas bien grande, mais suffisamment confortable pour y rester quelques jours. Une fois à l’intérieur, je fus surprise de voir qu’il y avait un poêle. J’allais pouvoir dormir dans la chaleur ! Cela allait être très douillet. Repartir dans la nature après cela serait un exercice couteux et difficile. C’est alors qu’il me proposa de me faire à manger.

- Oh ce serait très gentil, cela fait longtemps que je n’ai pas mangé quelque chose de chaud, dis-je en souriant, mon estomac grondant d’impatience.

Gary se roula en boule sur un coussin qui se trouvait là. Je pouvais souffler un peu. L’homme sortit des conserves et je remarquais avec joie que de la paëlla se trouvait parmi sa sélection. Il farfouilla et trouva, comble de la chance, un sac de croquette.

- C’est le paradis ! Me dirigeant vers l’homme, je déposais le sac à mes pieds et pris ses mains dans les miennes, les serrant dans un signe de reconnaissance extrême. Merci, merci pour tout ce que tu as fait, merci de m’avoir emmené ici et d’avoir sauvé mon chien.

Mon sourire était sincère et tous les mots que j’avais maintenu auparavant trouvait librement sa place ici, dans ce nid douillet où je me sentais en sécurité.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Mar 23 Fév 2016 - 11:19

Depuis la débâcle du stationnement, tout ce qui s’était produit semblait presque irréel pour le colosse au cœur suturé de cicatrices. Que l’étrangère accepte de le suivre, qu’elle lui donne même le droit de lui prendre sa main délicate pour l’aider à franchir des obstacles étaient un pas énorme dans la confiance de l’homme difforme. Avant Juliane, il n’aurait jamais songé un instant à tendre sa main immense et rugueuse, cet appendice couvert de scarifications hideuses, vers une douce apparition qui aurait fait fondre le cœur de n’importe quel homme. Heureusement que Robert n’était pas un humain, mais bien un monstre. Même si certaines personnes lui ont assuré du contraire, la voix de la majorité était encore trop écrasante dans l’esprit lent de la chose. Et au moment qu’il s’était redressé, heureux d’avoir trouvé la pitance pour le quadrupède, une image exquise, mais au-delà des espérances du mastodonte s’imprima avec la douleur d’un tison rouge sur sa rétine. Gary couché en boule sur le coussin, le sourire merveilleux de la jeune dame qui s’avança vers lui. Le visage de l’ange au regard d’émeraude était épanoui et si merveilleux que le golem de chair crut un instant la reconnaitre. Il pense avoir déjà la jeune femme en chemise de carreaux dans les pages du magazine pour adolescente de Sandra. À eu deux, la femme et le chien, représentait l’idéale pour le chainon manquant. Une famille qui semblait heureuse de voir l’erreur de la nature. Mais au plus profond de l’esprit, de l’âme et même du cœur, le colosse aux muscles disproportionné savait pertinemment que ce n’était qu’un rêve hors de sa portée.  Quelle femme sera prête à partager une onze d’amour avec un être de cauchemar, un homme qui n’avait que l’attribut pour l’identifier? Robert n’était qu’une goutte d’eau, sale et corrompue, dans l’océan de choix que les dames pouvaient se permettre. Le regard dans la vague, torturé par ces pensées qui venaient d’envahir chaque parcelle de son être comme un poison, il n’a pas réagi lorsque les douces mains de porcelaine de l’ange au regard d’émeraude se perdirent dans ses paluches immenses et répugnantes.

Dame- C’est le paradis ! Merci, merci pour tout ce que tu as fait, merci de m’avoir emmenée ici et d’avoir sauvé mon chien.


Le géant eut quelques instants pour comprendre que la dame avait faits. Ce simple geste si commun pour tous était trop souvent hors de portée de l’homme si souvent brisé. Un sourire, un contact physique spontané qui touchèrent l’âme pure et qui eurent comme conséquences dans un premier temps une frayeur sans nom chez Robert. Un tremblement fit frissonner sa colonne, glaçant son échine.  Son regard bleuté semblait pendant un instant rechercher un endroit pour camoufler sa présence indésirable. Mais après avoir ravalé sa salive et avoir pris un instant pour se calmer, une transformation se profila sur l’horrible faciès de la chose hideuse. La plupart des gens ne n’auraient pas su s’attarder à ces petits détails chez le mastodonte, mais chez les rares personnes dont l'humanité et l'empathie ont su rester intacte peut plonger au travers du regard et contempler ces fenêtres donnant un libre accès à l'âme de l’imposant individu.  Lorsque son humeur initiale change, de la mélancolie ou la prudence vers la sympathie ou la joie, Robert a un sourire frappé du sceau de la sincérité pend sur les lèvres du géant et  les yeux, aux reflets dansants faisant penser au bleu si profond d'un océan par temps clair, doux et rempli de compassion s'illumine pour repousser la piètre apparence physique et laisse cours à un changement nouveau. Une transformation qui prouvait les dires de Juliane. Que le monstre de foire avait une beauté cachée et une âme si pure qu’il resplendissait au-delà des limites de l’impassible. Souriant avec une bonté et une gentillesse que peu de gens peuvent se vanter de posséder, le sosie de Frankenstein par la d’une voix rauque mais infiniment douce.

Robert- Merci de me faire sentir comme un humain madame… Euh… À part Abi, Juliane, ma nièce et ma sœur personnes n’a voulu me toucher. Euh… Je suis un monstre selon bien des gens… Euh…


Laissant à contrecœur le contact soyeux de l’être divin en face de lui, Bobby se leva la main pour permettre à son index de se gratter la joue. Signe d’une intense concentration pour le monstre de foire. Osant poser une question des plus simples, le colosse se jeta à l’eau.

Robert- Euh… Moi c’est Robert ou Bobby. Vous c’est quoi ? Mais si vous ne voulez pas répondre, ça me va…

Écoutant la magnifique voix de l’ange au regard d’émeraude, un sourire ravi s’accentua sur les lèvres exsangues de l’homme. Prenant la conserve que la dame avait choisie, l’homme difforme saisit une casserole et alla se poster près du poêle. Une douce chaleur envahit, autant dans son cœur et son âme, le corps immense du colosse. Robert se sentait bien.

Robert- Ce sera prêt dans quelques minutes… Euh… Ça vous dérange de mettre le couvert? Dans mon sac il a de l’eau…


Tout en cuisinant, une envie soudaine saisit le mastodonte. Une ballade joyeuse, chant qui avait tellement fait sourire sa nièce adorée, lui revint en mémoire. Ces instants qui avaient uni dans le chant l’ange trépassé et le monstre sans le savoir, laissant l’émotion l’envahir, Robert chanta a capella le refrain de la composition écrit par la brillante défunte. Une voix merveilleuse, rauque et si juste s’échappa alors du cœur et de l’âme de la bête. Une voix digne des chanteurs disparus à ce jour résonna dans le cœur du refuge. Chanter fit naître un apaisement pour l’être au cœur chaviré, mais aussi aux oreilles indiscrètes près de lui. Gary se releva même la tête, se demandant si une nouvelle personne venait de franchir le pas de la porte.  Souriant grandement de la joie et de l’allégresse tout à coup rendues à son cœur mis en charpie, la beauté intérieure du monstre se manifesta alors de la plus belle manière qui soit. Un chant pur à la sonorité presque parfaite se produisit alors. Le don caché par la montagne de muscles déformés se dévoila au grand jour. Perdues dans des notes magnifiques rattachées à des souvenirs tristes et heureux à la fois, les paupières de l’être affreux se refermèrent quelque peu. Les paroles poussées avec une justesse incroyable caressèrent les âmes endeuillées…

Chanson:
 

Quand les dernières syllabes moururent dans la pièce, une rougeur gagna les joues mal rasées de Robert. Une honte pas possible venait de naître dans son for intérieur. Il venait surement de déranger la dame. D’une petite voix, un murmure au ton rocailleux,  il s’excusa.

Robert- Désolé, je n’aurai pas dû chanter… Euh… Je ne le ferais plus.



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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Ven 4 Mar 2016 - 10:44

L’homme semblait surpris de mon geste, semblait-il avoir été déplacé ? Cela n’avait pas été dans mon intention, je me voulais être gentille et reconnaissante, toutefois, l’homme semblait… choquer ou quelque chose dans ce gout-là de ce que j’avais osé faire, comme si mon contact était dangereux. Je souris alors pour masquer le malaise et me postais près de mon chien, laissant à l’homme tout le temps dont il avait besoin pour se remettre. J’espérais ne pas avoir mis le géant en colère – vu sa hauteur par rapport à la mienne, il lui suffirait d’un coup, parti à cause de la colère probablement, pour me tuer. Je me sentais tellement fragile à ces côtés, c’était peut-être seulement dû à ma petite taille qui me donnait un sentiment d’impuissance certain. C’est alors que je remarquais que je me trompais : un sourire sincère naquit sur le visage de l’homme, un sourire étrange, un peu difforme, mais qui rendait son visage plus humain. Il devrait sourire plus souvent – peut-être, après tout, n’en avait-il pas eu l’occasion dans ce monde de brute.

C’est alors que je fus surprise de ces paroles. Il me remerciait de le faire sentir comme un humain, peu de gens avaient voulu le toucher auparavant. Je fronçais les sourcils, ne comprenant pas pourquoi les gens étaient rebutés à l’idée d’un contact physique avec le géant. Il m’expliqua alors qu’il était considéré comme un monstre pour certaines personnes. J’ouvrais la bouche pour nier ce dernier fait, mais me ravisais. C’était bien la première chose que j’avais pensé lorsque je l’avais vu la première fois, je l’avais pris pour un mordeur en voyant son physique, malheureusement pour lui, très peu avantageux. Sous ses marques de souffrance physique, l’homme toutefois transparaissait et je ne voyais plus la bête devant l’homme. il transpirait la gentillesse et la bonté et c’était tellement rare dans ce monde – surtout maintenant que les hommes survivants pouvaient se compter sur les doigts d’une main, pratiquement.

- Tu es un homme, tu n’es pas un monstre, les gens qui ont osé penser cela se trompent, il suffit de te parler pour changer d’avis, lui précisais-je alors, pour peut-être tenter de le rassurer.

Je trouvais cela tellement triste qu’un homme puisse se considérer de cette façon, aussi négativement. Ce que je voyais devant moi n’avait pas l’apparence d’un monstre, plus maintenant, loin de là. Puis, finalement, il se présenta comme étant Robert, aussi appelé Bobby. J’aurais largement préféré un diminutif du genre « Rob » ou « Bob » à la rigueur. Bobby me semblait être un diminutif pour un enfant alors que l’homme se trouvant en face de moi n’avait pas l’apparence d’un enfant, Robert était un nom distingué qu’il devait être fier de porter. Il me demanda également quel était mon prénom.

- Pourquoi Bobby pour Robert ? Robert est un prénom tellement joli. Moi, c’est Charlie, je sais que ça sonne comme un prénom masculin, c’est bien ce que c’est au départ, mais mes parents trouvaient cela charmant et pour tout avouer, quand j’étais dans le ventre de ma mère, mes parents ne voulaient pas connaître le sexe de leur enfant – moi – pour se réserver toute la surprise possible. Ainsi, ils ont choisi un prénom qui pouvait aussi bien aller sur un garçon que sur une fille, racontais-je.

Je fus une fois de plus entrainée par mon caractère bavard. Je devais énerver beaucoup de gens à force de parler autant, mais j’aimais cela, raconter quelques petits épisodes de ma vie et cela faisait longtemps que je n’avais pas pu engager la conversation avec un autre être humain. Cela faisait plaisir de pouvoir se livrer un peu, même si ce que je racontais n’était pas le plus intéressant du monde. Il me regarda en commençant à faire chauffer le plat, pendant ce temps, je mis le couvert pour deux personnes, face à face, sur la table qui se trouvait dans la pièce douillette. Je sens que j’allais passer une excellente soirée en compagnie de Robert, avec un plat chaud dans mon ventre. Je n’avais pas mangé depuis hier – mis à part la barre chocolatée proposée par l’homme tout à l’heure – et mon ventre rêvait de quelque chose de consistant. Alors que j’avais terminé de mettre la table, l’homme me précisa qu’il avait de l’eau dans son sac. Cela suffisait, j’en avais aussi, il ne pouvait pas me régaler pour tout. Je sortis de l’eau de mon propre sac, j’en avais encore quelques bouteilles, cela me ferait moins lourd à porter une fois que je devrais me remettre en chemin et le plaçais sur la table. je remplissais deux verres d’eau – du vin aurait été tellement merveilleux, mais je n’osais y penser ni en rêver – puis m’assis à la table en attendant que le plat soit chaud.

- Je ne sais pas depuis combien de temps mon dernier repas chaud remonte, ce temps-là me manque. Ce temps où je préparais à manger chez moi, aussi facilement que maintenant, pour tout dire, mais je crois que je ne profitais pas assez alors. Tout me semblait facile et naturel, pourquoi ça ne le serait pas ? Je n’avais qu’à faire chauffer, à cuisiner et le repas était sur la table. je n’avais pas besoin d’avoir peur de ne pas manger le lendemain, ce n’était pas des tracas que j’avais, maintenant, c’est une toute autre histoire…

L’odeur de la paëlla vint me titiller les narines et mon ventre y répondit par un grondement bruyant. Il allait être rassasié dans peu de temps, un peu de patience. Alors que je terminais ma tirade – encore une fois, l’homme finirait par s’habituer à ma voix, je n’aimais pas tellement les silences qui pouvaient être gênant, même si parfois, ils étaient nécessaire, heureusement que j’avais mon chien dans la rue, je pouvais parler avec quelqu’un, même s’il ne me répondait pas forcément avec des mots – une voix cristalline s’éleva dans l’habitacle. Robert s’était mis à chanter d’une façon tellement belle et juste que mon cœur chavira. Posant ma tête contre mes mains, je fermais les yeux pour être entièrement concentrée sur la voix de l’homme, si douce, si belle, si juste. J’étais touchée par cette perfection auditive. Alors, la voix cessa, tout aussi rapidement et l’homme, Robert, s’excusa de son emportement et précisa qu’il ne le ferait plus.

- J’espère que c’est un mensonge, tu as une voix tellement magnifique, cela faisait longtemps que je n’avais pas eu autant de plaisir à entendre quelqu’un chanter, c’était très beau.

Lui dis-je en souriant, la musique rythmait ma vie avant et je l’écoutais beaucoup, j’aimais chanter également, même si ce n’était pas aussi joli que ce que Robert était capable, mais je m’évertuais à continuer, ne pouvant me passer du chant. Là, c’était encore un autre registre, relevant davantage de la perfection que du simple passe-temps.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Sam 5 Mar 2016 - 16:16

Le cuisinier monstrueux sourit tendrement et avec une sincérité des plus touchantes. Son faciès immonde se transformant sous la beauté de cette éclosion de joie soudaine. À chaque fois qu’une personne prenait le temps de lui déclarer qu’il n’était pas un monstre, mais ayant des liens, bien que lointain somme doute, avec le genre humain, Robert se redressait un peu plus. Peut-être une fierté mal placée, mais en vérité c’était l’âme pure de la bête qui gagnait en humanité. La lueur des yeux bleutés de l’homme maintes fois brisé luisait d’une gentillesse que peu d’hommes pourraient posséder par ces temps troubles. Tout ce qui était bon semblait avoir sa place dans le cœur immense et torturer de du géant si durement éprouver par les épreuves passées et surement futures. Des mots, que la créature empathique décelait sans peine, furent prononcés sans artifices et dotés d’une pureté presque divine. Bobby se dirigea alors vers la minuscule table pour y apporter la pitance et si Charlie voyait bien avec les yeux du cœur, elle pouvait voir l’apparition d’un autre homme. Celui que Sandra, Rosalie, Juliane et Abigail ont pu apprécier à sa juste valeur. Une aura d’assurance et surtout de bien-être avait remplacé la gêne et la le doute initial que le monstre de foire avait quelque instant plus tôt. Le chant si beau de Robert, jumelé aux paroles rassurantes de la dame, avait réussi à faire éclore le papillon du cocon de chaire scarifié. Déposant la marmite au si doux fumet, Robert saisit le bol de l’ange au regard d’émeraude. Remplissant au ras du bol de nourriture si délicieuse et cuite à point, le mastodonte gratta le fond du chaudron pour remplir à moitié son assiette.

Le regard bleuté de l’homme déformé démontrait toute sa générosité, sa bonté et même son humanité que peu de gens auraient pu égaler. Un petit sourire la fois gênée et amicale effleurait son faciès monstrueux, adoucissant ses traits drus et atypiques. Tous les gestes alors portés par le géant semblaient empreints d’une douceur, d’un souci des autres qui n’encadraient pas avec la corpulence affreuse de l’être. Un peu comme si un enfant habitait ce corps disproportionné. Il prit sa cuillère et la plongea dans le ragout avec grand entrain. Robert murmura alors un « Bon appétit » avec un début de sourire de gratitude. Entendre dire qu’il était humain était toujours perturbant pour la créature pathétique. Depuis le nombre d’années qu’il se faisait traiter de chose inutile et de monstre de foire. La cuillère plongea alors avec instance dans la pitance et les bouchées se succédèrent avec une rapidité presque indécente. L’expression presque séreuse et honnête de l’homme se mua alors en celui d’une joie enfantine et les dernières cuillères furent englouties. Se frottant le ventre avec une satisfaction des plus visibles, la bouche de l’homme s’ouvrit. La voix de l'homme si souvent brisé s’éleva alors dans le silence des lieux. Un ton rauque certes, mais empreint d'une douceur et d'une bonté défiante l'horrible réalité. Tant de gentillesse, de douceur et de compassion semblaient irréelles dans ce réceptacle singulier. Car autant de bonté devait se retrouver dans un corps d'Adonis et non celui d'un démon.

Robert- Habituellement les gens ne veulent pas me parler… Euh… Trop peur ou dégouté. Charlie c’est un nom superbe. Pas difficile à dire et aussi qui va bien avec une bonne personne.

Les derniers mots furent prononcés avec une franchise et une honnêteté des plus sincères. Un peu comme les paroles libres et aériennes étaient issues du cœur à la pureté renversé de l’homme. Aucune escobarderie, de dérision et surtout aucune hypocrisie n’était perceptible dans le ton rocailleux de l’homme difforme. L’expression de l’homme difforme prit un air pensif pendant quelques secondes, le silence troublé seulement par l’éclatement périodique des buches qui se consument par le feu chaleureux du foyer. Un claquement de doigts fut l’élément déclencheur qui était en quelque sorte une apothéose pour signer à Charlie que les idées égarées du colosse avaient bien été rassemblées. Une voix rocailleuse, mais tendre et sans malice s’éleva alors dans les airs.

Robert- J’aime bien Robert, mais les gens disent plus souvent Bobby pour être gentils. Sinon d’autres mots et là c’est plus souvent… Euh… C’est ma grand-mère qui m’a donné ce nom. Ma mère était trop partie en voyage avec des médicaments pour s’occuper de moi petit.

Les traits du visage se durcir un peu sous l'effet de l'immense effort de concentration. Même un petit bout de langue rose sorti de la cavité buccale pour finaliser ce portrait des plus comiques. Se rendant compte de ce comportement loufoque qui faisait rire sa nièce adorée à chaque coup, l'émergence d'un rire s'éleva du tréfonds de l'être de l'homme. Les épaules tressautèrent et ensuite un rire franc, honnête et enfantin se déploya dans les airs. L’avalanche de rires, soudaine et rafraichissant, diminua graduellement. Il laissa toutefois un sourire déposé sur les lèvres exsangues de la chose. Reprenant une respiration normale, le mastodonte poursuivit alors avec une voix rauque, mais au ton guilleret.

Robert- Oui j’ai déjà été petit… Euh… De ma naissance à 3 mois, je crois…

Déposant ses mains immenses sur la table, le mastodonte reprit sa discussion sur son éternel ton trainant et rocailleux.

Robert- On mange chaud souvent moi et Juliane… Euh… Je fais la cuisine, car elle n’aime pas ça. Elle pose des pièges et moi je fouille les chalets autour… Euh… Excuse-moi si des fois je suis perdu, je ne suis pas trop fort du cerveau…

En déclarant cette dernière phrase, l’index de la main droite du mastodonte tapa sur son front. Comme pour mettre en évidence les carences intellectuelles qui hantaient la vie de monstre de foire. Soupirant tout doucement, il laissa un moment à la jeune femme de finir son bol si appétissant.

Robert- Sandra ma nièce adorait quand je chantais… Euh… C’est elle qui a écrit la chanson et j’en ai plusieurs autres d’elle dans ma tête... Euh... Si vous voulez, je pourrais vous en chanter d’autres après le repas?

Reparler de sa nièce fit naitre un instant un air de mélancolie sur les traits paisibles de la créature. Sans le savoir, il parla de son ange qui avait changé sa vie et qui aurait dû partir avec elle.

Robert- Sandra m’a toujours considérée comme son gros nounours... Euh... Elle a été malade, tu sais la leucémo... leucina... leucémie... Oui c'est ça elle avait 8 ans... Je me cachais dans l’hôpital pour rester avec elle.... Je ne voulais pas la perdre...La docteure Barnett m'a dit que je pouvais rester le temps que je voulais quand elle m'a trouvé cachée sous le lit de mon ange... Euh... Mes pieds dépassaient... C'est là que Sandra écrivait des chansons que je devais interpréter... Euh... Honey bee c'était d’elle que vous avez entendu.

Retenant à grand peine des larmes qui voulaient que se libérer du joug de ses paupières, le colosse rajoutât une affirmation qui ne pouvait que présager le trépas de sa nièce adoré.

Robert- Elle voulait aller à Disney et je lui disais qu'au moment qu'elle sera guérie, j'allais l'envoyer avec sa mère... Euh... Elle avait guéri il y a 2 mois de ça... Euh... Elle voulait que j'aille avec elle et Rosalie ma sœur... Euh… Ça ne lui dérangeait pas de se faire voir à côté de moi... Je m'ennuie d'eux beaucoup... Mais Juliane est arrivée... Je ne comprends pas pourquoi elle perd son temps avec moi...

Relevant la tête qui s’était abaissée par le poids de ces souvenirs si douloureux, le mastodonte fit un piètre sourire. Une voix mal assurée franchit alors la barrière de ses dents mal alignée.

Robert- Désolé Charlie… Euh… Vous faites quoi dans les bois? Si vous voulez rester un peu dans la tour, elle est à vous… Euh… Vous êtes très gentille et vous êtes très intelligente, pour expliquer des trucs vous savez… Heu… on peu se dire tu si ça vous dérange pas…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Dim 13 Mar 2016 - 19:18


L’homme semblait être ravie de mes paroles et alors qu’il revenait vers la table, remplit nos récipients d’une manière fortement inégale. Mon estomac m’en voulut énormément lorsque j’en remis un peu dans l’assiette de l’homme, rééquilibrant ainsi les parts. La générosité était une bonne chose, mais l’égalité aussi et je ne souhaitais pas avoir plus que lui alors que manifestement, il avait beaucoup plus besoin de manger que moi, surtout quand on voyait notre grande différence morphologique. Me souhaitant bon appétit, je retournais la politesse à l’homme. Je m’obligeais alors à manger très lentement, savourant chaque bouchée. Robert était bien plus rapide que moi et c’était difficile de ne pas suivre son exemple surtout quand on avait aussi faim. Bien entendu, le repas fut englouti bien trop vite à mon goût, mais j’étais satisfaite au moins d’avoir mon estomac rempli, je n’allais pas dormir le ventre vide cette nuit et c’était une bonne consolation.

Il m’avoua alors qu’en temps normal, les gens ne voulaient pas lui parler, par peur ou par dégout. Je trouvais cela étonnant, mais d’un côté, les gens n’étaient pas tous gentils et beaucoup s’arrêtaient d’abord au physique. J’avais failli le faire, mais le géant avec quelque chose de doux dans le regard, quelque chose qui pouvait faire qu’on ait confiance en lui, en sa gentillesse. L’image de John Coffey, un personnage de film que j’aimais bien se trouvant dans « la ligne verte », me vint alors. Robert me faisait penser à lui, un être un peu naïf, un peu « lent », mais étonnamment gentil. Un agneau qui savait bien se défendre, pensais-je toutefois, puisqu’il était encore vivant. Il me complimenta ensuite sur mon prénom, qu’il trouvait joli et simple à dire, selon lui, il allait bien pour une bonne personne, j’en concluais qu’il me trouvait « bonne ». Je lui fis un mince sourire, pour le remercier, la fatigue commençait à me prendre doucement, l’estomac rempli, je devais toutefois tenir encore un peu.

L’homme transpirait l’honnêteté et je ne doutais pas de ses paroles. Il m’expliqua encore qu’il aimait bien Robert, mais les gens avaient pris l’habitude de l’appeler Bobby, par gentillesse apparemment. C’était sa grand-mère qui l’avait nommée, sa mère ne semblait pas avoir été présente dans son enfance. Je me mis à penser alors que j’avais eu beaucoup de chance, j’avais été élevé par mes deux parents, qui m’aimaient beaucoup et même si mon père était mort il y avait de cela deux années, ne connaissant pas alors ce monde de brute, j’avais eu une enfance heureuse. Sa vie à lui semblait avoir été tellement difficile. Toutefois, se moquant de lui-même et de son air concentré d’où l’on pouvait voir pointer un morceau de langue, le géant se mit à rire. Ce rire, aussi soudain qu’inattendu, me fit rire également. Cela faisait du bien, c’était dommage qu’on ne riait plus autant. Je riais davantage, un véritable rire, un peu trop aigu, lorsque l’homme m’expliqua qu’il avait déjà été petit, du moins, jusqu’à ses trois mois.

- Aussi peu de temps ? Après, tu es devenu grand d’un seul coup ? Continuais-je en riant.

J’aimais cette ambiance bon enfant. Cela réchauffait le moral. Il me parla alors de sa vie quotidienne auprès de Juliane qui n’aimait pas cuisiner. Cela me faisait penser à la même Juliane que je connaissais et je me demandais s’il pouvait s’agir de la même personne. Je souris lorsqu’il m’avoua encore ne pas être très fort du cerveau. Ce n’était pas un sourire moqueur, mais un sourire que je voulais compatissant. Je l’écoutais parler de sa vie, c’était intéressant. Il m’expliqua encore que sa nièce, Sandra, adorait l’écouter chanter. La chanson que je venais d’entendre était de sa composition. Il me proposa de me chanter d’autres chansons après le repas.

- Sandra est très douée, dis-je alors. J’en serais tout à fait honorer. Tu as une voix sublime.

On ressentait, lorsqu’il parlait de la jeune femme, une forme de respect, de gentillesse et de fierté. C’est alors qu’il raconta son histoire. Elle avait été malade d’un cancer et avait guéri il y a deux mois. Elle avait eu beaucoup de chance, je ne parvenais pas à comprendre si elle était encore vivante ou si elle était passée de l’autre côté. Je n’osais poser ce genre de question, bien trop indiscrète et douloureuse, surtout auprès de cet homme que je ne connaissais pas. J’osais toutefois lui demander :

- Où est Sandra à présent ? Elle est toujours avec sa mère ?

Son histoire m’intéressait, je me demandais ce que faisait cet homme ici, seul, alors que manifestement, il était entouré de personnes l’aimant. Il me demanda alors ce que je faisais, moi, dans les bois. Il me complimenta encore sur ma gentillesse et mon intelligence. Je rougis et lui répondis :

- Intelligente, peut-être, mais je n’ai pas du tout un bon sens de l’orientation, avouais-je. Je partais pour Seattle, je ne sais pas s’il faudrait que je trouve une voiture, réfléchissais-je à voix haute.
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Aujourd'hui à 23:10

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