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 Entre chien et loup (P.V. Charlie)

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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Jeu 12 Mai 2016 - 17:08

J’étais toujours déboussolée, la main de l’homme toujours dans la mienne. Son corps était beaucoup plus près que ne l’avait été un autre corps depuis bien longtemps. Ce n’était pas lui que je voulais avoir, c’était Will. Mon homme le savait. Qu’avais-je donc fait ? La culpabilité régnait en maître sur moi, j’essayais de m’y défaire, mais c’était un exercice bien trop difficile. Ma réaction provoqua une réaction en chaine sur l’homme, qui semblait très triste de ma rebuffade. Il me lâcha la main et je ne trouvais rien à dire. Je repris ma main, la serrais sur elle-même plusieurs fois afin de retrouver le sang.

Je n’arrivais pas encore à parler lorsque l’homme se leva, me dominant de toute sa hauteur. Je le regardais, avec un air imbécile quand il s’excusa de m’avoir effrayée et quand il m’expliqua son geste, qui s’était voulu simplement protecteur et gentil. Comme d’habitude, il n’avait été pétri que de bonnes intentions et je ne pouvais pas lui répondre. Le choc me tétanisait. Qu’allait en penser Will ? Mes mains se portèrent à mon visage, me protégeant contre le monde extérieur.

Il s’échappa alors de la pièce et je l’entendais parler à mon chien. Il se dirigea alors vers la porte et me demanda une dernière fois de prendre soin de moi. Bien sûr, il n’avait voulu que m’être utile, m’aider dans mon sommeil. Il ne savait pas que je n’avais jamais partagé la couche qu’avec William. Je n’avais aimé que lui. Même s’il n’avait pas partagé mon lit – heureusement, je n’étais pas prête à coucher avec le premier homme passant ici – son geste, qui n’était que pure gentillesse, m’avait pourtant causé quelques tracas. Je posais mes pieds sur le sol, reprenant mes esprits. William ne m’en voudrait pas. Je n’avais pas fait l’amour avec Robert, il m’avait tenu compagnie durant mon sommeil, un compagnon de route, il n’était rien de moins que cela.

- Attends… Dis-je faiblement, la voix encore ensommeillée. Tu n’as pas encore pris ton petit déjeuner…

Cette excuse me fit prendre conscience que je ne voulais pas qu’il parte tout de suite. Le choc s’amenuisait peu à peu et la tristesse que je pouvais lire sur le visage de l’homme amena une vague de culpabilité. Qu’avais-je donc fait ? Ne pouvais-je donc pas ne pas faire montre du moindre sentiment ? Je n’aurais pas dû être choquée, ou du moins, je n’aurais jamais dû le lui montrer. Je me levais et le rejoignis dans la salle principale. Je l’aidais à retirer son sac.

- Tiens, laisse-moi t’aider à enlever ton sac… Continuais-je.

Je ne savais pas trop si je devais m’excuser pour ma réaction, mais je savais que je ne voulais pas qu’il parte de sitôt. Je n’avais tout simplement pas envie de me retrouver une nouvelle fois seule, sans compagnie humaine. Cela m’aurait tellement manqué encore. Surtout que Gary semblait bien l’apprécier.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Dim 15 Mai 2016 - 14:25

Le cœur émietté par le désespoir, l’âme en perdition sur la mer déchainée de ses fautes, Robert tendit sa main vers la poignée de ce refuge deux fois maudit. Il n’avait pas pu être là pour Abigail et maintenant il venait de jeter une nouvelle dose de frayeur sur l’être pur qu’était Charlie. Pourquoi il avait fait cet acte de charité et de générosité? Le géant devrait cesser d’essayer d’être un homme et se transformer en monstre. On ne peut changer sa destinée. Pourquoi lutter quand notre voie était tracée dans les cendres du rejet et de la haine? Une voix douce et ensommeillée tira le colosse à l’apparence cauchemardesque de son introspection. La voix blanche, presque éteinte par le chant prodigué pour soulager la dormeuse, s’éleva dans un murmure.

Robert- Pas faim…

Le géant au cœur d’or avait l’estomac sur le bord des lèvres et une boule de tristesse avait envahi totalement son ventre, l’empêchant même de respirer. Des pas d’une légèreté angélique se produisent alors dans son dos et Bobby ferma les yeux en baissant la tête de honte. La prote grinça alors en s’ouvrant, laissant la voie de retraite à la pathétique créature qu’il était de s’enfuir vers le soleil levant. Vers la seule personne qui n’avait pas peur de son apparence ignoble et de sa laideur repoussante. D’autres mots vinrent alors essayer d’appâter le monstre de foire. Docilement, un peu comme un animal blessé et apeuré, le mineur laissa l’ange au regard d’émeraude enlever son lourd sac. Aussitôt dégager de son fardeau, l’être blessé fit un pas de côté pour éviter de corrompre l’aura de pureté de la jeune femme. Sans un mot, la tête basse et le moral en berne, le géant fit quelques pas pour activer le feu mourant du foyer. Le Robert ouvert, drôle et si humain d’hier était parti au loin. Un être blessé, fermer et replier sur lui avait pris possession de ce corps ingrat.

Des gestes routiniers étaient rassurants pour Robert. Surtout à cet instant où la honte et la gêne d’être là menaçaient de crisper le moindre de ses muscles et de le transformer en gargouille vivante. Quand le feu fut ronflant et dégageait une chaleur bienfaitrice, Gary alla se coucher devant le foyer. La main immense du colosse caressa la bête splendide et il se leva doucement. Fouillant dans une armoire, il déposa une coupe de fruits sucrés baignant dans leur sirop avec une cuillère sur la table à l’intention de Charlie. Se postant près de la fenêtre, le regard océanique du golem de chair se perdit dans l’immensité de la nature. Appuyant sa tête sur le carreau de la fenêtre, quelques gouttes de pluie commencèrent à chuter sur la matière transparente. Un comme si la nature était au diapason avec l’âme si pure et torturer du mineur. Les rigoles d’eaux coulaient librement sur la fenêtre laissant l’illusion à l’ange que c’était le géant qui pleurait doucement. Celui-ci prit la parole alors, d’un ton lent et qui ressemblait à deux pierres qui s’entrechoque.

Robert- Désolé encore Charlie… Euh… Je n’aurai dû jamais vous tenir la main. Je ne l’ai fait qu’avec ma famille, Juliane et Abigail… Euh… Des gens en qui j’ai confiance. Je pensais bien faire. Je comprends que vous voulez plus me voir… Je suis réellement un monstre qui ne pense pas du tout.


Voyant la forme maladroite d’un infecté qui se déplaçait avec difficulté dans les bois, Bobby ajouta avec douceur.

Robert- Je ne devrais plus être ici, vous savez… Euh… Je devrais être au pays imaginaire avec Sandra et Rosalie. Laisser mon corps qui fait peur aux gens en pâture aux méchants qui mordent. Euh… Vous savez qu’au début j’ai essayé d’aider une mère et son petit gars… Euh… Ils ont eu peur de moi et ils sont tombés dans les bras des méchants. J’ai rien pu faire… J’aurai dû rester cacher, ne pas intervenir dans le monde des hommes… Euh… Ils seraient en vie et vous n’aurez pas peur de moi… Rester à ma place…


Revoyant le carnage immonde et entendant les cris de souffrances ciller à son ouïe déficiente, des larmes véritables se joignirent à la tristesse de ce monde apocalyptique…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Mar 17 Mai 2016 - 23:18

Robert m’expliqua alors qu’il n’avait pas faim. J’avais l’impression d’avoir brisé le cœur de l’homme et cela me brisa de l’intérieur. Il fut très étrange que ma réaction fut aussi virulente pour un homme que je connaissais depuis une journée à peine. Même lui, sa réaction était quand même très virulente. Il était tellement sensible, cela me touchait beaucoup. En pensant que Will en aurait peut-être ri. Il était compatissant, le fait qu’il nous ait ramené Gary en était la preuve, mais il saisissait la moindre occasion pour rire. Selon lui, il valait mieux rire que pleurer, c’était là son expression favorite. Je ne savais pas trop comment réagir pour qu’il ne parte pas, j’avais l’impression d’avoir gâché toutes mes chances. Le voir partir m’était plus douloureux encore que ce que je m’étais attendue. Une compagnie humaine me faisait du bien, je n’étais pas faite pour être seule. De plus, malgré tout, sa présence était légèrement rassurante.

L’homme me laissa lui enlever son sac, il ne souhaitait peut-être pas partir de suite. Toutefois, il se détourna de moi rapidement, ne souhaitant pas que je le touche trop étroitement. J’étais si ignoble que cela ? Ma peur n’avait même pas été dirigé contre lui, c’était bien ça le pire. Ma peur n’était seulement dirigée contre l’idée qu’un autre homme puisse se trouver près de mon lit. Ce n’était pas parce que c’était lui, mais seulement parce qu’il était un homme. Il s’activa auprès du feu pour raviver les flammes. Je m’appuyais contre le mur, les bras croisés l’un sur l’autre. Je ne savais comment réagir pour l’instant. Je voulais lui laisser un peu de temps. Il me parlerait quand il se sentirait capable de me parler.

A mon intention, il farfouilla dans un placard et en sortit une coupe de fruits au sirop accompagné d’une cuillère. Je ne bougeais toutefois pas. Je voulais qu’il me parle avant de manger. Le regard dirigé vers la fenêtre, Robert commença alors à parler. Mes yeux étaient rivés sur son dos et j’étais incapable de le rejoindre pour le moment. J’étais comme une statue. Il s’excusa encore et regrettait de m’avoir tenu la main. Il ne l’avait fait qu’avec sa famille et en des gens en qui il n’avait pas confiance. Il n’était pétri que de bonnes intentions, je le savais bien. Il se considérait comme un monstre. J’ouvrais la bouche pour le contredire, mais il ne me laissa aucunement le temps et ajouta qu’il n’aurait jamais dû être ici. Il aurait dû être mort et servir de nourriture pour les charognes mortes. J’étais touchée par l’histoire qu’il raconta. Par sa laideur, il avait effrayé une mère et son enfant qui étaient morte sous ses yeux.

- Je n’ai pas eu peur de toi, dis-je alors à la fin de son monologue d’une voix rouillée par la nuit de sommeil.

Cela semblait hypocrite après avoir eu peur de sa présence dans la chambre, mais il devait comprendre que ce n’était pas contre lui. Je me laissais aller au sol et m’assis directement. J’entourais mes bras autour de mes genoux. Le dos appuyé contre le mur et les genoux collés contre ma poitrine, je formais une petite boule. J’appuyais mon front sur mes bras avant de continuer.

- Will a été le seul homme de ma vie. Je n’ai jamais partagé ma chambre avec personne, jamais personne à part Grace ma meilleure amie. Will a été le seul, dans toute ma vie.

Les larmes roulèrent également sur mon visage. Le manque de mon homme était de mal en pis.

- Il a été le seul pendant longtemps. Peux-tu imaginer le choc que cela m’a fait de constater qu’un homme pouvait aussi partager ma chambre ? Je ne l’ai jamais trahie, jamais. Et c’était comme si je brisais sa confiance, comme si je brisais son amour, comme si je n’étais plus digne de lui puisque j’avais accepté inconsciemment la présence d’un autre homme dans ma chambre.

Les larmes roulaient, en silence j’espérais.

- Mais je n’ai pas peur de toi, ajoutais-je encore.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Jeu 19 Mai 2016 - 6:15

Le géant était accablé par le contrecoup de ses souvenirs macabres. De ces visions cauchemardesques qui allaient le hanter toutes les nuits jusqu’au moment où son heure sera dû. Robert sera heureux de croiser le crâne rieur de la faucheuse et de pouvoir contempler une dernière fois le visage de ses anges arracher trop tôt à son étreinte affectueux. Avec un peu de chance il pourrait s’excuser et les enlacer une dernière fois avant que son âme maudite soit entrainer dans les cercles infernaux. Lieux de résidences ou les monstres de son acabit étaient projeter sans ménagement pour une éternité de souffrances et de tourments. Mais les chemins de la rédemption étaient des fois sinueux et des occasions de se racheter apparaissaient là où on ne soupçonnaient le moins. Écoutant la voix érailler et charger de tristesse de l’ange au regard d’émeraude, l’empathique créature compris alors qu’il avait mal interpréter la réaction de la divine apparition. Ce n’était l’apparence grotesque de son corps ni la carence intellectuel qui avait glacer le cœur de Charlie. C’est que n’importe quel homme, même le plus séduisant de la création, aurait souffert de la même réaction de la part de la sublime femme. Pivotant légèrement la tête, jetant un coup d’œil prudent par-dessus son épaule démesuré, Robert vit l’ange en proie à une peine sans nom.

La voyant si vulnérable, si en détresse fit surgir le côté protecteur qui sommeillait dans les profondeur du golem de chair. Un coup direct à son cœur couvert de cicatrices sanguinolentes. C’était à lui de souffrir pour les anges. Il devait protéger les gens qui pouvaient faire une différence. Aider à faire grandir les être de lumières qui pouvaient repousser les ténèbres de l’âme des gens. Robert voulait la relever, l’enserrer délicatement dans ses bras chaud et réconfortant. Caresser de ses mains immenses la cascade de feu de sa chevelure et lui murmurer des paroles apaisantes. Mais sa gêne et les paroles de l’ange l’en dissuadèrent d’agir de la sorte. La bête ne voulait pas corrompre l’aura de beauté et de pureté de la belle. Alors il avança en trainant les pieds commun ours. Les bras du mineur se balançaient comme ceux d’un gorille. Laissant une distance respectable, pour ne pas empiéter dans la bulle de chagrin de l’être de lumière, le monstre de foire se laissa glisser au sol. Sa voix caverneuse était teinté de sincérité et de compassion. Les traits atypiques du colosse refléter une douce mélancolie.

Robert- Désolé je suis stupide… Euh… D’habitude les gens ont peur de moi. William ne va pas t’en vouloir selon moi… Euh… je suis le seul qui a fait la faute. Quand je vais le voir, je vais lui dire et si il veut me frapper je vais me laisser faire. J’aurai dû rester ici… Euh… Plus jamais je vais rentrer dans une chambre. Tu es très gentille Charlie… Euh… J’aimerais bien un jour rencontrer un ange comme William a eu la chance de rencontrer.

Soupirant doucement, l’âme pur de l’homme difforme ordonna au talent caché de se manifester. Un chant d'une pureté cristalline et a la douce mélopée s'éleva dans l'air du refuge. La voix douce, chaude et réconfortante de Robert captiva l’ouïe et le cœur de l’ange au regard d’émeraude. Comme il ne voulait plus la toucher physiquement, le golem de chair caressera les sens de la jeune femme avec son talent innée et grandiose. Les mots à la sonorité parfaite forgea une bulle de protection entre les deux êtres si différent, les sauvegardant de l’horreur et de l’animosité de cette époque troublée. Le temps semblait s’écouler au ralenti, simple grain de sable chutant avec le poids d’une plume dans le sablier de l’éternité. L’ange pouvait presque toucher un semblant de paradis qui semblait des plus lumineux. Le géant donnait tout son cœur, son âme dans le chant pour soulage la peine de la belle. Quand les notes moururent doucement, la voix rocailleuse de la colline humaine refit surface.

Robert- Je ne sais pas quoi je pourrais faire pour me pardonner Charlie… Euh… Je ne voulais pas te faire pleurer et je suis sûr que William pense autant à toi que toi à lui…. Euh… tu as encore une personne qui t’attend dans ce monde alors tu vas le retrouver je suis sur… Euh… moi à sa place je ferais tout pour revoir celle qui m’aime comme tu l’aime… Euh… Je parle trop désolé…

Le regard océanique si humain et débordant de bonté se perdit dans la vague de ses souvenirs, voulant à tout prix revoir Sandra et Rosalie une autre fois…




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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Mar 21 Juin 2016 - 9:36

Lorsque l’homme comprit enfin ce qu’il en retournait vraiment, son comportement changea quelque peu. Il s’avança vers moi, tandis que les larmes continuaient à couler sur mon visage. Des sursauts m’envahissaient, je me détestais et William allait également me détester. A hauteur de regard bientôt, je pus distinguer Robert, qui s’était agenouillé jusqu’à moi. Il s’excusa alors d’être stupide. Il avait l’habitude que les gens aient peur de lui et il essaya de me rassurer en m’expliquant que William ne m’en voudrait pas puisqu’il était seul responsable.

- Il ne te tapera pas, me relevais-je enfin après l’avoir entendu me dire que mon homme pourrait le frapper si l’envie le prenait.

J’essayais moi-même de me rassurer en me disant que l’on n’avait strictement rien fait de mal, et c’était la vérité après tout. Il me dit encore qu’il espérait avoir autant de chance que William pour rencontrer une personne comme moi. En vérité, j’avais toujours eu l’impression que c’était moi la chanceuse dans le lot, comme si j’avais gagné le gros lot. C’est alors que Robert se mit à chanter, comme la veille lorsque j’avais eu la chance de l’entendre. Sa voix était tout simplement magique et je séchais mes larmes.

Puis, lorsque le chant fut enfin terminé, après un moment qui avait paru être une éternité, il avoua ne pas savoir quoi faire pour se faire pardonner. Il n’avait pas eu envie de me faire pleurer et il était persuadé que mon homme pensait autant à moi que moi à lui. Ses paroles me réconfortèrent plus que je ne l’aurais cru.

- Merci, je ne voulais pas te faire pleurer non plus.

Je déroulais finalement mes bras de ma poitrine et me relevais du sol. Dans cette position, j’étais affaiblie et dans ce monde, ce nouveau monde, je ne pouvais pas me permettre d’avoir trop de moments de faiblesse, je devais être plus forte.

- Si on veut se mettre en route, on ferait mieux de manger un morceau, proposais-je avec un demi-sourire.

L’ambiance était plombant de tristesse, il fallait essayer de remonter maintenant.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Jeu 23 Juin 2016 - 13:57

Chacune des paroles célestes de l’être divin recousait un peu plus les plaies sanguinolentes du cœur de la bête. Robert ne voulait faire pleurer personne, ne faire de mal à qui que ce soit. Le colosse sanctifié pouvait tout faire pour les autres, endurer les pires tourments ou bien donner sa chemise. En retour il ne voulait juste que les gens le considèrent plus comme un de leurs semblables que l’attraction morbide et répugnante. Laissant flotter un petit sourire qui démontrait toute la candeur de l’homme difforme à l’être de beauté et de lumière, le mineur suivit l’exemple de Charlie. Difficilement, il se remit en position debout. La grosse carcasse peu agile du monstre de foire semblait gauche et lente en comparaison de l’ange aux yeux d’émeraude. Acquiesçant devant la proposition de repas, le regard océanique du sosie de Frankenstein se déposa le quadrupède qui regardait le duo en alternance. Fouillant dans les armoires, le géant découvrit un petit paquet de viande sécher. Le tendant timidement, prenant garde de ne pas effleurer la main soyeuse de l’être divin avec la sienne répugnante, Robert donna le paquet à Charlie. La voix rauque, mais à la sonorité qui démontrait la candeur de l’âme de la chose s’éleva dans les airs.

Robert- Tenez pour Gary… Euh… Pas chocolat ce coup-ci.


Un sourire doux, débordant de bonté et de sincérité, venait de s’afficher sur les lèvres exsangues de l’erreur de la nature. Tirant la chaise de la table à manger pour permettre à l’enseignante de s’assoir confortable, le géant déposa de nouveau les fruits dans le sirop avec la cuillère devant elle. Pour lui il sortit une barre de céréale de sa poche et la déballa. Avant de la porter à sa bouche, une rougeur apparut tout à coup sur les joues mal rasées du mastodonte.

Robert- Excusez-moi… Euh… Peut-être que vous aimerez mieux la barre que les fruits? Moi ça ne me dérange pas, vous savez…

S’assoyant lourdement devant la jeune femme, le mineur au regard bleuté si pur portant sa main démesurée à son menton. Tout en mastiquant lentement, l’esprit lent de la chose essaya d’analyser les options qui s’offraient à lui. Sans s’en rendre compte, il parla à voix haute, le regard chaviré dans ses pensées.

Robert- Seattle est à environ deux heures de route… Euh… dix heures de marche surement. Une voiture peut aller vite, mais trop de bruit… Euh… Moto pareille. Vélo ce sera bien je crois… Euh… Juste à mettre un truc à bébé derrière, une sorte de remorque. Gary sera bien.

Se rendant compte de sa bévue, de sa transe frisant l’état lunatique qui était si présent chez lui, l’homme regarda au sol. Soupirant un peu, le géant au cœur d’or releva un visage aux traits atypiques, mais déformés par une gêne sans nom.

Robert- quand ça m’arrive de penser, je le fais à voix haute… Euh… Inquiétez-vous pas ça arrive pas souvent.


Un rire franc et honnête secoua les épaules massives de Bobby, laissant entrevoir une certaine dose d’humour vis-à-vis sa condition si particulière. Reprenant une contenance, il ajouta tout bas.

Robert- Je vais tout faire pour vous emmener à la ville… Euh… Mais je vais devoir entrer au plus vite, car Juliane va me gronder. Elle a droit de partir longtemps voir des gens, mais pas moi… Euh… Elle a peur, je crois. Vous pensez vouloir quelle sorte de moyen de transport?


Une petite dose de lueurs inquisitrice se dévoila dans les yeux océaniques de la bête. Mais la tendresse et la gentillesse primaient dans l’océan des sentiments qui flottait dans le regard du mineur lézardé de cicatrices.



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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Ven 24 Juin 2016 - 16:17

Finalement, l’atmosphère, qui avait été bien lourde, se radoucit avec le sourire de l’homme. J’étais contente et même heureuse que l’ambiance pesante s’était modifiée. Je n’aimais pas les conflits. Se relevant un peu plus difficilement que moi, Robert me tendit un sachet. Je le pris délicatement et regardais de quoi il s’agissait. C’était du bœuf séché pour Gary. Mon chien allait être ravi d’avoir un peu de viande à se mettre sous la dent, heureusement qu’il n’était ni sauvage ni difficile. Il vivait à la dure depuis maintenant si longtemps que j’étais contente qu’il aille aussi bien que possible. William sera heureux de revoir notre chien en aussi bonne santé qu’il était faisable.

- Merci ! Par contre, nous n’avions pas convenu de nous tutoyer ? Indiquais-je à l’homme en levant les sourcils, interrogatrice.

Galamment, l’homme tira la chaise de la table à manger pour que je puisse m’assoir, quelle délicate attention. Je lui souris. Il déposa les fruits en sirop devant moi avec une cuillère, j’allais finir par devenir trop gâtée et j’allais oublier ce que c’était que de vivre dehors. Il ne fallait surtout pas que je m’affaiblisse. Il sortit une barre de céréale pour lui et finalement, me demanda si je ne préférais pas la barre.

- Je ne suis pas difficile, prends ce qui te fait le plus plaisir, dis-je gentiment.

J’avais eu beaucoup de chance de tomber sur cet homme qui prenait tellement de soins à ne pas me froisser. Il était tellement gentil que c’en était un peu culpabilisant. Toutefois, il décidé bien rapidement de manger la barre et je souriais davantage pour l’inciter à continuer. Il m’expliqua par la suite que Seattle était à environ deux heures de route, environ dix heures de marche. C’était loin, mais c’était faisaible. L’homme me proposa un vélo, cela aurait été une excellente idée et je mettrais beaucoup moins de temps.

- Tu peux réfléchir à haute voix, je voulais te poser la question de toute façon.

Je fus alors surprise de ses paroles. Il avait décidé de m’emmener jusqu’à la ville, mais il devrait partir au plus vite. Sa Juliane allait la gronder s’il ne revenait pas rapidement, car elle avait peur.

- Je pense que je prendrais mes jambes, trouver un vélo ne va pas être simple. Et Gary est un bon marcheur, comme moi. Merci beaucoup de te donner de la peine pour moi, cela me touche beaucoup, le remerciais-je alors de tous les efforts qu’il entreprenait pour moi.
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