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 Entre chien et loup (P.V. Charlie)

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Mer 16 Mar 2016 - 23:29

Reparler de sa nièce adorée fit naitre une fierté et une douce chaleur dans l’âme si humaine de la bête. Sandra était si douée, un ange pour tous ceux qui avaient la joie de l’avoir connu. Une pensée si triste vint percuter le subconscient si lent du géant. Pourquoi une erreur de la nature, une nullité comme lui pouvait continuer à vivre quand des êtres d’exceptions comme ses anges parties au paradis ont trépassé dans les pires horreurs qui soient? Quand l’ange au regard d’émeraude demande si Rosalie était toujours avec l’adolescente, le réflexe de Bobby fut des crève-cœur.

Fouillant dans la poche de la chemise, d'où son cœur cicatrisé pouvait presque toucher les visages de ses êtres chers, Robert en sortit la photo. Revoir les visages souriants de ses anges lui fit monter une boule d'émotion dans la gorge. Ses épaules s’affaissèrent un peu et Robert caressa de son pouce démesuré l'image avec un amour inconditionnel. Il jeta toutes ses forces dans le combat éprouvant de ne pas laisser les larmes dégringoler sur son faciès immonde. Tendant une main tremblante, la bête donna la photo aux bons soins de l'ange interloqué. Soupirant doucement, il prit sa cuillère et la plongea dans le restant de nourriture sans grande conviction. Reportant son regard si pur, mais à la fois si affligé et si triste, sur le visage au trait si agréable, presque surnaturel de beauté de Charlie, Robert fut de nouveau prisonnier. L'ange au regard de jade avait cet étrange pouvoir sur le géant, soit de lui battre son cœur plus vite et de se sentir bien. La voix de l'homme si souvent brisé s’éleva alors dans le silence des lieux. Un ton rauque certes, mais empreint d'une douceur et d'une bonté défiante l'horrible réalité. Tant de gentillesse, de douceur et de compassion semblaient irréelles dans ce réceptacle singulier. Car autant de bonté devait se retrouver dans un corps d'Adonis et non celui d'un démon.

Photos:
 

Robert- C'est Sandra ma nièce et Rosalie ma sœur... Euh... Je n'ai plus de famille... Elles sont parties au paradis loin de ce monde chariotique... Euh... chaotique... Je n'ai jamais eu de dame qui a voulu de moi... Euh... Pas de copine ni de famille... À cause de mon corps et mon cerveau... Alors, elles étaient ma seule famille...
Prenant une grande respiration, Robert déposa sa main énorme sur la table et de nervosité il jouait avec la cuillère dans la pitance de son bol. Le regard de la chose se perdit dans un lieu où mille douleurs l'attendaient. Une vision pour lui seul et que sa voix essayait de décrire sans s'en rendre compte.

Robert- J’étais en camping pour ramasser des ingrédients pour le Moonshine… Euh… J’ai reçu un appel de mon ange… Elle disait que les voisins voulaient entrer chez elle et faire du mal à elle et ma sœur… J’aurai dû rester avec eux… Euh… Quand je suis arrivée, c’était trop tard… Tout ce sang et ce qui s’était passé… Euh…

Réprimant le frisson glacé de la fatalité de ce passé douloureux, Robert baissa le regard et prit quelques secondes pour essayer de reprendre une quelque contenance. Par un acte miraculeux, Bobby empêcha les digues de ses paupières de fissurer et de libérer le déluge salé. Relevant la tête avec peine, le visage du monstre s'était fissuré quelque peu. Parti les traits durs et atypiques. Une certaine mélancolie et aussi une douceur surprenante irradiaient de l'être durement éprouvé. Un regard, ayant encore un fond de mélancolie, bienveillant et sincère couva la merveilleuse dame.

Robert- Désolé... Euh... Je m'ennuie d'elles chaque jour... Merci d'être si gentille avec moi... Les gens ne veulent rien savoir de moi...Euh... Ils passent le moins de temps possible avec le monstre. Il y a juste toi et Juliane qui vous êtes arrêtés pour me parler...

Le visage du monstre de foire déposa la cuillère dans le bol de nourriture presque fini. Il porta sa main son menton volontaire et mal rasé. Comme pour se rassurer, retrouver un doux souvenir, le mastodonte fit loucher ses yeux de façon larmoyante. Un rire cristallin se produisit dans son esprit, signe que quelque part au paradis Sandra riait aux éclats. Se rendant compte de ce comportement loufoque qui faisait rire sa nièce adorée à chaque coup, l'émergence d'un rire s'éleva du tréfonds de l'être de l'homme. Les épaules tressautèrent et ensuite un rire franc, honnête et enfantin se déploya dans les airs. L’avalanche de rires, soudaine et rafraichissant, diminua graduellement l’atmosphère triste et lourde. Il laissa toutefois un sourire déposé sur les lèvres exsangues de la chose. Reprenant une respiration normale, le mastodonte poursuivit alors avec une voix rauque, mais au ton guilleret.

Robert- À chaque fois que je fais cette face-là, Sandra riait aux éclats et moi aussi...

Déposant ses grosses paluches qui lui servaient de mains à plat sur la table patinée par tant d’années d’utilisation, le monstre de foire regarda brièvement le chien qui semblait dormir paisiblement. Reportant son attention vers Charlie, le mastodonte difforme rajouta tout doucement.

Robert- Je peux aider pour trouver une voiture… Euh… Pourquoi vouloir aller à Seattle ? Il y a beaucoup de méchants qui mordent et des gens méchants aussi.

Pour le colosse, c’était impassible que l’ange aille en ville sans une bonne raison. Si Juliane était d’accord, Bobby pourrait même lui proposer de l’aider…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Mar 26 Avr 2016 - 14:45

L’homme avait l’air attendri en parlant de sa nièce et de sa soeur, cela fit naître sur mon visage un mince sourire. Tout cela me rappelait Gabriel et à quel point l’homme me manquait. Mes entrailles se serrèrent à son souvenir. Je me promis, une nouvelle fois, que je finirais par le retrouver, où qu’il soit. Il ne pouvait pas être… c’était impossible, je l’aurais senti si cela avait été le cas. Le géant me tendit quelques photos que je pris. Ses nièces étaient très jolies. Je me demandais à quoi ressembler les parents de Robert. Lui ressemblaient-ils ? Ou bien, Robert était « difforme » de naissance ? Quoi qu’il en soit, ses parents avaient fait un travail formidable sur leur fils. Au lieu qu’il soit cruel et mesquin, il restait un homme doux et gentil, à ce que je pouvais voir et apercevoir pour le moment. Peut-être cachait-il bien ses pensées et son réel comportement ? Il n’était peut-être pas aussi gentil et aussi doux qu’il pouvait le prétendre ? Je devais continuer de me méfier, surtout si je devais passer la nuit avec lui.

Son sourire, toutefois, avait l’air plus que sincère. Ses mots, quand il parlait de sa famille, ne pouvaient être mensongers. Je n’étais pas une magicienne, mais je pouvais quand même percevoir ce ton honnête. Non, je ne pouvais croire que c’était là une comédie. Je posais ma main sur la sienne quand il me parla de leurs morts. Je pouvais comprendre ce qu’il pouvait ressentir en ce moment. Je ne comptais plus les gens dont je ne savais pas s’ils étaient morts ou non… Grace, Joan, maman… Je me refusais à penser au seul nom que je ne pouvais pas supporter de perdre. Lui était encore vivant, sans lui, je n’avais plus de raison, aucune raison, de rester vivante et de combattre, de survivre dans ce pays.

- Je suis désolée pour ta famille, tu sais au moins ce qu’il est advenu d’elle. Malheureusement. On est fort, il nous faut survivre.

Lui dis-je maladroitement en tapotant sa main qu’il avait posée alors sur la table. Il me raconta l’horreur de ce qu’il avait vécu.

- Ce n’est pas de ta faute, ne te rends pas coupable pour des choses qui ne sont pas de ton ressort.

Je tentais de le rassurer comme je pouvais. La culpabilité n’était pas ma meilleure amie. De ce qu’il me racontait, il ne pouvait pas être coupable. Il n’avait pas été présent. C’est ce qui lui avait probablement sauvé la vie. Il n’avait pas été là, mais ce n’était pas de sa faute. C’était la faute à ce nouveau monde meurtrier et sauvage. Son histoire me rendait triste. Je laissais ma main chaude sur la sienne, qui était tout aussi chaude, tentant de lui insuffler ma sympathie avec ce contact. Il s’ennuyait d’elle.

- Je sais, Gabriel me manque aussi. Il me manque tellement que j’ai envie de me rouler en boule et de pleurer. Mais si je fais ça, je meurs. Nous n’avons plus droit à la faiblesse malheureusement. Sandra… Sandra n’aurait pas voulu que tu t’abattes pour elle. il est normal qu’elles te manquent, mais pour elles, pour tout le reste de la population qui n’est plus ici pour témoigner, je pense qu’il faut se battre. Et survivre.

Tout en disant cela, j’essayais de me convaincre moi-même de la raison de mes paroles. Il est vrai toutefois que je me serais bien roulée en boule pour pleurer tout ce que je pouvais. La peine était trop lourde à porter, d’autant que je ne savais pas du tout quand est-ce que j’allais pouvoir retrouver Gabriel et si, surtout, j’allais finir par le retrouver un jour. J’y croyais dur comme fer, l’espoir seul me tenait encore debout. Sans elle, je deviendrais un mordeur à l’instant. Je réprimais un frisson, c’était sans doute la pire chose qui pouvait m’arriver, qui pouvait arriver à qui que ce soit. Il me remercia de la gentillesse que je faisais preuve à son égard, les gens, généralement, n’en faisaient pas preuve.

- Je t’avoue que la première seconde où je t’ai vu… j’ai eu un peu peur.

J’avouais cela avec un sourire, pour pas non plus que l’homme se sente vexer de mes paroles. De toute façon, il devait bien se rendre compte que son physique était relativement atypique. Je n’avais pas de tact, je n’aurais pas dû le dire de cette façon.

- Euh, je suis désolée, je ne voulais pas le dire de cette façon, ne te vexe pas. Tu n’as pas à me remercier, tu es venu à mon secours. Sans toi, je serais sans doute morte. Gary… le serait aussi probablement.

Dis-je encore avec un pincement au cœur. Gary était le seul lien que j’avais encore avec Gabriel. J’aimais cet animal et je ne voulais pas qu’il disparaisse par ma faute. Il était difficile de le garder vivant, mais il était fort et fiable. Il était d’une aide précieuse dans mon parcours, dans ma recherche de Gabriel. C’est alors que, aussi surprenant cela fut-il, l’homme loucha et partit ensuite d’un rire. Je le rejoignis dans son rire, retirant alors ma main de la sienne. Cette soirée me faisant penser à celle que je passais en compagnie de mon compagnon. Gabriel était si drôle, j’étais toujours morte de rire avec lui. Avec Robert, mon rire était différent, je sentais qu’il me manquait quelque chose. Néanmoins, cela faisait du bien de rire, même si ce n’était pas avec Gabriel.

On reprit toutefois rapidement notre sérieux et l’homme m’expliqua qu’il pouvait m’aider à trouver une voiture. En réalité, même si ce moyen de transport était sans doute sûr, j’avais peur de me retrouver enfermer dans une voiture, encerclée par des mordeurs. Je me rendis compte alors, quand l’homme me demanda les raisons qui me poussaient à me rendre à Seattle, que je ne lui avais pas parlé de Gabriel, pas vraiment du moins. Je lui avais dit qu’il me manquait, mais il ne savait de qui il s’agissait.

- Gabriel… il se trouve peut-être à Seattle, je dois le retrouver. On ne doit pas être loin de la ville maintenant ? Je t’avoue que niveau orientation, je ne suis pas la meilleure. Il se moquait toujours de moi et de mes instincts qu’il ne fallait surtout pas suivre si l’on ne voulait pas se perdre.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Mer 27 Avr 2016 - 14:29

Quand l’ange eut fini, le colosse regarda, incrédule, la main de celle-ci déposer sur l’atrocité qui lui servait d’appendice. J’avais personne n’avait agi aussi rapidement, et avec autant de miséricorde, envers la pathétique créature difforme. L’être divin lui avait murmuré avec les accents de la vérité qu’elle avait eu peur de lui. Un sourire indulgent avait dévoilé la dentition inégale de la créature de cauchemar. Une lueur de compassion et surtout de sollicitude traversa le regard océanique de l’homme difforme quand Charlie lui parla d’Hayden. La créature si empathique, trop surement pour l’époque troublée où Robert vivait désormais, comprenait parfaitement l’attachement et le trouble que l’ange au regard d’émeraude. Elle voulait revoir l’homme et dans le cœur de du golem de chair une onze de tristesse et de jalousie germait tout doucement. Il aurait aimé qu’une dame gentille et merveilleuse comme l’institutrice s’inquiète pour lui. Qu’elle trouve assez de trésors de patience et surtout d’indulgence pour aimer un être si simplet et laid comme lui. Mais pour l’instant, le trop plein d’inquiétude et de chagrin de la jeune femme frappait de plein fouet la sensibilité du mastodonte.

Robert devait faire quelque chose, une action ou une parole pour soulager l’ange à l’étincelante beauté. Levant sa seconde main, le géant au cœur d’or laissa planer sa paluche tremblante à quelque centimètre de leurs poignes entremêlé. Un instant de doute, une pensée de souillure de l’aura divine de l’être surnaturelle qui sera le résultat de sa manœuvre idiote. Mais prenant le peu de courage qui courait dans ses veines, Robert engloba la peau de soie de la main de l’ange avec la rudesse de la sienne. Un apaisement et une béatitude semblèrent alors se propager de la bête pour former un cocon protecteur autour de la belle. Toutes les pensées, tous les sentiments négatifs de l’ange furent submergés par le flot de bienveillance de la créature. Robert acceptait volontiers de souffrir pour préserver les gentilles personnes du mal. Et Charlie faisait immanquablement partie de ce groupe de plus en plus restreint de la population.

Le regard de l’homme plongea dans celui de l’être si parfait. Celle-ci pouvait lire une résolution et une empathie des plus touchantes. La voix rocailleuse, si intimidante pour ceux qui n’écoutaient que la dureté de la voix grinça dans l’atmosphère feutrée du refuge. Mais la teneur des mots étaient doux comme du miel.

Robert- Je suis persuadé que lui aussi te cherche… Euh… Moi si j’aurai la chance d’avoir une personne qui tient à moi comme toi à lui, je ferais tout pour la revoir… Euh… Ma nièce disait toujours que j’étais souvent perdu aussi. Mais que mon cœur guidait mes pas… Euh… Je suis sûr que ça sera ce qui va t’arriver.

Un petit sourire gêné se forma alors sur les lèvres exsangues de l’homme difforme. Le pouce de l’être indigne roula sur la peau soyeuse de l’ange aux regards d’émeraude.

Robert- Euh… Non tu n’es pas trop loin de la ville tu sais… Euh… Tu y allais souvent? Un coin que tu aimais te rendre avec lui? Euh… Désolé… Pas de mes affaires. Sandra et moi quand on allait en ville on avait deux endroits qu’on aimait beaucoup. Elle m’avait dit que si on se perdait de vue, qu’on se retrouverait là… Euh… Moins de course.


Le regard du mineur se figea quelques instants sur des scènes de son passé. Des cornets avec sa nièce près du magasin qu’elle adorait. Le regard de mépris des piétons. La joie de Sandra d’être près du monstre qui se sentait si humain avec elle. Secouant la tête pour revenir auprès de la dame, il entrouvrit ses mains pour laisser partir celle de l’ange si elle le désirait.

Robert- tu as une photo de lui? Si je le vois, je pourrais lui dire que je t’ai vue… Euh… Attends j’ai une idée.


Bobby alla chercher un bout de papier et un crayon. De sa main malhabile et gauche, une écriture presque enfantine apparue alors. Tendant fièrement le papier à l’ange, le monstre de foire s’expliqua.

Robert- Où j’habite… Un chalet dans les bois et pas trop de méchants qui mordent… Euh… Si tu veux être en sécurité, tu peux venir avec Gary… Euh… Aussi Hayden quand tu vas le trouver.

Une gêne manifeste se refléta alors sur l’horrible faciès de l’homme.

Robert- Euh… Ça te dérange de parler de toi? Euh… Tu parles très bien tu as dû avoir été longtemps à l’école. Moi pas longtemps…

Bobby adorait écouter les gens parler, ça lui donnait l’impression d’être accepté un peu…



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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Jeu 28 Avr 2016 - 14:35

L’homme ne semblait pas s’être formalisé par rapport à mon aveu. Il m’avait été difficile de lui avouer que j’avais eu peur de lui, peur de son physique peu amène et peu rassurant, peur de sa réaction. L’homme, toutefois, ne semblait pas m’en vouloir, aucunement. Etrangement, cela me rassura. Puis, une chose très étrange se passa. L’homme porta sa seconde main sur la mienne, celle qui était déjà posée sur la sienne. Sa chaleur recouvrit ma main alors que je lui racontais le manque occasionné par l’absence de William. Sa chaleur se propagea rapidement dans mon corps et je me sentais légèrement apaisée par la situation. Très étrangement, alors que je ne connaissais pas l’homme il y avait quelques heures encore, il me calmait un peu.

Je me rassurais comme je pouvais en me disant que cela ne tenait probablement qu’au fait que Gary semblait se sentir bien auprès de l’homme. D’habitude, son sixième sens d’animal l’amenait à se méfier de toutes les personnes qu’il jugeait dangereuse, or, avec Robert, il s’était endormi, paisiblement. C’est alors qu’il m’expliqua qu’il était persuadé qu’il me cherchait aussi. Cela ne pouvait en être autrement, j’en étais persuadée également. Il était l’homme de ma vie. J’étais avec lui depuis des lustres maintenant.

- C’était le frère de ma meilleure amie, Grace, dis-je avec un sourire dans la voix. Elle ne voulait pas que je sorte avec lui, elle ne voulait pas gâcher notre amitié, tu sais. Mais… William et moi, c’était plus fort que ça. J’étais amoureuse de lui depuis que j’étais enfant… Enfin, elle m’avait fait la tête pendant quelques jours avant que tout redevienne normal… Il me cherche oui, cela ne peut être autrement.

J’étais gênée de raconter ma vie devant un quasi-inconnu. Je ne le connaissais pas beaucoup et je lui racontais ma vie aussi facilement. William me disait tout le temps que j’étais bien trop bavarde, mais je crois qu’il m’aimait bien, même si je ne savais pas retenir le flot de paroles qui voulait s’échapper de ma bouche. C’était peut-être même cela qui avait fini par le charmer. Je ne savais toujours pas comment j’avais réussi à avoir cet homme si merveilleux. Je fermais les yeux momentanément, me remémorant tous les souvenirs que j’avais avec lui, tous ces souvenirs si merveilleux. Il y avait eu des périodes difficiles, c’est sûr, mais j’avais toujours réussi à m’en sortir avec lui à mes côtés. Nous arrivions toujours à passer les moments difficiles pour ne garder que les meilleurs.

Je me rendais compte à présent, comme je le savais depuis bien longtemps, mais j’en prenais encore plus conscience, que ma vie sans lui était sans sens. Il me manquait et je n’étais plus rien sans lui. Mon existence s’était toujours résumée à William, la famille, les amis et le travail. J’avais tout perdu aujourd’hui : je n’avais plus William, je n’avais plus de famille, je n’avais plus d’amis et je n’avais plus de travail. Pourquoi en aurais-je encore dans un monde perdu ? Cela m’était désormais refusé. La vie serait dorénavant bien difficile, je ne savais pas si j’étais assez forte pour cela, mais suite à ce que je venais de dire à Robert, je ne pouvais pas me permettre de flancher. Je devais être plus forte que cela, toujours plus forte que cela. Selon Robert, la ville n’était pas très loin.

- J’y allais quelques fois, mais seulement en voiture. Je n’ai jamais eu la folie d’y aller à pied.

William était parti avec la voiture, je pensais qu’il serait revenu. Je n’avais eu le choix de partir, et d’un côté, j’avais aussi peur de me retrouver seule dans une voiture où je pourrais si facilement être piégé par les mordeurs. De plus, j’aurais des soucis en prenant de l’essence. Je ne voulais pas être aussi vulnérable. Bien que j’aurais gagné en vitesse et avec un plein, je n’aurais sans doute pas été obligé de m’arrêter pour le refaire. Robert me demanda s’il y avait des coins que j’aimais dans la ville avec William. Il m’expliqua qu’avec Sandra, il avait deux coins favoris.

- Nos coins favoris se trouvaient plus à Ravensdale. On adorait aller au lac Sawyer qui n’était pas très loin de la maison. Quels étaient tes endroits préférés avec Sandra ?

Il m’avait peut-être demandée cela pour savoir s’il y avait un lieu privilégié où je pourrais le retrouver facilement, mais non, il n’y en avait aucune. J’avais seulement une direction. C’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin, le retrouver n’allait pas être une chose facile. Je savais qu’il voulait déposer Joan et ma mère dans le centre ouvert par les instances militaires. J’allais les retrouver. Tous.

- William ne comptait pas vraiment partir, il devait revenir. Nous n’avons pas été prévoyants.

Je ne savais pas trop si je devais lui dire qu’il était parti sans que je sois réellement au courant. Il était parti dans la nuit, attendant que je dorme du sommeil du juste pour que je ne vienne pas avec eux. Je ne voulais pas qu’ils partent, je trouvais cela trop dangereux, mais il est vrai que ma mère commençait à devenir hystérique avec Joan. Il lacha ma main alors qu’il me demandait une photo de William. Je me levais pour me diriger vers mon sac, que j’avais posé près de la porte. Je tirais du sac une photo de lui et moi,  que je gardais et regardais quand je me sentais vraiment mal. Je n’avais pas pu la laisser chez moi. Je lui caressais du pouce son image avant de me retourner pour tendre le portrait à Robert.


Il me précisa que cela lui serait utile s’il le voyait. Il pourrait alors lui dire qu’il m’avait vu. J’espérais que s’il voyait William, ce dernier ne chercherait pas à le tuer, qu’il lui laisserait une chance de s’exprimer. Il eut alors une idée, il se leva ensuite pour écrire sur un morceau de papier. Il me le tendit ensuite, une adresse y figurait. C’était un chalet où il se trouvait, qui était en sécurité dans un bois. Il me proposa d’y venir avec Gary et William quand je l’aurais trouvé. Je le remerciais d’un hochement de tête, ému qu’il me dise « quand » et pas « si ». Je trouvais cette attention très touchante, plus que le repas encore ou plus encore que la barre chocolatée.

Je souriais davantage quand l’homme me demanda de lui parler, parce que je parlais bien, apparemment. En même temps, en tant que professeur, mon devoir était de bien parler. J’avais dû garder cette habitude. Subitement muette, je ne savais pas trop ce que je pouvais lui raconter. J’avais l’impression de lui en avoir déjà tant raconté sur moi-même.

- Gary a six ans, William l’a trouvé alors qu’il errait seul dans la rue, il avait à peine deux mois. Des gens l’avaient laissé dans un carton, seul. Depuis, il ne nous a plus quitté.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Ven 29 Avr 2016 - 5:41

Regardant la photo du couple si beau et bien assorti, le colosse commença à répéter le nom de l’homme pour le jumeler au visage souriant. Il le dit quelques fois et au moment où l’information était bien à l’abri, il donna la photo à l’ange divin tout près de lui. Il repensa à la question de Charlie et ses sourcils se froncèrent pour pêcher l’information.

Une aura apaisante de et sincérité s’échappa tout doucement de l’homme. Une sorte de béatitude qu’il ne pouvait que produire quand il se sentait bien avec une personne. Un peu comme quand il était avec ses anges. Relevant son regard bleuté vers l’être de lumière, la bête se reprit et commença à réciter deux lieux, deux adresses qui venaient de surgir du néant de sa mémoire. Mais dans l’esprit lent de la chose, c’était la douce voix de son ange disparu qui soufflait les réponses. Sandra était si intelligente et lui si stupide…

Robert- La confiserie sur la principale et le bowling sur Adam… Euh… Si on était séparé, on se retrouvait là… Euh…? Un réflexe comme disait ma nièce… Elle était si intelligente… Elle aurait plus utile aux gens que moi tu sais Charlie…


Une nouvelle vision se révéla alors au mastodonte, un jour heureux dans une foule presque hostile. Deux êtres enveloppés par une bulle de bonheur. L’adolescente sur le dos de la monstruosité qu’elle appelait oncle.  Des animaux fantastiques évoluant dans leurs enclos, qui s’approchaient des fois de ce tandem si beau et si laid à la fois.  La voix du colosse n’était que mélancolie.

Robert- Ben il y avait aussi le zoo à Seattle… Euh…  J’y allais des fois avec Sandra quand elle pouvait sortir de l’hôpital. Elle adorait les animaux Charlie… Euh… Mais elle adorait surtout que je sois là même si j’avais honte de lui imposer ma présentation… Non présence. Les gens la jugeait d’être avec un monstre comme moi, mais elle ne semblait pas s’en rendre compte…

Une tristesse sans nom se propulsa sur son visage et les traits atypiques et menaçants de la bête s’adoucirent. Comme si la peine laissait entrevoir une autre facette de cet homme si simple en apparence et si complexe en réalité. Fouillant dans sa poche, il sortit son vieux portefeuille de cuir. Un instant son regard s’attarda le sur cuir usé et patiné par tant d’années d’usage. Son esprit s’évada vers un anniversaire lointain, une goutte de bonheur dans l’océan des misères. Un gâteau de fête, des sourires si sincères et une petite main, qui avaient capturé le cœur lézardé de cicatrices de la bête depuis sa naissance, qui donnait un présent enveloppé mal habilement. Une carte avec un homme gigantisme souriant pour une des rares fois de sa vie tout près d’un petit ange. C’était le portefeuille qui était dans la boite et l’homme à la musculation disproportionné ne voulait plus s’en séparer. Fouillant d’une main sûre dans le coffret de souvenirs, Robert tria les feuilles de partitions et les billets de banque qui n’avaient plus aucune valeur marchande. C’était les souvenirs qui primaient maintenant. Sortant une petite carte d'affaires, il en caressa les coins avec douceur. Une clef suivit le même chemin. Une voix douce s’éleva dans la pièce, vibrante d’émotion et qui fit oublier le ton rauque des syllabes projetées.

Robert- Tiens c’est l’adresse de l’appartement que j’occupais à Seattle… Euh… Il est tout en haut… Sécurité en hauteur les méchants qui mordent ne peuvent pas monter les escaliers tu sais… Euh… J’habitais là quand mon ange était à l’hôpital… Euh… Vous êtes des gens bien toi et Gabriel… Aider Gary c’est très gentil les gens ne pensent plus vraiment aux animaux. Moi je les aime bien, il me juge pas trop comme les gens.

Un petit sourire franc et honnête allégea la chape de noirceur qui semblait avoir capturé le cœur de l’homme.  

Robert- J’aime sourire, mais je le fais rarement… Euh… le patron du bar que je travaillais à l’occasion me disait que je ne devais pas sourire… Euh… Être méchants pour calmer les gens… Euh… Que j’ai un visage qui n’est pas fait pour faire des sourires! Je souris qu’avec les gens avec qui je me sens bien… Euh…

Ravalant sa salive, le golem de chair se releva.  Il était mal à l’aise avec l’affirmation qu’il venait d’avouer.

Robert- J’ai travaillé dans une mine, dans les bois et aussi dans les maisons pour construire… Euh… Pas fait trop d’école trop con pour ça. Tu travailles dans quoi? Tu es si gentille je suis persuadé que c’est avec des enfants…Euh... J'aime t'entendre parler tu sais... Fais du bien d'entendre une personne qui me voit pas comme les autres.

Soulevant ses épaules massives pour chasser une courbature, l’homme s’assit donc dans un immense fauteuil  encouragea d'un sourire timide Charlie à se lancer à l'eau. Mais au fond de lui il venait de prendre une décision. Il attendit patiemment que la superbe apparition ait fini de parler. Relevant son regard bleuté si débordant d’humanité et de bonté, Bobby dit alors avec une conviction nouvelle dans la voix.

Robert- Euh… Je devrais retourner au chalet. Mais je veux pas… Si tu veux, je t’accompagne où tu veux… Euh… T’aider. Mais pour ce soir, je vais surveiller la porte… Euh… Tu as l’air fatigué et dormir te feras du bien.


Il écouta religieusement l’ange au regard d’émeraude et hocha la tête avec un petit sourire niais sur ses lèvres exsangues. Quand l’être divin au charisme certain déclara qu’elle allait rejoindre l’amante commune de tous, Morphée, pour la nuit, Bobby dit avec affection et une douceur certaine.


Robert- Dors bien Charlie… Euh… Je vais veiller sur ton sommeil…


Assis  dans le fauteuil près du poêle à bois, le géant pigea un livre de son sac et ouvrit le roman. Il sortit ses lunettes de lecture de la poche de sa chemise, un autre défaut qui provoquait l’hilarité des gens autour de lui. Le titre était le Magicien D'Oz. Trouvant le signet, la bête articula silencieusement les mots qu’il déchiffra à peine. C’était le roman de sa nièce adorée et il s’était mis en tête d’essayer de le lire. Au but d’une heure, des gémissements s’exfiltrèrent de la porte entrebâillée. Robert connaissait bien ces mots à peine chuchotés. Juliane et Selene avaient fait des cauchemars. Avant les deux anges qui avaient accepté de partager un bout de chemin avec le golem de chair, Sandra aussi avait eu son lot de songes immondes. Sans comprendre le pourquoi ni le comment, l’homme difforme entra dans la chambre. S’assoyant lentement près du lit, le dos au mur, Robert tendit sa main immense. Il engloba les doigts satinés de l’être divin tourmenté par des visions d’horreur. Apporter un peu de calme et de chaleur humain à l'âme si pur en détresse. Les paroles de son ange adoré qui avait quitté ce monde cruel revinrent alors en mémoire.

Sandra- Oncle Bob. Tu sais qu’à chaque fois que j’avais un cauchemar, tu te souviens que tu me chantais des airs joyeux et reposants? Les paroles arrivaient à s’infiltrer dans mes cauchemars et je pouvais me réfugier dans tes bras. Tu venais combattre les méchants…

Aussitôt la voix pure, rassurante et réconfortante de l’homme tant diminué s’éleva pour englober la dormeuse tourmentée par des rêves impies. Un doux chant qui pouvait être une bouée de sauvetage pour l’âme si belle de Charlie, un don magnifique que le géant proposait au compte-goutte de peur de déranger. Une voix merveilleuse, rauque et si juste s’échappa alors du cœur et de l’âme de la bête. Une voix digne des chanteurs disparus à ce jour résonna entre les murs du refuge. Robert chanta et chanta plus qu’un air pour rassurer dans son sommeil la perle d’humanité.  



Le berger allemand vint alors nicher sa tête sur le bassin de l’homme et celui-ci lui gratta entre les oreilles. Quand le sommeil vint prendre son dû, le mastodonte ne pouvait s’empêcher de rêver de ses anges passés et présents. Des êtres merveilleux qui semblaient  tant tenir à l’erreur de la nature. À la consternation du géant, il vit apparaître aussi Charlie qui discutait avec Abigail, Juliane, Selene et sa défunte famille.  Dès qu’un bruit troublait le repos de l’amas de muscles, les yeux océaniques de l’homme balayèrent les lieux. Quand l’esprit lent identifiait la cause du bruit, un craquement qui déchirait le silence de la nuit ou bien la voix haletante de la beauté surnaturelle, le mastodonte recommença à chanté. Comme pour rassurer la douce dame qu’il sera toujours là pour elle.

Le matin trouva l’homme endormi, la tête penchée vers l’avant. Un sourire était apposé sur l’horrible relief de l’être, le transformant quelque peu. D’un être impie à la race humaine, maintenant Robert semblait presque serein. Et pas une fois les doigts immenses, mais si tendres de la bête n’avaient jamais laissé ceux graciles de la belle.



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Mer 4 Mai 2016 - 11:47

J’écoutais l’homme me raconter qu’ils aimaient se retrouver, avec sa nièce, à la confiserie et au bowling. Il m’expliqua que sa nièce avait la bonne idée d’utiliser ces endroits comme lieux de rassemblement. Avec beaucoup d’amour dans la voix, il continua en m’expliquant qu’elle était plus utile aux gens qu’il ne l’était lui. Pourtant, une voix me susurra que c’était lui qui était encore vivant et que c’était lui qui m’avait sauvée la vie, pas sa nièce. Malheureusement, ne voulant pas raviver encore plus sa douleur, je ne pouvais pas lui dire cela. Il parla également du zoo de Seattle, où il allait quelquefois avec Sandra quand elle pouvait sortir de l’hôpital, puisqu’elle adorait les animaux. Je ne comprenais pas pourquoi les gens jugeaient la jeune fille parce qu’elle restait avec Robert. Tant que l’homme ne lui faisait pas le moindre mal, on ne pouvait rien lui reprocher, je trouvais cela difficilement concevable.

L’homme me passa alors une adresse, celle de l’appartement qu’il occupait avant le désastre de cette nouvelle vie. Son appartement se trouvait tout en haut et les mordeurs ne pouvaient pas y avoir accès. Quand il me dit encore que William et moi, nous étions des gens bien, cela me fit chaud au cœur. En effet, il ne connaissait William que par la description que je lui en avais donné.

- William a toujours bien aimé les animaux et il ne pouvait pas le laisser mourir. Cela aurait été malheureux sachant que nous avions de l’espace dans notre maison, ajoutais-je.

Alors qu’il était en train de sourire, il expliqua qu’il aimait bien sourire. Cette simple affirmation me fit également sourire. J’en sus plus encore sur son passé. Dans son ancienne vie, il avait dû être garde du corps et durant son travail, son patron ne souhaitait pas qu’il sourit. En même temps, même si ce devait être assez contraignant, s’il était de gardes. Je ne trouvais cela toutefois pas cool que son patron exploite ses capacités physiques. Il avait fini par sourire seulement avec les personnes avec qui ils se sentaient bien. Il avoua encore qu’il avait aussi travaillé dans une mine, dans les bois et dans les maisons. Il n’avait pas fait beaucoup d’études, il ne se trouvait pas assez intelligent pour cela.

- Tu as l’air d’avoir fait beaucoup de métiers différents. C’est un choix personnel parce que tu voulais essayer un peu tout ?

Il me demanda également ce que je faisais avant. Mon travail d’institutrice me manquait atrocement. La vie était si simple alors et habituelle. Elle se résumait à la salle de classe, William, ma famille, mes amis. C’était chouette.

- J’étais institutrice dans une école primaire, lui dis-je. Tu as vu juste quand tu disais que je devais travailler avec les enfants, complétais-je en lui offrant un sourire.

Tranquillement assise, l’homme m’écoutait parler. Puis, soudainement, il me dit qu’il ne souhaitait pas retourner au chat tout de suite. Il voulait m’accompagner si je le voulais, pour m’aider. En attendant, pour la soirée, il allait surveiller la porte pour que je puisse dormir un peu. Il est vrai que j’étais très fatiguée et je retenais difficilement mes bâillements au fur et à mesure que le temps passait.

- Je ne peux pas te demander de venir m’aider, tu as des gens à retrouver peut-être… Pour cette nuit, réveille-moi quand tu veux que je prenne le relais, tu n’as pas à surveiller tout seul et je serais incapable de me réveiller seule.

Suite à cela, l’homme me souhaita une bonne nuit. Je me levais alors et allait rejoindre la chambre, où un lit trônait. Cela faisait quelques jours que je marchais et mes lits avaient été le sol dur et froid. Un lit doux et moelleux était une réelle consolation. Je me faufilais à l’intérieur du lit, posais ma tête sur l’oreiller et m’endormis presque aussitôt. Comme toutes les nuits depuis la catastrophe et le départ de William, je fis des cauchemars. C’était toujours le même en réalité. William se trouvait devant moi et je courrais pour le rejoindre et à chaque fois, il se faisait manger devant mes yeux par un mordeur. Je me retournais toute la nuit et le matin, je sentais quelque chose de chaud dans le creux de ma main. Paniquée, j’ouvrais les yeux et sursautais violemment lorsque je compris que c’était Robert. Ma main était engourdie, il avait dû la tenir pendant un bon moment. Je n’osais pas me retirer, ne voulant pas le réveiller bien que mon sursaut ait pu le sortir de son sommeil. Quelle gourde j’étais… Je n’avais pas l’habitude qu’un autre homme soit dans mon lit, n’ayant partagé cette expérience avec William, seulement William. J’avais l’impression de l’avoir trahi et trompé avec une personne que je ne connaissais que depuis une soirée seulement.
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Jeu 5 Mai 2016 - 6:10

Le début de la nuit avait chassé les terreurs nocturnes des dormeurs de la tour de surveillance. Robert s’était juré de disparaître du regard d’émeraude avant son réveil. Il pensait que l’image de l’être répugnant assis près d’elle sur le plancher, dos appuyer au mur de bois de la chambre, traumatiserait l’ange. Mais la combinaison de la fatigue de la journée, la douceur de la main de Charlie dans la sienne et la respiration du berger allemand endormi sur lui avait vaincu sa résilience et le sommeil avait accueilli le géant en son sein. Être dans la même pièce que la divine apparition, pas dans le lit car il n’aurait jamais oser de sa vie à rejoindre une dame sur le matelas, fut comme un baume pour l’erreur de la nature. Un rêve de réalisé sans le savoir  dans ce monde peuplé de cauchemar. Mais la dure réalité, et surtout la condition physique déplorable du mineur, fut remis sur la sellette par un mouvement brusque et le bruit de couvertures froissé.

Groggy, complètement à l’ouest par le bruit, Robert ouvrit ses yeux. Ça prit quelques instants au colosse pour permettre à son esprit lent de se situer dans le temps et l’espace. Tout lui revint en mémoire et la frayeur commença à le faire frémir. Car oui il était dans la chambre de l’ange, sa main indigne tenant délicatement la pureté même. Tournant la tête doucement, lentement comme pour ne pas effrayer la perle d’humanité tout près de lui, le cœur de l’homme difforme se broya littéralement. La honte, le dégoût, la frayeur et la stupéfaction tourbillonnaient frénétiquement dans le regard si envoutant et merveilleux de l’ange coucher sur le flanc. Un masque d’horreur pure avait remplacer les traits divin et superbes de la jeune femme. Elle ne bougeait plus, ne respirait plus à cause de l’intrusion de la bête. À cet instant, Bobby aurait voulu fondre et se passer entre les lattes du plancher. S’enfuir misérablement. Baissant le tête devant ce nouveau rejet, l’éternel suivant de la longue série qui ponctuait la pitoyable existence de l’être difforme. Un larme de tristesse infini, cristal salé qui réussit à fracasser l’embâcle de ses paupières closes, roula librement sur la joue mal rasé du colosse. Un fossé se traça dans la crasse qui recouvrait les traits monstrueux de l’tête et la goutte mourut le long de son menton volontaire.

Le mineur laissa sa liberté à la main gracile et douce comme la soie , prisonnière de la poigne rugueuse de l’être immonde. Repoussant doucement Gary qui dormait encore du juste sur les cuisses de l’homme, le géant se déplia de toute sa hauteur. Dominant la frêle dame dans le lit, le monstre de foire tourna le dos pour essayer de camoufler sa laideur. Les épaules immenses et massives de la petite colline humaine s’effondrèrent sous la résignation et la tristesse qui ravageaient son âme. Un frisson de culpabilité parcourra l’échine du mineur. La voix enrouer à force d’avoir chanté une partie de la nuit pour sauvegarder Charlie de ses songes ténébreux, rauque au point de ressembler à deux pierres qui se frottaient. Un peu comme si sa bonté et sa gentillesse venait de s’égrainer doucement.

Robert- Désolé de vous avoir fait peur Charlie… Euh… Sandra aimait ça quand je lui tenais la main pendant ses cauchemars… Euh… Penser bien faire… Euh… Je n’ai toucher que ta main pour te dire que j’étais là en cas de problème. Je voulais juste aider… excuse-moi...

Quittant la pièce où il croyait que l’ange au regard d’émeraude serait traumatiser à vie, le colosse empila pêle-mêle son sac à dos et le mit. Un museau percuta la cuisse grosse comme un tronc d’arbre et le colosse regarda vers le bas. Le berger allemand s’assit près du golem de chair et celui-ci se pencha pour se mettre à son niveau. Quelques coups langues rugueuses léchèrent la joue du monstre de foire comme pour le soulager de l’océan de tristesse qui se déversait de son âme si pur. Flattant l’encolure du quadrupède, la voix brisé par l’émotion du géant au cœur d’or mais tourmenté murmura avec tendresse.

Robert- Tu vas protéger Charlie et l’aider à trouver William? Tu es un bon pitou Gary… Euh… Toi tu sais que je ne voulais qu’aider… Euh…Prend soin de toi ok?

Se relevant, le goliath à l’armure de chair rapiécer se dirigea vers la porte en se traînant les pieds. Le poids écrasant de la culpabilité et de la honte semblait rapetisser l'immense silhouette du colosse à un point tel qu'il ressemblait à un enfant...



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MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Aujourd'hui à 5:19

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Entre chien et loup (P.V. Charlie)

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