Partagez | .
 

 Entre chien et loup (P.V. Charlie)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
Auteur
Message
Bobby Smith
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 02/11/2015
Messages : 1585
Age IRL : 39

MessageSujet: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Sam 16 Jan 2016 - 19:42

Le mastodonte sortit craintivement du couvert de la forêt dénuder de sa parure. Laissant son regard bleuté, aux reflets dansants faisant penser au bleu si profond d'un océan par temps clair, se promena sur le lieu d’une tragédie passé. Des voitures abandonnées ainsi que des semi-remorques joncheraient le stationnement abandonné. Ici et là, des cadavres dans un état de composition avancé . Les provisions du refuge commençaient à s’appauvrir et le duo improbable s’était mis d’accord sur un plan d’action qui n’enchanta guère le colosse difforme. Il devait aller voir dans une vieille halte routière et l’ange à la chevelure cuivrée devait inspecter quelques chalets plus loin dans les bois. Repenser à son amie, seule dans la forêt lugubre avec autant de menaces faisant tordre d’angoisse les mains immenses du géant. Il aurait tellement voulu la suivre, mais la Texane avait été vindicative et le sujet clos. Comme à son habitude, l’homme aux muscles disproportionné avait consenti sans mot dire. Pour lui, Juliane était la voix de la sagesse et il se devait de l’écouter. Elle était vraiment la seule, avec bien entendu l’ange à la chevelure doré, a avoir accepté la présence répugnante de la bête. Voyant un camion de livraison d’une chaine de super marché locale, Robert avança vers la remorque aux portes arrière entrouvertes. Chacun de ses pas lourds claquait comme des coups de tonnerre sur le bitume craqué de la route secondaire. Le cœur de la bête de foire battait frénétiquement dans sa poitrine dans sa poitrine démesurée. Le son sourd avait la même cadence que celui d’un tambour de guerre. Les jointures des mains rugueuses de l’homme étaient blanchies à force de serrer le manche de la hache. Arme improvisée certes, mais mortelle entre les paluches du géant à la force phénoménale. Chaque muscle titanesque était gorgé par l’adrénaline et les sens de Bobby étaient ouverts à leur capacité maximale. Pour une des rares fois que le monstre de foire n’était pas en visite dans la lune ou bien revoir sa famille fantomatique au Pays Imaginaire.

Rendu près de l’objet de sa convoitise, le colosse appuya sur la lampe frontale et un mince vaisseau de lumière perça l’intérieur sombre de la remorque. Plusieurs cartons étaient éventrés au sol, signe évident que l’endroit fut déjà visité plus qu’une fois surement. Déposant sa hache sur le plancher de contreplaqué du géant des routes, Bobby se propulsa pour mettre un genou à l’intérieur et ensuite se hisser. Laissant sa silhouette immense et dégoutante se découper dans les derniers rayons du soleil, Bobby commença à farfouiller à gauche et à droite. Trouvant des miettes de provisions oubliées par les autres pillards, le mastodonte allait jeter l’épaule quand son œil bleu si pur accrocha sur une boite rouge vif. Se penchant, le sourire enfantin et niais réapparut alors sur les lèvres exsangues du faciès monstrueux de Robert. Une boite de délices chocolatés, du café et des enveloppes de chocolats chauds attendaient que la main gourmande du colosse les saisisse avec avidité. Il plaça le tout dans son sac à dos, repensant aux sourires sincères empreints de bonheur que Juliane faisait lorsqu’elle croquait dans du chocolat. Repenser à son amie si chère à son cœur torturé de plaies à vif fit naître un apaisement et une bonhomie sur les traits atypiques du sosie de Frankenstein. Replaça son sac à dos bien en place sur ses épaules démesurées, il reprit sa hache et sauta en bas de la remorque fantôme. Il s’accroupit légèrement, absorbant le choc du saut dans ses mollets et son dos puissants. Mais au travers de la pénombre, des yeux se détachaient subitement.

Un chien, ou un loup regarda l’acrobatie pathétique de l’erreur de la nature. Robert adorait les animaux et il s’accroupit encore plus. Le regard calme et si plein d’humanité de la chose rencontra celui du quadrupède. Une voix calme s’échappa alors des barricades des dents mal alignées du monstre de foire.

Robert- Euh… Bonsoir Pitou… Euh… T’es perdu ? Viens me voir. Je ne suis pas un monstre, tu sais… Euh… Je suis gentil…

Robert tendit alors une main immense et rugueuse devant lui, comme pour prouver ses propres dires envers l’animal. Il désirait seulement caresser le poil du chien, enfouir son visage monstrueux dans le cou du chien et pouvoir s’échapper quelques instants de ce monde de souffrance…

Mais s’extirpant de sous une voiture abandonnée, le véritable monstre tourna son regard avide vers la scène pitoyable près de lui. Une ombre chancelante venait de surgir des bois. Un homme au teint livide et au regard blanchâtre qui gémit de plus belle. Un peu comme si la goule semblait déçu que son gigantisme repas avait eu l’audace de remarquer son arrivée. La parodie de vie portait un jean, des bottes de constructions, un chandail de groupe de rock et des bretelles. Une immense bedaine, dans un premier temps les gens qui pouvaient le voir que c’était ça, luttait à chaque pas maladroit du zombie pour se libérer de la gaine de tissus. Mais vu la croute de sang séché, le regard des spectateurs comprit que les tripes de la chose sortaient allégrement de son ventre disproportionné. Mais Robert ne remarqua rien de ça. Toute son attention était tournée vers l’animal. Dans quelques pas, la mort allait s’abattre sur l’être à l’esprit si lent…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
Revenir en haut Aller en bas
Charlie Bushbury
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 31/10/2015
Messages : 186
Age IRL : 22

MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Dim 17 Jan 2016 - 18:24

Cela faisait déjà quelques jours que je me trouvais sur la route, je ne pensais pas que ce serait aussi fatiguant. Mes journées n’étaient éclairés que par la pensée que je retrouverais Hayden, je me l’étais obligée, je voulais retrouver Hayden pour continuer à essayer de vivre dans ce monde à ces côtés, je ne l’imaginais pas sans lui. Les arbres semblaient m’offrir un semblant de protection, mais j’avais été obligé de tuer mon premier rodeur à peine avais-je fait trois pas en dehors de chez moi. Ma longue marche et mon périple s’étaient également ponctués par la mort que je semais derrière moi, pour me protéger. C’était tous des rodeurs, évidemment, mais cela me faisait toujours un coup à l’estomac. Peut-être cela passerait plus tard… Je ne le souhaitais pas, si cela passait, cela voudrait peut-être dire que je suis en train de perdre un peu de mon humanité. Le premier rodeur tué avait été le plus dur, parce que premier, je ne savais pas encore très bien m’y prendre. Le deuxième avait été également difficile, mais plus on le faisait, plus on prenait le « coup ». C’était comme lorsque j’avais appris à tirer à l’arme à feu. Je n’en avais pas encore eu besoin. Pour l’instant, mon couteau de cuisine m’avait suffi. Je n’avais jamais eu plus d’un rodeur à la fois, ce qui était un soulagement. Face à une horde, j’étais sûre de mourir à coup sûre.

Dans mon dos, mon sac à dos ne pesait pas trop. J’avais essayé de le décharger le plus possible en y mettant ce que je pensais être nécessaire. Une polaire pour rester au chaud la nuit, elle m’avait été bien utile quand même la nuit dernière, si je n’étais pas morte mangée par les rodeurs, je l’aurais été par le froid, ce qui aurait été bien bête. J’avais également pris de la nourriture, pour Gary et moi-même. Mon chien me suivait docilement et il était suffisamment intelligent pour ne pas s’approcher de trop près des rodeurs. J’avais pris aussi de l’eau. J’aurais dû penser à prendre une carte. Je pensais me diriger vers Seattle, mais je n’en étais pas du tout sûr et aucun panneau ne m’indiquait la route à prendre. Je ne l’avais jamais prise à pied, c’était quelque chose de nouveau que je ne pensais pas connaitre un jour, surtout vu la distance qui éloignait mon village de Ravensdale et la ville de Seattle.

Gary s’était éloigné légèrement de moi. Des voitures se trouvaient dans les alentours, j’essayais de ne pas le perdre de vue, s’il lui arrivait quelque chose, je voulais pouvoir intervenir le plus rapidement possible. Aucun mouvement n’accrochait mon œil. Depuis que j’étais partie, je ne quittais pas mon couteau, il m’avait été particulièrement utile, tout comme mes jambes. Heureusement par ailleurs que ces saletés de rodeur n’étaient pas rapides, j’aurais été bien dans la mouise s’ils avaient été capables de courir. Le souci était déjà qu’ils n’étaient pas épuisés alors que moi, je pouvais l’être et je l’étais. Alors que j’étais en train de me dire que tout était bien trop calme et que rien ne se profilait devant moi, un être putride se réveilla et se dirigeait droit devant lui. Je courrais pour me mettre à l’abri le plus silencieusement possible avant que je ne me rende compte que le rodeur se dirigeait vers mon chien, qui était à côté d’une voiture.

Je pestais et m’avançais avant qu’il n’attrape mon chien. Je ne savais pas s’il pouvait se nourrir d’un animal, mais s’ils étaient capables de manger les humains, ils étaient capables de manger un chien. Sans un cri, je courrais jusque vers l’être putride et immonde et abattit d’un coup sec mon couteau dans la tête de l’homme mort et m’éloignais rapidement tandis qu’il tombait à terre. Avec une moue de dégout, je regardais le corps mort avant de regarder autour de moi. Il ne semblait y avoir rien d’autres.

« Gary, viens-là, vite ! » L’appelais-je dans un murmure avant de me rendre compte ce qu’il était en train de regarder.

Un autre rodeur ! Je ne l’avais pas vu au premier abord, il était affreux et gigantesque, il était tout près de mon chien.

« Gary, dépêche-toi ! » L’appelais-je dans un cri angoissée.

La seule crainte que j’avais maintenant était que mon chien mourut. J’étais trop idiote et trop angoissée pour me rendre compte que mon cri étranglée allait « réveiller » le mort. Celui-ci allait attraper mon chien. Je soupirais de soulagement lorsque Gary s’éloigna et me retrouva. J’attachais mon chien et me mis à courir le plus possible pour m’éloigner du monstre. Au vu de sa taille, j’étais sûre de ne pas faire le poids.
Revenir en haut Aller en bas
Bobby Smith
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 02/11/2015
Messages : 1585
Age IRL : 39

MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Lun 18 Jan 2016 - 6:34

La bête immonde et l’animal se regardèrent intensément. L’un et l’autre se jaugeaient, essayant de prendre la mesure de l’être en avant de lui. Mais bientôt la queue du chien, appendice que le quadrupède garda au ras du sol, se releva vers son échine formant par la même occasion une sorte de signe d’interrogation. Comme si le berger allemand était surpris de voir cet étrange mélange chez un humain. L’homme avait la stature déformée par une avalanche grotesque de muscles disproportionné et un faciès monstrueux. Mais ce que Gary le chien décelait au premier regard, l’instinct primale parlait présentement pour l’animal, c’était l’aura de bonté et d’humanité qui semblait se dégager de ce corps disgracieux. Une gentillesse qui convainquit l’animal qu’il était hors de danger, ainsi que sa maitresse, en présence de cette parodie d’homme.  Un mince sourire étira les lèvres exsangues du géant difforme et le chien ouvrit sa gueule, sortant un peu la langue. Mais un murmure s’éleva alors dans le silence de la halte routière. Tel un coup de tonnerre, l’ordre claqua sèchement.

Voix- Gary, viens-là, vite !

Le mineur et le clabaud se regardèrent, se demandant presque à l’unisson le prochain mouvement. L’instinct de gardien du berger allemand lui fit faire alors demi-tour, presque peiné de devoir obéir à sa maitresse. Quant au colosse, celui si resta pétrifié. Dans sa mémoire presque inexistante, le prénom « Gary » lui fit renaître l’image d’un fier à bras qui s’amusait à tourmenter l’être disproportionner.  L’amateur de rock avait essayé de profiter de la petite sœur du géant dans une soirée alcoolisé et le monstre de foire avait eu vent du comportement disgracieux de la brute. Le jeune homme avait poussé la limite du paisible golem de chair et ce dernier n’avait aucunement retenu ses coups. L’adolescent s’était retrouver aux soins intensifs, les ambulanciers croyaient que le jeune homme avait été victime d’un délit de fuite. Mais repenser au visage moqueur et méchant taché de rousseur de cet individu, qui avait traumatisé une partie de l’enfance de Bobby, le fit figer sur place. Chaque muscle semblait tout à coup figé dans de l’azote liquide, le regard bleuté regardant en avant de lui sans rien voir. Juste un passé révolu ou encore l’éternel recommencement de la bêtise humaine.

Une voix angoissée, à l’accent typiquement féminin s’éleva dans la pénombre de ce jour froid.

Voix- Gary, dépêche-toi !

Cette voix, cette clameur de frayeur et d’urgence fit sortir le colosse de son état léthargique, le ramenant brutalement  dans ce monde chaotique qui était maintenant le quotidien des survivants. Voulant se redresser pour essayer de voir celle qui avait laissé porter sa voix de façon si cavalière dans cette étendue inhospitalière, Robert se pétrifia en sentant une main glacé se déposé sur son épaule massive. Là où la plupart des gens aurait tourna avec effroi la tête pour voir le visage crisper de la mort fondre vers leurs carotides exposées, Bobby donna un fulgurant coup d’épaule pour se dégager. Mal en prit au géant à la silhouette au combien puissant mais peu agile. Car le mouvement fit tanguer l’équilibre du mastodonte et l’homme chuta lourdement au sol. Son épaule gauche frappa durement  le bitume craqueler et un éclair de douleur fouetta l’échine du mastodonte. Au lieu de se tordre de douleur, le monstre de foire laissa la rage submerger ses sens.  Il ne voulait pas mourir aussi stupidement. Robert voulait revoir son amie, lui donner le chocolat trouver et lui demander de revoir quelques photos de son appareil. Dans un sens il voulait vivre pour son ange à la chevelure cuivrée. La ramener au Texas ou bien mourir en essayant. Rugissant à plein poumon tel un grizzli défendant ses proches, il se remit sur le dos et la pathétique goule essaya de lui tomber dessus. Vif comme un cobra fondant sur une souris surprise, le mastodonte bloqua l’attaque maladroite en repoussant les épaules de la chose qui fut autrefois un camionneur. Frappant du coup de sa botte ferré directement dans la zone sensible des hommes,  Bobby grimaçant sous le nouvel effort qu’il produisit.  Car même si l’abomination n’avait aucunement cure du coup estropiant pour la majorité des vivants, le géant fit un effet de bascule vers le haut, propulsant la chose morbide sur deux ou trois mètres en vol plané. Tête première, le zombie frappa durement l’aile d’une Mercedes abandonné là par son précédent propriétaire.

Mais comme un malheur n’arrive jamais seul, l’alarme antivol commença à faire un tintamarre de tous les diables.  Se relava en grimaçant de douleur, le colosse saisit sa hache et frappa avec hargne la silhouette pathétique, parcouru de soubresaut,  de son assaillant purifié. Regardant autour de lui, il LA vit enfin. La propriétaire de la voix et du chien maintenant en laisse. Elle s’enfuyait du monstre de foire, de sa hache couverte d’un fluide noirâtre. La silhouette gracile semblait presque flotter grâce à sa célérité presque surnaturelle.  Un regard changer d’angoisse et de frayeur percuta le cœur torturé de la bête immonde. L’homme déformé savait qu’il était la cause des tourments de l’ange. Car il ne put penser à la fuyarde en ces termes. Un ange doté d’un regard d’émeraude si scintillant qu’il éclipsait même le regard divin d’Abigail. À grand peine le mastodonte au faciès monstrueux détacha ses yeux bleuté si pur et peiné de la silhouette divine pour repérer un danger mortelle.

La dernière victime du camionnieur, un jeune homme en pleine forme physique, s’était réveillée il y a quelques instants à cause des bruits de la lutte de l’homme aux muscles disproportionné et l’alarme assourdissant du système antivol. Dégoulinant de son propre sang maintenant gorgé par le virus réanimateur, le possédé ayant une nouvelle faim contrenature s’était relever. Son regard qui commençait à se recouvrir de la blancheur caractéristique des damnés de ce nouveau monde croisa les formes appétissantes de la jeune brunette. N’ayant pas la rigidité cadavérique que les autres zombies avaient, de par sa « fraicheur », le mort-vivant s’élança dans le sillage de la beauté céleste. N'éprouvant pas de fatigue, il courut de toute la puissance de ses muscles qui seront inutilisables dans quelques semaines.

Le sang dans les veines dans le corps monstrueux mais puissant du monstre de foire se figea. Il ne voulait pas qu’une autre innocente périsse par son inaction. Il y avait déjà assez de sa nièce, de sa sœur et de la dame dans la boutique. Laissant l’instinct de protecteur l’envahir comme dans ses instants tragiques, Bobby s’élança sur quelques pas et propulsa sa hache de toutes ses forces sur le capot de la voiture luxueuse à proximité. La lourde tête de la hache fit l’effet d’un bâton frappant sur un gong. Un bruit métallique, semblable à un tonnerre, se fit entendre. Le coup furieux du Goliath cassa la barrure du capot et frénétiquement Bobby l’ouvrit. D’un nouveau coup de hache, il sectionna le fil de la borne de la batterie, réduisant au silence l’appât sonore aux oreilles défuntes de ce coin reculé.  Fermant violement le capot, ce nouveau coup de tonnerre fit naître un genre de flottement dans la course pour la survie qui se passait sous les yeux paniquer du géant difforme.  Voyant que la goule, doté d’une vigueur surnaturelle et d’une célérité conséquente, semblait hésiter, Bobby gueula alors de toutes ses forces. La rage et le besoin de protéger cette vie innocente fit monter la voix rocailleuse dans des sommets jamais égalé.

Robert- TOI LE MÉCHANT VIENS ICI ME MANGER! JE SUIS BIEN PLUS GROS QU’ELLE! EUH… ELLE A LE DROIT DE VIVRE…

La dernière réplique fut presque une supplique pour le raisonnement pathétique du mort-vivant. Elle devait être gentille. Car les animaux  savaient d’instinct les gens de bien. Et en plus l’ange au regard d’émeraude n’avait pas essayé de l’attaquer, lui la parodie d’humanité qui ne semblait valoir guère mieux de la goule qui venait de faire son choix. La haute silhouette criarde du colosse semblait plus prometteuse que la jeune femme. Se souciant peu de sa propre sécurité, Bobby leva une main immense et pointa l’horizon dégagé en face de la dame. Les yeux du golem de chaire qui se voulait humaine reflétaient une bonté et une humanité renversante. Il était prêt à se sacrifier pour sauver une inconnue. Si Juliane sera  là, le géant aurait entendu parler du pays.

Robert- SAUVEZ-VOUS MADAME… EUH…

Ancrant solidement ses pieds au bitume, adoptant la pose d’un cogneur de baseball, Bobby attendit que la créature d’outre-tombe arrive à porter. La hache reposant sur son épaule endoloris, faisant fi de sa propre douleur, Robert ne quitta pas des yeux le visage crispé de fureur de la chose morte qui s’élançait vers lui. Les lèvres exsangues du colosse ne dessinaient qu’une mince ligne sur son visage aux traits atypiques et grave. Les jointures de ses mains rugueuses blanchirent en serrant le manche de l’arme improvisé. Il n’avait qu’une chance. Si le mineur ratait son coup, il savait qu’il allait entrer en collision avec la goule. Il allait surement se faire mordre. Mais au moins, consolation minime, la dame au berger allemand sera privée de toute souffrance. Que valait vraiment la vie du sosie de Frankenstein vis-à-vis de celle de l’être au regard d’émeraude. La vie d’un pathétique monstre contre la survie d’un ange. C’était un marché honnête selon l’esprit lent de la bête qui amorçait son coup dévastateur.

Au loin l'ouïes monstrueuses de quelques âmes en peines détecteurs le raffuts et leurs pas lents et trainants bifurquèrent vers l'air de repos. Lieu d'une lutte pour la survie...



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
Revenir en haut Aller en bas
Charlie Bushbury
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 31/10/2015
Messages : 186
Age IRL : 22

MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Dim 24 Jan 2016 - 15:18

Gary à mes côtés, je me sentais mieux protéger que je ne l’avais été il y a cinq minutes. Hayden, à qui le chien appartenait en premier lieu, souhaiterait sans doute revoir son animal quand je le verrais à nouveau, je voulais le lui rendre avec toute la bonne santé qu’il avait avant qu’il parte vers Seattle. C’était le seul lien que j’avais entre mon amant et moi, lien que je voulais à tout prix maintenir en vie. Mon chien, mon protecteur, mon seul ami sur cette planète détruite. Heureusement qu’il avait eu la présence d’esprit de revenir directement vers moi, avec une hésitation, certes, mais il était quand même revenir. Je ne voulais pas m’atteler sur les raisons pour lesquelles Gary avait souhaité rester près du mordeur. Souhaitait-il tellement perdre la vie ? Que serais-je devenu sans mon chien ? J’aurais erré, toute seule, et je crois que jamais je ne m’aurais senti aussi seule de toute ma vie. Que serais-je devenu sans mon ami fidèle et protecteur canin ? Je n’osais y songer. Gary à mes côtés, j’essayais de garder une course. Au bout de trente secondes à peine, je me retournais, muer par un instinct plus fort. En temps normal, le mordeur qui s’était trouvé sur mon chemin serait venu à ma « rencontre » pour essayer de me manger, probablement. Or, le mordeur était resté au même endroit et il ne se précipitait pas dans ma direction pour se régaler de mes organes vitaux. Je trouvais cela très étrange – trop étrange pour cette nouvelle vie, pour ce nouveau monde. Ce mordeur ne respectait pas les règles du « jeu », les règles de cette nouvelle existence dans laquelle la mort l’avait condamnée.

C’est alors qu’un mouvement me fit sursauter. Un nouveau mordeur s’était ajouté au géant se trouvant non loin de moi et chose encore plus étrange, il l’attaqua. Figée par l’horreur de la situation, je n’arrivais plus ni à bouger, ni même à faire le moindre pas. J’étais terrifiée et je ne parvenais pas à comprendre la situation dans laquelle j’évoluais en ce moment-même. Cela me paraissait tellement absurde, tellement irréalisable. Un mordeur n’attaquait jamais un autre mordeur, c’était une autre des règles que j’avais érigé en ce monde. Règle 1 : pour tuer un mordeur, il fallait viser la tête, il pouvait survivre à n’importe quelle blessure au corps, mais pas à la tête. Règle 2 : les mordeurs, lorsqu’ils sentent une odeur humaine (ou muée par un instinct animal très puissant), « courraient » toujours après leur victime humaine. Règle 3 : les mordeurs ne s’attaquent qu’à des humains, ils ne s’attaquent pas entre eux – du moins, je ne leur laissais pas le temps de le faire. C’était une distraction comme une autre, une distraction qui me permettait de continuer mon cerveau à agir le plus normalement possible, mais surtout de pouvoir continuer à vivre. Ces règles, que j’avais inventées, m’avaient maintenu en vie depuis que j’étais sur les routes. Or, la scène qui se déroulait maintenant ne s’était jamais produit et selon moi, c’était quelque chose de tout à fait anormal et d’étrange. Cette scène n’aurait jamais dû être. J’essayais alors de démêler le vrai du faux, j’essayais de comprendre l’incompréhensible.

Les deux mordeurs se bagarraient et c’est alors que je comprenais ce qui se passait. L’un deux, celui que mon chien avait trouvé montrant à mes yeux son instinct beaucoup plus sûr que le mien, n’était pas un mordeur. Alors qu’il envoyait le véritable mordeur contre une voiture, qui résonna dans le silence. Je ne savais que faire, j’étais toujours figée, avec un pas maintenant en avant, dirigée vers le géant. Je devais l’aider, je ne pouvais laisser une personne en danger comme cela. Dans cette même situation, j’aurais voulu qu’on me vienne en aide. Je ne pouvais rester spectatrice de cela, sans rien faire. L’homme ne semblait pas se laisser faire. D’un mouvement d’une très grande force – ce dont j’aurais été incapable, il maniait une hache avec une grande agilité. Malin, il coupa l’alarme de la voiture. C’était une bonne idée, cela éviterait d’attirer encore plus de mordeurs dans les environs. C’est sa voix, hésitante, qui sortit de ma torpeur. Il était question de me laisser en vie. Cet élan de gentillesse réussit à faire décoller mes jambes.

« Merde, pestais-je en courant vers le géant et le mordeur. »

Des pas inquiétants se rapprochaient. Détachant Gary afin qu’il puisse aller se protéger quelque part, il était assez intelligent pour se maintenir en vie, mon long couteau à la main, je courrais vers l’homme et le mordeur. Celui-ci ne se trouvait qu’à quelques pas et j’avais peur d’arriver trop tard ou d’être trop faible ou impuissante pour pouvoir venir en l’aide au géant. Le mordeur était de dos et ne semblait pas m’entendre venir, c’était là une consolation. J’abattis d’un mouvement souple mon couteau dans le crâne du mort. Celui-ci n’avait pas encore atteint l’homme, j’en fus heureuse. Retirant mon couteau de cette carcasse vide, le cadavre tomba à terre. De retour sur mes pieds, je guettais les alentours. D’autres arrivaient, je pouvais commencer à entendre leur râle. La lutte serait difficile, j’espérais qu’elle ne serait pas mortelle. Je regardais l’homme à côté duquel je me trouvais. Laid pour ne pas dire horrible, il ressemblait à un mordeur. Tout dans son corps traduisait la souffrance, mais également la terreur. Oui, il était terrorisant et effrayant, je me demandais comment il parvenait quand même à attirer les mordeurs à lui avant de me reprendre. Mes pensées étaient méchantes. Il m’avait aidée, si je ne m’étais pas enfuie, c’est sur moi que le mordeur se serait rendu. L’homme semblait malin et assez débrouillard pour rester en vie. Son apparence laissait croire qu’il connaissait la dure vie de ce nouveau monde, il serait capable d’affronter les mordeurs qui arrivaient. Le serais-je également ? J’en doutais, je ferais de mon mieux, ne voulant pas mourir avant d’avoir retrouvé Hayden.
Revenir en haut Aller en bas
Bobby Smith
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 02/11/2015
Messages : 1585
Age IRL : 39

MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Mar 26 Jan 2016 - 8:48

Amorçant son coup comme un cogneur de puissance de baseball, Bobby eut la stupeur de voir la créature d’outre-tombe tomber en plein élan. Derrière la chose macabre se tenait l’ange qui s’enfuyait un peu plus tôt. Celle-ci, dans un este d’une grâce presque surnaturelle, se mit à genou pour extraire sa lame de la gaine répugnante qu’était la tête de la goule. Robert poussa un soupir de soulagement, de la gratitude passa dans son regard bleuté. Car la jeune femme avait accompli tellement avec ce simple geste envers le monstre de foire. L’ange avait évité une blessure de la part du mort-vivant et surtout elle ne l’avait pas poignardé comme bon nombre de gens avant elle. Ne comprenant pas le pourquoi, un sourire de gratitude et presque de soulagement se posa sur les lèvres minces de la caricature humaine. Le regard bleuté, si pur en comparaison de la grisaille du ciel affligeant, pétilla d’une bonté et d’une humanité sans borne.
Ne sachant pas trop quoi faire, peu habitué de s’exprimer avec les gens et surtout en ce moment des plus inappropriés. Laissant sa hache frôler le sol dans une attitude qu’il croit pacifique, il s’avança craintivement vers l’ange. La peur refit son apparition dans son être et le mastodonte se maudit un instant. Il venait de charger sans éprouver une once de terreur sur un zombie et maintenant il était pétrifié devant le regard d’une demoiselle. Il avança gauchement et une certitude vint alors à son esprit lent et pathétique. Le mort-vivant était doté d’une meilleure apparence que lui-même dans l’état qu’il se trouvait. La haute silhouette musculeuse et déformée de Robert était un affront pour l’humanité entière et plusieurs gens lui avaient certifié par le passé. Détournant son faciès monstrueux pour préserver l’aura de pureté de l’ange devant lui, la voix tremblante, rauque et essoufflée du monstre de foire s’échappa des minces lèvres pour se rependre dans l’air ambiant. Un peu plus et le son timide de la voix du colosse serait couvert par les gémissements des goules éloignées et des jappements frénétique du quadrupède.

Robert- Vous allez bien, madame ? Euh…

Se rendant compte de la lueur métallique inquiétante dans la main de la jeune femme, Bobby leva une main suppliante et essaya de cacher de nouveau son apparence grotesque. Il croyait à tort que le cercle infernal de sa vie allait reprendre ses droits. Que les gens allaient encore chercher a le blessé à cause de son apparence atypique.

Robert- Non… Euh j’ai l’air d’un monstre, mais je pense être humain… Euh… Ne me faites pas de mal… Je vais partir… Euh… Je voulais juste aider…

Vivant une situation si semblable depuis des années, les gens préféraient blesser le monstre de foire autant physiquement que psychologiquement. Des lames, des projectiles, des poings et des mots avaient blessé plus qu’une fois le corps et l’âme de Bobby. Une nouvelle douleur cloua le massif homme devant la frêle jeune femme. Le cœur immense et rempli de sollicitude du mastodonte arrêta de battre en voyant la détresse et la peur se refléter dans le doux regard l’ange. Le monstre de foire se maudit d’être si près d’elle, de lui inspirer cet état d’angoisse de par son apparence ingrate et cauchemardesque. Baissant son regard bleuté tourmenté par la honte et la certitude d’être tous les mots de la jeune femme, le colosse remarqua enfin ses avants –bras. Ces membres à la musculation si développée étaient pimentés de fluide vital. Les mains de l’abomination, massives et immenses, semblaient avoir été plongées directement dans le corps sans vie du charognard trépassé.

Au loin le concert de gémissement prit un peu plus d’ampleur, ne laissant rien présager de bon. Mais au travers de toute la honte, le dégout envers lui-même et la sollicitude que le géant éprouvait dans un maelstrom d’émotion des plus chaotiques, une petite voix fit descendre les yeux vers l’ange près de lui début sur le bitume craqueler de ce monde irréel. La voix rocailleuse, presque terrifiante jaillis de ses lèvres exsangues.

Robert- Euh… On doit partir… Euh… Trop de méchants qui mordent qui arrivent… Euh… Refuge près d’ici. PITOU!!!!

Le mastodonte venait de voir avec effroi une goule entreprenante qui avait acculé le berger allemand à une carcasse de voiture. Sans s’en rendre compte, le géant commença à s’avancer vers l’aberration qui salivait d’avance de planter ses mandibules dans le corps poilu du chien. Et Robert commença sa course vers le mort-vivant, cet être dont les blessures dégoutantes suintaient de grosses gouttes de pourritures. Dans un premier temps, le pas de la bête était peu sûr et gauche. Mais dès que la vitesse fut acquise, les gens pouvaient presque croire à la lancée d’une locomotive. Un train de marchandise armé d’une hache énorme, voilà ce qu’était devenu le monstre de foire. Le zombie se retourna à demi, surpris d’entendre ce rugissement digne d’un minotaure de la Grèce antique. La goule boita horriblement de la jambe gauche et le coup de hache porté avec fureur par le mastodonte n’arrangea en rien son état. Il fit un tour complet sur lui-même avant de choir sur le sol à quelque pas du chien. L’être décervelé eut quelques spasmes et sa non-vie se dissipa dans une odeur de relent atroce. Ne comprenant pas que le chien s’appelait Gary, Robert pointa la forêt, une voie de retraite encore sur. Il cria avec une force sidérante, couvrant le chœur macabre des réceptacles de virus zombifiés qui refermaient un étau putride autour des vivants.

Robert- Vite par-là! Il y a un billot par-dessus une crevasse… Euh… On doit le traversé… Les méchants qui mordent ne peuvent pas. Si pitou ne peut pas, je vais l’aider… Il est où le type qui s’appelle Gary?

Bobby allait laisser la divine apparition passer devant lui. Il ne voulait que les doigts griffus des goules n’écorchent la peau sublime de l’ange au regard d’émeraude. Quitte à faire un rempart de son corps immonde, le golem de chair ferait ce qui est juste pour qu’une personne pouvant changer le quotidien des survivants vive. Qui allait pleurer un monstre tel que lui. Juliane allait surement l’oublier très vite et Abigail aussi…

HRP:
 



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
Revenir en haut Aller en bas
Charlie Bushbury
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 31/10/2015
Messages : 186
Age IRL : 22

MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Mar 26 Jan 2016 - 22:05

Le géant me souriait et je ne savais pas si je devais lui répondre par un sourire ou non, tout dans son apparence laisser présager d’une certaine dose de « dangerosité », je ne savais pas c’était là des préjugés, mais son apparence était assez effrayante et il aurait pu me tuer juste à l’aide de ses longues mains. Je hochais la tête, une manière pour moi de le saluer brièvement, mais de garder mon attention sur le monde m’entourant. Des cadavres ambulants n’allaient pas tarder à faire leur apparition, j’en étais persuadée. Je pouvais déjà imaginer leurs râles. Alors que je me mettais à nouveau en position d’attaque, le géant baissa son arme. Je trouvais son geste déplacé. Peut-être souhaitait-il ne plus paraitre terrifiant, mais il l’était et de plus, dans moins d’un instant, il aurait peut-être besoin de son arme. L’une de mes règles stipulait « ne jamais baisser les armes », je l’aimais car elle était à double sens. Elle m’obligeait à toujours faire face et à me battre, dans l’espoir de retrouver Hayden ; mais elle m’obligeait également à être vigilante en ne laissant pas mes armes trainer sur le sol. Cela aurait été trop dangereux, j’étais trop novice dans ce nouveau monde pour me laisser dépourvu. Je souhaitais me laisser le plus de chance possible. C’est alors que l’homme se détourna quelque peu et lui demanda d’une petite voix si elle allait bien.

- Je vais bien, merci. Et vous ? Lui demandais-je à mon tour. L’homme semblait épuiser et j’étais persuadée qu’un peu de repos ne lui ferait pas de mal. Comme à tout le monde par ailleurs.

Sa voix dans sa bouche me parut étrange, pas aussi grave que ce à quoi je m’étais attendue si j’y avais plus réfléchi. Avant que je puisse répondre, il me dit qu’il n’était pas un monstre. Je voulais bien le croire, maintenant. Il se justifiait tant et si bien que je crus qu’il avait lu dans mes pensées. Etais-je aussi transparente que cela ? Je l’avais peut-être pensée, c’est sûr, mais qui ne l’aurait pas fait ? L’homme n’avait pas l’apparence banale d’un homme « moyen », bien au contraire. Il était démesurément grand, son apparence était inquiétante et il paraissait dangereux. Toutefois, il ne fallait pas s’arrêter à ces préjugés. Peut-être. Parfois, ce n’était pas bon, parfois, ça l’était. Cela dépendant de la situation. Il ajouta qu’il ne me souhaitait aucun mal, qu’il allait partir et qu’il avait juste voulu m’aider.

- Ravie de l’apprendre, dis-je en haussant les sourcils. Pour le moment, je n’avais pas eu à affronter des humains vivants « méchants », avides de tuer les « faibles », peut-être était-ce possible à certains endroits. Pour l’instant, je n’avais eu à affronter « que » ces satanés rodeurs, c’était déjà beaucoup.

Me revint en mémoire la façon dont il l’avait appelé le véritable monstre pour qu’il se détourne de moi, ne l’aurait-il pas fait que le rôdeur se serait dirigé vers moi-même, probablement. J’étais tournée dans mes pensées, réfléchissant à une phrase cohérence que je pouvais dire. Le mélange de cet homme était des plus étranges : son apparence était terrifiante, mais il y avait un petit quelque chose dans son regard peut-être ou dans ses paroles qui me criait que je pouvais probablement lui faire confiance. Pouvais-je encore faire confiance à quelqu’un ? Je devrais peut-être le laisser partir dans sa direction et continuer ma route comme je l’avais fait depuis que j’étais partie de Ravensdale. Toutefois, le bruit se faisait de plus en plus proche, provenant d’une route non loin de là et provenant certainement de rôdeurs en quête de chair fraiche à grignoter. Le géant me proposa alors de partir et m’expliqua qu’un abri se trouver non loin d’ici. Vu la horde qui allait probablement passer, je n’avais d’autres choix que de le suivre. Ce n’était pas en étant un rôdeur que j’allais pouvoir retrouver Hayden.

- C’est une bonne idéaaaahh… Criais-je avant de plaquer ma main sur ma bouche.

Très mauvais réflexe. Règle X sur ma liste « ne pas faire de bruit » et règle Y « vigilance constante ». Un rôdeur était apparu derrière Gary. Je n’eus pas le temps de courir pour le sauver que le géant courrait vers lui et tua le rôdeur, faisant preuve d’une grande humanité. C’était cela qui me fit dire qu’il n’était peut-être pas dangereux. S’il avait sauvé mon chien, je pouvais le suivre sans danger. Règle 5 « se méfier des inconnus ». Celle-là ne datait pas de la période zombie, mais de celle d’avant, mais je ne pouvais plus me méfier de lui. Attrapant mon chien par le collier, je suivais l’homme qui hurlait de le suivre, il était prêt à porter Gary si mon chien n’y arrivait pas, il fallait grimper. Apparemment, les mordeurs étaient incapables d’y accéder. Alors que j’allais grimper, l’homme se demandait à haute voix où se trouvait « l’homme prénommé Gary ».

- Ce n’est pas un homme, c’est mon chien, précisais-je rapidement.

Je souhaitais mettre le plus de distance entre les mordeurs et moi, j’aurais le temps de le remercier une fois à l’abri ainsi que de caresser mon chien.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Bobby Smith
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 02/11/2015
Messages : 1585
Age IRL : 39

MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Dim 31 Jan 2016 - 15:07

Dame- Ce n’est pas un homme, c’est mon chien.

Le colosse regarda le berger allemand et pencha sa tête sur le côté. L’animal fit de même et il ouvrit sa gueule comme si Gary souriait. Comme si le quadrupède et l’être difforme partageaient une bonne blague. Le chœur de gémissement macabre coupa court à ce transfert de pensées des plus cocasses. Bobby ferma la marche et bientôt l’orée du bois leur tendit les bras. Le trio slaloma entre les arbres avec une bonne vitesse de croisière, témoignant l’agilité humaine qui permettait à leurs organismes d’agir avec réflexes. Bientôt les survivants arrivèrent à un ravin assez profond. Un peu comme les lèvres de la terre s’étaient ouvertes pour vomir les horreurs infernales des corps qu’elle gardait en son sein. Comme pour confirmer les pensées du monstre de foire, un revenant dégoulinant de boue et de sang séchés, s’effilochaient les phalanges sur la pierre brute des parois de la gorge. Se plaça dos au tronc renverser par-dessus l’abime pour couvrir la fuite de l’ange, Bobby laissa sa fureur gagner sur sa gentillesse. Laissant la gracile apparition divine de jouer les funambulismes sur l’écorce rigide, le mastodonte joua de la hache sur un zombie un peu plus entreprenant que les autres. Un coup d’une puissance inavoué qui trancha une bonne partie du macchabée ambulant avant que les restes tombent dans la crevasse gémissante. Le chien suivit sa maitresse sans aucun problème, car même un lourdaud comme le colosse difformé a pu franchir cet obstacle naturel sans aucun problème. Le mastodonte jeta un coup d’œil par-dessus son épaule immense et vit que les deux tiers des fuyards étaient maintenant sains et saufs de l’autre côté. Un peu comme les juifs lors de la traversée de la mer Rouge. Jetant un regard en bas, en plaçant un pied immense sur le bois, l’esprit lent de la chose ne pouvait pas mieux tomber sur meilleure image. La boue roue et les entrailles des aberrations défuntes donnaient, une illusion d’eau rougeâtre tirant sur le noir. Relevant la tête, Robert descendit alors son centre de gravité pour marcher sur le pont salvateur. Un pas hésitant et gauche à la fois, l’erreur de la nature franchie la distance. Une fausse manœuvre, une perte d’équilibre et se sera fait du monstre. Il irait rejoindre ses semblables dans l’abysse et au moins il ne pourra plus en sortir. Errer dans le seul but de tuer et dévorer les anges que le hasard allait placer sur son chemin vacillant. En arrière de son immonde carcasse, les bruits de chutes aux résultats flasques confirmaient au géant lézardé de cicatrices que les goules tombaient dans la crevasse.

Rendue sur la rive saine de la démence ambiante, la dure réalité revint alors frapper le monstre de foire de plein fouet. Le regard d’émeraude de l’ange près de lui reflétait une répugnance et une peur tout à fait légitime. Même si le colosse était selon Juliane une personne avec une âme si merveilleuse, le commun des mortels s’arrêtait hélas à l’enveloppe charnelle torturée de l’homme. Baissant ses épaules massives, soupirant de peine et de résignation devant cette situation qui a mainte fois connu dans le passé et qu’il allait se répéter dans le futur, Bobby se décala pour être loin de l’aura de pureté de la dame. Le dernier de leur poursuivant cadavérique chuta pathétiquement dans la fosse gémissante. Sans un mot, une tristesse à faire pleurer même les pierres inscrite sur son horrible faciès, le mastodonte fit un pas en direction de son refuge. Le son rauque, caverneux et un peu intimidant de sa voix s’exfiltra de sa bouche aux dents mal alignée.

Robert- Euh… Par là il y a une tour d’observation à 5 minutes de marches…Euh… Bon refuge pour se reposer. Je suis heureux que vous allez bien madame… Euh… Merci de m’avoir aidée et pas attaquer… Je dois aller voir Juliane pour lui montrer ce que j’ai trouvé.


Timidement, le monstre de foire pointa la direction à prendre pour rejoindre l’abri ou Abigail avait séjourné. L’homme difforme était dos à l’ange au regard d’émeraude, camouflant les larmes de résignation et de tristesse qui dégringolaient librement sur les surfaces irrégulières de son visage de cauchemar.

Avançant avec précaution vers une fleur qui semblait combattre le froid avec une ferveur ardente, évitant de son mieux de mettre la dame mal à l’aise avec sa répugnance, Robert fléchit ses genoux. Robert voulait ramener cette lueur d’espoir à sa chère amie, se faire réconforter par son sourire si chaleureux. Le regard de l’homme se fit alors vague, naufragé dans ce déluge de stimulus. Il entendit gémissements, des bruits de la nature si familiers et des goules qui grattements pour essayer de retrouver leur liberté malodorante. Mais l’attention du mineur fut captivée par l’arrivée du chien près de lui. Une sorte de bulle protectrice se forma alors entre l’homme si souvent rejeté et l’animal qui avait l’amour de sa maitresse. . Robert eut alors un mouvement tout en douceur, tel un enfant émerveillé. Paume vers l’avant, l’homme et le chien penchèrent la tête presque à l’unisson. La longue langue de l’animal lécha alors la paume rugueuse et immense du monstre de foire. Un rire de pur ravissement et un sourire sincère éclairèrent alors cette scène. La laideur de l’homme s’évanouit devant cette paix qui s’affichait sur le visage aux traits atypique. Se mettant alors à genoux, Robert enlaça l’encolure poilue du chien. Ses grosses mains flattèrent délicatement la fourrure soyeuse. La voix joyeuse et sereine du mastodonte s’éleva avec une pureté des plus déplacée dans ce monde sanguinaire. Le mineur avait toujours eu plus d’affinité avec les animaux qu'avec les gens. Car dans son for intérieur, le monstre de foire savait que les bêtes ne le jugeaient pas.

Robert- Tu es un bon pitou… Euh… Aide bien madame d’accord?

Se sentant alors regarder intensément, Robert se leva à contrecœur. Les gestes du géant étaient gauches, comme si l’être qui habitait dans ce corps puissant et immense avait des difficultés à le manœuvrer. L’homme déformé sortit alors une barre chocolatée de la poche de son blouson. La mélopée funèbre des goules fut remplacée par le bruit de déchirement d’un emballage. Le trésor chocolaté protégé dans l’armure simili métallique s’offrit alors au regard de convoitise du trio. Cassant une à une les quatre gaufres chocolatées de la barre, il en tendit une avec gentillesse vers l’ange. Le geste était peu sûr de lui, tremblant même. Une voix gênée et douce s’échappa alors de la gorge immonde de l’homme.

Robert- Voilà pour vous madame… Euh… Je peux en donner un à Gary aussi ?


Prenant garde de ne pas dévoiler sa laideur à celle qu’il l’avait surement trop vu, Bobby attendit sa réponse avant de partir, laissant sa honte et ce sentiment de rejet loin derrière lui.



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Entre chien et loup (P.V. Charlie)   Aujourd'hui à 10:34

Revenir en haut Aller en bas
 

Entre chien et loup (P.V. Charlie)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 4Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant

 Sujets similaires

-
» Entre chien et loup [Combat Liana vs Sven]
» Entre chien et Humain [Autumn]
» Entre chien et loup [Livre II - Terminé]
» Entre chien et loup.
» Entre chien et loup ? Le meilleur moment de la journée ! [Feat Kodaï]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: Archives RP :: RP Terminés-