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 Une rencontre presque irréelle

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une rencontre presque irréelle   Ven 15 Jan 2016 - 16:20

Le mastodonte difforme déposa les couverts dépareillés sur la table ainsi qu’une protection en liège. Se rappelant alors la question du jeune homme à l’air si mystérieux, Robert se gratta la tête l’air songeur. Il haussa ses épaules massives comme il avait l’habitude de faire quand il réfléchissait. Une réponse toute simple se manifesta alors.

Robert- Oui Moi et mon amie Juliane… Euh… Elle est partie voir un truc. Si dans 4 jours elle n’est pas revenue, je dois aller la chercher. Elle m’a donné le chemin à suivre…

Prenant la marmite et la bouilloire pour la déposer sur les protections, Bobby s’assit lourdement à son tour. Prenant la louche, le mineur remplis alors le couvert de Juliane d’une énorme portion de pitance. Ensuite il lécha la fin de la marmite avec minutie pour ne remplir que son bol au demi. L’homme à la carabine et au regard un peu sombre demanda bien confirmation que c’était du ragout de lapin. Bobby fit un signe de la tête qui se voulait affirmatif et une lueur d’inquiétude se propagea sur les traits atypiques de la créature. Sa voix douce semblait soucieuse, presque interrogative en fait.

Robert- Euh… Oui du lapin que Juliane a eu dans un de ses pièges. Il y a aussi une macédoine de légumes, euh... de la sauce mélangée à de l’eau et des épices… Euh… T’es allergique ? Je pourrais peut-être EUH…


La surprise faillit faire défaillir le monstre de foire. Il s’assit lourdement, ses jambes étant coupées par ce qu’il voyait. Luttant âprement contre la panique qui venait de s’installer dans son cœur torturé et labourer de cicatrices, la bête incrédule fouilla dans sa poche. Comme de raison, la photo de ses anges n’y était plus. Levant alors son regard penaud vers Axel, il demanda simplement.

Robert- Euh… Je peux la récupérer s’il te plait?

La photo ressemblait à un phare pour l’être perdu. Mais au lieu de s’en saisir sauvagement, il pointa avec tendresse les deux visages souriants. À peine un murmure s’éleva de la barrière aux dents mal alignée de l’être difforme.

Robert- C'est Sandra ma nièce et Rosalie ma sœur... Euh... Je n'ai plus de famille... Elles sont parties au paradis loin de ce monde chariotique... Euh... chaotique...… Euh… Elles sont si belles et si intelligentes… Le contraire de moi…


Revoir les visages souriants de ses anges lui fit monter une boule d'émotion dans la gorge. À l’instant où le tendre souvenir se transféra de main, l’attitude du monstre de foire se transforma en une mélancolie latente. Ses épaules s’affaissèrent un peu et Robert caressa de son pouce démesuré l'image avec un amour inconditionnel. Il jeta toutes ses forces dans le combat éprouvant de ne pas laisser les larmes dégringoler sur son faciès immonde. Reprenant une consistance à grande peine, le mineur à l’apparence monstrueuse s’excusa alors platement.

Robert- Je m’ennuie tellement d’elles… Euh… J’ai plus de famille maintenant. Sauf Juliane qui est très gentille et je ne comprends pas pourquoi elle perd son temps avec un monstre comme moi… Euh… Désolé Axel je parle des fois trop.

Soupirant doucement, après avoir rangé son trésor près de son cœur, il prit sa cuillère et la plongea dans le ragout sans grande conviction. Attendant la réponse de l’étranger qui parait à cet instant si sincère, Robert murmura alors un « Bon appétit » avec un début de sourire de gratitude. Entendre dire qu’il était humain était toujours perturbant pour la créature pathétique. Depuis le nombre d’années qu’il se faisait traiter de chose inutile et de monstre de foire. La cuillère plongea alors avec instance dans la pitance et les bouchées se succédèrent avec une rapidité presque indécente. L’expression presque séreuse et honnête de l’homme se mua alors en celui d’une joie enfantine et les dernières cuillères furent englouties. Se frottant le ventre avec une satisfaction des plus visibles, la bouche de l’homme s’ouvrit. La voix de l'homme si souvent brisé s’éleva alors dans le silence des lieux. Un ton rauque certes, mais empreint d'une douceur et d'une bonté défiante l'horrible réalité. Tant de gentillesse, de douceur et de compassion semblaient irréelles dans ce réceptacle singulier. Car autant de bonté devait se retrouver dans un corps d'Adonis et non celui d'un démon.

Robert- Les gens peuvent être méchants des fois. Surtout quand ils veulent se battre… Euh… Surtout quand ils sortent des couteaux ou des armes. Ça fait mal… Euh… Merci Axel tu es très gentil, tu sais.

Les derniers mots furent prononcés avec une franchise et une honnêteté des plus sincères. Un peu comme les paroles libres et aériennes étaient issues du cœur à la pureté renversé de l’homme. Aucune escobarderie, de dérision et surtout aucune hypocrisie n’était perceptible dans le ton rocailleux de l’homme difforme. La référence pour les armes dans les paroles de la chose et les cicatrices parcourant les peaux tannées comme du cuir du golem de chair étaient intimement liées. Bobby avait tant enduré de blessures, autant physiques que psychologiques de la part des gens qu’il était reconnaissant dès qu’une âme semblait voir au-delà de l’arme grotesque aux muscles disproportionner. Une lueur d’humanité profonde éclaira la prunelle bleutée et le visage aux traits atypique devint alors un masque de bonté et de douceur. Se levant avec lenteur, comme si le sosie de Frankenstein croyait que sa masse corporelle si considérable pourrait casser les objets près de lui, Bobby prit délicatement son couvert et alla le mener près de l’évier. Ensuite il actionna de nouveau la pompe pour remplir une bouilloire et la placer sur le feu ronflant. Se rappelant tout à coup les paroles de l’homme, le monstre de foire se dirigea vers les armoires. En ouvrant une, il prit quelques conserves et un contenant de 4 litres vide. Sans un mot, il remplit de fluide vital le contenant transparent. Se tournant de nouveau vers son invité du moment, le ton rauque du mineur vibra le silence de son refuge.

Robert- Voilà Axel… De l’eau et un peu de nourriture… Euh… Ce n’est pas beaucoup, mais c’est de bon cœur tu sais. On a beaucoup d’eau ici… Euh… Ce printemps quand le ruisseau sera dégelé, je vais faire du moonshine. Je peux te poser une question? Si tu ne veux pas répondre, ce n’est pas grave… Euh… Pourquoi t’habites en ville? Les gens ne sont souvent pas gentils et il y a beaucoup de méchants qui mordent.

Écoutant la réponse de celui qui semblait se détendre un peu, voyant que le monstre n’était pas une menace pour lui, Robert regarda à l’extérieur. Le chant guilleret des oiseaux avait repris. Donc les goules avaient repris leurs lentes progressions, rassasiées par la viande chevaline. Regardant de nouveau vers l’homme attablé, il ne put s’empêcher de faire un sourire niais, renforçant son air de stupidité latent.

Robert- Les méchants sont partis, je crois… Euh… Les oiseaux rechantent de nouveau.

Le regard de Bobby s’illumina alors de mille feux. D’un doigt tremblant, il pointa la guitare qui avait totalement échappé à son regard. Un ton exciter, ressemblant à un enfant voyant les cadeaux au pied du sapin un 25 décembre, se filtra de la gorge monstrueuse de l’homme.

Robert- Tu as une guitare ? J’adore ça… Euh, je peux la voir de plus près ?

Ayant le feu vert, un peu amusé soit dit en passant d’Axel, le mastodonte fit deux grandes enjambées et s’accroupit près de l’instrument. Il était à un pas du fusil de l’homme, mais encore une fois l’attention de l’homme était totalement rivée sur l’instrument à cordes. Passant un doigt immense avec une tendresse exquise, un peut comme si la bête caressait les courbes sensuelles de sa maitresse, Bobby éprouva le bois de la caisse. Une évidence devait maintenant sauter aux yeux de l’homme. Le mastodonte ne pourrait jamais utiliser d’armes à feu de sa vie. L’espace entre la gâchette et la garde de l’arme de l’étranger tout près du monstre de foire était tout simplement trop petit pour permettre au colosse d’y glisser un doigt. Celui-ci n’osa pas touche les cordes et il se redressa gauchement. Les genoux de la chose difforme craquèrent sous le traitement subit et timidement, il s’approcha de la table. Fouillant dans la poche arrière de son pantalon, Robert en sorti un portefeuille use par le temps et les ans. Il pêcha une feuille pliée avec soin et délicatement, comme un archéologue déblayant une relique du passé, la lissa. Déposant la partition, car c’était bien une feuille de musique, près de l’homme, le mastodonte rougit devant l’audace qui s’apprêtait à commettre.

Robert- Euh… Je ne veux pas te déranger avec ça, mais c’était une des chansons que ma nièce avait écrites… Euh… Elle pensait que je chantais bien. Tu peux la jouer pour moi s’il te plait?

C’était un simple souhait, un souvenir que le colosse voulait resurgir. Entendre une dernière fois la musique qui avait uni dans le chant l’ange et le monstre sans le savoir, laissant l’émotion l’envahir, Robert chanta a capella le refrain de la composition écrit par la brillante défunte. Une voix merveilleuse, rauque et si juste s’échappa alors du cœur et de l’âme de la bête. Une voix digne des chanteurs disparus à ce jour résonna dans le cœur du refuge. Chanter fit naître un apaisement pour l’être au cœur chaviré, mais aussi à l’homme présent près de lui. Souriant grandement de la joie et de l’allégresse tout à coup rendues à son cœur mis en charpie, la beauté intérieure du monstre se manifesta alors de la plus belle manière qui soit. Un chant pur à la sonorité presque parfaite se produisit alors. Le don caché par la montagne de muscles déformés se dévoila au grand jour. Perdues dans des notes magnifiques rattachées à des souvenirs tristes et heureux à la fois, les paupières de l’être affreux se refermèrent quelque peu. Les paroles poussées avec une justesse incroyable caressèrent les âmes endeuillées…

Chanson:
 



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Une rencontre presque irréelle   Lun 18 Jan 2016 - 19:00


    Ainsi donc ils ne semblaient être que deux ici, à savoir que pour le moment la femme dénommée Juliane était quelque part dehors mais que Bobby ne semblait même pas au courant de l'endroit ; il devait simplement patienter quatre jours. Quatre jours qui pourraient s'avérer êtres horriblement longs quand on se retrouvait seul ici ; j'imagine par ailleurs qu'il devait être bien plus rassuré de me voir ici dans ce chalet que d'imaginer je ne sais quel inconnu en compagnie de Juliane. Je ne jugeais pas utile de demander depuis combien de temps était-elle partie, elle n'était pas là et c'était tout ce qui importait ; je me sentais plus rassuré de me retrouver avec un seul inconnu qu'avec plusieurs. D'après ce que je cru comprendre, c'était elle qui s'occupait du ravitaillement -ou qui s'était en tous cas occupée du lapin- ; le colosse semblant bien plus doué pour les travaux plus manuels comme couper le bois ou ce genre de trucs. Je me rappelais de la manière dont il avait descendu de macchabée et était partagé entre l'admiration de sa force surhumaine, et le discours pathétique qu'il avait adressé au cadavre avant de le jeter d'un geste presque respectueux dans le ravin. Alors que Bobby commençait à paniquer quant à mes potentielles allergies, j'avais fais un geste de la main signe qu'il n'y avait aucun soucis de ce côté, mais son visage changea du tout au tout lorsqu'il aperçut la photo de j'avais déposé devant lui. Les lèvres légèrement tremblotantes, il m'avait regardé avec méfiance comme si je m'apprêtais à déchirer la photo ou la brûler, et lorsqu'il m'expliqua qui étaient ces deux personnes, je compris parfaitement sa crainte. Ne quittant pas le colosse des yeux, je lui dis d'une voix calme.

« Je n'ai pas de nouvelles de ma famille moi non plus, j'espère les retrouver bientôt. »

    Inutile de lui expliquer que c'était pour cette raison que je venais du centre de la ville et que je n'avais pas l'intention de traîner trop longtemps à l'extérieur. Que se passerait-il s'ils venaient en mon absence ? Il nous faudrait une chance énorme pour nous retrouver car nous pouvions tout aussi bien passer des miens dans la ville à tourner en rond en espérant trouver les autres ; c'était là le seul point négatif à ce nouveau monde, la peur de ne plus jamais retrouver ceux que l'on aime. Mais il était hors de question pour moi de tirer un trait sur eux, ils étaient tout ce que j'avais et j'espérais bien les retrouver ; mes parents, mes frères et leurs familles, Carmen. C'est pour tout cela que je comprenait parfaitement la peine du colosse, cette crainte de ne plus voir les sourires de ceux qui nous sont chers, le moment où l'ont doit se persuader et accepter que c'est trop tard ; j'espérais cependant ne jamais avoir à être confronté à une telle réalité. Plantant ma fourchette dans un morceau de lapin puis un légume, je portais le tout à ma bouche et ne pu m'empêcher de soupirer de satisfaction ; c'était quelque chose de pouvoir manger comme ça. Je ne me laissais pas mourir depuis le début de l'apocalypse mais les repas chauds n'étaient pas des plus répandus, et surtout pas de bons repas comme celui-ci ; j'avais plus tendance à me contenter des préparations en boîtes. Relevant la tête vers Bobby, je lui lançais :

« Ne te poses pas ce genre de question, fais simplement de ton mieux pour qu'il ne lui arrive rien. Faisant un signe du menton à l'assiette devant moi, je poursuivis : C'est vraiment bon ! Merci Bobby. »

    La première partie de ma phrase concernait évidemment Juliane. Certes je ne la connaissais pas et il m'étais totalement égal qu'il lui arrive quelque chose ou non, mais j'avais le sentiment que l'homme en face de moi avait déjà assez souffert et n'avait aucunement besoin de perdre cette personne à laquelle il s'était attaché. Bobby aborda à nouveau les horreurs des gens et, pour être parfaitement honnête, les cicatrices qu'il arborait sur ses avants bras était une preuve qui ne nécessitait aucune justification ni explication ; les êtres humains étaient ce qu'ils étaient et rien ne changerait cela, au contraire. Je ne répondis pas lorsqu'il associa ma personne au terme ''gentil'', me contentant de hausser un sourcil ; je ne me considérais pas comme quelqu'un de ''méchant'', mais il est clair que je n'avais jamais rien fait pour me faire apprécier, et que je ne faisais aucun effort pour trouver des excuses aux humains. Mais il semblait que Bobby avait cette capacité de faire ressortir le positif et de mettre de côté mon agacement envers mes semblables. Le géant se releva, allant rechercher de l'eau, pour reprendre la parole ; souriant légèrement en pensant à son moonshine, je me disais qu'il faudrait également que je trouve le moyen d'en faire.

« C'est déjà beaucoup tout ce que tu m'offres, c'est très gentil de ta part. Mon sourire s'était cette fois-ci un peu plus élargit, même s'il ne tarda pas à repartir à l'entente de la question du colosse. Je... je vivais là-bas avant, alors j'y attend ma famille qui doit me rejoindre, ça fait plusieurs mois déjà. Ils viennent du Montana. »

    Je n'étais pas sûr que ça intéresse réellement le géant, après tout qui s'intéressait encore à la destiné des autres ? Mais pour une fois je n'avais pas réfléchis en répondant, comme si je ne craignais pas que l'homme puisse retourner mes dires contre moi, ou peut-être que cela me faisait du bien de parler à quelqu'un de la raison de toute cette foutue attente. Parce-qu'il fallait bien être lucide, j'avais beau adorer ce nouveau monde, je commençais à piétiner dans le centre ville avec un besoin de plus en plus constant de m'en éloigner. Pris dans la discussion et dans ma réflexion, je n'avais même pas remarqué qu'en effet, les oiseaux avaient repris leurs chants. Les morts devaient être un peu plus loin désormais mais il était probablement encore trop tôt pour aller m'aventurer dans cette forêt dense. Terminant mon bol, je l'apportais également à l'évier là ou colosse avant déposé le sien. Malgré le fait que je ressentais pas de menace immédiate émanant de lui, j'avais tout de même attendu qu'il se rassoit avant de me lever à mon tour. C'est à ce moment là qu'il parla de ma guitare, étonné qu'il la remarque et surtout étonné par sa demande et son air enthousiaste, j'étais allé la chercher avant de me rasseoir sur la chaise au coussin ramollit. Ouvrant la tirette de la housse pour en sortir l'instrument, je le gardais un instant dans mes mains, caressant machinalement le manche ; devais-je lui donner ? Et s'il la cassait ? Cet instrument était l'une des choses les plus chères à mes yeux... Mais je me rappelais de la délicatesse avec laquelle il s'était muni de la petite photo plastifiée de sa famille, à quel point il avait fait attention ; je ne pouvais qu'espérer qu'il comprenne ce que cet objet représentait pour moi et qu'il le touche également avec des pincettes.

« Elle me suis partout depuis que le monde a changé, j'y tiens beaucoup. »

    Quand il s'avança pour la toucher, je ne pu qu'être impressionné une fois de plus par la taille imposante du géant qui était complètement contradictoire à son habileté. Il y avait cependant quelque chose d'autre, derrière cette masse hors-norme, quelque chose qui était susceptible de me prouver que tous les êtres humains ne sont pas aussi vils que je l'affirme, ou du moins que, malgré les apparences, la bête est au fond bien plus humaine que la plupart des Hommes. Je fus d'autant plus étonné quand il me tendit le papier avec la partition griffonnée à la main ; ainsi donc il semblait que derrière cette gêne qui semblait ne pas le quitter, il y avait un point faible qui n'était autre que la musique. Ç’avait toujours eut ce don de rapprocher les gens et j'étais ravi de pouvoir jouer. Regardant de plus près les notes qui se suivaient, je levais les yeux d'étonnement quand Bobby se mit à chanter. Quand il parlait sa voix était rocailleuse et dure, elle intimait le respect et ne semblait laisser place à aucune compassion, mais quand il chantait... Elle changeait du tout au tout. Les mots s'élevaient dans les airs avec une légèreté si naturelle, il transmettait toutes ses émotions, à la fois nostalgiques et positives. Je fus pris de frissons et, faisant tous les efforts du monde pour me concentrer sur ce bout de papier que j'avais devant les yeux, je me mis à en jouer le refrain avec ma guitare, accompagnant ainsi la voix du géant. C'était magique, presque irréel dans de telles circonstances. Lorsqu'il se tue, j'eus l'impression de redescendre sur terre, son interprétation m'avait transportée et on pouvait bien voir que c'était presque à contre cœur qu'il était arrivé à la fin de la chanson. M'appuyant du coude sur mon instrument, je lui souriais.

« Eh bien, quelle voix ! Ta nièce avait bien raison, c'est la voix d'un ange que tu as là. »

    J'étais sincère, bien plus que toutes les autres fois. Je n'avais au fond qu'une seule envie, recommencer à jouer pour l'écouter à nouveau. Oublier un peu toutes les horreurs des Hommes en lui offrant à lui comme à moi un moment ou plus rien d'autre ne comptait. Une fois de plus, ce nouveau monde m'avait donné la preuve qu'il était bien mieux que l'ancien. Et que dans tout ce bordel d'êtres humains, il y a des perles qui ne demandent qu'à être découvertes.





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
J'ai eu ma renaissance.
»

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une rencontre presque irréelle   Mer 20 Jan 2016 - 9:04

Le géant chanta avec tout son cœur, son âme et son affection pour la jeune compositrice qui avait rendu son dernier souffle beaucoup trop tôt. Chaque parole était une louage à ses anges disparu trop rapidement, un soulagement passager à la tristesse impitoyable qui broyais le cœur lézardé de cicatrices sanguinolentes. Chaque accord de guitare que la main d’experte d’Axel laissait virevolter dans les airs représentait une marche gravitant vers le paradis. Le géant déformer profitait de cette musique qui ressemblait à un don divin pour rejoindre sa famille. Les deux anges, Sandra au sourire débordant d’affection et Rosalie aux yeux moqueurs, semblaient l’attendre pour l’enlacer. À cet instant précis, une larme s’extirpa de l’écoinçon de ses paupières closes. Une goutte cristalline, de bonheur et de tristesse, slaloma sur la joue mal rasée de l’homme durement éprouvé. L’urate salé s’attacha longuement sur le menton volontaire de la bête, rescapé de ses rêves et de ses cauchemars. Ce mince filet liquide était le fruit de la joie du mineur à l’apparence atroce de revoir les siens pour le temps d’une balade. Mais la tristesse n’était jamais loin, rappelant à son malheur que l’être à l’esprit lent verra sa vision s’estompe lorsque la dernière syllabe allait mourir sur le bout de sa langue. Il aurait voulu chanter à s’en casser la voix, pathétique manœuvre pour rester à ce paradis illusoire. Mais la dure réalité, l’ignoble existence qui était maintenant la sienne, arracha le mastodonte démolie des bras aimants et translucides de ses anges. Rouvrant avec peine ses paupières lourdes de chagrin, le regard bleuté si pur de la bête de foire regarda l’homme à la guitare. Un sourire sincère semblait flotter sur les traits austères d’Axel. Comme si cette simple balade l’avait lui aussi transporter vers un plan qui devait être apaisant pour son âme endurci. Sous le compliment sincère et sans détour du jeune homme à la chevelure brune, une rougeur apparu sur les joues qui ornaient le faciès monstrueux de Bobby. La voix rocailleuse, mais teinté d’une gratitude et d’un émerveillement touchants, s’extirpa de la gorge nouée d’émotions de celui qui pouvait représenter le chainon manquant dans l’évolution humaine.

Robert- Euh… Merci beaucoup Axel. Tu joues très bien… Euh… Presque de la magie. Mais c’est Sandra l’ange… Euh… J’ai juste peur que dès que je vais les rejoindre ses chansons vont disparaître…


Une tristesse sans nom traversa en un éclair les traits durs et atypiques du golem de chaire. Celui-ci ravala un trémolo de chagrin, esquiva avec peine le regard inquisiteur du guitariste en bifurquant la tête vers un coin de la pièce. Soulevant ses massives épaules en signe d’impuissance, le colosse déformé rajouta tout bas.

Robert- Si Juliane ne sera pas là, je serais surement partie au pays imaginaires avec ma sœur et Sandra… Euh… Elles doivent avoir peur là-bas toutes seules… Je dois protéger les gens gentils car le monde va avoir besoin d’eux… Euh…Pas d'un monstre... Euh...

Se rendant compte qu’il venait d’exprimer le fil décousu de sa pensée pathétique aux oreilles indiscrètes de l’homme, Robert soupira. Il replongea son regard, coloré de la même teinte de l’océan, dans ceux noisette de son vis-à-vis. Une étrange bienveillance, un brin de résolution et une dose de sérénité était le mélange qui pulsait de son regard et même de chaque parcelle de ce corps repoussant qui était celui du mastodonte.

Robert- Je vais tout faire pour que Juliane revoit sa famille… Euh… Et si tu as besoin de moi pour retrouver la tienne, je vais t’aider. Il ne faut pas que les familles soient séparées.

Une détermination et une générosité sans borne se dégagèrent des derniers mots prononcés par la voix caverneuse de l’erreur de la nature. Il connaissait depuis moins d’une heure l’homme et déjà il était prêt à se lancer à corps perdu dans l’entreprise de ce dernier. Souriant bêtement, mais qu’une manière bienveillante, Robert se leva et alla farfouiller dans une armoire. Se figea les deux bras en l’air, interrompant des recherches poussées, il demanda simplement.

Robert- J’ai du thé, du café ou du chocolat chaud… Euh… Pour le dessert j’ai un peu de chocolat ou bien des pommes…

Le géant semblait ne plus savoir sur quels pieds danser. Il n’y avait presque rien pour finaliser le repas et bientôt il devra allez fouiller un autre chalet des environs pour trouver de quoi contenter la dent sucré de l’ange qui partageait sa misérable existence. Écoutant les dires de l’homme, il exauça sa demande en produisant les denrées pour la suite du repas. Emmenant deux tasses, Robert fit un gigantisme enjambé pour rejoindre le foyer et prenant un torchon pour éviter la morsure du métal chaud, il ramena la bouilloire à la table. Versant le liquide brulant dans la tasse du guitariste, l’homme déformé en versa dans la sienne. Toujours debout, il transvida le reste du canard en fonte dans l’évier pour faire la vaisselle. Faisant un demi-tour sur lui-même, les traits atypiques du faciès de la bête se transmutèrent totalement. Les sourcils se relevèrent, sa bouche aux dents mal alignés formèrent un « O » de stupeur et un sourire stupide à souhait fini de compléter le tableau bizarre de l’homme massif. Un trait de génie, très rare soit dit en passant dans le cas de cet être si lent, venait de foudroyé le colosse à l’armure de chaire repoussante. Sortant deux pots Masson d’une armoire du bas, il les déposa triomphalement devant le séduisant homme. Pointant à tour de rôle les contenants, il dit alors la voix remplis d’une fierté des plus loufoques.

Robert- Tu veux gouter à mon moonshine? Celui-là c’est au maïs avec pommier… Euh… L’autre c’est orge avec érable… Euh… Des recettes de mon grand-père.

Ouvrant le pot d’une main massive et rugueuse, l’être à la stature aussi imposante que disproportionné laissa l’effluve gagner leurs narines frémissantes. Une douce odeur de pommier sauvage raviva des jours heureux au géant déformé. Il avait brassé cette eau de vie avec sa nièce durant un soir de pleine lune. Des chants et des rires avaient ponctué les étapes de brassage. Vidant son verre d’eau d’une traite, le monstre de foire s’en servit une rasade dans le fond de son verre et le but cul-sec. Un nouveau type de rougeur gagna le visage de l’homme et cette fois-ci ce n’était aucunement de la gêne. Soufflant un peu pour faire passer le divin liquide qui brula agréablement la tranchée du mastodonte, il laissa le choix à Axel de prendre ce qu’il voulait. Bobby se rassit alors doucement sur la chaise de bois et demanda doucement, presque un supplice.

Robert- Après ça, tu peux encore jouer un peu de musique Axel… Euh…Si tu veux si je connais la chanson je pourrais chanter encore. Tu chantes toi aussi? Moi j’ai jamais appris à jouer des instruments… Euh… Doigts trop gros…

Montrant ses phalanges de la taille de saucisses, le golem de chaire rajouta timidement.

Robert- Tu peux me parler de ta famille s’il te plait? Comme ça si je les croise je pourrais leur dire que je t’ai vu… Euh… Laisse faire si tu ne veux pas…


Prenant maintenant une gorgée de son breuvage chaud, le regard bleuté de la bête se déposa sur la silhouette du guitariste. Une humanité grandissante semblait émerger de l’horrible carcasse du mastodonte. De la bonté et de la gentillesse se reflétaient allégrement dans les yeux si pur du monstre de foire.



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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Une rencontre presque irréelle   Sam 23 Jan 2016 - 14:07


    C'était assez impressionnant cette capacité qu'avait Bobby à pouvoir nous emporter ailleurs, rien qu'à l'aide de sa voix. Ça avait presque un côté magique. Malgré ses craintes et son aspect gêné, le colosse laissait complètement ressortir ses émotions et, par dessus tout, il parvenait à les transmettre. J'avais toujours apprécié la musique pour cela, aussi bourru que peut être un homme, aussi brisé que peut être une âme, qu'importe les différences, les craintes de ce qu'allais devenir le monde te toute sortes d'autres choses, la musique avait toujours eut ce don de mettre tout le monde d'accord. Et c'est ainsi que, depuis le début de cette apocalypse qui n'était pas synonyme pour moi de ''fin'', je passais l'un des plus beaux moments. Je ne m'étais pas laissé allé jusqu'ici, loin de là, mais je n'avais pas encore eut l'occasion de rencontrer quelqu'un qui en valait vraiment la peine -ou peut-être ne m'étais-je pas donné la peine jusqu'à présent de le faire-. Quoi qu'il en soit, j'adorais le son de ma guitare qui portait la voix du géant, et l'ambiance que cela instaurait. Bobby semblait lui-même touché, cette chanson n'était pas anodine pour lui et comptait beaucoup d'après ce que j'avais cru comprendre. Tout en m'appliquant pour ne pas me tromper de note ou me perdre dans la partition écrite à la hâte, je posais mes yeux sur le colosse et remarquais toute cette peine qu'il gardait en lui ; la larme qui avait perlé au coin de son œil n'était que la triste preuve de tout ce qu'il traversait. Je ne ressenti cependant aucune culpabilité à avoir provoqué cela, il se sentirait certainement mieux après avoir laissé sortir tout ce qu'il avait sur le cœur. Quand il se tut, quelques secondes passèrent avant qu'il n'ouvre à nouveau la bouche pour parler cette fois ; c'était comme le temps de latence d'une faille qui se refermait sur un monde pour laisser la place à un autre, plus cruel. De sa voix toujours prise par l'émotion, il m'annonça qu'il avait peur que tout cela disparaisse avec lui ; alors c'est d'une voix confiante que je lui répondis :

« Ne te fais pas de soucis, je vais faire mon possible pour que cette belle chanson ne se perde pas. »

     J'étais sincère et avait vraiment l'intention d'honorer mes dires ; la chanson que sa nièce avait écrite était vraiment magnifique et, bien que je ne sois pas certain que ma voix s'y prête aussi bien que cette du géant, j'avais bien l'intention de faire mon possible pour qu'elle ne se perde pas. Je gardais mon sourire, mais les paroles qui suivirent me firent secouer la tête. Le pays imaginaire ? Il semblait que ça n'avait rien d'effrayant, bien que d'après l'histoire de Peter Pan, le vilain capitaine n'était jamais bien loin. Voyant toutefois l'air sérieux et profondément peiné de Bobby, je me retins de déblatérer des paroles sarcastiques et me contentais de m'éclaircir la voix avant de répondre.

« Le pays imaginaire n'a rien d'horrible, elles sont certainement mieux là-bas qu'ici. Et si toi tu es encore là, c'est que tu as probablement encore quelques trucs à accomplir ici. »

    Je n'étais pas totalement certain de ce que je disais, pas sûr que nous avions réellement tous quelque chose à accomplir ici, mais c'étaient les seuls mots qui m'étaient venus à l'esprit. Pour moi, nous étions seuls maîtres de nos actes et de notre futur, le tout était une question d'adaptation, et si nous faisions notre maximum pour avancer, il n'y avait aucune raison pour nous de nous en aller. Il m'était cependant trop dur d'imaginer que le puisse redevenir comme il était avant, tout était très bien comme ça et je n'avais aucunement l'envie de revenir à cette vie monotone et à l'avenir trop incertain à mon goût. Je comprenais toutefois le point de vue de Bobby et ne savais pas vraiment comment je réagirais si j'apprenais que toute ma famille n'était plus de ce monde. Je ne méritais pourtant probablement pas mieux, moi qui haïssais une bonne partie de mes semblables, tous si égoïstes et arrogants ; mais Bobby, qui semble représenter à lui seul toute la beauté de ''l'humanité'', comment avait-il pu avoir à vivre tout cela ? Il montra d'ailleurs une fois de plus toute l'étendue de sa gentillesse en me proposant de m'aider à retrouver ma famille ; proposition à laquelle je répondis par un léger sourire un peu nostalgique.

« C'est très gentil Bobby, mais je n'ai qu'à les attendre en ville, je suis sûr qu'ils vont venir. »

    J'essayais de m'en persuader, même si le temps commençait à se faire long ; il m'était cependant impossible de ne serait-ce que penser une fraction de seconde qu'il leur était arrivé quelque chose. Mon regard ne pu cependant s'empêcher de s'assombrir, suivant vaguement la trajectoire que prenait le colosse vers un placard. Quand il me reparla, je sortis quelque peu de mes réflexions, mettant quelques secondes a bien laisser l'information aller à mon cerveau ; chose faite, je lui répondis que je prendrais volontiers un café. J'étais à la fois étonné qu'il ait autant de choses, et à la fois impatient de pouvoir à nouveau ressentir le goût d'un bon café chaud ; c'était je pense ce qui me manquait le plus depuis que je ne travaillais plus à la librairie, tous ces bons cafés. Quand le colosse m'en apporta une tasse, je la pris entre mes mains pour les réchauffer après l'avoir remercié, et en humais le doux parfum qui s'en élevait, un sourire presque niais sur les lèvres. C'est à ce moment que Bobby déposa devant moi deux gros pots remplit de son Moonshine, il était vraiment fier de pouvoir m'en proposer et je ne pouvais nier qu'un peu d'alcool ne faisait jamais de mal. Écoutant attentivement les explications des deux sortes, mon choix se porta sur celui à l'érable et je m'en servis un fond dans mon verre vide ; cette odeur, mélangée à cette du café, me faisait presque me demander si je n'étais pas dans un rêve.

« C'est vraiment excellent l'ami ! Merci beaucoup. »

    J'avais terminé ma phrase en faisant légèrement tinté mon verre contre le sien. C'était un geste anodin et qui n'avait peut-être d'ailleurs pas sa place dans une telle situation, mais je l'avais fait sans vraiment réfléchir, profitant simplement de ce moment, de cette nouvelle rencontre et de tout ce qu'elle m'apportait. Prenant un petit bout de chocolat que le colosse avait déposé sur la table, je hochais la tête à sa demande, ravi à l'idée de pouvoir jouer à nouveau et d'être possiblement accompagné par la magnifique voix que cachait mon nouveau compagnon. Me préparant à prendre une nouvelle gorgée de café, la question de Bobby me fit lever la tête. Que pouvais-je bien dire pour les reconnaisse ? C'est à ce moment que le souvenir de la photo d'eux que j'avais dans mon sac me revint et, me levant d'un pas léger, je me dirigeais vers ce dernier afin d'aller la récupérer. Passant mes doigts sur la photo plastifiée déjà un peu abîmée par le temps, je la tendis à mon camarade afin qu'il puisse la voir de plus près. C'est la gorge légèrement nouée que je répondis.

« Les voilà. Il y a mes parents, mes deux frères et leurs femmes. Montrant du doigts l'enfant présent dans les bras de sa mère j'ajoutais : Elle c'est ma nièce, Mira. »

    Cela faisait quelques temps que je n'avais pas ressorti cette photo. Je ne savais pas vraiment si c'était simplement parce-que garder le image en tête me suffisait ou si c'était pour ne pas m'infliger trop de mal. Quoi qu'il en soit, je fus pris d'un élan d'émotion et avais plus envie que jamais de les retrouver ; malgré les tension qu'il y avait, tous ces non-dits et les regrets, j'aurais fait n'importe quoi à ce moment précis pour les avoir auprès de mois. Fermant un instant les yeux, je ravalais cette boule qui s'était formée dans ma gorge et repris ma guitare en répondant à la question précédente de Bobby d'une voix à peine audible.

« J'aime chanter aussi oui, mais je suis loin d'avoir ton talent ! »

    J'avais tenté un petit sourire, souhaitant ainsi lui prouver la sincérité de mes propos. Puis avait commencé à jouer une chanson qui me vint instantanément ; j'adaptais la mélodie à ma façon, envoyant en l'air des accords réfléchis et spontanés à la fois, y mettant toute la signification de la situation, toute cette peine accumulée. Ma voix vint se joindre à l'instrument, elle n'était pas aussi aérienne que Bobby et avait même tendance à grésiller légèrement, mais c'était peut-être ce qui la rendait si particulière. Elle n'était ni trop grave ni trop aiguë, elle était loin de ressembler à la voix profonde de l'interprète original de la chanson, mais pas trop aiguë pour autant. Je me sentais partir, profitant une fois de plus de ce moment magnifique qui n'était que trop rare pour la plupart des gens dans ce nouveau monde.

Pour la chanson:
 





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
J'ai eu ma renaissance.
»

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une rencontre presque irréelle   Lun 25 Jan 2016 - 6:08

Sa dernière question resta en suspens, démontrant une nouvelle fois la timidité de l’être à l’apparence repoussante.  Il savait que c’était difficile pour certain .lui le premier, de parler des siens. Même si la demande paraissait légitime et surtout amicale, Robert espérait qu’il n’avait pas mis une chape de tristesse sur les épaules du voyageur fatigué. Celui-ci se le va et alla fouiller dans son sac à dos. Un frisson d’angoisse parcourra involontaire l’échine du mastodonte. Le fusil d’Axel n’était qu’à quelques centimètres de la main de son propriétaire. Tout pouvait basculer à cet instant. Un pile ou face mortelle. Pile le géant pourrait revoir sa douce amie et lui parler de cette soirée magique où le chant et la musique avaient réconcilié l’humanité de deux être si seul.  Face et la photographe allait retrouver la carcasse trouver de plomb du géant au cœur immense et si pur. Une étrangeté dans ce monde où la violence et la mort semblait maintenant posséder tous les droits. Une rareté qui devait disparaitre pour ne laisser que le mal et la déchéance germer dans le cœur de tous et chacun. Ce que le colosse n’avait aucunement compris, c’est qu’il était une des dernières lueurs d’humanité dans ce monde apocalyptique. Qu’il était presque un être angélique comme il se plaisait à voir chez les autres. Quand son invité revint s’assoir près de lui, le regard bleuté de la bête vit la tendresse et l’amour qui s’échappèrent brièvement des gestes du jeune homme. Une émotion presque palpable  semblait guider la main qui caressait affectueusement une photographie. Les mêmes signes d’affections que le colosse difforme avait produites un peu plus tôt avec la photo de ses anges. Prenant d’une main immense, rugueuse  mais toute délicate le souvenir d’Axel, Bobby porta l’image à ses yeux. Le monstre de foire manipulait la photo avec la référence d’un antiquaire manipulant un artéfact d’un siècle passé. Se concentra fortement, comme jamais durant les derniers mois en fait, l’homme à l’esprit si lent  essaya de graver la multitude de visage dans son subconscient si peu développé. Mais une seule bouille souriante s’imprima avec la force d’un fer chauffé à blanc dans sa mémoire. Le petit ange dans les bras de sa mère, Mira. Il déposa avec minutie l’image d’une joie passée sur la table patinée par tant d’années d’usure et il ouvrit la bouche pour parler. Mais avant que la voix rocailleuse et rauque à souhait ait le temps de s’envoler dans l’atmosphère du chalet, les premières notes d’une lente musique firent interrompre le fil des pensées du sosie de Frankenstein.

Le colosse se laissa guider par la douce musique  qui émergeait de la guitare de l’artiste à ses coté. Une sorte de sphère musicale, doré et protectrice à la fois, enveloppa le monstre de foire et l’homme  qui semblait de plus en plus… à l’aise. Voilà ce qui devait mieux définir l’attitude du guitariste. Celui-ci laissa entrevoir une personnalité qui semblait enfoui, cacher derrière un air dur à cuire et le colosse ferma tout doucement les yeux. Il se laissa transporter dans la chambre d’hôpital d’une petite combattante. Sandre livrait une guerre d’usure contre le cancer et chaque jour qu’elle pouvait sourire à son oncle si angoissé était une victoire pour les deux âmes pures. Bobby passait des journées, des semaines et des mois à hanter l’étage de son ange. Il devait se cacher pour lui permettre de veiller sur le sommeil agité de l’enfant. Sans le savoir, les chants si purs que le monstre de foire interprétait à sa nièce adoré était devenu un phare de bonheur et de bienveillance dans ces corridors arpenté par la mort et la souffrance. Par un herueux hasard, la chanson choisi était celle qu’il adorait chanté aux enfants malades. Car eux seuls semblaient immuniser de la laideur de l’homme disproportionné. Ils n’avaient pas encore les préjuger et les réserves des adultes envers le mastodonte à l’intellect diminuer. Ils ne voulaient qu’entendre une chanson pour oublier leurs maux. Et à cet instant, c’était Axel qui faisait oublier la mélancolie et la souffrance de Robert. Laissant toute la place à l’artiste, celui que le talent brute n’avait jamais était forger laisser son don s’exprimer à un couplet. La voix merveilleuse de la bête s’agença à celle un peu plus neutre du guitariste. Ne volant aucunement la vedette, Bobby rehaussait les notes avec ses émotions. Aérien et terrestre à la voix, l’harmonie semblait à la fois surnaturelle et divine. Les deux hommes laissaient leurs cœurs et leurs âmes s’exprimer à l’unisson, dévoilant des trésors enfoui dans leurs êtres. Pour l’homme déformé, c’était une bonté et une bienveillance des plus pures. Une humanité que peu d’être pouvait se vanter de posséder.

Robert-Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

You say I took the name in vain
I don't even know the name
But if I did, well really, what's it to you?
There's a blaze of light
In every word
It doesn't matter which you heard
The holy or the broken Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

A la fin de la partition, sans s’en rendre compte, le refrain fut de nouveau lancer pour leur plaisirs commun. Leur délivrance de ce monde sordide et leur envolé vers un plan où les êtres de bonnes volontés étaient légion. Rouvrant les yeux, une sorte d’apaisement semblait pulser de tout l’être du mineur. Un sourire remplis de bienveillance se déposa alors sur les lèvres exsangues de l’être répugnant. Les traits atypiques du colosse qui semblait transformé en pierres se muèrent en un visage épanoui. Le masque de douleur tomba et la véritable beauté du mastodonte se révéla au grand jour. Les rides creusées par la douleur et l’anxiété s’estompèrent et un apaisement détendit chacun des muscles. À ce moment précis, la monstruosité semblait avoir disparu pour laisser refléter une beauté intérieure aveuglante. À ce jour, seulement les anges qui étaient partis trop tôt, Juliane et Abigail avaient eu la joie de voir cette métamorphose. Et maintenant le guitariste devait avoir saisi la chance de voir le visage resplendissant d’une des dernières sources de lumières dans ce monde de ténèbres. Une innocence et une compassion presque angélique en quelque sorte. Comme si le Seigneur avait décidé de cacher un de ses plus grands trésors dans le pire réceptacle possible. Versant une nouvelle lampée de mooshine dans le verre de celui qui considérait maintenant comme un ami, Robert se servit avant de déposer le flacon d’eau de vie.  Levant son verre, il trinquant avec un sourire désarmant.

Robert- Merci Axel… Euh… Personne à part mes anges n’a voulu faire tchin-tchin avec moi… Euh… On dit bien santé c’est ça?

Un petit doute avait traversé le regard bleuté du chainon manquant en essayant de se rappeler de la formule de politesse.  Avalant d’une traite le breuvage au goût d’érable, Robert souffla de satisfaction. Sans le savoir il parla de sa nièce. Une voix certes rauque, mais émue, relata une partie de l’existence de sa nièce.

Robert- Si sa maladie ne l’avait pas envoyer à l’hôpital, elle aurait été première de sa classe… Euh… J’en suis sûr. Elle a été malade, tu sais la leucémo... leucina... leucémie... Oui c'est ça elle avait 8 ans... Je me cachais dans l’hôpital pour rester avec elle.... Je ne voulais pas la perdre...La docteure Barnett m'a dit que je pouvais rester le temps que je voulais quand elle m'a trouvé cacher sous le lit de mon ange... Euh... Mes pieds dépassaient... C'est là que Sandra écrivait des chansons que je devais interpréter...

Riant devant ce souvenir où la médecin avait eu un sourire si humain et qu’elle avait donné sa bénédiction pour que le géant reste près de son ange. Un rire doucereux et si merveilleux qui reflétait la tendresse que l’homme avait porté à sa nièce. Regardant celui qui venait de conquérir son amitié, le mastodonte demanda poliment.

Robert- Je dois t’embêter Axel désolé… Euh… souvent je me parle seul. Euh… Tu sais ce que tu vas faire après ici? J’aimerais bien que tu restes, mais ta famille peut arriver… Euh… t’as une carte?

L’expression de l’homme venait de changer abruptement. Comme si une étincelle de génie venait de fondre les derniers neurones de l’homme difformes.

Robert- En ville c’est dangereux non? Ben je vais te dire un secret… Euh… Au sud du bois, de l’autre côté de la voie ferrée il y a un camp de scout… Euh… Beaucoup de place pour ta famille qui va te rejoindre. Il y a un lac avec des poissons et de l’eau. Aussi un village près pour aller chercher du lait en poudre à Mira… Même des fermes proches. Si t’as de la chance une chèvre ou une vache… Euh… Je sais que c’est con comme question, mais on est amis? Car j’en ai jamais vraiment eu tu sais.

Un sourire doux et débordant d’humanité s’incurva sur le faciès monstrueux de l’homme. Le colosse prouvait au jeune homme son innocence et sa naïveté légendaire. Avec une tendresse et une gentillesse qui devraient être étrangère de ce corps immonde, Robert redonna la photo à son légitime propriétaire.



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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Une rencontre presque irréelle   Mar 26 Jan 2016 - 18:53


    Le moment avait été une nouvelle fois magique. Bobby avait joint sa voix à la mienne et une mélodie presque imaginaire s'éleva à nouveau dans les airs. Je ne pus m'empêcher d'être une fois de plus sous le charme de la voix du colosse, me laissant complètement porter par tout ce qu'elle parvenait à transmettre. Un sourire s'était formé sur mes lèvres alors que je pensais au conte du joueur de flûte qui faisaient marcher des milliers d'enfants jusqu'à lui, hypnotisés par cette douce mélodie ; Bobby était un peu comme ça sans même qu'il ne s'en rende compte, il avait le don d'emporter tout le monde avec lui et d'effacer tous les maux qui pesaient sur le monde. Je me surpris une fois encore à voir en cet homme la plus grande part d'humanité qu'il m'ait été donné de voir, celle que je pensais définitivement absente du cœur des hommes, rongée par cette arrogance qui a toujours été si présente chez les humains. Je n'avais jamais été dérangé par cette aversion que je ressentais pour les miens, au contraire je pense que ça m'a déjà bien aidé à plusieurs reprises afin d'éviter de tomber dans certains panneaux ; ça m'a évité aussi l'encombrement que provoque la plupart des relations humaines, quand on se retrouve calé dans une sorte de boîte et que je seul moyen de voir la lumière du jour et de répondre aux attentes de ceux qui nous entourent. Très peu pour moi. Mais je ne pouvais malgré tout qu'apprécier ce moment magique qui m'était offert ; c'était simplement dommage que toutes les bonnes surprises tombent au mauvais moment. Sans vraiment nous en rendre compte, nous avions prolongé ce moment de quelques strophes, presque naturellement, puis j'avais calé ma guitare contre le mur à côté. Reprenant mon verre où un fond de moonshine attendait encore, mon sourire s'agrandit un peu plus quand Bobby vint y faire tinter le sien ; ''un peu plus et on aurait tous les deux pu croire que tout était totalement normal, que la vie était comme avant''. C'est certainement ce que la plupart des gens se diraient dans cette situation, mais ce n'était pas mon cas ; je me trouvais exactement à l'endroit où je voulais être, à l'époque précise où j'avais toujours rêvé de me trouver : celle de l'Apocalypse.

« Santé Bobby ! Merci pour ce moment. »

    Je finis mon verre d'une traite, appréciant toutefois la chaleur qui descendait dans ma gorge. Fermant les yeux un instant pour profiter un peu de ce moment, m'imprégner de chaque souvenir, je les rouvris lorsque le géant se remit à parler d'une voix cette fois-ci relativement plus triste. Je ne m'attendais pas à ce qu'il me parle de sa nièce et pensais qu'elle était morte à cause des macchabées, mais la réalité était toute autre ; la maladie ne l'avait pas épargnée et il semblait que l'humanité n'avait jamais pu réellement échapper aux fléaux qui lui étaient imposés. Mon air se fit plus grave et je ne pu m'empêcher d'imaginer à quel point cela devait être difficile d'accompagner ainsi une personne qui nous est cher jusqu'à son dernier souffle. J'avais jusqu'à présent eut la chance d'échapper à tout cela, peut-être aussi parce que je ne m'étais attaché qu'à peu de personnes, mais il semblait que ma famille ait eut les bonnes grâces du ''tout puissant'' comme les gens disent. C'est d'une voix calme, montrant ma compréhension pour ce qu'avait vécu le colosse, que je répondis.

« Je suis désolé Bobby, personne ne devrait avoir à vivre ça. C'est une belle chose que tu ais pu garder ses compositions ! »

    J'omis de dire que je ne pensais qu'à moitié mes paroles concernant le fait que personne ne devrait vivre ça ; c'était horrible, surtout pour une enfant, mais certains ne récoltaient que ce qu'ils semaient et la vie faisait la part des choses la plupart du temps. Comme pour ces morts-vivants ; ce n'était qu'un juste retour des choses. Parfois, j'en venais à me dire que j'étais vraiment un être abjecte à être cynique et intolérant à ce point, mais je mettais très rapidement ces pensées de côté, me disant que si j'avais été plus coulant avec mes semblables je ne serais très probablement déjà plus de ce monde. Et j'avais réellement envie d'y vivre, dans ce monde. Bobby s'excusa de parler tant, me disant qu'il aimerait que je reste et, alors que je m'apprêtais à lui répondre que je ne pouvais me permettre de rester trop longtemps hors de la ville, il sembla avoir été foudroyé par une nouvelle idée qu'il m'expliqua sans plus attendre.

    Il semblait bien connaître les environs et ce camp de scout dont il me parlait me semblait vraiment être une bonne idée. Certes, mon père m'avait intimé de les attendre dans le centre de Seattle, mais il était évident que nous ne pourrions pas y rester plus longtemps ; la ville présentait bien trop de dangers, qu'ils viennent des humains ou des morts, et je n'avais aucunement l'intention de faire évoluer ma famille dans ce bordel. J'imaginais aisément le coin tranquille que pourrait représenter ce camp, la joie de Mira d'être ainsi près de la forêt à regarder les poissons dans le lac ; il nous faudrait probablement du temps pour tout sécuriser mais c'était un maigre prix à payer comparé à ce que nous risquerions si nous restions en ville. C'est donc avec un sourire des plus sincères que je répondis à l'homme en face de moi, continuant à réfléchir tout en parlant.

« C'est vraiment une chouette idée ! Si en effet il est encore en état ça serait l'endroit idéal. Je me rendrais là-bas dès qu'ils m'auront rejoint. »

    J'avais volontairement prononcé mes derniers mots de manière à ce que Bobby comprenne bien que j'avais l'intention de suivre son plan ; ses dires avaient tout l'air de décrire un endroit paradisiaque et, même s'il ne fallait pas trop s'emballer quant à l'état des lieux, nous n'aurions rien à perdre à aller voir. Peut-être même que nous serions tous amené à recroiser la route du colosse ? Avoir quelqu'un comme lui à ses côtés ce n'était pas négligeable, et j'avais le sentiment qu'il serait prêt à tout pour défendre les braves gens ; si tant est qu'il me considère comme tel. Jetant un œil rapide à l'extérieur, je remarquais que la nuit était déjà tombée ; moi qui ne perdais jamais le fil du temps, voilà que j'avais été surpris et qu'il avait filé à toute vitesse. Il serait inconscient de sortir là pour trouver un nouvel abri. Reposant mes yeux sur mon camarade, je répondis également à sa question d'un air sincère.

« On peut dire qu'on est amis oui, et laisses moi te dire camarade que je suis ravis d'avoir rencontré un homme comme toi dans ce bas monde ! J'avais ponctué ma phrase d'un clin d’œil avant de poursuivre. Excuse-moi de te demander ça mais... il fait nuit dehors, ça ne te pose pas de soucis si je restes jusqu'à demain ? »

    Je fixais Bobby dont le visage était illuminé par la flamme vacillante du feu dans l'âtre. Ainsi, il était à la fois inquiétant et à la fois rassurant ; c'était un paradoxe étrange mais je savais pertinemment que son apparence n'avait rien à voir avec l'homme qui se cachait au fond. J'avais par ailleurs volontairement accentué le mot ''homme'' en m'adressant à lui, pour qu'il comprenne bien que je ne le voyais pas comme le monstre qu'il s'accusait d'être. Ma question était toutefois restée en suspend. S'il me mettais à la porte je ne pourrais y faire aucune objection, mais je n'avais pas vraiment le cœur à quitter cet endroit dans l'instant, ayant encore envie de profiter un peu de cette belle rencontre. Je ne pouvais cependant rester plus tard que le lendemain matin où il me faudrait reprendre la route pour Seattle, au cas où les miens arriveraient.





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J'ai eu ma renaissance.
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MessageSujet: Re: Une rencontre presque irréelle   Mer 27 Jan 2016 - 9:01

Le visage du colosse se transforma aussitôt sou l’effet de la surprise le plus total. Habituellement les gens lui riaient au nez, le traitant d’abruti devant cette simple question. Le cheminement de la vie du monstre de foire serait vide de chaleur humaine si sa famille n’aura pas été là pour le soutenir. Depuis leur départ, les gens s’enchainaient dans la vie du mastodonte à une vitesse folle. En premier l’ange à la chevelure cuivré qui répondait au doux nom de Juliane. Un lien très fort semblait s’être tissé entre l’erreur de la nature et la photographe. Une relation d’amitié et d’amour qui semblait si irréel au cœur si souvent martyrisé de la chose immonde.  Sa première amie à vie dans un sens et Robert savait que c’était à la vie à la mort comme la resplendissante dame lui avait assuré. Abigail aussi avait surgi dans la vie du géant suturé de cicatrice. Il ne comprenait aucunement ce qui se passait et à vrai dire il adorait ça. Des sentiments que le monstre de foire n’avait jamais eu l’assaillaient à chaque fois qu’il voyait l’Irlandaise. Les mains moites, les papillons dans l’estomac et d’autres bizarreries de ce type. Mais il n’était qu’un monstre et elle un ange, alors il ne pourrait être qu’un ami fidèle qui ne pourra qu’être subjugué en silence de la beauté presque surnaturelle de l’ange à la chevelure doré et de sa gentillesse sans borne. Et maintenant cet homme, cet étranger qui avait croisé le golem de chaire il y a à peine quelques heures semblait tout à fait disposer de se risquer de se faire voir avec la lie de l’humanité. Deux mots puissants s’étaient échappés de la voix calme et assuré d’Axel : ami et homme. Portant une main immense au lac si bleu, reflet de la pureté de son âme, le colosse eut un sourie éblouissant. Un sourire qui fit oublier sa laideur à son vis-à-vis et démontra une nouvelle fois l’humanité grandiose qui se cachait dans l’énorme carcasse aux muscles disproportionné. La voix rocailleuse jailli alors de la bouche aux lèvres exsangues, vibrante sous l’effet de l’émotion si terrassante que le mastodonte venait de subir.

Robert- Merci Axel… Euh... Jamais personne à part mes anges, Jill et Abi n’a dit de si beaux mots sur moi. Bien sûr que tu peux dormir ici… Euh… Il y a un lit inoccupé là-bas. Moi je dors dans le fauteuil ou cas… Euh… Dors bien mon ami… Je vais surveiller pour que rien ne t’embête.


Désignant une petite pièce près du foyer, l’homme difforme qui retenait à grand peine des larmes de joie d’avoir un nouvel ami se leva avec difficulté. Comme si le maelstrom d’émotion pourrait déraser une force de la nature comme lui. Avançant doucement vers la porte du chalet, Robert plaça l’énorme madrier qui en condamnait l’accès. Une sécurité des plus élémentaires pour la terrible époque chaotique ou les deux âmes vagabondes évoluaient. Reprenant le chemin vers la source de chaleur, Bobby souhaita bonne nuit à Axel qui se préparait lui aussi à se coucher pour la nuit. Mettant une buche dans le foyer, le mastodonte s’assit dans le vieux fauteuil. Le regard fixe de Bobby engloba les flammes dansantes et une chaleur immense lui brula les entrailles. Une chaleur bénéfique et agréable. Un air s’échappa alors de son cœur et sans passer par son esprit lent, il s’échappa de la barricade de dents mal aligné de la bouche de l’homme.

Dreamer...:
 

Une voix merveilleuse, rauque et si juste s’échappa alors du cœur et de l’âme de la bête. Une voix  qui fit voyager les deux âmes vers les bras de Morphée. Chanter fit naître un apaisement pour l’être au cœur comblé par tant de joie soudaine. Souriant grandement de la joie et de l’allégresse tout à coup rendues à son âme mise en charpie, la beauté intérieure du monstre se manifesta alors de la plus belle manière qui soit. Le don caché par la montagne de muscles déformés se dévoila de nouveau. Perdues dans des  notes magnifiques rattachées à des souvenirs tristes et heureux à la fois, les paupières de l’être affreux se refermèrent quelque peu…

Le matin trouva l’homme endormi dans le fauteuil, les cendres rougeoyantes du foyer s’éteignant peu à peu. Un sourire était apposé sur l’horrible relief de l’être, le transformant quelque peu. D’un être impie à la race humaine, maintenant Robert semblait presque serein. En paix avec lui-même.

Les rayons du soleil saluèrent le réveil de la bête endormie et celle-ci se leva en baillant. La mâchoire immonde se disloqua preste de ce dure traitement et Bobby alla faire son numéro 1 à l’extérieur. Il revient à l’intérieur avec la légèreté d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Actionnant la pompe à eau de fonte, il remplit la bouilloire et réanima le feu mourant. S’étirant de nouveau, le monstre de foire mit l’eau à bouillir et prépara deux bols de gruau instantané à la mélasse.  Le café sera bientôt prêt et le sourire de l’homme était une source de bonté et de chaleur humaine des plus rafraichissante. Robert était aussi joyeux qu’avec Juliane ou Abigail.



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