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 Une rencontre presque irréelle

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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Une rencontre presque irréelle   Mer 6 Jan 2016 - 18:44


« L'être humain dont le cœur en était arrivé à être aussi froid que la pierre croisa les yeux de cet homme qui ne semblait pas en être un et c'est ainsi qu'à travers toute cette guerre qui faisait rage dans le monde, alors que l'un était la bonté incarnée et que l'autre avait perdu foi en l'humanité depuis longtemps, que le chasseur fut pris de sympathie pour le colosse. »



19 Décembre 2015
Au Sud de Seattle




    J'ai l'impression que ça fait déjà des mois que j'ai quitté mon appartement, le temps passe si vite et j'attends toujours que ma famille me rejoigne comme ma mère me l'avait dit. Peut-être que j'aurais mieux fait d'aller moi-même dans le Montana afin de les retrouver ? Quoi qu'il en soit je n'ai plus d'autre choix maintenant que de rester dans le coin de Seattle à attendre. Mais au fond, ça me déplaît pas tant que ça. Évidemment, la librairie et mes amis me manquent un peu, je pense à Carmen et espère qu'elle est encore en vie quelque part. Mais c'est bien mieux comme cela, se lever chaque matin avec pour seul but la survie, c'est bien plus enrichissant que n'importe quel avenir de nos vies passées ; du moins pour moi. Ne pas savoir de quoi sera fait demain et profiter de chaque instant, c'est la plus belle chose qui soit.

    Souriant pour moi-même, je pose dans le frigo de la dernière maison un papier avec un symbole que je dessine depuis quelques temps maintenant, pour que ma famille puisse me retrouver. J'ai décidé de sortir quelques jours de la ville, pas trop loin, juste en périphérie, peut-être que j'y trouverais plus de trucs à me mettre sous la dent. Mon but n'est pas de trouver un coin où passer l'hiver, il ne faut pas que je traîne trop loin de la boutique et de mon appartement, mais quelques jours ne feront pas trop de mal j'imagine. Sortant de la maison, j'aperçois un cadavre qui se traîne difficilement et me regarde de ses yeux laiteux. C'est en détournant la tête, un petit sourire toujours au coin des lèvres, que je quitte la ville afin de rejoindre les petites habitations en périphérie.

    L'air commence à se faire plus froid ; pour moi qui aimait tant la chaleur et le feu dans la cheminée de la maison familiale, me voilà servit. Mais ça ne sert à rien de chouiner, c'est un maigre prix à payer en contrepartie de tout ce qui m'est offert. Tirant un peu plus sur les manches de mon pull pour m'en recouvrir en partie les mains, je glisse mes pouces dans les trous prévus à cet effet, au bout des manches, et fourre mes mains dans les poches de mon jean afin de la garder un minimum au chaud. Regardant à droite à gauche d'un air apaisé, je me met à fredonné, prêt pour marcher un bon moment.

    Après un peu plus d'une heure de marche, alors que le soleil n'est pas encore à son apogée dans le ciel, je me retrouve au cœur d'une forêt relativement dense ; des chênes et des érables si hauts qu'ils doivent recouvrir le ciel d'un tapis dégradé de vert quand la saison est adéquat. C'est à ce moment là, perdu dans mes rêveries que je crois entendre un bruit. Tous mes sens en alerte, je fige et essaye d'en entendre la nature et la provenance. Je ne peux cependant pas m'empêcher de lâcher un soupire ; alors que je n'avais pratiquement pas croisé de morts, et encore moins d'humains, voilà que quelque chose vient perturber ma si belle journée. Tendant l'oreille, je remarque que ce son n'a rien d'habituel ; ce n'est ni des pas -quels qu'ils soient-, ni des voix, ni des animaux... C'est cependant un son relativement répandu en forêt et, alors que je m'avance un peu plus vers ce que je crois être sa provenance, je repense à mon grand-père entrain de fendre du bois. Je m'arrête. Il y a donc un humain minimum qui se terre par ici ; c'est bien ma veine. Que dois-je faire ? Y aller et risquer de me faire prendre ? Je n'ai de toute façon par l'intention de piller qui que ce soit alors à quoi bon... mais une partie de moi, cette curiosité que j'accepte si mal, me pousse à aller voir.

    Alors je m'avance, tentant de rester discret et de ne pas marcher malencontreusement sur une brindille. Après quelques mètres, j'arrive dans une petite clairière où se trouve un petit chalet, à peine plus grand qu'une cabane de jardin. Faisant lentement le tour de la parcelle, en prenant soin de toujours rester caché derrière les arbres et nombreux buissons, je remarque un homme de dos, il est accroupis et entrain de ramasser un bout de bois qu'il vient de fendre. Je serai vraiment étonné qu'il soit seul... C'est sur cette pensée que l'homme se relève ; peut-être devrais-je dire ''le colosse'' ? Sa taille dépasse celle de l'entendement et sa carrure ferait peur au plus dangereux des ours. Prenant mon vieux fusil qui était jusqu'à présent accroché dans mon dos, juste au cas où, je tente de reculer, ne souhaitant pas me retrouver face à face avec le bonhomme. C'est à ce moment là que, de l'autre côté de la clairière, un cadavre sort de l'ombre et s'approche lentement du bûcheron. Je décide finalement de rester un peu pour voir comment il va se débrouiller ; la curiosité, toujours et encore.





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
J'ai eu ma renaissance.
»

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une rencontre presque irréelle   Ven 8 Jan 2016 - 9:44


La hache du colosse s’éleva très haut au-dessus de la tête en forme d’œuf et au faciès monstrueux de Robert. Ce dernier ajusta la détente du puissant coup de la lourde lame avant de permettre à ses muscles disproportionnés de relâcher le coup comme le ferait un prédateur qui porterait le coup de grâce à sa proie pétrifiée et angoissée. Laissant décrire à l’outil un arc dévastateur, la tête métallique s’enfonça profondément dans la chair tendre de la cible du monstre de foire. Au moment de l’impact la voix grave et le ton lourd du géant déformé expira un petit soupir de soulagement devant l’accomplissement de son action. Le billot se fendit alors en deux et la hache se ficha dans le tronc qui servait d’établie de fortune au mastodonte. Sans un mot, laissant l’instrument d'abatage forestier ficher dans le bois, les mains immenses et rugueuses de Bobby récupèrent alors les deux éclats de buches pour les placer à l’abri sous le balcon du chalet. Portant tout doucement ses mains qui pouvaient se transformer en boulet de canon mortel en cas de grandes nécessités à sa bouche, l’ancien mineur du Kentucky laissant s’échapper un souffle chaud de la fine barrière de ses lèvres émincées et exsangues. Un mince nuage de vapeur réchauffa brièvement des doigts ayant la circonférence de saucisses et les paumes des grandes paluches de Robert se frictionnèrent pour permettre au sang de circuler de nouveau dans les extrémités. Engourdis par la forte chute de température. Levant son regard bleuté et si pur, qui ressemble à s’y méprendre aux vaguelettes d’une mer bercée sous la douceur bienfaitrice d’un soleil de midi, vers le ciel grisâtre de ce mois de décembre et Bobby sourit. Même si le malheur semblait prendre un malin plaisir à tourmenter les mortels qui semblaient résister au destin funeste qui rodait de manière chancelante et vorace, le mineur venait de voir surgir deux anges dans sa vie.

Une petite voix dans le crâne difforme du colosse se moquait de cette comparaison, Juliane et Abigail ne voulaient aucunement détenir ce titre. Mais aux yeux innocents de l’homme massif, elles ne devaient être que des êtres célestes venus sur terre. C’était une des seules certitudes que la bête de foire avait conclue après avoir côtoyé leurs aura de pureté et de gentillesse. Car comme il songeait toujours, pourquoi des jeunes femmes qui pouvaient faire chavirer le cœur de n’importe quel mortel perdraient leur temps avec le monstre repoussant qu’il était. Elles semblaient heureuses de partager le quotidien de Robert. Elles lui souriaient, lui parlait et même des fois leurs touchers graciles flottaient sur une de ses mains couvertes de cicatrices. Son corps imposant et immonde était l’une des multiples raisons que le mastodonte était si replié sur lui-même. Tellement de stigmates parcouraient sa silhouette effroyable. Des accidents pour la plupart, mais aussi les sévices des supposés alpha qui ne voulaient prouver à leur meute sans cervelle qu’ils pouvaient terrasser le sosie de Frankenstein. Souvent quand leurs attaques pitoyables n’ébranlaient aucunement la masse de granit qu’était Robert, les hommes sortaient des couteaux et autres armes pour restaurer leurs orgueils touchés au vif. Donc des lézardes de lames slalomaient les entrecroisements d’une autre époque du cuir tanné de la bête. Même une blessure par arme à feu, ressemblant à une médaille morbide, ornait son poitrail imposant. C’est pour ça que Robert savait qu’il ne pouvait espérer que l’amitié de Juliane et Abigail. Surtout d’Abigail, car le lien entre le monstre et la Texane semblait presque surnaturel et que c’était une autre sorte d’amour qui l’entretenait. Un lien que même la mort ne pourrait briser. Robert adorait Abigail, mais il se doutait que son opinion sur lui changerait si un jour elle le voyait sans chemise. Elle martelait qu’il n’était pas un monstre, mais quel homme pourrait se vanter de posséder une armure de chaire scarifiée de cicatrices horribles et possédant des muscles disproportionnés de la sorte. Revoir le regard si semblable au sien, les traits célestes du visage de l’Irlandaise et le sourire qui pouvait alléger les tourments du monstre propulsait à chaque fois l’esprit de l’homme vers des souvenirs agréables et presque surnaturels. Des moments de sourires complices, de discussions où la voix angélique effleurait les sens de la bête, des moments calmes à regarder les flammes dans le foyer. Des moments qu’il savait qu’il ne pourrait plus partager avec la merveilleuse femme si elle apercevait l’étendue de la laideur de son corps repoussant. Il savait que Juliane serait en mesure de passer outre, mais elle était faite dans un autre bois. Il ne voulait perdre ni l’une ni l’autre, et le monstre de foire savait qu’un de ces jours il allait probablement mourir pour elles. Mais que valait réellement sa vie, sans importance et pathétique, en comparaison de celles des deux êtres divins? Elles pouvaient faire changer l’étoile aux gens qu’elles rencontraient, procurer un semblant de réconfort à ce monde à l’agonie. Robert connaissait sa place dans l’évolution et il se devait que rêver d’avoir un jour un moment qu’il allait lui faire découvrir la beauté de l’amour. Mais ce n’était qu’une illusion et le mineur ne pouvait que protéger au mieux de si méprisables compétences la vie de ces deux êtres d’exceptions. L’ange à la chevelure doré méditait dans la tour d’observation à quelques lieux du chalet et Juliane était partie faire une randonnée dans les bois pour relever ses pièges.

Lunatique comme à son habitude lorsqu’il songeait aux apparitions divines qui venaient de surgir dans son existence, les gestes de l’homme étaient un peu comme ceux d’un robot, L’automatisme de son être avait pris le pas et il continuait à couper du bois avec une régularité d’un métronome. Le chant des oiseaux semblait si serein qu’au moment où ceux-ci s’interrompirent brusquement, l’esprit lent ne le nota pas à la seconde. Mais l’instinct de survie, celui-là que même le bébé naissant possédait prit le dominion de l’homme imposant et lui fit comprendre qu’une présence néfaste rôdait dans les environs. Se redressant de sa taille presque improbable et défiante les normes humaines, Robert regarda autour de lui. Une ombre chancelante venait de surgir des bois. Un homme au teint livide et au regard blanchâtre qui gémit de plus belle. Un peu comme si la goule semblait déçu que son gigantisme repas avait eu l’audace de remarquer son arrivée. La parodie de vie portait un jean, des bottes de constructions, un chandail de groupe de rock et des bretelles. Une immense bedaine, dans un premier temps Robert crut que c’était ça, luttait à chaque pas maladroit du zombie pour se libérer de la gaine de tissus. Mais vu la croute de sang séché, l’esprit lent du colosse comprit que les tripes de la chose sortaient allégrement de son ventre disproportionné. La hache du mastodonte étant fichée dans le billot, Robert serra la bûche dans sa poigne remarquable et ses jointures blanchissent sous la prise soudaine. L’adrénaline coulait à flot dans l’organisme de l’homme difforme, mais il se devait de faire un acte de miséricorde avant. Une action de bonté et de gentillesse des plus improbables dans ce monde chaotique et sans pitié. La voix rauque et les mots à peine mâchés s’élevèrent alors dans l’air, porteur d’un mince espoir en l’humanité absente de la goule.

Robert- Euh… Monsieur allez-vous-en ou bien je fais vous faire mal. Il y a des hôpitaux en ville, mais je ne peux pas vous aider d’accord.


La créature poussa un râle affamé et fit quelques pas qui prenaient une assurance nouvelle. Comme si la chaire boursouflée de Robert représentait le Saint Graal de la gastronomie pour son appétit monstrueux. Levant les bras pourrissants pour essayer d’agripper les épaules massives de l’homme, ce dernier réagit alors avec une poussée formidable. Toute sa force colossale permit à Robert de repousser sur plusieurs pas l’aberration qui ne songeait qu’à donner une accolade meurtrière au géant.

Robert- J’ai dis de partir… Si tu recommences, je te frappe avec mon morceau de bois.


Et la parole de l’homme du Kentucky se réalisa alors. Le zombie, imperméable à ces avertissements, se rua de nouveau vers le mineur avec la sordide intention de planter ses mandibules acérées dans sa jugulaire. Jugulaire qui semblait gonfler sou la fureur latente qui gonflait dans son être. Il ne voulait pas que le mort-vivant fasse du mal à ses anges. D’un rugissement digne d’un minotaure de la Grèce antique, Robert propulsa le solide gourdin improvisé vers la tempe de l’ombre d’humanité en face de lui. L’impact résonna fortement dans l’écho du bois, un peu comme un solide coup de batte lors d’un match de baseball. Ce son annonciateur d’un coup de circuit ou bien l’expulsion de la non-vie dans l’organisme trépassé en face de l’homme déformé. Un peu le chant du cygne pour la parodie de vie qui chuta lourdement au sol. Le corps ayant subis déjà depuis longtemps le rigor mortis par la mort fut alors parcourue de spasme et de nouveau la buche décrivit un arc pour achever les derniers soubresauts. Quand la créature fut complètement morte, Robert se pencha pour fouiller les poches du défunt. Trouvant le portefeuille de celui-ci, il prit le permis de conduire et remise sa trouvaille où il l’avait pêché. Prenant les pieds de la goule, le colosse la tracta alors vers une ravine près de là. Avec une douceur qui contrastait avec la rudesse de ses traits atypiques, les mouvements du géant démontraient une charité et une bonté de son âme si humaine. Des gens auraient poussé sans ménagement le corps sans vie du pied pour le faire rouler vers le bas de la pente. Mais l’homme difforme fut délicat et attentionné. Il pensait qu’il aimerait ça que les gens qui s’occuperaient de son corps mortel lors de son décès soit attentionné. Quand sa triste besogne fut accomplie, il récupéra la carte plastifiée de la goule. D’un ton bas, presque un murmure qui semblait à un coup de tonnerre dans cette bulle de silence, le mastodonte parla avec sincérité et bonté.

Robert- Je suis désolé… Euh…


Lisant avec difficulté le nom inscrit sur le papier d’identité, Bobby continua sur sa lancée gauche et hésitante.

Robert- Thomas Thompson… Euh… Quand tout sera revenu dans l’ordre, je vais aller m’excuser à votre famille et dire où vous reposez… Euh… Je devais le faire, vous savez, vous aurez fait du mal aux gens sûrement. Excusez-moi et faites un bon repos… Quand la terre sera dégelée, je vais vous enterrer comme il faut d’accord ?


Entendant les chants d’oiseaux, le massif homme reprit alors le chemin vers la chaleur réconfortante de son refuge et le fumet appétissant de son repas en train de mijoter. Se fiant à l’instinct des oiseaux, véritable alarme anti-zombie, Robert ne remarqua aucunement le regard inquisiteur qui épiait chacun de ses mouvements depuis si longtemps. Lunatique à ce moment, il se dirigea vers la position approximative du seul être vivant doté d’une intelligence supérieure à la sienne dans les environ.



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Une rencontre presque irréelle   Dim 10 Jan 2016 - 9:20


    Je n'avais pas quitté le colosse des yeux. Il avait bien remarqué le cadavre qui s'approchait mais ne daignait apparemment pas mettre fin à ses jours ; nous n'étions pas si différents de ce côté là, moi non plus je ne les tuais que rarement. Mais il faut croire que nos raisons ne sont pas du tout les mêmes car quand l'homme s'adressa au mort, l'intimant de reculer, il semblait croire que ces choses pouvaient encore réfléchir et pouvaient être sauvées. J'avais ouvert de grand yeux. C'était la première fois que je croisais quelqu'un d'aussi... aveugle quant à la situation. Ou peut-être était-ce une réelle espérance que les choses redeviennent comme avant et que tous ces êtres puissent être sauvées ? Quoi qu'il en soit, je n'en revenais pas. Comment quelqu'un d'aussi imposant prenait la peine de menacer cette chose ? Il suffisait, si danger il y avait, de mettre fin à son souffle et tout était réglé, mais le bûcheron ne semblait pas être de cet avis là. Je faillis pouffer lorsqu'il parla de l'achever avec ce simple morceau de bois, me disant qu'un outil tranchant serait bien plus adéquat, mais mon sourire disparut lorsqu'il l’abattis d'un simple coup à peine forcé ; c'était quoi ça ? Comment c'était possible d'avoir autant de force ? Une part de moi me poussait à m'en aller, et vite, mais une autre partie avait envie d'en savoir plus et de toute façon, s'il causait aussi poliment à un mort en lui laissant la chance de s'en aller, je n'aurai qu'à faire marche arrière et reprendre ma route s'il me menace également.

    Mais il n'en reste pas là, m'offrant encore un peu plus de ce spectacle pitoyable qu'il ne m'avait encore jamais été donné de voir. Je le suivais discrètement dans les broussailles, longeant la clairière jusqu'à la falaise, toujours en prenant soin de rester caché à l'ombre des arbres pour ne pas me faire repérer. Il dit quelques mots à l'attention du macchabée cette fois-ci bel et bien mort avant de le laisser glisser dans le ravin avec une certaine douceur et une peine qu'il me laissaient complètement pantois. Comment était-ce possible d'être encore aussi naïf ? Personne ne chercherait cet homme, pas même sa famille qui n'était probablement plus en vie. Restant quelques minutes en face de la falaise, je regardais en loin me demandant ce qui pouvait pousser quelqu'un à agir ainsi ; pour moi qui était vraiment à l'opposé, j'avais beaucoup de mal à cerner ce genre de comportement. J'avais tout vu, la vanité, l'orgueil, la haine, la vengeance, l'égoïsme. Mais ça... c'était tout bonnement incompréhensible et en totale contradiction avec la nature profonde de l'homme. Je voulais en savoir plus, j'en avais besoin. Comprendre. L'humanité est perdue, depuis des années, et elle a entraîné la Terre avec elle, alors pourquoi maintenant qu'elle a atteint son but, faut-il que je croise la route d'un tel homme qui semble ainsi dénué de toute rage ? Ou peut-être est-ce simplement de la connerie. Il est encore bien trop pour le savoir.

    Prenant la route redirigeant au petit chalet, je marche à pas lent, tentant d'entendre le bruit caractéristique d'autres cadavres qui arrivaient mais la chose en bas de la falaise semblait s'être baladé seul. C'était l'un des points positifs à être ainsi en dehors de la ville, les macchabées étaient moins nombreux, tous comme les humains et ça, c'était quelque chose qui me plaisait tout particulièrement. J'étais sortis de Seattle afin de trouver de nouvelles provisions et de quitter un peu l'ambiance pesante du centre, et en temps normal j'aurai déjà dévié ma route en voyant un être humain mais là c'était différent, cet homme m'intriguait. C'est donc en sortant de l'abri que m'avait offert les arbres que je me mis à jour, plissant légèrement les yeux afin de m'adapter à la lumière vive. Le colosse me tournait le dos, à nouveau occupé à trier ses bouts de bois ; me rappelant rapidement de la manière dont il s'en était servit pour abattre le cadavre, je grimaçais et décidais de m'arrêter à une distance respectable. Humant l'air, je sentais une odeur d'hiver mélangée à je ne sais quelle nourriture. Un sourire légèrement sarcastique sur mon visage, je m'y à applaudir pour attirer l'attention du géant et lança d'une voix haute :

« Quel beau geste, à votre place j'aurai ajouté quelques fleurs avec le corps. »

    Ça puait l'ironie mais je ne m'encombrais plus à être faux, la sincérité était une chose que j'avais bien trop longtemps dû mettre de côté à cause de mon travail -qui me manquait quand même soit dit en passant-. Je ne savais absolument pas comment l'inconnu allait réagir et il fallait bien dire que je n'avais aucunement l'intention de rejoindre le mort dans le ravin, même si j'avais droit à des fleurs. Je faillis pouffer en imaginant la chose, mais me ravisa rapidement, ne souhaitant pas être pris à mon propre jeu. Mais je n'étais pas fou, j'avais évidemment placé mon fusil dans mon dos de manière à ce qu'il soit rapidement attrapable et surtout utilisable ; à savoir bien chargé, même si la sécurité était mise. Je n'étais cependant pas sûr qu'une simple balle suffirait à achever le colosse s'il jamais il se décidait à s'en prendre à moi, mais il était trop tard maintenant pour faire marche arrière. Seul l'avenir pouvait nous dire à présent si j'avais mis une quelconque vie en danger en m'approchant ainsi de cet inconnu qui, je l'espérais, ne mettrait pas fin à cette nouvelle vie qui m'était offerte. Une chose était sûre, je n'étais pas prêt à mourir.





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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une rencontre presque irréelle   Dim 10 Jan 2016 - 23:00

Sans en soupçonner la présence de l’homme embusqué dans les taillis, le mastodonte avança de son pas chaloupée et un peu gauche. Un peu comme un animal de trait qui retournait au bercail après sa triste besogne. Si la bête de foire avait étendu son bras scarifié et gros comme un billot d’arbre, sa main charnue et rugueuse aurait pu frôler les cheveux bruns de l’être humain tapis dans sa cachette. Ne se sentant aucunement en danger, les oiseux avaient repris leurs joyeuses ritournelles bien nichées dans les arbres ayant perdu leur parure, le colosse venait de succomber à son éternel état léthargique. Lunatique pour certain, les plus futés pourront deviner que l’esprit lent du mineur difformé se réfugiait dans un lieu secret. Un endroit bien à l’écart de ce monde chaotique, loin des railleries ou bien des horreurs que la vie s’amusait à placer sur la route tortueuse de l’existence de Robert. Une sorte de sphère dont la paroi dorée protéger ses souvenirs les plus précieux. Le visage souriant et enjoué de sa nièce Sandra, la bienveillance de sa sœur Rosalie et les jappements heureux de Rocky. Maintenant de nouvelles images se refléter dans ce lieu privé, la fougueuse Juliane et l’adorable Abigail étaient maintenant en sécurité pour l’éternité dans ce cocon que nul ne pouvait enlever au géant. Durant ses moments d’absences, le corps de l’homme au corps repoussant prenait le relais, continuant la routine comme le ferait un vieux cheval de laitier. Revenu près du tas de bois, les genoux de Bobby se fléchirent pour lui permettre de s’abaisser et faisant un support de son bras musculeux, il plaça alors les buches coupées. Il venait de se redresser, un air songeur et le regard bleuté dans la vague, quand un applaudissement résonna dans son dos. Tous les muscles du mastodonte se tétanisèrent et sa conscience refit alors le bond vers le siège des commandes qu’il avait déserté un peu plus tôt. L’image de son accolade avec l’âge doré se fracassa aussitôt, laissant sa vision revenir sur le monde désolé de ce paysage hivernal. Tout doucement, la tête du géant disproportionné pivota sur le côté, un œil bleuté à la fois inquisiteur et gagnant un semblant d’angoisse. Robert vit alors un homme en veste de cuir. Assez grand et ayant une belle apparence, il semblait sur de lui. Surtout le monstre de foire nota le canon métallique, faisant un scintillement moqueur dans les rayons froids de ce soleil discret. Une voix forte, chaude, mais ayant un fond d’ironie, se libéra de la gorge de l’étranger.

Homme- Quel beau geste, à votre place j'aurai ajouté quelques fleurs avec le corps.

Ne comprenant aucunement la remarque des fleurs, Bobby crut saisir que l’individu avait assisté à sa défense et aussi à ce qu’il avait fait du corps de la goule. Ne sachant plus quoi faire, ne voulant surtout pas que l’étranger ne panique en voyant son allure cauchemardesque, la bête de ces bois fit un pas latéral. Un pas chassé absurde en quelque sorte pour se placer dans l’ombre bienfaitrice. Alors là il prit une grande respiration. Dans un premier lieu pour oxygéner son corps puissant et intimidant. Mais aussi pour se donner un courage qui n’était que des braises à peine rougeâtres. Devant les monstres assoiffés de chair, le mineur ne tremblait aucunement. Ces pauvres hères ne jugeaient pas le mastodonte sur son apparence ni son intellect, mais bien sur sa valeur nutritive. Et souvent il faisait un rempart de son corps défendant pour préserver les êtres célestes qui avaient accepté d’être près d’une parodie d’hommes tel que lui. Émergeant d’un passé troubler par tant de souffrance, Robert avait accepté d’être le gardien de ces deux âmes pures. Quitte à mourir pour elles. Il savait que s’il trépassait, il allait être accueilli avec amour et tendresse par ses anges au paradis. Mais sa criante, son angoisse à peine camoufler était et sera toujours les hommes. Vil, méchant, rancunier et voulant toujours démontrer au géant désabuser leur suprématie. Son corps étaient parsemer des sévices cruelles et barbares que les gens normaux allaient laisser au fil des années.

Se retournant lentement, les pieds bien ancrés sur le sol gelé de ce mois de décembre, le spectacle pitoyable de la laideur du colosse se dévoila à l’homme. Des pantalons noirs à bretelle, une chemise ayant connu des jours meilleurs et les manches roulés au niveau de ses coudes. L’étranger à la carabine pouvait deviner aisément une puissante et solide ossature, des muscles volumineux et même disproportionnés cacher à grand peine dans l’armure de tissus. Des mains géantes et grosses comme des boulets de canons. Une d’entre elle tenait serrer contre son torse un fagot de bois qui devait peser un bon poids. Robert le tenait avec l’aisance de l’habitude et la facilité que c’était aussi lourd qu’un duvet de plume. L’autre main, ayant des doigts de la circonférence de saucisses, était levée dans un signe universel de reddition. Les pieds, extraordinairement pointés vers l'extérieur et des plus stables, se dandinait sous l’effet de la gêne et surtout de l’angoisse de ce moment stressant. La cage thoracique bien développée et un cou aussi large que son crâne. Des trapèzes laissant présager une force conséquente dans le haut de ce corps impressionnant. Robert devait dépasser l’homme en face de lui d’une bonne trentaine de centimètre et devait peser presque le double. Devant le regard marron de l’individu, le géant devait être plus associé au monstre des films d’horreur qu’au genre humain. Ce mastodonte peut sembler être sorti droit des rêves fous d'un savant ayant perdu le contact avec la réalité. Une tête en forme d'œuf, une dentition irrégulière, une mâchoire carrée et viril, des lèvres minces et presque exsangues, une fossette entre ses deux sourcils, des oreilles décollées, une barbe et des cheveux châtains rasé d'une main malhabile et des orbites enfoncées. Tout pour qualifier ce visage aux traits atypiques de faciès monstrueux et repoussant. De son angle de vu, l'intrus pouvait dénombrer la multitude de cicatrices qui lézardaient sur les mains et les avant-bras de la chose difforme en face de lui.

Tel un duel à la Tombstone, le regard des belligérants se fracassèrent dans onde de choc. Robert ne pouvait aucunement deviner les intentions de l’homme à la mâchoire carré, mais celui-ci pouvait lire comme un livre ouvert l’amalgame d’émotions qui pulsait du regard bleuté de la chose. Il pouvait plonger aux travers des yeux de Bobby et contempler ces fenêtres donnant un libre accès à l'âme de cet imposant individu. Un mélange saisissant de mélancolie, d’angoisse, de prudence se reflétait dans les iris de l’homme déformé. Mais aux fins fond des yeux, aux reflets dansants faisant penser au bleu si profond d'un océan par temps clair, doux et rempli de compassion. Un mystérieux mélange d’humanité grandiose et de bienveillance des plus déplacer dans ce corps d’être digne de figurer dans le bas échelon de la société humaine. Robert prit une seconde respiration, son ton rauque s’éleva alors dans l’air froid de ce jour d’hiver. Les mots furent mâchée, mastiquer même avec des roulements de pierres dans la bouche.

Robert- Euh… Il n’y a plus de fleurs… Euh… Fais trop froid.

Le ton hésitant avait toutefois les accents d’une franchise presque enfantine. Aucun sarcasme n’ébranlait la voix de l’être si souvent diminuer. Une honnêteté et une franchise désarmante se mélangea alors au relent d’une peur qui noua les tripes de la chose grotesque.

Robert- Euh… Ne tirer pas monsieur. J’ai l’air d’un monstre, mais j’en suis pas un… Euh… Vous entendez les oiseaux ont arrêté de chanter… Des méchants qui mordent vont arriver.


De sa main levée, le monstre de foire pointa frénétiquement le chalet à ses côtés. Un panache de fumée signalait aux âmes vivantes qu’un bon feu ronflait dans le foyer. Un fumet délicieux se mélangeait allégrement dans l’air, faisant frémir les narines du géant. Restant sur ses gardes surveillant les alentours, la parodie d’homme souffla tout bas.

Robert- Je dois aussi brasser le ragout de lapin… Euh… Je ne veux pas que ça colle au fond. Vous voulez entrer? Moi c’est Bobby… Euh… Le temps que les méchants passent leurs chemins.

Un début de sourire écorcha les lèvres exsangues de Bobby, un sourire à la fois sincère, honnête et n'était pas artificielle et n'était alourdis par aucun artifices.




Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Une rencontre presque irréelle   Lun 11 Jan 2016 - 13:44


    Il faut croire que parfois je ne tiens pas vraiment à la vie, ou peut-être justement que je suis enfin la personne qui s'est toujours terrée au fond de moi ? Quoi qu'il en soit, quand je m'approche de l'être difforme qui est toujours occupé avec ses morceaux de bois, je ne m'attends pas une seconde à l'envergure de ce que je vais voir. Je suis encore partagé par la satisfaction quant au sarcasme de mes paroles, et l'hésitation de partir immédiatement avant de me prendre une bûche sur le crâne.

    C'est lorsqu'il se retourne que tout change. Je me retrouve alors face à un homme -si tant est qu'il soit vraiment humain- qui doit bien dépasser les deux mètre et dont la carrure est deux fois plus large que la mienne. Les muscles saillants de son cou et la circonférence de ses avants-bras sont encore plus impressionnants de près, d'autant plus que ces derniers sont ornés de dizaines de cicatrices qui semblent toutes avoir été infligées à des moments différents. Alors que je fixe ses mains qui tiennent un bout de bois considérablement gros, je me rends compte qu'il pourrait m'écraser le visage d'une simple pression, comme si de rien n'était. Comment est-ce possible qu'il existe une telle personne ? Et surtout comment a-t-il pu survivre avec toutes ces marques qui semblent lacérer son corps ? Me détachant de mon observation, je pose mes yeux sur son visage. Malgré ses traits dur qui intiment le respect, on remarque parfaitement ses lèvres légèrement tremblotantes et ses yeux fuyants quand à l'angoisse que provoque ma présence. Ou peut-être craint-il autre chose ? Repensant à ces dessins-animés où un gringalet pense avoir fait fuir le méchant alors qu'en réalité c'est une bête bien plus féroce qui se tien derrière lui je ne peux empêcher mon sourire de s'élargir un peu plus. Fourrant mes mains dans les poches, je ne dis toujours rien, attendant qu'il prenne la parole. Je le sens cependant un peu perdu, comme si voir quelqu'un dans cette forêt n'arrivait qu'une fois tous les cent ans ; et qui sait, peut-être n'a-t-il vu personne depuis le début de l'apocalypse. Je ne suis moi-même pas des plus rassuré suite au spectacle auquel j'ai assisté quelques minutes plus tôt, mais j'évite de me démonter ; le tout est de paraître sûr de soi. Un moment de flottement, puis une voix tonitruante s'élève dans les airs ; il ne crie pas, il parle des plus calmement, mais sa voix a quelque chose de profond, de guttural, le genre qu'on entend dans certains fils pour enfants, au moment où le danger est imminent. Il n'avait cependant pas très sûr de lui et ne semblait pas avoir comprit ma remarque ; tant mieux, ça m'évitera peut-être sa colère. Après cette phrase si terre à terre, il embraya rapidement sur une justification, m'intimant de ne pas me servir de mon arme à feu, que le danger qui approche est beaucoup plus grand. Arquant un sourcil, je lui répond d'une voix calme.

« Qui a dit que j'avais l'intention de tirer ? Puis, marquant une pause, j'ajoutais : Vous n'avez l'air de faire qu'une bouchée de ces macchabées. »

    Je n'ajoutais pas que c'était plutôt à moi de me méfier de lui, vu son gabarit il était une arme à lui tout seul ; mais ça, j'imagine qu'il en était pleinement conscient alors par la peine de lui rappeler cette potentialité. Le seul véritable problème, c'est que le colosse n'avait pas tord. Une bourrasque de vent vint dans mon dos en amenant avec elle les râles de morts qui semblaient apparemment approcher de nous. Je frissonnais légèrement, remontant au plus haut la fermeture éclair de ma veste ; il faudra que je pense peut-être à me trouver un bonnet, ça serait pas du luxe. Quand le géant repris à nouveau la parole, je faillis d'abord rire quand il aborda le fait qu'il s'inquiétait que son ragoût ne colle, mais je me ravisais rapidement, mon regard fixé au sien. Son visage s'était fendu en un sourire qui se voulait amical et ses yeux... ils étaient tout le contraire de l'image qu'il dégageait ; ils avaient l'air de renfermer cette humanité et cette humilité que la plus grande majorité des êtres humains n'avaient même jamais éprouvé, mes semblables nombrilistes pour qui j'avais toujours éprouvé une aversion non contrôlable. Et là... il y avait cet homme, qui ressemblait à un titan tout droit sorti des mythologies grecques, qui me sembla tout à coup bien plus humain que la plupart des gens. C'est ce qui me décida en partie à le suivre ; et aussi parce-que je n'avais aucune envie de me retrouver suivit par une horde. J'attendis cependant qu'il me tourne le dos pour prendre la direction du chalet pour le suivre à mon tour, réticent de que j'allais bien pouvoir trouver dans cette cabane ; et s'il n'était pas le seul ? S'il avait d'autres camarades comme lui ? M'arrêtant à un mètre de l'entrée du chalet je demandais :

« Les cadavres arrivent, mais à l'intérieur, il y a qui ? »

    Je ne laissais cependant pas le temps au colosse de répondre, les râles des morts se faisant de plus en plus proches il était désormais trop tard pour tergiverser. Posant un pied puis l'autre sur le plancher qui grinçait légèrement, je fermais la porte derrière moi et tourna le loquet qui semblait être destiné à cela. Alors que l'homme dénommé Bobby s’affairait à mélanger le ragoût dont il m'avait parlé, j'en profitais pour me familiariser visuellement avec les lieux. A ma gauche un vieux meuble, en face il y a l'âtre d'où se dégage une odeur qui mettrait même l'eau à la bouche à un cadavre, un vieux canapé est placé devant avec à côté un gros fauteuil et une table basse au centre, et à droite il y a une porte menant probablement à une chambre, ainsi qu'un évier d'où ne sort probablement que de la poussière. Des affaires sont posées contre le mur et, me disant que je ne risquais pas de pouvoir sortir tout de suite, je dépose également mon sac et ma guitare près de la porte ; j'hésite quelques seconde à garder avec moi ma carabine mais l'idée ne semble pas adéquat, mon couteau évideur accroché à ma ceinture devra suffire si j'ai pris la mauvaise décision. Une légère odeur de renfermé flotte dans l'air mais celle du ragoût est bien plus forte. Ouvrant mon blouson que je pose également sur mon sac, je m'approche de l'âtre tout en restant derrière le canapé ; afin de me réchauffer et de garder par la même occasion une distance respectable avec le colosse. Me raclant la gorge afin d'éclaircir ma voix, je lance d'un ton calme :

« Merci, Bobby. Moi c'est Axel. »

    J'hésitais un instant à lui tendre la main en guise de remerciement mais je jugeais qu'il était encore trop tôt pour avoir un contact aussi rapproché ; je n'avais aucunement l'envie qu'un quelconque geste me coûte la vie. Malgré mes efforts pour paraître détendu, je n'étais pas vraiment rassuré à l'idée de me retrouver coincé ici avec un parfait inconnu qui, il fallait bien l'admettre, avait un avantage considérable sur moi. Mais le vent qui commençait à souffler dehors n'annonçait rien de bon.





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une rencontre presque irréelle   Mar 12 Jan 2016 - 20:32

Le simulacre d’humain commença alors s’avancer vers la porte du chalet, son fardeau tenu dans un bras aux biceps disproportionner. Il avait descendu le billot qu’il lui servait d’appendice, maintenant que l’inconnu à la chevelure cuivrée lui avait assuré qu’il n’allait pas lui tirer dessus. Dans sa main reposait sa hache de bucheron, outils des plus communs, mais formidables et intimidants dans les mains de Robert. Grimpant d’un pas démesuré les quatre marchent du balcon, une question de l’homme à la carabine le figea sur place. Les traits atypiques de la bête monstrueuse se tournèrent alors vers l’inquisiteur en herbe et la surprise passa dans son regard bleuté.  Les mots. Hésitant, mais d’une franchise à toute épreuve, se déversèrent dans l’air frisquet à la résonance hivernale.

Robert- Euh… Il y a personne. Il va avoir moi et toi si tu entres.


La remarque n’était pas un sarcasme, juste une observation faite par un être à l’esprit lent et pathétique. Déposant sa hache près de la porte, il fit disparaitre la poignée dans sa paume immense. Il ouvrit alors la porte de son antre, de son refuge commun avec son amie si chère à son âme. Il entra alors, laissant son arme improvisée sur le pas de la porte. Que ce soit par inadvertance, pour prouver sa bonne volonté ou un mélange des deux, nul ne le pourra le saturer avec certitude. Contournant le divan avec une célérité gauche et mal habile, le mastodonte déposa son fagot de buche près du foyer et entreprit de brasse le ragoût au fumet délicieux. Près du monstre. Sur le mur, reposait un calibre douze de types à pompe. Un simple geste de la main du monstre de foire et il serait armé. Mais l’être dépourvu de malice ne jeta même pas un regard à l’imposante arme.  Toute l’attention du golem de chair était tournée vers la marmite remplie d’une pitance, selon les standards de ces temps troublés, de roi. Quand la voix de l’inconnu claqua un peu sèchement, le mastodonte se retourna à demi. Un petit sourire amical se déposa sur ses lèvres exsangues. Un leur de bonté et surtout d’humanité profonde brillait dans le regard bleuté de l’être à l’esprit si lent. La voix rocailleuse, rauque à souhait et lente, s’éleva paresseusement dans le chalet.

Robert- Enchanté Axwel… Euh… Non désolé Axel. C’est ça?

Quand l’homme opina du bonnet, le sourire de la brute s’intensifia aussitôt.

Robert- Désolé Axel…  Euh…  Je ne suis pas trop fort du cerveau. EUH…


Voyant des vêtements de Julian près de l’antre en train de sécher, le rouge gagna aussitôt les joues de la bête de foire. Prestement, il saisit la paire de jeans, les deux chemisiers à carreaux et des sous-vêtements bien ordinaires. Au summum de la gêne, de par avoir toucher les vêtements de sa chère amie, le monstre de foire alla porter le tout sur le lit de l’ange à la chevelure cuivrée. Les pas pesants de l’homme disproportionné faisaient craquer le vieux prélart et de retour dans la pièce principale, il détourna le regard.

Robert- Désolé Axel… Euh… Je ne savais pas que Juliane avait laissé sécher ses vêtements. Assis toi si tu veux…


Pointant une chaise droite, en chêne massif et au coussin fatigué par tant d’années d’utilisation, le monstre de foire se décala tranquillement vers le coin-cuisine. Enserra la poignée de fonte de la vieille pompe manuelle, le bras du mineur se leva. Les muscles de l’avant-bras semblaient à peine forcés, les cicatrices bougeaient au rythme du mouvement régulier de la pompe d’eau. Après deux poussée, une eau limpide coula et Robert donna deux autres coups. Saisissant un verre tout prêt, il le remplit à la chute de la source de vie. Un second verre fut alors remplis et saisissait les gobelets cristallins, le colosse se dirigea vers la table, il déposa un verre devant l’homme et l’autre près de sa chaise capitaine. Au moment de déposer le verre, Robert se ravisa et en but une grande rasade. Il claqua sa langue de satisfaction et fit petit signe de tête envers l’homme soucieux. Ensuite la main malhabile de la chose grotesque fouilla dans la poche de sa chemise. Seulement deux doigts de l’immense poigne ne pouvaient accéder dans le compartiment de tissus et dans un mouvement, Bobby sortit la carte plastifier qu’il avait récupéré de la goule. Mais par un caprice du destin, la photo de ses anges s’extirpa de la poche au même moment. Soulevé par une brise invisible et discrète, le précieux souvenir virevolta allégrement dans les airs. Un peu comme un ballet abstrait. Avec la douceur d’un papillon se posant sur une fleur exquise, la photo se déposa près du breuvage translucide. Mais le colosse avait tourné son dos immense et il n’avait pas remarqué la perte de ses plus précieux souvenirs de sa vie d’avant. Cette vie ou juste deux personnes ne comptaient à ses yeux. Deux anges que la destinée avait placés près de ce rebut disgracieux. Si seulement il avait pu donner sa vie contre la leur, si seulement il avait pu partir tout ensemble. Après avoir déposé la carte dans une petite boite de bois, augmentant le nombre à 5, Robert soupira tristement. Il n'aimait aucunement se battre, mais il le ferait pour protéger ceux qu'il aimait. Prenant deux bols, Robert demanda alors en se tournant vers l’étranger.

Photo double-face plastifié:
 

Robert- Euh… Axel tu as faim? Si j’en ai pour deux, j’en ai pour trois… Euh...

Le regard bleuté de l’homme déformé démontrait toute sa générosité, sa bonté et même son humanité que peu de gens auraient pu égaler. Un petit sourire la fois gênée et amicale effleurait son faciès monstrueux, adoucissant ses traits drus et atypiques.  Tous les gestes alors portés par le géant semblaient empreints d’une douceur, d’un souci des autres qui n’encadraient pas avec la corpulence affreuse de l’être. Un peu comme si un enfant habitait ce corps disproportionné. Au loin la mélopée de quelques goules brisa le silence pesant de la forêt. Un bruit hennissement ressemblant à un cheval se fit entendre. Un de peur et un autre de douleur. Les épaules massives de l’homme s’affaissaient soudainement, une lueur de tristesse déchirante passa brièvement dans ses yeux si purs.

Robert- Les méchants qui mordent ont attrapé le cheval qui courait partout… Euh… Juliane aura de la peine. Elle voulait essayer de l’attraper et de le protéger.

Voulant changer de sujet, de penser à autre chose, n’importe quoi. À brûle-point, une lueur vacillante d’interrogation se dessina dans son regard et le monstre de foire, tous en se dirigeant vers la marmite, demanda simplement à Axel. Sa voix avait repris son ton rocailleux.

Robert- Je peux te demander ce que tu fais si loin dans le bois Axel? Merci beaucoup de ne pas m’avoir tapée dessus… Euh… les gens veulent toujours essayer de vaincre le monstre qu’ils disent… Euh… Parce je suis différent.

Une certaine tristesse et une mélancolie profonde se discernait des derniers mots prononcer par la chose qui n'avait qu'une vague ressemblance avec le genre humain.



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MessageSujet: Re: Une rencontre presque irréelle   Jeu 14 Jan 2016 - 13:35


    J'étais resté pantois quand à la réponse du colosse concernant le nombre de personne qu'il y avait à l'intérieur, me contentant de hausser un sourcil à la fois interrogateur et surpris par sa réponse. Je me demandais s'il n'était pas complètement entrain de se payer ma poire mais son air sincère et le semblant de sourire qui flottait sur son visage m'indiquait tout le contraire. Jetant un œil à la hache au moment où il la déposait contre le mur du perron il m'était impossible de savoir s'il était juste trop insouciant quant au danger que pouvait représenter les autres ou s'il voulait simplement montrer sa bonne foi. Haussant les épaules j'étais entré sans mot dire.

    Après avoir pris le temps d'examiner l'intérieur de la maisonnette en bois, et alors que mes yeux se reposaient sur l'homme nommé Bobby, je fus une nouvelle fois frappé par sa grandeur imposante. Il dégageait une prestance qui pouvait presque faire peur mais étrangement ses yeux semblaient montrer l'âme d'une personne complètement opposée au monstre qu'on percevait au premier abord. Je ne devais certes pas faire de conclusions hâtives et ne surtout pas oublier que si nous en venions aux mains -ou même aux armes-, je ne ferais absolument pas le poids. Je m'étais alors rappelé de ce qu'on disais concernant les gros chiens : ils sont imposants et ont l'air dangereux, mais au fond ils peuvent s'avérer être de vrais agneaux ; sauf qu'il arrivait parfois que ces ''agneaux'', pris dans un quelconque accès de colère ou de peur se retournaient contre les hommes. Je ne comparais en rien Bobby à un animal, loin de là, mais il me semblait que la situation était similaire sur quelques points. Quand il écorcha mon prénom je m'étais également contenté d'opiner de la tête pour valider sa seconde prononciation.

    C'est à ce moment là que son regard s'agrandit et qu'il sembla un peu perdu. Suivant le chemin où ses yeux se posaient, je remarquais les quelques habits qui étaient étendus dans un coin et ne pu m'empêcher de froncer les sourcils ; juste lui et moi hein ? Je faillis pouffer me disant que dans la famille colosse, il y avait peut-être la géante, mais cette idée me fit rapidement plus froid dans le dos qu'autre chose ; c'était vraiment du lapin à l'intérieur de la marmite ou autre chose ? Secouant la tête pour m'ôter cette idée idiote j'observais attentivement l'homme qui déplaçait les vêtement dans la pièce d'à côté ; quand il revint, me parlant d'une certaine ''Juliane'', je posais une question, peut-être un peu plus claire cette fois-ci.

« A part toi et Juliane, il n'y a personne d'autre ? »

    Je me demandais s'il allait me dire que maintenant j'étais là moi aussi, mais ce n'était pas le point central de ma question. Il fallait vraiment que je sache si je n'étais pas tombé dans l'antre d'un groupe de fou furieux et qui me dépassait grandement en nombre. Bobby me proposa alors de m'installer et, malgré ma légère hésitation à m'installer ce qui m'éloignerait un peu plus de la porte, je ne pouvais nier le fait que je commençais à sentir la fatigue dans mes jambes et qu'un peu de repos forcé ne me ferait pas de mal. De toute façon, il me serait bientôt impossible de sortir au vu des macchabées qui s'approchaient et du vent qui se levait. Posant mes fesses sur la chaise en bois, je ne m'y adossais toutefois pas complètement afin de pouvoir me lever rapidement si nécessaire. Elle n'était pas aussi confortable que le canapé bien rembourré qui attendait dans mon appartement, mais ce n'était qu'un détail, le confort ne faisait pas parti de cette nouvelle vie et je m'en accommodais parfaitement ; même si parfois mon dos me rappelait que le sol ou une simple couverture n'étaient pas ce qu'il y avait de mieux pour passer la nuit. Le colosse se dirigea vers l'évier et c'est un son relativement familier qui vint jusqu'à mes oreilles ; celui de l'eau qui remplissait un verre. Il y a de l'eau ici, sérieusement ? Regardant le géant revenir, les deux verres à la main, je me rendis compte que mes yeux devaient être aussi ronds que des billes ; pendant de longues secondes je m'étais contenté de fixer le verre devant moi, puis, reportant mon attention sur le géant, je lui dis d'une voix reconnaissante :

« Merci Bobby. C'est pas toujours simple de trouver de l'eau, je pensais pas qu'il y en aurait encore ici. »

    Quand on y réfléchissait un instant c'était presque logique ; si les villes avaient vu leurs distribution d'eau s'envoler, en extérieur beaucoup d'habitation étaient alimentées par leurs propres sources naturelles. Alors que je pris le récipient dans ma main pour le porter à mes lèvres, une photo tomba de la poche de Bobby sans qu'il le remarque ; il était trop occupé à mettre la carte que l'homme avait sur lui dans une boîte, comme s'il faisait ses comptes. Il était donc probablement sérieux en affirmant au cadavre qu'il en informerait sa famille ; ne considérant absolument pas le rang du genre humain j'avais le plus grand mal à comprendre un tel geste, ne changeant même pas mon point de vue sur les humains maintenant que l'apocalypse était notre monde, au contraire j'étais encore plus méfiant. Prenant la photo plastifiée entre mes doigts après avoir reposé mon verre sur la petite table en bois, je remarquais qu'il y avait deux femmes sur la photo, l'une plus âgée que l'autre ; se pouvait-il que le colosse ait eut une femme et un enfant ? Il me tira de mes pensées en me demandant si j'avais faim ; je lui répondis tout en posant la photo devant lui.

« Du ragoût de lapin hein ? Je veux bien. Tu as laissé tomber ça. »

    L'odeur qui se dégageait de l'âtre était de plus en plus prononcée et mon ventre menaçait de crier famine. J'avais toutefois préféré redemander confirmation sur le contenu du repas, juste pour être sûr ; je ne l'imaginais toutefois pas me répondre d'un air guilleret ''Non c'est de l'humain'', ç'aurait été complètement décalé comme situation. J'avais également choisis de ne pas demander immédiatement qui étaient les personnes sur la photo, ne souhaitant pas me montrer trop intrusif ; et il fallait être honnête, ce n'était pas le genre d'informations utile pour continuer à vivre, même si la curiosité était toujours présente. Mon attention fut soudain attirée par le bruit d'un animal non loin, un cheval apparemment, il semblait être accompagné des râles de plusieurs cadavres qui avaient atteint leur but au vu du hennissement qui se fit entendre. L'expression pourtant si joviale et avenante du colosse s'était instantanément envolée pour laisser place à une peine sans nom, peine que je compris lorsqu'il m'expliqua les plans que la femme avait prévu pour ce cheval. Je comprenais cela, j'avais moi-même bien plus de considération pour les animaux que pour les êtres humains ; eux ils faisaient leur possible pour vivre s'adapter au monde que nous, humain, forgions à notre façon, comme si tout nous était dû. Sentais l'agacement monter, j'étais satisfait que Bobby se décide à changer de sujet, mais au final il n'était pas si éloigné que cela, l'arrogance des humains, toujours encore.

« Je viens du centre de la ville, mais les provisions commencent à s'y faire plus rares, et les dangers plus présents, alors je me suis pris quelques jours pour souffler un peu. »

    Inutile de lui dire que je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un dans ces bois, ni que par ''dangers'', je ne parlais pas principalement des macchabées. Ce sont ses derniers mots qui attirèrent mon attention. M'adossant contre la chaise en bois qui grinça légèrement, je tenais mon verre dans une main et regardait Bobby de l'autre. Ses dires ne m'étonnaient guère, il était évident qu'au vu de sa particularité, les gens voulaient prouver à leurs petits amis qu'ils étaient les plus forts et ainsi s'imposer dans cette parodie de société qu'ils avaient eux-même créé. S'en était pathétique et ma colère augmenta de plus belle, mes yeux devaient avoir cette lueur que j'avais du mal à replacer au fond de moi, mais comment pouvait-il en être autrement ? Ce besoin de l'être humain à toujours devoir prouver aux autres sa force et ses aptitude était pathétique et horripilante, comme si quelqu'un avait plus sa place dans le monde qu'un autre. Fermant les yeux pour ravaler un peu ma haine, je me mis à parler d'une voix relativement posée.

« Je n'avais aucune raison de m'attaquer à toi, tant que tu ne me menaces pas. Marquant une pause, je poursuivis en réponse à ses mots. Les êtres humains sont comme ça, ils veulent toujours se sentir plus fort. »

    Je ne pouvais lui dire le fond de ma pensée, me disant que ça serait peut-être trop cru, trop inhumain, ou peut-être simplement parce-qu'il était trop tôt pour parler de tout cela ; et les hommes semblaient lui avoir fait assez de mal, je n'allais pas en rajouter une couche en déversant ma haine envers mes semblables. Réfléchissant un instant afin de peser chaque mot, je dis en regardant le colosse droit dans les yeux :

« Si je peux ajouter quelque chose, même s'ils te trouvent ''différent'', tu me semble bien plus humain que la plupart d'entre eux. »

    J'étais sincère, moi qui n'étais pourtant pas du genre à prendre en considération les histoire des gens ni à les prendre en pitié ; mais là ce n'était pas de la pitié, c'était simplement une constatation vraie mélanger à la peine des horreurs que pouvaient accomplir les hommes.





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Une rencontre presque irréelle

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