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 Far Horizons

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Kaidan E. Hunter
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MessageSujet: Far Horizons   Dim 3 Jan 2016 - 0:35

Kaidan franchit grâce à son échelle l'escalier démoli menant au troisième étage de l'hôtel. Avec les ascenseurs désactivés et les autres accès condamnés, c'était le seul moyen d'accéder à ce niveau. Exception faite, bien sûr, de la sortie de secours qu'il avait sécurisée, juste au cas où... Lorsque les semelles de ses chaussures prirent contact avec le sol, le jeune homme se retourna pour repousser l'échelle, à distance raisonnable pour qu'il soit le seul à pouvoir la tirer à nouveau pour franchir l'espace détruit, grâce à un crochet. Lorsqu'il avait dû réfléchir au moyen de rendre l'hôtel sûr, une fois que l'épidémie s'était installée et que tout le monde avait déserté, il en était arrivé à cette extrémité. Les escaliers en bois laqué, de prix, et autrefois recouverts d'un épais et moelleux tapis rouge lie de vin, avaient été méthodiquement détruits à la hache. Cela lui avait pris des heures de travail et l'avait laissé épuisé, mais au moins les infectés seraient incapables de franchir la distance. Quant aux pillards, dont il se méfiait comme de la peste, ils mettraient suffisamment de temps à trouver le moyen d'attraper l'échelle pour qu'il puisse trouver une parade... ou fuir.
Sanglant au mieux son sac sur son dos, l'archéologue descendit vers le grand hall. Ses pieds s'enfonçaient dans l'épaisse moquette, ne produisant pas le moindre son. Tout était terriblement silencieux : mis à part lui, il n'y avait pas âme qui vive dans les couloirs. C'en était sinistre, mais il avait fini par s'y faire. Dire qu'il se sentait en sécurité aurait été un abus de langage. Disons qu'il se sentait toujours mieux dans l'hôtel que dehors. Par ailleurs, il n'aimait pas trop s'éloigner... à croire que tout cela l'avait rendu paranoïaque. Ignorant le désordre résultant de la fuite des clients de l'hôtel dans les derniers jours d'occupation, il finit de descendre la volée de marches pour arriver dans le hall. Là, l'écho de ses pas résonna terriblement sur le sol marbré. Des papiers en tout genre traînaient au sol. Des valises oubliées avaient été pillées par ses soins, juste au cas où. Les fenêtres étaient condamnées, des volets métalliques baissés devant chacune d'entre elles. Pour cela, il pouvait remercier un employé zélé, qui avait mis en marche les maigres systèmes de sécurité de l'hôtel lorsque les émeutes avaient éclaté. Son œil clair avisa les entrées scellées, et il obliqua pour se rendre dans un local de service. Il y avait là une petite lucarne, lui permettant tout juste le passage vers l'extérieur. Méthodiquement, il retira les plaques qui en condamnaient l'accès, avant de se glisser dehors. Il avait toujours été très prudent, dès le départ. Il avait fait le tour de l'hôtel pour éviter toute mauvaise surprise, et avait rajouté des systèmes de sécurité maison pour en rajouter. Par exemple, chaque entrée potentielle comportait des canettes et des boîtes de conserve reliées par un câble qui pendait en travers du chemin, et qui feraient du bruit au passage de quelqu'un. À son goût, il restait encore beaucoup à faire cependant.

En basculant au-dehors par la lucarne, il fut accueilli par le désagréable crachin qui sévissait dans la région bien trop souvent à son goût. Le ciel gris déversait les fines gouttelettes sur les rues et les bâtiments, et un petit vent frais et désagréable faisait frissonner. À vrai dire, au bout de quelques minutes, Kaidan serait probablement transi jusqu'aux os, de ce froid humide terriblement désagréable. Mais peu importait. Tout ce qui comptait, c'était de trouver un médecin, quelque part. N'importe où. Il devait bien y en avoir un encore quelque part dans cette ville, il ne pouvait pas en être autrement. Même un vétérinaire, dans le pire des cas... quelqu'un qui saurait quel genre de traitement pourrait soulager Claire. Le jeune homme repensa à sa petite amie, enragée et ligotée sur le lit dans une chambre, qui attendait un traitement. Il ne pouvait pas se résoudre à accepter que la situation pouvait être irréversible. C'était impossible. Comme n'importe quoi, cela se guérirait. Il ne voulait toutefois s'approcher des camps qu'en dernier recours, craignant qu'une fois à l'intérieur on ne le retienne contre sa volonté, sans vouloir lui allouer un médecin qui pourrait venir à son secours, même provisoirement.
Une fois la trappe correctement refermée, l'archéologue rabattit sa capuche sur sa tête, vérifia les sangles de son sac, et partit arpenter les rues. Il avait à la main sa batte de baseball, sa hache à incendie sanglée à un côté de sa ceinture, qui lui battait la cuisse. Un holster contenant un revolver ornait son autre côté, mais c'était plus à des fins dissuasives qu'autre chose. Il ne savait pas tirer... Ce serait une sorte de dernier recours. Une chance pour lui, les rues étaient désertées par tous les fauteurs de troubles... pour le moment, au moins. En l'espace d'une demi-heure, il s'était déjà bien éloigné de son point de départ. Plus le temps passait, et plus il devait ratisser large pour espérer trouver quelqu'un. Pour l'heure, il faisait encore chou blanc... Il allait devoir commencer à vérifier les bâtiments qui l'entouraient, pour trouver une quelconque trace de présence humaine...


Alea jacta est
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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Far Horizons   Jeu 7 Jan 2016 - 20:41


    J'ai dégoté il y a quelques jours ce petit agenda en fouillant dans une papeterie. L'ouvrant ce matin j'y faisais une croix au jour où nous étions ; le 3 janvier 2016. Les semaines passent vite et j'ai pris l'habitude de ne pas perdre le fil des jours, c'est important de savoir où nous en sommes parce-que c'était bien la seule utilisé que pouvait avoir ce petit carnet à présent. Je souris légèrement en me disant que je ne risquais pas d'y noter un quelconque rendez-vous. Me relevant du lit sur lequel j'étais encore allongé je me rend dans la salle de bain de la petite maison dans laquelle j'avais élu domicile le jour du nouvel an. J'étais revenu de la sortie sud de la ville et j'avais l'envie de me poser un peu, rien de mieux pour ça que retourner dans le centre au cas où ma famille arriverait enfin. Me regardant dans la glace fendue je me dis que j'ai plutôt bonne mine ; décidément, ça me réussit vraiment bien tout ça.

    C'est tout sourire que je me rend près des fenêtres pour regarder, comme chaque matin, dans la rue. Voir s'il n'y a pas de trop grand dangers aux alentours ; le centre étant plus fréquenté que les banlieues, mieux vaut rester prudent. Et, comme toujours, il n'y a qu'un ou deux cadavres isolés qui se traînent difficilement. J'hésite quelques secondes entre prendre mon fusil ou la machette que j'ai trouvé à l'extérieur de Seattle, mais j'opte plutôt pour la carabine puis me rend au rez-de-chaussé tout aussi joyeusement et vérifie que les fenêtres sont toujours toutes couvertes des planches en bois. En réalité elles étaient déjà comme ça quand je suis arrivé, j'ai pas eu à faire grand chose, mais bizarrement la maison était vide... tant mieux. Ouvrant le placard qui renfermait le café soluble, j'en mis quelques cuillers dans une tasse et mélangea la poudre avec le fond d'une de mes gourdes ; du café froid, ça n'avait rien d'attirant, mais pour avoir travaillé dans un café chaque jour, j'en avais besoin et je comptais bien profiter de ce qu'il restait dans cette boite, froid ou pas.

    M’asseyant à une chaise de la salle à mangé, je jetais un œil distrait au ''dehors'', mais les rayons du soleil ne semblaient pas passer à travers les planches de bois ; peut-être parce-que l'astre était toujours aux abonnés absents ? Qu'importe, ça ne changeait rien à ma satisfaction de me retrouver enfin seul. J'avais espéré qu'avec tout ça, les gens se fassent plus rares, ou au moins moins sociables, mais c'était peine perdue et j'avais évidemment croisé de nombreuses personnes sur ma route. Mais là, ce calme...

« C'est quoi ça ? »

    Descendant vivement mes jambes que j'avais nonchalamment posé sur la table, je vois que l'ombre que je crois avoir vu passer devant la fenêtre à ma droite, repasse devant celle plus en avant, et au vu de la démarche, ça n'a pas l'air d'être un mort. Pestant, je me dirige prestement dans le salon où j'ai déposé mon arme et lève la sécurité. Braquant le canon contre la porte principale, la seule qui est encore accessible d'en bas, je me dirige à reculons vers les marches, mon but étant de voir par les fenêtres du haut à qui j'ai à faire. Il semble cependant que le sort en ait à nouveau décidé autrement car la clenche de la porte se met à tourner. Changeant mes plans, je bifurques rapidement avant que la personne de l'autre côté et je me retrouve dans le salon, à droite de l'entrée, plaqué contre le mur à attendre. Je retiens mon souffle mais il me semble inévitable que je me fasse repérer, et il est impossible que je me barre sans demander mon reste au vu de toutes mes affaires restées en haut. Reste plus qu'à prier que ce qui vient de perturber ma tranquillité soit une personne seule et non pas un quelconque groupe armé qui a tendance à traîner en ville.





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
J'ai eu ma renaissance.
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Kaidan E. Hunter
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MessageSujet: Re: Far Horizons   Dim 10 Jan 2016 - 0:27

Le temps maussade ne semblait pas parti pour s'améliorer. Le ciel était toujours bouché, et déversait à présent une vraie averse plutôt qu'un simple crachin. Kaidan sentait l'humidité imprégner ses vêtements, le froid s'insinuer jusque dans ses chairs et ses os. La température baissait drastiquement depuis quelques temps, et d'ici peu il y avait de fortes chances pour que la neige arrive. Se chauffer risquait de devenir compliqué. À l'hôtel, le système de chauffage avait fonctionné dans les premiers temps, jusqu'au moment où le réseau électrique avait rendu l'âme pour de bon. Depuis, c'était un vrai casse-tête. Impossible de faire un feu, il n'y avait aucun système adapté à cela, et par ailleurs cela risquait de rameuter des indésirables qui verraient la fumée. Il avait toujours pris soin de laisser tous les rideaux résolument tirés, afin qu'aucune lumière ne soit visible de l'extérieur et que le bâtiment ait tout l'air d'être à l'abandon. Il avait alors dû se résoudre à s'emmitoufler dans des couches impressionnantes de vêtements ou de couvertures, et à isoler les points les plus exposés avec du papier journal. Pour ce qui était de Claire... il l'avait couverte de son mieux avec quelques couches supplémentaires, malgré les accès de rage et de violence que cela lui avait valu.
Passant devant un énième bâtiment, l'archéologue marqua un temps de pause, et leva légèrement la tête vers le toit. Les gouttes d'eau accumulées au bord de sa capuche grossirent encore pour se décrocher soudain et ruisseler sur son manteau. Avisant les fenêtres condamnées, le jeune homme songea qu'il y avait peut-être quelqu'un à l'intérieur. Avec de la chance, quelqu'un qui pourrait l'aider, et surtout qui ne serait pas infecté... C'était le risque qui le guettait. Depuis qu'il fouillait des bâtiments, il était déjà tombé un certain nombre de fois sur des infectés réfugiés à l'intérieur, qui l'avaient attaqué. Il n'avait pas réellement envie de retenter l'expérience, mais il n'avait pas le choix. C'était pour sa petite amie, et il fallait donc qu'il fasse ce qui s'imposait.

Jetant un regard autour de lui pour s'assurer qu'il n'y avait pas de danger déambulant dans la rue à proximité, Kaidan grimpa ensuite les marches qui menaient à la porte d'entrée. Il tendit une main hésitante vers la poignée de porte métallique, un bouton en métal chromé. Prenant une longue inspiration, il serra sa batte de baseball dans sa main droite, avant de poser la gauche sur la poignée. Lentement, il la tourna, sentant le mécanisme coincer. Pendant un moment, il dut jouer en la tournant dans tous les sens, sentant un cliquetis résistant qui se produisait dans la porte. Parfois, il fallait fracturer certaines serrures pour entrer... et d'autres, il devait renoncer. Il était en train de se demander quelle conduite adopter, lorsqu'il entendit enfin un véritable déclic se produire, et une très légère secousse vers l'avant répondre à sa poussée. La porte venait de s'ouvrir, de céder à sa volonté. Bien. Première étape franchie. Il poussa le battant avec une lenteur prudente, le cœur battant. Même  quelqu'un d'impulsif comme lui devait parfois céder à l'angoisse... Et quelques malheureuses expériences lui donnaient une légère appréhension. Mais il n'était pas du genre que l'on pouvait taxer de lâcheté. Résolu, il fit quelques pas à l'intérieur, tendant l'oreille. Tout était silencieux, comme s'il était absolument seul. Cela ne voulait cependant rien dire, et il en avait bien conscience.
S'arrêtant dans le hall, il regarda autour de lui, la batte de baseball fermement tenue à deux mains. Il ne tuait pas, mais il pourrait à défaut assommer un potentiel agresseur...


« Y a quelqu'un ?

C'était sans doute idiot. Mais au moins, infecté ou non, il serait entendu de quiconque serait présent. Et si c'était des malades... cela les ferait sortir de leur cachette. Ils lui fonceraient dessus avec toute la hargne qui leur était possible, avec leur coordination malhabile, et il n'aurait qu'à se précipiter dehors et claquer la porte. Être vif, c'était la clé. Il attendit, jouant à faire tourner la batte de baseball dans ses paumes. Rien. Tout restait calme. Sans être totalement rassuré, il entreprit de faire le tour de la maison, sans chercher spécifiquement à être discret. Il ne voulait pas vraiment perdre de temps, alors... C'était sans doute une erreur, mais même s'il avait passé des mois à rechercher quelqu'un pouvant aider Claire en fouillant des bâtiments, il n'était pas encore devenu un professionnel en la matière... Cela viendrait, avec le temps.
Ce fut lorsqu'il entra dans le salon qu'il se retrouva nez-à-nez avec un type... armé. Il sursauta, surpris, se figeant en remarquant l'arme que l'inconnu tenait. Bon, c'était une situation fâcheuse... Il n'avait pas eu l'occasion de parler à beaucoup de survivants, depuis le début... Souvent, il s'agissait de pillards qu'il apercevait de loin et dont il ne voulait pas se faire remarquer. Les autres à qui il avait eu le loisir de s'adresser n'avaient pas été menaçants, souvent perdus et désorientés. Là... disons qu'il était en très net désavantage. Sa batte ne lui serait pas d'un grand secours face à une arme à feu. Il fit un geste d'apaisement à l'intention de l'homme.


- Doucement... on se calme. Je cherche juste quelqu'un. J'ai besoin d'aide. Je suis pas là pour faire du mal à qui que ce soit. »


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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Far Horizons   Dim 10 Jan 2016 - 18:10


Les secondes m'avaient parut interminables, je sentais mon cœur battre dans mes tympans et je prenais sur moi pour ne pas aller voir directement qui avait pénétré dans la maison pour le menacer de mon fusil. Mais je ne savais rien sur le ou les visiteurs ; peut-être était-ce un fou de la gâchette, ou un groupe contre lequel je ne ferais absolument pas le poids. Piller n'avait jamais été dans mes objectifs, je refuse de m'abaisser à une pratique aussi... humaine ? Parce que c'est la triste réalité, la plupart des gens n'avaient pas hésité une seconde à agresser, piller, et commettre toutes sortes de crimes dès que la situation avait commencé à dégénérer. C'était bien pour ça qu'on en était là, parce-que même dans les pires moments l'être humain n'est pas foutu de mettre son nombrilisme de côté et d'évaluer les stratagèmes qui pourraient être mis en place pour une survie commune ; la solution la plus simple a toujours été la première adoptée. Mais il fallait également que je me rende à l'évidence, une ''survie commune'' ce n'est absolument pas ce que je recherche. Eux ils survivent. Moi, je vis.

Concentrant mon ouïe sur ce qu'il se passait dans l'entrée, je reconnus des bruits de pas et en vint rapidement à la conclusion qu'il n'y avait qu'un seul homme à l'intérieur ; mais rien ne me disait qu'il n'y en avait pas d'autres dehors, ou qui fouillaient d'autres baraques. Quand l'intrus s'adressa au potentiel occupant de l'habitation -en l’occurrence moi- je secouais la tête, toujours autant excédé par ce manque de discrétion. Parce-que la plupart des personnes que j'avais rencontré et avec qui j'étais entré dans une maison faisaient ça, s'annoncer en rentrant. Alors certes, ça faisait sortir les cadavres de leurs cachettes, mais ça pouvait aussi alerter un groupe de personnes qui ne cherchaient pas à faire copain copain avec qui que ce soit. A moins que l'homme soit à la recherche de quelque chose ou quelqu'un en particulier ? Quoi qu'il en soit l'idée était des plus mauvaises et j'avais tendance à être agacé par cette connerie.

J'entendais ses pas dans la maison, d'abord passant dans la cuisine, puis faisant le tour dans la salle à manger. Le temps s'accélérait et le face à face était imminent ; ç'avait toujours un côté légèrement angoissant de ne pas savoir à qui nous avions à faire, surtout que je n'avais aucunement l'intention de mourir ici, ni maintenant. Je m'étais demandé une fraction de seconde si je n'avais pas mieux fait de le suivre à travers la maison et le surprendre pendant qu'il avait le dos tourné, mais il semblait qu'il était déjà trop tard pour choisir cette option étant donné que je voyais déjà son ombre dans l'encadrement de la porte reliant la salle à manger au salon où je me trouvais. Quand il arrivera, nous nous retrouveront face à face, chacun d'un côté, restait plus qu'à savoir à quel point il s'était armé pour son expédition.

Et la réponse ne se fit pas attendre. J'avais déjà ma carabine braquée sur la position potentielle où il entrerait et ça ne manqua pas. C'était un homme relativement grand, peut-être un peu plus que moi, armé d'une simple batte de baseball. Il avait l'air un peu surpris et inquiet du canon qui était braqué sur lui. Il s'attendait à quoi ? A se faire accueillir à bras ouvert avec un verre de bourbon ? Les seuls bras ouverts qu'il aurait la chance de croiser étaient ceux des macchabées ; je faillis pouffer à cette idée mais me retins, souhaitant garder toute légitimité. Quand il se mit à parler et à expliquer sa venue, je ne pu m'empêcher d'arquer un sourcil. Après quelques secondes de flottement, je répondis.

« Vous ne voulez de mal à personne mais qu'est-ce qui vous fait dire que c'est réciproque ? »

Les gens étaient comme ça, ils s'empressaient d'annoncer leurs bonnes intentions sans se demander ne serait-ce qu'une seconde si la personne qu'ils avaient en face d'eux n'était pas le plus grand danger. Et de toute façon, les mots n'étaient que des mots, rien ne garantissait qu'il disait vrai. Le fusil toujours orienté dans sa direction, je lui lançais d'une voix acerbe.

« Vos petits copains qui attendent sûrement dehors, ils sont inoffensifs aussi j'imagine ? »

Les gens qui étaient restés seuls jusqu'à présent se faisaient rares et j'avais vu assez de choses pour le savoir, alors je préférais être sur ; même si rien ne me garantissait qu'il me dise la vérité, mieux valait être celui qui pose les questions pour le moment.





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Kaidan E. Hunter
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MessageSujet: Re: Far Horizons   Sam 23 Jan 2016 - 12:01

Kaidan resta immobile, sous la menace du fusil qui était toujours braqué sur sa poitrine. Il n'avait pas l'intention de donner à ce type une occasion de tirer. Il n'était pas idiot, il savait bien qu'il pouvait se retrouver face à quelqu'un qui ne serait pas amical, qui serait un véritable danger pour lui. Et pourtant, il avait conservé cette volonté d'approche directe, dans l'espoir de tomber sur quelqu'un qui pourrait aider Claire. Cela pourrait lui coûter cher, mais il se devait d'essayer. Il n'avait pas rencontré tellement de gens, depuis que la ville s'était transformée en désert urbain mortel. Sa main libre se crispa au point de faire blanchir les jointures de ses doigts lorsque l'inconnu lui fit valoir que rien ne lui disait qu'un inconnu n'aurait pas d'intentions hostiles à son égard. Il en avait bien conscience, et qu'on le prenne pour un abruti ne lui plaisait pas. Il sentit son sang commencer à bouillir dans ses veines. Il n'était pas idiot, simplement désespéré. Chaque nouvelle journée semblait l'éloigner un peu plus de son but. Pour l'heure, il ne voyait pas encore la vérité en face. Il n'en avait pas encore assez vu, malgré ses pérégrinations dans les rues hantées.
Son regard bleu se posa un instant sur le fusil. L'archéologue avait beau savoir qu'il risquait sa peau, il n'était pas dit qu'il ne la vendrait pas chèrement au moment venu. Sa petite amie n'avait plus que lui pour la sortir de là, et il ne comptait pas abandonner. Il pourrait sans doute le prendre par surprise et détourner le canon de son arme avant qu'il tire. Et au corps-à-corps il pourrait se débrouiller... Malgré ces réflexions qui tournaient dans sa tête, il se força à l'immobilité. Il tourna lentement la tête vers la porte et les fenêtres obstruées, avant de reporter à nouveau son attention sur l'inconnu.


« Y a que la pluie dehors. Rien de plus.


Sincèrement, si le jeune homme avait été accompagné, il lui aurait suffi d'un seul cri, d'un sifflement pour que ses complices rappliquent. Lui-même avait vu la façon d'agir des pillards, et il aurait été fortement étonné que l'un d'eux soit piégé de la sorte sans que les autres réagissent. Il fallait juste espérer que le type arrive à la même conclusion. Kaidan poussa un soupir.

- Ecoutez, je suis avec quelqu'un, c'est vrai, mais elle n'est pas ici. Elle est malade, et a besoin d'un docteur. J'ai beau chercher, pas moyen d'en trouver un dans ce qui reste de cette foutue ville... et elle n'est pas assez forte pour voyager jusqu'à un camp. Je cherche juste un médecin, ou quelqu'un qui s'y connaisse assez dans le médical...

Il n'avait pas l'intention d'en dire plus. Jouer franc-jeu, oui, mais pas sur tout. Il était suffisamment prudent pour ne pas vouloir risquer d'être suivi, ou mettre en danger Claire. Il avait vu que certains survivants abattaient les infectés sans hésiter, et pour lui c'était hors de question. Pour lui, ces gens pouvaient encore être sauvés. Devaient être sauvés. Il fallait simplement trouver comment. Il était toutefois hors de question de dire à cet inconnu quel mal affectait sa petite amie. Pas avant de savoir s'il était médecin, ou d'avoir mis la main sur quelqu'un qui pourrait l'aider. Le topo serait fait le plus tard possible, il ne voulait prendre aucun risque.
Le fait que la situation s'enlise commençait à lui peser. Il fallait que quelque chose se passe enfin, en bien ou en mal. Il ne pouvait pas juste rester là, une arme braquée sur lui, à dévisager un inconnu en attendant que les choses se passent. Même si le temps ne lui manquait pas, sur le papier, ce n'était pas le sentiment qu'il avait. Il reprit finalement la parole.


- Ce serait possible de baisser cette arme ? J'ai pas l'intention de faire quoi que ce soit. Si vous ne connaissez personne qui peut m'aider... je m'en irai. De toute façon, là dehors tout seul, des infectés finiront bien par avoir ma peau. Ca économisera une balle, et évitera que le bruit les attire... »

Kaidan joignit un geste à la parole, déposant lentement sa batte de baseball sur une table proche. Un geste de bonne volonté. De toute façon, elle ne lui serait d'aucune utilité tant qu'il était tenue en joue. Au mieux, il aurait pu la lui lancer à la tête, en supposant qu'il soit assez rapide pour le faire avant de prendre une balle en pleine poitrine. Il ne pouvait définitivement pas faire mieux, la balle était dans le camp de l'inconnu. Avec de la chance, il reconnaîtrait le bien-fondé des arguments de l'archéologue. Dans le cas contraire, il se tenait prêt à réagir, et il ne laisserait rien tomber tant qu'il ne serait pas étendu raide mort.


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MessageSujet: Re: Far Horizons   Dim 24 Jan 2016 - 14:33


    L'ambiance était tendue et je remarquais parfaitement que l'homme en face de moi était déjà excédé par mes propos, ses yeux semblaient garder une certaine colère mais il m'était impossible pour le moment d'affirmer que c'était à cause de moi ou simplement parce-qu'il était paniqué à l'idée de s'être fait prendre. Quand il répondit à ma question concernant ses potentiels amis qui attendaient à l'extérieur, je ne pu m'empêcher de hausser un sourcil inquisiteur ; ''que la pluie'', il se foutait de moi ou quoi ? J'avais pas besoin de cette remarque sans queue ni tête pour m'apercevoir qu'il était trempé ; ce qui pouvait d'ailleurs être un potentiel avantage pour moi en cas d'attaque au vu du carrelage sur lequel ses chaussures ne manqueraient pas de glisser s'il se précipitait un peu trop rapidement.

    Quoi qu'il en soit, j'étais à la fois exaspéré et amusé par son fin air d'observateur. Alors certes, il se pouvait qu'il soit seul et qu'aucun groupe armé n'attende là dehors, mais j'avais le plus grand mal à m'en persuader ; avec les temps qui couraient, mieux valait se méfier de tout. De toute façon, j'étais déjà ainsi avant, ce n'était pas maintenant que ça allait changer. Après avoir lâché un soupire, le brun se décide à parler et à annoncer la raison de sa présence ici ; y en a qui cherchent de la bouffe, un endroit où s'abriter, ou des armes, lui il cherche un médecin, soit. Elle a quoi cette femme dont il parle ? Je me souviens avoir toujours trouvé ça réellement dramatique que des gens puissent mourir de la grippe, mais il ne fallait pas oublier que nous étions en quelques sortes revenus à l'âge de pierre en ce qui concerne la médecine, malgré les quelques armoires à pharmacie encore bien garnies. J'hésitais un instant à lui dire que j'étais médecin, simplement pour savoir de quoi il s'agissait, une sorte de curiosité malsaine, mais je sentais qu'il y avait quelque chose derrière tout ça, quelque chose qu'il ne voulait pas dire. M'adossant contre le mur, le canon de ma carabine toujours relevé, je lui réponds d'un air presque las.

« Si elle est effectivement trop faible, pourquoi vous prenez pas une bagnole pour l'emmener dans un de ces camps de réfugiés dont on entend sans arrêt parler ? »

    Parce-que si j'avais été à sa place, ç'aurait peut-être été la première chose à laquelle j'aurai pensé. Bien que je n'ai aucune envie de me fondre dans toute cette masse d'humain larmoyants sur le sort qui leur avait été réservé, si une personne a qui je tenais énormément venait à tomber malade j'aurai certainement cherché un médecin moi aussi ; mais ce n'était pas le cas et j'étais à ce moment là bien heureux de me retrouver seul. Que pouvait-elle bien avoir ? Peut-être que cette femme avait déjà une grave maladie avant, quelque chose de difficilement soignable qu'aucun médicament qu'on trouvait dans les pharmacie ne suffisait à apaiser ? Ma curiosité monta d'un cran. C'est à ce moment là que l'homme ouvrit à nouveau la bouche, perturbé dans ma réflexion, je ne pu m'empêcher de lui lancer un regard agacé. Alors qu'il posait sa batte de baseball sur la table, j'en fis de même, remettant la sécurité de ma carabine en le gardant toutefois en main mais cette fois-ci tenu vers le sol. Il n'avait pas tord, c'est pas avec une simple batte qu'on peut survivre là dehors, ni avec cette manie idiote de rentrer dans n'importe quelle baraque en s'annonçant. Ne me servant que rarement de mon arme, mon nombre de munitions était encore relativement raisonnable et je n'étais pas à une balle près, mais je n'étais pas un tueur ; pas tant que la personne en face ne tentait pas à porter atteindre à ma vie. Je préférais largement les laisser vivre dans ce qu'ils appelaient ''la fin du monde'', c'était un retour bien plus juste à leur arrogance que la mort. Faisant un signe du menton vers la chaise qui était à côté de lui, je m'assis sur le fauteuil à ma droite, déposant la carabine contre l'accoudoir. Mon regard toujours vissé sur le brun, je me décide de poursuivre la conversation concernant la malade.

« Elle est malade depuis quand ? Peut-être que si vous m'en disiez plus je trouverais quelqu'un pour aider. »

    J'avais parlé d'un ton calme, faisant légèrement descendre la tension ambiante mais s'il était évident qu'elle ne s'était pas totalement estompée. Calant mes coudes sur les accoudoirs, j'avais croisé les mains, attendant une réponse de mon visiteur.





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MessageSujet: Re: Far Horizons   Lun 1 Fév 2016 - 22:56

Kaidan avait l'impression que des fourmis lui parcouraient le corps. L'agacement montait de plus en plus, exacerbé par l'attente. L'autre continuait à le dévisager en le tenant en joue, même s'il avait fait montre de ses bonnes intentions. Il avait subitement l'impression d'être un animal en cage, retenu contre son gré. Et il avait horreur de ça. Certes, il avait besoin de cet homme, si jamais il connaissait quelqu'un qui pouvait aider Claire. C'était bien la seule raison qui le poussait à prendre son mal en patience. Mais cette impression de perdre un temps précieux lui était insupportable. Machinalement, il se mit à serrer et desserrer les poings, comme si ce mouvement pouvait l'aider à s'apaiser.
Il serra les dents pour ne pas laisser un rictus irrité se peindre sur ses traits lorsque l'autre s'adossa à un mur, visiblement à l'aise de l'avantage offert par son arme à feu. C'était dans ce genre de moments qu'il regrettait de ne pas avoir appris à tirer, sans quoi il lui aurait fait ravaler cet air qui l'horripilait. Intérieurement, il se força au calme... autant que possible. Il devait prendre son mal en patience et répondre aux questions s'il voulait avoir une chance d'un retour positif. Et ce, même s'il avait cette sensation de s'être mis en danger et de devoir s'en sortir. Peu lui importaient les risques si c'était pour sa petite amie.


« Vu son état, je ne peux pas la déplacer. Elle a besoin de rester allongée, et je crois que le voyage pourrait la tuer.

L'archéologue avait secoué la tête en répondant. À vrai dire, il pensait surtout au fait qu'il risquait fort de se faire agresser et mordre, s'il tentait une telle manœuvre avec Claire... Cette maladie qu'elle avait, même s'il refusait de voir cela comme un mal fatal et incurable... il savait toutefois ce qui la frappait, et qu'elle était dangereuse pour lui. Il mentait pour une très bonne raison : il ne savait pas de quel côté cet homme se plaçait. Et s'il avouait qu'il s'agissait de la maladie tant redoutée, ce pseudo dérivé de la rage qui transformait les malades en cannibales agressifs, il craignait qu'on ne lui refuse une aide éventuelle. Il serait toujours temps d'avouer la chose au dernier moment... Il était désespéré, après tout. Aux abois. Plus le temps passait, plus ses chances s'amenuisaient. Et pourtant, il refusait de laisser tomber.
Finalement, le type finit par cesser de le menacer, et le jeune homme se détendit imperceptiblement. Au moins, il avait légèrement moins de pression. Mais il continuait à ressentir cette urgence. La ville était vaste, et il y avait de moins en moins de gens sains à qui s'adresser... Les pillards étaient évidemment exclus, et les autres se trouvaient pour la plupart dans les camps de réfugiés... autant dire que chaque opportunité qui s'avérait infructueuse risquait de l'éloigner un peu plus du providentiel médecin. Après une hésitation lorsqu'il fut invité à s'asseoir, il consentit finalement à s'installer sur la chaise, non sans réticence. Il allait devoir continuer à déguiser la vérité.


- Ca fait déjà quelques semaines que son état s'aggrave. Elle ne s'alimente presque plus, elle est dans un état second, elle délire... On dirait une grosse grippe.

Kaidan ne voulait même pas parler de rage. Cela aurait tout de suite pu mettre son interlocuteur sur la piste. Après tout, c'était ce qui avait été annoncé par les autorités sanitaires, au début de tout cela... Il n'avait au moins pas besoin de jouer la comédie quant au souci qu'il se faisait pour sa compagne. Peut-être qu'une partie de son esprit avait déjà compris la réalité des choses, mais la grande majorité se refusait à accepter l'évidence. Il se battrait encore et encore, jusqu'à se retrouver pour de bon face au mur. Avec un soupir, il se passa la main dans les cheveux. Un petit courant d'air humide lui fit courir un frisson le long de la colonne vertébrale.

- Vous connaissez quelqu'un qui travaille dans le médical ? Qui pourrait l'aider ? Soyez franc. »

Son regard bleu se posa sur l'homme, un réel espoir y brillant. Il se devait d'essayer, encore et encore. Vu l'état de Claire, il ne pouvait faire son difficile. Il tâchait simplement de se montrer prudent, par rapport à l'identité de celui qu'il amènerait jusqu'à sa planque, sa petite forteresse si on pouvait appeler ainsi l'hôtel qu'il avait tâché de rendre plus sûr... Cette fois, il espérait. L'inconnu ne l'avait pas encore envoyé paître. Alors, peut-être que...


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