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 Two souls adrift ... (p.v. Selene)

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Lun 28 Déc 2015 - 21:04

Avait-elle bon cœur ? Elle en doutait. Son cœur était écorché, exsangue, gonflé de tristesse. Pourquoi au juste ? Elle ne savait même pas. Pourtant, elle s’était toujours sentie si différente, si distante. Avant, elle était une adolescente débauchée pseudo-épicurienne et désormais, elle était une artiste glacée. Elle aimait tellement qu’elle ne savait plus aimer. Ses émotions s’agrippaient à ceux qui l’entouraient comme les tentacules d’un kraken mais du même coup, elle se sentait toujours plus renfermée ; et quand l’amour cherchait à lui tendre les bras, elle se sentait trop souillée pour le mériter. Une catin et une meurtrière. C’est ainsi qu’elle avait envie de se décrire. Selene laissa la main de Bobby effleurer la sienne, chaude et réconfortante. Elle craignait qu’il ne se brûle sur sa peau si indigne de lui mais au contraire, il chercha à l’amuser.

La musicienne eut un petit rire cristallin, une vague de chaleur inondant doucement ses entrailles. Cet homme était si gentil qu’il lui faisait oublier que derrière les vitres couvertes de pluie, l’apocalypse rôdait dans les rues. Les ténèbres épaisses et la lune sinistre s’effaçaient devant la bonté du géant. Il était même « trop » dévoué, cela lui causerait préjudice un jour, mais elle n’avait pas le cœur à lui dire.

- Oui mangeons, acquiesça-t-elle avec un demi-sourire, et ne t’en fais pas, c’était une image quand je disais que les femmes devraient se battre pour toi.

Son assiette était presque froide, mais elle n’avait le courage d’aller la réchauffer. Après ce qu’elle avait vécu aujourd’hui, elle était bien heureuse d’avaler quelque chose de consistant. Le repas se passa ponctué par les bruits de couverts et de mastications. De quoi pouvaient-ils parler de toute façon ? Évoquer le passer serait trop douloureux, elle avait envie de se vider la tête. Quand Bobby rota, elle sursauta et le considéra avec des yeux ronds. Certes, certes, il était bon enfant et sa maladresse était attendrissante, mais ça restait assez dégoûtant.

- Si Juliane le dit, maronna-t-elle en essayant de ne pas paraître trop méchante.

L’homme ne l’avait visiblement pas mal pris – ou pas entendu – car il se lançait déjà dans une « surprise ». Selene n’eut pas le temps de lui demander de quoi il retournait que déjà, Bobby avait disparu. Désemparée, elle demeura figée sur sa chaise et quand il revint, il s’accorda le temps de débarrasser la table avant de lui adresser la parole. Qu’elle joue encore ? A dire vrai, ça la démangeait. Son piano droit lui manquait. Il était bas de gamme, avait un son médiocre et ça faisait des mois qu’elle économisait pour s’offrir un instrument digne de ce nom pour le remplacer. Néanmoins aujourd’hui, les notes maigrelettes de son piano sans coffre avaient une signification : elles rappelaient la maison. Assise devant le clavier qui ne lui appartenait pas, elle entama immédiatement la version deux mains de Progenies of the great apocalypse, originellement un morceau du groupe de black metal symphonique Dimmu Borgir. Toutes ses peurs, les horreurs vécues et ses peines refoulées jaillissaient dans les nuances qu’elle prêtait à son interprétation. Les chocs percussifs menaçaient de fissurer le bois avant d’être suivis par des cascades de notes pianissimo. Quand elle eut terminé, il lui fallut de longues secondes avant de redescendre sur terre. La musique l’emportait toujours si loin…

Bobby l’attendait avec un couvre-lit parfumé. Elle fut touchée par cette attention. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas eu l’occasion de rencontrer d’homme – ou de personne tout simplement – aussi attentive. Une main gracile contre son cœur, elle le remercia avant de se pencher sur sa question. Un sourcil se souleva et ses lèvres s’étirèrent malicieusement quand elle lui dit :

- Et bien… soit notre généreux propriétaire est un sportif pratiquant le pole dance, soit il a l’habitude de recevoir des… enfin tu as déjà vu ça non ? Les stip tease ? Les femmes qui dansent nues ? Tout ça…

Une pensée fugace, érotique et comique, lui traversa l’esprit : elle s’imagina faire démonstration de l’usage qu’on pouvait faire de cette installation devant un Robert émoustillé et écarlate. Selene rit pour elle-même quand son compagnon s’éclipsa, intimidée, et rougit de sa propre bêtise. Les draps l’attendaient oui et c’est seulement à présent qu’elle réalisait être épuisée.

Elle se glissa dans le lit en sous-vêtements, plus mince que d’ordinaire, plus pâle que d’ordinaire, et ferma ses yeux bleus. Les cauchemars l’attendaient, tapis dans un coin de sa tête, tissés par les images atroces imprimées dans son subconscient. Un patchwork d’horreur, l’enveloppant, glacée et sans couleur. Parfois, seule lueur d’espoir, il lui semblait entendre une voix chaleureuse. Elle s’y raccrochait, comme une enfant terrifiée, une enfant sans défense…

Quand elle s’était réveillée, la lumière du jour était grise. Sans bruit, elle s’était habillé d’un jean, un bustier, et avait rassemblé ses affaires. Sans scrupule, elle embarqua aussi une écharpe, des gants et deux chemises piqués dans les armoires. Elle avait mal dormi et n’avait pas faim. Son teint était d’une blancheur inquiétante, mais elle ignora royalement son reflet. Bobby lui avait fait don d’un couteau de survie avec briquet pour remplacer son arme blanche improvisée. Elle l’avait remercié d’un sourire doux et d’un effleurement sur son épaule.

Il y avait une boutique de l’autre côté de la rue. Quitte à être si proche, il avait été convenu d’y faire un tour avant de prendre le chemin du refuge de Ziggy. Equipée pour résister à la fraicheur matinale du mois de novembre, Selene avait rangé son nouvel utile dans une poche de son manteau et coincé son block 17 à l’arrière de son jean. Elle avait même pris soin de changer de chargeur : il ne restait qu’une balle dans l’autre, mieux valait ne pas être surprise. Question de bon sens.

La musicienne et Bobby avaient discrètement quitté l’appartement qui avait été leur nid pour une nuit. La rue était déserte pour l’instant, plongée dans un silence givré. Aux aguets, l’étudiante foula l’asphalte sans se rendre compte qu’un être bien vivant avait les yeux posés sur leur duo. La boutique qu’ils visaient s’appelait « Daphney’s ». La porte était entrouverte, va savoir ce qui pouvait se cacher à l’intérieur.

- Tu es sûr de vouloir y aller ? On n’est pas obligés de se balader avec une armoire sur le dos au pire… je t’avoue que je me fiche un peu d’avoir des fringues variés.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Mar 29 Déc 2015 - 9:05

La nuit fut qu’une succession de chants apaisants entrecouper par des plages de sommeil tout aussi léger qu’agiter.  Il aurait aimé entrer dans la chambre, s’assoir près du lit de Sélène et de lui tenir la main. Juste pour permettre à l’ange d’albâtre de chasser les visions cauchemardesques qui l’assaillaient dans son sommeil. Pour laisser un souffle de béatitude l’envelopper et détendre les traits merveilleux et ciseler avec soin de son visage. De laisser l’âme de la musicienne le temps de se reconstruire et à son cœur de retrouver un rythme normal et serein.  À part bien sûr les anges qu’ils l’avaient quitté trop tôt, Bobby n’avait osé que faire cette action si humaine et remplis de compassion qu’à une seule personne. Juliane avait été la seule personne dans ce bas monde qui avait eu la chance d’avoir cette vigile musicale près d’elle. La gêne retint alors le mastodonte difforme, n’utilisant que la portée de son don pour rassuré la douce apparition. Le chant tendre, rassurant et presque surnaturel de l’homme ayant une apparence repoussante s’éleva de son cœur et même de son âme. C’était le seul présent qu’il pouvait offrir à la dormeuse si près mais aussi si loin de lui.

Le matin venu, Robert donna un couteau  à l’ange déchu qu’il avait découvert dans le magasin la veille.  Elle récompensa le monstre de foire d’un sourire tendre et d’un doigt gracile sur son épaule massive. Robert en fut estomaquer, mais il n’eut pas le regard inquisiteur ni la mâchoire tombante.  Maintenant, grâce aux efforts de Juliane et maintenant que Sélène s’efforçait de le rendre à l’aise, le géant déformé commençait à prendre goût au contact humain. Souriant de toutes ses dents mal aligné, le colosse suivit la silhouette frêle de la musicienne hors de leurs refuge et se retrouvèrent dans la rue. Tout autour de l’étrange duo, des voitures emboutis, des devantures de magasins défoncés et des détritus s’offraient à leurs regards médusés. Sans savoir le pourquoi, Robert s’approcha avec douceur de Sélène. Comme pour permettre à l’aura de gentillesse de l’être divin de se rapprocher de la protection offerte par l’amas de muscles disproportionner. La voix mélodieuse, quoique légèrement inquiète, caressa l’ouïe de la bête aussi surement que le vent  soufflement agréablement dans les feuilles d’un chêne.  Elle demandait si c’était encore une bonne idée de vérifier le magasin. Une main rugueuse enserra le manche de la hache qui reposait sur l’épaule massive, Robert tourna  son horrible faciès vers l’ange et lui fit un sourire. Un sourire rassurant, remplis d’une bonté qui remplaçait à merveille le soleil déficient de ce jour automnale, se posa sur les lèvres exsangues du géant. Sans comprendre le pourquoi, la main libre de Robert saisit tendrement celle de l’artiste. Pour lui apporter son soutien, un réconfort, partager une chaleur humaine et surtout démontrant un acte de foi. La bête de foire avait foi en la jeune femme et maintenant qu’il ne tremblait plus en sa présence équivalait à tous les discours du monde.  La voix rauque, mais doucereuse, de Bobby répondit aux inquiétudes de Sélène.

Robert- C’est écrit dans la vitrine que les manteaux d’hiver sont là… Euh… Je ne veux pas que toi ou Jill ayez froid cet hiver… Euh… Je ne veux pas que tu sois malade.


Juste par ces mots dotés d’une simplicité presque enfantine, le mastodonte venait de confirmer que les deux anges étaient d’une importance grandiose pour lui. Essayant de faire sourire l’ange à la peau d’albâtre, le géant essaya de faire un trait d’esprit.

Robert- Tu ne veux pas me voir en garde-malade… Euh… J’ai de la misère à lire les mots compliquer des médicaments… Et je ne voudrais pas porter des tenues d’infirmières même pour toi.


Un rire pur, presque magique dans ce paysage désolé et chaotique, s’échappa quelque peu de la gorge inhumaine de l’homme. Ne voulant pas rire aux éclats, Robert essaya de sceller ses lèvres. Mais ses épaules prouvaient hors de tout doute son hilarité en tressautant.  Un regard bleuté, comme un ciel pur d’été, se posa de nouveau sur les traits harmonieux de la musicienne.  Un regard d’une gentillesse palpable et d’une humanité des plus scintillantes. Laissant la main douce et soyeuse de Sélène, presque à contrecœur, le colosse tapota sa ceinture à outils.

Robert- J’ai des sacs à poubelles ultra forts. On prend ce qu’on a besoin et on rejoint la boutique de Ziggy… Euh…  Ils vont bien j’en suis sur… Euh… Merci d’avoir resté avec moi Sélène. Je serais perdu sans toi.

Poussant la porte entrebâillée, une clochette de cuivre résonna gaiment.  Le colosse serre sa dentition répugnante. Le mastodonte écouta attentivement et aucun autre son ne perturba la boutique silencieuse. Pas de gémissement ni de pas trainant pouvant trahir la présence d’être à l’appétit inhumaine. Inspectant les étagères et les présentoirs saccagés, Bobby resta près de l’ange à la peau calcite pour la préserver du moindre mal. Laissant l’air s’expulser de ses poumons, la bête de foire sortis un sac de plastique grand format et pointa les vêtements pêle-mêle disposer ici et là.

Robert- Euh… Il n’y a pas de méchants ici. On reste ensemble? Prend ce que tu as besoin et moi j’en prends pour Juliane… Euh… Elle a la même taille que toi, donc je prends quoi au juste?

Et alors le magasinage post-apocalypse commença. La grande majorité des vêtements avaient été dérobé lors des premiers jours d’émeutes, mais en ratissant avec ardeur, le duo mal assortis trouva de quoi remplir le sac. Un chandail vert attira le regard de l’homme et se rappelant que c’était la couleur favorite de son amie, il prit le vêtement et le plaça dans le sac. Près d’un présentoir à bijoux, le colosse en saisit trois boites et les enfouis dans la poches de son manteau de cuir. Rendu dans la rangée des sous-vêtements féminins, Robert rougit violemment.  Tendant une main hésitante vers les dessus, il laissa courir son index. C’était la première fois que Robert  touchait de la soie de sa vie et il trouva des similitudes avec la peau de Juliane ainsi que celle de Sélène. En parlant du loup, celui-ci montra sa queue. L’ange à la peau d’albâtre s’approcha de Bobby et celui-ci replaça en vitesse sa main sur le long de son corps. Son visage écarlate affichait la mine déconfite d’un écolier pris en faute par sa maitresse. Essayant de reprendre un semblant de contenance, ce qui devait être des plus hilarants pour la jeune femme, le colosse passa une main sur ses cheveux châtains mal coupé.

Robert- EUH… Je crois qu’on devrait en prendre aussi, mais je ne sais pas quoi emmener…

Souriant bêtement, il écouta les consignes de celle qui était si gentille avec lui. Quand le sac fut remplis, Robert le doubla et en ferma l’extrémité avec du ruban gris. Avec l’aide de ce même ruban, le mineur fixa le trésor de tissus à son sac à dos. Laissant apparaître un sourire encourageant et s’apprêta à dire quelque chose. Naturellement le sort prenait un malin plaisirs à s’acharner sur les survivants de tout poil de l’apocalypse et le duo n’était pas l’exception à la règle.

La clochette de la porte s’agita joyeusement et une ombre chancelante s’engouffra dans la boutique. Elle courait vers le fond de la pièce et l’homme remarqua les formes boulottes d’une femme d’une cinquantaine d’année. Celle-ci portait un tailleur qui avait connu des jours meilleurs. La dame saignait d’une demi-douzaine de morsures dispersées sur l’ensemble de son corps. Plusieurs formes maladroites se heurtèrent alors sur la façade du magasin et  la clochette sonna de nouveau. Mais cette fois c’était à répétition et la mort venait essayer de mordre dans les rabais de la semaine. Bobby serra ses dents à s’en faire éclater l’émail et se prépara à intercepter les morts-vivants. La femme, voyant des gens à peu près normales, se rua vers eux.  Elle espéra avoir de l’aide. Robert se décala pour la laisser passer et frappa avec rage et une force phénoménale un ouvrier de la construction zombifier depuis le tout début. Un coup latéral au niveau de la tête qui vit virevolter cette dernière dans le rayon des chaussures.  Jetant un coup d’œil vers l’ange qui l’accompagnait, le colosse dit alors avec un calme et un apaisement des plus surprenants.

Robert- Pas un des méchants qui mordent ne va te faire du mal Sélène…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Mar 29 Déc 2015 - 18:05




Cette journée avait commencé comme toutes les autres journées depuis que l’épidémie avait vraiment pris de l’ampleur et que les gouvernements étaient tombés. Harriet s’était réveillée dans le noir, dans son propre lit qui n’était plus un lieu de paresse et de farniente, mais simplement un nid de draps et de coussins dans lequel elle s’enfouissait pour dormir, et oublier que le monde était en train de s’effondrer. Elle n’avait jamais autant aimé dormir. Quand on dort, on ne pense pas, on n’est qu’une machine à rêve, on oublie. Et c’était cela qu’Harry cherchait dans ce terrier composé de tissus et de duvet. L’oubli. Elle s’était donc réveillée, puis levée. Elle avait enfilé un short en toile pas encore trop sale, une chemise en flanelle noire, et des chaussures de marche surmontées de grosses chaussettes. Elle avait prévu d’aller dans un quartier de chantiers récupérer des matériaux pour se barricader plus aisément et plus efficacement. Elle s’assit sur une chaise et attrapa deux biscottes complètes qu’elle posa directement sur les genoux, sa table étant depuis longtemps contre une fenêtre pour éviter de laisser passer la lumière depuis l’intérieur vers l’extérieur. Elle mit du miel dessus, et les mangea comme ça, en essayant de récupérer un maximum les miettes qui ne manquaient pas de tomber et de piquer ses jambes. Puis elle essuya ses doigts collants sur le bois de la chaise, se leva, et fit quelques pas pour arriver à l’évier. Elle fit couler un peu d’eau froide qu’elle recueillit dans ses mains et s’en aspergea le visage, et soupira, pensant que le temps où elle pouvait mettre des crèmes venant de partout dans le monde était bien loin. Elle essuya son faciès dégoulinant avec une serviette rapée et un peu rèche, et mit un coup de brosse rapide dans ses cheveux. C’est pas parce que c’est la fin du monde que je dois avoir une seule grosse dreadlock sur la tête.
Ce n’est qu’alors qu’elle attrapait son sac à dos qu’elle vit le mince filet de sang qui coulait à l’intérieur de sa cuisse. Après un instant de surprise, et même presque de panique, elle réalisa ce qui se passait. Depuis que les choses étaient  comme cela, elle n’avait pas eu ses règles, sûrement à cause du stress. Mais elles étaient revenues à présent, quand Harry les aurait bien oubliées. Elle jura à plusieurs reprises puis réfléchit un instant. Cela l’obligeait à changer le but de sa journée. Les pharmacies du quartier étaient pour la plupart fermées soit complètement détruites. Elle devrait s’aventurer un peu plus loin.
Elle reposa son sac et pris le temps de déchirer l’un de ses serviettes éponge et d’en placer un morceau à l’endroit opportun, puis de rincer rapidement sa cuisse. Ça ne camouflerait pas totalement l’odeur du sang frais mais c’était plus prudent. Elle détestait être une femme, parfois. Ça compliquait quand même carrément la vie, même maintenant que la société vacillait au bord du gouffre. Après quelques jurons de plus, ayant récupéré son sac et ses armes, elle dégageait sa porte et passait la tête pour vérifier qu’il n’y avait aucun infecté dans les parages. E n sortant de l’immeuble, elle s’aperçut dans le hall d’entrée que le cadavre qui s’y était trouvé n’était plus là. Elle fit un moue surprise et sortit néanmoins dans la rue. Le soleil l’aveugla. Il faisait un peu trop beau pour une fin du monde. Un peu trop doux aussi. En maugréant, elle s’élança d’un pas rapide pour remonter la rue vers l’avenue qu’elle croisait. Elle aperçut de loin quelques infectés mais n’y prêta pas attention. Elle se déplaçait le plus discrètement possible pour ne pas attirer leur attention, et dût faire plusieurs détours par l’intérieur de bâtiments où ses pas soulevaient des nuages de poussière. Elle se retrouva bientôt le visage assombri par la crasse qui la recouvrait, mais cela ne l’agaça pas, au contraire. La poussière et la suie contribuaient à camoufler son odeur corporelle, et aujourd’hui plus que jamais elle en avait besoin. Qui plus est, elle était d’une humeur exécrable.
Finalement, après plus d’une demie heure de marche, se profila dans son champ de vision l’image d’une pharmacie donc la vitrine avait été brisée mais dont le contenu ne semblait pas particulièrement touché. Elle traversa la rue en se baissant au ras du sol, accroupie, presque à quatre pattes, et pénétra dans la boutique par la vitrine inexistante, prenant garde à ne pas se couper.

Une fois son larcin accomplit, Harry fourra les deux boites dans son sac à dos qu’elle remit immédiatement sur ses épaules. Elle sentait le contact métallique et tiède de son arme contre son dos, et cela la rassurait. Elle sortit de l’échoppe et, du coin de l’œil, vit deux personnes, manifestement pas encore infectées, entrer dans un magasin non loin. La tentation d’aller essayer de nouer le contact était forte. Elle n’avait jamais été très sociable, mais elle aurait bien voulu parler à des gens avant de crever. Parce qu’elle allait très probablement crever, à un moment. Elle n’avait pas les compétences pour survivre très longtemps. Elle hésita pendant un long moment. Mais ce fut la vision d’un groupe de rôdeur qui se rapprochaient en suivant une femme manifestement déjà bien amochée. Elle  se dirigeait vers la boutique. Harry grogna, et s’élança vers le magasin dont elle avait repéré la porte de derrière. Elle n’avait aucun moyen d’être sûre que la femme allait entrer dans la boutique, mais Harry voulait s’assurer qu’elle serait là si ça arrivait. Au cas où. Aussi, elle se glissa silencieusement dans l’arrière boutique.  Ce faisant, elle s’interrogeait sur les raisons de son geste. Pourquoi, maintenant, alors que s’entourer était synonyme de danger, avait elle besoin de créer des liens avec d’autres humains ? Elle n’eut pas le temps de s’interroger plus longtemps car elle entendit les deux survivants discuter. Elle s’avança dans la surface de vente, cachée derrière un bac de chaussettes à 3$ les trois paires, et observa à la sauvette les deux objets de son attention. Il y avait un type immense, avec une drôle de tête mais une attitude pas du tout agressive, et une fille, brune, pâle. Le visage d’Harry ne trahissait aucune émotion, mais elle se surpris à faire un rictus alors que le géant plongeait ses mains dans un bac de sous vêtements et était pris d’un violent rougissement.


« EUH… Je crois qu’on devrait en prendre aussi, mais je ne sais pas quoi emmener… »

Harry ne se montra pas malgré son amusement, et les laissa à leur conversation, haussant les sourcils. C’est alors que le hasard fut une peau de vache. Elle entendit la clochette de la porte tinter, et vit la femme qu’elle avait aperçu un peu plus tôt entrer, chancelante, dans le magasin. Il lui manquait une chaussure et l’un de ses bas avait glissé jusqu’à sa cheville. Elle avait de nombreuses morsures. Harriet s’en était douté quand elle l’avait vue la première fois, c’était trop tard pour elle. On ne pouvait plus rien faire. Aussi, lorsque celle ci se précipita vers les deux pillards, Harry se leva de derrière sa muraille improvisée et s’avança elle aussi vers le petit groupe que les premiers rôdeurs avaient déjà rejoint. Elle entra dans leur champ de vision en balançant sa batte de baseball dans le crâne de l’un des infectés avec une force insoupçonnée. L’adrénaline donnait à ses bras maigres un toute nouvelle énergie. Le sang noirâtre gicla sur son visage et elle fit une grimace de dégoût. Elle frappa un deuxième rôdeur, puis un troisième, et la poussière qui la recouvrait déjà fut bientôt mêlée de sueur et de sang.
Elle se tourna vers le géant aux yeux d’enfant.


« Salut. Pas le temps de discuter, on doit se casser d’ici. »

Sa voix n’était pas agressive, mais ferme malgré les légères hésitations, réminiscences de l’époque où elle ne pouvait pas adresser la parole à qui que ce soit sans paniquer. Elle poussa le colosse et sa compagne vers la sortie puis se rappela de la femme qui gémissait, prostrée à même le sol. Elle lança un regard grave aux autres, et énonça sa sentence.

« On peut pas l’emmener. On doit la laisser ici. Ou mieux, l’achever maintenant. »

Ça lui peinait de dire ça, mais la blessée les ralentirait au mieux et essaierait de les bouffer au pire, si comme elle le présumait les mordus devenaient des infectés. Elle fronça les sourcils en attendant, impatiente, la réponse de ses nouveaux compagnons d’infortune.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Mar 29 Déc 2015 - 20:30

Cette fois, l’hilarité de Bobby ne lui tira qu’un léger sourire. Elle était bien trop tendue pour partager ses éclats. « Heureux étaient les simples d’esprit » disait le dicton et c’était triste de constater comme il s’appliquait à la réalité. La jeune femme sombrait dans un cauchemar et le géant, lui, était un grand enfant qui vouait un culte à ses amies. Il était gentil. Trop gentil. Ça commençait à l’effrayer, parce qu’elle se sentait érigée en icône magnifiée ; un rôle qu’elle ne saurait pas tenir. Ses yeux bleus fuirent ceux du colosse et sa main, minuscule dans la sienne, était parcourue de fourmis. « Ne me touche pas » avait-elle envie de lui dire « tu vas te blesser. Je ne mérite même pas que tu m’adresses la parole ».

Au moins, elle s’était laissée convaincre et rentra dans la boutique déserte. Le silence était tel qu’elle avait la sensation de pouvoir entendre son cœur battre. Avant, jamais l’absence de bruit ne lui paraissait aussi lourde. Désormais, elle avait chaque fois l’impression qu’une chape de plomb s’écrasait sur ses épaules graciles.

- Du M… ou du 40, répondit la musicienne à la question de son acolyte.

Il n’y avait plus le tiers des articles, et beaucoup jonchaient le sol, piétinés, mais à force d’obstination, Selene dégota un manteau plus adapté que celui qu’elle portait. Elle haïssait la couleur mais ce n’était plus important. Sans attendre, elle se changea et fit la même chose avec une paire de rangers, bien plus pratiques que ses vieilles converses. Ensuite, elle resserra l’écharpe volée autour de son cou trop mince, et s’attarda au rayon des pulls. Cols roulés, poncho, gilets, même des robes en laine y passèrent. Que voulait-elle d’autre ? Ce n’était pas simple de s’habiller pour la fin du monde, personne ne s’intéressait à votre look de toute façon…

Après s’être attardée sur un rayon de pantalons skin ou skinny, avoir embarqué des chaussettes et quelques bustiers, l’étudiante rejoint Bobby qui s’était perdu dans l’antre des dessous. Son air embarrassé d’enfant pris en faute la fit sourire gentiment. Pourquoi les hommes se sentaient-ils toujours aussi gênés au milieu de soutien-gorge et de petites culottes ? Selene ne se sentait pas particulièrement déboussolée lorsqu’elle croisait des caleçons.

- Tu connais pas son tour de poitrine je suppose ? Demanda-t-elle avec malice.

Et elle non plus. L’ombre et l’urgence avaient fait que lors de leur dernière entrevue, elle n’avait pas eu le temps d’étudier les seins de Juliane. Ses doigts fins attrapèrent alors plusieurs tailles, non sans faire exprès de prendre les coloris les plus hideux, et les glissa à Robert l’air de rien. Une fois qu’elle se fut également servie, leur sac était plein. En observant le colosse hisser leur butin sur son dos, la jeune femme se demandait si tout cela était bien raisonnable. En cas d’urgence, ils n’auraient de toute façon pas le temps de déménager leur garde-robe. C’était du superflu plus qu’autre chose.

La clochette sonna brusquement et avant que l’étudiante ne réagisse, une femme mutilée se réfugia proche d’eux. Ses plaies en forme de mâchoires étaient significatives et saignait abondamment. Elle était déjà livide. Sans premier soin, elle n’avait plus pour bien longtemps. Les morts-vivants se pressaient sur la vitrine. Ils entraient maladroitement et Bobby ne fut pas le seul à jouer des bras : une femme à peine plus vielle que la brunette, le visage maculé de poussière, venait de sortir de nulle part pour matraquer les rôdeurs à coups de batte.

Etait-elle cachée ici depuis le début ? Et pourtant s’imposait-elle comme si elle les secourait ? L’altruisme pouvait parfois se payer très cher, mais ça ne semblait même pas lui effleurer l’esprit. Bien que Selene ne soit pas petite, l’inconnue était plus grande, l’obligeant à lever légèrement la tête pour planter ses yeux bleus dans les siens. Elle la défia ainsi une ou deux secondes avant de se tourner vers Bobby :

- Tu pourras la porter ? L’une de ses mains désigna la pauvre femme terrorisée et blessée, on ne peut pas la laisser comme ça.

Une fraction d’instant, elle croisa à nouveau le regard de la blonde, une ombre d’insolence sur ses traits d’ivoire. La musicienne n’avait pas besoin qu’une grande perche débarque de nulle part pour lui dicter sa conduite. Et puis… sa conscience était trop lourde. Le flic de la veille, celui qu’elle avait achevé d’une balle dans la tête, la hantait jusqu’à la rendre folle. « Lui » il était condamné, sa gorge arrachée par un zombie. Mais cette pauvre cinquantenaire pouvait s’en sortir ! Il suffisait de la mettre à l’abri et de la soigner. Bobby était équipé, il devait bien avoir une trousse d’urgence non ?! La peur se mêlait à quelque chose qui s’apparentait à de la démence, un instinct primale de survie, et s’étiolait d’elle-même dans ses entrailles. Elle était pâle comme une craie mais semblait d’une lucidité impeccable.

- Fais-le, ajouta-t-elle à l’adresse du géant, je te couvre. Regarde s’il y a une issu par derrière !

De nouveaux cadavres pénétraient dans la boutique. En haillon, barbouillés de sang, parmi les premières victimes sans doute. Il y eu un bruit de verre : ils venaient d’exploser la vitrine à force de s’appuyer dessus. Le cœur gros, Selene avait dégainé son couteau de survie et allongea vivement son bras pour perforer le crâne le plus proche. Elle réitéra l’opération une fois, deux fois, attendant que Bobby soit parti pour lui emboîter le pas. Sa main droite était déjà couverte d’un sang coagulé poisseux d’une couleur foncée. Elle fit plusieurs pas de recul, la horde ne cessa de grossir. Bientôt, il n’y aurait plus d’autre choix que partir en courant.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Mar 29 Déc 2015 - 23:36

Le colosse donnait de la hache à droite et à gauche se laissant submerger par une rage des plus légitimes. Les goules ne voulaient que faire du mal à Sélène et aussi ils étaient parvenus à blessée la dame qui s’était réfugiée dans l’ombre protectrice du mastodonte. Quelques zombies, totalement décervelés et complètement inconscients du danger, foncèrent maladroitement sur le géant qui semblait possédé par le démon. Car oui Bobby avait laissé le monstre surgir des entrailles de son être. La peur de voir souffrir la musicienne, de ne plus revoir sa chère amie ou bien d’entendre une autre partition de piano continuait à rajouter de la lave dans ses veines. Un maelstrom de flammes, de la fureur à l’état pur, déclencha l’arrivée massive de l’adrénaline dans le corps difforme du monstre de foire et décupla sa force prodigieuse. Une autre dame, sur le coup le géant avait cru que c’était une ombre meurtrière qui s’élançait vers eux, commença à jouer de la batte. Leurs efforts combinés firent un flottement bienvenu dans l’affrontement pour la survie du groupe. Un cercle de cadavres désarticulés s’étendait à leurs pieds et la jeune femme couverte de poussières, de sang et de sueur parla de manières rapides, quoi qu’hésitante.

Sur le premier point, la raison du géant concéda le point à la nouvelle arrivante. Ils devaient tous quitter le magasin qui subissait l’assaut des créatures d’outre-tombe. Mais l’instinct protecteur et innocent de l’homme fut désemparé devant la seconde phrase de la blonde à la batte ensanglantée. Elle voulait abandonner la pauvre femme blessée ou bien la tuer. Se décalant devant la victime des morts-vivants insatiables, Robert ne fit qu’un non de sa tête en forme d’œuf. Il ne voulait pas qu’une innocente souffre encore. Il ne savait pas quoi dire, quoi faire pendant que la masse putride se pressait sur la baie vitrée.  Mais Sélène, tel l’ange à la peau d’albâtre qu’elle représentait aux yeux quelque peu enfantins de l’homme s’interposa aussi. Une tension semblait se développer entre les deux dames, un peu comme une lutte opposant leur volonté. Un peu plus et le mineur aurait pu jurer d’entendre un bruit de verre brisé, lorsque les prunelles soudainement glacées de la pureté d’un iceberg de Selene se fixèrent dans ceux de l’inconnue.  La douce voix de la musicienne  fit dresser l’oreille du colosse et celui-ci ne se fit pas prier. Avec un « Excusez-moi madame. » À peine chuchoté pour la dame traumatisée, il la saisit pour la prendre dans ses bras musculeux.  Soufflant quelque peu devant cette nouvelle charge qui lui fut imposée, le monstre de foire se figea.

Tournant son regard bleuté vers la devanture du magasin, le mastodonte vit alors que la foule d’un stade avancé de décomposition avait brisé la mince barricade de verre de leur abri dérisoire. Serrant les dents, il allait déposer la femme blessée pour faire un rempart de son corps et permettre à l’ange d’ivoire et les deux dames de s’enfuirent, quand Sélène lui ordonna de faire une retraite. Une seconde d’hésitation se matérilisa, le cœur immense de l’homme était déchiré entre la dure réalité et son désir. Désir de rester avec son amie et d’empêcher les méchants de la blessée. Mais la dureté de l'expression de l'ange fit comprendre à son compagnon d’infortune qu’elle n’allait pas revenir sur sa décision. Alors l’homme déformé ne put qu’implorer, en passant près de celle qui avait si gentille avec la parodie d’humanité qu’il représentait, de son regard si tourmenter. Une voix ayant une réelle inquiétude et une détresse presque palpable s’étaient infiltrées dans le ton rauque de sa voix.

Robert- D’accord Sélène. Fais attention à toi… Euh… Si tu ne me suis pas je vais revenir te chercher ok?

Avalant la distance de ses enjambées titanesques, le colosse laissa loin derrière lui le lieu de cette bataille désespérer. Une lutte qui semblait inégale pour la survie de tout un chacun. Le devant du magasin fut distancé et bientôt une porte métallique fut la planche de salut tant désiré. Donnant un coup de pied au niveau de la barre d’ouverture, le mastodonte sortit dans l’air frais de ce jour de novembre. Un chœur macabre agressait l’ouïe amoindrie du mineur. Les zombies appelaient leurs semblables pour la curée. Déposant son fardeau ensanglanté sur un palier proche, se souciant de ses vêtements souillés comme de son premier caleçon, Robert se dirigea vers la porte, la hache prête à frapper le premier infecter qui osait en sortir. Une berne à ordure lui donna une idée pour freiner la meute ensanglantée de poursuivre les fuyards, mais il devait revoir Sélène pour bloquer l’accès. Il ne connaissait pas la dame blonde, mais toutes vies sont précieuses. Le géant à l’apparence si grotesque s’approcha alors du trou béant baigné de noirceur et hurla de toutes ses forces, pour permettre à l’ange d’ivoire et la courageuse blonde de bien entendre son cri du cœur.

Robert- JE SUIS À L’EXTÉRIEUR! SORTEZ DE LÀ!

De longues secondes d’angoisses pétrifièrent le colosse, tout son être ne désirant entrer de nouveau pour essayer de secourir les femmes à l’intérieur. Mais il se devait prouver à la musicienne qu’il croyait en elle. Du mouvement rapide à l’intérieur de l’entrepôt fit naitre un espoir dans le cœur et l’âme de l’homme. Deux formes féminines et graciles le doublèrent et aussitôt le géant referma la prote avec fracas. Une main putride essaya de retenir le battant, mais la force du géant fracassa les os et l’appendice monstrueux disparut dans l’abime du magasin. Aussitôt le monstre de foire cala son dos immense et vigoureux sur la porte métallique.  D’une voix suppliante, sentant des coups redoublés de l’autre côté de l’enfer, le mastodonte demanda avec un empressement des plus légitimes.

Robert- Tenez  la porte fermer, je vais la bloquer avec le gros truc à poubelle.


Quand les silhouettes magnifiques et graciles remplacèrent le corps affreux et dégoutant de l’homme, celui-ci  fit quelques pas.  Il s’arcbouta les deux mains sur la paroi métallique de la benne à ordure sur roulette. Grognant sous l’effort qu’il devait déployer, Robert lançant toutes ses forces dans la bataille qu’il livrait contre l’inertie du contenant plein à rebord de détritus. Les veines de son cou de taureau se gonflèrent sous l’effort. Les muscles de ses bras et de ses jambes se transformèrent en pistons vivants. Le cœur immense, transformer en une sorte de moteur, pompait le fluide vital pour augmenter la puissance déjà phénoménale de l’homme. Dans un grincement rouillé, la berne se plaignit de ce traitement et les roues commencèrent à rouler péniblement. Un pas après l’autre, un petit miracle d’obstination et de résilience humain, Robert accomplit alors l’exploit de placer la berne pour en faire une barricade solide et totalement improvisée. Quand la tâche fut accomplie, le monstre de foire posant son dos sur le mur et se laissa glisser au sol pour reprendre son souffle. Quelqu’un plaça des cales pour rendre immobile le contenant si imposant. Le regard bleuté si pur passa d’une dame à l’autre. Haletant, sa voix remplie de sollicitude et d’inquiétude s’échappa alors de sa gorge asséchée par cet immense effort.

Robert- Vous allez tous bien? Euh… Pas de bobos?

Les traits atypiques de l’homme présentaient un épuisement profond, le teint rougeaut. Mais il savait que si besoin était, des ressources insoupçonnées d’endurance étaient camouflées de par son être. Il ne voulait pas que sa nouvelle amie soit en danger.

HRP:
 



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Mer 30 Déc 2015 - 14:15


Alors qu’elle venait aider les deux chapardeurs, Harriet ne reçut pas l’accueil auquel elle s’attendait. La fille aux cheveux bruns lui lança un regard emprunt d’agacement, peut être même de défi pensa-t-elle en un instant. Elle eut une imperceptible moue qui se mua en grimace quand la jeune fille dit au colosse de s’occuper de la blessée. Ugh, je devrais demander à me faire appeler Cassandre vu comment personne ne m’écoute.

« D’accord Sélène. Fais attention à toi… Euh… Si tu ne me suis pas je vais revenir te chercher ok? »

Et le voilà parti à toute jambe, la blessée sur les épaules. Harry a un infime soupir puis frappe violemment la tête d’un rôdeur qui arrive vers elle, tandis que la jeune femme pâle fait de même avec un couteau. Elle s’enfonce un peu plus dans la mêlée, distribuant des coups de batte à tour de bras, explosant des crânes et des mâchoires. Quitte à mourir autant en emporter un maximum avec elle, se dit elle en cet instant. Pourtant, quelque chose la rappelle à la raison. Elle entend faiblement un cri qui vient de l’endroit par lequel elle est entrée. C’est sûrement le grand type au faciès incongru qui leur dit de sortir. Presque à contre cœur, elle laisse son jeu improvisé, et, en poussant du coude son insolente compagne, lui indique muettement de faire de même. Elle sprinta jusqu’à l’entrée de derrière et fit un dérapage presque contrôlé en arrivant dans la ruelle où le passage débouchait. Elle n’eut pas le temps de réfléchir que le colosse lui demandait déjà de tenir la porte pour qu’il puisse la bloquer. Elle ne se fit pas attendre, et s’arc-bouta contre elle ci, faisant fi de la poignée métallique qui lui blessait le flanc. Ça poussait ferme de l’autre côté, et ça insistait. Elle vit l’homme pousser avec difficulté la benne, cela la déconcentra un instant et elle fut prise de cours par un choc plus violent que les précédents. Elle poussa un grognement qui exprimait à la fois la colère et la douleur, tout en se disant que les morts-vivants feraient de toute façon sûrement le tour. Elle commençait déjà à regretter d’avoir apporté son aide à ces deux survivants.
Le golem finit par réussir à bloquer la porte avec la benne et Harry se faufila juste à temps pour ne pas être écrasée entre les deux. Elle se tourna vers le géant à l’air inquiet.


«  Vous allez tous bien? Euh… Pas de bobos ? »

Harry soupira et passa sa main sur son visage poussiéreux, puis leva les yeux vers son interlocuteur.

« Moi, ça va. Aucun de ce sang n’est à moi. » Elle désigna ses vêtements tâchés. « Par contre, elle là je pense qu’elle en a plus pour longtemps. » reprit-elle en montrant du menton la femme qui saignait abondamment par ses nombreuses blessures. Elle prit un instant pour réfléchir tout en massant son cuir chevelu. Elle était avec eux maintenant. Elle pouvait encore choisir de partir mais elle n’en avait pas encore envie. Sa curiosité était plus forte quant à cette paire disparate. Sauf qu’ils ne voudraient sûrement pas laisser la femme ici quand bien même son état s’empirer et que la transporter n’améliorerait sûrement pas son état. Enfin en tout cas c’est ce qu’on disait toujours dans les séries et les films. Elle avait une morsure à la cuisse, pas très profonde, mais vu comment ça pissait le sang son artère avait sûrement été touchée. Elle s’approcha d’elle et pressa ses mains contre la blessure. Elle savait qu’elle sentirait sûrement encore plus le sang après ça. Mais bon. De toute façon, c’est pas comme si elle avait survivre encore longtemps, et encore moins toute seule. Elle se tourna vers ses deux nouveaux compagnons, l’air grave.

« Bon, elle va pas tenir longtemps. Il faut au moins essayer d’arrêter le saignement qu’elle a à la jambe, et éviter au maximum de la déplacer. Sauf qu’on peut pas rester ici. »

Elle enleva ses mains un instant de la blessure pour fouiller dans son sac. Elle en sortit le tissus qu’elle transportait toujours avec elle, en déchira une bande et l’enroula autour de la cuisse de la victime. Elle serra au maximum mais le tissu s’imprégna rapidement de sang. Elle se releva, ferma son sac et se tourna vers le géant.

« Tu penses pouvoir la porter jusqu’à l’immeuble qui est au fond de la rue ? »

Sans attendre de réponse, elle  chargea son sac sur son dos, et se mit en route d’un pas rapide vers l’endroit indiqué. Par chance, la porte n’était pas verrouillée. Elle entra dans l’immeuble et tint la porte pour laisser passer les deux voyageurs. Elle verrouilla la porte derrière eux et s’assit sur l’escalier. Elle n’avait rien pris pour soigner des blessures ouvertes. Elle s’accroupit près de la quinquagénaire. La bande de tissus n’avait pas pu retenir l’hémorragie. Assaillie d’un doute affreux, elle posa son index et son majeur droits sur la gorge de la femme. Le pouls ténu de la cessa sous les doigts de la Néo-Zélandaise dont le visage ne montra néanmoins aucune expression. Elle prit une grande inspiration, puis se redressa de toute sa hauteur, les jointures de ses genoux craquant sous la pression.  Un air légèrement contrarié peint sur le visage, elle dévisagea les deux autres.

« Elle est morte. Elle a perdu trop de sang. »


Elle les regarda d’un air interrogatif et un peu emprunt de reproche. Ils auraient mieux fait de la laisser là bas ou de l’achever pour lui épargner ces souffrances. C’est ce qu’elle aurait fait si elle avait été seule. Mais faire partie d’un groupe signifiait également se plier aux décisions de la majorité. Elle n’avait jamais été très bonne à ça. Néanmoins, un craquement derrière elle la fit pivoter, et elle vit la malheureuse se relever, le regard vite. Son pouls s’était pourtant arrêté, elle en était certaine. Néanmoins, elle aurait pu se tromper, elle n’était pas médecin. Elle se tourna vers ses camarades, un air de « ok autant pour moi » collé à la face.

Spoiler:
 
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Ven 1 Jan 2016 - 16:18

L’inconnue était une véritable furie. Si de son côté Selene se contentait de repousser les rôdeurs les plus proches, attendant que Bobby ait suffisamment d’avance, sa comparse matraquait les crânes presque avec plaisir. Les giclées de sang coagulé éclaboussaient les deux jeunes femmes et se répandaient sur les vêtements encore en rayon. Le nombre d’infectés allait croissant mais ils étaient ralentis par les cadavres inertes de leur compatriotes, entassés au sol dans une confusion de chair sans vie et de vêtements en lambeaux.

A l’appel de son ami, la musicienne ne se fit pas prier. Elle avait mal au bras et sur ses nerfs fragiles vibraient encore chaque sensation. La chair qui se fendait, l’os qui émettait une résistance, l’encéphale mou. Ils avaient beau n’être que des poupées assoiffées de viande fraîche, c’était l’horreur. L’horreur de mutiler l’humain à répétition. Dehors, l’air froid de l’automne libéra ses poumons saturés par l’atmosphère étouffante de la boutique envahie. Luttant pour maintenir la porte, ses efforts conjugués à ceux de son aînée, tous ses membres lui firent mal. Crispée, ses muscles tendus au maximum, l'attente lui parut interminable.

Quand revint le géant pour interposer la grande benne à ordures, Selene s’écarta en soufflant bruyamment. Ils étaient sauvés, pour l’instant. De l’autre côté de l’obstacle, les morts-vivants grattaient, poussaient, frappaient. En voyant les roues de la poubelle gémir sous ce traitement, l’étudiante jugea bon de les caler avec deux blocs de bois informes, échappés des sacs éventrés jonchant le trottoir.

- Ça va, murmura-t-elle à Bobby.

Ses yeux bleus restèrent un moment fixés sur sa main droite, couverte d’une couche rouge foncée déjà presque solidifiée. On distinguait à peine les limites entre le couteau, sa peau et sa manche. Fuyant ce spectacle, elle reporta son attention sur la femme que le colosse avait bravement portée pour la mettre à l’abri. Bien qu’elle ait voulu l’abandonner au premier abord, la blonde fut finalement la première à prendre l’initiative d’essayer d’arrêter l’hémorragie avec un garrot. Cette fille n’était pas si dure qu’elle en avait l’air en fin de compte. Le seule mâle du groupe, à peine reposé, dut déjà refaire appel à sa force herculéenne pour traverser la rue, mais c’était trop tard.

A l’annonce du décès, la musicienne n’y croyait pas. Non. Ils s’étaient battus pour la sauver ! Trois comme des dizaines d’infectés, ils auront pu se faire attraper eux aussi, et voilà leur récompense ? Elle vérifia à son tour, aspirant à un miracle, mais c’était sans appel. Pas de pouls. Silence radio. Et son visage était d’une blancheur cadavérique ; exsangue. La jeune femme leva les yeux au ciel, comme si les réponses se trouvaient dans le tourbillon d’escaliers qui les surplombait. Elle s’agrippa à Bobby pour se relever, bouleversée : c’était la première fois qu’elle voyait mourir quelqu’un qu’elle essayait de sauver.

- T’as été super, dit-elle à son ami d’une voix éteinte, ce n’est pas ta faute.

Malgré son air de semi-reproche, l’inconnue n’avait pas démérité. Il y a bien longtemps qu’elle aurait pu s’envoler en solo et ne pas se préoccuper de leur duo dépareillé. Selene aurait voulu lui adresser un sourire encourageant mais tout ce que ses muscles furent capables de produire fut une espèce de grimace.

- Merci. Tu n’étais pas…

Elle ne finit pas sa phrase. La cinquantenaire confirmée comme défunte il y a quelques minutes s’était remise à bouger. Lentement, elle se relevait, avec des gestes imprécis. Presque mécaniques. La vérité aurait dû lui sauter au visage, mais l’étudiante ne fit pas le lien. Elle avait déjà fait un pas vers la ressuscitée quand elle croisa son regard : mort, vitreux, aveugle. Ce ne fut pas une phrase, ni un mot, qui s’échappa de la gorge de la doyenne mais un râle caractéristique. Celui qu’elle connaissait trop bien et qui hantait chacun de ses cauchemars depuis qu’elle n’était plus dans son appartement.

- C’est comme ça…, murmura-t-elle.

Le chaînon manquant, la transformation. Elle ne savait pas si les multiples morsures y étaient pour quelque chose mais en tout cas, le décès n’était plus définitif, ça, ça venait de s’imprimer dans son esprit traumatisée. La brunette resta immobile une seconde de trop. La nouvelle infectée s’était jetée sur elle, avide d’un repas de chair tendre pour assouvir son appétit infinie. La benjamine voulut reculer mais elle trébucha et bascula en arrière. L’arrière de son crâne heurta le sol et parut résonner sous le choc. Sa vue s’était brouillée, ses oreilles sifflaient, et elle se débattait sans réellement savoir contre quoi. Elle sentait l’haleine fétide du zombie à quelques centimètres de son visage blafard, savait que son salut ne tenait qu’à son bras gauche qui l’entravait sous la gorge, mais pour combien de temps ? Ses forces s’amenuisaient et ses membres lui paraissaient si lourds…

Selene dut s’y prendre à trois reprises pour que sa lame n’endommage le cerveau de la charogne. Les deux premiers coups ayant, sans effet, déchiré son cou et sa joue. La cinquantenaire s’effondra alors sur elle, l’écrasant de tout son poids, et la pianiste ne chercha même pas à se débattre. Haletante, la douleur vrillant ses tempes et l’arrière de sa tête, elle restait allongée sous la carcasse sans vie. Les yeux fermés.


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