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 Two souls adrift ... (p.v. Selene)

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Sam 2 Jan 2016 - 22:21

Bobby emmena le corps de la femme dodue vers le refuge que la blonde lui avait désigné. De son point de vue, il pouvait voir le pansement de fortune se gorger de sang. Une piste sanglante se dessinait au milieu de la ruelle, gorgeant le bitume et éclaboussant les détritus. Des gémissements de plus en plus faibles sortaient du visage marqué par la souffrance de la victime de ce monde sans pitié. Le regard de la dame était vague et les pupilles se rétrécissaient à vue d’œil. L’homme déformé à l’esprit si lent n’aimait pas ça. En plus pendant qu’il franchissait la porte d’un refuge à la relative sécurité, le mastodonte aurait pu jurer sur tous les saints que la blessure de sa jambe n’expulsait plus de sang. Quand il déposa le corps mou sur le carrelage de l’entrée, l’ouïe amortie de la bête de foire entendit un long soupir, comme si la dame était heureuse de se reposer. Mais l’inconnue au visage couvert de sang et de poussière se leva et se penchant pour tapoter le cou. Son appel fut alors sans équivoque. La dame venait de succomber à ses blessures. Le cœur du sosie de Frankenstein se serra à un point tel qu’il crut qu’il allait éclater. Pour lui les morsures n’étaient pas mortelles. Des chiens et les autres animaux pouvaient arracher des morceaux de chair, mais pas les gens. Un peu plus et les valves salines s’ouvriraient en grand. Maintenant il n’allait plus laisser une goule s’approcher de ceux qu’il aimait. Quitte que ce soit lui qui souffre. Robert était endurant et il pouvait encaisser des sévères afflictions. La divine apparition à la peau d’albâtre s’avança à son tour et examina la dépouille mortelle. Le regard de chagrin, de déception et surtout d’impuissance que la musicienne lança à son ami grotesque valait tous les discours du monde. L’ange aux ailes brulées par tant de malheur s’agrippa et se releva alors en chancelant. Sans le comprendre, l’homme l’aida doucement à retrouver sa stabilité. À la grande surprise de l’être trop souvent diminué, Sélène lui assura qu’ils avaient tout fait en leur pouvoir pour sauver une âme en perdition. Un sourire de gratitude et surtout de bienveillance accueillit les bons mots de la dame à l’air triste. Quand celle qui avait aidé l’erreur de la nature plus qu’une fois s’exprima pour parler à celle qui ressemblait à une aide providentielle presque surnaturelle, Bobby se tourna vers la blonde. Comme de raison, même si le monde semblait commencer à décliner brutalement vers le chaos, les vieilles habitudes avaient la peau presque aussi dure que la couenne du mastodonte. Robert essaya de cacher sa laideur dans la pénombre de la cage d’escalier, reculant d’un pas pour s’éloigner deux eux dames. Pour préserver la pureté des prunelles noisette de la blonde.

Celle-ci était la plus grande femme qui avait croisé le chemin tortueux de l’être inhumain. Bien que mince, le colosse pouvait deviner une musculation discrète, mais présente. Sans comprendre le regard de détresse ni l’origine de l’interruption de l’ange près de lui, Bobby commença à s’exprimer avec douceur. Le ton rauque et les mots mal mâchés semblèrent venir directement du cœur.

Robert- Toi aussi tu as été super Selene… Et merci beaucoup madame… Euh… Sacré coup de batte et EUH…

La surprise et l’horreur de la situation sautèrent à la gorge de l’homme à l’armure de chaire si grotesque. La femme morte s’était relevée dans une parodie de ce qu’elle fut, mais possédée par l’âme démente et à l’appétit monstrueux. Elle se jeta sur l’ange à la peau d’opale et un coup sourd fit crisser l’émail des dents mal aligné du colosse. Une lutte pour la vie se livrait sous ses yeux hagards et l’information si précieuse se perdait au niveau de son regard et son cerveau. Un peu comme une émission en direct qui venait de perdre l’antenne et dont l’écran semblait figé sur la dernière image. La respiration se fit sifflante et les muscles de l’homme se tendirent pour commencer à bouger vers les formes allongées sur le carrelage souillé. Bobby ne fut témoin que du dernier coup de lame qui trancha la mince ficelle de la non-vie qui permettait à cette marionnette de chair de se mouvoir. Le cœur de l’homme se figea dans sa poitrine immense et lézardée de cicatrices. Le bras de Sélène tomba au sol comme au ralenti, sa lame s’échappant de ses doigts graciles. Aussitôt, redoutant la fatalité de cette lutte, Robert agrippa le tailleur durement éprouver de la goule et sans ménagement la propulsa loin de la musicienne. Se laissant tomber à genoux près de l’ange, les mains massives et rugueuses de l’homme se plaquèrent avec douceur et tendresse sur les pommettes nobles de la dame. Les paupières s’étaient rabattues sur les abimes bleutés des yeux de l’être divin et la panique gagnant subitement le monstre de foire. La grosse brute s’était attachée à la jeune femme durant ces dernières heures. Elle l’avait soutenu et accepté sa présence. La musicienne l’avait même touché plusieurs fois sans rien demander à retour. Elle seule savait ou pouvait se trouver Juliane. Repenser à son amie fit alors agir d’instinct le colosse. Robert plaça un pouce ayant presque la largeur de la bouche et des lèvres de celle qui semblait profondément endormie. Un souffle de vie caressa le cuir tanné de la main de l’homme. Un soupir de soulagement s’échappa alors de lèvres exsangues de Robert. D’une voix suppliante, où l’Espoir et la compassion se mélangeaient allégrement, le monstre de foire caressa la joie douce comme le satin de la femme. Un supplice presque douloureux pour ceux qui entendaient le géant déformé.

Robert- Sélène ça va? Réponds-moi… Euh… Je t’emmène te coucher sur un lit. Tiens bon s’il te plait.

Plaçant ses mains, à la fois immenses et toutefois douces, sous les genoux et le dos de l’ange déchu, le colosse fut temporairement gêné. Le rouge gagna son horrible faciès, mais il jeta au loin cette peccadille qu’était son tourment envers les femmes. Soulevant sans peine son précieux fardeau, l’homme aperçut alors la blonde sauveuse près de lui. Hésitant alors sur les mots qui devraient prononcer, il chuchota comme si le moindre son pouvait réveiller la belle musicienne dans ses bras musculeux. Dans son action toutefois, le monstre de foire avait pris leurs armes dans sa poigne fantastique.

Robert- Merci madame… Euh… Vous voulez venir le temps que mon amie se sent mieux? Moi c’est Bobby…

Après avoir entendu le nom de la dame blonde au courage extraordinaire, le colosse hocha la tête et se dirigea vers l’escalier aux marches usés. Montant les marches quatre à quatre, le géant arriva en vitesse au premier palier. Une des deux portes était entrouverte, comme si le locataire avait été négligent. Poussant le battant d’un coup de pied faible, un gémissement qui commençait à devenir la norme durant ces temps troublés fit écho dans le silence de la pièce. Un adolescent tout desséché et ayant des plaies immondes sur son corps cessa de tambouriner sur la porte de la salle de bain et s’avança vers l’aubaine que représentait le mastodonte. Tel un Kevin Costner qui transportait Whitney Houston dans ses bras, l’être monstrueux fit quelque pas et frappa de son pied la cage thoracique de la goule. Le sternum se fracassa sous le talon rageur de l’homme et l’abomination fut propulsée vers l’arrière. Sans attendre une seconde de plus le goliath se dirigea vers le salon. Durant tout le trajet, l’ange déchu pouvait entendre le cœur débordant d’inquiétude et de bonté de l’homme. Un rythme presque hypnotisant et envoutant. Un peu comme si chaque battement disait « Je tiens à toi, ne part pas. » Déposa la forme gracile et douce de la musicienne sur le coussin, Robert se leva pour affronter le décérébré. Mais la femme à la batte avait déjà défoncé la boite crânienne de la parodie d’humain. D’un accord visuel, les deux inspectèrent le logis pour éviter des mauvaises surprises. Bobby propulsa la dépouille à l’extérieur et barricada la porte avec des meubles à proximité. Ensuite il alla dans la cuisine et prit deux linges à vaisselle imbibés d’eaux tièdes. S’agenouillant de nouveau près de l’ange d’albâtre, le monstre de foire déposa délicatement un linge sur le front de Sélène. Croisant le regard noisette de la dame qui maniait si bien la batte de baseball, Bobby fit un petit sourire las et fatigué. Mais de la gratitude luisait dans son regard bleuté comme un ciel d’été. Le ton franc et doux de la voix rocailleuse de l’homme permettait de reconnaître aisément toute la sympathie de l’être de cauchemar.

Robert- Merci madame... Euh si vous voulez j’ai du chocolat ou bien de la nourriture dans mon sac… Aussi de l’eau et du moonshine… Euh… vous êtes très gentille d’être venu nous aider.

Avec des estes d’une telle légèreté qui sembla presque surnaturelle de tendresse et de bonté, Robert essaya la joue ou des petites gouttes de sang corrompu s’étaient déposées lors de la lutte. Ensuite il redonna la blancheur presque spectrale aux mains dotées d’un don pour le piano de l’artiste. Chantonnant un air reposant et noble, Bobby essuya délicatement la main de Sélène. Un sourire tendre et bienveillant éclairait les traits atypiques de l’homme et de nouveau il murmura avec une douceur telle que peu de gens pouvaient égaler.

Robert- Selene je suis là… Euh… Ne me laisse pas je t’en prie.




Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Ven 8 Jan 2016 - 2:00

La femme, censée être morte, n’était pas morte, ou plutôt si, elle l’était mais pas vraiment. Donc elle avait été infectée. Donc ça voulait dire que c’était les morsures des marcheurs qui infectaient les gens qui devenaient à leur tour des marcheurs. Harry s’en était douté mais n’avait aucune preuve formelle. Néanmoins, Cela expliquait la disparition du cadavre de son voisin qui avait traîné quelques temps devant la porte d’entrée de son immeuble. En tout cas la femme dont elle avait senti le pouls s’arrêter sous ses doigts quelques instants avant s’était relevée, et surtout, elle s’était jetée en avant, et, Harriet s’écartant promptement, s’était jetée sur la proie la plus proche : la jeune femme pâle aux cheveux bruns. Harriet fut frappée de tétanie d’abord, ne sachant que faire. Puis lorsque ses esprits regagnèrent son corps, la jeune fille se débattait sous la créature qui cherchait à la mordre de toutes ses forces, avide de chair fraiche. La Néo-Zélandaise réfléchissait à toute vitesse aux options qu’elle avait. Elle ne pouvait pas matraquer le monstre à coup de batte de baseball, car elle risquait d’exploser non seulement son crâne, mais aussi celui de l’adolescente (ou du moins de celle qu’elle considérait comme une adolescence au vu de son allure générale), et ne pouvait pas faire usage de son arme à feu, au risque d’attirer tous les rôdeurs de la ville. Mais le temps qu’elle ait réfléchi à tout ça et qu’elle se soit un peu approchée du lieu de la lutte, la fille avait défoncé le crâne du mort vivant avec son couteau. Pour peu que la situation eut été moins dramatique, Harry en aurait presque sifflé d’admiration. Ou, plus que d’admiration, pour signifier qu’elle reconnaissait que la gamine avait du cran. Sauf qu’une fois le corps désormais manifestement vraiment sans vie écrasé sur elle, elle ne bougeait plus. Elle se précipita vers elles, et aida le géant à dégager le macchabée du corps immobile qu’il recouvrait. Son soutien ne fut d’aucune utilité, cependant.  Elle vit le mastodonte vérifier si elle respirait encore. C’était apparemment le cas, puisqu’il s’adressa à elle d’une voix suppliante :

« Sélène ça va? Réponds-moi… Euh… Je t’emmène te coucher sur un lit. Tiens bon s’il te plait. »


Harry ouvrit la bouche un instant, ayant très envie d’expliquer à l’individu que la bouger n’était pas du tout une bonne idée avant d’avoir vérifié si elle perdait du sang ou si elle s’était cassé quelque chose. Néanmoins, Elle n’en eut pas le temps, le colosse ayant déjà passé ses bras musculeux sous le corps frêle, le soulevant comme un duvet de plumes.


« Merci madame… Euh… Vous voulez venir le temps que mon amie se sent mieux? Moi c’est Bobby… »

Elle fut décontenancée. D’abord, par le fait qu’un mec de trois mètres cinquante l’appelle madame. Puis par le fait qu’il lui propose de l’accompagner. Elle ouvrit de nouveau la bouche de surprise. Fronça les sourcils. Puis s’éclaircit la gorge avant de s’exprimer.


« Harriet. Enfin, appelle moi Harry. Je t’accompagne, passe devant. »

Ainsi, elle emboita le pas à l’homme à l’allure malhabile, et le suivit dans l’escalier, montant quatre à quatre les marches pour tenir le rythme du géant. Ils entrèrent dans un appartement dont la porte était curieusement restée ouverte, et Harriet eut immédiatement un mauvais pressentiment qui se confirma lorsqu’elle entendit la plainte inhumaine à laquelle ses oreilles commençaient à s’habituer depuis les dernières semaines. Elle eut un rictus nerveux, et vit Bobby lancer un coup de pied dans quelque chose, quelque chose qui s’avéra, lorsqu’elle passa la porte, être un rôdeur adolescent. Elle se précipita sur lui et, sans lui laisser le temps de se relever, se déchaîna de la batte sur son crâne qui s’enfonça, maculant de sang et de cervelle le hoodie de ce qui avait dû être un adolescent ou un jeune adulte. Les quelques premiers marcheurs qu’elle avait massacrés ainsi lui avaient un peu fait de la peine, surtout parce qu’ils étaient plus frais et donc plus humains. Mais depuis, elle s’était habituée à l’exercice et ne rechignait plus lorsque l’heure du défonçage de crâne était arrivée. Aussi, elle ne poussa qu’un soupir de lassitude en se redressant après avoir effectué sa besogne. Elle se tourna vers le golem, un air de profond ennui peint sur le visage. Il ne l’avait pas rejointe à temps pour participer au massacre.

« C’est bon, je me suis occupée de le terminer. Je vais juste foutre le corps dehors. »

Ainsi, alors que l’homme récupérait le corps inconscient de la brunette, Harry se mit en tête d’attraper les pieds du macchabée et de le tirer jusqu’à la porte. La trace de sang s’amenuisait avec la distance parcourue. Une fois arrivée à la porte, elle poussa le cadavre hors de l’appartement avec une grimace de dégoût, et ferma la porte qui eut un lourd grincement. Elle retourna dans l’appartement, et se dirigea vers la pièce où le géant avait étendu sa protégée. Il lui fit un léger sourire et s’adressa à elle.

« Merci madame... Euh si vous voulez j’ai du chocolat ou bien de la nourriture dans mon sac… Aussi de l’eau et du moonshine… Euh… vous êtes très gentille d’être venue nous aider. »

Harry fit une moue boudeuse. Elle avait l’air si maigre que ça ? Elle secoua la tête avant de s’accroupir près du corps inconscient.


« C’est normal. Enfin. J’imagine que j’avais besoin de compagnie. Par contre m’appelle pas madame, ça va vite m’énerver. »

Elle vérifia que le pouls de l’adolescente ne s’était pas éteint lui aussi. Il était faible mais régulier, et sa poitrine se soulevait légèrement à peu près au même rythme. Elle procéda à une rapide inspection afin de vérifier que la jeune femme n’avait aucune morsure. Ce n’était pas le cas. La Néo-Zélandaise eut un soupir de soulagement. Elle aurait répugné à achever cet être là. Elle se leva sur ses jambes et réalisa qu’un peu de sang avait traversé l’épaisse couche de tissus et commençait à couler doucement à l’intérieur de ses cuisses. Elle avait quasiment oublié ça. Elle poussa un grognement et déchargea son sac.

« J’ai pas besoin de bouffe. Là tout de suite j’ai juste besoin de faire ce qu’il faut pour empêcher ce putain de sang de couler. Prends soin d’elle ok ? elle va bien. Elle est juste sonnée. »

Ceci dit, elle fouilla l’appartement à la recherche de la salle de bains. Elle la trouva sans mal et y rinça ses mains dans l’eau à peine chaude. Il fallut plusieurs minutes de friction de ses pattes l’une contre l’autre à l’aide d’une grande quantité de savon pour que les dernières croûtes nauséabondes se décident à quitter son épiderme. Puis, elle s’essuya sur une des serviettes qui pendaient pêle mêle. La salle de bains avait été presque intouchée. On aurait presque cru dans cette pièce que la fin du monde n’avait pas eu lieu. Un peu comme dans son appartement à elle qu’elle avait tenté de garder un peu comme avant. Elle récupéra son sac qu’elle avait déposé au pied du lavabo, et ferma la porte. Puis, elle ouvrit le sac et en sortit une boite de tampons, qu’elle ouvrit. Elle baissa son short, récupéra le tissus qu’elle jeta dans le lavabo dans le but de le rincer après, puis fit ce qu’elle avait à faire. Elle remis son short avec un feulement rauque. Se redressa.  Rinça le linge jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’une vague trace rose dessus, nettoya son visage à grande eau, sachant qu’elle pourrait sûrement bientôt rejoindre son habitation et y faire une toilette plus poussée. Elle passa une dernière fois sa main sur son visage et enfouit son visage dans les boucles d’une serviette. Ça devait être un quartier huppé, elle n’avais jamais pu s’en payer des comme ça... Elle se jura d’en emporter au moins quelques unes avant de partir, ainsi que plusieurs des savonnettes religieusement alignées dans l’un des placards. On ne savait jamais de quoi on allait manquer.
C’est en s’étirant qu’elle sortit de la salle de bain pour rejoindre ses nouveaux compagnons, en espérant que la jeune fille se serait un peu remise.

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Ven 8 Jan 2016 - 19:57

Elle avait compris. Dans les ténèbres floues où son esprit s’était échappé, la vérité lui apparaissait avec une clarté terrifiante. Elle devait mourir. Au sens figuré. La jeune femme qu’elle avait été, celle qui adorait la musique, celle qui était une vasque à émotions, celle qui voulait être une artiste… n’avait plus sa place dans ce monde. Aussi loin que ses yeux clos pouvaient voir, Selene voyait le cortège funèbre de l’espèce humaine, arpentant les contrées calcinés de l’Enfer. Car oui, ils étaient tous condamnés en réalité. Alors Satan avait fait monter son royaume sur terre. Elle n’était pas croyante, c’était juste évident. Et dans ceux qui restaient, il n’y avait pas de bons, simplement des individus sacrifiés au purgatoire. Une agonie lente, peuplée de démons et de cauchemars. Pourquoi ?... aucune idée.  

Autour d’elle, les voix se distordaient dans une bouillie inintelligible. L’étudiante avait conscience d’être dans les bras du géant mais c’était comme si son esprit s’était détaché de sa carcasse. Elle se laissait emmenée, comme une poupée fragile. C’était bon. Se savoir protégée, quoiqu’il arrive. Un instant de paix entre deux mondes, loin des songes cauchemardesques qui peuplaient ses nuits.

Ses yeux bleus s’ouvrirent d’un coup. Elle avait mal au crâne. Ses membres paraissaient plus lourds que jamais, comme si pendant son absence, ses alliés avaient lesté de plomb ses poignets et ses chevilles. En se pinçant l’arrête du nez, la musicienne se redressa pour découvrir un appartement qu’elle ne connaissait pas. Le linge humide sur son front tomba mollement sur ses genoux. A son chevet, Bobby. L’air bienveillant, inquiet, protecteur. Véritable rempart contre l’adversité. Elle eut le vertige. Parce qu’elle réalisait combien elle comptait pour le colosse, combien il l’idéalisait, et combien elle ne méritait pas cette attention.

- Ça va, t’inquiète pas, murmura-t-elle.

La jeune femme enfouit son visage décoloré dans ses mains blafardes. Propres. Lavées par son ami. Avec hésitation, elle tâtonna l’arrière de son crâne et sentit une décharge traverser sa nuque quand ses doigts appuyèrent sur la zone meurtrie. Une belle bosse, masquée par ses cheveux châtains. Un sourire désincarné fendit ses traits pour rassurer son gardien et, avant qu’il ne s’éloigne, Selene posa un baiser sur l’une de ses joues cuivrées. Cet homme mourrait pour elle un jour, elle le savait, et la culpabilité la rongeait déjà.

Debout, la musicienne arpentait la pièce comme pour réapprendre à marcher. Elle avait retiré son manteau et arborait désormais l’une des chemises rouges trop grandes piquées dans la matinée. Sa silhouette paraissait encore plus gracile de cette façon. Quand Harriet revient dans le salon, elle était encore occupée à faire passivement les cent pas, emboîtant ses pensées une à une. Ce n’était plus une question de jours, ni de semaines, ni même de mois. Seattle était une ville morte, tuée par un cancer dévastateur, et ils n’étaient que des cellules saines qui attendaient leur heure. Terrifiées. Isolées.

- On ne peut pas continuer comme ça…, dit-elle soudainement à haute voix.  

Elle fit face à ses compagnons. Par l’une des fenêtres, la lumière du jour entrait et illuminait les traces de sang sur le sol. Selene n’était qu’une étudiante en musique, une pianiste en devenir, mais elle savait qu’elle ne voulait pas se retrouver en bas de la chaîne alimentaire. Sombrer ne serait sans doute pas bien dur pour elle. Son âme ne valait plus rien, elle n’était plus à une écorchure près…

- Il faut quitter la ville avant qu’il y ait tellement de ces trucs qu’on soit complètement condamnés. Il y a 650 000 habitants à Seattle, argumenta-t-elle, si seulement la moitié est infectée, on est déjà à 325 000 rôdeurs…

Elle laissa planer ce chiffre un instant. Il y avait de fortes chances que plus de la moitié de la population soit touchée. Et ils n’étaient pas les seuls dangers : il y avait les fous et les pillards. Ses compagnons « devaient » comprendre l’urgence de la situation. Ce n’était plus une question de préférence, de confort, ou de choix, c’était une nécessité. Ceux qui voulaient rester intramuros mourront. Ceux qui voulaient rester seuls mourront. Les autres…

- On passe voir à la boutique de Ziggy voir s’il s’y cache avec Juliane, et on part, ok ? On trouve un endroit où s’installer en rase campagne, et on s’installe un camp. Un endroit qu’on pourra défendre et où on pourra attendre.

Attendre quoi ? Cette pensée n’ébranlait pas encore sa détermination. Son teint de craie contrastait avec la flamme de ses yeux bleus. Tour à tour, elle détaillait Bobby et Harriet. Dans cette alternative qu’elle visualisait, ils avaient tous les deux leur rôle. Un nouveau monde en noir, blanc et rouge…


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Lun 11 Jan 2016 - 10:01

Le ventre serré, elle attendait, impatiente, face à la grille. La tension la clouait au sol. Elle ne bougeait plus, sur le qui-vive, prête à reconnaître la silhouette de sa sœur. Elle avait eu du mal à venir jusque ici. La matin même, après son départ de la maison de Jack, elle avait mis neuf heures à faire les quelques kilomètres qui la séparait du stade. Elle avait avancé doucement, évitant de se faire repérer. Elle avait pleuré, couru, eu peur, retenu son souffle... Et ces heures passées les nerfs à vif l'avaient épuisée. Pourtant, elle gardait sa concentration, scrutant la porte du stade avec avidité. A quelques mètres d'elle, le militaire l'observait, le regard noircit par l'ombre de son casque. Abigaïl l'ignorait royalement. Elle avait vu bien pire dans les rues de Seattle, et le canon de son arme ne l'effrayait plus. Soudain, un grincement. La porte s'ouvrit lentement. D'abord apparut un homme vêtu de vert, arme à la main. Abi retint son souffle, se tordant les mains nerveusement. Elle voulait tellement la voir, la retrouver, la serrer dans ses bras. Et puis à la suite, une jeune femme à la chevelure aussi blonde que celle de l'Irlandaise. Abigaïl eut envie d'hurler son nom, mais l'émotion lui coupa la parole. Elle était là. C'était elle. Celle pour qui elle avait risqué sa vie, celle pour qui elle était prête à tout perdre. Le quelques minutes qui les séparaient lui semblaient être des heures et elle piétinait à présent d'impatience de la serrer dans ses bras. La grille s'ouvrit en silence. Personne ne prononça un seul mot. Leurs regards se croisèrent et aussitôt, dans leurs yeux fatigués, les larmes naquirent. Les bras tendres de Kathelyn enrôlèrent le corps épuisé et faible de sa jeune sœur. Abi posa délicatement sa tête sur son épaule et enfouit son visage dans son cou. Elle ferma les yeux et elle laissa ses sanglots éclater, mouillant la peau fraîche de Kathelyn. Elles restèrent ainsi quelques instants, jusqu'à ce qu'un des militaires fit signe à l'aînée de s'éloigner.

C'est quelques mètres plus loin qu'Abi se laissa tomber au coin d'une rue déserte. L'émotion raidissait ses jambes et la rendait faible. Elle avait tout donné pour la retrouver et ce soir elle pouvait enfin la serrer contre elle. Kathelyn s'accroupit en face de sa sœur et lui sourit doucement, comme elle savait si bien le faire, comme Abigaïl aimait tant. Elle lui prit la main et serra ses doigts dans sa paume. Sans se parler, elles se disaient tellement de choses. Qu'elles s'aimaient. Qu'elles s'étaient manquées.

« Il faut que je le dise à Bobby. »
déclara soudainement Abi.

Kathelyn haussa un sourcil, mais elle ne posa pas de questions. Elle frissonna pendant que le vent se levait et que sa sœur cherchait dans son sac à dos son talkie-walkie. Elle pressa le bouton et approcha la machine de sa bouche et de ses lèvres sèches.

« J'y suis arrivée, Bobby. Elle est là. Elle est avec moi. »

Puis, elle posa l'objet à ses pieds, attenant la réponse de son ami. Elle lui devait tant. Si elle était là aujourd'hui, c'était en grande partie grâce à lui. Abigaïl reporta son attention sur sa sœur, et elle nota cette fois-ci les traits tirés de cette dernière. Kathelyn était une femme magnifique, d'une beauté presque surnaturelle selon Abi. Elle avait toujours admiré ses cheveux dorés, son teint pâle et doux, ses yeux bleus au regard si tendre, ses pommettes saillantes légèrement rosées lorsqu'elle était gênée ou qu'elle avait trop chaud, ses lèvres pulpeuses qui brillaient quand, occasionnellement, elle y faisait glisser un gloss. Mais ce soir-là, ses cheveux avaient perdus de leur éclat, son teint était plutôt gris, ses yeux fatigués et cernés et ses lèvres sèches et gercées par le froid. Voir sa sœur si affaiblit brisa le cœur de la jeune femme. Elle comprit que quelque chose s'était passé et soudainement elle pensa à son beau-frère. Il n'était pas là. Il n'était pas avec elle. Abi ouvrit la bouche, et comme si Kathelyn lisait dans ses pensées, elle déclara d'une voix douce :

« Il ne l'ont pas laissé partir. Mais je ne voulais pas te laisser seule dehors. On va retourner en Irlande ensemble, retrouver papa et maman. Il nous rejoindra quand tout sera fini. Ca ira. »

Elle avait prononcé ses derniers mots comme pour se rassurer elle-même et Abi comprenait si bien ce qu'elle pouvait ressentir. La peur se lisait sur les traits tendus de Kathelyn. C'était la première fois qu'elle sortait, elle ne savait pas quelles horreurs se jouaient dehors. Le talkie-walkie qui grésilla les fit sursauter et une voix grave s'éleva dans la rue déserte et muette.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Mar 12 Jan 2016 - 19:19

Le regard bleuté de la bête s’ouvrit sous le camouflet de la surprise. La dame qui s’appelait Harry était blessée. Du sang coulait alors ça devait être d’une coupure. Mais avant que la grosse main rugueuse de l’être insignifiant se propulse dans la pochette de son sac à dos, la grande blonde s’était engouffrée dans la salle de bain. La voix rauque, presque rocailleuse, de Robert s’éleva doucement. On pouvait presque entendre l’inquiétude et un début de frayeur qui découla des mots à peine mâcher.

Robert - Si tu veux Harry, j’ai des pansements… EUH…

Un doute venait de le saisir. Si ce n’était pas une blessure. Le colosse se rappela que Rosalie lui avait déjà raconté que les dames avaient certaines périodes où elle devait perdre du sang. Un début de rougeur commença alors à colorier les joues mal rasées du mastodonte.  Il espérait de tout cœur qu’il n’avait pas encore dit une connerie monumentale. Reportant son attention sur l’ange déchu à ses côtés, le monstre de foire  continua de fredonner une douce mélopée. Rassuré par les paroles de la courageuse dame, Bobby ne pouvait que continuer à tenir la main de celle qui l’avait sauvé plus qu’une fois aujourd’hui. Tout d’un coup, les magnifiques yeux azurs de Sélène s’ouvrirent en grand. Elle se redressa avec difficulté et le linge mouillé chuta de son front comme un pavillon sur un exquis monument.  Elle certifia alors au golem de chair monstrueuse qu’elle allait bien. Ce qui en résulta d’un sourire sincère et rassuré de la parodie d’homme à ces côtés.  

Sans avertissement, après qu’un sourire salvateur eut effleuré les lèvres ensorcelantes de l’ange à la peau opalescent, la brunette déposa un doux baiser sur la joue du colosse. Celui-ci resta pétrifié sous cet assaut  des plus agréables. Juliane l’avait bien embrassé sur la joue, mais elle était comme sa sœur, une partie de son âme.  Une pure étrangère, que la bête venait d’apprendre son nom, venait de faire l’acte insensé de faire flotter ses lèvres soyeuses sur la joue indigne de Robert. La jeune femme, gracile et presque angélique, se leva du divan comme pour prendre son envol. Le colosse resta à genoux, hébété par cet acte de charité. Portant ses doigts disproportionnés à sa joue, une marque invisible, mais ressemblant à un sceau enflammé semblait marquer la région effleurée par les lèvres de l’ange. Il ne le savait pas à cet instant, mais le géant fut sous le charme. Une sorte de sortilège lancé par une sorcière blanche. Le monstre de foire savait à cet instant qu’il allait suivre Sélène au même titre que Juliane. Qu’il allait la protéger comme Abigail. Qu’il allait mourir pour protéger les trois êtres divins qui avaient touché son âme émiettée. Les sauvegarder de la folie et de la mort rôdant de ce monde nouveau. Qui allait vraiment pleurer la perte d’un monstre tel que lui de toute façon. Les trois femmes pouvaient faire une différence dans cette époque troublée.  Pendant qu’Harriet sortait de la salle de bain et que Sélène enlevait son manteau, dévoilant une chemise d’homme trop grande flottant sur sa silhouette gracile et désirable, le colosse réussit à se relever en chancelant. Aussitôt il déposa son fessier sur le divan libéré depuis peu par l’ange déchu.

Une nuée de mots, telles des abeilles tourbillonnantes, sortirent d’entre les lèvres soyeuses de l’ange à la peau d’ivoire. Des affirmations toutes véridiques et remplies d’un bon sens hors du commun. Une idée que déjà le colosse et sa douce amie Juliane réalisaient sans le savoir. Robert n’avait jamais aimé la ville, ni la multitude de gens qui y vivaient. Toujours en train de rire de la lie de l’humanité, toujours en train d’essayer de blesser son âme ou bien son être déformé. Quand le discours de la sublime apparition s’estompa, Robert décida de glisser un mot. La bête fut gênée de laisser sa voix, rocailleuse et rauque, décimer l’atmosphère avec des paroles ayant une si belle portée lyrique. La rougeur de ses joues ne commençait à peine à s’éteindre.

Robert- Euh… Moi et Juliane on habite dans les bois dans le nord d’ici… Euh… Le chalet n‘a qu’une chambre et je dors sur le fauteuil devant le foyer. Mais je sais qu’il y a des plus grosses mieux caché… Euh… Je suis d’accord. Haro… Désolé Harry c’est ça tu viens avec nous?

Pour le colosse, l’invitation s’était faite sans malice, sans agenda caché. Seulement une honnêteté et une bonté sans pareil.  La blonde à la batte les avait aidés et la moindre des choses ce fut de l’inclure dans la nouvelle vie que Sélène semblait imaginer pour eux. Un petit sourire sympathique démontrant une humanité et une bonté des plus inappropriés pour un monstre tel que Robert se déposa sur ses lèvres charnues. Il attendit patiemment la réponse de la blonde guerrière et les mains du monstre de foire se tordirent un peu d’appréhension. Il ne voulait qu’emmener tout le monde en sécurité loin de cette ville où les goules semblaient maintenant les seuls maitres à bord. Quitte à emmener sur son dos Sélène et Juliane et faire des allers-retours pour contenter tout un chacun. Mais un visage divin, orné de boucles doré et au regard bleuté comme le paradis vient s’imposer à sa mémoire. Abigail. Il était venu dans cette ville maudite pour arracher cette réincarnation céleste de cet enfer. Se levant d’un bond, il dit alors de sa voix lente.

Robert- Il faut aussi que je retrouve Abigail… Euh… Dès qu’on trouve Juliane, elle va vous montrer le chemin… Euh… Elle est plus intelligente que moi et plus utile. Moi je dois retrouver Abi…

Regardant les deux dames, les deux parcelles d’humanité dans la pièce, le colosse déformé par la nature dit alors tout bas.

Robert- Elle est mon amie, comme vous deux. Je ferais la même chose si vous êtes pas en sécurité...

Une sincérité touchante, une sollicitude et surtout une bienveillance remplissaient les yeux si purs de la chose. Il croyait chacun des mots qu’il venait de prononcer. Chaque personne songeait les paroles qu’il allait prononcer. Le géant laissait toujours parler son cœur et les mots projetés par cet être de bonté ne consultaient jamais l’esprit lent de l’homme.  Avant de rajouter autre chose, un grésillement fit naitre un espoir sur les traits atypiques du colosse. Sortant un petit récepteur de la poche de son pantalon, Robert laissa l’instrument de communication se noyer dans l’océan de chaire de sa paume. Une voix fatiguée, mais au combien merveilleuse pour le chainon manquant de l’humanité résonna dans la pièce!

Abigail- J'y suis arrivée, Bobby. Elle est là. Elle est avec moi.

Appuyant avec une douceur presque enfantine sur le bouton, des rigoles de joies coulant de ses yeux complètement ahuris, le mastodonte parla. Sa voix rocailleuse était cassée par le déluge d’émotion. De la surprise, de la joie, un peu d’appréhension et aussi une touche d’inquiétude.

Robert- Vous allez bien ? J’ai eu si peur pour toi et je suis venu te chercher Abigail. Je suis à Seattle. Où vous êtes ?

Entendant alors un croisement de rues, le colosse regarda à tour de rôle les deux dames présentes. L’ange à la peau immaculée et si soyeuse et la combattante à la chevelure platine. D’une voix suppliante, il demanda alors.

Robert- Vous savez c’est où? Elle est avec sa sœur et Abigail habite près de notre chalet…. Euh… Sinon je vous emmène chez Ziggy  en sécurité et je vais y aller seul. Je ne veux pas que vous soyez en danger.

Sans le savoir, la prestance de l’homme s’était décuplée, le courage et ce sentiment inconnu de Robert qu'était l’amour semblaient gonfler ses muscles déjà si imposants. Une aura apaisante se dégagea de la silhouette grossière de l’être, heureux d’avoir des nouvelles de l’ange à la chevelure dorée. Le faciès monstrueux s’était transmué en de la résolution pure, conscient de la charge de travail qu’il devra déployer pour mettre celles qui sont pour lui en sécurité. Sans le savoir, la position des deux sœurs était sur le trajet que Sélène avait planifier d’emprunter pour rejoindre le refuge du magicien.



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Mer 20 Jan 2016 - 13:58

La fille brune avait fini par se réveiller. Indemne, comme Harry l’avait prévu. Du moins physiquement. Elle avait l’air sacrément secouée. Mais un air de détermination avait pris place sur son visage, alors qu’elle expliquait qu’on ne pouvait pas rester en ville. Harriet soupira en entendant ces mots. Quelque part, elle savait qu’elle ne pourrait jamais survivre en restant dans un lieu aussi habité, aussi peuplé. Bientôt elle deviendrait elle aussi un ventre sur pattes. Mais elle avait dû mal à quitter son appartement qu’elle avait mis des années à transformer en nid de confort qu’elle n’aurait pas besoin de quitter. Elle y avait tout accumulé. C’était presque un bunker. Elle n’avait pas réalisé jusqu’à cet instant précis qu’elle n’avait fait que se préparer inconsciemment pour la fin du monde, qu’elle l’avait attendu, désiré, au plus profond d’elle, comme un moyen d’échapper à cette vie monotone. Son goût pour le DIY s’était développé comme une envie d’accumuler le savoir au cas où ça serait utile un jour. Et ça devenait finalement utile. Elle avait beau être un beau bras cassé, elle avait la théorie dans un coin de sa tête, et aucune idée de comment ça allait pouvoir s’appliquer. C’était peut être la première fois de sa vie qu’elle allait avoir l’occasion de mettre son intelligence à profit.

« - On passe voir à la boutique de Ziggy voir s’il s’y cache avec Juliane, et on part, ok ? On trouve un endroit où s’installer en rase campagne, et on s’installe un camp. Un endroit qu’on pourra défendre et où on pourra attendre. »

Harry jeta un regard embrumé à Selene. Encore des gens ? Ça serait bientôt plus qu’elle ne pourrait en supporter. Elle tenait à son indépendance et à sa solitude, et les grands groupes étaient difficile à gérer, voire dangereux lorsqu’on en faisait partie. Néanmoins, elle ne pourrait pas convaincre les deux compères d’abandonner leurs amis. Et s’il fallait établir un camp, il valait mieux en effet être plus nombreux. Elle se massa l’arrête du nez du pouce et de l’index, puis se mit elle aussi à faire les cent pas.


« - Tu as raison. On peut pas rester en ville. Mais si vous voulez aller fonder un campement, ça serait peut être bien qu’on ait déjà des produits de première nécessité. On peut passer chez moi si vous voulez. Je fais du DIY et j’ai pas mal de trucs qui pourraient être utiles. Mais d’abord faut aller chercher vos copains. »

Elle avait dit ça d’une traite, sans sourire, sans rien. Pourtant ça aurait été quelque chose à célébrer : la première fois depuis pas mal de temps qu’elle s’associait volontairement à d’autres êtres humains. Ça aurait valu le coup de déboucher le champagne. Ou au moins un fond de bière tiède. Alors qu’elle avait encore une fois plongé tête la première dans ses pensées, le géant d’argile prit la parole.

« - Euh… Moi et Juliane on habite dans les bois dans le nord d’ici… Euh… Le chalet n‘a qu’une chambre et je dors sur le fauteuil devant le foyer. Mais je sais qu’il y a des plus grosses mieux caché… Euh… Je suis d’accord. Haro… Désolé Harry c’est ça tu viens avec nous ? »

Harry fit la moue. Effectivement la perspective d’un châlet avec une unique chambre de la réjouissait pas plus que ça. Il valait mieux quelque chose de plus grand. Mais apparemment il cherchait quelqu’un, une fille. Abigail, qu’elle s’appelait. Ce nom sonnait familier aux oreilles de la jeune femme. Elle eut néanmoins un rictus en entendant le colosse dire qu’elle était son amie. Il faisait trop confiance, trop vite. Dans un monde pareil, c’était la loi de la jungle, et la loi de la jungle n’autorisait pas qu’on soit gentil. C’était leurs vies qu’ils jouaient, pas celle d’un personnage dans un jeu vidéo. Il fallait se. méfier, rester sur ses gardes. Mais alors qu’elle ouvrait la bouche pour répondre, elle fut interrompue par un grésillement, puis par une voix juvénile qui lui sembla familière. Elle fronça les sourcils en écoutant un message auquel elle ne comprit rien.
Elle se tourna vers Bobby, un air interrogateur sur le visage. Celui ci continua de confirmer ce qu’elle pensait. La voix en question était celle de ladite Abigail. Harry était presque sûre de la connaître, mais Seattle étant une grande ville, elle ne pouvait être certaine. En revanche, L’adresse qu’elle répondit aux nombreuses questions de Bobby, Harry la connaissait.


« - Vous savez c’est où? Elle est avec sa sœur et Abigail habite près de notre chalet…. Euh… Sinon je vous emmène chez Ziggy en sécurité et je vais y aller seul. Je ne veux pas que vous soyez en danger. »

Harry sortit en vitesse la carte de l’état cornée de son sac. Elle n’eut pas à la déplier beaucoup pour trouver l’endroit, qu’elle pointa du doigt sur le papier.


« - C’est juste ici. C’est pas très loin mais je pense qu’on en a bien pour deux heures de marche d’ici. Sans compter les éventuels rôdeurs. Mais toi t’es trop gentil, pour peu qu’ils aient un peu apparence humaine je suis sûre que tu voudras pas les attaquer. Je te laisse pas y aller tout seul. En plus je connais pas ce Ziggy, j’ai pas envie de rester avec quelqu’un que je connais pas pendant que tu t’amuses tout seul. Je viens. »

Il n’y avait aucune discussion possible. La curiosité de la jeune femme était trop forte. Et puis bon, après tout, une chance de plus de mourir ou pas, ça ne changeait plus grand chose. finalement. Elle fourra la carte dans la poche arrière de son short, et fit un rapide détour par la salle de bains pour attraper comme elle se l’était promis deux serviettes de bain bouclées et douces qu’elle fourra également dans son sac qui, une fois fermé et ainsi rempli, lui faisait comme une grosse carapace sur le dos. Elle se leva et fit quelques pas, avant de se tourner vers ses deux compagnons.

« - Bon, qu’est-ce qu’on attend ? En route ! »

[mille fois désolée pour tout le temps que ça m'a pris de répondre ! Entre les partiels et les tournages, c'est juste trop le bordel. Encore désolée et j'espère que c'est pas trop nul du coup :/ ]

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Two souls adrift ... (p.v. Selene)   Dim 24 Jan 2016 - 13:18

HRP:
 

Sa tête lui tourna. A cause des dernières émotions, de son coup sur la tête, où de l’avenir tentaculaire qui les attendait. Selene ne savait pas. Au moins, ses compagnons étaient d’accord sur l’idée qu’il était vital de quitter Seattle. Toutefois, le colosse voulait récupérer une autre de ses amies et Harriet proposait de passer chez elle. La musicienne gardait le silence : aucune de ces propositions n’étaient raisonnablement à rejeter, mais elles rallongeaient considérablement le temps qu’ils devraient passer intramuros. Dans le parc de l’enfer. Alors qu’à ses yeux, les choses devenaient d’une clarté effrayante : partir. Juste, partir.

Comme son acolyte féminin, la benjamine du trio n’était pas enthousiasmée à l’idée de vivre dans un petit chalet. Outre l’espace, le mot « chalet » sonnait comme « vulnérable », « pénétrable ». Ce n’était pas un abri, c’était une boîte de conserve pleine de viande fraîche et si les rôdeurs les trouvaient, ils n’auraient aucune chance. Sans compter que dans les bois, ils n’auront aucune vue sur l’horizon. N’importe qui de vivant – ou de mort – pourrait les approcher à moins de quelques mètres sans qu’ils ne s’en aperçoivent.

- T’en fais pas, assura Selene quand Harriet eut trouvé le lieu de rendez-vous sur sa carte, on te laissera pas.

Ils auraient tout le temps de définir leur itinéraire champêtre plus tard. Pour l’heure, l’empathie s’exprimait pleinement quand elles posaient ses yeux bleus sur son ami gigantesque. Il était galvanisé par l’idée de rejoindre cette « Abigail » et avait fait mouche sur un point : si ça avait été l’étudiante qui était en danger, il serait venu. De la même manière qu’il avait bravé flammes et zombies pour délivrer Juliane, au détriment de la raison. En vérité, cet homme était fou. Une belle folie, une démence presque religieuse. Ses anges le conduiraient à sa perte, mais elle n’avait pas le courage de lui dire. Pas aujourd’hui.

Pendant qu’Harriet s’éclipsait dans la salle de main, Selene fouilla rapidement la cuisine. Rien. Pas même une conserve encore comestible. Cet appartement devait avoir été vidé depuis longtemps. Les cafards s’étaient déjà installés, fuyant la lumière crue du jour qui les inonda quand la jeune femme ouvrit les placards. De retour dans le salon où Bobby les attendait, elle lui adressa un sourire pâle en tapotant gentiment l’un de ses bras démesurés.

- On récupère ton amie, on va chez Ziggy et…, elle hésita une seconde, Juliane sera avec lui. J’en suis sûre. D’accord ? Ensuite on pourra partir tous ensemble.

Mensonge. Elle n’en savait rien. Mais le géant était comme un enfant à qui on continue de faire croire au Père Noël, même quand il a vraisemblablement l’âge de comprendre. Si jamais sa comparse n’était pas au rendez-vous et bien… elle aviserait. En tout cas, ils partaient désormais, quittant leur refuge temporaire. Au moins le hasard faisait bien les choses : l’endroit où ils étaient censés récupérer Abigail était sur le chemin le plus court pour rejoindre la boutique de magie. Si ses souvenirs étaient exacts du moins. Le monde avait tellement changé depuis que sa dernière visite remontait à plusieurs siècles.

Dehors, la température avait chuté. Selene avait beau s’être emmitouflée dans son manteau, le visage à moitié caché dans son écharpe, l’air lui agressait la peau désormais. A croire que l’humidité ambiante s’était transformée en voile de cristaux invisibles et tranchants. Son couteau était là où elle l’avait laissé, près du cadavre de la pauvre femme qu’ils n’avaient pas pu sauver. Elle le ramassait et suivit la blonde : c’était elle qui avait la carte. Au moins, à l’autre bout de la rue, les charognes n’avaient pas franchi le barrage improvisé porté par Bobby. En tendant l’oreille, on pouvait entendre les bruits sourds des morts qui s’acharnaient contre la porte.

La marche se faisait dans le mutisme. Que pouvait-elle dire ? La situation n’était pas appropriée pour parler de la pluie et du beau temps. De toute manière, il n’y avait plus de beau temps. Cet hiver serait éternel, glacial. Comment pouvait-il en être autrement ? Ils avaient de la chance. En quelque sorte. Les endroits qu’ils traversaient étaient désertés par les rôdeurs, à tel point que ça en devenait inquiétant. S’ils n’étaient pas là, ils devaient bien être parqués quelque part.

A l’approche d’un grand boulevard, deux voitures de polices gisaient parmi d’autres automobiles civiles, éventrées par un accident. Des ombres à l’intérieur laissaient deviner des corps sans vie, inertes. Sans desserrer les lèvres, Selene les désigna d'une main ivoirine. Couteau à la main, elle s’approcha sans bruit des carcasses d’acier aux vitres brisées et ouvrit l’une des portières conducteur. Rien. Une entaille dans le front de l’officier laissait supposer qu’une lame lui avait déjà endommagé son cerveau. Grimaçant à cause de l’odeur, la musicienne se pencha sur le cadavre pour les faire les poches… rien du tout.

Répugnée, elle réitéra l’opération avec chacun des flics jusqu’à ce que dans la deuxième voiture, le passager la dévisage avec des yeux blancs. Ses mâchoires paralysées par le froid s’animèrent en la présence de l’étudiante. Il tendit les bras vers elle, entravé par la ceinture de sécurité, et s’immobilisa net quand le couteau lui traversa la tempe. Va savoir pourquoi les précédents pilleurs ne s’étaient pas occupés de lui, c’était peut-être sa chance. En fouillant les poches du rôdeur, la musicienne découvrit deux chargeurs de block 17. Bingo.

- C’est bon, dit-elle le visage fermé, on peut continuer.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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