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 Nuée rousse. | pv. Rosaleen A. Glanmor

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Daniel F. Gallow
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MessageSujet: Nuée rousse. | pv. Rosaleen A. Glanmor   Dim 13 Déc 2015 - 0:23

Nuée rousse | Pv. Rosaleen A. Glanmor

Prendre ses quartiers dans cette école. Se trouver un coin tranquille pour attendre la suite des évènements. Daniel n’attendait qu’une seule chose : Qu’on vienne lui demander un coup de main. Il avait précisé aux militaires qu’il mettait sa camionnette à disposition, parce que de toutes façons, il se voyait difficilement repartir vers le Nord. Il se doutait que si la situation était telle ici, elle était similaire ailleurs. Cela ne pouvait pas être pire. Le seul soucis c’était de ne pas avoir de nouvelles de ses parents, de son ex-femme et surtout de sa fille. Il ne l’avait pas revu depuis tellement de temps qu’il se demandait si elle avait pensé à lui. Ce soir là, Daniel pensait à ce genre de tracas dont il se serait bien passé, le nez planté devant une bibliothèque d’une salle de littérature. Il voulait choisir un livre, prendre de quoi s’occuper, faire passer le temps.

Le temps, il n’avait que ça, et cela l’agaçait légèrement. Il ne parlait pas beaucoup aux autres réfugiés de cette école, parce qu’il ne savait pas à qui il pouvait faire confiance. Il était déjà venu à Seattle, il y avait de ça bien des années. Mais il n’avait pas revu les quelques contacts qu’il s’était fait il y avait de ça une bonne vingtaine d’années : Il était l’étranger. Il se doutait que dans une grande ville comme celle-ci, il ne risquait pas de croiser une vieille connaissance, alors pour le coup, il se sentait livré à lui-même. Pas grave, Dan était un débrouillard, il avait toujours été un peu caméléon dans l’âme, s’adaptant à toutes les situations. Celle-ci, de situation, tout le monde était bien contraint de s’y habituer, parce que la seule autre option était la reddition et donc la mort.

Daniel était un coriace, il n’avait pas vraiment prévu de mourir. Alors il prenait sur lui et espérait pouvoir se donner les moyens de survivre. Certes, Daniel était un homme mûr, mais ça ne l’empêchait pas d’avoir une certaine vitalité, c’est-à-dire une perpétuelle bougeotte. L’heure du dîner était passée ; il y avait assez de lumière pour que Daniel s’abime les yeux sur quelques pages d’un roman qu’il avait choisit. Le Parfum de Patrick Süskind. Il l’avait déjà lu, il y avait longtemps de cela, mais ça ne pouvait que faire passer le temps. Un agréable moment mal assit sur une chaise de la classe dans laquelle il n’y avait personne. Cinq minutes passèrent quand un militaire passa avec une lampe torche. Il eu un sourire en coin en voyant Daniel, à la lumière de la Lune en train de lire, et passa son chemin.

Dan soupira et sorti de sa poche une paire de lunettes usée et légèrement rayée, en métal. Très simple qui l’accompagnait dans son travail. Le travail du bois laisse forcément des traces, y comprit sur le visage et les mains de Dan qui ne risquait pas de passer pour un maître de l’oisiveté. Il se passa une main derrière la nuque en se balançant sur sa chaise, concentré sur sa lecture. Si bien qu’il n’entendit pas que quelqu’un avait entrouvert la porte de la salle de classe pour y entrer. Il n’avait même pas levé son nez aquilin de son livre. Secouant la tête, il se disait qu’il aurait aimé être comme ce Jean-Baptiste Grenouille, aussi insensible et aussi coriace ; cela aurait grandement facilité sa survie.

Un livre qui était tombé de l’étagère le fit sursauter. Il manqua de tomber sur sa chaise. Il aperçut une lueur rousse, éclairée par un rayon de Lune. Il toussa nerveusement, un peu surprit par une telle vue. Une chevelure si époustouflante qui avait faillit le faire chuter, au même titre que la surprise de la chute de l’épais volume. Il renifla machinalement et se passa une main sur le visage pour espérer chasser un peu de sa fatigue mais il avait toujours l’air bougon. En guise d’amorce, il se contenta d’un commentaire, le premier qui lui était venu à l’esprit. « Y a que des classiques là l’dans. Ça passe le temps quand même. »



   
   
   


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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: Nuée rousse. | pv. Rosaleen A. Glanmor   Mar 15 Déc 2015 - 21:14


Nuée rousse
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Rosaleen a toujours été le genre de personne à trouver de quoi s'occuper, même quand il n'y avait rien à faire. Elle avait passé enfant de nombreuses semaines de vacances dans la bicoque au bord de mer de ses grands parents paternels, située à quelques heures du logement familial, et elle n'avait eu d'autre choix que de s’accommoder à ce mode de vie où elle n'avait ni ses jeux et ni ses amis. C'était à peu près la même chose ici, à l'école, à la différence près qu'ici la nature aux vertus si ressourçante n'était pas au rendez-vous, et que la jolie rousse n'était plus une enfant. La premier point n'était pas prêt de s'arranger et était réellement négatif aux yeux de la jeune femme qui avait le plus grand mal à rester entre ces quatre murs ; certes, il y avait la cour de l'entrée, mais ce n'était pas suffisant, il n'y avait ni forêt ni rivière qui pourrait lui redonner l'énergie dont elle avait tant besoin. Le second point n'avait rien de grave, ne plus être une enfant ne signifie pas que l'on est incapable de nous occuper avec ce qu'il y a des disponible près de nous, et une école cachait sûrement de nombreux recoins.

C'est au final en mettant en accord ces deux différences que Rosaleen avait occupé sa journée. Ce besoin de recentrer ses énergies et, en parallèle, cet agacement de tourner en rond. Elle s'était donc installée dans un coin, au détour d'un escalier, et avait posé devant elle toute sortes de pierres et une ou deux bougies ; elle ne les allumait que périodiquement, ne souhaitant pas user sa réserve d'allumettes trop vite. La rousse avait un grand besoin de calme, la masse incessante de personnes qui étaient toutes calfeutrés dans le gymnase était difficilement supportable et il était plus qu'urgent de trouver un peu de sérénité. Elle avait donc bien eu l'intention de profiter du calme qui régnait la plupart du temps dans cette cage d'escalier pour pratiquer ce don qui lui avait été offert il y a longtemps déjà. La jeune femme avait alors passé son après-midi à travailler avec de l'améthyste ; la serrant tantôt fermement dans ses mains, ou la mettant sur son front afin de méditer plus profondément.

La journée était ainsi passée relativement rapidement ; comme à chaque fois que la jeune wicca s'adonnait à sa passion, les heures semblaient être des minutes et, lorsqu'elle se décida à sortir de sa cachette, elle se rendit enfin compte que le soleil s'était déjà couché. Une lune ronde éclairait les couloirs et la jeune femme se sentait comme revigorée, comme si tout les éléments avaient été réunis pour qu'elle puisse surmonter n'importe quelle épreuve. Traînant dans les couloirs, en regardant par chaque fenêtre qu'elle dépassait, elle tenait fermement la hanse de son sac en bandoulière, défendant ses richesses les plus importantes.

Rosaleen avait déjà repéré cette salle de classe où se trouvait une bibliothèque avec quelques livres et elle s'était promis d'y faire un tour afin de voir quels genres d'ouvrages y étaient précisément entreposés. Le moment était parfait, elle n'avait pas encore sommeil et l'heure du repas devait déjà être passée, alors autant en profiter pour aller enfin voir cela et peut-être trouver une occupation supplémentaire pour ces longues journées.

Arrivée à la pièce en question, elle ouvrit lentement la porte et s'engouffra dans la pièce uniquement éclairée à la lumière de la lune. Alors qu'elle se retournait pour refermer la porte, elle entendit derrière elle le bruit d'un livre tombé au sol ; décidément, chassez le naturel et il revient au galop, même ici Rosaleen n'arrivait pas à fuir son étourderie et son sac avait dû cogner dans l'ouvrage. Alors qu'elle s'apprêtait à le ramasser, elle aperçut l'homme assit non loin, à l'autre bout de la pièce ; d'abord légèrement perturbée, elle se redressa finalement, le livre en main.

« Les classiques ce n'est pas si mal. Jetant un œil à la couverture qu'elle tenait, elle sourit légèrement en annonçant : Les Misérables. »

Décidément, même les livres justifiaient de l'endroit dans lequel ils se trouvaient et ceux qui n'aimaient pas ce type de littérature n'avaient probablement pas d'autre choix que de se trouver d'autres choses à faire. Rosaleen n'avait cependant rien contre ces romans dits ''classiques'' et se réjouissait à l'idée de pouvoir se replonger dans un autre monde. Regardant l'homme plus en détail, elle se rappelait l'avoir déjà vu quelques fois mais elle ne lui avait jamais parlé ; il était par ailleurs relativement discret et son petit air renfrogné prouvait bien cela. Déposant son sac sur une table près du mur, elle s'assit sur cette dernière en laissant balancer ses jambes dans le vide.

« Difficile de s'occuper hein ? Je ne vous dérange pas j'espère ? »

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Daniel F. Gallow
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MessageSujet: Re: Nuée rousse. | pv. Rosaleen A. Glanmor   Mer 16 Déc 2015 - 9:53

Nuée rousse | Pv. Rosaleen A. Glanmor

 Daniel ne s’attendait pas à ce que quelqu’un entre dans cette pièce. Même le militaire n’avait pas pris la peine de franchir la porte. Il s’était contenté d’afficher une petite mine amusée, avant de retourner à ses affaires. Pour le moment, Dan n’avait pas parlé à grand monde, il ne savait pas encore s’il le regretterait où s’il faisait bien d’agir ainsi. La ville n’était pas comme elle avait pu l’être bien des années plus tôt, lorsqu’il y avait été dans sa jeunesse. La vie, en général, n’était plus comme elle avait pu l’être dans la jeunesse du charpentier. Son monde entier s’était effondré lorsqu’il avait abandonné le domicile familial. Depuis, il survivait. Alors maintenant qu’il était question d’Apocalypse, cela ne changeait pas grand-chose. Il n’avait plus son business, c’était la seule chose qu’il pouvait regretter de sa vie récente. Un petit jeune d’à peine vingt ans était mort parce qu’il l’avait accompagné dans cette ville. Peut-être qu’à Ghost Lake, tout allait bien.

Mais Dan savait que ça ne pouvait pas se passer ainsi. Ça n’était pas comme Tchernobyl, l’épidémie ne pouvait pas s’arrêter aux frontières. Il y avait forcément une expansion massive de cette étrange maladie qui avait touché l’esprit des Hommes. Quand Daniel avait dû en venir à éliminer l’homme qui avait attaqué son employé, il avait vu la Mort dans ses yeux. Il n’y avait plus ne serait-ce qu’une once d’humanité en lui. Tout avait disparu, il semblait envahi par la rage de la Mort, la faim du Néant, quelque chose de ce genre. Mais Daniel était peut-être trop terre à terre pour s’adonner à des suppositions farfelues. La rousse était la première personne avec qui Daniel échangeait vraiment, à faire autre chose que de demander à autrui s’il n’a besoin de rien, et recevoir une réponse négativement polie en retour.

Cette femme semblait légère, détendue et surtout ouverte. Elle dégageait quelque chose de lunaire. Cela faisait longtemps que Dan n’avait pas rencontré quelqu’un comme ça. Elle semblait immunisée contre cette maladie, c’était la première pensée qui était venue à l’esprit du charpentier lorsqu’elle s’était adressée à lui, pour lui répondre. Les yeux écarquillés, il en avait perdu son latin, avant de remettre ses lunettes en place pour se donner un peu de contenance. « Oui... Oui… Oui, bien sûr. » C’était tout. Daniel n’était pas bon orateur, il n’était pas particulièrement doué pour y faire avec les mots. Pourtant, tout au fond de son être, il avait une pensée érudite et une curiosité face au savoir non négligeable. Quelqu’un qui a toujours un avis sur tout, qui connaît toujours un petit peu de tous les sujets. Presque tous du moins.

La jeune femme s’était assise sur la table. De là-bas, le rayon de la Lune lui permettrait de lire. Mais parce qu’elle s’était assise là, Daniel ne savait pas bien s’il lirait davantage. Il fit mine de lire une ligne, ce qu’il fit, avant de lever le nez de son roman pour la regarder. Elle semblait différente de toutes ces personnes que Daniel avait pu voir, accompagnées de leur famille. Peut-être avait-elle été conduite ici seule. Peut-être n’avait-elle pas d’attaches. Les sourcils froncés, Daniel n’entendit qu’après coup la question qu’elle venait de lui poser. Une nouvelle fois, il écarquilla les yeux et passa une main dans ses cheveux frisés.

« Non, pas du tout, du tout… » Il déglutit et fronça de nouveau les sourcils, pour lui-même. « C’est difficile de trouver un moment de calme là-dedans. » Dit-il avec un petit rictus pour tenter de se faire passer pour un vieux bougre. Raté. Il ne pouvait pas cacher son humanité et ce besoin d’avoir un peu de compagnie, son inquiétude qui était la même que celle de nombreux survivants présents dans cette école : Comment allaient ses proches ? Etaient-ils vivants ? Daniel pensait à sa fille, Poppy. Sa mère et elle, vivants toujours à Lincoln, dans cet endroit miteux dans lequel il avait rencontré son ex-femme. Est-ce que l’épidémie s’était étendue jusque-là ?

Il regarda un instant la jeune femme, pendant qu’elle avait les yeux détournés, avant de retirer ses lunettes de vue. Il les tenait, les branches pliées, doigts sur les verres, sans se soucier des tâches qu’il pouvait faire dessus. Ça n’avait pas d’importance. Il s’éclaircit la gorge et tenta une approche un peu moins taciturne. « Daniel… Mon nom c’est Daniel. » Dit-il alors en espérant une réponse.
 



   
   
   


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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: Nuée rousse. | pv. Rosaleen A. Glanmor   Jeu 17 Déc 2015 - 13:51


Nuée rousse
ft. Daniel




L'homme semblait un peu décontenancé par l'arrivée de Rosaleen et cette dernière s'en voulait un peu de l'avoir dérangé ainsi alors qu'il semblait tellement absorbé dans sa lecture. Ce n'était pas facile de vraiment réussir à se concentrer sur quelque chose quand on est coincés là à longueur de temps, alors quand on y arrivait mieux valait éviter de perdre le fil de notre occupation. Lorsque l'homme repris la parole, Rosaleen écouta plus attentivement sa voix, les intonations qu'il y avait et ce qui pouvait se cacher derrière. Au final, elle reflétait bien le personnage ; elle ne le connaissait pas vraiment mais avait bien remarqué qu'il ne cherchait pas les contacts et était plutôt du genre solitaire, une certaine méfiance émanait de lui. La jeune rousse en venait presque à ressentir cette aura relativement étrange qui émanait des gens qui avait le plus grand mal à trouver leur place dans ce monde ; elle avait déjà croisé bon nombre de personnes, mais celles-ci étaient souvent les plus difficiles à aider.

La jeune femme ne pouvait d'ailleurs que plussoyer les dires de l'homme concernant la difficulté d'être au calme ici, il est vrai qu'il y avait bien trop de personnes pour un espace aussi confiné, mais il n'y avait apparemment pas d'autre choix. La véritable difficulté aux yeux de Rosaleen était surtout ce manque de verdure, malgré ses efforts elle avait toujours une certaine appréhension à rester trop longtemps entourée de bitume et de grands immeubles mais avait toujours trouvé l'opportunité de trouver des endroits où la nature avait encore une place ; ici, c'était tout le contraire et, malgré ses efforts pour mettre de côté ce problème, elle ne pouvait l'empêcher de le sentir au fond d'elle.

« Ce n'est pas simple en effet, mais il faut espérer que tout cela s'arrange bientôt. »

Elle avait ponctué sa phrase d'un sourire franc, espérant ainsi partager un peu de l'espérance qui l'habitait à l'homme qui lui faisait face. C'était peut-être la seule chose qu'elle pouvait encore partager ici ; avec tout ce qu'il se passait, les médecines alternatives étaient le dernier soucis des gens, si tant est qu'ils en était un minimum adepte auparavant. La jeune femme devait donc se résigner à ne s'aider qu'elle même, espérant toute fois pouvoir apaiser un minimum les personnes qui l'entouraient. Elle ressentait toute cette peine et cette angoisse qui englobaient toutes les âmes qui étaient à côté dans cette épreuve et s'efforçait de ne pas en être trop affectée. L'esprit légèrement ailleurs, elle recentra son attention sur l'homme, qui se nommait Daniel.

« Moi c'est Rosaleen ! Contente de pouvoir enfin mettre un nom sur votre visage. »

Elle était comme ça, elle aimait savoir à qui elle s'adressait et connaître les noms des personnes qui l'entouraient lui donnait cette impression d'être moins seule dans cette masse de monde ; être entouré de dizaines d'inconnus pouvait avoir quelque chose d'angoissant, même pour quelqu'un de relativement sociable. Cependant, ce personnage l'intriguait plus que la normale et elle avait vraiment envie d'en savoir plus à son sujet, bien qu'elle n'allait pas se permettre de lui tirer les vers du nez ; elle se contenterait de ce qu'il accepterait de lui dire. Réfléchissant un instant en faisant la moue et regardant ses jambes se balancer, elle lança en relevant la tête :

« Vous vous y faites, à tout ça ? Ce n'est pas facile d'être entouré du jour au lendemain d'autant d'inconnus. »

Après avoir marqué une pause, se demandant si elle devait en demander d'avantage ou si elle devait mieux attendre de voir ce qu'il répondrait à cela, elle se décida finalement à choisir la patience, se disant qu'ils auraient tout le temps d'aborder le sujet qui la taraudait plus tard ; ce sujet concernant l'extérieur, ce qu'il y avait vu... peut-être que ça pouvait être une explication de cet aura étrange qu'il dégageait. Parce qu'elle l'avait remarqué aussi : ces gens qui étaient arrivés ici plus tard que les autres avaient une énergie différente, il semblait y avoir quelque chose qu'elle n'avait pas encore su déceler, et cela ne la rassurait guère.

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Daniel F. Gallow
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MessageSujet: #A44040   Jeu 17 Déc 2015 - 17:33

Nuée rousse | Pv. Rosaleen A. Glanmor

Qu’est-ce que Daniel pouvait bien avoir à dire à ce petit bout de femme ? Il ne se sentait pas à la hauteur. Il imaginait que cette belle jeune femme aux cheveux flamboyant avait une famille dans les parages, quelqu’un pour la protéger, sur qui compter, quelqu’un pour la serrer dans ses bras. Daniel ignorait qu’elle était toute seule ici, pour le moment. Il avait apprit son nom : Rosaleen. C’était un prénom peu commun surtout pour quelqu’un de son âge, qui lui allait très bien. Daniel inclina la tête pour lui faire comprendre qu’il était ravi de faire sa connaissance. Il avait franchement du mal à imaginer qu’il pouvait entrer dans la vie de personnes comme elle. Disons-le franchement, cela faisait longtemps que Daniel n’avait pas eu de contact quelconque avec une femme. Il s’était noyé dans le travail, et même si cela lui avait plu, il en avait oublié toute notion de sociabilité.

C’était un tort, et il était dommage de devoir attendre l’Apocalypse pour remédier à ça. Elle le vouvoyait. En fait, c’était peut-être parce que Dan avait fait usage lui-même du vouvoiement, mais il l’avait fait par politesse. Avec cette tournure de phrase lui étant adressée, il se sentait plus vieux. Il eu un petit sourire en coin en la voyant si réceptive. Elle ne semblait pas superficielle, ni effrayée. Du moins, c’est ce que Daniel pensait. Les gens se montraient bien plus courageux qu’il ne l’aurait pensé. Même les enfants qu’il avait pu croiser dans ce campement tentaient de rester des enfants, de ne pas céder sous le poids des questions quant à cette situation. « Quand on saura vraiment si on peut espérer reprendre une vie normale ou pas, ouais. Mais… » Il voulait donner son avis sur la question, mais préféra secouer la tête, pour épargner la jeune femme.

Il triturait les branches de ses lunettes de vue qu’il tenait toujours dans sa main. Quand Rosaleen lui avait rendu un sourire, apparemment heureuse de pouvoir l’identifier, il arqua un sourcil, un peu flatté, mais surtout intrigué. Elle semblait sociable et légère. Sa voix douce arrivait à Daniel sans même résonner dans le couloir. Il n’avait pas besoin d’être très proche pour bien apercevoir son visage éclairé par la Lune. Daniel toussota pour se donner un peu de contenance et se redressa pour paraître moins fatigué. Rosaleen brisa le silence avec une question, qu’elle avait posé sur le ton de l’anecdote. Daniel regarda dans la vide quelques instants, ses yeux perdu entre le parquet et les jambes de la rousse.

« J’aurais préféré aider les militaires. J’ai l’impression de servir à rien ici. » Avoua-t-il sur un ton un peu boudeur, comme un enfant déçu. Il haussa les épaules, c’était comme ça, pas autrement. Il n’avait pas eu l’occasion de rester longtemps à l’extérieur. De toutes façons, il n’avait nulle part où aller, puisque les routes étaient bloquées. « Ca fait des semaines qu’on est là, j’ai eu le temps de m’habituer. C’est juste que j’me pose des questions, sur ce que mes proches sont devenus. J’suis pas du coin à la base. » Donna-t-il en guise d’explication.

Est-ce qu’il était nécessaire de dire à une jolie femme qu’il était sans nouvelles de son ex-femme et de sa fille qu’il avait abandonné des années auparavant ? « J’ai une entreprise de charpenterie au Canada, dans ma ville natale. » Ajouta Dan en esquissant un léger sourire, avec une voix plus calme que précédemment. Doucement, le vieux loup peut se laisser caresser. Tout doucement. Il s'étira les bras et lui lança en retour : « Tu, je peux dire tu ? Tu viens d’où ? »




   
   
   


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MessageSujet: Re: Nuée rousse. | pv. Rosaleen A. Glanmor   Sam 19 Déc 2015 - 13:53


Nuée rousse
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Rosaleen remarqua immédiatement que le prénommé Daniel était relativement négatif, il avait l'air de douter qu'ils puissent un jour reprendre une vie normale ; peut-être avait-il vu des choses qui prouvaient les doutes qu'il avait ? Mais la rousse s'était contentée de hocher la tête, ne souhaitant pas plonger dans ce fatalisme qui n'était pas dans sa nature. Pour elle, tout pouvait s'arranger, qu'importe ce qu'ils auraient à traverser, ils n'en sortiraient que plus fort pour le reste de cette vie et les prochaines. L'homme en face avait préféré ne pas en dire d'avantage sur le fond de ses pensées mais Rosaleen en était presque déçue, elle aimait avoir les points de vue des personnes qui l'entouraient, même si elle faisait son possible pour rester dans l'ignorance de la réalité qui l'entourait, persuadée que sa proximité avec les éléments l'aiderait à s'en sortir. Lorsque Daniel aborda la question de l'utilité, elle ne pu que baisser la tête et sourire d'un petit air nostalgique :

« J'ai la même impression, c'est difficile de tourner ainsi en rond. »

Elle repensait à son métier, à tout ce qui la faisait vivre, et se rendait compte qu'elle avait laissé une part d'elle à la boutique et qu'elle ne la retrouverait pas tant qu'elle n'aurait pas pu aider les personnes présentes ici, un grand nombre d'entre eux en avait besoin sans même s'en rendre compte. Daniel parla justement du fait qu'il était sans nouvelles de ses proches et la rousse ne pu s'empêcher de sentir son cœur se serrer à ces mots ; elle non plus ne savait pas s'ils allaient bien, elle espérait qu'ils avaient été préservés par tout cette agitation, mais se disait que dans un petit village au bord de mer, les dangers devaient être moins grands qu'ici, à Seattle. Et de toute façon, pourquoi les pilleurs auraient traversés l'Atlantique ? Même un effet de mode ne pousserait pas les gens à faire tout ça.

Bien qu'il ne parla que brièvement de son métier, l'homme fit voyage Rosaleen un instant. Elle n'avait jamais eut l'occasion d'aller au Canada mais en avait vu des paysages qui l'attiraient grandement ; toutes ces forêts et cette proximité à la nature, elle ne pouvait rien espérer de mieux. Replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille, elle répondit d'une voix rêveuse :

« C'est un beau métier de travailler le bois, de voir le résultat de ses efforts. »

Lorsqu'il lui retourna la question, elle hocha la tête afin de valider l'interrogation du tutoiement, puis elle marqua un temps d'arrêt, se tenant le menton pour réfléchir à tout ce qu'elle pouvait dire. Il y avait tellement de choses, mais elle se disait que peut-être ses bavardages incessants risquaient d'agacer l'homme, ou peut-être même de le braquer. Elle se dit finalement qu'elle pouvait aborder le principale, sans aller trop dans les détails. Relevant le menton, elle lui répondit, ne pouvant cacher la pointe de fierté qui avait pris une place dans sa voix, faisant échos à ses origines et à la profession qu'elle exerçait.

« Je suis originaire du Pays de Galles, ça fait quelques années que je tiens une boutique dans le centre de Seattle, je pratique la ''médecine alternative'', comme ils disent. »

Elle avait dit cela en marquant des guillemets avec ses doigts, un sourire aux lèvres. Elle comprenait parfaitement cette appellation, mais pour elle qui pratiquait ce don, ça n'avait vraiment rien d'alternatif ; c'était au contraire selon elle la magie la plus puissante que l'on pouvait trouver dans ce monde. Elle était consciente par ailleurs que tout le monde n'était pas réceptif à ce genre de pratique et c'est pour cette raison qu'elle ne forçait personne ; c'était le meilleur moyen de fermer définitivement les chakras de quelqu'un. Regardant à nouveau Daniel, elle lança, désireuse d'en savoir un peu plus :

« Si vous... si tu as ta vie au Canada, qu'est-ce qui t'as amené ici ? »

La jeune femme avait légèrement baissé la tête en le tutoyant ; elle n'avait pas été élevé de manière à tutoyer rapidement quelqu'un et avait du mal, mais elle avait bien remarqué la gêne de l'homme qui lui faisait face quant à tant de paroles cérémonieuses. Elle espérait par ailleurs ne pas être trop indiscrète ; si elle était bavarde et n'avait pas grand chose à cacher, ce n'était pas le cas de tout le monde.

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Daniel F. Gallow
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MessageSujet: #A44040   Dim 20 Déc 2015 - 23:34

Nuée rousse | Pv. Rosaleen A. Glanmor

Daniel ne pouvait pas se refuser s’ouvrir à une jeune femme comme ça. Elle semblait pure. Innocente. De son être semblait émané une bienveillance quasiment surréaliste. Daniel ne savait pas bien s’il c’était parce qu’elle lui plaisait ou si elle était vraiment ainsi. En tout cas, il ne pouvait pas passer pour un vieux con, mais il se sentait gêné de parler de lui, de peur d’être catalogué comme un père indigne. Est-ce qu’il était obligé de passer par là pour expliquer qui il était vraiment. Forcément. Mais étant donné qu’il n’osait pas, il pouvait toujours broder autour jusqu’à arriver au centre. Tant pis.

Il se leva de sa chaise pour se diriger à la fois vers Rosaleen et vers la bibliothèque à côté de laquelle elle se trouvait. Il voulait la voir de plus près, à la lueur approximative de la pleine lune. Léger sourire en coin quand il s’approcha d’elle, comme pour lui faire comprendre qu’il en était enchanté. Au même moment, elle acquiesçait concernant le métier de charpentier, que Dan avait apprit malgré lui, mais qui finalement y avait prit goût. C’est ce qu’il lui expliqua : « C’est mon père qui me forçait à l’aider quand j’étais gosse. Après mon service, j’me suis barré à travers le pays, j’ai bossé à droite et à gauche, et j’ai finalement découvert que ça m’avait bien servi d’avoir apprit ce métier. »

Il eu un petit rire beaucoup plus détendu que précédemment et se passa une main derrière le cou pour se masser la nuque. « Au final l’entreprise de mon père est devenue la mienne. » Ajouta-t-il avec un sourire nostalgique sur les lèvres. Parler de ce genre de choses étaient faciles. Le travail, l’expérience, ses voyages. L’histoire devenait plus compliqué au moment où il était arrivé à Lincoln. Lana, l’emménagement dans ce quartier pourrit, la petite, cette famille bancale. Tout ça était beaucoup trop compliqué.

Apparemment, lui avoir retourné la question avait été une bonne idée pour éviter d’avoir trop à en dire. Daniel leva les sourcils, étonné par la réponse de la jeune femme. Elle venait de l’autre côté de l’Atlantique, mais ça n’était pas le plus étonnant. Ce qui était singulier, c’était le métier qu’elle exerçait, qui d’après son regard et son sourire épanouit, avait l’air d’être une de ses grandes passions. Dan n’était pas vraiment du genre à se laisser soigner par des pierres et des herbes, mais il ne pouvait pas être de mauvaise foi envers cette jolie rousse. Il fit la mou, pensif face à cette découverte inattendu, et opta pour un haussement d’épaules.

« C’est pas vraiment le genre de domaine sur lequel je peux donner mon avis. » Avoua-t-il avec une expression dans la voix nettement plus agréable et accessible que tout à l’heure. Il n’était pas contre la nouveauté mais n’arrivait pas à projeter cette science comme véritablement efficace. Il s’appuya contre la bibliothèque les bras croisés et chassa d’un souffle une bouclette rebelle qui avait atterrit devant ses yeux. Question intéressante de la rousse en guise de transition qui se posait la question de la présence de Daniel ici. Elle n’avait pas tort, il aurait pu très bien rester à Ghost Lake et survivre à tout ça en lieu sûr, si l’épidémie étaient montée jusque là.

Daniel se mordit l’intérieur de la joue gauche en réfléchissant un petit instant avant de planter son regard noir sur le doux visage de la jeune femme, qu’il aurait pu contempler des heures. « C’était pour le boulot. On avait un contrat avec un fournisseur de bois, j’devais signer quelques papiers à Seattle. Je connais bien cette ville, j’y suis déjà allé quand j’étais jeune. » Il ne savait pas bien si c’était déplacé de parler de son employé, mais de toutes façons, son regard le trahissait. Il se racla la gorge et poursuivit d’une voix rauque, les biceps gonflés par la concentration à l’idée de se remémorer cette abominable expérience. « J’avais emmené mon p’tit apprenti. Un môme d’à peine dix-neuf ans. Il en voulait ce gosse, ça s’voyait. Il apprenait vite. J’voulais lui faire visiter une grande ville comme celle-ci… Mais y a un de ces trucs qui s’est jeté sur lui… » La suite, elle pouvait très bien se l’imaginer toute seule.

Daniel se sentait coupable, coupable d’avoir à nouveau gâché la vie d’un enfant. Automatiquement, la potentielle mort de ce gosse lui avait fait penser à Poppy. Il n’avait pas eu de nouvelles depuis des lustres, et il fallait attendre ce genre d’évènement tragique pour s’alerter. Il n’osait pas vraiment lever son regard vers Rosaleen, qu’il avait baissé en racontant l’attaque du môme. Il se sentait responsable d’une bonne partie des évènements. « Les communications sont mortes, donc pas moyen d’avoir des nouvelles de Lincoln ni d’ailleurs… » Ajouta-t-il en fronçant les sourcils.



   
   
   


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Nuée rousse. | pv. Rosaleen A. Glanmor

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