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 Sometimes, i hate you.

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Carmen L. Mendoza
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MessageSujet: Sometimes, i hate you.    Sam 28 Nov 2015 - 0:20


Malgré le confort amélioré du motel, elle n'avait pas réussi à se reposer, ballottée entre rêve et réalité. Parfois, les cris stridents de Mary la réveillait en sursaut, avant qu'elle ne se rendorme pour rêver du passé, ou tenter de chercher la respiration calme et posée d'Ana Lucia qui dormait dans la chambre d'à côté, elle au moins.
Combien de temps resta t-elle allongée à observer les lézardes du plafond, avant de parvenir à s'assoupir un peu ? Il lui sembla vaguement que l'aurore pointait à l'horizon quand elle ferma les yeux pour la dernière fois, alors qu'elle parvenait enfin à se reposer d'un sommeil sans rêve. Ou du moins, pas très longtemps. Car rapidement, elle se sentit secouée violemment par l'épaule, alors qu'elle grognait pour se tourner vers le mur, rabattant les draps contre son corps.

Cara, debout !
Mais quoi, bordel ? Quoi ?

Merde à la fin. Elle commençait à peine à s'endormir qu'Ana se jetait sur son lit pour la secouer dans tous les sens. Une attaque ? Non, Ana aurait au moins eu la décence de prendre un air plus paniqué que ça, et sans doute que Jasper aurait traîné dans le coin. Il était ou lui d'ailleurs ? La colère s'apaisa pour laisser le doute s'installer alors qu'elle se relevait enfin sur son matelas, grimaçant en sentant les griffures de son bras la tirailler. Ana se mordit la lèvre un instant, avant de prendre enfin la parole.

C'est Jasper... J'suis pas trop sûre de c'que j'ai vu, mais... J'crois pas que ça va te plaire ?
Quoi ?
J'l'ai vu descendre avec des provisions en essayant de faire le moins de bruit possible.

Non, il n'oserait pas ? Quoi que. L'infime claquement de portière qu'on ouvrait l'incitait à rapidement se réveiller.
Elle ne prit pas le temps de peser le pour et le contre sur la question, jetant les draps à même le sol pour renfiler son jean et ses bottes, cherchant du regard sa batte de base ball. Elle ignora le regard paniqué d'Ana alors qu'elle l'attrapait fermement, descendant les escaliers 4 à 4 pour enfin se jeter hors du motel, ignorant le froid glacé du matin contre sa peau nue.
Non, Ana ne s'était pas trompée finalement. Le moteur n'était pas encore allumé, mais la présence du jeune homme dans leur voiture, main sur le volant, indiquait clairement qu'il ne partait pas en balade matinale.

Oh le con...

Elle ignora l'appel de sa soeur alors qu'elle arrivait à hauteur du capot, resserrant sa prise sur la batte. Elle allait le tuer ce mec. D'abord elle risquait sa peau pour que sa copine y reste, et maintenant il était prêt à se barrer l'air de rien ? Sérieusement ? Son regard croisa le sien un instant avant qu'elle ne remarque le couleur sanguine le long du volant.
Il n'avait qu'à démarrer, elle ne bougerait pas de devant cette caisse. Et même, elle allait faire encore mieux que ça.

Bonjour. Je te laisse 10 secondes, pour sortir de cette caisse en laissant les clés sur le contact, et avoir un excellent argument sur le pourquoi du comment tu te retrouve là. Parce que autrement, il n'est pas impossible que j'utilise la batte pour continuer de discuter.
Calmes toi !

Rien à faire qu'Ana tente de la faire reculer en hurlant que démonter la voiture pièce par pièce ne servirait à rien.

T'étais prêt à te barrer avec NOTRE voiture, sérieusement ? Mais t'es vraiment un -
Carmen ! Ca sert à rien d'en venir aux mains, on peut s'expliquer !

Elle avait relevé les bras pour asséner un coup de batte sur le capot, avant qu'Ana ne tire sèchement son bras en arrière l'empêchant d'atteindre sa cible. Manquait plus que ça tiens, qu'Ana essaie de prendre sa défense. Mais c'était un monde sérieusement ! L'ignorant à nouveau malgré le fait qu'elle lui arrache la batte des mains, elle rajouta en se rapprochant dangereusement de la portière conducteur pour lui faire face.

C'est ça, ton plan ? Nous planter ici pour te casser avec tout le nécessaire de survie ? Y'en à eu combien avant nous à qui tu as fais le coup ? Sors de cette voiture Jasper. Tout.de.suite.

Elle n'avait pas été une excellente rencontre, en ne parvenant pas à sauver Mary. Mais avec toute cette culpabilité qui la rongeait, elle avait voulu faire le maximum avec Jasper, tentant d'alléger un minimum cette culpabilité qui lui enserrait la poitrine comme un étau. En tentant de le soigner, ou de suivre ses directives pour se faire toute petite dans ce motel qui avait des allures de palace comparé à leur vie de campeurs à Ana et elle. Il avait pu constater un minimum qu'elles n'étaient pas des bandits, et il avait été à deux doigts de les abandonner à leur sort ici sans rien ? Alors même qu'elle s'étaiit proposée pour retourner récupérer son véhicule tiens.
Elle se retint de balancer une remarque odieuse sur le fait que Mary ne soit plus de ce monde pour une raison bien précise, parvenant à garder cette réflexion au fond de sa gorge pour ne pas envenimer les choses, quand bien même il l'aurait largement mérité, préférant donner un coup de poing sur le capot du 4x4 pour éviter de le donner à qui que ce soit d'autre.

Faut que j'vienne te chercher, ou tu compte sortir par tes propres moyens ?

Le regard noir, elle ne le quittait plus des yeux. Elle entendit Ana faire remarquer qu'il était blessé, sans pour autant répondre. Le froid mordait sa peau comme une lame, mais qu'importait. Elle ne bougerait pas de sa position tant qu'il ne serait pas sorti de cette foutue voiture.


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Jasper McCarthy
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MessageSujet: Re: Sometimes, i hate you.    Dim 6 Déc 2015 - 0:16

Il avait passé beaucoup de temps à ruminer, repenser, marmonner. Il savait qu'il aurait dû au moins prendre le temps de déplacer ses affaires dans une autre chambre. Celle où il se trouvait lui rappeler trop de chose. Et lui disait bien assez qu'elle n'était plus. À plusieurs reprises il avait eu la nausée, l'air frais de la nuit n'avait réussi qu'à le faire trembler. Il avait respirer à pleins poumons cet air glacial mais il avait plus eu l'impression qu'il avait été en train d'avaler des lames de rasoirs. C'est assez rapidement qu'il avait refermer la fenêtre, cherchant d'autres remèdes pour oublier, rien que pour une seconde. Sans succès. Il ne pensa pas une seule seconde à aller voir les deux jeunes femmes au même étage. Discuter lui aurait peut être changer les idées, même juste le silence et leurs respirations aurait pu calmer ses pensées. Ça tournait à pleins régimes et ça n'arrêtait pas de lui envoyer des images totalement irréalistes. Il n'en était pas à gueuler pour faire taire ces cris, ni à répondre à ce qu'il croyait entendre.

Parce qu'à plusieurs reprises, il avait cru l'entendre elle. Un silence de mort s'était installé dans la pièce et la voix grave presque suppliante de la jeune femme lui demander de venir la chercher. Il croyait la voir allonger à coté d'elle, mais lorsqu'il tournait la tête, elle n'était pas là. Mais l'écho de sa voix continuait à se répercuter dans sa boîte crânienne. C'était devenu insupportable. Encore plus lorsque son esprit avait décidé de tourner la supplication en menace. Elle lui murmurait qu'il était partie sans regarder en arrière, elle lui sifflait qu'il n'aurait même pas été la tirer des griffes de ces choses. Elle lui rabâchait des horreurs sans qu'il ne ressente la force de contrer les mécanismes de son esprit qui était en train de se grignoter lui même.

Jasper avait fini par calquer sa respiration sur le grincement d'une chambre voisine. Ça lui occupait l'esprit durant quelques secondes, et c'est à ce moment qu'il s'endormit probablement. Il s'était retourné à plusieurs reprises, avait entendu sa voix, s'était réveillé puis rendormi. Les cauchemars remplissaient son esprit et ne lui laissaient aucun répit. Les cernes avaient tiré sa peau jusqu'aux premières lueurs du jour qu'il trouva libérateur.
Elle avait en partie raison, il l'avait abandonné, il n'avait même pas tenté d'aller arracher son corps aux infectés.
Et il n'avait pas envie d'être sûr de ce qu'il avait vu. Du sang qui avait tâché son corps et rendu son regard si figé. Ce regard qu'elle lui avait envoyé chaque fois qu'il avait fermé les yeux en tentant de trouver le sommeil. Qu'était-il sensé faire avec tout ça ? Se psychanaliser lui-même pour remettre de l'ordre et éviter d'avoir un retour de flamme plus tard ? L'état de stress post-traumatique allait peut être être un véritable problème à traiter. Il n'avait pas envie d'y penser, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se tourner vers ces visions d'horreurs.
Ils avaient vu, comme certainement d'autres. Ils avaient subi la fatalité et la pression d'une nouvelle vie à laquelle ils n'étaient pas préparé. Lui, ne se sentait pas de faire un morceau de chemin sur ce terrain vague là, il n'était pas sous cette coupe et n'avait aucune envie de stationner ici plus d'une seconde de plus.
Il fallait partir loin, plus loin que la périphérie, tenter les lieux reculés, les forêts, les maisons de campagne, les fermes, les îlots. Loin de toute civilisation. Là-bas, il arriverait peut être à repenser à tout ça, à faire son deuil, à croire vraiment en ce qu'il avait vu... Ou à tenter d'oublier sa vie d'avant.

« C'est un mensonge, c'est tout. »  Un mensonge de la vie, des informations qui ne circulaient plus, et de cette menace qui planait au dessus d'eux tous. Il était sensé faire quoi, subir la frappe de ces choses sans comprendre pourquoi ils... dévoraient des gens ? La menace n'aurait pas dû être maintenu par l'état ? Y avait-il vraiment un chaos insurmontable par l'homme qui était en train réellement d'engloutir tout sur son passage ? Plus il y pensait, plus ses nausées revenaient. Elle était encore là-bas, morte, certainement dévorée. Il ne restait peut être plus rien d'elle. « C'pas le plus important. C'est fini. » Comme les médicaments ? Il avait cru l'entendre rire. C'était une folie passagère, il rêvait à moitié, il le savait.
Il avait été tenté d'ouvrir à nouveau la fenêtre et de se pencher vers le vide, rien que pour sentir le vent sur son visage et tenter de balayer ces pensées néfastes qui lui obscurcissaient l'esprit. Ah ah. C'était vraiment une pure connerie cette histoire, il pourrait très bien y aller, récupérer sa voiture, et repartir sur la route. Éviter les grands axes. Et elles ? Qu'est-ce qu'il en faisait ? Elles étaient deux elles, elles n'auraient pas de problème. Elles sauraient se débrouiller. Il n'avait aucune raison de rester avec ces filles. Pourquoi pas, l'une d'elle a essayé d'me sauver. « Elle était juste suicidaire. » Ça le rassurait de ne pas l'être. Il y avait des gens pour jouer aux héros, pas lui. Jasper avait fait le tour de sa chambre. Sans doute avait-il marché trop fort pendant longtemps, qu'il avait malmené le parquet grinçant. Sans doute qu'il n'avait cessé de ruminer, entre l'envie de partir et de rester, le choix n'était pas difficile, pourtant il ne décollait pas. L'attente n'améliorait pas son état. Il se parlait à lui même, mais ça, c'était le seul coté réconfortant de l'histoire. Il n'avait qu'elle a qui parler et même s'il ne s'attendait pas toujours à ce que Mary lui réponde ce qu'il voulait entendre. « Ok. » Inutile d'attendre.

En deux secondes il embarquait les clefs et se trouvait en bas. Il récupèrerait le max là-haut, dans sa voiture, puis prendrait les petites routes jusqu'à trouver une bon endroit. Tranquille... Il ne leur devait absolument rien. C'était ce qu'il aimait se redire. Ça marchait bien pour sa conscience. Pourquoi n'avaient-ils pas été simplement chercher sa voiture à lui ? Il aurait été capable de conduire, même dans cet état. Il n'avait même pas réagi lorsqu'ils s'étaient retrouvés devant le vieux motel,  il n'avait même pas penser à leur voiture jusqu'à maintenant. Elles se débrouilleraient. Il devait à tout prix partir de cet endroit qui était en train de le rendre fou.
La plupart de ses affaires étaient restés dans la pièce, la chambre que Mary avait choisi après qu'ils aient inspecté l'endroit. Après. Il avait à peine claqué la portière lorsqu'il s'était mis à repenser à ce qu'elle lui avait répéter à propos des médicaments. C'était pas grave, elle allait devoir faire sans. Il allait faire quoi sans personne ? Il n'avait que quelques amis passagers, des parents morts, une petite amie morte, et des patients peut être mort pour la plupart aussi. Il n'avait aucune raison de rester ici. Il valait mieux pour lui qu'il se mette en sécurité, loin de cette ville qui tournait mal, loin du monde et à l'écart des dangers. De toute façon, la radio ne fonctionnait pas, les antennes leurs siffleraient le même message jusqu'à ce qu'elles soient grillées.
Alors pourquoi se sentait-il tout à coup autant en colère et nerveux. Il aurait tellement aimé pouvoir rabattre son poing là où il pouvait, rien que pour évacuer ses malaises. Il aurait aimer crier pour décompresser, mais il ne fit que rabattre à plusieurs reprises ses deux poings sur le volant quitte à se briser les phalanges. Il avait envie de partir, loin. Se mettre en sécurité, parce qu'ici bas, il n'y avait rien de bon et que ça lui faisait putain de trop peur.

Il savait qu'il aurait dû partir, parce que le temps s'écoulait et qu'il y avait toujours la faible possibilité qu'on le voit vouloir prendre la fuite vers un... avenir meilleur. Qu'est-ce qu'il se fichait qu'elles n'aient plus de voiture, elles pourraient toujours en récupérer à quelques kilomètres. Il y en avait des stations. Il s'était arrêté de marteler le volant, en proie à un malaise soudain alors que ça tête lui faisait mal, sa vision s'était probablement troublée. C'était à peine s'il était sûr de ce qu'il était en train de faire. Par contre, il vit parfaitement les deux ombres sortir précipitamment de la porte d'entrée du motel et entendit à peine la voix enragée étouffée par les carreaux fermés de la voiture. Mais il avait presque distinctement entendu la menace. La vue de la batte qu'elle empoigna dans sa direction pour le faire sortir était assez subjective. Les lèvres entrouvertes, sa première pensée lorsqu'elle lui dit de laisser les clefs sur le contact et de sortir fut justement de glisser sa main ensanglantée sur le volant jusqu'à la dites clef. Il ne capta pas le sang qui coulait de sa main, la plaie s'était clairement rouverte mais il ne ressentait bizarrement pas la douleur. La vue même du sang lui était cachée par sa vision légèrement brouillée.

« T'as carrément griller quelque chose. » Appuya t-il d'un geste de la main où il tapotait sa tempe maladroitement. Carrément folle. Il la savait tellement capable de se jeter sur le capot et de vraiment éclater les vitres de la voiture qu'il fit tourner le moteur. Par peur de se retrouver face à ce problème. Pourquoi n'avait-il pas démarrer bien avant d'ailleurs ? Il avait oublié de quoi son esprit avait été détourner.

« Elle va me tuer putain... » C'était tout ce que la jeune femme lui inspirait là tout de suite. C'était peut être compréhensible, vu que c'était son véhicule, mais avait-il réellement envie de se retrouver avec des bouts de verre dans le visage pour une histoire de misérable voiture volée ? Puis, elle était pas sensée savoir qu'il allait se sauver comme ça... Peut être avait-il juste eu besoin d'air. Des excuses lui venaient en tête, au cas où il n'en sortait pas. Mais ça l'empêcha pas d'enclencher la fermeture automatique de toutes les portières. Pourtant enfermer dans la voiture, il ne se sentait pas plus en sécurité. Au moins, la jeune femme avait eu le mérite de lui sortir ces idées morbides de la tête. Il n'y pensait plus, jusqu'à oublier qu'il était en train de se vider de son sang sur le volant qui continuait de glisser. Il n'avait pas baisser les yeux devant son regard, comme s'il avait été incapable de regarder ailleurs. Le bruit du moteur s'était presque calqué sur la dernière menace de la jeune femme alors qu'il appuyait sur la pédale des vitesses. Il accéléra presque au même moment en calant maladroitement la marche arrière. Sa main droite glissait et c'est à ce moment qu'il lâcha un cri de surprise et de douleur. La douleur le fit tirer le volant dans le mauvais sens et il en oublia de lâcher les pédales. La voiture partit en arrière et se cala dans le mur de l'hôtel. Dans le choc sa tête percuta le dit volant et le fit voir noir.


“L’endroit le plus sombre est juste sous la bougie.” p. korean
Le silence qui suit un grand désastre est le son le plus paisible qu'on peut entendre à la surface de cette terre. Elif Shafak.

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Carmen L. Mendoza
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MessageSujet: Re: Sometimes, i hate you.    Lun 7 Déc 2015 - 18:45


Tout s'accélérait. Sa main sur la clé, le moteur démarrant. Il lui sembla un instant qu'elle était embrouillée par un brume de colère, alors qu'Ana demandait pourquoi il y avait autant de sang, et que Jasper maintenait qu'elle perdait la tête.

Essaie de démarrer, et je vais te montrer à quel point je peux être givrée. Eructa t-elle lentement sans quitter son regard,  alors qu'Ana tentait sans grand succès de la ramener à la raison.
Elle connaissait à peine ce type, qu'il la rendait folle de rage. En général, elle tentait de ne pas hurler tout de suite mais pour le coup...
Elle allait le tuer. Il avait entièrement raison. Elle allait le sortir de force de cette voiture et s'acharner sur lui jusqu'à ce que mort s'en suive, pour avoir été prêt à les laisser mourir là.
Son regard s'assombrit alors que les portières se verrouillaient, et qu'il n'enclenche la marche arrière.
Elle s'était attendue à le voir disparaître et cherchait déjà comment se sortir de ce mauvais pas. Sans doute que son esprit alla plus vite que la situation, puisqu'au moment ou elle estimait leur chance de survie dans le coin, la voiture alla s'encastrer contre le mur du motel, assommant net le jeune homme.

Putain mais c'est pas vrai !

En quelques secondes à peine, elles avaient rejoint ce qui restait de leur 4x4, alors qu'elle tentait d'ouvrir la portière passager sans grands succès.

Il est inconscient, mais je crois qu'il à perdu pas mal de sang vu son état...

Ana avait beau rester professionnelle, elle avait senti un pointe d'inquiétude dans sa voix alors qu'elle s'était penchée sur le pare brise pour tenter d'en voir d'avantage. Sans doute qu'il n'avait jamais été la voir pour se faire recoudre comme elle le lui avait conseillé, et que la blessure était nettement plus grave qu'elle ne l'avait supposée.

Il faut qu'on le sorte de là, j'ai besoin de l'ausculter, il risque l'exsanguination si on fait rien.
Il à essayé de nous planter là j'te signale !
On sait même pas si il comptait vraiment se barrer ! Qui te dis qu'il est pas perturbé ? Il à perdu sa copine j'te ferais remarquer !

Pour une fois, Carmen se tut, observant sa soeur avec un regard noir. Sainte Ana Lucia, et sa manie de sauver le monde entier,qui était contre la peine de mort et donnaient ses vêtements aux défavorisés. Qui luttait pour toutes les causes humanitaires aussi. Pourtant, sa petite soeur ne céda pas, restant plantée à côté de la voiture avec la ferme intention de laisser un blessé. La gérante hésita une seconde, alors que la culpabilité prenait à nouveau le dessus, la faisant soupirer d'exaspération alors qu'elle attrapait à nouveau sa batte avec fermeté.

Ok, ok. Ecarte toi.
Qu'est-ce que t-
Cette bagnole est bonne pour la casse de toute façon.

Poussant doucement sa soeur sur le côté, elle asséna un violent coup contre la vitre passager, brisante cette dernière alors que quelques éclats venaient ouvrir la peau nue de ses bras, la faisant jurer. Tentant au mieux d'éviter les pointes acérées qui restaient alors qu'elle parvenait à accéder aux commandes de verrouillage, elle aida Ana à porter le blessé jusqu'au premier étage dans la première chambre de libre, grimaçant sous la douleur. Enfin, elle put laisser sa soeur prendre le relais, alors qu'elle diagnostiquait la blessure en demandant aiguille, fils et désinfectant que Carmen lui tendit sans mots dire. Elle l'écouta d'une oreille distraite, tentant de ne pas chouiner comme une enfant alors qu'elle retirait un éclat de verre de son avant bras déjà abîmé par les traces de griffures, grimaçant en laissant tomber le verre à même le sol dans un petit tintement.

Plus de peur que d'mal. C'est surtout le choc qui l'a assommé. Sa coupure nécessitait des points, mais faudra que je m'occupe de son pansement demain, et que je le change régulièrement. Maintenant à ton tour.
Ca va, c'est des coupures. Tu sais combien j'en ai eu en bossant au BlackList ?
Ouais, bah là t'es plus patronne de ton bar. Alors tu me laisse gérer.

Carmen leva les yeux au ciel, alors qu'Ana s'attelait déjà à désinfecter et bander son avant bras, marmonnant entre ses dents avant d'annoncer qu'elle allait s'occuper de ranger leurs affaires.

J'vais attendre qu'il se réveille. Annonça t-elle en se relevant du sol ou elle s'était posée. Passe moi ta ceinture.
Pardon ?
Tu voulais le soigner ? C'est fait. Moi, j'vais m'assurer qu'il nous file pas entre les doigts sans une bonne explication.

Et cette fois, Ana ne trouva rien à redire à la chose. Lui tendant ladite ceinture en lui faisant promettre de ne pas repartir dans une colère noire, elle quitta enfin la pièce tandis que l'ex gérante s'occupait de bloquer fermement le poignet valide du jeune homme en l'attachant contre la tête de lit, prenant place sur la chaise à côté de lui, attendant sagement en croisant les bras contre sa poitrine.
Elle ne sut pas vraiment combien de temps s'écoula avant qu'elle ne sente enfin du mouvement, tournant enfin la tête vers lui. Le calme était enfin revenu au motel, et elle lui accorda quelques secondes pour émerger et réalisé ou il était, avant de prendre la parole.

Bien dormi j'espère ? D'un léger mouvement de tête, elle indiqua l'attache. Je t'avais dis que j'étais encore plus givrée que tu l'imaginais.

Pourtant, malgré la menace à peine voilée, un sourire presque doux se dessina sur ses lèvres, alors qu'elle lui tendait une bouteille d'eau.

Ana à dit que tu n'avais pas d'infection, mais qu'il faudrait changer régulièrement ton pansement, et que tu risquais d'avoir un sacré mal de crâne. Elle m'a aussi dit que t'avais rien emporté comme vivres... Elle est venue me voir pendant que tu comatais.

Pour le coup, elle s'était sentie stupide. Elle devait l'avouer, au moins à elle même. Fronçant légèrement les sourcils, elle joua un instant avec une de ses mèches, ramenant son attention vers lui.

Mais ça empêche pas que j'aimerai savoir ce que tu foutais dans cette voiture. Voiture qui à rendu l'âme d'ailleurs. Elle devrait tenir le temps de récupérer la tienne, et ensuite elle sera complètement hors service.


Une pause à nouveau, alors qu'elle se demandait pourquoi elle parlait autant au type qui avait faillit les abandonner.

J'aimerai juste... Comprendre, je crois. Si tu voulais pas qu'on reste en groupe, tu savais qu'on se serait barré. Alors, c'est quoi cette réaction ?

Mieux valait qu'il parle. Autrement, elle serait dans l'obligation de ne pas délier ses liens improvisés. Et si il s'agissait d'attendre des heures, elle saurait être patiente.


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Jasper McCarthy
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MessageSujet: Re: Sometimes, i hate you.    Ven 18 Déc 2015 - 22:22

Des taches sombres avaient brouillé sa vision jusqu'à devenir un écran noir. Il s'était retrouvé plongé dans un demi-sommeil, sans pouvoir maîtriser son environnement. Mais ça n'avait plus tellement eu d'importance vu qu'il n'était même plus conscient. Il ouvrait les yeux lentement, sa vision floue ne lui apportant pas suffisamment d'information pour reprendre contact avec la réalité. Il ne savait même pas s'il avait rêvé. C'était comme si sa capacité à réfléchir s'était noyé sous des tonnes de coton épineux. La sensation de n'avoir rien à quoi se raccrocher et de ne pas comprendre là où se trouvait était bien présente. Il s'était réveillé avec des souvenirs en moins. Souvenirs qui lui auraient largement permis de réaliser ce qu'il avait perdu quelques heures plus tôt et qu'il avait été sur le départ pour retrouver sa voiture.

Plisser les yeux pour améliorer sa vision lui demandait des efforts considérables, et il évaluait enfin la forme qui se trouvait à ses côtés et qui semblait le regarder avec grand intérêt. Les contours de la personne se dessinaient au fur et à mesure que sa vision s'habituait à la luminosité de la pièce. Les taches sombres s'éclaircissaient et lui brûlaient la rétine, l'obligeant à les protéger en refermant les yeux. Cela lui avait pris encore quelques minutes avant de vouloir passer sa main sur son front douloureux. C'était comme s'il s'était cogné sur une surface dure et qu'ils ne s'en étaient pas rendu compte, il n'avait aucun souvenir du choc.
Par contre, il se rendit assez vite compte que la main qu'il commandait machinalement ne venait pas à lui. Comme si elle avait été immobilisé ou qu'elle n'était plus là. La tête chancelante il tourna sa vision encore tachetée en direction de sa main qu'il retrouva sanglé sans comprendre. C'était quoi ça ? Qu'était-il sensé comprendre ?

Certainement pas une blague de Marie, elle n'avait jamais ce genre d'idées. Et la forme à coté de lui ? Rien n'était encore clair dans son esprit. Il tourna vivement son regard en direction de la forme à coté de lui, sans savoir vraiment où regarder, attendant que sa vision se précise et laisse apparaître une chevelure brune et un visage qui eut tôt fait de lui rappeler brièvement les récents événements. La voiture, les volants glissants, la batte de baseball, et un dérapage raté. Il avait dû se cogner au volant en faisant une mauvaise manoeuvre. Les récents événements s'imposèrent à son esprit, ainsi que la perte évidente de Marie et la découverte du véritable visage de l'une de ses deux soeurs. Le fait qu'elle l'attache pour éviter qu'il se barre était une idée brillante mais n'allait pas améliorer la crainte qu'elle lui avait inspirée. Ce n'était pas gagner de tenter de la rassurer sur ses supposées convictions. Il n'avait pas envie de voler la voiture, il partait juste en balade. Elle cherchait des explications et apparaissait peu à peu sous un visage autre. Celui de la jeune femme qui avait essayé de le soigner, de le rassurer. Mais il restait sur le qui-vive, dans l'attente. Il n'était pas forcément rassuré par sa présence. Le mal de crâne il l'avait, mais préféra pas ne faire de commentaires. Comment était-elle sensé savoir que la voiture qu'il avait malheureusement saboté tiendrait jusqu'à la sienne ? La voiture pourrait à tout moment les lâcher en plein milieu d'une route et ils seraient contraints de faire le chemin à pied.

« Laquelle des réactions ? » Finit-il par murmurer. Celle d'avoir pris l'initiative d'occuper le véhicule seul et de partir à la dérive ou celle d'avoir enclencher la marche arrière à toute vitesse lorsqu'elle avait brandi la batte au dessus de sa tête, menaçante ? Il ne savait pas trop quoi répondre, pas encore forcément en état de répondre correctement alors que sa vision n'était pas encore tout à fait confortable. Sa migraine naissante ne l'aidait pas . Il ne pouvait même pas tenter de juguler la douleur en massant la zone douloureuse. Rien à faire. Il ne pouvait même pas espérer qu'elle le relâche sans une explication plausible.

« Je n'ai aucune raison de m'enfuir. J'ai juste mal dormi et réfléchi à beaucoup de choses toute la nuit.
J'ai voulu récupérer ma voiture et laisser la vôtre là-bas.
»


Ce n'était pas forcément que du positif, mais c'est ce qui faisait sens. Il ne pouvait clairement pas être honnête en disant qu'il avait clairement eu l'intention de s'en aller de son coté. Il n'avait pas forcément envie de rester avec quelqu'un. Ce n'étaient pas elles le problème, mais la faute à ce qui zonait dans les environs et à un état d'esprit pas forcément reluisant. Clairement, il avait besoin d'air, et prendre le volant pour aller récupérer le véhicule, le sien, lui aurait déjà permis de s'éloigner du motel qui se transformait en véritable fantôme vivant. Ces filles avaient envies d'un coin pour se poser, qu'elles fassent. Mais il n'avait pas besoin de se justifier sur ses actions.

« J'n'ai pas réellement réfléchi à ce que vous pourriez penser. On aurait récupérer cette voiture plus tard. La mienne est plus importante, il y a pas mal de ressources à dedans... J'aurai dû insister pour qu'on aille la chercher ça aurait fait moins de problèmes. »

Il avait clairement appuyé sur le dernier mot, sans pour autant regarder la jeune femme dans les yeux. Cela faisait déjà quelques minutes qu'il parlait d'une voix lente, presque posé et calme, alors que c'était le chaos à l'intérieur. Il avait envi de se détacher, de tirer sur la ceinture, ça lui faisait mal au bras, et il en avait marre de jouer au jeu du tu me dis pourquoi t'as fait ça. Mais il avait l'air calme.

« Mais je ne pense pas non plus avoir besoin de me justifier à chaque action que je fais... Il n'y a pas de contrat. Vous avez voulu vous poser ici, je n'allais pas refuser. » Ce n'était pas une question de bon vouloir. Même avec un état d'esprit disgracieux, il n'avait pas eu la force de dire non, allez ailleurs. Des excuses pour le véhicule était bienvenu mais il n'avait pas envie d'en faire. Peut être plus tard lorsqu'une discussion normale serait engagée.


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MessageSujet: Re: Sometimes, i hate you.    Sam 19 Déc 2015 - 10:48


La patience n'avait jamais été son fort, mais pour une fois, elle fit l'effort de rester calme et placide le temps que Jasper émerge de son demi sommeil. Bras croisé contre sa poitrine, effleurant vaguement le bandage qui tirait sur son bras, elle soutint son regard alors qu'il revenait doucement à la réalité, prenant conscience de son attache.
Enfin, il prit la parole en demandant de quelle réaction elle parlait, ce qui la fit rire légèrement. Le choc avait été à ce point violent ? Secouant légèrement la tête, elle soupira alors qu'il reprenait la parole en expliquant qu'il n'avait pas cherché à s'enfuir. Mauvaise nuit, besoin de récupérer sa propre voiture... Elle fronça un instant les sourcils, restant néanmoins silencieuse pour lui laisser l'occasion de s'expliquer un minimum.

Effectivement, ça aurait pu éviter pas mal de soucis. Comme le fait que la voiture est désormais hors service, et que je doute fortement qu'un garagiste soit encore ouvert dans le coin... Fit-elle remarquer en levant les yeux au ciel, repensant à l'état du 4x4.

Du coin de l'oeil, elle nota qu'il était toujours attaché, alors qu'il reprenait la parole en faisant remarquer qu'il n'avait pas à se justifier sur ses moindres faits et gestes. Pas de contrats, aucune obligation blablabla. Elle ne put s'empêcher de sourire à nouveau. Est-ce qu'il réalisait à quel point ses excuses étaient bidons, ou était-ce le mal de crâne qui influait sur ses paroles ?

En fait... Si. Quand il s'agit de ma voiture, il s'agit de te justifier sur le sujet. Je t'avais dis qu'on irait récupérer la tienne dès aujourd'hui. Ca aurait pu t'éviter de faire une mauvaise manoeuvre et de t'assommer, ou encore que je sois obligée de fracasser la vitre pour aller te récupérer à l'intérieur. Dit-elle en observant brièvement ses blessures au bras. Quand au fait de se poser... On a rien demandé nous. D'ailleurs, si ça peut te rassurer, on reprendra la route rapidement. Au moins, tu n'auras pas à nous supporter. Le motel est bien hein, j'dis pas. Mais, pas assez facile à sécuriser, il faudra qu'on trouve un coin un peu plus fermé.

Elle se tut un instant, ramenant ses cheveux en arrière alors qu'ils retombaient sur son front. Jasper était une véritable énigme pour elle. Et aussi, un sujet à controverse. Si elle le haïssait pour le coup qu'il avait faillit faire, elle n'imaginait pas une seule seconde se retrouver à sa place. Si Ana venait à mourir sans qu'elle ne puisse la sauver, comment aurait-elle réagi de son côté ? Sans doute qu'elle aurait basculé dans la folie pure...
Enfin, elle vint avec douceur détacher la ceinture qui maintenait son poignet, la déposant sur la table de chevet.

Ecoute. On est sans doute très différents toi et moi, et on à pas forcément la même façon de penser. Mais, avec tes blessures rester seul serait une mauvaise idée. Ton pansement doit être changé régulièrement, et je ne suis pas sûre que tu sache le faire à la perfection. Ce que je te propose, c'est de rester avec nous au moins le temps de ta guérison. Il y à un parking pas très loin, on devrait pouvoir trouver une voiture en état de marche pour aller chercher la tienne, au moins tu te sentiras peut-être plus en sécurité. Et ensuite, quand tu ira vraiment mieux, on pourra prendre la décision de se séparer si c'est ce que tu veux toujours.

Si elle n'était pas conciliante de base, le fantôme de Mary continuait de la hanter, même réveillée. Si leurs chemins ne s'étaient jamais croisés, peut-être que la rousse aurait survécu après tout ? elle ne pouvait s'empêcher de ruminer sur la question malgré elle...

Si on veut survivre, le mieux est de rester groupés pour l'instant. Après, tu fera ce que tu veux. On à trouvé pas mal de maisons abandonnées et éloignée de la ville sur notre chemin. Avec un peu de chance, si on s'y met à plusieurs, on pourra en sécuriser une et ce sera plus défendable que le motel.

Avoir le choix. Elle même aurait aimé avoir le choix au cours de sa vie; Le choix de faire de longues études, de ne pas élever ses soeurs, le choix d'avoir une vie normale et agréable... Pourtant, elle n'avait jamais eu cette occasion. Et si Jasper pouvait l'avoir au vu de la situation, ce serait toujours mieux que rien.

Je ne te force pas. Je ne fais que te proposer. Mais je ne laisserai pas passer un nouveau coup comme celui là, c'est tout. C'est pour ça que je préfère te laisser décider, et que tu me dise clairement ce que tu veux faire exactement. Une fois que tu sera sûr de toi, j'irais récupérer ta voiture de toute manière. Au moins, tu auras toutes tes vivres à disposition, et peut-être que ça te rassurera, j'en sais trop rien.

Elle se leva de la chaise, étirant légèrement son corps rompu par les courbatures, avant de lui faire face à nouveau. Le mieux était qu'il se décide maintenant. Mais de là à ce qu'il el fasse...

Alors ?


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Jasper McCarthy
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MessageSujet: Re: Sometimes, i hate you.    Lun 4 Jan 2016 - 0:50

C'était la voiture de la dame après tout. Elle était en droit de pleurer sur l'état déplorable dans laquelle il l'avait rendu. Il ne se sentait pas vraiment fautif dans l'affaire et préférait largement se concentrer sur la situation chaotique dans laquelle il était. C'était désagréable d'être accroché au lit, fait prisonnier, parce qu'il avait voulu s'enfuir avec leur pauvre véhicule. Elle y tenait tant que ça . Elle pouvait très certainement marcher avec ces deux jambes, courir même. Elle avait la rage du vivre, elle aurait l'énergie pour trouver toute seule comme une grande la présence de stations-service et de possible véhicule sur le chemin... Quoiqu'il y ait très certainement des présences indésirables sur le chemin. Un frisson léger parcourut son échine alors qu'il relevait les yeux dans sa direction.

Mauvaise manoeuvre, carnage, la faute à qui ? Il n'avait fait aucun commentaire à ce propos, encore secouer par la douleur sur son front, dans le pli de sa main, et celle de ses souvenirs. Mais, lorsqu'elle s'approcha délicatement de sa main pour en détacher la ceinture qui l'empêchait de bouger, il eut peur une fraction de seconde. Si Carmen avait été la plus douce possible, il gardait en tête qu'elle était un danger potentiel... Il avait attisé le courroux de la brune certes, mais de là à ce qu'elle aille lui exploser la tête pour récupérer son bien. Dans un accès de rage, les gens pouvaient tout faire. Une preuve, il avait été tout à fait capable de les laisser en plan ici sans faire machine arrière. Et maintenant ? Alors que les boucles brunes retombaient sur le visage basané de la jeune femme, il tirait son poignet vers lui pour le masser lentement, sans quitter du regard Carmen qui se remettait à parler.

Il venait d'avoir un regard pour sa main, celle qui avait été soigneusement penser et bander. Il n'avait pas vraiment réalisé et ses lèvres s'étaient légèrement entrouvertes en chuchotant un :

« Merci pour ça... » Sans plus de conviction, rien que pour laisser la jeune femme tenter de le convaincre encore. En soit, il était plutôt d'accord, il risquait fortement d'oublier de changer le pansement et de remettre à plus tard les soins. Déjà parce que si sa main était sensible voire douloureuse, il était certain qu'elle se soignerait toute seule. Mais aussi parce qu'il y avait bien d'autres choses à régler.

« Différent. Tout le monde l'est. Comme tu es différente de ta soeur, comme tu peux ne pas voir les choses de la même manière que ton voisin. Tu parles de survie comme si tu en avais vu suffisamment. Je ne suis pas forcément convaincu par le fait... que survivre en groupe aidera la majorité. C'est une idée reçue qui peut être erronée dans certains cas. » De nombreux cas pour ainsi dire, mais ses lèvres se pincèrent avant de former un léger rictus à peine visible puisqu'il venait de détourner la tête de l'autre côté alors qu'elle était en train de s'étirer. Combien de temps avait-elle veillé ici ? Pour avoir des courbatures, c'était qu'elle était là depuis un moment. Elle n'avait sans doute pas voulu laisser sa place à sa soeur qui aurait été pu facile à berner. Trop gentille... Jasper lâchait enfin son poignet pour tenter de se redresser, non sans grimacer en appuyant malencontreusement sur la blessure qu'il mettait trop de temps à retenir.

« Je ne dis pas... Que c'est mal d'être en groupe. Mais ça n'a pas très réussi la dernière fois. Et ce n'est pas que de mon fait... Ni du tien, même si ça m'arrangerait bien d'avoir quelqu'un à vraiment détester pour ça... Tu parles de s'organiser en groupe, mais on ne sait pas à quoi on a affaire. »

Il ne savait pas comment se battre contre ses choses et n'avait aucune envie de lutter contre un raz-de-marée. C'était comme tenter de nager avec un poids qui vous tirait vers le bas, improbable, infaisable, impossible. Le souffle et la force finiraient par manquer.

« Ça serait mieux ensemble... Mais ça pourrait très bien tourner au vinaigre. Puis, quand tu parles de maison sur le chemin, d'où elles seront plus faciles à garder ? Il nous faudrait plutôt une tour dans l'idéal, quelque chose en hauteur, et des armes. Et... Il n'y a pas que ces âmes torturées qui nous en veulent. »

Des fous furieux avaient été de passage pas loin de l'hôtel quelques jours après que... Mary et lui se soient installés. Mais ils n'avaient pas fait d'escales par chez eux. Bizarrement. Parce que la voiture elle, elle était bien garée devant le vieux motel, et elle était bien la seule.
Et lui dans ce cas, n'avait-il pas facilement pu abandonner ces filles à leur sort ? Il ne s'en voulait pas le moins du monde d'avoir eu envie de s'enfuir le plus loin possible... Ce n'était pas mal, c'était un instinct de survie primaire. Il soupira, bruyamment, laissant l'air s'échapper de ses lèvres alors qu'il reprenait le fil :

« En bref. Tu me dis que je n'arriverai pas à gérer cette blessure seule. Ce qui est tout à fait vrai, malheureusement. Mais, en me disant ça, tu ne me laisses pas tellement le choix de vous suivre. D'une certaine façon, c'est soit je continue avec ta confiance en ma personne totalement effritée mais j'ai le temps de panser mes plaies. Soit je meurs. Difficile de faire un choix. » Dans la logique des choses, il opterait forcément pour le côté larmoyant de l'histoire... Mais échapper à la solitude n'avait rien de très alléchant pour lui. Le regard tout à coup fuyant, bien trop tourner vers le visage de Mary qu'il percevait dans un éclat de lumière, il paraissait confus. Poser des questions pour répondre aux questions, c'était toujours plus facile. Mais ça ne l'empêcha pas après quelques secondes d'inattention de lui dire : « Tu as fait ce choix pour moi. »


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Le silence qui suit un grand désastre est le son le plus paisible qu'on peut entendre à la surface de cette terre. Elif Shafak.

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MessageSujet: Re: Sometimes, i hate you.    Ven 8 Jan 2016 - 22:58


Elle ne voulait pas de ses remerciements. Elle n'était pas venue pour ça de toute manière, et si il devait les adresser à quelqu'un, autant les faire à Ana qui elle, les méritait largement vu avec quel ardeur elle avait voulu soigner ses plaies. Elle, elle s'était juste contentée de l'observer dans son coma et rien d'autre.
Tout le monde était différent, disait-il. Elle se contenta d'hausser les épaules sans grande conviction, le laissant néanmoins bavarder sur le sujet. Parler de survie comme si elle y connaissait quelque chose. Sans mot dire, elle ne put s'empêcher de rire légèrement malgré elle. Survivre, de par son milieu et son passé, avait été un peu quelque chose d'ordinaire. Elle n'avait pas fait de grandes études, ne parlait pas couramment plusieurs langues et n'était jamais sortie de Seattle, mais dans un sens, elle avait malgré tout travaillé dur pour gérer à la fois un semblant de vie de famille stable, une situation et tenter de se faire un nom dans le milieu de la nuit. En un sens, elle avait survécu à de nombreuses pertes et déceptions, ce qui lui permettait de mieux gérer cette nouvelle crise que n'importe qui.

Tu ne sais rien de moi, ni de mon passé. Et de toute manière, il n'y à pas grand chose à dire sur le sujet, mais je peux au moins t'assurer que cette survie là n'est pas si différente de la vie de tous les jours. Se lever, respirer, avancer. C'est pas quelque chose de particulièrement innovant si tu veux mon avis. Et puis survivre en groupe est d'une façon générale, plus pratique à mon sens. On à pas commencé à parler de civilisation avant que les hommes ne se mettent à survivre en groupe après tout ?

L'idée de groupe le laissait sceptique quoi qu'elle puisse dire en fait. C'était son avis, elle n'avait pas grand chose à redire sur le sujet, hormis le fait que dans sa tête, c'est lui qui avait entièrement tort, et elle raison. Une ombre passa dans son regard quand il évoqua la perte de la rouquine, sans qu'elle ne relève, à nouveau. Elle se rongeait bien assez de l'intérieur en observant les lacérations le long de son bras qui la ramenaient inlassablement à cette même scène de cauchemar dans l'ascenseur qui lui avait semblé durer une éternité. Quand aux maisons à protéger, avait-il seulement jeté un oeil au motel et ses vitres inexistantes, ses portes grandes ouvertes et ses innombrables entrées et issues de secours ?

La perte de Mary, était un accident. Et je m'en veux, sois en assuré. souffla t-elle en évitant son regard bleu, avant de rajouter. Quand à un nouvel endroit, oui ce serait plus défendable, à condition de s'organiser. On peut trouver un lieu plus petit, en hauteur ou même sur le toit d'un château d'eau dont on aurait démonté l'échelle si ça te fais plaisir, à partir du moment ou on est capable de travailler en équipe sans avoir peur de se prendre un coup de couteau dans le dos.  

Si ils devaient faire équipe, l'idée qu'il ne tente de lui voler à nouveau la voiture lui trotterait forcément dans le crâne malgré elle, c'était un fait. Quand aux armes... Ca c'était un problème réel. Lui avait perdu son couteau, et elle ne possédait qu'une batte. Elle savait peut-être cogner, mais pas manier une arme à feu. Quand à Ana, elle n'en parlait même pas. Son truc c'était la médecine, pas le combat. Elle était plus pacifique qu'agressive, peu importe les circonstances alors...
Il estimait qu'elle faisait un choix pour lui, alors que ce n'était pas le cas. Elle se contentait d'émettre des hypothèses, et donner son point de vue. Carmen fronça un instant les sourcils, relevant le regard vers Jasper en l'écoutant avec son histoire larmoyante, avant de le couper froidement tandis qu'elle se relevait enfin pour longer le lit, prenant de la distance avec lui.

Je ne fais pas de choix pour toi, non. Je fais le choix de tenter ma chance, et de protéger ma famille du mieux que je peux. Tu as toujours le choix, et je ne t'obligerais certainement pas à rester. Si tu tiens à continuer ton chemin seul, libre à toi. On ne se connaît pas, on s'est rien promis. Mais j'ai pas oublié que dans l'ascenseur, c'est ton coup de couteau qui m'a évité de me faire agrippé par une espèce de cinglée congénitale. Dans un sens, j'ai une dette envers toi, même si ça me gonfle de l'admettre. Je ne fais que tenter de te rendre la pareille, après, à toi de décider de ce que tu veux vraiment.

Pourquoi s'acharnait-elle dans un duel verbal avec lui alors qu'elle aurait pu se contenter de l'envoyer bouler comme à son habitude ? Ah bien sûr; le remord, la dette. Ce genre de pensée ridicule qui lui rappelaient que parfois, elle était un peu trop empathique et qu'elle aurait préféré naître antisociale et sans attaches nulle part. A son tour, elle soupira bruyamment  en passant une main dans ses boucles folles, avant de rajouter une dernière fois.

Tu fais ce que tu veux. Et si tu décide de partir, j'irai quand même chercher ta caisse, comme convenu. Au moins, on sera quitte.  


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