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 I will not die, i'll wait here for you

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Rose A. Warren
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MessageSujet: I will not die, i'll wait here for you   Ven 27 Nov 2015 - 23:42


Elle avait eu cet avantage énorme, que de se retrouvée rapidement entourée ici, au Stade. D'abord Alan, puis Hope, Michaela... Malgré son caractère exécrable, elle avait su trouver des inconnues qui désormais faisaient partie de sa nouvelle vie, et l'empêchait de se sentir un peu trop seule quand son moral était en baisse.
Pourtant aujourd'hui, elle n'aspirait qu'à une seule chose; retourner se coucher. Car depuis son réveil ou on lui avait tout juste laissé le temps de fumer une cigarette et avaler un semblant de café soluble, les soldats l'avaient réquisitionnés pour appliquer son boulot de toubib à même le camp. A croire qu'un bus entier de survivants s'était pointé aux portes du stade dans la même journée, incitant tous les civils issus du corps médical à venir filer un coup de main. Pour son plus grand bonheur donc.

La mine fatiguée, elle avait récupérer une dizaine de civils, confiant Norman aux soins de Lara tandis que la liste semblait ne jamais s'arrêter. Noms de familles, prénoms, questions de routines, auscultation, s'assurer qu'aucune morsure n'était présente... Seul ou accompagné d'un membre de la famille, allergies, ancienne adresse connue. Tant de détails qui lui semblaient inutile dès l'instant ou ils franchissaient les portes du camp et pourtant... Sa main lui faisait mal, à force d'annoter avec soin tous les renseignements qu'on lui citait sur un carnet de note.
Il devait être aux alentours de 15h quand elle put enfin se laisser tomber sur une chaise, sortant de la tente pour aller fumer une cigarette sous l'air glacé avant qu'un soldat ne la ramène à nouveau vers son lieu de travail improvisé.

On à encore un civil sur la liste Ma'am...
Ca peut pas attendre 3 minutes ?

Le ton plaintif, le regard noir. Tout y était pour clairement montrer son impatience pourtant le soldat se contenta de l'ignorer royalement, rayant de sa liste les derniers arrivants.

Au moins après vous pourrez rejoindre votre fils. Et puis, le nom devrait vous dire quelque chose.
Avec le nombre de noms de famille que j'viens d'entendre, pas sûr, mais dite toujours...
Un truc en W. Un peu comme votre gamin il me semble.

Immédiatement, elle releva le regard sur le soldat, qui tentait en vain de se rappeler le nom de la liste. Non, c'était impossible, il devait se tromper. Un nombre incalculable de fois, elle avait eu l'espoir de le voir arriver ici, sans jamais avoir la moindre nouvelle à cause du réseau saturé encore et toujours. L'hiver arrivait, et avec le froid, elle n'imaginait même pas l'état des routes. Pourtant, maintenant qu'elle se forçait à ne pas y penser, un soldat lambda lui assurait qu'il n'était pas impossible qu'il soit ici ?

Je veux le voir. Annonça t-elle d'une voix blanche.

Sans doute que son teint avait dû pâlir, vu comme le soldat ne posa aucune question, se contentant de l'emmener au dit lieu en l'abandonnant à l'entrée. Le coeur battant, Rose avait fini par avancer d'un pas puis d'un autre, jusqu'à réussir à rentrer dans la tente pour faire face à l'inconnu.
Sur le coup, il lui sembla qu'elle était à deux doigts de s'évanouir, avant que sa mémoire ne se rappelle parfaitement qu'elle ne rêvait pas. Elle n'avait pas eu besoin qu'il relève le regard pour comprendre qui se trouvait en face d'elle, et que cette fois il ne s'agissait pas d'un rêve dont elle allait se réveiller.

Gary ?

La gorge serrée, elle serra nerveusement l'alliance à son cou entre ses doigts, priant pour qu'il ne s'agisse pas d'une autre personne qu'elle aurait confondu. Ne sachant plus vraiment ou donner de la tête, alors qu'une partie d'elle même voulait pleurer et l'autre sauter de joie. Ce ne fût que quand elle croisa son regard qu'elle lâcha enfin prise. Tant pis pour les mois de disputes houleuses suite à leur séparation, ou leur relation étrange par téléphone. Le simple fait de le revoir enfin après tout cette angoisse balayait d'un revers leur passé, alors qu'elle lui laissait tout juste le temps de se relever pour le serrer dans ses bras, n'osant plus le lâcher.

T'es venu...

Tant pis si elle craquait enfin, après plusieurs mois à tenir pour Norman. Ses yeux la brûlaient l'incitant à les fermer sans pour autant se séparer de son ex mari, mélangeant espagnol et anglais pour remercier tous les dieux qu'elle pouvait connaître de le retrouver enfin.

J'étais morte de peur joder. Elle se recula enfin pour prendre le temps de le regarder, essayant de contenir son émotion.


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Gary Warren
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MessageSujet: Re: I will not die, i'll wait here for you   Sam 28 Nov 2015 - 16:22

Il avait fallu se faire une raison.

En arrivant dans Seattle, Joey l'avait dit. Vu le bordel, vu les routes, vu Tacoma même, vu tout ça, y'avait pas moyen d'atteindre le stade avec la caisse sans finir totalement dessouder. Et alors qu'ils avaient à peine franchit le quartier de South Park, ils avaient tous les trois abandonner l'idée. Ils avaient trouvé une maison abandonnée par ses habitants, l'avaient squatté pendant plusieurs jours en zieutant des cartes à longueur de temps et en sortant par moment pour aller piller la piaule d'à côté. Deux semaines durant, l'idée de se rapprocher du stade pour retrouver Rose et Norman l'avait pas quitté un seul instant, mais Gary avait été contraint de mettre son impatience sous silence.

Il avait placé son matelas près de la porte d'entrée, avait barricadé cette dernière, et y passait la totalité de ses nuits blanches. Clint, la tête posée sur sa jambe la plupart du temps, à dormir comme il le pouvait, emmitouflé dans les couvertures ou simplement à le fixer en soupirant. Et Gary n'avait qu'une seule chose à lui dire pour prendre son mal en patience « Soon, Buddy. Very soon. »

Norman lui manquait. Bordel. Il avait pas les mots pour faire comprendre à Joey ou Max ce que ça pouvait faire de pas avoir son fils avec lui. Déjà au départ de Rose pour Seattle, Gary s'était trouvé au fond du trou, à vivre à côté d'une chambre vide et silencieuse, qui correspondait en rien à ce qu'elle devait être. Phoenix était devenu un trou déprimant pour lui, qui se comblait de joie uniquement les week end ou son gamin revenait dans le coin. Sauf que maintenant, ce trou béant qu'il ressentait à l'intérieur... Il n'était plus le seul à le subir.
Max avait changé. De l'adolescent hautain et chétif, il était devenu un homme silencieux et morne. Les quatorze ans à peine entamés, et les yeux d'un vieil homme en ayant déjà trop vu. La mort de sa mère, puis celle de son père, Graam. Et l'impuissance commune à tous les humains qui ne comprennent pas ce qui leur tombe dessus. Et puis, le voyage en lui-même jusqu'à Seattle comme un orphelin qui n'avait plus rien à perdre. Il n'avait quasiment rien dit, rien fait, rien pensé. Il était resté froid et triste, en mettant en avant un soir une triste réalité : tout ça, c'était n'importe quoi. C'était probablement qu'un cauchemar qui aurait jamais de fin. Joey avait acquiescer avant de se débarrasser de son portable. Impossible de joindre sa petite sœur dans la région de Seattle. Lignes totalement saturées. Espoir éteint. Il y croyait pas, parce que sa frangine avait jamais été de sa trempe, et que ce nouveau monde n'était pas fait pour elle.

Puis en fin de matinée de jour-là, une unité de l'armé était passé très rapidement dans leur rue. Gary avait fait bouger tout le monde dans la panique pour retrouver ces types, pressant sa fine équipe. L'agitation avait rameuté également des charognes, ils avaient du user de la force pour s'en débarrasser, et leur exploit physique avait su attirer l'attention des militaires qui les avaient embarqué.

Pendant deux semaines, Gary n'avait espéré qu'une chose : Rejoindre le Centurylinks field. Et quelques minutes avaient suffit pour rendre son objectif accessible. Des quelques affaires qu'ils avaient, on les avait fait grimper dans l'un des camions, ils avaient aidé à dégager la voie, et en début d'après-midi, la haute structure du stade était visible pour eux. On lui avait demandé de se débarrasser de son arme à l'intérieur, et déjà les ennuis avaient commencé. Le tempérament froid de Gary avait posé les bases, Joey avait négocié pour lui avec tout le flegme et le bagou dont il était capable.

Puis on l'avait amené dans une tente pour des vérifications médicales, qu'ils disaient. Ça le faisait chier, parce que Gary n'avait qu'une idée en tête : retrouver sa femme et son fils. Son ex-femme et son fils. Qu'importait. Et Joey lui avait dit que le plus simple était de faire ce qu'ils voulaient avant de partir à leurs recherches.
Combien de temps avait-il attendu dans cet endroit aménagé spécialement pour ça, en se sentant trop à l'étroit, à sentant l'impatience l'opprimer ? Il était près déjà à mordre le toubib qui viendrait le voir, sans se douter un seul instant de qui ça pourrait être. Du coup, quand ce dernier passa l'entrée et que sa voie s'éleva dans son dos, Gary était presque sur le point d'être désagréable avant de se raidir et de se tourner.

Rose.

Elle le prit dans ses bras, il ne fut pas capable de l'en empêcher. Les siens se refermèrent autour de sa taille, et il la serra contre lui avec une force indicible. Il pouvait pas la laisser s'échapper. Pas encore. Puis c'était trop bizarre de la revoir, alors pour le croire, il avait besoin de la sentir pour de vrai. Ses lèvres épousèrent ses joues, puis son front, alors qu'elle lui soufflait qu'il était venu, qu'il lui reprochait d'avoir pris du temps. Mais Gary s'en foutait pas mal. Il écarta ses cheveux bouclés de son visage, la regardant intensément avant de demander :

Vous allez bien ? Avant de répéter : Tu vas bien ? T'es là depuis le début hein ? T'as rien vu du dehors, rien ?

Il l'espérait, fort.

Et Norman ? Pourquoi n'était-il pas avec elle ? Il est là, il va bien, hein ?




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Rose A. Warren
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MessageSujet: Re: I will not die, i'll wait here for you   Sam 28 Nov 2015 - 17:29


Un court instant, des larmes de soulagement avaient perlé au coin de ses yeux, alors qu'elle restait dans les bras de son ex mari, ne parvenant pas à se détacher de lui. Elle avait eu si peur, depuis tout ce temps sans nouvelles. Presque instinctivement, ses lèvres effleurèrent les siennes avant qu'elle ne revienne enfouir son visage dans son cou, inspirant profondément pour calmer ses nerfs. Tant pis pour l'ambiguité de la situation. Elle ne lui admettrait jamais clairement, mais ces longues semaines sans nouvelles lui avaient faiit comprendre qu'il lui avait manqué plus qu'elle ne se l'imaginait.
Ce ne fût que lorsqu'il rompit leur étreinte pour s'assurer qu'elle allait bien qu'elle parvint à lui sourire enfin, alors qu'il commençait avec son avalanche de questions. Trop de questions en si peu de temps qui lui donnaient presque le vertige tiens. Lui faisant signe de se calmer en effleurant un instant sa joue, elle put enfin reprendre la parole;

Une question à la fois por favor. Je vais bien, ils m'ont juste réquisitionner pour jouer les médecins gratis. Et oui, je suis là depuis le début. La dernière fois qu'on s'est eu en ligne, j'ai pris la route avec Lara et Norman en direction du stade, on comptait parmi les premiers arrivants...

Pourquoi semblait-il si pressé à l'idée qu'elle ait pu traîner en cours de route ? Elle fronça un instant les sourcils, gardant ses interrogations pour plus tard, préférant d'abord rassurer son ex mari sur la santé de leur fils.

Ton fils est en pleine forme. Lara s'en occupe pour l'instant. Et... Je pense qu'il sera plutôt heureux de te retrouver. Et Joey ? Et Graam, Max ? Ils vont bien ?

Au vu du nombre de fois ou il avait réclamé son père, elle n'en doutait pas une seule seconde. Quand au reste des amis de Gary, elle n'avait pas pu s'empêcher de s'inquiéter. Ses amis étaient certes des gangsters selon elle, ils n'en restaient pas moins qu'elle les avaient apprécié malgré tout fût un temps.

Avant que j't'emmène, laisse moi gérer la paperasse, sinon ils vont me taper sur les doigts. Dis moi rapidement si tu es blessé quelque part, et si t'as besoin de soins quelconques le temps que je remplisse la fiche.

Nom de famille et situation allaient rapidement être rempli , au vu de qui elle avait en face d'elle. Et puis, au diable la paperasse, là tout de suite, elle pensait surtout à emmener Gary voir son fils, profiter de chaque instant avec eux. Sans doute à savoir si il lui cachait une quelconque blessure. Elle avait plutôt d'autres questions qui lui tournaient en tête.

Gary... Qu'est-ce qu'il se passe dehors ?

Elle n'avait pas pu s'empêcher de poser la question qui lui brûlait les lèvres, alors qu'elle rangeait sa fiche dans un des tiroirs en revenant près de lui.

Ici, on nous dit rien. Juste que la situation est sous contrôle. Et... J'ai besoin de savoir ce qu'il se passe réellement. Pourquoi tu as mis si longtemps à venir.

Il était son seul lien avec l'extérieur, et elle doutait fortement que la situation soit "sous contrôle", au vu des coups de feu qu'elle entendait régulièrement tout au long de la journée ou de la nuit. Et si Gary avait mis tant de temps à arriver jusqu'au stade, elle se doutait qu'il ne s'agissait pas d'une simple histoire d'embouteillages. Il devait y avoir autre chose, en rapport avec ceux qu'ils appelaient les infectés, ou les malades. Ou encore le fait qu'ils cherchent tellement à mettre en quarantaine ceux qui revenaient au camp avec une morsure en cherchant à les éloigner le plus possible de la curiosité des civils.

Je me doute que la situation n'est pas bonne. Mais je veux la vérité, s'il te plaît.

Il lui devait au moins ça, après la peur qu'elle avait put ressentir durant tout ce temps.


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Gary Warren
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MessageSujet: Re: I will not die, i'll wait here for you   Sam 28 Nov 2015 - 19:22

Ils allaient bien.
Tous les deux.

Gary poussa un long soupir, son inquiétude s'envolant presque immédiatement après ses mots. De voir Rose et non Norman, il avait cru pendant un instant que son fils avait eu un soucis durant le trajet jusqu'ici. Il l'avait envisagé sérieusement et avait senti comme si le monde s'était arrêté de tourner. Comme si plus rien n'avait de sens. Et devant la douleur que ça lui procurait, il n'avait plus jamais envie d'envisager quoique ce soit de la sorte... Plus jamais. Il avait par ailleurs du mal à lâcher la jeune femme, et si elle s'éloignait, il se contentait de la tenir par les épaules pour être sûr d'être au moins en contact avec elle. Pour s'assurer qu'elle était vraie, qu'il n'était pas en train de rêver...

Joey va bien, Max aussi, répondit-il simplement. Clint est avec nous, rajouta-t-il comme info. Graam est mort.

Gary n'était pas passé par des détours pour lui annoncer la nouvelle. Ça faisait des semaines bientôt, et même là, s'il apparaissait d'une froideur sans pareil, à l'intérieur, ça cogitait sévère. Gary n'en revenait toujours pas de ce qu'il avait pu voir. De ce meurtre sans pareil auquel il avait assisté. Il avait toujours du mal à le comprendre, à saisir tout ce que ça signifiait. Mais Graam, celui qu'il avait considéré comme un père pendant des années, était mort.
Et sa femme, enfin, son ex-femme, lui demandait ce qu'il se passait dehors parce qu'elle ne savait pas, et qu'on ne lui en faisait pas part. Gary se redressa légèrement, comme un animal aux aguets, se sentant durcir devant les pensées sombres qui le traversaient. Personne savait. Est-ce que c'était mieux comme ça ? Est-ce que cacher la vérité, c'était une bonne chose ?

Dehors ? Reprit-il d'une voix grave. Il y a des gens qui bouffent d'autres gens, voilà ce qu'il y a dehors.

Il avait sorti ça de but en blanc, en se rendant compte de l'irréalisme de sa déclaration. C'était complètement dingue de dire ce genre de choses. En 2015, bientôt 2016, des cannibales morts hantaient les rues pour dévorer des vivants. Ça sonnait comme un mauvais scénario de film nanardesque, mais c'était que la stricte vérité et il n'arrivait pas à l'expliquer :

C'est même pas vraiment des gens, Rose. C'est des morts, des cons qui sont morts et qui se relèvent en étant obsédé par le fait de bouffer d'autres humains. Ils te reconnaissent même pas, ils savent pas ce qu'ils font. Ils sont complètement barges...

Bon sang, c'était fou. C'était complètement dingue de s'entendre dire ça. Même les quelques conversations à ce propos avec Joey ou Max faisaient pas plus sens. C'était incroyablement dingue et il avait l'impression de pas expliquer le quart de cette folie sans pareille à la femme qu'il aimait :

Isabelle, la femme de Graam. Elle est morte de ça. Je te jure. Me prends pas pour un fou. Elle était malade et les militaires ont refusé de l'évacuer. Graam est resté pour elle avec Max. Elle était morte, quelques heures avant. Je l'ai vu marcher et se jeter sur Graam pour lui arracher la gorge. Tout ça, c'était sous mes yeux, sous les yeux de Max.

Peut-être que c'était lui le fou. Peut-être qu'elle allait le prendre pour un fou. Mais il savait ce qu'il avait vu :

Elle entendait rien, Rose. Rien du tout. Elle était trop occupée à dévorer l'homme avec qui elle avait partagé vingt ans de sa vie sous les yeux de son unique fils. Il l'attrapa fermement par les épaules : Faut jamais que vous alliez dehors, jamais, souffla-t-il avec une froideur et un aplomb intraitable.

Ses yeux se firent sombre tout à coup et il se pencha vers elle pour lui ordonner :

Promet le moi.




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Rose A. Warren
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MessageSujet: Re: I will not die, i'll wait here for you   Sam 28 Nov 2015 - 20:57


Apprendre la mort de Graam balaya en un instant le soulagement d'apprendre que les autres allaient bien. Un instant, elle revit le visage du père adoptif de son mari. De toujours, elle l'avait vu comme une force de la nature, pour apprendre aujourd'hui qu'il n'était plus de ce monde ?

Mais... Comment ?

A quel moment la situation lui avait-elle échappé à ce point ? Pressant un instant ses doigts le long de sa lèvre pour les empêcher de trembler, la suite des révélations ne fût qu'un déchaînement de vérité qui lui donna la sensation de tomber dans le vide. Qu'est-ce qu'il racontait... Des hommes dévorant leur semblable, inconscient de leur actes. Elle sentit le sang quitter son visage alors qu'elle encaissait la nouvelle avec difficulté, sentant la tête lui tourner désagréablement.

Il faut que je m’assoie...

C'était ça, ou s'écrouler à même le sol. Posant sa main sur le bureau le temps de trouver un appui, prenant sa tête entre ses mains en essayant de mettre de l'ordre dans son esprit. Gary ne lui ferait une blague de ce genre, encore moins en de telles circonstances. Mais tout cela semblait tellement irréel... Ce n'était pas possible, tout simplement.
Elle resta silencieuse, alors qu'il racontait dans les détails la mort d'Isabelle et sa pseudo résurrection. Des gens morts qui revenaient à la vie ? Oui, probablement dans la Bible mais certainement pas ici. Pas dans leur monde, pas à Seattle.

On ne peut pas revenir à la vie, c'est scientifiquement impossible. Dès l'instant ou un organe vital lâche, le processus est enclenché. Tu meurs, et c'est tout. Ton corps se décompose, et tu redeviens poussière mais, en aucun cas tu ne te relèves.  On ne peut pas revenir comme ça, et se jeter sur la première personne qui passe pour la dévorer, non...

Isabelle aurait dévoré vivant son propre mari. Un haut le coeur la prit un instant en imaginant la scène qu'il décrivait, et elle crut un bon instant qu'elle allait vomir à même le sol malgré sa résistance à n'importe quelle scène de boucherie. Mais un accident de voiture, la cage thoracique d'un patient ouverte pour une opération au coeur... C'était du rationnel. Ca ne parlait à aucun moment d'une morte qui arrachait la carotide de quelqu'un pour le dévorer. Devant son fils qui plus est. Non, ne pas s'imaginer dans la même situation avec Norman en spectateur, surtout pas.

Padre nuestro... No es posible. C'est juste, pas possible...

Si en plus elle se mettait à perdre son anglais, nul doute que Gary penserait qu'elle était en train de virer barge. Non, elle devait se reprendre, rester rationnelle.
Elle parvint à revenir à la réalité quand Gary fit pression sur ses épaules, alors qu'elle relevait enfin le regard vers lui, encore sonnée par tout ça. Elle mit un certain temps à répondre enfin aux supplictions de son ex mari, ayant du mal à encaisser cette avalanche de nouvelles.

Oui, j'te le jure si ça peut te rassurer un minimum. J'avais pas prévu d'emmener Norman ailleurs que dans le stade de toute manière alors...

Se massant un instant les temps, elle ne put s'empêcher de relever à nouveau le regard vers lui.

Mets moi une gifle.Pince moi, cogne moi, fais un truc, mais il faut que j'réalise que c'est pas un cauchemar, et qu'il va falloir que j'accepte le scénario d'horreur que tu es en train de me sortir. J'peux pas gérer la situation si j'ai pas conscience que c'est comme ça et pas autrement.

La chirurgienne soupira longuement, se relevant avec peine pour venir à nouveau se coller à lui. Elle avait besoin de ce contact, là tout de suite. Le sentiment de devenir folle la quittait à peine qu'une autre réalité lui sautait aux yeux alors qu'elle restait dans les bras de l'homme qu'elle aimait.

Et Norman ? Je ne peux pas décemment lui expliquer ce qu'il se passe dehors, mais il à parfaitement compris qu'il se passait des choses et qu'on ne lui disait pas tout...

Comment allaient-ils se sortir de cette situation bordel ? Rester dans un stade, c'était bien, mais après ? Sa gorge se serra un instant, tandis qu'elle préférait se taire que de poser à nouveau un million de question. Au moins, ils étaient en vie et ensembles. C'était déjà une bonne chose au vu de ce qu'il se passait à l'extérieur...


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MessageSujet: Re: I will not die, i'll wait here for you   Sam 28 Nov 2015 - 22:39

Elle non plus ne réalisait pas. Elle l'écoutait d'une oreille distraite, avec la mine de celle qui ne comprenait pas du tout ce que tout ça pouvait signifier. Non, ça n'avait pas de sens, ça n'en aurait jamais. Une épidémie capable de relever les morts, de les rendre fou, de forcer les vivants à tuer leurs proches une seconde fois. C'était à s'en arracher les cheveux, à s'en ronger les doigts. C'était à sombrer dans la folie la plus pure.

Et dans ce stade, ils étaient encore à l'abri de cette folie. Pas de leur imagination. Pas des images indicibles sur le dehors et de ce qu'il s'y tramait. Pas des bribes de souvenirs pouvant les marquer à vie, qui n'avaient pas de sens, qu'ils n'expliquaient pas. Graam n'était pas le premier à mourir, il ne serait pas le dernier, Gary en était persuadé. Mais maintenir un stade entier, rempli de milliers de personnes, dans ce faux-semblant tacite... C'était incroyable. Et en même temps, il comprenait pourquoi.

Comment expliquer aux autres ? Comment leur dire que leurs morts marchaient maintenant et qu'il fallait les abattre une seconde fois avant qu'eux ne les dévorent ? Imaginer seulement, traduire ça à des gens en leur disant qu'il fallait tirer sur un cadavre pour être sûr et certain qu'il ne se relèverait pas. Dire ça à Rose, c'était déjà beaucoup, et très bizarre pour Gary. Et pourtant, il avait vu, il avait parlé de ça, avec Joey surtout. Et tous deux étaient des adultes, que la vie avait formé. C'était autre chose pour Max.

Et encore autre chose pour Norman.

Car savoir comment lui dire ça, c'était au-dessus de ses forces pour l'instant. Tant qu'ils étaient à l'abri ici, malgré la disette, malgré la fatigue, malgré l'hygiène pas toujours enviable, malgré les circonstances, Norman pouvait ne pas savoir, ne pas comprendre. Viendrait un moment ou forcément il n'aurait plus le choix et où il faudrait lui expliquer que la maladie qui les a enfermé ici est pire encore que ce qu'il pouvait s'imaginer... Mais pas encore.

On verra, Rose.

Pas encore.

Difficile à dire si c'était pour la santé mentale de son fils, ou pour la sienne, que Gary s'en faisait vraiment. Dehors, il s'était cru devenir taré. Devant Isabelle et Graam, il avait eu du mal à en croire ses yeux. Mais Max avait été témoin, et sur les routes de Phoenix jusqu'à Seattle, c'était le même calvaire partout. Des survivants qu'ils croisaient à l'occasion et qui racontaient les mêmes histoires complètements folles sur des morts devenus dingues.
Norman pouvait encore rester dans son innocence, dans sa naïveté. Il n'avait que sept ans au compteur, sept ans d'une candeur agréable, qu'il voulait préserver. Le voir grandir trop vite, c'était inconcevable. Mais Gary savait qu'au fond il n'aurait bientôt plus le choix à ce propos. Il devrait en parler à son fils, et le voir devenir un adulte bien trop vite. Déjà que la vie dans ce stade n'avait rien de simple, alors là...

Là, tout allait changer.

On verra...

Il souffla ça à nouveau, en regardant Rose. Il n'allait pas la cogner, la secouer, la pincer, ou quoique ce soit. Elle allait réaliser forcément à un moment, comme lui l'avait fait. Même s'il se trouvait toujours dingue lorsqu'il expliquait l'histoire de Graam et Isabelle, même si ça sonnait comme complètement irréaliste...

Je veux le voir, fit-il à son ex-femme en faisant allusion à son fils.

Avant de lui parler, il voulait le voir, et le tenir dans ses bras.




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MessageSujet: Re: I will not die, i'll wait here for you   Dim 29 Nov 2015 - 13:35


Ils verraient plus tard. Peut-être, sauf que là tout de suite, après la bombe qu'elle venait de recevoir en plein visage, difficile de penser à autre chose.
Une myriade de question enserrait son esprit. Etaient-ils vraiment en sécurité, y'avait-il un possible remède de trouvé, ou encore, comment allaient-ils s'en sortir si cette maladie était incurable ?

Plus tard, d'accord. Mais, comment on peut expliquer à un gosse de 7 ans tout ce que tu viens de me dire ? Il va forcément poser des questions sur Graam, qu'est-ce qu'on lui dis ? Désolé crapaud, oncle Graam s'est manger la gorge par tante Isa parce qu'elle avait un peu faim ?

La panique commençait à la gagner, alors qu'elle réalisait l'ampleur de la situation. L'espace d'une seconde, elle voulut être n'importe ou, sauf ici. Dans son appartement, à se réveiller pour aller au bloc, ou même à Phoenix, entouré de junkie. Mais pas ici, pas comme ça, pas maintenant. Pas dans une telle situation. Elle ferma les yeux un instant, essayant de garder le contrôle de soi même. Inspirant profondément pour tenter de chasser la panique, tant bien que mal.

Je sais qu'on devrait voir ça plus tard, mais c'est plus fort que moi...

Elle devait remettre toute ces inquiétudes à plus tard, au moins le temps que la pilule ne passe. Faire le vide, attendre que leur fils soit couché pour reprendre la discussion. La voix de Gary la ramena un instant à la réalité, alors qu'il annonçait vouloir voir son fils. Rose hocha la tête, compréhensive. Evidemment qu'il allait le voir, quand bien même elle aurait préféré passer un peu plus de temps seule à seul avec lui. Discuter du reste, de sa survie en extérieur, de comment se portait Max. Mais, elle comprenait. Elle même aurait tout envoyé en l'air pour aller voir son fils en priorité.

Suis moi.

Faisant brièvement son rapport au soldat, elle put enfin prendre congé, attrapant la main de son ex mari pour l'emmener hors du secteur des arrivées. Tout ce monde... Parfois, ça lui donnait presque le tournis. Esquivant les quelques personnes qui leur barraient la route sans prendre la peine de s'excuser, ils arrivèrent enfin à leur tente de fortune, alors qu'elle fit signe à Gary d'attendre à l'extérieur un instant. Repoussant la bâche qui faisait office d'entrée, elle aperçut brièvement Lara racontant une histoire à Norman, ce dernier l'écoutant à moitié.

Cariño, tu peux venir un instant ? J'ai... Quelqu'un à te présenter.

La blonde l'observa un instant, suspicieuse, jusqu'à ce qu'elle lui fasse signe de ne pas s'inquiéter alors que le garçon se relevait pour suivre sa mère sans grande conviction. Comme à chaque fois qu'elle se retrouvait occupée dans le camp, il avait cette manie de l'ignorer à moitié, lui en voulant certainement de ne pas pouvoir être assez là pour lui quand il en avait besoin. Dans un sens, elle comprenait. Norman n'avait que 7 ans, et pas forcément l'envie ou la patience de comprendre qu'elle aidait les soldats par pur plaisir. Mais pour le coup, elle s'en moquait pas mal qu'il fasse sa tête de mule. Une fois qu'il aurait revu son père, elle se doutait bien qu'il changerait radicalement de comportement...



So cold
It's so quiet here
And I feel so cold
This house no longer
Feels like home.

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I will not die, i'll wait here for you

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