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 Le début de la fin [Dean Harrison]

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Dean Harrison
médic | Northern Creek
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MessageSujet: Re: Le début de la fin [Dean Harrison]   Lun 1 Fév 2016 - 17:54

Plus de 24h s’étaient écoulées depuis l’accident de Jace. Dean avait essayé tant bien que mal de soulager l’enfant, mais il sentait bien qu’il ne pouvait pas faire grand-chose. La plaie avait été désinfectée, il avait gavé le petit garçon de médocs en espérant que cela achèverait tous virus circulant dans son sang, pourtant aux dernières nouvelles, la morsure purulait et la fièvre était toujours aussi importante. Ça ne sentait pas bon du tout et ils en étaient tous conscients. L’atmosphère dans la maison était donc étrange. Ils étaient tous dans l’attente de quelque chose. Ils ignoraient quoi, mais ils ne tarderaient pas à le savoir…

L’anesthésiste était dans la chambre avec les trois petites filles, en train d’essayer de leur changer les idées, quand un cri terrible se fit entendre. Il se redressa, reconnaissant sans mal le timbre de voix de sa belle-sœur.

- Qu’est-ce que c’est ? Demanda l’une des jumelles. Toutes les fillettes regardaient l’homme, terrifiées. Ce dernier n’en menait pas large non plus, il sentit une pointe de stress l’envahir. Mais il était question de sa famille, si bien qu’il rejoignit le couloir.
- Vous restez ici les filles, vous NE bougez PAS ! Fermez la porte, je reviens tout de suite !

D’un pas vif, il prit la direction du grabuge, d’où résonnait d’autres cris encore. Il se souvenait de ceux de la scène de ménage de la veille, puis ceux de Kit. Ceux-ci étaient du même acabit. Sans réfléchir, il pénétra dans la chambre, où son frère essayait d’enfoncer un objet pointu dans le torse de son fils. Il se figea. Son regard se déplaça comme au ralenti vers le corps d’Amelia, parcourut de soubresauts d’agonie. Sous elle, une mare de sang inondait la moquette de la chambre. Elle s’était fait mordre à la carotide. Dans un élan professionnel, il se jeta à genoux près du corps de sa belle-sœur, tentant de recouvrir la plaie de ses mains, alors que le sang en jaillissait toujours. Il croisa une seconde son regard toujours stupéfait, avant qu’il ne se voile, emporté par la mort. Il relâcha alors la pression qu’il avait exercée sur son cou. Il déglutit, les mains salies et tremblantes.

- Oh mon dieu, Cody… Janelle venait de poser une main sur sa bouche de stupeur, alors que l’autre homme venait de cogner la tête du petit. Elle respirait bruyamment, les larmes recouvrant ses joues pâles. Tu… tu l’as tué ?

Puis elle posa ses yeux vers son mari. Elle lut sur son visage que sa sœur non plus n’était plus. Elle lâcha une plainte douloureuse, en allant s’effondrer sur le corps d’Amelia. Elle répétait des phrases incohérentes, en clamant que c’était impossible. Dean, toujours à terre lui aussi, posa une main sur l’épaule de sa femme, puis la serra dans ses bras. Il réalisait alors la monstruosité dont il était question, il devinait ce qui venait de se produire. La morsure… l’épidémie…

Ils restèrent tous sonnés quelques minutes, incapables de parler. Incapables de bouger. Combien de temps, ils n’auraient su dire. Leurs cerveaux avaient buggué. Un enfant de 10 ans - leur petit Jace - venait d’égorger sa mère. C’était au-delà de l’entendement. Tout bonnement insurmontable.

- Maman ? P… Papa ? Dean se retourna alors pour voir Joy se tenir droite dans l’embrasement de la porte. Sa sœur et sa cousine derrière elle. Il avait dû leur en falloir du courage pour sortir de la chambre. Leurs visages d’anges reflétèrent la vision d’horreur que leur offrait le spectacle devant elles.

L’homme tendit ses mains, rouges de sang, vers elles. Il balbutia.

- Ne re… ne restez pas là.

Il commença alors à se lever pour forcer leurs enfants à quitter la pièce. C’est alors que la voix de Janelle se fit entendre de nouveau.

- Amelia ? Amelia, tu m’entends ? Elle se réveille !! Elle se réveille ! Dean posa son regard clair sur la jeune femme, qui venait effectivement d’ouvrir les yeux. Elle était morte, 100% morte, il le savait, il n’avait aucun doute là-dessus.
- Recule ! Cria-t-il alors à sa femme, en lui attrapant le bras, en même temps que feu sa sœur se redressait à son tour, un son rauque s’échappant de sa gorge.

Ils se prirent les pieds les uns dans les autres, poussèrent les fillettes vers l’extérieur puis Cody referma la porte de la pièce, au moment précis où sa femme se jetait sur lui. Elle tambourina, sans discontinuer. Visiblement incapable d’essayer même de tourner la poignée.

Le temps parut dès lors se suspendre… plus d’une heure plus tard, ils étaient tous, serrés les uns contre les autres, sur le canapé, toujours en larmes. Les coups d’Amelia sur la porte n’avaient pas cessé. Dean avait voulu désinfecter la plaie de Janelle à son tour, mais elle avait simplement tourné négativement la tête, en serrant ses deux filles tout contre elle. Ça ne servait à rien, ils le savaient maintenant. Elle avait le corps chaud, mais la maladie ne l’avait pas encore trop affaiblie. Elle finit par dire aux jumeaux, dans un murmure :

- Vous devriez partir. Emmenez les filles loin d’ici. Je… je veillerai sur eux.

Eux : Amelia et Jace. Le second avait été éliminé, mais pour tout dire, ils ne savaient plus vraiment. Amelia aussi paraissait morte quelques instants plus tôt. Étaient-ils vivants ? Avaient-ils conscience quelque part tout au fond de ce qui leur arrivait ? De ce qu’ils faisaient ? Dean lui jeta un regard implorant à travers ses lunettes. Elle ne pouvait pas lui demander ça… Elle souleva alors les visages de ses petites.

- Allez préparer vos affaires, mes puces. Prenez des pyjamas, vos brosses à dents, quelques affaires de rechange. Je viendrais voir. Elle échangea un regard avec Cody. Il ne la contredit pas, il savait que c’était l’unique chose à faire. Elle posa une main sur son avant-bras. Aussi bouleversé qu’il était, il allait devoir prendre en charge Margaux. Et Dean aussi. Puis elle plongea ses yeux sombres dans ceux de son mari. Serre-moi fort, dit-elle simplement avant que sa voix ne se casse.




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Cody Harrison
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MessageSujet: Re: Le début de la fin [Dean Harrison]   Lun 1 Fév 2016 - 21:53

Tout le corps de Cody ne répondait plus, comme en surcharge, le fameux écran bleu d'un ordinateur. Il avait encore les muscles tandis, alors qu'il dévisageait la scène devant lui. Il avait tué son propre fils. Sa chair et son sang. Il allait devenir fou, ce n'était pas possible. C'était un cauchemar, il voulait se réveiller. « Elle se réveille... » Un écho dans son esprit ? Il se retourne et voit la femme de sa vie avec ce regard encore, ce grognement inhumain et Dean qui recule en arrière avec Janelle. L'instinct ne fait que suivre et Cody se lève machinalement avant de fuir dans le couloir avec les autres, bousculant au passage sa fille, certainement traumatisée à vie. Il claque la porte, et les coups butoirs s’abat sur celle-ci. Il prend la première chose qui lui tombe sous la main, une commande à jouer qui ornait les lieux, vestiges de leurs premiers pas de parent, s'en servant pour garder la chambre fermer. Secouer par le choc, la bile remonta dans l'estomac bien trop vide de Cody, qui vomit à quelque mètre, misérable.

Un temps de pause, les yeux dans le vide, tous les uns contre les autres, Cody sentait sa fille pleurer en continue dans ses bras alors qu'il était de nouveau rentrer dans un état catatonique, le sang sécher sur sa peau, les vêtements maculés. Chaque coup sur la porte, emportait Cody loin dans son esprit. Revoyant encore l'horreur de son geste. Il avait tuer son propre fils, il voulait se tuer pour avoir oser faire ça, il méritait de mourir pour un tel geste et la petite boule chaude en pleure contre lui, ne suffirait pas à lui donner la force de se pardonner lui-même. Janelle brise ce semi-silence. Et ses mots faisaient sens. Si Cody comprenait ce que provoquait désormais la fameuse maladie qui lui faisait si peur à la télé. Il s'était assez longtemps voilé la face pour ne pas l'affronter. Maintenant frappant à la porte de sa chambre, il ne pourra pas affronter la même transformation chez sa belle-soeur. Margaux regarde son père, comme cherchant confirmation dans son regard. Il s'accroupit et embrasse sa joue avant de la rassurer d'une caresse dans ses cheveux.

« Fais ce que tata de te demande ma chérie »
« Mais maman et Jace ? »

Les yeux de Cody se remplissent de larme et ses lèvres se mettent à trembler. La voix incertaine, il la prend contre elle et la serre avec le plus de douceur possible.

« On doit les laisser ici, avec tata Janelle. Je t'expliquerai plus tard. Maintenant vas-y. »

Sans la même énergie que d'habitude, elle rejoint les jumelles pour regrouper leurs affaires. Les larmes coulèrent de ses joues alors que les sanglots restaient bloqués au fond de lui. Au bord du point de non retour mais pas encore prêt à s'écrouler. Il devait tenir encore un peu.Il essuie rageusement son visage, nettoyant de cette eau salé, grossièrement son visage du sang qui lui avait salit les mains et maintenant la face. Il se tourne sur le couple. « Je vais faire nos valises, reste avec Janelle. » Ordonne-t-il à son frère.

Un autre moyen pour lui de s'isoler le temps d'un bref instant. S'engouffrant dans un couloir beaucoup trop bruyant, il passe devant la porte et sursaute au moment ou Amélia vient s'éclater contre en l'entendant marché sur le parquet grinçant. Il s'attarde sur la porte quelques secondes, le cœur détruit. Dans la salle de bain, il nettoie ses mains, se regarde dans le miroir, ne voyant que le sang qu'il avait versé. Il plonge sa tête sous le robinet, laissant l'eau froide lui filer un coup de fouet. Dans une sacoche, il prend rasoir, brosses à dents, savons, shampoing. Par réflexe, il prend même les affaires d'Amélia, comme il en avait l'habitude lorsqu'ils se préparaient à partir en vacance à Chicago, voir ses parents...

Il revient dans le salon, un bon moment plus tard, avec une lourde valise, qui contient assez d'affaire pour les jumeaux. Les filles étaient dans la pièce avec leurs valises roses aux effigies de leurs héros préférés. Sauf Margaux qui avait pris la valise de Jace aux couleurs de son club de base-ball préféré, les Mariners. Il n'arrive pas à croiser le regard de Janelle, ni même de Dean. Il se sent comme un horrible criminel qui avait commis l'impardonnable. « Je vais charger la voiture. » Se saisissant des clés dans l'entrée, il avait tourné les talons sans chercher de réponse. S'occupant des affaires des enfants en premier. « Restez à l'intérieur ! » Ordonne-t-il sèchement quand les jumelles font un pas pour le suivre. Il se disait qu'un ainsi, il laissait au moins l'intimité à Dean et ses filles de faire leurs adieux. Il finit pas un énième aller retour, par tout ce qui leurs restaient de vivre. Des bouteilles d'eau, des boites de conserves et d'autre vivre qui ne demande pas une conservation très particulière. Le coffre était plein à craqué, avait-il sur évaluer ce qu'il devait prendre ? Qu'est-ce qu'il devait prendre aussi quand on part pour ne jamais revenir. Partir où d'ailleurs. Il en savait rien. Sa tête n'était qu'un étau horrible qui le faisait souffrir devant tant d'incertitude. Lui habitué aux chiffres et à tout contrôler...

Les adieux se dérouleront dans l'entrée, porte fermé. Il a bien trop peur de risquer une nouvelle altercation comme avec son voisin. Margaux embrasse sa tante en premier et revient se glisser dans les bras de son père. Cody doit faire face à la déchirure d'une mère qui dit adieu à ses enfants tout en sachant ce que le destin lui réservait. Des pleures, des réticences, des doutes. Son cœur était encore déchiré un peu plus par ce qu'il voyait. Il lui en fallait beaucoup pour se retenir encore de pleurer, levant les yeux aux ciels pour maudire le seigneur si il existait. Janelle prodigue ses derniers conseils à ses filles, veiller l'une sur l'autre, dire qu'elle les aimes et qu'elle était fière d'elle. C'est à peine si les jumelles comprennent ce qui arrivent. Elle les enlace, enlace Dean avec, l'embrasse lui aussi une dernière fois. Cody aurait aimé s’éclipser, mais il ne veut pas être seul dehors, sachant ce qui traîne...

Quand enfin tout le monde semble prêt à partir, après des adieux interminables. Cody tourne le dos. « Cody ? » Il se retourne, surprit de plus belle par l'étreinte de sa belle sœur. Elle l'embrasse sur la joue. « Merci d'avoir rendu heureuse ma sœur... Tu es un bon mari, et un bon père. » Les mots le détruisent, autant qu'ils le touchent. Il esquisse un sourire triste et serre sa main en s'échappant de l'entrer pour attacher la ceinture sur sa fille, dans son siège enfant.... Installer au volant, il ne manquait plus que la présence de Dean pour partir.



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Dean Harrison
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MessageSujet: Re: Le début de la fin [Dean Harrison]   Mer 3 Fév 2016 - 18:52

A la requête de sa femme, Dean l’avait enveloppée de ses bras, et elle avait enfoui son visage au creux de son cou. Les autres avaient quitté le salon, les laissant seuls ensemble. Elle sentait la respiration difficile de son époux, elle devinait l’état dans lequel il était. Étonnamment, elle était elle-même ultra lucide.

- Pardon… dit-elle dans un souffle. De l’abandonner comme ça, de finir son chemin là, trop tôt alors qu’il avait encore besoin d’elle. Peut-être plus que jamais.

Après quelques minutes de tendresse désespérée, la famille se regroupa de nouveau autour du couple dans la pièce. Janelle inspecta le contenu des valises de ses filles, et vérifia qu’elles n’avaient rien oublié. Pendant que Cody remplissait le coffre de sa voiture, Dean retourna dans leur pharmacie de fortune. Comme toutes celles des médecins de profession, elle débordait de produits divers dont le commun des mortels n’avaient aucune idée. Les mains anormalement tremblantes, l’anesthésiste remplit une grosse trousse. Il mit de côté quelques gélules. Quand il revint, sa femme finissait d’embrasser ses enfants, incapable de retenir ses larmes.

- Vous restez bien avec papa et Uncle Cody. Ils vont prendre soin de vous. On se revoit bientôt, je vous le promets. Un mensonge. Du moins le pensait-elle. Elle ignorait pourtant que ses filles la rejoindraient dans l’autre monde bien plus rapidement qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Veille sur elles, murmura-t-elle à Dean en l’enlaçant. Il la serra jusqu’à l’étouffer.
- Laisse nous rester plus longtemps, souffla-t-il à son tour. Jusqu’au bout. Elle secoua la tête.
- Je veux que tu gardes cette image de moi, répondit-elle en s’écartant. Il la trouva belle. Malade et malheureuse, mais aussi belle. Parce qu’incroyablement forte.

Puis la jeune femme tenta de soulager la conscience de son beau-frère, suite au geste terrible qu’il avait eu envers son petit garçon. Elle savait qu’il ne s’en remettrait pas si simplement. Il était du même moule que son mari, précisément. Entier et à fleur de peau. Celui-ci regarda son frère quitter la maison, et finir d’installer les fillettes. Il savait qu’il devait les suivre mais il en était incapable. Janelle avait toujours été la plus courageuse des deux, et elle ne venait pas avec lui. Elle ne serait plus là dans trente mètres pour lui assurer d’un demi-sourire, qu’ils allaient s’en sortir. Il était d’ailleurs convaincu du contraire.

Il sortit alors de sa poche les comprimés qu’il avait mis de côté. Il les plaça dans la main de la brune.

- Prends-en un. Toutes les deux heures, ça soulagera la fièvre. Elle baissa son regard vers les médicaments, puis plongea ses yeux dans les siens. Il y en avait assez aussi pour tout avaler d’un coup et s’endormir longtemps… Ses yeux à lui s’emplirent de larmes, et son visage se tordit dans une grimace déchirante. Janelle passa sa main sur son visage, l’inondant de baisers.
- Tu es la plus belle chose qui me soit arrivé, Dean.

Quelques instants plus tard, la voiture démarrait depuis l’aller du jardin. Dean jeta un dernier regard en direction de sa femme qui agitait le bras depuis l’entrée. Il lui sembla la voir s’écrouler au sol et détourna le regard, vers la route. Ses yeux clairs étaient gonflés et rougis. Etait-ce réel ? Il ne savait plus, mais Cody était là, au volant, dans la voiture avec lui. Peut-être que tout pouvait encore rentrer dans l’ordre alors…

Ils roulèrent un moment en silence. Le temps de quitter leur quartier. Leurs filles, à l’arrière, avaient posé quelques questions – Où on va ? Combien de temps on part ? - mais se tenaient relativement tranquilles. Les jumelles étaient accrochées l’une à l’autre, collées, et la main d’Ann s’était logée dans celle de sa cousine. Ils découvrirent ainsi l’état de la ville, et la conduite n’était pas des plus relaxantes. Ils traversèrent quelques zones dévastées, où des magasins étaient éventrés, les vitres des immeubles cassées, et certains bâtiments avaient même complètement brûlés. Cody devait souvent slalomer entre les voitures accidentées ou abandonnées au milieu de la route. Dans l’ensemble, tout paraissait désert. Ils essayaient surtout en fait de ne pas faire attention aux silhouettes qui se dressaient sur les trottoirs, ou derrière les fenêtres.

Lorsqu’ils essayèrent de s’engager vers la voie rapide, et les grands axes, ils croisèrent une voiture roulant à contre-sens. Cette dernière manœuvra pour les laisser passer et le conducteur ouvrit sa vitre.

- Vous n’arriverez à rien par-là, c’est complètement bouché. Un camion s’est renversé dans la largeur plus loin, impossible de passer. Evidemment personne n’était venu libérer la chaussée. On va essayer de rejoindre le boulevard. Le type causa vite fait, avant de conclure : bonne chance. Il avait l’air grave, comme ses passagers. Puis leur voiture disparut derrière celle des jumeaux.
- On fait quoi ? Demanda Dean à son frère.

C’était par là qu’ils avaient prévu de passer, mais en même temps, leur destination était bien hasardeuse ! Alors bon… ça changeait quoi ?

- J'ai envie de faire pipi, murmura timidement Margaux à l'arrière.




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Cody Harrison
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MessageSujet: Re: Le début de la fin [Dean Harrison]   Mar 23 Fév 2016 - 16:43

La noirceur envahissait son âme. Comme un écho allant au plus profond de son subconscient. Cody avait l'impression de ressentir la mort l'engloutir intérieurement. Seul la voix de Dean, lui rappelait cette moitié assez en vie pour les conseiller de s'enfermer dans la voiture et conduire en direction de... du plus loin possible. Le regard vide, à peine attentif à la route. Cody conduit d'une manière presque sereine, sans accéléré trop abruptement, respectant presque les limitations de vitesse. Il n'aurait pu de toute façon faire autrement... Son cerveau s'éteint à la minute où il avait claquer la porte de sa chambre au nez de sa femme. Ses yeux s'aventurent sur ses mains qui tenait le volant. Il ne s'était pas bien lavé visiblement, du sang séché était resté dans le recoin de son ongle de pouce. La respiration lourde provoqué par la surprise de Dean l'interpelle, le distrayant de ce qu'il était en train de fixer avec honte et remord. L'extérieur...

Le chaos, la fin. Ils ne s'étaient pas rendu compte à ce point que leur pays allait mal. Dans sa petite tête, Cody s'était dit qu'en restant enfermés, rien ne leur arriveraient et que tout reviendrait à la normal si ils attendaient bien sagement la venue des secours. Mais de jours, s'est transformé en semaines et rien ne s'était passé à part la mort des êtres qui comptait le plus pour lui. Le rattachait encore à l'envie de vivre, Son frère et sa petite fille de 6 ans. Plus il avançait sur la route, plus il ralentissait à cause des obstacles à éviter. Il croise son premier zombie sur la route et la nausée le prend, serrant ses tripes comme une bonne appendicite. Il ravale son envie de vomir et accélère légèrement pour continuer sa route sans laisser le temps aux corps pourrissant de s'approcher. La famille Harrison prenait souvent cette même route pour monter jusqu'à Chicago et s'engager pour des heures de voyages, au début des grandes vacances. C'était pour lui, automatique de prendre cette direction, c'était quelque chose qu'il connaissait et qui lui était familier, donc qui le rassurait. S'engage sur le chemin, une autre voiture et s'arrête à leur hauteur. Les muscles de Cody se tendent. Peur que ces gens là, deviennent ce qu'il avait commis quelques heures plus tôt.

Bouchée... Voilà, la route qui le mettait si en confiance venait de partir en fumée. Il va devoir encore de faire violence et utiliser son esprit avant de complétement sombrer. Dean le regarde et cette expression fait complétement reflet au sien. Un miroir en face de lui... Il le regarde avant de perdre son regard un peu partout alors qu'il essayait vainement de réfléchir. « On fait marche arrière jusqu'au dernier boulevard... » Il passe son bras derrière l'appuie tête de Dean et se retourne pour regarder derrière lui pendant sa manœuvre. Margaux venait de saisir le regard de son père pour exprimer son envie pressante. « Plus tard... » Dit-il séchement avant de donner un coup d'accélération pour faire demi-tour et rebrousser chemin dans le bon sens. Elle émet un espèce de couinement qui lui était propre, celui qu'elle faisait avant de pleurer parce qu'elle s'était fait disputer. Le ton de son père la surprenait et la mettait mal à l'aise, sans parler de l'incompréhension qui l'envahissait. « Je veux maman... »

Il n'avait pas encore redémarrer quand il entendit cette complainte. La souffrance dans la voix de Margaux venait de trancher en morceau le cœur de Cody. L'envie de s'écrouler, d'exploser, de se lamenter était si forte qu'elle accélérait dangereusement sa respiration. Il fallut que Dean prenne le relais et se retourne pour parler d'une voix douce à sa nièce. Juste assez de mot pour la réconforter et l'amener à attendre quelques minutes de plus. La douceur de Dean permet à Cody de trouver le courage de continuer et garder ses apparences devant les filles. Son frère n'avait pas besoin de le questionner pour savoir comment il se sentait. Presque peu de chose les différencies dans l'allure et l'état d'esprit au final. Peut-être que Cody a toujours été le plus dominant des deux, il n'était pas moins qu'ils étaient très similaires. « Dès qu'on peut je m'arrêterais pour que les filles puissent se soulager, toute en même temps, parce qu'on peut pas s'arrêter toute les cinq minutes... ». C'est après s'être retrouver au boulevard que Cody se voit donc contraint d'utiliser la national, plus au nord. Encore des voitures et ces silhouettes macabres. Les filles qui regardent par la fenêtre, Joy se met à pleurer et se serre contre Ann. Il jette un œil par le rétroviseur et se reconnaît un peu en elles.

Au bout de plusieurs minutes, qui paraissent bien courte, Margaux insiste et pleurniche, certainement à bout et fatiguée. Cody soupire et serre le volant, il ne veut pas s'arrêter, il avance beaucoup trop peu, pas assez vite. Mais dans sa tête, il entend la voix douce d'Amélie lui demandant de faire un effort, imaginant cette main qui se pose sur son épaule d'une douce caresse. Dans la logique, les endroits déserts sont les plus rassurants, alors quand il arrive près de cette station essence où il n'y a pas d'âme qui vivent, il se dit que c'est le meilleur endroit. Pas de voiture qui bouche l'aller, c'est que tout le monde à dû abandonné l'endroit... Il se gare entre les lignes blanches comme si cela avait de l'importance maintenant.

-Bon tout le monde pause pipi, et personne se sépare. Il se retourne sur les filles. C'est compris ?

Elles opinnent toute du chef, Cody se tourne vers Dean. « Ça vaut pour toi aussi frangin... » Fait-il remarqué à voix basse, plus par inquiétude de le perdre que de jouer aux autoritaires.



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MessageSujet: Re: Le début de la fin [Dean Harrison]   Dim 28 Fév 2016 - 11:14

En trois mots, Margaux venait d’enfoncer un pieu dans la chair de tous les occupants de la voiture. Maman… Qu’il soit question d’Amelia ou de Janelle, il en revenait au même. Aucune des deux sœurs ne faisait partie du voyage et leur absence pesait comme une enclume. Dean prit sur lui pour essayer de trouver les mots. Derrière ses lunettes, il posa ses yeux clairs sur les jumelles aussi, qui lui jetaient des regards perçants. Du haut de leurs dix ans, elles avaient tout compris. Finalement. Alors que la plus jeune finissait par hocher la tête de façon entendue, le médecin tendit la main pour presser le mollet de sa fille la plus proche. Un geste rassurant pour dire « je suis là, tout ira bien ». Même s’il était tenté de se laisser aller à la panique pure et simple et de hurler tout le contrainte.
 
Ils firent donc demi-tour et s’engagèrent dans une nouvelle artère de Seattle. Les frères n’avaient pas besoin de discuter de leur destination, ils étaient déjà sur la même longueur d’onde : prendre de la distance, le plus possible avec ces récents souvenirs ! Trouver une zone qu’ils jugeraient calme, et où ils ne doutaient pas encore que d’autres gens comme eux pourraient les aider. Au diable les zones sensément sécurisées par les militaires… Ils roulèrent ainsi toujours en silence, Dean, tendu comme un arc, fixant la route devant lui comme hypnotisé. Ne pas regarder autour, ne pas croiser le regard de l’une de ces choses…
 
Cody décida finalement de s’arrêter au niveau d’une station essence, dans une zone commerciale. L’endroit était aéré et paraissait désert. Bon point. La famille sortit. Comme partout dans la ville, le vent soulevait de vieux papiers et plastiques. La boutique de la station avait été visiblement pillée et les vitres étaient brisées. L'intérieur était sombre, mais quelques bonbons restaient visibles près de la caisse. Ann fit un signe en cette direction à sa jumelle. Les yeux de cette dernière s'éclairèrent. Ils prirent pourtant tous les cinq le chemin de toilettes, qui se trouvaient à côté de la boutique.

- On doit s'assurer qu'elles sont clean, déclara Dean en se pinçant les lèvres. Il n'avait aucune envie d'entrer là-dedans tout seul, et ne désirait pas davantage voir son double s'y risquer sans soutien. Pourtant, ils ne pouvaient pas sciemment faire autrement...

Ils décidèrent ainsi que le médecin resterait à la porte avec les filles, tandis que Cody avancerait dans les WC, en restant à vue. Seulement ces derniers étaient spacieux et très obscures, sans électricité. Le premier jumeau eut donc rapidement besoin d'aide pour affronter sa peur. Dean jeta un regard derrière lui, sur le parking silencieux de la station. Il fut tenter de proposer de laisser tomber et de faire leurs petites affaires dehors. Mais il gardait encore une once de civilité en lui, et baisser son froc au milieu d'une zone commerciale ne correspondait pas à ses principes.

- Je viens Cody. Tiens la porte, Ann, dit-il à sa fille. Pour qu'ils aient un peu de lumière. Les lieux paraissaient tranquilles autour, le risque était quasi nul. Vous ne bougez pas de là, les filles, ok ! Avec tout ce qui venait de se passer, fallait-il le préciser ? Si vous apercevez quoi que ce soit au loin, vous nous dites.

De toute façon, ils ne seraient pas longs. Tout du moins s'ils parvenaient à prendre leur courage à deux mains ! Ainsi Ann se cala contre la porte pour la maintenir ouverte et les trois cousines regardèrent autour d'elles avec inquiétude. Pourtant elles ne savaient pas exactement que craindre... La menace était apparue sans crier gare dans leur maison, et elles ne l'avaient jusqu'ici pas vue ailleurs. Ce fut ainsi que Joy estima qu'elle ne s'éloignait pas vraiment en allant chercher les friandises qu'elle avait aperçues dans la boutique juste à côté.

Moins de trente secondes après avoir quitté son poste initial, et alors que les jumeaux découvraient que les toilettes étaient complètement sécurisés, Dean entendit donc le cri d'une de ses filles. Suivi d'un  « Joyyyy » inquiet de la seconde et la porte que gardait Ann ouverte se ferma pour laisser les deux frangins dans le noir complet. L'homme sentit une vague glacé lui parcourir l'échine.

Ils se ruèrent au dehors, submergés par la panique. La voix d'Ann s'était transformée en un cri transperçant.

- JOYYYYY ! Hurlait-elle, horrifiée.

La petite fille avait du contourner le comptoir pour atteindre les quelques bonbons. Là se trouvait un caissier qui avait été exécuté trois semaines auparavant d'une balle en pleine poitrine lors d'un pseudo hold-up. Il s'était retrouvé coincé, par une étagère tombée sur lui. Aussi avait-il croqué la cheville de la fillette quand elle était passée près de lui. Elle était donc tombée, offrant ainsi son ventre juvénile en pâture à la créature...




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Cody Harrison
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MessageSujet: Re: Le début de la fin [Dean Harrison]   Mar 15 Mar 2016 - 22:37

Cody était pourvu d'un bon système de survie, autrement il ne sait pas comment il aurait réussi à continuer d'avancer. Le monde s'était écroulé, mais il était resté confiant, en sécurité dans les bras de sa femme, entourer de sa famille. S'accrochant aussi à l'idée que Kerr était assez forte pour veiller sur leurs parents et ses enfants à elle. Oui il s'était bercé de ces illusions pour ne pas mourir d'inquiétude. Mais tout venait de s'écrouler et ce qui lui restait, c'était son frère et les gosses. La dernière barrière avant la folie. Sa dernière raison de vivre. Tout ce qu'il faisait, il n'en avait pas envie, mais il y était obligé. S'arrêter dans un lieu doutant pour finir par inspecter les toilettes, dépourvu d'électricité. La lumière du jour, fourni par la porte entre ouverte qu'Ann lui offrait.

Il souffla de soulagement, rien dans ces toilettes n'irait le menacer. Les cris... Encore ces cris. Qu'il reconnaît, tant par la voix que la raison d'un tel son. Une fois encore, son sang quitte son cerveau le laissant livide. Se jetant dehors, il court, suivant de près le père de la petite fille. Il croise Margaux et son instinct c'est de l'inspecter. « ça va ? » « Oui... » « Va dans la voiture... tout de suite ! » L'ordonne-t-il avant de la pousser dans cette direction. Quand il arrive à la hauteur de Dean, c'est la vision ignoble de sa nièce dans un bain de sang, qui finit par l'abattre un peu plus. Voyant Ann se diriger vers sa sœur en courant. Cody l'attrape par la taille de justesse. Elle se débat et ses cris se mélangent à ses pleures. Les jumeaux aussi avaient le visage en larmes.

-On ne peut plus rien faire Ann... Ann arrête... je t'en prie Ann.
-Lâche moi ! Faut l'aider ! Papa ! Sauve làààà !

Les deux voix se mélangeaient alors que l'oncle peinait à contrôler sa nièce, hystérique. Il ne voyait plus Joy mais il savait qu'elle agonisait là, en train de se faire bouffer les entrailles par un monstre. « DEAN ! » Hurla l'expert comptable. Il dût s'y reprendre à deux fois. « Dean ! » Quand enfin son frère se retourne. Il aurait voulu le prendre dans ses bras, le soutenir dans ce moment, l'empêcher de s'écrouler.  « Occupe toi d'Ann ». Hélas, elle était la priorité.

Abandonnant l'enfant dans les bras de son père, Cody se dirige dans le magasin, s'approchant avec dégoût de la scène. Les yeux de Joy était encore animée de vie. L'image était plus révulsant qu'on pourrait le croire. Il attrape une large cisaille qui était certainement en vente à l'époque. D'un geste brusque et sec, il transperce le crane de sa nièce. La bile lui remontait à la gorge. Et il attira toute l'attention du mort qui dégustait tranquillement. Par colère, par haine. Il se saisit de la batte que le vendeur cachait sous son comptoirs pour effrayer les ados. Il abat alors l'objet sur le cadavre, un coup. Deux coups. Trois coups. Au quatrième, la boite crânienne du pauvre guichetier éclate en morceau, giclant des gerbes de sang sur le mur et sur Cody. L'homme sent sa force le quitter et ses genoux vacillent. Il éclate en sanglot... Cody pleure comme il n'a jamais pleurer auparavant et finit par exploser dans le magasin, fracassant toute les étagères à porter de batte. Il pleure et rage, éclatant le plus de chose possible avant de finir par vomir la bile qui le titillait depuis qu'il a entendu ce cri de désespoir. Tout les images qu'il avait vu depuis ces deux derniers jours, repassaient devant ses yeux et il ne pouvait plus s'arrêter de vomir.

Le mal passe, comme tout le reste et Cody relève les épaules. Se retourne vers un frère effondré. Son regard lui fait écho. Dean avait réussi à convaincre Ann de rester dans la voiture, mais il était certainement revenu pour Joy. C'est donc avec une grande amertume et une plus grande peine qu'il se sent obligé de convaincre son jumeau de la laisser là où elle est. « On doit y aller Dean. On peut pas rester là, on doit trouver un lieu où passer la nuit... » Il lui prend la main, comme de nombreuse fois par le passé. Rejoignant la voiture, il entend les pleures des deux enfants, surtout le cœur de Ann se briser en morceau. Il ne pouvait que comprendre. Les larmes étaient désormais silencieuse, mais elle coulaient encore, même sur le volant...



Eventually, everything goes away
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Dean Harrison
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MessageSujet: Re: Le début de la fin [Dean Harrison]   Dim 20 Mar 2016 - 22:06

Dean crut qu’il allait défaillir face à la vision qu’il avait devant les yeux. C’était pire que tout ce qu’il avait pu vivre jusqu’ici. Son bébé, sa petite fille, qui hurlait à la mort, alors qu’un individu ses délectait de ses tripes. Il pleurait sans même s’en rendre compte, un mot tournant en boucle dans son cerveau : non. Non non non non non. Il savait qu’un père ordinaire se serait jeté sur ce type, l’aurait fracassé violemment pour prendre son enfant dans ses bras. Pour faire cesser tout ça. Pourtant le médecin avait perdu le contrôle de ses membres, et ces derniers restaient figés.
 
Cody comprit qu’il devait agir lui et il somma son frère de gérer son autre fille. Une seconde part de lui prit alors les rennes, et il ne trouva rien de mieux à faire que de rouspéter Ann en la conduisant à la voiture.
 
- POURQUOI VOUS VOUS ETES ELOIGNEES ? Gueula-t-il, complètement dépassé. Sa mine était effrayante, et pour tout dire il ne savait plus exactement ni ce qu’il faisait ni ce qu’il disait !
 
Cette technique eut pour effet d’ébranler encore plus la gamine. Elle se prit les remontrances comme une claque en pleine figure et le regarda avec des yeux ronds. C’était injuste mais elle lui obéit immédiatement quand il la traîna jusqu’à la voiture où Margaux s’était déjà installée. Ils ne le savaient pas encore, mais la jumelle n’ouvrirait plus la bouche pendant une semaine entière… Pour le moment, Dean claqua la porte du véhicule avec virulence. Il sentit de nouveau la tête lui tourner. Il dut s'appuyer une seconde contre la portière puis détourna le visage en direction de la boutique vers laquelle il se dirigea dans une démarche titubante.
 
Là-bas, tout était redevenu calme. Le corps de l'assaillant gisait à côté de celui de son enfant. Ses traits étaient figés dans une expression douloureuse et Dean sentit de nouveau les larmes affluer devant ce visage innocent foudroyé par la mort. Il se tint raide, en retrait pendant un moment, puis il croisa le regard de son frère.

- C'est fini, Cody, souffla-t-il, en passant une main sur ses joues humides. D'un geste lent, il retira ses lunettes, ce qui brouilla instantanément sa vue et masqua la dépouille de Joy. Il en avait vu assez. Trop même. Ses yeux clairs envoyèrent un « à quoi bon ? » à son jumeau, qui était également passé dans le flou. On sera tous morts d'ici ce soir. Sa voix s'était étranglée.

A cet instant, il baissait les bras. En moins de 24h, il avait vu Amelia, Jace, Janelle, Joy... Il n'y avait aucune raison pour que cela cesse maintenant. Il n'était pas fort, loin d'être préparé à ça. Le sort s'acharnait contre eux et leur riait au nez. Le message était clair : ils ne s'en sortirait pas. Ils allaient voir mourir Margaux et Ann à leur tour, s'ils ne succombaient pas les premiers. C'était écrit.

Mais son double ne l'entendait pas de cette manière. Cela prit du temps, mais Cody parvint à arracher Dean à la boutique et sa main dans la sienne, il l’entraîna avec lui jusqu'à la voiture, où ils reprirent place. L'atmosphère était pesante dans l'habitacle. Irrespirable. Le médecin ne jeta pas un coup d’œil en arrière, incapable d'affronter le regard d'Ann. Il ferma les yeux.

La famille roula des heures. Elle prit des détours pour réussir à sortir de la ville, ignorant encore qu'elle s'apprêtait à trouver une forme de salut dans une grande demeure, alors qu'ils s'étaient perdus à la tombée de la nuit. Là-bas, ils allaient tous les quatre être recueillis et protégés. Le temps de panser leurs plaies et de réapprendre à vivre. Peut-être.

- FIN -




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MessageSujet: Re: Le début de la fin [Dean Harrison]   Aujourd'hui à 4:51

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Le début de la fin [Dean Harrison]

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