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 so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Dim 29 Nov 2015 - 19:23

Le cœur du monstre de foire se serra tellement à cet instant que Robert crut qu’il allait exploser. La rage passagère du géant avait fondu comme neige au soleil et la détresse de l’ange blond l’avait frappé de plein fouet. En voyant le regard bleuté, si semblable au sien, refléter, de l’horreur pure fit baisser la tête de honte de la chose.  Le visage sublime décomposé par la frayeur laissa un gout de cendre dans la bouche immonde du monstre. Au plus profond de son être, de son âme, il sut que c’était de sa faute. De son apparence grotesque, de son esprit lent et de l’ensemble de son être. Ceux que le mineur était humain et lui une vulgaire sous-espèce ne méritant aucune attention de ces gens évolués. Il n’avait voulu que la divine apparition soit sauve, que les hommes cupides ne la blessent pas. Et par sa soudaine peur, son angoisse de la voir dans cet état de panique, la fureur accumulée depuis tant d’années de stigmates accumulés avait explosé au grand jour. Le sosie de Frankenstein sut alors que celle qui voyait comme une lueur d’humanité dans sa vie ne sera que passagère. Que les doux sourires qu’elle lui avait prodigués ne seront qu’un sublime souvenir. Car Abi allait surement laisser cette parodie d’humanité pour rejoindre les gens normaux.  Anticipant les dures paroles qui allaient suivre, les épaules du colosse chutèrent misérablement. Le facies qui avait vu naître un soupçon de bonheur en ce jour gris se referma dans une expression dure et douloureuse. Serrant le sac de remèdes qui allait la merveilleuse âme qui partageait son antre,  le géant attendaient de longs instants avec la peur au ventre. Le regard impuissant de Robert ne quitta pas le chemin goudronné à ses pieds. Les gémissements de douleur des ennemis vaincus par le monstre  assombrirent ce tableau d’horreur.

Abigail - Allons y.

Abasourdi que l’ange de la compassion décide de frayer avec un monstre de la sorte, Robert ne put que hocher du bonnet. La surprise fut telle qui ne fit que des gestes mécaniques, les joues s’empourprant tellement que les astronautes pouvaient surement voir le géant. Alors sans aucun mot ne soient échanger, le sac de l’ange se remplis alors de ses biens précieux. L’étrange duo reprit la route vers une sécurité relative. Durant le trajet, Robert ne pouvait comprendre les actions de la magnifique dame. Pourquoi elle restait avec ce monstre, celui qui l’effrayait? Pourquoi Abi le suivait, rejetant un monde d’humanité pour s’enfoncer avec la lie de celle-ci dans une zone reculé ? Quand le bois reprit le pas sur la folie destructive de l’homme, la douce apparition, se rapprocher de la bête. Celle-ci en fut fortement troublée et ralentit le pas pour être à son niveau. L’entité protectrice qui sommeilla dans l’âme détruite de l’être singulier s’éveilla. Les sens à l’affut de l’homme s’affutèrent, écoutèrent la joyeuse vrille des oiseaux. Les arbres commençaient à perdre leurs beaux atours pour mourir à petit feu durant la saison froide qui s’approchait. Les froissements des feuilles mortes sous leurs pieds n’étaient que le seul son que les deux êtres produisaient. Mais un reniflement, fit tourner le faciès monstrueux de Robert vers l’ange.  La tristesse de l’Irlandaise vit sombrer alors le cœur de la chose vers les abysses du désespoir. Elle essaie de rassurer la parodie humaine avec une voix tremblante de chagrin.

Abigail- Une poussière dans l'oeil.

Encore pendant ces instants de pure tragédie, l’ange essaya de protéger le mastodonte. Les pas de la belle s’arrêtèrent. Le colosse resta planté là, stupidement, et indécis de la décision à suivre. Le vent fit virevolter la chevelure dorée quand sa propriétaire plongea son regard au sol.  À cet instant précis les pensées du sosie de Frankenstein se perdaient dans un songe éveillé. Il aurait aimé être le souffle doux de l’air pour caresser la chevelure veloutée et soyeuse de l’ange. D’être un être humain qui pourrait la consoler et non un monstre répugnant au toucher déplaisant. Mais cet instant de grâce se transforma en une peine insurmontable pour le géant. Créature empathique, il partageait la peine de la divine apparition. De nouvelles cicatrices sanguinolentes se propagèrent sur son cœur durement éprouvé. Des paroles d’une tristesse imaginable trébuchèrent de la bouche de l’ange. Les lèvres magnifiques, habitué à des sourires splendides, tremblèrent d’une émotion poignante. Des larmes cristallines, de véritables diamants inestimables pour la chose, ricochèrent sur les traits dévastés d’Abigail.

Abigail- C'est que... Je voulais rejoindre mes parents. En Irlande. Mais j'en suis incapable.  Et... Ma sœur... Je l'ai laissé au stade, où ils réunissaient plein de gens... Je lui hurlais dessus. Je lui ai dit qu'elle était égoïste parce qu'elle ne voulait pas retourner en Irlande avec moi. Et aujourd'hui je suis perdue...  J'aimerai tellement remonter le temps.

Démontrant toute sa grâce innée et la fluidité de ses mouvements, l’ange fit quelques pas vers un chêne centenaire. Robert resta là quelques instants, indécis pour la marche à suivre. Quand Abi se laissa glisser sur le tronc pour rejoindre le sol et se mettre dans une position d’isolement totale, Bobby fit quelque pas hésitant. Un peu comme si la créature qui maniait se corps immense et déformé avait de la difficulté à contrôler ce véhicule surprenant.  L’instinct de protection le fit s’assoir à la droite de l’être magnifique pour couvrir son flanc vulnérable. Robert se maudit à cet instant de ne pas savoir quoi faire pour consoler la dame, d’avoir quelques aptitudes humaines pour changer. L’angoisse de l’ange était palpable derrière la fortification de ses genoux relevés devant son visage divin. Il ne pouvait être qu'à cet instant une vigie silencieuse devant ce drame humain.

Abigail- Je sais pas.  Je sais pas ce que je dois faire.

Le cœur du monstre éclata alors en un million de particules. Sa détresse devant ce drame humain  fit s’effondrer toutes ses défenses naturelles. Cette carapace qu’il avait construite durant ces nombreuses années implosa pour laisser son âme à nue. Durant ces instants de vulnérabilité, troublé seulement par les doux sanglots de la divine apparition à ses côtés, Robert implora de tout son être les conseils de sa nièce adorée.  Celle-ci, présence fantomatique, mais réconfortante, se manifesta aussitôt. Une main spectrale enserra l’épaule massive du colosse et une voix musicale s’infiltra à l’intérieur de l’esprit lent de Bobby.

Sandra- Chante-lui ta chanson ! Tu sais celle que tu me chantais à l’hôpital quand j’étais découragée…

Robert hocha la tête en silence devant ce si bon conseil. Sandra était tellement intelligente et lui si stupide. Pourquoi la mort enlevait les perles de ce monde et permettait à un être cauchemardesque de rester. Est-ce que c’est une punition divine ou bien un châtiment pour avoir osé exister? La voix douce, mélancolique et pleine de compassion de l’homme déformé s’éleva.

Robert- Euh… Je ne sais pas Abi… Euh… Ma nièce aimait que je lui chante une chanson quand elle était triste… Euh… Si tu ne veux pas l’entendre, dis-le-moi et surtout si je chante faux.



Une voix merveilleuse, rauque et si juste s’échappa alors du cœur et de l’âme de la bête. Une voix digne des chanteurs disparus à ce jour résonna dans le cœur de la forêt. Chanter fit naître un apaisement pour l’être au cœur chaviré, mais aussi à l’ange présent près de lui. Souriant grandement de la joie et de l’allégresse tout à coup rendues à son cœur mis en charpie, la beauté intérieure du monstre se manifesta alors de la plus belle manière qui soit. Un chant pur à la sonorité presque parfaite se produisit alors. Le don caché par la montagne de muscles déformés se dévoila au grand jour. Perdues dans des  notes magnifiques rattachées à des souvenirs tristes et heureux à la fois, les paupières de l’être affreux se refermèrent quelque peu.  Les paroles poussées avec une justesse incroyable caressèrent les âmes endeuillées. Il laissa entrevoir une lueur d’humanité dans ce monde de déchéance. Quand les dernières notes moururent doucement sur la langue de Robert, celui-ci parla avec une tendresse, une franchise et une compassion des plus grandiose pour un être si brisé.

Robert- Je suis désolée d’être un monstre Abi… Euh… Je ne voulais pas que les hommes méchants te fassent du mal…. Euh… J’ai dû me battre toute ma vie contre des méchants qui ne voulaient que vaincre le monstre de Frankenstein… Euh… Je m’en veux tu sais…Euh...

Soupirant doucement, peu habitué de s’exprimer de la sorte, le goliath continua sur sa lancée. Sans s’en rendre compte, il déposa sa main immense et rugueuse au sol. Tout près de l’ange céleste et il continua de parler avec une voix qui n’était qu’un murmure.

Robert- Tu vas retrouver ta sœur et ta famille Abi… Euh… Elles sont encore là pour toi… Euh… Tu pourrais aller au stade… Euh… Ensuite en Irlande…Et si tu veux que je sois là pour t’aider, je serais là… Euh… Je ne veux pas que tu sois triste… Que tu revois les tiens… Ta sœur t’as surement pardonné et elle veut te revoir j’en suis sur… Euh… On se pardonnait très vite moi et ma sœur Rosalie…

Un soupir à fendre les pierres se produisit alors et de sa main droite, celle la plus éloignée de la divine apparition, Robert sorti la photo de ses anges. Caressant leurs visages figés dans le temps avec le pouce, la voix du colosse devient alors mélancolique.

Robert- Je ne veux pas qu’il t’arrive ce qui m’est arrivé… Euh… Je suis seul  maintenant… Euh… Si je pouvais remonter le temps, j’aurais voulu que ma sœur et ma nièce restent vivantes… Que je parte à leur place… Euh… Le monde a besoin d’êtres comme toi et elles, non d’une chose comme moi…

Réfléchissant intensément, la parodie d’humanité dit alors d’une voix lente et trainante. Les traits atypiques démontraient une détresse à ces douloureux souvenirs de la découverte des lueurs qui avaient réchauffé sa misérable vie.

Robert- Je ne veux pas que tu sois blessé Abi… Je veux t’aider… Euh… Tu pourras te reposer en sécurité et quand Juliane ira mieux, elle pourrait t’aider… Elle est si intelligente et je ne comprend pas pourquoi elle reste avec moi...Euh… Je ne sais pas c’est où l’Irlande, mais je vais te ramener auprès des tiens… Si tu le veux…

Une note encourageante s’infiltra dans la voix cassée du géant difformé. Il voulait tellement redonner son sourire merveilleux à l’ange blond. À l’être exceptionnelle qui préférait, comme Juliane, être en contact avec la lie de l’humanité que de rejoindre ses semblables. La présence intangible de Sandra déposa un baiser fantomatique chargé d'affection sur la joue mal rasé de Bobby. D'être si imposant et si diminuer dans son for intérieur était presque imaginable pour le commun des mortels, mais c'était le lourd  quotidien du monstre de foire...



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Dim 29 Nov 2015 - 23:23

Et alors qu'elle sentait le vide et l'effroi au fond de sa poitrine, une voix s'éleva au milieu de la forêt, brisant le silence. Une voix grave, mélodieuse et incroyablement juste. Les sanglots de la jeune femme se stoppèrent aussitôt, d'abord piquée par la curiosité et la surprise. Le chant semblait l'englober d'une chaleur indescriptible, elle sentait son cœur s'apaiser et sa respiration se faire plus lente. Elle resta quelques instants recroquevillée, dans la même position, sans oser bouger de peur de l'interrompre. Et puis elle leva la tête, les yeux rougis et posa son regard encore triste sur le visage de Bobby. Elle essuya son visage mouillé d'un revers de manche et renifla. Elle l'écoutait, silencieuse et ne pensait plus. Plus rien ne traversa son esprit à part la voix qui la berçait. Elle ne cacha pas sa surprise, ni même son engouement. Doucement, un sourire tendre se dessina sur ses lèvres gercées. La dernière note mourut et Abi fut presque déçue que la chanson soit déjà terminée. « Je suis désolée d’être un monstre Abi… Euh… Je ne voulais pas que les hommes méchants te fassent du mal…. Euh… J’ai dû me battre toute ma vie contre des méchants qui ne voulaient que vaincre le monstre de Frankenstein… Euh… Je m’en veux tu sais…Euh... » Ses mots la fouettèrent en plein face. Le visage de l'Irlandaise se décomposa au fur et à mesure qu'il débitait ses paroles. Elle sentit son corps devenir lourd de culpabilité, comme si elle allait s'enfoncer dans le sol sous le poids qui venait de lui tomber sur les épaules. Elle devina qu'il évoquait la violence dont il avait fait preuve il y a à peine une heure, afin de la défendre. De les défendre. Et surtout de sa propre réaction face à cela. Elle ne l'avait même pas remercier. Elle ne lui avait montré aucune reconnaissance pour ce qu'il avait fait. Elle se sentit si coupable qu'elle détourna son regard et qu'aucune parole, aucun son ne réussit à sortir de sa bouche. Elle serra ses jambes de ses bras contre son torse, comme pour essayer de disparaître. « Tu vas retrouver ta sœur et ta famille Abi… Euh… Elles sont encore là pour toi… Euh… Tu pourrais aller au stade… Euh… Ensuite en Irlande…Et si tu veux que je sois là pour t’aider, je serais là… Euh… Je ne veux pas que tu sois triste… Que tu revois les tiens… Ta sœur t’as surement pardonné et elle veut te revoir j’en suis sur… Euh… On se pardonnait très vite moi et ma sœur Rosalie… » Elle esquissa un sourire. Il avait peut-être raison. Ou peut-être pas. Elle ne savait pas si elle pourrait revoir un jour sa famille. Elle ne savait pas ce qu'il allait advenir d'elle et surtout elle ignorait quelle tournure allait prendre la situation, sa vie. « Je ne veux pas qu’il t’arrive ce qui m’est arrivé… Euh… Je suis seul  maintenant… Euh… Si je pouvais remonter le temps, j’aurais voulu que ma sœur et ma nièce restent vivantes… Que je parte à leur place… Euh… Le monde a besoin d’êtres comme toi et elles, non d’une chose comme moi… » Une nouvelle fois le cœur de la jeune femme se fendit en l'écoutant. Avait-il tout perdu ? Pensait-il vraiment ce qu'il disait ? C'était d'une telle cruauté envers lui même. Elle ne savait pas qu'on pouvait avoir une vie aussi difficile. A vrai dire, elle avait toujours vécu dans une tour dorée, aveuglée par son bonheur et la simplicité de son existence. C'était sûrement égoïste, malgré sa conscience du monde extérieur, mais elle ne s'était jamais inquiété de la souffrance et de la peine, pas véritablement du moins. Ou bien n'en avait-elle pas réellement conscience. Mais la cruauté de la condition humaine venait de lui apparaître en pleine figure et elle se sentait si stupide et si coupable d'avoir été celle qu'elle avait été toutes ses années. Oh bien sur, c'était une jeune femme généreuse, à l'écoute et serviable. Elle n'a jamais refusé de l'aide, donnait toujours 1$ aux sans abris qu'elle croisait dans la rue. Mais elle n'avait jamais eu la misère humaine véritablement devant les yeux. Sa gentillesse était devenue une habitude et elle en avait quasiment oublié la réalité de tout cela. « Je ne veux pas que tu sois blessé Abi… Je veux t’aider… Euh… Tu pourras te reposer en sécurité et quand Juliane ira mieux, elle pourrait t’aider… Elle est si intelligente et je ne comprend pas pourquoi elle reste avec moi...Euh… Je ne sais pas c’est où l’Irlande, mais je vais te ramener auprès des tiens… Si tu le veux… » Abigaïl reposa à nouveau son regard sur le visage de Bobby. Elle garda le silence quelques instants, laissant le bruit du vent dans les feuillages finir de l'apaiser. Alors, prise d'un besoin irréversible d'affection comme un chaton le demande ou comme une enfant l'aurait fait auprès de son père, elle enroula ses deux bras autour du bras massif du mineur. Elle le serra avant de poser sa tempe contre son biceps saillant. Pelotonnée comme une petite fille, elle soupira légèrement. Il la protégerait. Elle le savait. Elle le sentait. Elle pouvait ressentir son aura bienfaisante et elle avait confiance en lui, aveuglément, comme on le faisait avec un père. « Ne dis pas ça. Ne dis pas que tu es un monstre et que tu aurais dû prendre leur place. Ne dis plus jamais ça. » dit-elle d'une voix faible mais le ton ferme. Elle ne voulait plus jamais l'entendre lui dire des choses pareilles. Il n'avait pas le droit, il ne pouvait pas. Elle serra un peu plus le bras réconfortant et paternel que lui offrait Bobby et reprit, après un court silence : « Merci. Pour tout. Pour tout à l'heure et pour la chanson. Et aussi d'être là. » ajouta la jeune femme. Elle se redressa alors, lâchant le bras de son ami. Elle se mit debout, essuyant les restes de larmes qui perlaient au coin de ses yeux fatigués.  Néanmoins, elle lui sourit doucement, le visage, bien que reflétant son épuisement, de nouveau un peu plus apaisé suite à cet échange tendre. Il lui avait redonné l'espoir et surtout elle acceptait le fait qu'elle ne serait plus seule. Il serait là, il lui avait dit. Naïvement, elle le croyait dur comme fer. Elle sentait chez lui toute sa sincérité et elle savait son cœur honnête autant que le sien. En quelque sorte, ils se ressemblaient plus que les apparences pouvaient laisser croire. Au fond d'eux, leurs âmes se reconnaissaient comme de la même famille.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Lun 30 Nov 2015 - 22:07

Le géant au grand cœur parsemé de plaies à peine cicatrisé venait de se surprendre lui-même.  Il ne comprenait aucunement le pourquoi qu’il avait dévoilé ces pensées à l’ange blond effondré près de lui. De lui avoir chanté une chanson que sa nièce et lui avaient écrite à l’hôpital. L’homme ne sut quoi répondre au silence qui régnait après avoir mis son âme à nu. D’avoir déclaré qu’il voudrait partager le destin funeste de celles qui avaient apporté le peu de joie dans sa vie. Tout en caressant les visages d’un passé douloureux et encore inscrit en lettre de feu dans son esprit, un souvenir refit surface.

La maison de sa sœur était un phare de compassion et d’amour pour celui qui se croyait un monstre. Les rares fois que Robert pouvait y aller, surchargé de travail pour tenir une promesse à son ange, il n’hésitait aucunement de faire toute cette route. L’homme à la musculation déformé  venait de ranger son matériel de camping pour aller explorer les confins du parc national à proximité. Un merveilleux week-end qui s’était soldé par une nouvelle choc pour le mineur. Rosalie sa sœur bien-aimée venait de lui annoncer qu’elle allait avoir de nouveau la visite de la cigogne. Les yeux du monstre de foire s’étaient alors remplis d’eau, car il vivait par procuration une vie familiale dite « normale » par l’entremise de sa sœur. Il avait toujours su au plus profond de lui-même qu’aune femme ne voudrait d’une parodie d’homme. Elles avaient l’embarras du choix, alors pourquoi se contenter d’un être qui ne vaut guère de la lie de l’humanité? Bobby savait qu’il n’aurait jamais la joie de jouer avec son enfant. D’essayer de l’élever malgré son apparence et ses limitations intellectuelles. Sa sœur avait bien essayé de lui arranger quelques rendez-vous, mais à chaque fois Robert ne put vivre que les mêmes déceptions. Les hauts de cœur à peine camouflés, les départs précipités et la frayeur de ces dames. Il avait donc tout donné son amour, sa tendresse et son affection à Sandra. Il a été un père de substitution pendant de nombreuses années en quelque sorte. Et maintenant Rosalie voulait que le parrain de son prochain enfant soit un déchet d’humanité. Les lèvres tremblantes du mastodonte avaient essayé d’exprimer ses doutes, ses peurs de ce fardeau si merveilleux et si lourd à la fois.  Bobby s’était isolé pour digérer cette information des plus perturbantes, laissant les deux êtres qui illuminaient les méandres de sa vie. Dans la chambre d’ami, Sandra avait trouvé son gros nounours assis sur le lit. Les mains immenses et rugueuses de l’être cauchemardesque plaqué sur son horrible faciès. Elle s’était assise près de celui qu’elle surnommait son gros nounours. Entourant ses petits bras autour du billot qui servait de biceps au mineur, elle appuya sa tête. Avec une douceur que Robert croyait toujours ne pas mériter, elle lui parla avec une douceur et une tendresse digne de sa descendance divine.

Sandra- Tu sais oncle Bob, je suis jalouse du bébé. Car je sais que tu seras un merveilleux parrain! Tu te rappelles de tous ces mois que tu as passés à l’hôpital à me tenir compagnie?

Robert hocha péniblement la tête, la terreur encore très présente que la leucémie avait failli emmener son ange loin de lui.

Sandra- Les gens étaient tombés sous le charme de la gentillesse que tu me donnais sans compter. Des chansons que tu me chantais à t’en faire casser la voix, des promenades dans tes bras pour me faire sortir de mon isolement, de veiller sur mon sommeil et de prier Dieu lors que j’étais en traitement pour ne pas qu’il t’arrache à toi? J’étais fière de dire que tu étais mon oncle, mon gros nounours.

L’émotion ravagea alors l’âme si pure, mais si diminuée de l’homme et il entoura de ses bras disproportionnés le corps fragile et plein de vie de sa nièce. Celle-ci se blottit sur l’être répugnant avec un soupir de bien-être. La voix chantée de Sandra caressa alors l’ouïe du monstre de foire.

Sandra. Je t’aime mon gros nounours… Prends ton temps en camping pour répondre à maman… Je sais que si tu donnes juste la moitié de l’affection que j’ai reçue au bébé, il ne verra que l’être doux et merveilleux que tu es. Comme je t’ai toujours vu… Donne-nous ta réponse à ton retour. Nous avons tout le temps voulu, tu sais.

Retenant à grand-peine les larmes de briser les digues de ses paupières, Robert accepta comme toujours les demandes du petit ange. Elle déposa alors un baiser sur la joue rugueuse de l’homme déformé et la scène s’évanouit.


Ce souvenir à la fois merveilleux et douloureux fit naître chez la bête un hébétement. Il n’avait jamais pu dire la réponse aux êtres chers à son cœur. Le destin avait décidé que le mineur ne reverrait jamais sa famille. Un peu avant le mouvement subit de l’ange blond assis à ses côtés, Bobby murmura la réponse aux visages souriants de son passé.

Robert- Oui Rosalie j’aurais voulu être le parrain de ton bébé… Merci pour tous ce que vous m’avez donné toi et Sandra…

Un contact merveilleux se produit. Deux bras s’enroulèrent autour du bras de l’être affreux. Aussitôt les muscles du corps de l’homme se tétanisèrent, peu habitué à ce genre de geste. Le souffle du mastodonte en fut coupé littéralement. Abigail, au même titre que Juliane, venait de faire des actions insensées envers la parodie d’humanité qu’il était. La divine apparition affirma sa prise et déposa sa tête sur le muscle énorme de Robert. Sans le savoir, le corps du colosse ordonna à ses muscles de se détendre pour faire en quelque sorte un oreiller douillet pour l’être angélique. Un soupir de bien-être de la part de la merveilleuse âme démolit les dernières réticences de l’homme. Tout doucement, comme pour ne pas faire éclater cette bulle de rêve qu’il vivant, Robert rangea la photo de ses souvenirs douloureux. Une voix comparable s’éleva alors, la légèreté des mots luttait contre le vent d’automne pour trouver l’oreille du colosse.

Abigail- Ne dis pas ça. Ne dis pas que tu es un monstre et que tu aurais dû prendre leur place. Ne dis plus jamais ça.

Robert ne put qu’apprécier ces mots venus directement d’un cœur si pur et se laisser envahir par cette bonté innée de la douce apparition. L’ange à la chevelure doré se blottit alors davantage et un sourire écorcha le visage fermé de Robert.

Abigail- Merci. Pour tout. Pour tout à l'heure et pour la chanson. Et aussi d'être là.


L’ange sembla alors léviter en se levant, car sa grâce innée était des plus sublimes à voir. Abi essuya alors ses yeux, mais un sourire merveilleux irradiait sur son visage parfait. Une résolution se dessina alors sur les traits exquis, mais exténués de l’irlandaise. Une telle radiance se dégagea de ce corps frêle que Robert ne put que sourire à son tour. La bonté de ce geste que l’homme utilisait que rarement fit oublier sa laideur au regard bleuté de l’ange.  Une bienveillance, une tendresse et une bonté soufflèrent littéralement de son corps atroce et Robert se releva. Il était devenu, pour quelques instants, un homme en part entière. Il ne put songer qu’à cet instant que leurs deux âmes s’étaient sauvées de la perdition. Que les deux êtres s’étaient agrippés lors d’une chute vers l’enfer. Que chacun pouvait compter sur l’autre pour le chemin qu’ils allaient entreprendre. Affichant un sourire qui lança loin de lui sa laideur habituelle, le regard si pur de la chose reflétait une humanité sans pareil.

Robert-  Merci pour tous Abi… Euh… D’être tout simplement là… Euh… Je serais toujours là pour toi. Comme je serais là pour Juliane… Euh… Et je vais te chanter des chansons quand tu vas le vouloir… Euh… l’abri est près d’ici, à une dizaine de minutes… Tu pourrais te reposer un peu avant de voir Juliane…

Se décalant alors près de l’ange à la beauté aveuglante, le monstre de foire l’escorta alors sur un petit sentier presque laisser pour compte. Devant des obstacles que les grandes enjambées du colosse franchissaient aisément, Robert donna toujours la main à l’être divin pour lui faciliter le passage. Bobby n’avait plus de tremblements d’être aussi auprès d’elle, N’avait plus honte de ce corps repoussant et couvert de cicatrices qui était le sien. De son esprit lent et de ses carences intellectuelles. Comme si l’aura de pureté d’Abi annulait ses défauts.  De son ton et lent, il désigna les oiseaux dans les arbres et parla simplement.

Robert- Euh… Les oiseaux sont gentils. Ils n’aiment pas les méchants qui mordent et ne chantent plus pour nous prévenir… Euh… Écoute toujours la nature Abi… Euh… Elle est ton amie…

Rendu près d’un ruisseau chantant, Robert parut gêné sur le coup. Du rouge monta alors à ses joues et il détourna le regard. Il dit alors d’une voix basse.

Robert- La tour est près, mais on doit traverser… Euh… Les rochers à la surface sont glissants. Euh… Si tu ne veux pas te mouiller les pieds, je peux te faire traverser…

Il allait se soumettre à la décision de l’ange, mais il aimerait tellement sentir de nouveau le corps parfait de l’Irlandaise près du sien. Il ne comprenait aucunement cette envie soudaine et il la fait sombrer dans son subconscient. Quand l’épreuve fut accomplie, le duo des plus étranges arriva enfin devant la tour d’observation. C’était un lieu pour mettre une vigile pour surveiller les risques d’incendie de forêt et portés assistance aux randonneurs. Une volée de marches emmena la bête ignoble et l’être de perfection dans l’habitation située au sommet des pilotis. La barrière était ouverte et après un examen soigneux de l’aire d’habitation, aucun danger ne se déclara alors à Bobby. Refermant la sécurité, le colosse entreprit de faire ronfler un feu dans le poêle à combustion lente. Les lieux étaient assez disparates, ne comptant qu’une grande pièce et deux petites. Une toilette avec douche et une chambre au lit simple. Souriant avec une douceur et une gentillesse dont lui seul avait le secret, la bête de foire posa doucement à Abigail une simple question.

Robert- Euh… Je vais faire à manger avant qu’on aille voir Juliane… Tu as surement très faim ?

Sortant de son sac les diverses conserves de nourritures prises dans la pharmacie, sa main rencontra alors le gros paquet de barres protéinés au chocolat. Sortant le paquet ainsi que la gourde avec purificateur et divers autres objets, il les déposa sur la table devant la jeune merveille.

Robert- Euh… c’est pour toi… Euh… J’ai vu que tu aimais ces barres alors j’ai acheté ce qu’il restait…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Mer 9 Déc 2015 - 11:31

Ils reprirent leur chemin. Elle écoutait ses conseils, comme bercée par sa voix grave. Elle se sentait mieux, bien même. Elle avait l'impression que rien ne pouvait lui arriver tant qu'il était près d'elle. Plusieurs fois elle avait voulu qu'il la prenne dans ses bras, comme on serre contre son cœur un enfant fragile. Mais elle ne fit rien, ne tenta rien. Après tout, ils venaient de se rencontrer et même si la situation actuelle était différente, elle avait une éducation et avait peur de paraître impolie à ses yeux. Quelque chose les liait, elle le savait, elle en était certaine. Il avait gravé quelque chose, au fond de son cœur, en un regard, un sourire, une attention. Elle savait qu'il serait là à jamais, même quand tout cela sera fini, même si ils ne devaient plus se voir, Bobby resterait quelque part, près d'elle. Ils approchèrent une rivière. Elle donna sa main au géant qui l'aida à traverser, évitant qu'elle se mouille et ils reprirent leur marche. La fatigue commençait à se faire cruellement sentir pour la jeune femme et elle priait pour qu'ils arrivent le plus vite possible. Abigaïl rêvait de dormir, profondément. Sans cauchemar, sans réveil en sursaut, sans sueur froide comme la nuit précédente. Elle soupira de soulagement lorsqu'ils arrivèrent à destination peu de temps après. Encore quelques marches et elle serait à l’abri, elle serait à la maison pour une nuit. Elle découvrit lentement les lieux, s'appropriant l'espace. Elle n'avait pas l'habitude de changer de cocon, s'adapter n'était pas ce qu'elle savait de mieux. Mais tout était différent aujourd'hui et elle n'avait pas vraiment le choix. Elle posa son sac sur le sol, près de la porte. Elle se disait que si elle avait un soucis, elle pourrait l'attraper en se sauvant. Bobby s'attaqua au feu et elle le remercia intérieurement de s'en occuper aussi rapidement. Le soir commençait à tomber lentement et la fraîcheur arrivait avec lui. Fille de la ville, elle n'aurait jamais réussi à allumer un feu par elle-même, c'était certain. Elle le regarda faire discrètement, prenant des notes dans son esprit fatigué pour plus tard, si jamais un jour il n'était pas là pour prendre soin d'elle. « Euh… Je vais faire à manger avant qu’on aille voir Juliane… Tu as surement très faim ? » Elle hocha doucement la tête, un léger sourire sur les lèvres. Très faim était en vérité un euphémisme ! Même si la fatigue prenait le dessus, la faim compressait son estomac. Elle s'installa autour de la table pendant que Bobby vidait l'intérieur de son sac. « Euh… c’est pour toi… Euh… J’ai vu que tu aimais ces barres alors j’ai acheté ce qu’il restait… » Et elle se mit à rire. Elle repensa alors à la scène pathétique qu'elle lui avait offert quelques heures plus tôt dans la pharmacie. Ses joues s’empourprèrent légèrement alors qu'elle riait toujours doucement. « Merci Bobby. » lui répondit-elle simplement, toujours amusée. En effet, elle avait adoré dévoré ces barres et surtout ce chocolat. Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle était accro à cette friandise jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus en manger à sa guise.

Elle passa une main dans ses cheveux emmêlés, grimaçant légèrement quand ses doigts heurtaient un nœud. Elle regarda de nouveau autour d'elle et reposa son regard sur Bobby. Elle était bien, son cœur se sentait apaisé. « Est-ce que tu veux que je t'aide ? » demanda-t-elle à son ami en se levant. Elle n'aimait pas rester à rien faire, mais la fatigue et l'effort physique dont elle était peu habituée et qu'elle avait dû fournir aujourd'hui ainsi que la nervosité d'une journée riche en émotions la rendait faible. Ses jambes, maintenant qu'elle se savait en sécurité, refusaient de rester fermes. Comme si tout son corps relâchait cette pression de deux jours dehors. Alors elle dans un léger grognement, elle se rassit immédiatement sur sa chaise en bois. Pendant qu'il préparait à manger, le feu répandait une douce chaleur dans la pièce. Elle regardait les flemmes danser et un silence s'installa. Il n'était pas gênant, au contraire, il y avait quelque chose de reposant. Elle repensa à cette journée, à ce qu'ils avaient vécu, fait, dit. « Bobby ? » Elle brisa le silence, tournant la tête vers ce dernier. Laissant un léger instant en suspend, hésitante, elle reprit néanmoins : « La photo... C'est ta famille ? » Elle voulait qu'il lui parle de lui, qu'il lui raconte des histoires, qu'elle apprenne à le connaître, qu'elle le découvre plus encore. Elle voulait faire partie de sa famille, de sa vie. « Elles sont loin d'ici ? » demanda-t-elle. Elle s'imaginait pouvoir l'aider à retourner chez lui, à retrouver sa famille comme il le ferait pour elle. « Parle-moi d'elles. Parle-moi de toi. » rajouta Abi d'une petite voix. Elle ressemblait à une enfant qui quémander une histoire avant d'aller dormir. Elle croisa les bras sur la table et y posa délicatement sa tête, le visage tourné vers son cuisinier d'un soir.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Jeu 10 Déc 2015 - 19:33

Abigail- Merci Bobby.

Le colosse ferma les yeux et laissa la douce voix chantonnée de l'ange à la chevelure dorée le bercer. Laissant apercevoir l'irrégularité de sa dentition hasardeuse, le géant souriait franchement. Une sorte d'apaisement se dégageait de l'être grotesque et sans savoir le comment du pourquoi, il se sentait à l'aise avec la jeune dame. Bobby était toujours sur le qui-vive, sur ses gardes envers les gens. Le mastodonte s'était assemblé une carapace pour le protéger des assauts venimeux et sournois des gens qui évoluaient dans ce monde si terrible envers lui. Mais depuis ces trois derniers jours, des mains remplies de gentillesses, des mots tendres et des sourires authentiques avaient percé les défenses du gaillard. Robert avait laissé entrevoir le cœur immense et débordant de bonté de la bête. Juliane lui avait redonné goût à la vie, de continuer de se battre pour entretenir le souvenir des anges qui avaient touché sa misérable vie de leurs doigts graciles. Abigail avait démontré que l'humanité n'était pas éteinte dans la fiente nauséabonde du chaos de la nouvelle maladie et de l'individualiste des gens. Les deux divines apparitions avaient affirmé leur côté céleste en tendant la main vers la lie de l'humanité. Peu de gens avaient osé en faire autant envers Bobby. Habituellement il était à leurs yeux qu'un outil, utile en cas de besoin, mais jetable sans un regard en arrière. L'homme déformé ne pouvait compter toutes les fois où des gens s'étaient servis de sa grande naïveté et utiliser les bons mots pour lui faire accomplir leur sale besogne. Mais Juliane, avec son sourire rempli de tendresse, et Abigail avec son regard débordant de bonté semblaient des êtres à part. Des fois Robert était persuadé qu'il allait se réveiller seul dans le chalet et que les deux êtres si magnifiques ne seraient que les songes d'un pauvre arriéré.

Laissant le rouge pivoine envahir ses joues mal rasées, Robert ne put dire aucun mot. Son sourire parlait amplement pour lui et la laideur de l'être en était grandement diminuée. Se dirigeant vers le feu, il saisit une conserve et l'ouvrit. Prenant une casserole, il vida le ragout de la conserve et laissa mijoter le tout. La voix mélodieuse s'éleva de nouveau, charmant une fois de plus le colosse à l'apparence si grossière.

Abigail- Est-ce que tu veux que je t'aide ?

Ne voyant pas l'état de faiblesse de la magnifique blonde, le dos tourné à elle, Robert ne put que répondre de sa voix rauque.

Robert- Euh... Non ça va... Ça sera prêt dans une minute...

Le silence s'installa de nouveau, perturbé par le craquement occasionnel du bois en train de se consumer. L'âme de l'homme maintes fois diminuer était apaiser par la douceur de l'aura de l'ange assise à la table. Il ne pouvait s'empêcher de penser à la jeune femme tremblante de fièvre dans on antre, mais Robert avait maintenant une seconde personne à s'occuper. Il ne savait pas quoi faire ni comment y arriver, mais la volonté du géant était complètement tournée vers les deux êtres magnifiques qui semblaient avoir entremêlé leurs destins avec le sien. Robert devait tout faire pour les aider à contourner les embuches que ce monde erratique et sombre semblait prendre plaisirs à placer sur la route de leur existence. Le mineur prit la louche et remplis à ras de bord le bol de l'être céleste et un peu le sien. Repenser à Juliane et à sa souffrance lui avait ôté l'appétit et il allait ramener le reste de la pitance pour essayer de nourrir l'ange de la compassion souffrante.

Abigail- Bobby ?

L'homme repoussant prit les deux bols au fumet qui promettait un délice gratifiant. Se retournant, il ne put que faire un sourire tendre et encore plus chaleureux que le foyer ronflant à l'arrière-plan. Bobby allait faire un pas de géant pour rejoindre la table où siégeait une vision du paradis quand la voix musicale, quoiqu’hésitante, fit frémir les oreilles de la chose.

Abigail- La photo... C'est ta famille ? Elles sont loin d'ici ? Parle-moi d'elles. Parle-moi de toi.

Le géant figea sur place, le regard bleuté accroché au doux visage de l'ange qui semblait à bout de force. Le faciès monstrueux de l'homme déformé passa par un amalgame d'émotion. Un maelstrom d'où on pouvait aisément lire la peine, la douleur, la surprise et un soupçon de joie. Car avant Juliane, personne n'avait voulu entendre le récit si particulier de la bête. Et voilà qu'une merveilleuse âme s'intéresse tout à coup au cheminement de l'homme à la musculation disproportionné. Mais repenser à ses anges partis rejoindre un paradis qu'elles n'auraient jamais dû quitter remplis de peine la grande carcasse cauchemardesque de l'être bannie de la société. Baissant le regard, Bobby plaça avec une douceur surprenante le couvert devant la jeune femme et s'assit lourdement sur la chaise. Ouvrant deux bouteilles d.eau, il en plaça une à portée de main de la divine dame. Un murmure, des syllabes à peine détachées, franchit les lèvres exsangues de l'homme.

Robert- Fais attention c'est chaud... Euh... Bonne appétit.

Fouillant dans la poche de la chemise, d'où son cœur cicatrisé pouvait presque toucher les visages de ses êtres chers, Robert en sortit la photo. Revoir les visages souriants de ses anges lui fit monter une boule d'émotion dans la gorge. Ses épaules s’affaissèrent un peu et Robert caressa de son pouce démesuré l'image avec un amour inconditionnel. Il jeta toutes ses forces dans le combat éprouvant de ne pas laisser les larmes dégringoler sur son faciès immonde. Tendant une main tremblante, la bête donna la photo aux bons soins de l'ange interloqué. Soupirant doucement, il prit sa cuillère et la plongea dans le ragout sans grande conviction. Reportant son regard si pur, mais à la fois si affligé et si triste, sur le visage au trait si agréable, presque surnaturel de beauté d'Abigail, Robert fut de nouveau prisonnier. L'ange à la chevelure doré avait cet étrange pouvoir sur le géant, soit de lui battre son cœur plus vite et d'accéder à ses demandes. La voix de l'homme si souvent brisé s’éleva alors dans le silence des lieux. Un ton rauque certes, mais empreint d'une douceur et d'une bonté défiantes l'horrible réalité. Tant de gentillesse, de douceur et de compassion semblaient irréelles dans ce réceptacle singulier. Car autant de bonté devait se retrouver dans un corps d'Adonis et non celui d'un démon.

Photos:
 

Robert- C'est Sandra ma nièce et Rosalie ma sœur... Euh... Je n'ai plus de famille... Elles sont parties au paradis loin de ce monde chariotique... Euh... chaotique... Je n'ai jamais eu de dame qui a voulu de moi... Euh... Pas de copine... À cause de mon corps et mon cerveau... Alors, elles étaient ma seule famille...

Prenant une grande respiration, Robert déposa sa main énorme sur la table et de nervosité il jouait avec la cuillère dans la pitance de son bol. Le regard de la chose se perdit dans un lieu où mille douleurs l'attendaient. Une vision pour lui seul et que sa voix essayait de décrire sans s'en rendre compte.

Robert- J’étais en camping pour ramasser des ingrédients pour le Moonshine… Euh… J’ai reçu un appel de mon ange… Elle disait que les voisins voulaient entrer chez elle et faire du mal à elle et ma sœur… J’aurai dû rester avec eux… Euh… Quand je suis arrivée, c’était trop tard… Tout ce sang et ce qui s’était passé… Euh…

Réprimant le frisson glacé de la fatalité de ce passé douloureux, Robert baissa le regard et prit quelques secondes pour essayer de reprendre une quelque contenance. Par un acte miraculeux, Bobby empêcha les digues de ses paupières de fissurer et de libérer le déluge salé. Relevant la tête avec peine, le visage du monstre s'était fissuré quelque peu. Parti les traits durs et atypiques. Une certaine mélancolie et aussi une douceur surprenante irradiaient de l'être durement éprouvé. Un regard, ayant encore un fond de mélancolie, bienveillant et sincère couva la merveilleuse dame.

Robert- Désolé... Euh... Je m'ennuie d'elles chaque jour... Merci d'être si gentille avec moi... Les gens ne veulent rien savoir de moi...Euh... Ils passent le moins de temps possible avec le mons... euh moi. Il y a juste toi et Juliane qui vous êtes arrêtés pour me parler...

Le visage du monstre de foire déposa la cuillère dans le bol de nourriture intact. Il porta sa main son menton volontaire et mal rasé. Les traits du visage se durcir un peu sous l'effet de l'immense effort de concentration. Même un petit bout de langue rose sorti de la cavité buccale pour finaliser ce portrait des plus comiques. Se rendant compte de ce comportement loufoque qui faisait rire sa nièce adorée à chaque coup, l'émergence d'un rire s'éleva du tréfonds de l'être de l'homme. Les épaules tressautèrent et ensuite un rire franc, honnête et enfantin se déploya dans les airs. L’avalanche de rires, soudaine et rafraichissant, diminua graduellement. Il laissa toutefois un sourire déposé sur les lèvres exsangues de la chose. Reprenant une respiration normale, le mastodonte poursuivit alors avec une voix rauque, mais au ton guilleret.

Robert- À chaque fois que je fais cette face-là, Sandra riait aux éclats et moi aussi... Euh... Tu veux que je commence quand j'ai été tout petit? Oui j'ai déjà été petit... Euh...

Essayant un peu d'humour, chose qu'il n'avait faite qu'avec sa famille et Juliane, Bobby se lança à l'eau.

Robert- Euh... Papa est parti après la naissance de Rosalie. Maman disait que c’était à cause de nous, mais je sais qu'il ne voulait pas un fils stupide et laid comme moi... Euh... Maman prenait des médicaments pour voyager dans sa tête... Euh... J'ai dû m'occuper de ma petite sœur... Elle a compris la lecture plus vite que moi et c'est elle qui me racontait des histoires...

Les traits atypiques du géant se firent plus tendres. La main toujours à plat sur la table, il continua de parler avec une douceur et une légèreté tout enfantine.

Robert- J'étais pas bon à l'école... Euh... Bobby se tape alors le front avec son index immense. C'est souvent vidé, là-dedans qui disaient mes professeurs. J'ai commencé à travailler très jeune pour le propriétaire de la maison... Euh... Payé pour mettre Rosalie et maman à l'abri. Ensuite payé pour l'école et l'uniersitoir... Euh... université à mon ange. J'ai travaillé dans la construction, les mines et dans un bar pour faire le méchant... Euh... des boulots loin des hommes et j'étais souvent seul... Pour ne pas déranger personne avec ma gueule de porte-bonheur.

Une fierté illumina alors le visage de la chose et le sourire s'accentua.

Robert- Sandra est arrivé et j'ai pu être son gros nounours... Euh... Elle a été malade, tu sais la leucémo... leucina... leucémie... Oui c'est ça elle avait 8 ans... Je me cachais dans l’hôpital pour rester avec elle.... Je ne voulais pas la perdre...La docteure Barnett m'a dit que je pouvais rester le temps que je voulais quand elle m'a trouvé cacher sous le lit de mon ange... Euh... Mes pieds dépassait... C'est là que Sandra écrivait des chansons que je devais interpréter... Euh... Honey bee c'était d’elle que t'as entendu.

Le visage de l'homme devint alors un peu plus neutre, légèrement triste.

Robert- Elle voulait aller à Disney et je lui disais qu'au moment qu'elle sera guérie, j'allais l'envoyer avec sa mère... Euh... Elle avait guéri il y a 2 mois de ça... Euh... Elle voulait que j'aille avec elle et Rosalie. Ça ne lui dérangeait pas de se faire voir à côté de moi... Je m'ennuie d'eux beaucoup... Mais Juliane est arrivée... Je ne comprends pas pourquoi elle perd son temps avec moi... Mais elle est comme toi et mes anges, des gens merveilleux...

Comprenant la portée de sa dernière parole, le colosse rougit à un point tel qu'il devait être visible de la lune. Pour troubler sa gêne, il prit une cuillère de ragout et l'enfouit dans le fond de son gosier. Une lueur espiègle illumina le regard bleuté du monstre de foire et il fit semblant de se brûler la langue pour faire rire l'ange à la chevelure dorée. Des simagrées du plus bel effet furent alors exécutées de manière mal habile et comique. Il ne voulait qu'entendre le rire cristallin et la joie s'inscrire brièvement sur le visage aux traits divins de l'Irlandaise. Reprenant son sérieux, il demanda alors craintivement avec un instant de silence pour essayer d'assembler ses idées.

Robert- Euh... Tu veux me parler de toi si ça ne te dérange pas... Euh... Je ne veux pas t'embarrasser, tu sais...

Bobby voulait apprendre à connaître la douce dame. Et à part Juliane, il n'avait jamais montré un intérêt pour approfondir une relation humaine.



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MessageSujet: Re: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Lun 14 Déc 2015 - 16:47

« C'est Sandra ma nièce et Rosalie ma sœur... Euh... Je n'ai plus de famille... Elles sont parties au paradis loin de ce monde chariotique... Euh... chaotique... Je n'ai jamais eu de dame qui a voulu de moi... Euh... Pas de copine... À cause de mon corps et mon cerveau... Alors, elles étaient ma seule famille... » A ces mots, Abigaïl détourna aussitôt le regard, honteuse de lui faire revivre le terrible souvenir. Elle lisait dans les yeux de l'homme toute la tristesse et le désespoir et elle s'en voulait terriblement de devoir supporter cela. « J’étais en camping pour ramasser des ingrédients pour le Moonshine… Euh… J’ai reçu un appel de mon ange… Elle disait que les voisins voulaient entrer chez elle et faire du mal à elle et ma sœur… J’aurai dû rester avec eux… Euh… Quand je suis arrivée, c’était trop tard… Tout ce sang et ce qui s’était passé… Euh… » Chaque parole était comme une coup de massue sur les épaules de la frêle jeune femme qu'elle était. Elle n'avait pas l'habitude de supporter autant de tristesse, de violence,de mort... Ce n'était pas sa vie, ce n'était pas ce qu'elle avait connu toutes ces années. Et elle en devenait presque à se sentir coupable de ne pas avoir souffert, elle aussi, de ne pas avoir ressenti ce qu'il a pu ressentir et ressentait encore, à ne pas pouvoir le comprendre. « Désolé... Euh... Je m'ennuie d'elles chaque jour... Merci d'être si gentille avec moi... Les gens ne veulent rien savoir de moi...Euh... Ils passent le moins de temps possible avec le mons... euh moi. Il y a juste toi et Juliane qui vous êtes arrêtés pour me parler... » Elle reposa le regard sur son nouvel ami. Elle voulait lui dire qu'il était quelqu'un de bien et qu'elle ressentait une profonde admiration pour lui, pour ce qu'il est malgré sa vie, malgré ce qui lui était arrivé. Elle aurait voulu lui dire qu'il n'était pas celui qu'il voyait dans les yeux des autres, ce monstre, cet imbécile, ce géant. Mais un rire franc résonna dans la petite pièce. Il se mit à rire si fort, qu'il sembla à la jeune femme que les murs de la tour tremblèrent. Et elle ne put s'empêcher de rire à son tour, d'un léger rire, amusée, mais toujours un peu perturbée par les confessions de Robert. Son sourire s'éteignit rapidement, parce qu'au fond, elle n'avait pas envie de rire. Il lui raconta son histoire et une fois encore elle ne put s'empêcher de ressentir ce sentiment de culpabilité. Sa vie à elle avait été simple, si légère et elle trouvait ça injuste. Pourquoi une seule personne, aussi pure, devait supporter autant de maux ? Pourquoi le sort s'acharnait-il sur Bobby ? Elle n'avait plus faim, le ventre tordu par le dégoût et la culpabilité. Elle soupira légèrement et baissa la tête. Elle l'admirait plus encore à présent et elle se sentait si misérable. Elle n'aurait pas eu le quart de la force qu'il avait eut pour traverser tout cela. « Je suis loin d'être merveilleuse, Bobby. » déclara-t-elle tout simplement à ses mots avant de garder le silence et de commencer à manger. Même si elle n'avait pas faim, elle avait conscience qu'elle devait ingurgiter un minimum si elle voulait avoir des forces pour le lendemain. « Euh... Tu veux me parler de toi si ça ne te dérange pas... Euh... Je ne veux pas t'embarrasser, tu sais... » Elle déglutit lentement à sa proposition. Elle ne savait pas trop si c'était une envie d'entendre son histoire (aussi courte soit-elle) ou si il lui disait cela seulement pas politesse. Elle haussa légèrement les épaules. « Je suis née en Irlande. Il y a quatre ans je suis venue ici pour rejoindre ma sœur et faire mes études. » répondit-elle d'une voix monotone. « J'ai eu de la chance. » rajouta la jeune femme dans un murmure avant de reporter la nourriture à sa bouche. Un court silence s'installa et elle se rendit compte de son attitude et de ce que Robert pouvait penser et comprendre. Elle se racla la gorge avant de reprendre : « Désolée. Je... C'est pas ce que je voulais dire... C'est juste que... J'ai toujours été heureuse. » Elle se sentait si coupable qu'elle n'osait même plus le regarder. « Je n'ai pas connu le moindre désespoir. Pas une seule seconde. Alors... Je... » Elle souffla, ses joues se gonflant, exaspérée par elle-même. « J'ai juste beaucoup d'admiration pour ce que tu es malgré tout ce que tu as vécu. » Elle osa un léger sourire avant de se mettre à bailler, la fatigue se faisant sentir de plus en plus. Elle sentait tout son corps s'engourdir et sa nuque tenir de moins en moins efficacement la lourdeur de sa tête. « Tu es très courageux. » ajouta Abi avant de poser son coude sur la table et de poser dans la paume de sa main son menton fin. Elle repensa alors à ces mots et la perte de sa famille. Le voisin, le sang... Elle ne posa pas de questions, parce qu'elle avait assez vu à quel point tout cela était pénible pour lui. Mais elle ne pouvait s'empêcher de se demander si c'était en lien avec toutes ses rumeurs de ces derniers jours et ce qu'il se passait à Seattle.
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MessageSujet: Re: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Jeu 17 Déc 2015 - 20:21

Le colosse n'osait à peine respirer de peur de troubler cette ambiance de confidence qui semblait se former dans la pièce. Voyant le trouble et la fatigue sur le visage magnifique, qui semblait sculpter par un artisan ayant eu un avant-goût du paradis, Robert se pinça ses lèvres exsangues. Enlevant sa main de sur la table, la monstruosité se prépara à se lever quand la voix splendide, quelque peu éraillée par la somnolence, caressa l'ouïe du géant.

Abigail- Je suis née en Irlande. Il y a quatre ans je suis venue ici pour rejoindre ma sœur et faire mes études. J'ai eu de la chance.

Un sourire écorcha les traits atypiques du monstre de foire. Il aurait bien aimé faire des études, voyagé même. Mais à cause d’un mauvais tour de la vie, le mastodonte avait hérité d’une apparence repoussante et d’une intelligence en deçà de la moyenne. Mais voir que la divine apparition avait réussi sa vie le comblait d’aise. Le géant était heureux d’entendre chaque mot, chaque syllabe que l’ange à la chevelure doré consentait de lui donner. Telle une offrande de l’avatar d’une déesse envers un serviteur. Une bénédiction pour l’âme émiettée du géant en quelque sorte. Un apaisement bienvenu au travers des incertitudes et les aléas d’une vie misérable et pitoyable. Mais une lueur d’inquiétude traversa le regard bleuté de l’homme. La belle dame détourna alors son visage merveilleux pour camoufler ses yeux dotés d’une gentillesse troublante. Des yeux immenses et dotés d’une couleur si bleue qu’en comparaison le ciel d’été sera sombre et morne.

Abigail- Désolée. Je... C'est pas ce que je voulais dire... C'est juste que... J'ai toujours été heureuse.

Ces quelques mots placèrent le doute dans l’esprit lent de la chose. Il ne comprenait aucunement la tournure de cette discussion. D’un naturellement très peu à l’aise dans les échanges interpersonnels, le géant ne put que continuer à écouter la voix mélodieuse de l’être divin qui osait partager le repas avec lui.

Abigail- Je n'ai pas connu le moindre désespoir. Pas une seule seconde. Alors... Je... J'ai juste beaucoup d'admiration pour ce que tu es malgré tout ce que tu as vécu.

Elle pivota la tête vers le mastodonte et éclaira subitement la pièce d’un sourire. Un sourire d’une telle radiance que la comparaison avec le soleil fut faiblarde pour le colosse déformé. Il sourit alors à son tour d’une apparence certes douteuse. Mais pour la défense de l’homme, ce sourire était à la fois sincère, bienveillant et tendre. Une affirmation des plus honnêtes caressa alors l’égo sous-développé du géant au grand cœur.

Abigail- Tu es très courageux.


Une rougeur pivoine monta alors aux joues mal rasées de la pâle caricature d’homme. Celui-ci détournant le regard pour ne pas paraître plus idiot qu’il n’était. De sa voix rauque et à la mitraille de mots mal mâchés, le mastodonte répondit alors avec une douceur et une sincérité des plus touchantes.

Robert- Je ne suis pas courageux Abi… Euh… Juste lent à comprendre, je crois… Avant je me battais pour mes anges. Maintenant je crois que je reste pour aider les gens gentils. Comme toi et Juliane… Euh… À ce que j’ai vu, tu es gentille et courageuse aussi… Euh… Merveillose je ne connais pas ce mot…

Pivotant son affreux faciès vers l’ange à la chevelure doré, le mastodonte amorça un mouvement des plus surprenants. Robert avança alors une main immense, rugueuse et timide par –dessus la surface polie de la table. Après quelques instants d’hésitations, laissant planer sa main par-dessus celle de la douce apparition, monstre de foire la déposa avec légèreté. Un peu comme si par le simple contact de sa peau répugnante, Bobby aurait vu l’Irlandaise s’évaporer dans les derniers rayons de ce soleil automnal. C’était la première action concrète que Robert entreprenait avec Abi. Essayant de sourire d’une manière humaine et normale, ce qui veut dire d’éviter au maximum de dévoiler sa dentition atroce, le géant continua sur le fil de sa pensée.

Robert- Tu as été courageuse aujourd’hui Abi… Euh… Tu m’as parlé dans la pharmacie et tu m’as aidé à trouver les médicaments… Euh… Peu de gens l’auraient fait. Quand les méchants ont voulu prendre les médicaments de Juliane, tu t’es placé devant moi… Euh… Tu as voulu me défendre alors que tu étais en danger aussi… Euh… Et tu as suivi le mons… m’as suivi dans les bois à place de rester avec les humains…

Serrant tendrement la main de la jeune femme au charisme si époustouflant, la lie de l’humanité continua de parler avec la voix de l’honnête et de la sincérité.

Robert- J’apprécie chaque sourire que tu me fais, chaque parole que tu me dis… Euh… Ça me montre qu’il y a encore de la gentillesse dans le monde. Des sortes d’anges dans un sens… Tu es très fatigué. Il y a un lit à côté, mais pas de couverture. Je te reviens.

La créature de Frankenstein lâcha alors la main de l’ange pour se pencher près de son sac à dos. Il en sortit alors son sac de couchage et le plaça méticuleusement sur le lit de camp. Ensuite il plongea sa main dans le sac à dos pour y pêcher une radio à onde courte avec une batterie fixée avec du ruban collant. Il se plaça près de la dame qui pouvait illuminer une vie de ténèbres avec un sourire et déposa l’appareil de communication près d’elle.

Robert- Tiens avez ça on peut se parler si je dois partir… Euh… Mon sac de couchage est grand, mais très chaud et doux. Je m’inquiète pour Julian et je dois lui donner ses nouveaux médicaments… Mais je ne veux pas te laisser seule. Euh… Si tu veux dormir un peu je vais veiller sur ton sommeil et après quelques heures on pourrait partir. C’est à une vingtaine de minutes de marche…

Souriant doucement, les yeux bleuté ayant le reflet de la pureté de son âme, le géant difforme attendit debout près de l’ange sa décision pour le prochain mouvement. Il ne comprenait aucunement le pourquoi, mais il désirait rester auprès de l’Irlandaise et dans un même temps l’inquiétude pour son amie souffrante lui déchirait le cœur en deux.



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