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 so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.

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WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Sam 7 Nov 2015 - 23:06



« So you can keep me
Inside the pocket of your ripped jeans
Holding me closer 'til our eyes meet
You won't ever be alone, wait for me to come home »


Ses pieds lui faisaient affreusement mal. Elle grimaçait à chaque pas, le dos légèrement courbé. Le soleil venait de se lever et elle avait passé sa première nuit sur le bord de cette route. Abigail était perdue. Complètement perdue. Elle se mordilla nerveusement la lèvre à cette pensée. T'es trop stupide, pensa la jeune femme la mâchoire contractée. A vrai dire, elle ignorait ce qu'elle était entrain de faire, ce qu'il se passait, si elle devait revenir sur ses pas ou continuer. La peur lui ferait rebrousser chemin, mais son cœur et son âme la poussait à continuer, espérant profondément rejoindre ses parents et son pays. Elle marchait, marchait, marchait, le cœur battant, l'espoir au fond des tripes. Elle allait bien finir par trouver quelque chose, quelqu'un qui l'aiderait, qui lui indiquerait la route. Elle y croyait, parce que ça ne pouvait pas se passer juste ainsi. Elle ne pouvait pas errer pendant des jours sur ces routes quasi désertes, elle ne pouvait pas rester seule pendant des mois. Ce n'était pas comme sa vie. Ca n'avait jamais été ainsi et ça ne le sera jamais. Tout avait été toujours si facile, si léger. Elle ne voulait pas que ça change. Jamais. « Je veux que tout redevienne comme avant... » souffla-t-elle doucement entre ses lèvres fraîchement gercées, la voix rauque. Et puis soudain, elle aperçut des bâtiments. Là bas, il y avait une petite ville, quelque chose, de la vie, de la civilisation ! Elle accéléra le pas pour finir par courir à vive allure vers ce qu'elle pensait être la fin de son périple. Elle ne l'avait pas encore atteint que déjà elle ressentait cette chaleur qui la réchauffait de l'intérieur : le soulagement. Elle se remit à marcher lorsqu'elle entra dans la bourgade. Elle scruta les alentours. Personne. Elle haussa légèrement les épaules, après tout, il était encore tôt pour avoir un semblant de vie. Le soleil se levait à peine. Elle déambula dans la rue principale, sans voir âme qui vive.  Elle commençait à traîner des pieds et décida de s’asseoir sur le premier banc qu'elle croisa. Elle retira son sac de son dos douloureux d'avoir dormi à même le sol et soupira, attendant que quelqu'un sorte de quelque part. N'importe qui. De longues minutes passèrent. L'air frais caressa son visage et elle commença à avoir froid maintenant qu'elle s'était arrêtée de bouger. Elle rapprocha ses genoux contre sa poitrine et regarda autour d'elle, attentive au moindre bruit, au moindre mouvement.

Plus loin, au coin d'une rue, elle vit deux silhouettes apparaître. Abigail bondit sur ses pieds, attrapa son sac et se dirigea d'un pas assuré vers les deux personnes qu'elle venait d'apercevoir. Mais très vite, elle remarqua quelque chose. Dans la main d'un des deux hommes (puisqu'elle avait deviné qu'il s'agissait d'hommes au vu de leur carrure), une batte de baseball. Elle ralentit alors la cadence et plissa les yeux. Quelque chose brillait dans la main de l'autre. Elle n'arrivait pas à voir de quoi il s'agissait jusqu'à ce qu'ils arrivent complètement dans la lumière du soleil levant et se tournent vers elle. Un poing américain. Elle eut un mouvement de recul. Trop tard : ils l'avaient vue. « Hé ! » cria celui qui tenait la batte. Abigail se figea, complètement terrorisée. Elle ignorait ce qu'elle devait faire, mais elle avait généralement peut de confiance aux personnes violentes, même si aujourd'hui la situation était différente. Très vite, elle décida de fuir. Dès qu'ils se rendirent compte qu'elle fuyait, ils se mirent à courir à leur tour, lui hurlant de s'arrêter immédiatement. Abigail tourna dans une ruelle, sans savoir où elle allait. Une impasse, bien sur. « Putain de merde ! » siffla-t-elle entre ses dents serrées. Et puis à côté d'elle une porte. Ouverte. Quelqu'un l'avait forcé et ce n'était pas forcément bon signe. Mais en entendant le bruit des pas des deux hommes s'approchant, elle n'hésita plus une seule seconde et entra. Elle ferma la porte de l'intérieur, la verrouillant. Toujours complètement paniquée, elle tenta néanmoins de rester calme et d'avancer lentement dans la pièce sombre. Elle était entrée dans une pharmacie, par la porte de derrière.  Avec prudence, elle découvrit les lieux, tentant de faire le moins de bruit possible. Dehors, elle entendit soudain les voix de ses poursuivants. « Mais non, j'te dis ! Elle a prit l'autre rue. Pauv' con, on va la perdre par ta faute ! » L'autre grommela et les pas s'éloignèrent. Abigail déglutit, presque soulagée, quand elle entendit autre chose. Il y avait quelqu'un d'autre. Là bas, dans l'autre rayon. Par réflexe, elle courba l'échine, se cachant entre les rayons sombres. Elle avançait lentement mais sûrement. Et puis elle le vit. Sous la surprise, sa bouche s'ouvrit légèrement et ses yeux bleus s'agrandirent. L'homme faisait au moins deux mètres et ses épaules étaient si larges qu'elle se demanda si cela était réellement possible et si la pénombre ne lui jouait pas des tours. Une lame de lumière passait entre la grille de l'entrée de la pharmacie, éclairant le visage de l'étranger. Malgré l'aspect général impressionnant et ses traits durs, quelque chose dans son expression exprimait une profonde douceur. Elle fronça légèrement les sourcils, le dévisageant. Son regard n'était pas dur, ni froid comme on aurait pu s'y attendre et rien en lui n'exprimait la dureté de son physique. Abigail resta figée quelques instants, hésitante. Mais un sentiment de sécurité l'envahit alors qu'il se déplaçait légèrement et qu'il se mit plus encore dans la lumière. Elle n'avait pas peur de lui. Aussi étrange que cela puisse paraître par le physique de l'homme, elle n'avait pas peur. Alors lentement elle se redressa. Elle ignorait ce qu'elle allait lui dire ou même comment lui dire. Mais elle voulait lui parler.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Dim 8 Nov 2015 - 14:56

Le cœur du mastodonte se serra davantage en songeant une fois de plus à la pauvre créature divine qui souffrait dans le chalet. Le gouffre de désespoir dont la pauvre âme de l’être qui se voulait humaine s’était muée en une plaine où une lueur d’espoir chassait le brouillard de souffrance.  Voilà deux jours que le géant déformé s’était transformé en une vigile silencieuse au chevet de celle qui l’apaisait avec un simple sourire. Deux jours et deux nuits à éponger un front luisant de sueur et brulant de fièvre. D’essayer de nourrir à la petite cuillère et d’esquiver son apparence atroce pour préserver l’aura de bonté qui semblait pulser de la jeune femme. Le monstre de foire ne pouvait l’expliquer, mais un étrange lien s’était formé entre les deux êtres. Deux âmes, une miroitant de gentillesse et l’autre perverti par tant d’années de souffrance, qui semblait battre à l’unisson dans ces terribles épreuves. Comme si la vie, une entité maintenant sadique plus qu’harmonique, s’amusait de voir une souffrance partager par tant d’êtres.  Le colosse avait tellement perdu depuis le début de cette folie et il ne songeait qu’à rejoindre celles qui avaient déceler l’humanité qui vibrait sous l’affreuse carapace de chair dont la nature l’avait doté. Mais Juliane avait mis un frein aux envies suicidaires de Robert et la parodie d’humain serait son débiteur pour l’éternité.

L’ange combattait une étrange maladie et entre-deux, trop brève, prises de conscience, elle avait murmuré un nom de médicament. Le colosse n’avait pu que murmurer qu’il allait lui trouver cet antibiotruc et qu’il allait revenir très vite. La dévouée créature cauchemardesque avait laissé un peu de nourriture et de l’eau sur la petite table basse près du lit. En quittant le lieu de souffrance de la merveilleuse âme, le monstre de foire s’était retourné pour regarder la forme frissonnante. La voix rauque, tremblante de sollicitude, avait franchi alors le rempart de ses lèvres exsangues.

Robert- Ne me laisse pas Juliane… Euh… Je reviens et je te promets que je ne me cacherais plus de toi…

Des torrents salés avaient accompagné les pas décidés du phénomène de la nature sur une grande distance. Des larmes d’impuissances et aussi de colère. Car à cet instant précis le colosse ne savait pas quoi faire pour combattre le mal qui affligeait la jeune femme. Et aussi de la rage d’être aussi lent d’esprit, de ne pas comprendre les bases de la médecine pour être moindrement efficace. La forêt était devenue calme et une étrange quiétude planait sur les lieux. Un peu comme si le mal qui rodait sous la forme des gens malades ou bien l’atmosphère malsaine venait de lâcher prise devant la beauté majestueuse de l’automne. Après quelques heures d’errance, sous une lune pleine dont les rayons bienfaiteur semblaient éclairer la voie vers la rédemption au marcheur solitaire, un chemin asphalté avait pris le pas sur les étroits sentiers. Au loin un petit regroupement de maison et d’édifices s’imprégna de force au regard bleuté de la chose grotesque. Dans l’esprit du mineur, l’image pittoresque fut remplacée par celle d’un phare où la solution à son ignorance pourrait être comblée. Les grandes enjambés du géant se transforma alors en pas de course dû à son excitation de trouver un remède pour celle qui souffrait en silence. Le colosse voulait tellement que Juliane prenne du mieux et qu’il puisse enfin comprendre pourquoi elle n’avait pas peur de l’être ignoble qu’il était. Que l’ange avait pris la peine de le défendre contre un « zombie ». Même après  ce que le monstre de foire avait été témoin, il avait encore de la misère à se faire à l’idée de la présence de ces parodies de vie, ces charognards d’humanité. Bientôt ses pas se transformèrent en une marche prudente. Une sorte de barricade improvisée, faite avec des carcasses de voitures et de véhicules lourds, bloquait une des entrées de la vielle. Voyant des gens armés se promener près des lieux fortifier, il géant bifurqua alors vers une rangée de maisons mobiles et put enfin observé la rue principale. Le regard bleuté de la chose grotesque accrocha aussitôt sur le panneau désigna la pharmacie du coin. Jetant la prudence aux orties, sentant le but de sa quête à portée de main, l’homme massif du Kentucky  traversa la rue pour mettre sa main immense sur un grillage métallique bloquant l’accès principale au remède de Juliane. Même la force phénoménale du goliath des temps modernes ne parvient pas à faire osciller cette défense implacable. Rageusement il percuta le volet et un grand claquement déchira la nuit. Craignant de se faire découvrir et surement battre comme plâtre à cause de son apparence atypique, le monstre de foire trouva le salut dans la fuite.

S’engageant dans une ruelle jonchée de détritus, Bobby se trouva dans un cul de sac et aussitôt son instinct de préservation essaya de trouver une solution. Aucune cachette n’était assez spacieuse pour la grande silhouette du mineur et la seule avenue possible fut une porte à sa gauche. Déposant sa main rugueuse et immense sur la poignée, l’englobant totalement, l’être déformé essaya de tourner le loquet. Verrouillé. Inquiet par sa possible capture, l’être farfouilla dans sa ceinture à outil pour en saisir son pied de biche. Coinçant l’outil dans l’embrasure, le mineur eut un levier pour forcer l’ouverture de la porte. Dès que la porte pivota sur ses gonds, l’immense gaillard se faufila et referma l’entrée et appuya son dos pour permettre à son cœur de retrouver une cadence des plus appropriée. Bientôt le soleil allait vaincre la pénombre et le colosse avait peu de temps pour essayer de trouver ce qu’il recherchait. Même si lui-même n’avait qu’une vague idée de ce qu’il devait trouver pour soulager la fièvre galopante de son amie. Ce mot venait de s’imprimer en lettre de feu dans l’esprit un peu lent de l’homme déformé.

Il n’avait jamais vraiment eu d’ami de sa vie et Bobby ne désirait qu’avoir ce genre de relation qui semblait si banale à tout un chacun. L’immense naïf s’était fait plus qu’une fois rouler dans la farine par des belles paroles. Au moment que les muscles ou bien la crédulité du monstre de foire n’entrait plus dans leurs besoins, ces « amis » s’évaporaient comme neige au soleil.  Dans le cœur du mineur toutefois, il croyait que Juliane n’était pas faite du même bois.

Prenant un petit panier de courtoisie, il commença à prendre des conserves, des barres protéinées, des chocolats et une grosse trousse de premiers soins. Ces quelques trouvailles lui mirent du baume sur son cœur lézardé de tellement de cicatrices, plus nombreuses encore que celles qui parcouraient ses bras et son torse. De douloureux souvenirs permanents de combats et d’accidents. Le colosse avait dû trop souvent se défendre contre des agresseurs qui ne voulaient que prouver leur virilité mal placée. L’être à la répugnance apparence et aux muscles déformés n’aimaient aucunement combattre, mais dos au mur il était un formidable adversaire. Sans comprendre pourquoi, le mastodonte saisit aussi des serviettes sanitaires. Il ne pensait pas à Juliane à ce moment, mais bien aux pansements de fortune qu’il trimbalait tout le temps sur les chantiers.  Car le ruban gris, les aspirines, le moonshine et les serviettes sanitaires étaient les seules connaissances médicales pour soigner les blessures et maux du colosse. Parlant de médicaments, il prit deux bouteilles de capelets et ensuite son regard se perdit dans la masse de flacons blancs du comptoir de prescription.  La mâchoire du mastodonte subis l’effet de l’attraction terrestre et ses yeux bleutés devinrent vitreux. Ses lèvres minces s’ouvrirent et se refermèrent plusieurs fois devant l’ampleur de la tâche. Tendant une main tremblante vers la première rangée de flacons de remèdes, un  bruit alarmant fit dresser l’oreille du géant. Bobby se cacha tant bien que mal dans un coin sombre et instinctivement il ferma sa main de libre en un poing massif.  La porte vandalisée se referma alors et un déclic métallique d’une serrure se fit entendre. L’immense homme du Kentucky était pris au piège.

Voulant alors s’avancer pour essayer de s’échapper, le mineur passa par inadvertance dans un rayon doré d’un superbe matin. La silhouette immonde de Robert se découpa alors de l’ombre bienfaitrice et un mouvement le surpris juste devant lui.  Au début la surprise paralysa le mastodonte, mais ensuite ce fut d’autres sentiments. Une jeune femme, si jolie et parfaite dans ses moindres détails venait de se dévoiler au regard médusé de Bobby. L’être gracieux pouvait aisément servir de muse aux artistes de toutes allégeances artistiques. Avec sa chevelure dorée comme les blés et son visage aux traits délicats et si expressifs, la jeune dame ne pouvait être comparée à un ange directement venu des cieux. Mais ce qui déstabilisait le plus le géant c’était les yeux de l’étrangère. Comme si un miroir lui renvoyait la pureté et la bonté de son regard. La même couleur et la même humanité semblaient habiter les deux êtres. Le regard de la divine apparition rappelait les vaguelettes d’une mer bercée par la lumière du soleil de midi. Mais l’astre solaire n’était pas aussi bienveillant que ces yeux si semblables à ceux de l’être déformé. Se rendant tout à coup compte de la laideur qu’il devait agresser les yeux si purs de l’être céleste, Robert sentit la chaleur envahir son faciès monstrueux. Piteusement, il recula de nouveau dans la pénombre pour ne pas souiller l’aura de perfection que dégageait la jeune femme. Prenant le peu de courage à deux mains, gêner d’être aussi près d’une dame et encore plus que mal habile dans les relations interpersonnelles, le phénomène de foire parla tout bas, à peine un murmure. Mais au ton lent et rauque de la voix, on pouvait aisément deviner un mélange de gêne, d’impuissance et surtout une sollicitude qui tranchait catégoriquement avec l’allure monstrueuse de Bobby.

Robert- Je m’excuse madame… Euh… Mon amie est malade et je dois trouver des anbitiotruc… Je vais vous rembourser le tout… Euh.. Je veux juste aider Juliane à aller mieux…

Se sentant déraper, Robert ajouta alors, la voix vibrante d’un espoir et d’une franchise alarmante.

Robert- Je ne suis pas un monstre, madame… J’ai l’air d’en être un, mais je ne veux qu’aider…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Mar 10 Nov 2015 - 23:44

A sa vue l'étranger fit un pas en arrière. Elle eut un mouvement léger vers lui comme pour le rassurer, lui promettre qu'elle ne lui voulait aucun mal. Le regard de l'homme qui se dressait face à elle lui fissura le cœur. Elle semblait y voir quelque chose de tragique, comme lorsqu'on chute dans un précipice et qu'on sait qu'on en ressortira pas vivant. Il y avait cette lumière de la mélancolie et de la tristesse au fond de son œil. Abigaïl se montra un peu plus, comme pour lui prouver qu'elle n'avait aucune intention de destruction, qu'elle était ici pour une autre raison que celle de lui faire du mal. Elle scruta son visage, oubliant sa taille et sa carrure imposante. La souffrance avait entaché ses traits et le cœur de la jeune femme se brisa un peu plus au vu de l'expression de celui-ci. Il semblait si mal, si peu enclin au bonheur. « Je m’excuse madame… Euh… Mon amie est malade et je dois trouver des anbitiotruc… Je vais vous rembourser le tout… Euh.. Je veux juste aider Juliane à aller mieux… » chuchota l'étranger. Abi haussa un sourcil. La rembourser ? Elle ne comprenait pas. Un antibiotruc ? « Je ne suis pas un monstre, madame… J’ai l’air d’en être un, mais je ne veux qu’aider… » ajouta-t-il. Sa voix termina de briser le cœur fêlé d'Abigaïl. Comment pouvait-il penser ça ? Un monstre, vraiment ? Il n'avait rien de monstrueux, pensa la jeune femme. Atypique, certes, mais un monstre... Dépassant la surprise de ces propos, elle s'avança doucement vers lui. Elle lui sourit amicalement et une fois plus près, elle lui répondit : « Ne vous excusez pas. Rien n'est à moi ici. Je suis entrée pour... pour éviter une mauvaise rencontre. » Elle fit une petite moue d'un air gêné. Elle ne voulait pas qu'il s'affole ou s'inquiète plus encore. Il avait l'air déjà assez préoccupé par le sort de cette Juliane dont il venait de lui parler, il était inutile d'en rajouter, même si ses épaules étaient larges. « Je peux vous aider, si vous voulez. » reprit-elle dans un chuchotement. Lentement, elle tendit le bras vers les mains du géant. Il serrait dans sa paume une boite de médicaments. Avec précaution, et puisqu'il ne bougeait toujours pas, elle se permit d'effleurer la peau rugueuse de l'étranger pour lui prendre la boite. Comme pour le rassurer, elle reportant son regard dans celui de ce dernier et lui sourit une nouvelle fois, l'encourageant à lâcher prise. Il desserra son étreinte et elle put attraper la boite qu'elle rapprocha de son visage. « De quoi souffre votre amie ? » demanda-t-elle. Abigaïl n'était pas une experte en médicaments, loin de là. Elle n'avait aucune formation. Mais sa mère était infirmière et elle connaissait de ce fait quelques noms ou appellations qui pouvaient s'avérer utiles. « Vous avez prit quelque chose contre les maladies des reins. C'est ça dont vous aviez besoin ? Ce n'est pas facile de s'y retrouver quand on a pas d'ordonnance. » dit-elle dans un nouveau chuchotement. « Ma mère est infirmière alors je... je connais deux ou trois trucs. » ajouta la jeune femme comme pour se justifier et le rassurer sur ce qu'elle faisait. Elle voulait vraiment l'aider. Il l'avait touché en plein cœur, droit dans son âme, rien qu'avec un regard. Elle sentait en lui trop de souffrances et de rejets pour en faire autant. De toute manière, elle n'en avait eu aucune envie. Elle n'avait jamais été ce genre de personnes, au contraire : la superficialité était bien loin de sa personnalité. Elle devait ça en partie à l'éducation que lui avait donné ses parents. Sa mère était infirmière et elle était également bénévole dans une association pour soigner les personnes sans abris, gratuitement. Quant à son père il était un élu de la mairie et il veillait sans cesse à suivre ses propres valeurs en dépit des obstacles sur son chemin. C'est dans un milieu équilibré et sain qu'elle avait grandi. Elle avait eu beaucoup de chances et elle en était consciente. C'est pourquoi elle ne pouvait que se résoudre d'aider ceux qui n'avaient pas forcément eu une bonne étoile. Ce n'était pas de la pitié. C'était autre chose : elle voulait rétablir une certaine égalité, donner sa chance à tous. « Je m'appelle Abigaïl. Pas madame. » Elle releva alors la tête vers l'étranger et encore une fois lui gratifia un large sourire. Elle remit une mèche de cheveux blonds derrière son oreille et commença à observer autour d'elle. Elle cherchait ce qui pouvait être utile à l'homme et son amie. Elle remarqua le contenu du panier. Et la première chose qu'elle se dit au vu des serviettes intimes étaient que c'était un homme très courtois et extrêmement lucide sur la condition féminine, sans savoir la véritable raison de leur présence dans le panier. « Où est-ce que... où est-ce que vous avez eu les barres protéinées ? » demanda-t-elle alors subitement, les yeux grands ouverts et plein d'espoir. Elle mourrait de faim. Elle suivit le regard du géant et se précipita dans l'autre rayon. Elle attrapa une barre qu'elle enfourna presque entière dans sa bouche, mâchant avec difficultés. Elle laissa échapper un « hum » de soulagement et leva les yeux au ciel, comme pour remercier elle ne savait quel dieu de lui avoir fourni de la nourriture sur son chemin. A peine eut-elle terminé sa barre qu'elle en prit une autre qu'elle dévora tout aussi rapidement. Oubliant presque la présence de l'étranger, elle aurait pu passer des heures ici à engloutir toute la nourriture qu'elle aurait pu trouver. Mais son regard se posa une nouvelle fois sur lui. Elle déglutit, se rendant compte de l'image qu'elle devait donner. Celle d'une parfaite sauvage impolie. Elle se racla la gorge avant de revenir vers lui. « Désolée. Je... J'avais un p'tit creux. » dit-elle, honteuse, le rouge lui montant aux joues. Elle sentit sa peau chauffer sous la gêne et grimaça légèrement, détournant les yeux. « Donc... des médicaments... » Elle attendait donc ses réponses. Elle ne lui avait pas encore laisser véritablement le temps de lui répondre entre toutes ses paroles et sa dégustation. Elle tourna les yeux vers lui et lui sourit, beaucoup plus timidement cette fois-ci, les pommettes toujours rosées du sentiment de gêne qui l'avait envahit. Elle se sentait un peu coupable, aussi, d'avoir fait passer sa faim avant lui et son aide pour guérir l'amie de l'homme. Cela avait été affreusement égoïste et ça ne lui ressemblait pas du tout. Son ventre se noua lorsqu'elle pensa à ce qu'elle pourrait devenir si la situation s'éternisait. Et si elle devenait une véritable ordure ? Une montagne d'égoïsme ? Et si elle ne se reconnaissait plus ? Elle ne voulait pas devenir comme toutes ces personnes qu'elle avait méprisé toute sa vie. A cette pensée, elle serra la mâchoire et son visage se durcit légèrement. Non. Ce n'était pas dans sa nature. Du moins, c'est ce qu'elle espérait.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Mer 11 Nov 2015 - 5:40

Le colosse ne savait plus quoi faire dans l’immédiat, tout juste que l’armoire à glace parvenait à respirer. Dans son for intérieur, Bobby savait pertinemment ce qu’il allait se passer. Le visage merveilleux de l’étrangère allait se tordre d’horreur. Les yeux bleutés de l’ange blond allaient refléter une frayeur tout à fait légitime devant le spectacle grotesque que lui présentait l’erreur de la nature. Un long hurlement cassera une voix que le mineur s’imaginait, dans des circonstances normales, des plus agréables à écouter. Le corps gracile de la jeune muse allait reculer pour s’échapper de l’aura de laideur que dégageait le monstre de foire. Ne voulant pas affronter ce singulier spectacle qu’il avait vu à de trop nombreuses reprises, le goliath des temps modernes se ferma les yeux et essaya de s’imaginer dans un autre lieu.  Son cœur mit en charpie soupira de résignation, persuader que l’apparition divine sera comme les autres personnes. Mais aucun cri, aucun éclat de la divine apparition. Inquisiteur et surtout estomaquer de ne pas entendre une fuite précipité, la chose grotesque ouvrit un œil et quand il vit la blonde si belle faire un pas dans sa direction, le regard de la bête devint incrédule. Alors le mastodonte fut ébloui par la chaleur d’un sourire si merveilleux. L’homme du Kentucky se sentit alors piéger dans le regard émeraude si pur et rempli d’une gentillesse qu’il n’avait pu qu’apprécier que de la part de sa famille et de Juliane.  L’imposant mineur  était figé sur place, tel un cerf que les phares d’une voiture avaient ébloui au détour d’un chemin tortueux.

Dame-Ne vous n’excusez pas. Rien n'est à moi ici. Je suis entrée pour... pour éviter une mauvaise rencontre.

Une certaine mélancolie se dégageait des traits parfaits du visage de l’ange qui se trouvait devant le monstre de foire. Mais avant que l’esprit lent de Robert puisse tout bien décoder la phrase de la jeune femme, elle rajouta quelques mots qui plongèrent la créature dans une confusion des plus profonds.

Dame- Je peux vous aider, si vous voulez.

Les yeux bleutés de Robert, le miroir de l’âme en quelque sorte, ne purent de propager un soulagement et reconnaissance des plus touchantes.  La lèvre supérieure tressauta quelque peu, sous l’effet de l’assaut d’une telle bonté envers la créature laide qu’il était. Mais la suite de l’événement perturba totalement le mineur. Peu d’être humain avait passé le choc initiale de la rencontre avec l’erreur de la nature pour oser le toucher.  À la connaissance du mastodonte, il n’y avait que Juliane qui avait eu le courage de déposer sa main douce sur celle rugueuse et immense du sosie de Frankenstein.  Maintenant la divine apparition, si semblable à un ange de miséricorde, acceptait de recouvrir de sa délicate main celle du monstre.  La respiration du mineur en fut couper par le choc, les yeux agrandis par cet acte insensé que l’inconnue venait de poser envers la lie de l’humanité.  Tout l’être de Bobby ne voulait que s’enfuir de ce toucher si agréable. Mais une petite parti de son être, celle de l’humanité grandissante, ordonna à la volonté défaillante du géant de se reprendre et de rester là.  Dans les méandres de l’esprit lent de la chose qui se voulait humaine, il ne pouvait concevoir que deux dames, à la bonté et l’infinie gentillesse, accepte de se laisser compromettre avec ce pâle reflet d’homme.  Une nouveau sourire désarmant et le regard pénétrant de l’ange blond convainc finalement le mastodonte de décrisper ses muscles formidables. Enlevant la boite de comprimés que le monstre de foire avait oubliés juste à son existence, la divine dame lut l’étiquette.

Dame- De quoi souffre votre amie ? Vous avez prit quelque chose contre les maladies des reins. C'est ça dont vous aviez besoin ? Ce n'est pas facile de s'y retrouver quand on n’a pas d'ordonnance.  Ma mère est infirmière alors je... je connais deux ou trois trucs. Je m'appelle Abigaïl. Pas madame.

Les paroles chuchotés par la gracile beauté  fut des plus bénéfiques pour le mineur troublé par tant de bons sentiments. De toute sa vie, à part sa famille, Bobby n’avait eu que du mépris et des paroles offensantes pour seules compagnie. L’esprit lent de la chose essaya alors de bien décortiquer le flot de parole et une lueur d’incompréhension passa dans son regard bleuté.  Le menton du faciès monstrueux subis alors l’attraction terrestre devant ces questionnements.  Robert n’avait retenu que trois éléments du discours de la dame à la perfection presque surnaturelle. Que la mère de la dame était infirmière, qu’il s’était trompé de médicaments et qu’elle s’appelait Abigail. Mais ce qu’il frappa plus le mastodonte  fut le ton de la voix de la merveilleuse blonde. Un accent presque chanté, aux mots guillerets et qui ressemblaient tellement aux gloussements joyeux d’un mariage d’oiseaux dans une forêt calme et paisible. Le son cristallin d’une source d’eau pur qui ricoche sur des pierres polies ou bien le vent jouant calmement dans les feuilles d’un arbre majestueux.  Souriant pour la première fois, naïvement et dévoilent sa dentition inégale, le monstre de foire s’apprêtait à répondre au mieux de ses connaissances déficientes.

Abigaïl- Où est-ce que... où est-ce que vous avez eu les barres protéinées ?

Robert fut surpris par cette question banale mais posé avec un empressement frôlant l’indécence. Soulevant ses massives épaules, le gaillard pointa la rangée où il avait découvert les délices en barres. Aussitôt la douce apparition tourna les talons et se rua dans la direction désigné comme si les portes des enfers s'étaient brusquement ouvertes. Une lueur d'incompréhension traversa le regard troublé du monstre et l emboita le pas à l'ange de la miséricorde. Ce qui découvrit laissa apparaître un sourire ravis et une joie presque enfantine sur le visage atypique de la chose. La jeune blonde engloutissait les barres comme si sa vie en dépendait. Mais dans l'esprit du géant, ce fut l'image d'un suisse qui enflait en toute vitesse des noix dans sa bouche pour faire gonfler les bajoues. Un rire franc, honnête et enfantin franchit la barrière des lèvres exsangues de la créature cauchemardesque. Devant cet soudaine explosion de joie et de bonheur, la laideur du monstre d'estompa temporairement. Mais voyant la rougeur gagné le visage de l'ange et le sourire gêner de celle-ci, Bobby aurait bien voulu se cogner la tête sur les mur devant son faux pas des plus évident.

Abigaïl- Désolée. Je... J'avais un p'tit creux. Donc... des médicaments...

Voyant le trouble de la belle dame, Robert se sentit tout drôle. Comme si sa compassion naturelle et sa gentillesse qu'il déployait toujours avec les rares personnes qu'il appréciait revenait au galop. Voyant quelques bouteilles d'eau sur l'étagère, le géant en saisit une dans sa grosse paluche et dévissa le goulot. Timidement et avec une certaine dose d'appréhension, il tendit le fluide de vie vers la douce apparition et prit garde de ne pas la souiller par son contact immonde. ll essaya de s'esquiver dans une des rares zones ombrageuses de la pièce. Le regard de Bobby se fit doux et même une petite lueur d'amusement dansait au fon de ses pupilles bleuté.

Robert- Aucun soucis mada... euh.. Abigel euh... Désolé j'ai de la misère à retenir les noms... Euh... Mangez bien et buvez un peu ça aide... Euh.. Moi c'est Robert ou Bobby.

Laissant le temps à l'ange de boire un peu et de finir ses bouchées, le colosse parla avec douceur et tout simplement.

Robert- Euh... Juliane tremble et a chaud en même temps. Ça dure depuis deux jours... Euh... Depuis qu'on se connaît... Je reste près d'elle pour éponger l'eau de son front, pour essayer de la faire manger et je veille son son sommeil... Euh.. Je chante aussi des fois... Elle a pas de blessures qui saignent... Euh...

Fouillant dans sa mémoire des plus limités, un mot revint alors en force. Elle fut souffler par la voix mélodieuse de sa nièce adorée. Depuis quelques jours, la présence fantomatique de son ange rendait visite au monstre de foire pour lui parler et lui souffler des encouragements. Claquant de ses doigts comparables à des saucisses, les yeux du Goliath des temps modernes s'agrandirent alors sous l'effet de la réponse souffler par la voix désincarnée.

Robert- Des antibiotiques c'est ça... Euh...Les antibiotruc que Juliane à murmuré. Euh... Vous allez m'aider en a trouver?

Prenant une respiration pour apaiser les battements désordonné de son cœur, le massif gaillard reprit la parole de son ton lent et rauque. Les mots à peine mâcher reprirent leurs ballets aériens. Mais la gratitude et la joie du moment transpiraient de chacune des syllabes prononcées.

Robert- Vous êtes très gentille Abigael... Euh... Désolée encore pour votre prénom. Personne à part ma famille et Juliane a voulu m'aider... Euh... Je m'occupe de payer pour les choses si vous avez besoin de quoi dites-le moi ça me fait plaisirs... Euh...

Alors une parole de la voix de l'ange poster près de lui revient alors hanter l'esprit de l'être difforme. Un clame rassurant et une aura d'apaisement enveloppa l'étrange duo. Le protecteur qui sommeillait dans le corps grossier du mineur venait de prendre les commandes.

Robert- Vous parlez d'une mauvaise rencontre Euh... Des méchants qui essaient de mordre? Je ne laisserais pas personne vous faire du mal... Euh... On trouve le remède de Juliane et on s'en va si vous voulez...


HRP:
 



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Mar 17 Nov 2015 - 18:47

Elle s'humecta les lèvres lorsqu'elle vit la bouteille s'approcher de son visage encore légèrement rougi. Elle avait soif, c'est vrai. La faim avait pris le dessus, mais maintenant qu'elle était rassasiée, elle sentait sa gorge sèche. Elle prit la bouteille en remerciant d'un sourire et d'un léger signe de tête l'étranger. Elle porta l'eau à sa bouche et bu presque entièrement le liquide. Ses traits s'apaisèrent et elle se sentit bien. « Aucun soucis mada... euh.. Abigel euh... Désolé j'ai de la misère à retenir les noms... Euh... Mangez bien et buvez un peu ça aide... Euh.. Moi c'est Robert ou Bobby. » reprit le dénommé Robert pendant qu'elle terminait de boire. Elle eut un léger sourire amusé et souhaitait le rassuré. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, elle avait l'impression qu'il était fragile. Elle avait presque envie de le protéger malgré son physique de surhomme. « Abi ça ira très bien, Bobby. » dit-elle amicalement, posant une nouvelle fois son regard enfantin sur le visage de son interlocuteur. « Euh... Juliane tremble et a chaud en même temps. Ça dure depuis deux jours... Euh... Depuis qu'on se connaît... Je reste près d'elle pour éponger l'eau de son front, pour essayer de la faire manger et je veille son son sommeil... Euh.. Je chante aussi des fois... Elle a pas de blessures qui saignent... Euh... » Abigaïl hocha doucement la tête. Très bien. De la fièvre. Elle garda pour elle l'angoisse qui montait dans sa poitrine : et si elle avait cette maladie dont tout le monde parlait avant qu'elle ne quitte Seattle ? Et si c'était vrai ? Si cette Juliane mourrait et revenait ? Ou du moins, si elle devenait dangereuse, à cause de la fièvre, pour Robert ? Elle sa racla la gorge, essayant de dissiper ses doutes. Bien sur que non. Tout ça c'était absolument impossible. Juliane devait avoir la grippe, ou quelque chose dans le genre. Rien de plus. Rien de grave. Une bonne grosse grippe, se répéta Abi pour elle-même. Elle laissa alors défiler son regard sur les médicaments qui s'alignaient devant ses yeux. Elle lisait les étiquettes le plus vite possible. Elle ne voulait pas que Robert prenne du retard, reste trop longtemps ici et mette en péril la vie et la santé de son amie. « Des antibiotiques c'est ça... Euh...Les antibiotruc que Juliane à murmuré. Euh... Vous allez m'aider en a trouver? » Enfin, elle trouva ce qu'elle cherchait. « Tenez. Faites lui prendre ça, deux maximum par jours. Sa fièvre devrait baisser » Elle lui tendit la boite, son attention toujours porté sur les flacons. Elle prit d'autres boites entre ses mains et se tourna vers l'homme: « Si elle se met à tousser, vous lui ferez ça. Et ça c'est pour les vomissements. » reprit-elle en mettant tout ça dans son panier. Elle lui sourit une nouvelle fois, légèrement, toujours les pensées dans ce qu'elle avait entendu parlé avant tout ça. De la vidéo que David lui avait montré. Des bouchons et des gens paniqués. D'un homme qui hurlait qu'une femme l'avait mordu. Des hôpitaux pris d'assaut. « Vous êtes très gentille Abigael... Euh... Désolée encore pour votre prénom. Personne à part ma famille et Juliane a voulu m'aider... Euh... Je m'occupe de payer pour les choses si vous avez besoin de quoi dites-le moi ça me fait plaisirs... Euh... » C'est la voix enjouée de Bobby qui la sortit de ses rêveries cauchemardesques. Elle leva la tête vers lui et un large sourire illumina le visage de la jeune femme. Le voir si satisfait réchauffait le cœur de l'Irlandaise. Mais quelque chose la tracassa : payer. C'est vrai, elle n'allait tout de même pas voler toutes ces choses. Ils devaient laisser de l'argent, quelque chose. Elle sentait toute la sincérité dans les paroles et dans les yeux de Robert. Mais elle avait toujours été très indépendante et qu'on paye pour elle était quelque chose de presque inconcevable. « Je n'ai besoin de rien. » lui répondit-elle d'un air doux et rassurant. Mais le visage de Bobby sembla quelque peu s'obscurcir soudain. « Vous parlez d'une mauvaise rencontre Euh... Des méchants qui essaient de mordre? Je ne laisserais pas personne vous faire du mal... Euh... On trouve le remède de Juliane et on s'en va si vous voulez... » Mince. Elle se sentait un peu coupable de l'avoir inquiété. Elle tendit sa main qu'elle posa sur le bras épais de l'homme. « Non... C'était des... des gens. Ne vous en faites pas. » Elle retira sa main et frissonna légèrement à l'idée de ces « gens qui mordent ». Elle se mordilla nerveusement l'intérieur de la joue, avant d'ajouter : « Mais vous avez raison. Il vaut mieux partir d'ici. » Sa voix était plus tendue, tendant dans les graves. Elle se dirigea vers la caisse de la pharmacie où elle attrapa par dessus le comptoir un sac en papier. Elle y glissa le contenu du panier de Robert en quatrième vitesse. Elle s'était senti si bien, en sécurité ici en sa présence, qu'elle en avait oublié les deux hommes dehors qui étaient à sa recherche. Apparemment, ils n'avaient pas vu rentrer Robert, ce qui était assez étonnant au vu de la carrure de ce dernier. La discrétion devait être plus difficile pour lui.

Ils sortirent de la pharmacie par où ils étaient tous les deux rentrés et se retrouvèrent dans la rue. La lumière du soleil força Abi a plisser les yeux, éblouie, s'étant habituée à l'obscurité que la pharmacie. Une fois tous deux dehors, elle se tourna vers Robert, l'interrogeant du regard. A vrai dire, elle ignorait par où ils devaient aller. Elle ignorait où elle allait, tout court. Peut-être qu'elle pourrait aller avec lui ? Là où il protège cette Juliane ? Peut-être est-ce qu'il voudrait bien, elle aussi, la protéger ? Elle n'osa pas lui demander et préféra rester silencieuse. Discrètement, ils s'avancèrent dans la grande rue, mais à peine avaient-ils fait trois pas, que deux voix s'élevèrent derrière eux. « Putain Tom, regarde moi ce type ! » résonna une voix masculine. Abigaïl grimaça, reconnaissant celle d'un des deux hommes qui l'avait poursuivie peu de temps avant. L'autre éclata de rire. « Amazing. Le sosie de Frankestein. » ricana son ami. Abi serra les poings et les dents mais elle fit signe à Robert de continuer à marcher vite dans la position opposée. Soudain, les pas derrière eux se firent plus rapide et elle comprit qu'ils s'étaient mis à courir. Elle jeté en regard par dessus son épaule : l'un avait toujours une batte de baseball comme prolongement de son bras et l'autre avait toujours le poing américain qui scintillait au soleil. Elle déglutit. Elle ne savait pas comment réagir. Elle jeta un regard apeuré à Robert. Rien qu'en l'observant, elle se sentait un peu mieux, persuadée qu'il pourrait les faire fuir en leur faisant peur. Il était bien plus grand et bien plus musclé que les deux réunis. Peut-être que juste en les menaçant ils laisseraient tomber ? Ils arrivèrent à leur encontre et les deux étrangers leur coupèrent la route. « Laissez nous tranquille. » déclara Abi. Elle avait voulu se montrer autoritaire mais sa voix trembla, trahissant sa peur. Les deux hommes se regardèrent, amusés. « Naaan ça va pas être possible ça... Qu'est-ce que tu as dans ce sac Godzilla ? » Il se tourna vers Robert. Mais il ne répondit pas. Abigaïl ne lui laissa pas le temps d'ouvrir la bouche. « Des médicaments. » dit-elle en baissant les yeux. Elle ne savait pas si elle avait bien fait de lui dire. Peut-être qu'en lui disant, ils se désintéresseraient d'eux en voyant qu'ils n'avaient rien ? Un des deux hommes s'approcha d'elle. Il était brun, un peu plus grand qu'elle. C'était celui qui avait le poing américain. « Et toi, t'as quoi dans ton sac ? » Abigaïl rentra sa tête entre ses deux épaules, la tête baissée, comme un chiot apeuré. Elle n'avait jamais été très courageuse, mais au moins, ils ne semblaient plus intéressés par ce qu'avait Robert. « Rien. » souffla la jeune femme, tétanisée. Il haussa les sourcils et, sans un mot, il attrapa le sac sur le dos de l'Irlandaise. Sous le coup, les bretelles glissèrent de ses épaules et il jeta le sac par terre. Il vida tout son contenu, fourrant dans ses poches tous les objets de valeurs : portable, porte-feuille, montre et le couteau qu'elle avait trouvé en chemin. Elle ne regarda même pas l'homme faire, trop apeurée pour réagir. La peur pétrifiait son corps, comme si ses pieds étaient cimentés dans le sol. Il lui était impossible de réagir, ni même de parler, de se défendre, de crier, de dire à Robert de se sauver. Mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle se mordait nerveusement la lèvre, allant même jusqu'à saigner légèrement sous la force de sa mâchoire. Concentrée sur ce qu'elle entendait, n'osant poser son regard sur leurs agresseurs, elle ne se rendit même pas contre qu'elle s'était ouverte. « Bon, toi la chose, tu peux dégager. Donne moi ça d'abord. » Il arracha des mains de Robert le petit sac en papier contenant les médicaments. Abigaïl soupira, regrettant de ne pas avoir réussit à les sauver. Elle pensa à la fameuse Juliane, seule, malade et son estomac se tordit, son cœur se serra. « Quant à toi, la blondasse... Je pense qu'on peut encore avoir besoin de toi. » L'étranger s'approcha d'elle, déposant un baiser dans le cou glacé de la jeune femme. Elle fut parcouru d'un frisson et un sentiment de dégoût l’envahissait. Elle avait envie de vomir, mais elle se contenta de remplir ses yeux de larmes. Elle serra les dents, résistant, ne voulant pas craquer. Elle voulait fuir. Elle voulait courir le plus loin possible. Mais elle ne bougea toujours pas. Elle était plantée là, la tête baissé, les muscles tendus, le visage crispé, les yeux embués.




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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Mer 18 Nov 2015 - 6:40

Le regard bleuté de la chose essayait de déchiffrer les mots sur les contenants de médicaments. Mais peine perdu, l’esprit lent de Robert ne parvenait qu’à déchiffrer quelques mots ici et là. La voix musicale de l’ange de la compassion chanta brièvement. Aussitôt les traits atypique mais doux du géant se tournèrent dans sa direction. Dans l’esprit un peu enfantin du mastodonte, il ne pouvait comparer la jeune femme aux être célestes qui décoraient les églises. La divine apparition donna alors trois flacons avec des bouchons de couleurs.

Abi-  Tenez. Faites lui prendre ça, deux maximums par jours. Sa fièvre devrait baisser. Si elle se met à tousser, vous lui ferez ça. Et ça c'est pour les vomissements.

Focalisant son attention comme jamais, il associa les couleurs des contenants aux remèdes à l’intérieur. Les anbitiotruc avaient le couvercle blanc. La toux c’était les médicaments dans le flacon rouge. Ironie du destin, les vomissements  avaient hérité du contenant ayant une capsule verte. La joie d’avoir ces trois flacons, cette chance inespéré pour garantir la guérison de Juliane, fit sourire largement le monstre de foire.  Et pour marquer cette journée d’une pierre blanche, l’angélique blonde lui retournait son sourire au centuple. Le cœur mis en charpie du mineur battit un peu plus fort et il fit un pas, presque craintif, dans l’aura divine d’Abi.  Le monstre de foire n’avait jamais osé, à part avec son amie au chalet, de s’approcher d’une dame.  Mais la magie du moment fut brisée quand la douce main de la femme effleura celle du monstre pour saisir  le panier. Dès que l’Irlandaise tourna le coin de la rangée, celui-ci parvint à respirer de nouveau. Les mots de l’ange déchu du paradis résonnèrent dans la tête de l’homme déformé.

Abi- Je n'ai besoin de rien.

Sans comprendre le pourquoi de la chose, le colosse ouvrit son sac à dos et engouffra une multitude de barres protéinées à l'intérieur. Il rajouta aussi des briquets et une gourde. Ce contenant filtrait l'eau pour la rendre potable. Rendu près de la caisse, le mastodonte rajouta des briquets et quelques paquets de cigarettes. Robert fumait à l'occasion et il voulait en emmener à Juliane aussi. Laissant trois billets de cent dollars près de la caisse en guise de paiement, la créature cauchemardesque suivit la jeune femme à l'extérieur. À cet instant précis, elle représentait tout ce qui était bon dans l'humanité pour le monstre de foire. Le mineur était persuadé qu'il allait se réveiller au chalet et que les deux êtres de lumières ne seraient pas là. Que ce n'était que la fabulation d'une pathétique créature d'être accepté de la sorte.

Les pas du duo résonnèrent sur le bitume. Les yeux de chacun, habitué à la nyctalopie de la pharmacie, furent éblouis quelques instants. Alors le regard bleuté de l'ange, si semblable à celui du monstre, se croisèrent. Sans le savoir, la dame avait hypnotisé l'homme déformé. Il ne comprenait aucunement les sentiments qui l’envahir, mais la créature immonde ne voulait plus quitter la merveilleuse apparition.  Comprenant le regard inquisiteur de la dame, Bobby pointa l’ensemble des maisons mobiles près d’eux. Le mineur aurait tellement voulu lui demander de venir habiter avec lui et Juliane. Mais la gêne et le moment l’empêcha de la questionner.  Et comme un malheur n’arrive jamais seul, une grosse voix bourru et arrogante.

Homme- Putain Tom, regarde-moi ce type !

Tom-  Amazing. Le sosie de Frankenstein.

Sachant pertinemment de qui les hommes discutaient, le cœur du monstre de serra d’effroi. Il ne voulait pas se battre encore. Encore plus important, le mineur ne voulait pas que la rage le submerge devant l’ange de compassion.  Celle-ci fit signe au colosse de continuer à marcher. De chercher le salut dans la fuite. Bobby pouvait sentir la détresse et la peur prendre d’assaut le magnifique visage d’Abi. De la frayeur à l’état pur corrompait la pureté du regard de la divine apparition. À ce moment la rage commença à se former dans les tripes de la créature monstrueuse.  Un calme olympien se déposa alors sur les épaules du mineur.  Une petite part de son subconscient hurlait de s’enfuir, mais l’être primale emprisonner au tréfonds  de l’âme du colosse ricana. En désespoir de cause, la main massive du géant se referma sur le précieux sac de médicaments. Les deux hommes dépassèrent le duo et s’interposa. Voulant dire à Abi de s’enfuir, le phénomène de foire eut la surprise de sa vie. La frêle dame s’interposa entre l’erreur de la nature et les voyous.  L’ange prenait la défense d’un monstre contre deux hommes. Totalement sous le choc, le colosse resta les bras ballant. La mâchoire du mineur ne put résister à la gravité et sa bouche s’ouvrit alors totalement.

Abi- Laissez-nous tranquille.

Sur de leurs emprises et d’avoir la supériorité avec leurs armes, les voyous rigolèrent dans leurs barbes.

Homme- Naaan ça va pas être possible ça... Qu'est-ce que tu as dans ce sac Godzilla ?

L’être cauchemardesque était en plein bataille intérieur, revivant les tourments qu’il avait subis tout au long de sa vie.  La rage continua de consumer la volonté de Robert, tel un incendie de forêt. La seule raison que le mastodonte n’avait pas encore laissé le dominion de son corps à l’esprit de vengeance qui coexistait dans son âme, ce fut de préserver la jeune femme. Abi avait tellement fait pour robert en quelques minutes qu’il sut qu’il lui serait éternellement reconnaissant. L’ange avait dépassé le stade de l’apparence pour plonger son regard et mettre à nu l’âme de la bête. La divine apparition lui avait souri comme si Robert était un homme.  Il ferma les yeux pour essayer de refouler la colère au plus profond de lui.

Abi- Des médicaments.


Encore une fois la courageuse femme s'interposa entre la lie de l'humanité et les voyous. Le mineur n'avait jamais vu une telle dévotion envers l'être pitoyable qu'il était. La seule personne qui surpassa la ferveur de l'ange fut Juliane. Repenser À son amie malade et tremblante de fièvre n'aidait pas à calmer la fureur grandissante en son sein. L'homme au sourire de chacal cracha alors vers la divine apparition une poignée de mots.

Tom- Et toi, t'as quoi dans ton sac ?

La magnifique blonde  souffla une réponse, laissant trahir son anxiété et son trouble.

Abi- Rien…

Les yeux du paisible mineur s'écarquillèrent de stupeur et de rage. Le fier à bras avait osé toucher la gracile blonde. Cette dernière semblait pétrifier par la peur, telle une souris devant le regard hypnotiseur d’un cobra. Sans ménagement la brute enleva le sac à dos de l’ange. Le point de non-retour de la rage de l’homme déformé était près d’être atteint. Le regard bleuté, autrefois si pur et sans malice, brillaient maintenant d’un sombre avertissement. Les malabars, trop occupé à regarder leur butin, ne prirent guère garde à la paisible créature.  Un de ces soi-disant prédateurs tendit alors la main vers le sac de médicaments.

Homme- Bon, toi la chose, tu peux dégager. Donne-moi ça d'abord.

Arrachant l’espoir de l’être à la carapace immonde, les voyons firent la première erreur de la rencontre. La seconde fut lorsque que le chef du duo s’approcha tel un loup de l’ange pétrifié. Une voix pleine de sous-entendu  visqueux roula sur la langue fourche du déchet d’humanité.

Tom- Quant à toi, la blondasse... Je pense qu'on peut encore avoir besoin de toi.

Quand le fier à bras s’approcha pour embrasser la jeune femme pétrifié par la peur, Robert regarda le visage de celle-ci. Des larmes de frayeurs culaient tout doucement sur les joies de l’ange. Du sang brillait, petite goutte solitaire sur la lèvre pleine d’Abi,  dans les rayons du soleil. À cet instant précis Rober bascula vers le monstre qui sommeille en chaque individu. Mugissant tel un minotaure fonça directement sur un matador, la bête lança sa main ouverte vers le cou de Tom. Les doigts de sa main immense et rugueuse se transformèrent en serre. Agrippant le cou de l’être qui martyrisa l’ange. Une des seules personnes qui avait donné un peu de compassion à l’erreur de nature.  Tirant violemment vers l’arrière, comme si l’agresseur d’Abi n’était qu’un enfant, le monstre de foire libéra la jeune femme de l’emprise de l’homme.  Tom en fut estomaquer et il voulut user de son poing américain sur le faciès monstrueux de Robert. Sans laisser le temps de finir le mouvement, le mineur ferma son poing à s’en faire blanchir les jointures. Tel un boulet de canon organique, le poing vengeur percuta l’estomac de Tom. Celui-ci essaya de se plier en deux, mais le colosse tenait toujours l’homme par la peau du cou. Remontant subitement son coude, Robert fragilisa la mâchoire du malabar. Celui-ci roula des yeux et essaya de faire un jam de panique de sa main non armé.  Encaissant sans broncher le coup mal placé, le géant lâcha le pathétique agresseur. Celui-ci tomba alors à genoux et leva la tête vers le mastodonte. Robert descendit un direct dévastateur sur la mâchoire patibulaire de l’homme, la cassa. Une gerbe de sang, de dents et de morve fit un arc à la sortie des lèvres de l’être vaincu. La brute tomba face contre terre, sonné pour le compte.

Se redressant, un coup de batte accueillit le colosse dans la base de son dos. Le coup fut amoindri par le sac à dos de l’erreur de la nature. Et le reste du coup dissiper par la rage et l’adrénaline qui curait dans les veines de l’être déformé. Bobby porta son attention vers le deuxième lascar. Heureusement qu’Abi ne put voir le visage du mastodonte à cet instant. Les traits atypiques du faciès monstrueux étaient décomposés par la fureur. Une rage scintillait dans les yeux de l’homme à la musculation impressionnante.  Un maelstrom de de férocité et d’hydrophobie d’une telle intensité cuvaient dans l’âme du géant. Tellement puissantes que les effroyables tsunamis paraissant pour une simple tempête tropicale en comparaison. L’homme a la batte arma son coup, mais Bobby lança une main et stoppa net l’élan du costaud. L’agresseur avait la posture typique d’un cogneur de balle molle. Les jambes bien écartées. L n’en valu pas plus pour que le genou du mineur soit tracter vers le haut. La largeur du genou, comparable au couvercle d’une marmite, ne laissa aucune chance à la zone sensible de l’homme. Celui-ci hurla d’une voix haut perché, vomit un peu et tomba à genoux. Tenant son précieux engin endolori dans ses mains, le malabar n’offrit aucune défense  au coup de pied sur le côté de la tête. L’agresseur de l’ange et du monstre sombra dans l’inconscience.  Les êtres à la réputation douteuse venaient d’apprendre une dure leçon.  Il ne faut jamais troubler l’eau qui dort. Car on ne sait jamais quel monstre dort au fond.

Se tournant vers l’ange de la compassion, Robert vit qu’elle n’avait pas bouger d’un iota. Sans le savoir, l’être monstrueux se couvert d’un manteau d’assurance et de calme. Le protecteur dit alors tout bas, presque en chuchotant.

Robert- Je suis désolé Abi… Euh… Je ne voulais pas qu’ils te font du mal… On doit bouger… Je connais une bonne cachette…

Se penchant pour ramasser les précieux médicaments, la créature aux muscles déformés rassembla les effets de la divine apparition, ainsi que les objets de valeurs d'Abi dans les poches du blouson de Tom…



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MessageSujet: Re: so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.   Ven 27 Nov 2015 - 14:47

Soudain, tout s’accéléra. Elle sursauta lorsque Bobby bougea. La violence, les cris étouffés, les regards suppliants, apeurés, les visage défaits par la douleur, grimaçant de peur, les os qui craquent, le bruit sourd des corps qui tombent sur le sol, l'expression de son défenseur, son regard empli de colère, les traits faussés par la haine, les muscles saillants, la mâchoire serrée... Elle regardait cette scène sans véritablement voir. Elle n'avait jamais assisté à une telle violence, de près ou de loin. Son cœur se serra et son estomac se retourna. Elle eut presque envie de vomir devant le silence de la violence. Ils ne hurlaient pas, n'insultaient pas, il n'y avait pas le bruit de la ville pour atténuer ceux des coups et tout semblait résonner dans sa tête et dans son cœur. Elle resta plantée, là, encore figée de stupeur. Les poils de sa nuque s'hérissèrent d'effroi mais elle ne bougea pas, au même titre que les deux hommes, le visage ensanglanté, couchés au sol. C'est le chuchotement de Bobby qui sortit la jeune femme de son silence et de son immobilité. Elle leva la tête vers lui, les yeux humides et une nouvelle perle de sang sur la lèvre inférieure de sa bouche. « Allons y. » répondit-elle simplement, sans rien ajouter de plus. Pendant quelques secondes, elle eut peur de lui. Elle était peu habituée à la violence, surtout aussi intense. Pendant un instant, elle avait craint quelque chose, la souffrance peut-être. Mais lorsqu'elle croisa de nouveau le regard du géant, elle comprit. Elle comprit d'abord qu'il était impossible qu'il lui fasse le moindre mal. Elle le vit dans l'abysse de ses yeux bleus, comme si la tempête et les vagues avaient à présent laissé place à la houle rassurante, l'écume apaisante. Et puis, elle comprit que ce serait sa vie à présent, du moins si rien ne s'arrangeait. Elle comprit que, certainement, elle allait devoir se battre au sens figuré comme au sens imagé, pour sa vie. Qu'elle n'allait plus vivre dans cette bulle de bonheur et tranquillité qu'elle avait toujours connu et dont elle n'avait jamais estimé la chance. C'était terminé l'innocence d'une vie simple et légère, terminé les sourires naïfs, les rires à gorge déployée, comme des enfants. C'était terminé l'amour protecteur de sa famille, l'atmosphère sécurisante de la maison de sa sœur. Rien ne serait plus pareil, et c'est à cet instant précis que la vérité lui frappa au visage, comme un coup de massue, comme une coup de poignard dans le cœur, comme un coup de jus dans le corps.

Elle rangea maladroitement ses affaires, tendues par les mains de Bobby, dans son sac et ils reprirent rapidement leur route. Elle était complètement perdue et fatiguée, épuisée. Alors elle le suivait, malgré le fait qu'elle ne le connaissait pas réellement et qu'il était capable d'une violence sans nom. Elle ne ressentait cependant aucune peur à se rendre dans cet endroit sauf. Au contraire, elle espérait y retrouver un semblant de réconfort, quelque chose de plus rassurant que de dormir dehors. Ils sortirent très vite de la ville pour traverser la forêt. Presque inconsciemment, Abigaïl se mit à marcher de plus en plus près de son protecteur au fur et à mesure qu'ils s'avançaient entre les arbres. Ce n'est pas qu'elle n'aimait pas la nature, mais elle se sentait soudain légèrement angoissée par la pénombre que produisait les branches et les troncs rapprochés. Sous leurs pas craquaient les feuilles mortes et des bois de bois secs. A chaque bruits suspects elle ne pouvait s'empêcher d'avoir l'estomac qui se serre et de regarder autour d'elle d'un air inquiet, les sourcils légèrement froncés. Elle ne voulait pas se battre, elle ne voulait pas fuir. Elle voulait juste du repos, que tout redevienne comme avant, qu'elle croise le regard de sa sœur et qu'elle la prenne dans ses bras, comme elle le faisait lorsqu'elle n'était encore qu'une enfant. Doucement, elle caresserait ses cheveux défaits et dans un léger murmure qu'Abi seule pourrait entendre, elle lui chanterait les paroles de la chanson qu'elles avaient inventées ensemble. A cette pensée, la gorge de la jolie blonde devint sèche et une boule s'y glissa. Elle retint durant un long moment les sanglots qui naissaient, ne voulant pas craquer devant qui que ce soit. Mais bientôt, le jeune cœur ne put en supporter d'avantage. En silence, elle laissa couler les larmes chaudes sur son visage pâle aux joues légèrement rosées par le vent qui se levait. Elle tentait tant bien que mal de cacher ses pleurs à son accompagnateur, mais elle renifla un peu trop bruyamment et il tourna la tête vers elle, découvrant le visage en larmes d'Abigaïl. Elle croisa sans le vouloir son regard et essuya furtivement l'eau salée qui couvrait sa peau. « Une poussière dans l'oeil. » souffla-t-elle, la voix tremblante de chagrin. C'était une bien piètre menteuse, il fallait l'avouer. Elle n'avait jamais eu ce don là, celui de cacher ses émotions. Elle a toujours été spontanée et sincère et même si elle voulait se montrer autrement qu'elle ne l'était réellement, comme à cet instant, tout la trahissait. Elle se rendit alors à l'évidence, comme toutes les fois où elle avait voulu tromper quelqu'un sur ses sentiments : elle ne savait pas faire et nier, refouler, ne faisait qu'aggraver la situation. Elle souffla, comme pour se reprendre et s'arrêta de marcher. Le vent s'engouffra dans ses longs cheveux blonds, planquant et collant quelques mèches sur sa joue encore humide. Comme une enfant, elle garda quelques secondes la tête baissée avant de le relever, comme pour s'assurer qu'elle pourrait parler sans fondre en larmes entre chaque mot. « C'est que... Je voulais rejoindre mes parents. En Irlande. Mais j'en suis incapable. » commença Abi d'une fois faible. Et c'était vrai : elle n'était pas assez forte et même si elle l'était, c'était absolument techniquement impossible. Elle avait eu cette naïveté qu'elle regrettait à présent. Mais ses parents lui manquaient terriblement et il lui semblait qu'à chaque pensée pour eux son cœur se briser. « Et... Ma sœur... Je l'ai laissé au stade, où ils réunissaient plein de gens... Je lui hurlais dessus. Je lui ai dis qu'elle était égoïste parce qu'elle ne voulait pas retourner en Irlande avec moi. Et aujourd'hui je suis perdue... » Sa voix se cassa. Voilà, elle était perdue et elle avait eu une chance inouïe de tomber sur Bobby. Sa bouche se déforma légèrement pendant qu'un sanglot la secouait. Elle n'était qu'une enfant. « J'aimerai tellement remonter le temps. » Alors, elle se dirigea vers un arbre tout près d'elle, et elle se laissa glisser le long du tronc afin de s’asseoir au sol, entre ses racines. Dans un geste typiquement enfantin, elle ramena ses genoux contre sa poitrine, y posa ses deux bras et plongea son visage entre ceux-ci, le front collé contre ses avant-bras. « Je sais pas. » déclara la voix étouffée de la jeune femme. « Je sais pas ce que je dois faire. » Et alors qu'elle prononçait ses mots, l'angoisse lui monta à la gorge. Quoi faire ? Aller où ? Retourner au stade ? Continuer ses chemin ? Ses parents ? Sa sœur ? Et elle, dans tout ça ? Sa sécurité ? Sa vie ? Sa force ? Est-ce qu'elle pourrait surmonter tout ça ? Non. Certainement pas. Pas seule, elle le savait. Son souffle se fit plus court à ces pensées, sa respiration légèrement plus rapide. Sa poitrine se soulevait à chaque inspiration difficile. Elle voulait dormir et que demain, au réveil, tout cela ne soit qu'un mauvais rêve. Elle descendrait l'escalier en bois qui grince et dans la cuisine, elle trouverait sa sœur, rayonnante, souriante, qui lui prépare son petit déjeuner, qui l'embrasse sur le front. Et puis il y aurait cette odeur de pancakes et de cannelle qu'elle aime tant, la chaleur envoûtante d'un amour qu'elle pouvait sentir et dont elle n'avait jamais douté...
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so you can keep me inside of ur pocket feat Bobby.

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