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 Le restaurant

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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Le restaurant   Dim 29 Nov 2015 - 16:40


    J'avais hoché la tête à la suggestion de Justin ; si ça commencer à devenir dangereux, nous partirions au plus vite, chacun dans notre coin. Je n'étais toutefois pas certain que la jeune femme avait réellement ''un coin'' ; tout comme moi à vrai dire. J'avais pour objectif du jour de me chercher un nouvel endroit où crécher  mais il était évident que je n'avais pas l'intention de me cloîtrer dans cette piscine où il y avait bien trop de recoins pour se sentir en sécurité. Je restais assis quelques instants alors que la brune se dirigeait vers la porte des vestiaires pour femmes. Tout semblait calme pour l'instant mais peut-être avions nous simplement été assez discret pour ne pas réveiller des cadavres en état de dormance ? Car c'était comme ça que ça se passait ; dans un endroit sombre comme celui-ci, sans issue apparente, quand il n'y avait pas de nourriture à proximité ces morts semblaient comme déconnectés, errant lentement et sans bruit dans l'attente qu'un nouveau repas vienne à eux.

    Après cette réflexion, je m'étais levé pour rejoindre la jeune femme dans les vestiaires, il devait probablement y avoir des trucs mais à part des fringues ou des bonnets de natation je doutais fort que nous trouvions de la nourriture. Cependant, un cadavre pouvait bien se terrer dans un coin et il valait mieux éviter les cris qui risquaient d'en attirer d'autres. J'avais déposé mes affaires près de la porte dans le hall et j'espérais pouvoir les récupérer si nous devions détaler vite fait. Lorsque la brunette s'adressa à nous, je hochais la tête à son remerciement, puis répondis à l'annonce de son prénom :

« Moi c'est Axel, et lui Justin. »

    J'avais ponctué ma phrase d'un signe du menton vers le brun en question. C'était plus simple désormais de pouvoir mettre un nom sur les visages, même si au fond ça ne changeait pas grand chose à notre situation ; en cas de fuite rapide ça ne nous servirait à rien du tout de savoir tout ça mais ça rendait tout de même la chose moins formelle. C'est à ce moment là que Selene se figea, fixant une trace au sol que sa lampe torche avait révélée. Dépassant la brune, je suivais la trace à pas de loup ; elle menait vers l'une des cabines des vestiaires. Me munissant de mon couteau, je poussais légèrement la porte fermée d'où aucun son ne semblait venir ; au sol, adossé contre le mur, un cadavre -cette fois bel et bien mort- était là. Je n'étais pas sûr que Justin nous ai suivit mais je m'adressais quand même aux deux.

« Ce mort a été tué, on est peut-être pas seul ici... »

    Je pensais à des humains ; peut-être qu'ils avaient établis un camp ici ? Ou peut-être avaient-ils simplement pillé l'endroit pour repartir je ne sais où. Je préférais cette seconde option mais nous ne pouvions être sûrs de rien, il fallait rester sur nos gardes. Puis m'adressant à nouveau à mes deux camarades du jour, je leur lançais à voix basse :

« Vous pensez quoi de tout ça ? Ces morts qui se relèvent ? »

    Certes, ce n'était peut-être le meilleur moment pour discuter de cela mais nous avions tout le temps devant nous désormais. Et c'était bien de ça qu'il s'agissait, des cadavres qui reprenaient vie, comme un juste retour des choses en réponse à la connerie grandissante de l'humanité. J'étais curieux de savoir ce que les autres vivants en pensaient ; considéraient-ils ces morts comme des âmes encore emprisonnées là ou simplement comme une enveloppe habitée par dieu sait quel démon ?





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
J'ai eu ma renaissance.
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MessageSujet: Re: Le restaurant   Dim 29 Nov 2015 - 23:41

La jeune femme commença à retrouver ses esprits. Elle semblait plus détendue depuis qu’on lui avait donné de quoi se restaurer. Elle se décida enfin en dévoiler un peu plus et nous expliquer pourquoi elle n’avait-elle si peu d’expérience de survie. Elle était restée enfermer un mois. Je ne sais pas comment elle avait pu tenir aussi longtemps. Personnellement, je serai devenu fou pour finir. Je lui lançai alors calmement : « Oui je comprends. Je pense que les autorités n’avaient peut-être pas prévus cela. Ils pensent toujours maîtriser mais cette fois-ci, ça été la catastrophe. Tu as de la famille ou des amis en ville ? ».

Si c’était le cas, on pouvait toujours l’aider à les retrouver. Elle nous parla ensuite de son voisin qui l’avait agressé. Elle semblait culpabiliser de s’être défendu. Je lui répondis doucement : « Ton voisin était déjà mort. Tu n’as rien à te reprocher. Ces choses n’ont plus rien d’humain. Mais je comprends que ce n’est pas évident au début. Tu finiras par t’y habituer ». Bon, on ne se s’habitue jamais à tuer ces saloperies mais c’est juste qu’il n’y a pas le choix. C’est eux ou nous. Et personne n’avait envie de finir en steak haché.

Puis, la brunette rentra dans le vestiaire des dames. Je la suivis rapidement en vérifiant qu’il n’y avait pas d’infecté présent. Ça puait et c’était franchement sale. Je plains les femmes de ménage qui devront un jour nettoyer le lieu. On voyait bien que les gens étaient partis en catastrophe. Ici et là, on retrouvait des serviettes et sacs de rechange. La jeune femme se retourna ensuite vers nous pour nous remercier. Je lui adressai un petit sourire et lui rétorqua : « Pas de souci. C’est la moindre des choses et puis, on n’est pas affamés au point de laisser quelqu’un crever ».

J’espérais d’ailleurs que je n’arriverai jamais à ce stade-là. Au pire si l’infection persistait, je ferai pousser des légumes dans mon jardin. Le terrain était grand et permettait ce genre d’aménagement. Il fallait juste y mettre de la bonne volonté. Je rejoins rapidement les deux autres en constatant qu’ils avançaient mieux que moi. Devant nous, on pouvait voir un cadavre étendu. Ça ne semblait pas être un infecté. C’était un peu malsain, il ne fallait mieux pas traîner ici trop longtemps. Je répondis à Axel calmement : « Oui, il faut faire attention. Au moindre bruit suspect, il faudra se tirer ».

Il demanda ensuite ce qu’on pensait des morts qui se révèlent. Je réfléchis un instant puis confessa : « Ils ne sont pas vraiment morts. Plutôt infectés par quelque chose. Un parasite je pense. Qui se transmet par les fluides corporels ». Etant étudiant en biologie, j’avais un peu de connaissances dans ce domaine et cela me paraissait évident.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Le restaurant   Mer 2 Déc 2015 - 9:10

Axel et Justin. Les présentations étaient faites. D’ailleurs le plus jeune semblait soudainement s’intéresser à elle. Si elle avait de la famille et des amis en ville ? On peut dire ça oui. Son père, ses camarades de fac, quelques bons potes, Ziggy… beaucoup de monde quand on y réfléchissait. Mais songer qu’ils étaient tous morts – ou contaminés – alimentait une boule énorme dans le creux de son ventre. Selene avait simplement hoché la tête, serrant les dents. La sensation de vide était revenue, comme si elle sautait dans le néant sans parachute. Elle avait envie de pleurer, de hurler, de s’arracher à cette carcasse de chair trop étroite.

D’ailleurs, Justin n’avait pas compris : son voisin était bien vivant quand il l’avait agressée. Va savoir ce qu’il voulait, c’était la jeune femme qui l’avait tué pour de bon. Une meurtrière que peut-être personne ne jugera jamais. C’était la fin du monde. Ses pensées s’étiolaient lentement, se détachaient de la piscine morbide, des zombies, de Seattle, et voguaient sur des eaux incertaines. Ce fut Axel qui la ramena à la réalité en la dépassant et en découvrant un cadavre. Un vrai cette fois, pas un qui marche. Un homme. Absolument pas habillé pour aller se baigner. Il avait une entaille profonde sur le cuir chevelu, poissée de sang séché. Vu l’odeur et l’état de décomposition, il devait être là depuis deux ou trois jours. Pas grand-chose, mais elle était musicienne, pas médecin légiste.

Selene ne voyait pas vraiment où l’aîné de leur trio voulait en venir avec sa question. Enfin, l’étudiante pouvait deviner le sens qui se cachait derrière mais à ses yeux… l’interrogation n’avait pas lieu d’être. Pas sous cette forme. Ce qu’ils en pensaient ? Si Justin optait pour une analyse de science vulgarisée, la jeune femme murmura simplement :

- C’est la merde… voilà mon avis.

Le faisceau de sa torche balayait le reste des vestiaires. Il n’y avait rien de spécial, pas même quelques bricoles à voler oubliées dans les casiers. Quoiqu’il se soit passé ici, les gens avaient eu le temps d’évacuer et, sans doute, d’autres avaient eu la même idée qu’eux : venir se réfugier à la piscine. Ils avaient dû rafler le reste. Dans les douches, il y avait d’autres traces de sang, mêlées aux flaques d’eau croupie. Quelques pas plus loin, un autre cadavre. Effondré le nez dans le pédiluve noirâtre, l’arrière du crâne explosée, le corps percé de plusieurs balles. Selene hésita. Elle n’avait jamais fait ça, mais le besoin de survie faisait naître de drôle de comportement, pas vrai ? Lentement, avec la sensation de bafouer un interdit sacré, l’étudiante s’agenouilla pour faire les poches de la charogne. Ses mains tremblaient, elle grimaçait à cause de l’odeur et de la culpabilité, et tout ça pour… rien. Rien qu’un portefeuille à moitié vide. Ce type s’appelait Antonio Martinez.

- C’est comme l’autre, commenta-t-elle à l’adresse de ses comparses, son sang a coulé, donc il a été tué « vivant »…

Dans d’autres circonstances, sa phrase n’aurait eu aucun sens. Là, c’était différent. Elle espérait que les garçons allaient comprendre sans qu’elle ait à développer, parce qu’elle n’avait pas envie de s’attarder sur le sujet. A nouveau sur ses pieds, elle était bouleversée, elle avait la nausée, et redoutait de continuer à avancer. Des gens assassinés de cette façon, ça ne lui disait rien qui vaille. Ça rappelait les émeutiers dont elle entendait parler à la télé avant que les ondes ne cessent de diffuser.

La musicienne n’avait pas franchement envie de se tremper les pieds dans le pédiluve, mais c’était l’unique passage pour continuer. Après avoir pris son inspiration, elle avança prudemment, sur la pointe des pieds pour ne tremper que le bout de ses chaussures – étanches heureusement – et fit les plus grands pas possibles. A peine fut-elle parvenue de l’autre côté qu’un grondement s’éleva petit à petit : des bêtes qui râlaient et grognaient en cœur, affamées, enfermées.

L’espace était désert. Plus l’ombre d’un campement, plus l’ombre d’une occupation humaine. Mais ceux qui s’étaient arrêtés ici avant avaient tué le temps d’une drôle de façon. Le grand bassin était entièrement vide et à la place : une dizaine de charognes qui venaient de sortir du sommeil en sentant arriver la chair fraîche. Elles titubaient les unes contre les autres, griffaient en vain le carrelage des parois, piétinaient des corps informes qui devaient être des restes de repas. Les râles étaient décuplés par l’acoustique de la piscine, plus atroces que jamais ; et à l’opposé, près des grands bancs, les sorties de secours étaient restées ouvertes.


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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Le restaurant   Mer 2 Déc 2015 - 22:29


    Je décidais de ne pas tenir compte de l'avis de mes camarades concernant les morts ; comment pouvaient-ils avoir un avis légitime sur le sujet ? Bien qu'il n'était pas méchant, Justin semblait être du genre ''sympa avec tout le monde'', et Selene n'avait apparemment pas eu l'occasion de voir beaucoup de ces créatures. Ils pouvaient bien penser ce qu'ils souhaitaient, nous n'avions aucune obligation de nous mettre d'accord sur la question.

    La jeune femme repris son avancée mais se stoppa rapidement à la vue d'un autre cadavre, cette fois-ci à nouveau bel et bien inanimé. Je la regardais du coin de l’œil et vit qu'elle avait entrepris de le fouiller ; quoi de plus normal ? Je n'étais pas d'avis à me mettre au pillage, mais ces gens définitivement morts... ce n'est pas comme s'ils allaient encore avoir besoin de leurs affaire, où qu'ils soient. Les placards restants étaient vides, si ce n'est que quelques bonnets de bains et lunettes de piscine qui traînaient ci et là.

    Plus nous avancions dans le bâtiment et plus l'odeur de renfermé et de pourriture se faisait forte. Il y avait certaines traces de bile noirâtre sur les murs et des râles se firent rapidement entendre. Me munissant de mon couteau, je suivais toujours le petit groupe avant d'observer le même spectacle qu'eux. Dans le bassin, des dizaines de cadavres semblaient faire les cents pas, quelques uns d'entre eux nous avaient déjà repérés. Regardant rapidement aux alentours, je remarquais qu'un des bouts du bassin, celui menant à la porte de secours, semblait moins profond que le reste ; et s'ils pouvaient en sortir ? Nous serions rapidement dépassés par le nombre. Et, comme dans la plupart des piscine, il devait certainement y avoir des marches à ce même coin... De plus, qu'est-ce qui nous disait qu'autre chose ne nous attendait pas de l'autre côté de la porte ? Et si nous faisions demi-tour, pourrons nous ressortir par l'avant ?

    Réfléchissant rapidement, je me disais qu'il serait sûrement plus judicieux de contourner le bassin par le bord le plus profond, en marchant rapidement -il ne s'agissait pas là de courir car nous pouvions tout aussi vite glisser sur la bile et nous retrouver dans le bassin-. Jetant un regard à mes camarade du jour, je leur fit un petit signe de la tête, signifiant que passer par la gauche semblait être une option plus sûre. Il n'était pas exclu toutefois que certains d'entre eux arrivent à en sortir, ou qu'une fois contourné la foule certains passent par les escaliers pouvant ainsi nous rattraper.

    Je me mis à avancer, à pas sûr mais réfléchis, mes yeux vagabondant entre le sol sale et la horde qui nous tendait les bras comme dans un appel presque chaleureux. Une main contre le mur, je jetais un regard en arrière. C'est alors que je senti une légère pression au niveau de ma jambe droite ; un cadavre qui avait réussit à agripper le bas de mon pantalon. L'effet de surprise passé, je soupirais en retirant ma jambe d'un geste vif, pour revenir à la charge en assenant un coup de pied dans la tête de la créature en question. Le but n'était pas de le tuer, simplement de le déstabiliser un peu, ainsi que ses petits camarades, pour pouvoir passer plus aisément.

    Plus nous avancions et plus je me demandais si c'était la bonne décision ; ces cadavres pouvaient bien simplement être une diversion pour permettre le champ libre à des humains relativement moins bien intentionnés. Sans prendre le risque de regarder en arrière, je gardais mes yeux alertes à chaque recoin, en lançant à Justin et Selene :

« Quand on aura la porte en ligne droite, je suppose qu'on se mette à accélérer... »

    Certes, nous pouvions toujours prendre le risque de fouiller les recoins de cet endroit, mais je n'avais aucune envie de mourir, pas pour le peu que nous pouvions trouver.





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MessageSujet: Re: Le restaurant   Jeu 3 Déc 2015 - 0:31

Il y avait de plus en plus de cadavres et de sang. L’endroit était fort peu rassurant et je m’en voulais d’avoir emmené le groupe dans un endroit aussi peu fréquentable. J’étais persuadé qu’un groupe d’humains était terré dans la piscine et attendait le bon moment pour passer à l’attaque. J’observai un petit moment le corps présent. Il semblait mort depuis quelques jours et non infecté. C’est-à-dire qu’un humain sain avait été tué par d’autres humains. Peut-être que ses agresseurs l’avaient pris pour un infecté. Peut-être qu’ils étaient loin d’ici à présent. Bref, le stress montait petit à petit. D’autant plus qu’il n’y avait pas d’infectés, c’était louche.

Un nouveau cadavre fit alors son apparition. Bel et bien mort celui-là aussi. Il avait le crane exploser et portais des traces de balle. Sans hésiter, la brune commença à fouiller les poches du mort. Que s’attendait t’elle a trouvé ? L’argent n’avait plus beaucoup d’intérêt aujourd’hui. Et puis, qu’est ce ca puait. Cette fois-ci, Selene se permit d’en discuter. Je murmurai : « Oui, ça craint. Il a été tué par des humains, tout comme l’autre. Il faut sortir d’ici rapidement. De toute façon, il n’y a rien d’intéressant visiblement. Venez chez moi ».

Je leur faisais suffisamment confiance pour les loger quelques jours. Enfin, si ils étaient d’accord bien entendu. Et puis, ils pourraient toujours revenir si jamais ils avaient un pépin. Je trempai ensuite mes pieds dans le pédiluve. Je sentis mes chaussettes prendre l’eau, ce qui était une sensation désagréable. Nous arrivâmes alors au grand bassin. Une scène morbide s’offrit alors à nos yeux. La piscine était vidée de l’eau qu’elle contenait mais remplie d’infectés. Si l’un d’entre nous tombait dans le bassin, c’était la mort assurée. Fort heureusement, les portes de secours étaient ouvertes. Mais c’était trop beau. Et si c’était un piège ? Et si des pillards allaient les attraper pour les balancer aux cannibales ?

De plus, la profondeur du bassin semblait rétrécir au fur et à mesure qu’on se rapprochait de l’entrée. Et si les infectés pouvaient en sortir ? C’était un risque à prévoir. S’ils revenaient vers l’entrée, c’était le risque de tomber sur les goules qu’ils avaient semé lors de leur course effrénée. En tout cas si je revenais chez moi en un seul morceau, je prendrai un bon verre de vin pour me remonter le moral. Et j’en proposerai un à mes collègues s’ils venaient avec moi.

Axel commença à avancer le long du bassin prudemment. Je le suivis. Courir était risqué vu qu’on pouvait glisser et signer son arrêt de mort. Certains arrivaient presque à agripper nos chevilles. Sans hésiter, je commençai à trancher les membres qui semblaient un peu trop menaçant. J’approuvai ensuite la proposition d’Axel et ajouta stressé : « Oui, on se tire d’ici au plus vite ! ». Venir ici avait vraiment été  une mauvaise idée d’autant plus qu’on n’avait rien trouvé d’intéressant.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Le restaurant   Dim 6 Déc 2015 - 16:11

C’était. Un. Putain. De. Cauchemar. Les pensées de la jeune femme étaient bloquées sur cette évidence hurlante de réalisme et de vérité. Le monde était déjà gangrené par une épidémie létale et morbide, il fallait que les vivants s’adonnent à des jeux sadiques. Tous ces cadavres errants dans le bassin de la piscine, on croirait voir une version sinistre de ces insectes qu’on emprisonnait dans une boîte. Une manifestation de folie à l’état pur. Selene resta figée de longues secondes, hypnotisée par les râles répétitifs. Voulait-elle survivre dans cette démence qui se banalisait ?

Axel et Justin tentaient déjà de longer la piscine. Il fallait se rendre à l’évidence : c’était la seule voie possible s’ils ne voulaient pas faire demi-tour. Au moins, passer derrière l’amateur de katana avait un avantage : puisqu’il se frayait un chemin à coups de lame, le temps que les zombies aient la présence d’esprit de laisser la place à un camarade plutôt que de tendre vainement leurs moignons, elle pouvait passer sans qu’un seul doigt décharné ne tente d’agripper ses chevilles.

Son rythme cardiaque s’accéléra. Sous la consigne de l’aîné du trio, elle passa la deuxième quand ils avaient parcouru plus de la moitié de la distance qui les séparaient de la sortie. Les yeux bleus de l’étudiante ne pouvaient se détacher du spectacle sordide qui se déployait à ses pieds. Les chairs mortes, vertes, couvertes de bleus, meurtries de blessures post-mortem, les orbites vides ou éteintes, les dents qui claquaient, les gestes saccadés… la question d’Axel lui revenait. Qu’étaient devenus ces gens ? Est-ce que ces poupées bestiales avaient une âme ? Des souvenirs ? Une quelconque émotion ?

Elle y était. L’extérieur, l’air glacé de la journée d’automne. Ses poumons se gonflaient avec joie, débarrassés de l’atmosphère étouffante des charognes en putréfaction, mais l’odeur restait accrochée à ses narines. La voie était libre. Ils avaient débouché sur un terrain vague qui devait probablement servir à venir se prélasser au soleil les jours d’été. Il restait quelques détritus, des conserves vides, des emballages plastiques qui volaient au gré du vent froid, mais pas l’ombre d’un être vivant. Selene repoussa alors la porte dans son dos pour la fermer hermétiquement. Dieu sait ce que trouveraient les prochains à venir ici.

Ses jambes étaient en coton. Elle fit quelques pas hésitant, sans savoir où elle allait, foulant l’herbe couverte de givre. En fait, elle était ailleurs. Ses pensées se détachaient de son cerveau traumatisée et peinaient à y revenir. Le temps de tout assimiler. Les rues désertés, le pillage, les morts qui marchent, la solitude, … Justin avait proposé qu’ils viennent chez lui mais en fait, elle n’en avait pas envie. A cet instant, elle n’aspirait qu’au vide. Se terrer dans ses songes pour savoir ce qu’il convenait de faire. Et puis elle ne voulait ni faire pitié, ni être redevable. Ils l’avaient suffisamment aidée jusque là.

- On dirait que ça va pour l’instant, dit-elle enfin d’une voix blanche, merci encore pour… je sais pas… souffla-t-elle en posant ses yeux clairs sur la sortie du parc.

La musicienne passa une main dans ses cheveux châtains et haussa ses épaules frêles. Elle coinça son couteau tâché de sang coagulé dans sa ceinture et ajusta son sac à dos.

- Merci beaucoup pour la proposition… Justin, mais je préfère rester seule pour l’instant. Je viens de réaliser que tout ce que je connaissais est… complètement foutu, estima-t-elle dans un éclat de rire sans joie, faut que je process un peu tout ça…

Ses lèvres se tordirent en une moue triste et désespérée. Elle était si peu préparée à l’apocalypse… une simple jeune femme qui jusqu’à il y a quelques semaines, ne savait que jouer du piano et aller en cours. La vie était injuste non ? A l’heure actuelle, elle était un mouton dans un monde de loups. Il allait falloir qu’elle genre son régime alimentaire, et très vite. Osant enfin regard ses comparses du jour dans les yeux, elle tendit une de ses mains fines dans l’espoir d’une poignée de main d’adieu.


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MessageSujet: Re: Le restaurant   Dim 6 Déc 2015 - 21:59


    Bien que nous n'avions pas traîné pour sortir -comment pouvions-nous nous permettre ce luxe dans ce nouveau monde?- la traversée m'avait semblé interminable. Je n'étais pas spécialement inquiété par les Cadavres, ni angoissé par le fait qu'ils pouvaient débouler de n'importe où, mais là je détestais au plus haut point d'être entouré ainsi de dizaines d'entre eux. Il m'était urgent de sortir rapidement d'ici. Et une fois cela fait, après m'être rapidement assuré qu'aucun mort ou vivant ne nous attendait dehors, je jetais un regard en arrière, vérifiant que mes deux compagnons du jour n'avaient pas rejoint, par un quelconque mauvais mouvement, la vague d'être putrides qui n'attendaient que nous. J'en voyais déjà certains qui gravissaient les marches de la piscine, se hissant tant bien que mal à l'extérieur ; quoi que leurs piétinements les uns sur les autres ne les aidaient pas vraiment dans leur démarche.

    Me calant à l'arrière de la porte, j'attendis que les deux en soient sortis pour la refermer et la scellé tant bien que mal avec une corde qui traînait là ; elle était poisseuse mais je n'avais strictement aucune envie de savoir où elle avait traîné. Alors que Selene reprenait son souffle à à peine quelques mètres de la porte, je m'approchais d'elle et lui prit le bras pour qu'elle comprenne qu'il était plus judicieux de s'éloigner encore un peu, juste au cas où. Inspirant difficilement, je me mit presque à regretter de ne pas avoir pratiqué plus de sport avant. L'air était frais mais les alentours semblaient calme, silence que j'appréciais grandement après cet épisode relativement chaotique. Posant mes yeux tantôt sur Justin, tantôt sur Selene, je lançais après m'être éclaircis la voix :

« C'était moins une... Heureusement qu'à part un gros coup de stress on s'en sort entiers. »

    La brunette reprit la parole, pas totalement remise de ses émotions ; j'espérais qu'au moins cette mauvaise expérience l'aidera à anticiper les endroits à éviter pour plus tard. Hochant la tête à ses mots, je m'abaissais pour renouer mon lacet défait. Elle aborda alors la proposition de Justin et je me rendis compte que je n'avais toujours pas répondu à sa suggestion. Selene me devança en refusant sa proposition, prétextant ce besoin d'être seule pour encaisser tout ça ; je ne pouvais que l'accepter, étant moi-même dans cette situation. Lorsqu'elle tendit une main incertaine et légèrement tremblante due à l'adrénaline qu'elle devait encore ressentir, je lui offris la mienne à mon tour et chercha quelques mots d'au revoir.

« Fais attention à toi. Pas d'hésitation, c'est toi ou eux. »

    Simple mais clair, j'espérais que la brunette puisse poursuivre sa route et s'adapter à ce nouveau monde. Après deux ou trois mots, elle s'éloigna prestement, jetant des regards aux alentours. Reportant mon attention sur Justin, je tendais une nouvelle fois ma main.

« Je vais poursuivre ma route moi aussi, merci. Et qui sait, peut-être qu'on se reverra ! »

    Sous une forme ou une autre. Nous ne pouvions pas être sûrs de retrouver les gens que nous rencontrions bel et bien vivants. Resserrant les sangles de mon sac qui s'étaient légèrement détendues, je m'éloignais de cet endroit qui avait faillit me coûter la vie, espérant ne pas avoir fait d'erreur en faisant confiance à ces deux personnes, mais satisfait toutefois de ne pas être tombé sur des pilleurs ou je ne sais quoi. Me tournant, je lui fis un dernier signe de tête et m'enfonça dans les rues vides de Seattle.





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