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 Le restaurant

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Le restaurant   Mer 18 Nov 2015 - 23:13

Son cœur battait tellement fort qu’elle était persuadée qu’on l’entendait dans toute la maison. Elle se mordait la lèvre inférieure jusqu’à avoir mal pour contrôler sa respiration, en vain, et son corps tout entier était saisi de frissons. Selene entendit quelqu’un remonter les escaliers et fouiller dans une autre pièce. Devait-elle sortir ? Devait-elle se faire ignorer ? Elle supposait qu’il ne s’agissait pas des propriétaires et pourtant, même si un peu d’aide serait bienvenue dans sa situation, elle n’osait pas aller de l’avant. Et si c’était des pillards violents ? Personne ne l’entendrait crier et même avec la force du désespoir, elle ne s’en sortirait pas.

La jeune femme se raidit. Quelqu’un venait d’entrer. Le pas calme et pourtant, elle se sentit geler de l’intérieur. Le plus lentement possible, prête à tout, l’étudiante glissa son couteau hors de sa manche. Ses mains étaient d’une blancheur surnaturelle, la longue lame vibrait à cause de ses tremblements. Une autre personne arrivait, moins soucieuse d’être discrète et… lui adressant la parole. A elle. Selene retint son souffle. En évitant de bouger sa tête, elle tourna les yeux dans tous les sens, craignant qu’il n’y ait une faille dans sa cachette, mais non. Alors ils l’avaient débusquée comme ça ?! De vrais chiens de chasse…

Sa décision découla alors d’une réflexion éclair. Elle ne leur faisait pas confiance. Mais s’ils voulaient attenter à sa vie, ils le feraient dans tous les cas. Alors autant tenter autre chose ? Mine de rien, elle était seule et démunie dans un monde qui visiblement, partait en vrille. Une couverture masculine ne serait pas de refus pour rallonger ses chances de survie ; dans un premier temps disons. Avec lenteur, la musicienne repoussa la porte qui la dissimulait pour se révéler aux deux hommes. Elle n’en menait pas large : blême, échevelée, fragile, mais ses yeux bleus défiaient bravement les inconnus. Ceux du plus vieux armé d’un couteau surtout.

- Vous ne me tueriez pas pour grand-chose, articula-t-elle la gorge sèche, j’ai presque rien sur moi.

Impassible, c’était à son tour d’étudier leurs réactions et leurs expressions. Ils étaient comme elle en tout cas : hors de leur foyer, hors de leurs vies même. Depuis combien de temps erraient-ils ? Étaient-ils des criminels ? Allaient-ils l’égorger… ou pire ? Rien n’était certain, outre le fait que s’ils tentaient de lui nuire, elle en emporterait au moins un. C’était une certitude animale, un instinct réveillé depuis qu’elle avait poignardé son voisin pour sauver sa vie. Voyant que personne ne bougeait, elle ouvrit la bouche pour reprendre :

- Ecoutez, je-

Impossible de finir. Une alarme stridente et répétitive s’était déclenchée brusquement à l’extérieur. Dans un environnement où régnait jusqu’à lors un silence irréel, c’était presque assourdissant. Si possible, Selene était devenue plus pâle encore, et s’était précipitée dans la chambre par laquelle elle était entrée, oubliant momentanément les deux gars. Elle ouvrit la fenêtre complètement et regarda dans la rue : impossible de savoir pourquoi, mais l’une des voitures garées sur le trottoir d’en face s’était mise à hurler. Toutes lumières clignotantes, la sirène déchirait l’atmosphère de calme glacé.

Bientôt, la jeune femme assista au spectacle le plus effrayant qu’elle n’ait jamais vu : des silhouettes apparaissaient, ici et là. Elles émergeaient des jardins, des maisons ouvertes, des intersections… ces « autres » comme elle les appelait. Décolorés, blessés parfois, marchand maladroitement, râlant, grognant, et se regroupant autour de la source du vacarme. Il y en avait quinze ou vingt en tout, comme des coquilles sans âmes ; des morts. C’était ça, ils avaient l’air morts.

- Qu’est-ce que c’est que ces trucs…


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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Le restaurant   Jeu 19 Nov 2015 - 19:38


    Les pas bruyants de Justin me firent stopper mon avancée, je vis son air de surprise, devant se demander ce qu'il m'arrivait et je m'étais contenté de faire un geste du menton vers le droite. Lorsqu'il s'adressa à la personne qui était apparemment cachée là, je ne pu m'empêcher d'arquer les sourcils au ciel. Il était vraiment sérieux ? ''On est pas méchant, on vous veut pas de mal'', mais qu'est-ce qui lui affirmait que c'était pas à  nous qu'on voulait du mal ? Que c'était pas un groupe entier qui attendait je ne sais où et que cette personne apparemment isolée n'était que l'appât ? Il était vraiment naïf, et quand bien même s'il avait raison, c'est un risque inutile à prendre.

    Une femme sorti finalement de derrière la porte, à pas lent, s'arrêtant de nous à une distance respectable. Elle avait l'air affaiblie, apeurée, mais je regardais d'un œil mauvais le couteau qu'elle tenait dans sa main tremblante. Il n'était certes pas orienté vers nous mais elle aurait vite fait de s'en servir ; ou pas. J'avais vu Justin se servir de son katana et je n'avais aucun doute de ses capacités, mais son air un peu trop insouciant ne me rassurait guère. Ou peut-être était-ce moi qui était trop sanguin ? Mais qu'importe, j'ai toujours eu le plus grand mal à tolérer mes semblables, ça n'était pas maintenant que ça allait changer.

« Qui vous dit qu'on a l'intention de vous tuer ? »

    J'avais lancé ça assez sèchement, presque agacé. Je n'étais toutefois pas mécontent qu'elle nous jauge d'un air méfiant, je préférais ne pas avoir trop de monde autour de moi, surtout maintenant que tous les humains étaient redevenus les êtres primitifs qu'ils gardaient au fond d'eux depuis tout ce temps. Elle recommença à s'adresser à nous lorsqu'une alarme retenti. Je ne sursautais pas, ce n'était pas la première fois que j'entendais ce genre de bruit et j'avais ma petite idée de ce qui l'avait déclenchée. Me rendant dans la même pièce que la brune qui était sortie de la porte, je regardais à l'extérieur via une autre fenêtre, me méfiant toujours du couteau qu'elle tenait ; quoi qu'elle semblait à présent plus inquiète par ce qu'elle voyait dehors que par notre présence. Des dizaines de cadavres venaient s'agglutiner autour de la voiture, la secouant bêtement en espérant que quelque chose de comestible en sorte. La remarque de la femme me fit tourner le regard vers elle, l'air à fois surpris et las.

« C'est pas la première fois que t'en vois quand même ? »

    Je m'étais permis de la tutoyer, ce n'était pas dans mes habitudes mais cette situation commencer à me rendre nerveux ; j'étais là dans cette baraque que je ne connaissais pas, avec deux personnes que je venais de rencontrer, et l'habitat commençait à être entouré d'une masse de morts. Quelle situation rassurante. Me tournant vivement vers Justin qui n'était pas loin, je lançais, reprenant mon calme :

« Il va falloir qu'on trouve un moyen de se tirer de là avant qu'il y en ait trop, et vite. »

    Nous pouvions aussi attendre, en évitant de se faire repérer, que les morts se lassent et aillent ailleurs, mais c'était un pari risqué.





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
J'ai eu ma renaissance.
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MessageSujet: Re: Le restaurant   Ven 20 Nov 2015 - 18:50

Finalement, nos craintes furent confirmées lorsqu’une jeune fille sorti de sa cachette. Pas si jeune d’ailleurs, elle devait avoir mon âge ou à peine moins. Je commençais à peine à faire confiance à Axel et je devais déjà faire connaissance avec une autre personne. Immédiatement, elle semblait paniquée à l’idée de se faire tuer. Ce qui lui valu une réponse cinglante de mon coéquipier qui retrouvait alors son côté froid et cassant. D’un certain coté, il n’avait pas complètement tort. Elle pouvait très bien être une pillarde qui n’hésitera pas à nous attaquer de dos. J’ajoutai alors calmement : « On ne veut pas te tuer. On est juste venue ici pour trouver des vivres ». J’espère qu’il ne faudrait parcourir encore deux ou trois maisons pour lui trouver des vivres. J’avais aidé une personne aujourd’hui, c’était suffisant.

Et puis, je pensai à mon retour. Je pensais connaitre suffisamment Axel pour l’accueillir chez moi mais pour elle, c’était encore un peu trop prématuré. C’est à ce moment qu’une foutu alarme commença à retentir. La brunette encore plus paniquée se décida d’ouvrir la fenêtre pour observer la scène. Elle allait tous les attirer ici bon sang. Puis, elle se demanda ce que c’étaient ces trucs. Mais où était-elle passée depuis un mois ? Elle avait hiberné ou quoi ? Je complétai alors les propos de mon collègue en ajoutant : « T’es sérieuse ou tu le fais exprès ? ». Axel, qui essayai de rester calme me proposa de déguerpir le plus rapidement possible.

Je répondis alors : « Il y a une piscine à deux pas d’ici. J’ai la carte d’accès pour y rentrer. C’est grand et il y a de nombreuses salles que l’on peut verrouiller derrière nous ! ». Bref, on pouvait aller la bas pour souffler un peu. Le lieu avait peu de chances d’être infecté. Lorsque les premiers infectés sont arrivés, les gens sont allés dans les refuges, ont pillés les magasins ou ont quittés la ville. Ils n’avaient pas la tête à aller à la piscine évidemment. Sans attendre leur avis, je décidai d’ouvrir la marche. En courant, on pouvait y être en cinq minutes. Je ne savais pas trop si mes deux collègues allaient me suivre jusqu’au bout. Après tout, ils pouvaient en profiter pour se tirer. Surtout la jeune fille qui semblait terrifiée a l’idée de se faire tuer.

Arrivé sur place, j’ouvris la porte qui nous mena à l’entrée. La carte fonctionna encore. A droite, il y avait le vestiaire des dames et à gauche celui des messieurs. En face, l’accueil qui était vide. Un silence de mort régnait sur le lieu.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Le restaurant   Dim 22 Nov 2015 - 11:29

Spoiler:
 

L’un des deux hommes l’avait suivie de près pour pouvoir, lui aussi, inspecter l’extérieur par la fenêtre. Si c’était la première fois qu’elle en voyait ? Oui et non. Elle avait passé les dernières semaines enfermée chez elle, à moitié coupée du monde et de la vraie réalité de l’épidémie. Ces « autres », elle les avait croisés de loin pendant sa première nuit d’errance, mais elle n’avait jamais étudié leur comportement. La jeune femme ouvrit la bouche pour répondre mais aucun son ne franchit ses lèvres décolorées. Etaient-ils toujours des êtres humains ? On aurait dit un groupement de coquilles vides, grognant et râlant après l’alarme d’une voiture, s’acharnant bêtement comme si quelque chose en sortirait.

La remarque du cadet de la bande lui fit l’effet d’un coup de fouet. En un instant, Selene se sentit baigner dans une eau glacée, un accès de colère qui resta parfaitement dissimulé derrière son masque juvénile. Faire exprès ? Absolument, parce qu’elle avait l’air d’une petite comique. Elle le détestait déjà, émotion étrangement normale dans cette situation surnaturelle, mais c’était incontrôlable. L’idée de la piscine fut avancée et… il ne leur laissa même pas le temps d’en placer une ! La musicienne voulait réfléchir, qu’on lui explique, peser le pour et le contre… mais le jeune homme partait déjà sans se retourner.

Son regard bleu croisa celui de l’inconnu toujours à ses côtés. Que faire ? Ces « choses » arrivaient de partout, qu’est-ce qui garantissaient qu’ils pourraient sortir sans être vus ? L’étudiante se sentait comme précipitée devant une problématique pour laquelle le temps de réponse était truqué. Suivre aveuglément ou rester au risque d’être prise au piège. Elle se pinça les lèvres et se décida finalement : emboîtant le pas à leur éclaireur.

Au final, elle n’avait rien récupéré dans cette maison. Elle sortit par le garage laissé ouvert et aperçut la silhouette du cadet qui avait déjà pas mal d’avance. La journée était bien avancée et pourtant, l’air paraissait plus froid, pénétrant, et une bruine glacée commençait à tomber. Les râles des coquilles vides grondaient, litanies entêtantes. Ils étaient près d’une trentaine désormais ; des bruits de bris de verre résonnaient parfois, mais la carcasse malmenée de la voiture continuait à hurler son alarme stridente.

Selene courait, comme elle n’avait jamais couru sans doute, son attention focalisée sur ses comparses d’un jour pour ne pas qu’ils la sèment. Malheureusement, ce qui devait arriver arriva : au détour d’une rue, elle heurta de plein fouet une personne qui s’avançait maladroitement. Une femme en fait, vêtue d’une robe à fleur vieillotte et déchirée. Ses cheveux étaient sales et emmêlés, ses mains couvertes de sang, ses pieds nus écorchés, sa gorge déchirée et surtout… ses yeux étaient morts. Blancs, vitreux, immobiles. Ce regard sans vie pétrifia l’étudiante qui ne se réveilla que lorsque les mains froides cadavre se refermèrent sur ses épaules.

La peur éclata comme une bombe au milieu de ses entrailles. Elle se débattit, obnubilée par les dents cassées de la femme qui claquaient avec avidité. Un moment, la musicienne réussit même à planter son couteau dans le cœur de l’agresseur, mais ça n’avait rien changé. Paniquée, elle s’était alors dégagée en bousculant le zombie, aidée par la force du désespoir, au moment où deux de ses confrères s’approchaient en grognant.

Son corps était secoué de frissons pourtant, Selene trouva la force de recommencer à courir. En fait, elle volait presque : portée par l’adrénaline et la terreur. Elle ne voyait plus que le plus âgé des inconnus, et il était loin devant elle. Avait-il seulement vu qu’elle se faisait attaquer ? Un coup d’œil par-dessus son épaule lui apprit qu’elle était prise en chasse. Quatre ou cinq de ces charognes ambulantes. Elles étaient maladroites mais tendaient les bras vers elle avec obstination.

Heureusement, le type qu’elle détestait avait dit vrai : la piscine n’était pas loin. Elle ne tarda pas à rejoindre à son tour la bâtisse caractéristique et ferma la porte derrière elle. Essoufflée, gelée par la bruine, blanche comme une craie et agitée de tremblement, l’étudiante se laissa glisser le long du mur pour s'asseoir à même le sol. Son couteau de cuisine produisit un bruit métallique en tombant. Sous le choc, ses yeux topaze étaient écarquillés, fixés sur le néant. Elle suait mais elle ne se souvenait pas avoir jamais eu aussi froid. Le silence oppressait bourdonnait à ses oreilles. Il se passa de longues secondes avant qu’elle ne retrouve l’usage de la parole :

- Courir… tête baissée au milieu de ces trucs… merveilleuse idée monsieur l’expert, lâcha-t-elle à l’adresse du plus jeune des deux hommes, et maintenant qu’ils nous ont repérés on fait quoi ?

Elle décrocha son regard du vide pour soutenir ceux de son aîné avec défi. Une chose était certaine : elle ne le suivrait plus sans réfléchir désormais. La musicienne avait assimilé en vitesse éclair la leçon du « on est jamais mieux servi que par soi-même ». Sans quitter leur « meneur » des yeux, elle ramassa son couteau et se remit debout. Sa respiration reprenait un rythme normal. Ses poumons étaient encore en feu, les anses de son sac à dos lui faisaient mal, mais elle était indemne.


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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Le restaurant   Mer 25 Nov 2015 - 15:18


    Sans vraiment réfléchir, Justin s'élança hors de la maison en direction de la piscine dont il parlait. Il était vraiment sérieux ? La piscine ?! Avec toutes ses pièces comme il dit, c'est plus un danger qu'une réelle sécurité... C'est chouette de pouvoir fermer derrière fois, mais si on se retrouve dans une seule pièce sans issue, coincés par des cadavres ? Je trouvais l'idée complètement décalé, venant à me demander s'il savait seulement ce qu'il faisait. Mais tout se déroula très vite et nous n'avions pas le temps de tergiverser. Jetant un regard quelque peu agacé à la femme qui était désormais avec nous, je descendis également, recallant mon paquetage sur mes épaules. Le chemin risquait d'être long et qui sait sur quoi nous allions tomber.

    Justin nous ouvrait la route en courant, ne prêtant pas attention à ce qui l'entourait. Je me contentais de le suivre en ronchonnant ; il était désormais impossible de faire demi-tour car le groupe de cadavres amassé autour de la bagnole nous avait sûrement entendu. Dans ma course, je regardais plusieurs fois derrière moi, vérifiant que la brune qui semblait atterrir quant à la situation nous suivait toujours. Bifurquant dans une rue, quelques morts erraient ci et là ; j'en avais évité un in-extremis, ne daignant toujours pas m'arrêter pour mettre fin à sa misérable vie. Je ne me rendis pas immédiatement compte que la brunette avait pris du retard, ni de ce qui s'était réellement passé, mais quand je vis un petit groupe de morts tituber loin derrière je compris rapidement. Nous nous sommes finalement engouffrés dans une nouvelle rue et Justin, qui était relativement en avance, nous attendait à l'entrée du hall de la piscine, nous tenant la porte ouverte. Essoufflé par cette course que je n'aurais jamais entrepris si j'avais été seul, je lance d'un air agacé :

« Super idée l'ami, j'espère qu'y en aura pas d'autres à l'intérieur. »

    Une fois la porte fermée, un silence de mort règne dans la pièce. Dans la pénombre, je remarque que la jeune s'effondre sur le sol et est encore plus pâle que lorsqu'elle est sortie de sa cachette quelques instants plus tôt. Ôtant mon guitare et mon sac, je m'installe contre un mur non loin d'elle, restant toutefois aux aguets du moindre bruit. La brune brise le silence en se relevant, un air de reproche dans la voix. Reportant mon attention sur elle, puis sur Justin, je lance d'un air détaché :

« Je pense pas qu'ils nous aient repérés, ils sont bien plus lents que nous et ne nous ont certainement pas vu entrer ici. »

    Je l'espérais du moins, car s'ils en attiraient d'autres on se retrouverait bien dans la merde, d'autant plus que la femme n'avait pas vraiment l'air de savoir comment s'en sortir dans ce genre de cas. Je la regardais en réfléchissant, elle était typiquement ce genre de personne qui s'était trop voilé la face sur le monde et ses semblables. J'avais tendance à rire de ce genre de personnes, tellement naïve quant à leur place dans l'univers, mais quelque chose me disait que cette femme n'était pas aussi arrogante que les autres et qu'elle méritait du temps pour s'adapter à la situation ; s'adapter autant qu'un humain est capable en tous cas. M'adressant à la jeune femme je lui lançais d'une voix calme :

« Sérieusement, tu t'es jamais retrouvée face à ces cadavres ? »

    J'omis de demander comment elle se sentait, il était évident qu'elle avait eut sa dose d'adrénaline pour les dix ans à venir, mais malheureusement pour elle ce n'était que le début. Ouvrant mon sac, je jetais à ses pieds le paquet de bonbon que j'avais récupéré plus tôt ; il ne s'agissait pas qu'elle tombe dans les pommes et elle semblait avoir un grand besoin de sucre qui lui redonnerait des couleurs. Puis, regardant Justin, je lui demanda :

« Des idées pour la suite ? Tant qu'on est là on pourra en profiter pour fouiller un peu. »





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MessageSujet: Re: Le restaurant   Mer 25 Nov 2015 - 23:46

J’étais partie un peu comme un sauvage pensant qu’il fallait agir et vite. Si on avait attendu quelques minutes, les infectés auraient entouré la maison et il aurait impossible de s’en sortir tous les trois vivants. Et puis après tout, s’ils voulaient crever ici, c’était leur problème, pas le mien. En ce qui me concerne, je ne devais rien à ces gens-là. A ma grande surprise, ils me suivaient. La jeune fille semblait à la traîne et une partie de moi voulait l’aider mais je ne la sentais pas. Elle semblait louche. Je ne serai pas surpris que cette jeune fille se soit enfuie d’un camp de militaires, ce qui expliquerait pourquoi elle n’avait encore jamais vu de zombies.

Finalement, le binôme me rejoint. La jeune fille semblait avoir couru dix kilomètres sans s’arrêter. Elle semblait a deux doigts de tomber dans les pommes et réussit à faire tomber son couteau. Et en plus, elle eut le culot de lui balancer une pique. Elle ne manquait pas d’air celle-là. Je lui adressai un sourire méprisant et lui balança : « Visiblement, ta langue marche mieux que les jambes ». La fixant quelques instants, je repris : « Ils sont bien trop lents pour nous repérer. Normalement, tu devrais le savoir depuis le temps. Il te suffit d’être rapide». Pas de pitié. Je ne supportais pas les personnes hautaines. Elle croyait quoi ? Que j’allais risquer ma vie pour elle. Aider les autres survivants d’accord. Mais me mettre en danger pour aider des pleurnichards, c’était hors de question. Je poursuivis ensuite d’une voix rassurante : « Pour le moment, il n’y aucun zombie. Si le lieu est trop infesté, on se tire c’est tout et chacun rentre chez soi. Ça vous va comme idée ?».

J’eu un petit sourire quand Axel enfonça le clou sur le fait qu’elle n’avait jamais vu de zombie. J’étais certain qu’elle n’en avait tué aucun. C’était évident d’ailleurs. Juliane était un peu dans cette situation aussi mais elle au moins, n’était pas cassante et agressive comme cette gamine. J’ajoutai alors : « Il n’y a pas de honte tu sais. Moi il y a un mois, mon arme principale était un objet de décoration et je n’avais jamais frappé personne. On s’habitue aux changements crois-moi. Tu étais où tout ce temps ? » Axel lui donna quelques bonbons. Après quelques secondes d’hésitation, je lui donnai une bouteille de soda. Elle n’avait probablement aucune nourriture sur elle visiblement.

Je répondis ensuite à Axel en souriant : « Oui, je vous laisse le choix de la porte. Il y a surement des choses intéressantes à ramasser. Ça ne coute rien de regarder».
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Le restaurant   Jeu 26 Nov 2015 - 23:43

Selene eut un sourire en coin qui trahissait ses pensées quand le cadet répondit à son attaque du tac-o-tac. Ses jambes fonctionnaient parfaitement bien puisqu’elles l’avaient portée sans soucis jusque dans la piscine. Cependant, les deux hommes semblaient d’accord sur le fait que la lenteur des mots garantissait leur salut dans leur cachette, alors elle déclara forfait avant d’avoir ouvert la bouche. A ses yeux pourtant, ce n’était pas un problème à ignorer. Elle avait vu leur obstination, leur endurance et leur immunité à la plupart des blessures. Même si seulement deux ou trois trouvaient leur refuge temporaire, ils en appelleraient d’autre, et d’autre encore… ils avaient beau la prendre pour une idiote, la jeune femme était convaincue que sa survie viendrait de son sens pratique. Les muscles s’épuisaient bien plus vite que la matière grise.

Alors qu’elle était bien décidée à ruminer silencieusement jusqu’à ce qu’elle puisse leur fausser compagnie, il y eu un brusque changement de ton. Ses comparses semblaient maintenant réellement compatir à son manque d’expérience et lui glisser même des bonbons et une bouteille de soda. Si on mettait de côté l’aspect infantilisant de la chose, c’était un effort à ne pas négliger. L’étudiante aurait bien voulu refuser, mais elle assimilait déjà que les vivres allaient devenir rares. Elle coinça son couteau dans sa ceinture et s’accroupit pour ramasser les victuailles. A défaut d’avoir une monnaie d’échange, elle accepta de répondre sincèrement, tout en ouvrant son sac pour y ranger ses dons.

- J’étais chez moi jusqu’à hier. J’ai écouté les conseils des médias : je suis restée enfermée. C’était à devenir folle.

Selen récupéra sa lampe torche. Même si la lumière blanchâtre du jour morne se glissait à l’intérieur du bâtiment, il régnait une pénombre qui était comme obscurcie par le silence. Et puis toutes les pièces ne seraient pas éclairées, alors être prévoyante ne faisait pas de mal. Des échos résonnaient sur sa peau, l’odeur du sang enivra ses narines, des flashs laceraient sa vision.

- Mon voisin m’a agressé et…, elle se mordit la lèvre, c’était lui ou moi.

Elle n’avait tué aucune des charognes qui pullulaient mais avait déjà pris la vie d’un être vivant. Dans la chaîne des fautifs, la musicienne était en bonne position. Ses yeux fuyaient tout contact. Elle avait bien compris que malgré leurs apparences indélicates, aucun des deux hommes n’était un criminel dans l’âme. Si c’était le cas, il y a longtemps qu’ils l’auraient assassinée. C’était rassurant quelque part : tous les survivants solitaires n’étaient pas – encore – des psychotiques assoiffés de sang.

Avec une démarche souple, presque féminine, Selene prit l’initiative de rentrer dans le vestiaire des dames et alluma sa torche. Ça sentait mauvais. Le vieux chlore, la crasse, les pieds, et le renfermé. L’eau croupie aussi : quelques flaques brunes s’incrustaient petit à petit dans le carrelage. Elle tendait l’oreille mais pour l’instant, aucun râle, aucun bruissement. Son cœur battait plus lentement désormais, mais il était comme engourdi, fatigué d’être oppressé par la terreur. Le faisceau de sa lampe scrutait chaque recoin, s’attarda sur les cabines de change les plus proches, sur les casiers entrouverts et sur les deux serviettes sales abandonnées à même le sol.

- Merci au fait… pour ce que vous m’avez donné, elle tourna la tête vers les hommes et le premier regard que croisèrent ses yeux bleus fut celui du plus mature, Selene. Je m’appelle Selene.

Ce n’était pas complètement utile et pourtant… avoir un prénom, c’était ce qui nous humanisait, pas vrai ? Ce qui nous différenciait des animaux – ou des monstres. Ça rendait les choses réelles, ça donnait une valeur. Par exemple, des tas de gens mangeaient du lapin alors qu’ils avaient également un lapin domestique dans leur salon. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient un nom. La jeune femme n’avait pas l’intention de se comparer à un rongeur mais… l’idée s’y retrouvait. L’étudiante se figea. Au détour d’un bloc de casiers, il y avait une longue trace de sang séché, comme si un corps avait été traîné là.


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Le restaurant

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