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 Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane

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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Lun 16 Nov 2015 - 13:27

Juliane resserra un peu plus autour de ses épaules la couverture qu’elle trainait avec elle. Malgré le feu de cheminée, elle avait encore froid. Les quelques mots qu’elle venait de prononcé restèrent sans réponse, et elle commença à se demander si son sauveur n’était pas parti en la laissant là, seule. La jeune femme fronça quelque peu les sourcils, et d’un pas hésitant, elle s’approcha de la porte d’entrer. Il lui semblait avoir entendu une voix, mais elle n’était pas certaine de cela. Peut-être que son esprit divaguait… Avec prudence, elle passa la porte, aussi silencieusement que possible et son regard se posa sur l’importante carrure de l’homme qui l’avait sauvé. Il étai là, assis non loin sur les marches d’escalier. Juliane balaya du regard les alentours avant de reporter son attention sur le géant. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais elle se ravisa en constatant que l’homme semblait parler à quelqu’un. Quelqu’un qu’elle n’était pas en mesure de voir. Elle était en train d’halluciner ou il semblait serrer le vent dans ses bras ? La jeune femme fiévreuse cligna des yeux à plusieurs reprises, puis elle fit quelques pas en arrière. Merde… Est-ce qu’elle avait été sauvée par un dingue ? Le fou qui vit au fond des bois ?!

Juliane décida de retourner à l’intérieur, toujours le plus silencieusement du monde. Son pied se prit cependant dans un tabouret posé là, et elle jura entre ses dents. Bravo pour la discrétion ! Elle s’immobilisa, grimaçant tout en tendant l’oreille. Est-ce qu’il était en train de… De chanter ?! Ok… Direction la chambre à nouveau. Tremblante, elle ferma la porte, et hésita à caler une chaise contre la poignée. Pff… Vu la carrure de l’homme, cela ne servirait certainement à rien. La jeune femme colla son dos à la porte, levant les yeux sur le plafond. Ses deux mains cachèrent alors son visage sur lequel des larmes venaient de se déverser. Ce n’était pas la peur cette fois-ci qui la faisait pleurer, non c’était les paroles de la chanson qu’elle avait entendu… Rentrer à la maison… Revoir sa famille… Revoir son père…

En pensant à son père, Juliane renifla, passant le dos de sa main sous son nez, avant de chasser rapidement les larmes sur ses joues. La jolie brune décida de se changer, ses vêtements étaient encore trempés de sa course dans la rivière, et ce n’était pas ainsi qu’elle allait parvenir à se réchauffer. Tout en retirant sa chemise, Juliane réalisa alors que l’homme qui se trouvait là, de l’autre côté du mur, ne lui ferait aucun mal. Il n’avait même pas osé lui ôté ses vêtements mouillés. Un léger sourire fit bouger ses lèvres de la jeune femme, avant qu’elle ne se mette à nouveau à tousser. Après avoir enfilé un jeans sec ainsi qu’un pull en grosses mailles, elle s’emmitoufla à nouveau dans la couverture, et elle retourna dans la première pièce. Juliane s’accouda à la l’encadrement de la porte, les bras croisés autour d’elle, serrant la couverture autour d’elle. Elle ne dit rien, écoutant la voix chaude et douce de l’homme chanter. C’était magnifique…

Malgré la fièvre qui était toujours bien présente, le fait d’avoir dormi lui avait redonné quelques forces. La chaleur du feu de bois, la voix si agréable à l’ouïe… Juliane avait l’impression d’être dans une sorte de bulle. Plus aucune sensation de peur… Et c’était avec une certaine tendresse qu’elle regardait l’homme qui lui tournait le dos, la tête callé contre le montant de la porte.

Mais soudainement, la bulle éclata.
L’homme venait de prendre conscience qu’elle était dans la pièce.
Juliane redressa la tête en se pinçant les lèvres. L’homme semblait vouloir se cacher. Lui faisait-elle peur ? Lorsqu’il ouvrit à nouveau la bouche, Juliane fit un pas en avant. Les sourcils un peu froncé, cherchant à comprendre celui qui semblait avoir envie de rentré dans un trou de souris s’il en était capable. La photographe posa sa main sur le dossier du fauteuil qui se trouvait près de la cheminée, et elle souffla pour répondre à l’étranger : « -je crois que je vais mieux… Mais… » A nouveau elle fit deux pas en avant : « -ne t’excuses pas… Et ne sois pas désolé d’avoir chanté. C’était très beau… » Juliane avait l’impression d’approché d’un étalon sauvage. L’homme pourtant si grand et fort semblait totalement pétrifié en face d’elle. Pourtant elle n’avait rien de menaçant…

Lorsqu’il s’affubla de mots si durs, Juliane ne comprit pas. Un monstre ? Pourquoi disait-il cela ? Juliane n’avait jamais été quelqu’un qui jugeait sur l’apparence. Et pour elle, à ce moment précis, ce n’était pas un monstre qui se trouvait devant ses yeux. Seulement un homme remplie de bonté, et qui lui avait sauvé la vie. Elle hésita à avancer un peu plus, mais elle se ravisa. Elle ne voulait pas le brusquer ou l’effrayer. Sentant qu’elle avait les jambes qui faiblissaient, Juliane décida de s’assoir sur l’accoudoir du fauteuil, restant ainsi à une bonne distance de l’étranger. Elle toussa encore une fois, et après une grimace, elle demanda : « -comment tu t’appelles ? Moi c’est Juliane. Tu peux m’appeler comme ça tu sais. Je ne suis pas une Madame… » La jeune femme esquissa un sourire en lui disant cela, tentant de le mettre en confiance. Son regard se baissa, et elle chercha quelques secondes ses mots. Pourtant ce qu’elle avait à dire n’était pas bien compliqué. « -je… Merci… Sans toi je crois que je… » Une quinte de toux la força à se taire, mais elle fixa à nouveau son regard sur l’ombre qu’elle distinguait difficilement et elle reprit : « - je ne sais pas comment est ce que je peux te prouver ma gratitude… Tu… Tu es mon sauveur ! » déclara-t-elle en lui souriant, de la tendresse dans les yeux.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Mar 17 Nov 2015 - 3:13

Le mastodonte n’esquiva pas un geste, ne tenta même pas de faire une respiration durant l’agonie de la terrible attente. Le géant déformé savait pertinemment ce qui allait se produire dans les prochaines secondes. La jeune dame accoudée sur le montant de la porte de la chambre allait changer d’attitude.  Son visage, quoique fiévreux, portera les stigmates de la terreur en détaillant l’apparence horrible de la bête de cirque. Le regard doux et angélique de la brunette deviendrait tout à tout rempli d’une dose de dégoût. Après avoir réussi à dire une première phrase des plus boiteuses, le regard bleuté de Bobby plongea vers le sol. L'homme était honteux de la parodie d'humanité qu’il était. Avant que les mots suivants puisent franchir le barrage des ses dents mal alignées, un bruit se fit entendre. Le craquement du plancher signala au colosse désillusionner que l’ange tomber du paradis venait certainement d’entrer dans la chambre. Bientôt le bruit sec et sans équivoque de la porte qui se referme brutalement fendra l'air. Son qui va sonner le glas du début de la relation plus d’incertaine. Le sifflement sera semblable à celui de la hache du bourreau qui se ficherait dans la bûche après avoir accompli son sanglant office. Un supplice pour le phénomène de foire. Quelques mots jaillissant de peine et de misère d’une gorge serrée par ce déluge d’émotions alimenté par ces visions néfastes. Pathétique défense contre l'inévitable conséquence de la laideur de l'homme. Mais l’immense fauteuil près du foyer craqua alors, permettant au calvaire de celui qui se croyait un homme de se terminer.  Le regard du mastodonte regarda alors la forme emmitouflée de la divine apparition. Inquisiteur et docile à la fois, l'homme osa à peine bouger. Un souffle poussé avec lenteur de la part de la magnifique dame fit naître un petit sourire sur le faciès monstrueux du géant déformé.

Dame- je crois que je vais mieux… Mais…

La créature fut submergée par le doute. L’ange déploya ses dernières forces dans la bataille qu’elle livrait pour se maintenir debout, fit deux pas hésitants vers la cachette grossière du monstre de foire.  Cet acte insensé tenter par l’être dont l’aura chatoyant semblant pulser que de bonté et de gentillesse.  En réponse de ce mouvement, la crainte  fit faire un pas vers l’arrière à l'être monstrueux pour s’enfoncer dans l’obscurité bienfaitrice.

Dame -Ne t’excuses pas… Et ne sois pas désolé d’avoir chanté. C’était très beau…


Alors, un souvenir vint percuter l’esprit si lent du goliath des temps modernes. Le visage radieux de sa nièce quand le mastodonte pliait à sa demande et entamait un chant juste pour ses oreilles. Les doux encouragements de la part de son ange qui martelait que la voix du monstre de foire devait être connue de tous. Que c’était merveilleux d’entendre une voix si belle! Et aussitôt le mineur réfutait ces faits. Il disait qu’un être si laid et si inférieur à la société n’aurait pas un don si rare et précieux à la fois. Les yeux figés dans cette scène d’un passé si proche et si éloigné à la fois, l’imposant homme du Kentucky ne remarqua pas le geste de la dame. Elle s’assit alors sur le bras de l’imposant fauteuil qui servait de lit à Bobby. Une quinte de toux arracha brutalement l’être déformé du visage paisible de son ange pour le ramener dans le présent si monstrueux et chaotique.  Une douce voix dont le ton permit au colosse de déceler une tendresse si pure. Un sentiment juste alors interdit pour la lie de l’humanité par la majorité des gens.

Juliane-comment tu t’appelles ? Moi c’est Juliane. Tu peux m’appeler, comme ça tu sais. Je ne suis pas une Madame…

Avant que la pauvre créature cauchemardesque n’ait pu esquiver une réponse potable dans son esprit lent à souhait, la jeune femme parut troublée. Le géant fut accroché totalement aux lèvres pleines de l’ange emmitouflé. De la sollicitude et de la bonté avaient remplacé l’amalgame de sentiments négatifs qui torturaient le cœur du géant. Ce cœur immense qui fut mis en charpie plus qu’une fois dans la vie du mineur à la silhouette atypique. Il ne pouvait pas croire que la dame à l’aura si pure voulait rester dans la même pièce que lui, de supporter son ignoble présence.  Elle esquiva un sourire merveilleux, ce genre de geste qui pouvait ensoleiller une journée pluvieuse et morne à souhait. Mais le doute se dévoila quelque peu sur le visage de l’ange et l’esquisse de sourire du géant disparu à la seconde.

Juliane-je… Merci… Sans toi je crois que je… Je ne sais pas comment est ce que je peux te prouver ma gratitude… Tu… Tu es mon sauveur !

À ce moment le regard bleuté du monstre de foire devint nostalgique et un mince sourire embellit quelque peu le faciès monstrueux camouflé dans l’ombre.  Tel un animal au caractère doux, mais qui a été battu par son ancien propriétaire, Bobby fit un pas hésitant vers la source lumineuse que représentait Juliane. Un peu comme un papillon de nuit aux allures grotesques qui s’avance avec crainte vers la beauté absolue de la flamme d’une bougie solitaire, hypnotisé par sa fin prochaine.  Un autre pas gauche et hésitant du mineur l’emmena alors près de la démarcation de la clarté des flammes dansantes du foyer et l’obscurité de sa pitoyable cachette. Prenant un instant pour permettre à son esprit lent de bien décortiquer le flot de paroles de la bonté réincarné, Bobby avala sa salive. Son ton lent et trainant, aux mots à peine mâcher franchit alors les lèvres exsangues de la chose. Le regard qui scintillait au tréfonds du visage aux traits durs du massif homme n’était que pluie d’étoiles qu’on pouvait nommer sympathie, bonté, gentillesse et tendresse.

Robert-  Je m’appelle Robert ou bien Bobby ou… Euh… les autres noms sont plus des insultes…


Essayant de se rappeler du nom de la dame à l’aura aveuglante de compassion, le monstre s’enfourcha la langue comme à son habitude. Les joues du géant piquèrent un fard lorsqu’il se décida de s’avancer complètement dans la lumière. Les cicatrices ornant la chaire dénudée de ses bras criaient les sévices et les préjugés que la bête avait dû endurer durant la totalité de sa vie.

Robert- Mada… Julie-Anne… Euh… Désolé j’ai toujours eu de la difficulté avec les prénoms…

Un sourire sincère s’afficha alors complètement sur le visage épanoui du mineur. Le mastodonte  éprouva un bien-être et une sécurité à cet instant qu’il n’avait jamais eu avec aucun étranger avant Juliane. Devant l’innocence et la pureté de ce sourire, les gens auraient surement oublié l’ignoble apparence de la chose déformée. Les mots qui sortirent alors de la bouche aux dents mal alignées du monstre venaient directement du cœur, n’ayant pas pris la peine d’être consultés par l’esprit.

Robert-  Merci madame pour les beaux mots. Personne à part ma nièce et ma sœur ne m’ont parlé de la sorte… Euh… Sandra aimait que je lui chante des chansons à l’hôpital… Euh elle aussi m’appelait son sauve…

Le dernier mot refusa à cet instant de franchirent l’espace des lèvres qui venaient de se souder hermétiquement. De l’horreur pure venait d’éteindre la pureté des yeux du mineur et une tristesse affligeante tomba subitement sur ses larges épaules. Le regard dans la vague, Robert fut le seul qui put voir de nouveau la scène horrible qui fut le théâtre mortel de ses anges. Les yeux grands ouverts de sa nièce, figés dans la mort et accusateur. Les plaies horribles qui parcouraient le corps de l’adolescente et tout ce sang qui recouvrait une partie de la pièce et du mobilier. Frissonnant d’impuissance, une toux  soudaine vient alors à la rescousse de l’âme en perdition du colosse. Ramener brutalement dans ce présent sans pitié, ce moment qu’il sut qu’il ne pourrait plus entendre les doux rires de Sandra à part dans son imaginaire, le géant secoua sa tête en forme d’œuf. Sentant poindre des larmes à l’embrasure de ses yeux, le mastodonte les écrasa sans pitié de sa main immense et rugueuse.  Voyant une échappatoire sous la forme de la marmite de ragoût, le sosie de Frankenstein saisit le récipient. Fatalement ses pas devaient passer près de la douce dame et Robert fit son possible pour esquiver sa laideur à son regard si pur.  Mettant à la fois la marmite et la bouilloire qui reposait près du foyer sur la plaque de cuisson, le monstre de foire se dirigea alors de nouveau vers l’évier de la cuisine. Actionnant la pompe manuelle, Robert fit couler le liquide cristallin et frais qui était synonyme de vie.  Remplissant un verre, ile le tendit alors en tremblant à Juliane. Des piètres mots d’excuse ricochèrent alors dans la bouche immonde de la bête déformée.

Robert- Désolé pour tout à l’heure… Euh… Souvent je me perds dans ma tête. Euh… Tout le monde dit que c’est vide dedans dans mon cas…

Essayant de sourire de ce trait ironique fait à sa propre personne, le mastodonte continua avec une douceur et une sollicitude des plus touchantes.

Robert-  Vous devrez bien vous installer dans le fauteuil… Euh… Je peux aller chercher une autre couverture… Le repas va être bientôt prêt… Je crois que j’ai du café ou bien du chocolat chaud aussi… Euh…

Rassemblant tout son courage défaillant, le monstre de foire demanda alors, la gêne transperçant aisément les mots qu’il prononça avec lenteur.

Robert- Vous me devez rien… Vous m’avez évité de me faire mordre par le méchant militaire… Euh… On s’est sauvé tous les deux… Vous avez fait plus que la majorité des gens ont fait dans ma vie… Euh… Vous êtes très gentilles… Mais vous faites quoi dans les bois au juste ?



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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Mar 17 Nov 2015 - 8:17

Incompréhension…
Juliane avait vraiment du mal à comprendre pourquoi lorsqu’elle faisait un pas, l’homme reculait d’avantage. Lui qui avait déployé force et courage pour lui porter secours et venir à bout des infectés quelques heures plus tôt près de la rivière, semblait presque terrorisé face à elle. Pourtant la jeune femme tremblante de fièvre était bien incapable de faire du mal à une mouche. De plus, si on voyait les choses d’un point de vue rationnel, en mesurant sa force vis-à-vis de celle de l’étranger, la petite photographe n’était pas en position de le battre. Vue sa carrure, il lui suffirait certainement d’une main pour lui briser le cou. Juliane n’avait cependant pas une attitude hostile et emmitouflé dans cette couverture elle ne devait pas avoir l’air effrayante. Ridicule peut-être, mais pas menaçante.

L’homme sembla comme absent quelques secondes. Qu’est ce qui le perturbait tant ? Pour le moment, il était vraiment une énigme pour la jeune femme. Pour ne pas s’imposé plus à lui, mais surtout parce qu’elle avait du mal à rester debout et souhaitant conserver le peu de force qu’elle avait encore, elle s’était assise sur l’accoudoir du fauteuil. Le regard baissé, cherchant les mots qu’elle devait employer pour lui dire merci, Juliane ne vit pas le changement sur le visage de l’homme. De plus le peu de lumière de la pièce et l’ombre dans laquelle il se cachait ne l’aidait pas à distinguait ces traits. Mais lorsqu’elle le remercia du fond du cœur avec la plus grande sincérité, il daigna enfin faire quelques pas à son tour dans sa direction. Elle avait presque l’impression de voir un enfant craintif. Mais lorsque son regard croisa enfin le sien dans la lumière, elle ne put que sourire. Malgré ce physique imposant et atypique il fallait bien l’avouer, il se dégageait de sa personne une gentillesse infinie. Son sourire se fit encore plus doux lorsqu’il lui donna son nom. C’était une sorte de pas en avant. Voilà, il n’était plus totalement un étranger pour elle. Une petite étincelle d’amusement brilla dans les yeux de la jeune femme en le voyant si hésitant. Jamais elle n’avait pensé faire peur à qui que se soit. « -c’est pas grave. Si tu préfères tu peux m’appeler Jill. C’est plus simple. A toi de voir Bobby. » Répondit-elle toujours souriante.

Mais alors qu’il semblait touché par les mots qu’elle avait prononcés à son égard, Juliane eut l’impression de le perdre à nouveau. Il venait d’évoquer sa nièce et sa sœur… Parlant également d’hôpital. Cet homme ne devait pas avoir un passé facile, et elle devinait qu’il avait perdu des êtes chers à son cœur. Elle préféra ne rien dire, le laissant dans ses souvenirs même si elle distinguait de la peur dans ses yeux fixes. Elle fut pourtant prise d’une quinte de toux, qui sembla le faire revenir à l’instant présent. Elle avait détourné son visage afin de mettre sa main devant sa bouche, mais lorsque Bobby bougea, elle reporta son regard sur l’immense carrure et cru voir ses yeux briller un peu trop. Elle n’osa pas dire le moindre mot. Elle n’avait jamais été très douée pour remonter le moral des gens, et il fallait dire que les événements actuels n’aidaient pas vraiment. Elle ne pouvait jamais savoir sur qui elle allait tomber, ce que cette personne avait perdu… Ce qu’elle avait vécu avant. C’était un peu comme avancer dans le noir au milieu d’un chemin dangereux. Et par-dessus tout, elle n’aimait pas blesser les gens. Cet homme semblait déjà tellement avoir souffert. Elle ne souhaitait en aucun cas lui faire du mal. Le passé semblait s’en chargé.

Juliane resserra un peu plus la couverture autour de ses épaules, avant de tendre la main vers le verre d’eau que lui offrait son héro. Elle lui adressa un petit sourire en guise de remerciement, avant de froncer légèrement les sourcils. Elle répliqua alors : « -ce n’est pas parce que les gens le disent que c’est vrai. Et je ne suis pas de leur avis. » Quel genre de gens avait-il côtoyé ? Qui pouvait être aussi méchant avec un être vivant ? Juliane ouvrit la bouche avant de sourire à nouveau en baissant la tête quelques secondes. « -c’est bon ne t’en fais pas pour moi… Mais je prendrais peut-être un peu de chocolat si tu en as, après le repas… » Un sourire malicieux au coin de lèvres, elle y porta le verre d’eau pour en prendre une gorgée. Laissant une petite minute de silence envahir la pièce.

Son regard se fit interrogateur lorsqu’elle regarda à nouveau Robert. Puis elle baissa son regard sur le verre qu’elle tenait dans sa main tremblante. Le militaire… Elle l’avait tué… Pour sauver cet homme. Elle avait fait ce qu’elle redoutait le plus… D’un pas mal assurée, Juliane se leva pour avancer vers le feu de la cheminée. Son regard se perdit dans les flammes, tournant le dos à son interlocuteur, même si elle savait que cela n’était pas polis. Après un petit moment de silence à regarder les flammes danser, elle avala sa salive et elle répondit enfin : « -je crois que je fais comme toi… J’essayai de continuer à vivre… Même si j’ai bien faillit ne pas y arriver. » Sa voix avait prit un ton ironique sur la fin de la phrase. « -je suis allée en ville… Je pensais pouvoir trouver des réponses ou du secours ou… Je sais pas trop… » Elle se tourna à nouveau pour regarder Bobby. « -mais il y a trop d’infecté en ville. » Elle poussa un soupire avant de demander à son tour : « -c’est chez toi ici ? Et au faite, tu peux me dire TU… Parce que le vous… J’ai l’impression d’avoir 50ans… » Petite note d’humour qui sonnait un peu faut… Mais elle souhaitait vraiment qu’il arrête de la vouvoyer. Elle n’était une grande dame ou quelqu’un d’important. Là d’où elle venait, on ne s’embêtait pas vraiment avec ce genre de politesse.




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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Mar 17 Nov 2015 - 21:39

Jill...

Maintenant le mineur allait retenir ce surnom toute sa vie et même au-delà. L’ange en face de la créature cauchemardesque ne semblait aucunement effrayé. Quelque parole s’éleva alors des lèvres pleines de Juliane. Des mots pour certains, mais de l’apaisement à l’état pur pour la créature si souvent anéantie par des remarques. Mais comme d’habitude, les quelques phrases dites avec une sincérité touchante, avait plongé dans la confusion la bête de cirque. Robert n’avait retenu que deux mots clefs dans son subconscient lent à souhait. Que Jill adore le chocolat et qu’elle ne le croyait pas stupide le colosse comme la majorité des gens que Bobby avait rencontré. Mais au-delà des mots, c’était l’attitude de l’ange tombé du ciel qui frappa le plus l’homme déformé. Les sourires merveilleux et remplis de malice. Les regards débordant d’une tendresse et d’une gentillesse que le mineur ne croyait aucunement méritée. Les gestes tous en douceur comme si elle pensait que la misérable créature en face d’elle valait la peine d’autant d’effort. Deux petites voix, celle du doute et de la peur, ravagèrent les instants de purs bonheurs que le mastodonte vivait.

Ce que tu es stupide mon grand… Elle ne va que vouloir se servir de toi. Comme tous les autres…


Le doute creusa alors les traits atypiques du faciès monstrueux du sosie de Frankenstein. Tellement de gens avaient emprunté la voie de la bonté du géant pour l’escroquer. Pour lui demander de faire des choses horribles ou bien méchantes. Tout ça au nom de leur propre justice ou de leurs profits. La divine apparition se leva en chancelant pour rejoindre le foyer. La silhouette gracile de la dame fut alors découpée et Robert songea alors qu’elle n’était pas du même bois que les autres. Qu’elle n’était pas comme tous ceux qui n’avaient pourri sa vie de belles promesses! Avalant sa salive, l’humanité grandissante de l’homme massif chassa les doutes e sont esprit si lent.  La douce voix de Juliane traversa alors l’atmosphère pour caresser l’ouïe du mineur.

Juliane- Je crois que je fais comme toi… J’essayai de continuer à vivre… Même si j’ai bien failli ne pas y arriver. Je suis allée en ville… Je pensais pouvoir trouver des réponses ou du secours ou… Je ne sais pas trop…

La forme vacillante de l’ange pivota pour faire face à l’erreur de la nature. Le cœur de Robert se lézarda d’une nouvelle cicatrice. L’empathique créature venait de recevoir de plein fouet le désespoir passager et les peurs de la divine apparition. Le premier geste qui traversa alors l’âme remplie de sollicitude de l’être difforme fut de serrer la gentillesse incarnée dans ses bras. Mais la gêne retient alors ce geste impulsif et surement dérisoire de la pathétique bête de foire.

Juliane-  Mais il y a trop d’infectés en ville. C’est chez toi ici ? Et au faite, tu peux me dire TU… Parce que le vous… J’ai l’impression d’avoir 50ans…

Le faciès monstrueux de l’être à la cuirasse répugnante était creusé par des rides d’inquiétudes et de doutes. L’âme du monstre ne voulait que revoir les sourires merveilleux de l’ange de la bonté. Cette personne qui semblait immunisée aux muscles difformes et immenses que la nature avait cru bon de fournir à Bobby. Comprenant que Juliane venait de faire une blague à la fin de sa phrase, le visage de la chose se transforma totalement.  De l’inquiétude qui venait de marquer les traits atypiques venait de voler en éclats. Une joie et un amusement innocents venaient de rajeunir le monstre de foire de quelques années. Un rire franc, honnête et des plus purs se libéra de sa gorge inhumaine pour envelopper la pièce. La morosité des derniers instants fut terrassée par le soudain flot de bonté et de gentillesse qui soufflait de l’être inférieur. Hochant du bonnet, ne pouvant s’empêcher de rire, le mineur accéda à la demande formuler de façon si humoristique.

Robert- Oui bien sûr Jill… Je n’ai pas ri depuis très longtemps… Euh…

Essayant de restreindre son comportement de bon enfant, le colosse saisit alors le fauteuil. Ses mains immenses et rugueuses agrippèrent le lourd meuble et Bobby le souleva. Habituée à lever de lourdes charges, la puissante musculature de l’être difforme força à peine. Parcourant la distance le séparant de l’ange d’un pas de géant, Robert déposa le meuble près d’elle. Le sourire à la dentition mal aligné n’avait pas quitté le faciès monstrueux du monstre. Le regard bleuté du mineur, deux lacs d’eau purs rayonnaient d’une sollicitude débordante pour Juliane.  Levant un index ayant la circonférence d’une saucisse, le phénomène de foire parle de son ton rauque et lent à la fois.

Robert- Tu ne veux pas d’assoir Juliane… Euh… Tu dois te reposer… Je reviens…

Laissant la divine apparition clouer sur place, le mineur entra brièvement dans la chambre de celle-ci. Voir la masse imposante de l’homme massif se déplacer avec autant de célérité devait être tout bonnement comique à souhait. L’être inférieur, ne voulant que le confort de Juliane, saisit l’oreiller de celle-ci et son regard se porta au sol. Un tas de vêtements trainait sur le plancher froid du chalet. L’humidité qui s’imprégnait sur le tissu était facilement visible. Se baissant tout bonnement, la main immense engloutit alors le pantalon et la chemise de l’être fantastique. Retournant alors vers celle qui avait réussi l’impassible en quelques minutes, à savoir apprivoiser la bête recluse, Bobby tendit l’oreiller en souriant.

Robert- Voilà ce sera mieux je crois… Euh… Je vais sécher vos… tes  vêtements… Euh… Je n’osais pas te toucher au cas que tu as peur…

Prenant une chaise près de lui, le monstre plaça les pièces de vêtements dessus.  Ses gestes pouvaient sembler un peu gauches pour le commun des mortels. Mais l’être difforme palliait à ce manque par une économie de geste digne d’un chirurgien.  Ensuite saisissant une cuillère de bois, Bobby se mit à brasser tout doucement le contenu de la marmite. Un fumet exquis fit presque saliver l’erreur de la nature. Alors, les questions que Juliane avait posées un peu plus tôt finirent par exploser dans l’esprit endormi de Robert.  Souriant bêtement, respectant une certaine distance entre lui et Juliane, l’homme massif soupira. Il ne voulait en aucun cas corrompre l’aura de gentillesse qui se dégageait de l’ange. L’homme cauchemardesque n’osait pas s’approcher de la perfection en quelque sorte.

Robert- Non… Je viens du Kentucky.... Euh... Je travaille dans une mine… Je crois que le chasseur habitait ici… Celui qui a été méchant avec toi. Je vais tout rembourser quand je vais partir… Euh… Ça faisait quelques jours que je marchais dans le bois seul… Quand j’ai vu ce qui s’était passé, je ne savais plus quoi faire.

Mécaniquement, la main de l’homme brisé continua. Mais une grande détresse se peignit alors sur le faciès monstrueux du mineur. Le regard bleuté de la chose se voila quelque peu, revoyant une scène effroyable. Les mots continuèrent alors de franchirent la barricade des lèvres exsangues de la bête de foire. Comme si un autre être, un conteur en quelque sorte, avaient pris possession du corps difforme.

Robert- J’étais en camping pour ramasser des ingrédients pour le Moonshine… Euh… J’ai reçu un appel de mon ange… Elle disait que les voisins voulaient entrer chez elle et faire du mal à elle et ma sœur… J’aurai dû rester avec eux… Euh… Quand je suis arrivée, c’était trop tard… Tout ce sang et ce qui s’était passé… Euh…

Le regard de la chose s’humecta alors de rigoles salées. Aussitôt Bobby pêcha son mouchoir dans sa poche de chemise. Sans le savoir, la double photo plastifiée s’échappa du compartiment de tissu.  Flottant allègrement dans l’air, le destin voulut que les portraits de souvenirs heureux chutassent près de l’ange. La créature brisée assécha alors la soudaine montée d’eau et se concentra alors sur la marmite. La voix faible, à peine un murmure, parvient alors à se faire entendre.

Robert- Je m’excuse mes anges… J’aurais dû être avec vous…



Photos:
 



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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Jeu 19 Nov 2015 - 20:47

C’était assez… Troublant… De voir le visage de cet homme passer si vite d’un état à un autre. Juliane venait de d’y lire de la joie semblait-il. Et voilà qu’à peine trois secondes plus tard, ses traits étaient soucieux ou contrariés… Elle ne savait pas vraiment comment décrire cela. Avait-elle dit quelque chose qui ne fallait pas ? Ou bien fait quelque chose qui ne lui plaisait pas ? En même temps, elle n’avait presque pas bougé… Enfin, elle n’était pas non plus en super état de forme pour analyser quoi que se soit. La seule chose dont elle était certaine, c’était que cet homme, ce dénommé Robert était quelqu’un de bien. La jolie brune avait toujours été plutôt intuitive par rapport aux gens. Et malgré ce physique imposant et peu commun, elle devinait une âme douce et pure. Ainsi qu’une personnalité meurtrie. Personne ne se traite de monstre volontairement. S’il avait employé ces mots, et qu’il l’avait prié de ne pas le frapper c’était qu’il avait déjà vécu ce genre de chose avant. Cela serrait le cœur de la jeune femme. L’être humain pouvait être tellement mauvais avec ses semblables…

Frissonnant, elle s’était dirigée un peu plus vers le feu, cherchant à e réchauffer et surtout à arrêter de trembler. Cela faisait naitre une pointe d’énervement chez elle. Elle détestait être malade, ou paraitre faible. Et pourtant c’était bien l’image qu’elle devait envoyer à Bobby. Encore plus lorsqu’elle évoqua son passage en ville et ses espoirs débiles de trouver de l’aide. Mais comme souvent lorsqu’elle n’était pas au mieux, elle préféra faire un peu d’humour pour détendre l’atmosphère. Un sourire ravi et une petite lueur de joie s’anima dans les yeux de la jeune femme lorsque le rire de son sauveur empli la pièce. Cela faisait également un bon moment que Jill n’avait pas rit. Elle… Elle ne savait pas si elle en était encore capable. Pourtant avant, il ne se passait pas un jour sans qu’elle pique un fou rire… Mais c’était comme si c’était cassé en elle. Comme si tout restait bloqué sous des couches et des couches de peines et de tristesses, de doutes et d’angoisses.

Surprise par l’approche de son immense compagnon, Jill resta comme pétrifiée sur place, elle avait seulement esquissé un petit mouvement de recule. Ce n’était pas contre lui. C’était juste un reflexe… Elle avait sans aucun doute passé un peu trop de temps seule dans les bois, à scruter chaque mouvement suspect, chaque bruit étrange… Juliane baissa les yeux, confuse de son geste. Elle ne voulait en aucun cas qu’il croit qu’elle avait peur de lui. Elle le trouvait tout simplement adorable vis-à-vis d’elle. Alors lorsqu’il lui dit qu’elle devait se reposer, elle lui adressa à nouveau un sourire tendre et souffla un petit « -merci… ». Mais déjà il s’éloignait, la laissant plantée devant la cheminée. Son sourire s’envola. Elle se demandait pourquoi est ce qu’il était parti…

Mais il ne tarda pas à revenir avec un oreiller et… Et les vêtements mouillés de Juliane, qu’elle avait laissé trainé tout à l’heure. La jeune femme porta sa main libre devant son visage. La honte ! Il était vrai qu’elle n’était plus chez sa mère, et encore moins toute seule ! Mais elle n’avait jamais été très ordonnée… Loin de là en faite… Laissant sa main glisser doucement, dévoilant un sourire gênée, elle finit par la tendre pour récupérer l’oreiller que Bobby lui proposait avec tant de gentillesse. « -non laisse je vais le… » Le faire… Mais elle n’avait pas finit sa phrase qu’il était déjà en train de placer son jeans et son pull sur une chaise afin de les faire sécher. En disant ces quelques mots, Juliane avait fait un geste un peu rapide vers Robert, et cela lui fit quelque peu tourner la tête. Cette fois-ci plus le choix, elle posa ses fesses dans le fauteuil, afin d’éviter de se retrouver au sol. Elle se mit à tousser, et pour faire passer cela, elle porta le verre d’eau à ses lèvres. Ce ne fut pas pour autant qu’elle se cala bien au fond des coussins. Elle ne voulait pas qu’il fasse tout. Ce n’était pas parce qu’elle était malade qu’elle devait être servit !

Son regard se posa à nouveau sur l’immense homme, écoutant ce qu’il lui confiait. Ses sourcils s’arquèrent à mesure que Bob parlait. Elle avait l’impression de l’avoir perdu… Ou bien qu’il s’était lui-même perdu dans ses souvenirs douloureux. Le visage penché sur le côté, le cœur serré dans un étau, Juliane ne savait pas quoi dire. Ou encore quoi faire pour aider ce qui lui avait sauvé la vie. Ils avaient plutôt pas mal de points communs… Ils étaient tous les deux étrangers à Seattle. Ils avaient vécu l’un comme l’autre une scène d’horreur… Encore plus horrible pour Bob, puisqu’à ce que comprit Jill, c’était de sa famille dont il parlait. La jeune femme regarda quelques secondes les flammes dansants dans l’âtre, la gorge nuée, se sentant complètement impuissante… Elle ouvrit la bouche tout en se tournant quelque peu vers Robert, mais elle baissa à nouveau les yeux sans rien dire. Son regard croisa alors la photo de deux femmes. Photo qui n’était pas là quelques secondes plus tôt. Elle allongea le bras pour la récupérée, et après avoir esquissé un sourire triste devant les doux visages des anges de Bobby, puisque c’était ainsi qu’il semblait les appeler, Juliane se leva. Elle posa le verre sur le rebord de la cheminée puis elle fit deux pas pour s’approcher du géant. Hésitante, elle posa sa main sur celle de Robert avant de dire : « -je suis tellement désolée Bob… » Sa voix était pleine de sincérité et de tristesse. Elle apposa son autre main sur le torse de l’immense homme, juste à l’endroit où se trouvait son cœur, la photo dans le creux de sa paume et elle souffla en le regardant dans le fond des yeux : « -elles seront toujours avec toi… Là dans ton cœur… »

Ça faisait peut-être un peu cliché comme phrase, mais c’était sincèrement ce qu’elle pensait. Même si les gens n’étaient plus là physiquement, Juliane croyait qu’on pouvait encore leur parler, communiquer avec eux. Et tant qu’on pensait à eux, ils n’étaient pas vraiment morts. Parce que les souvenirs, les bons comme les mauvais étaient encore présent. Elle ne savait pas si ce qu'elle venait de dire allait aider l'homme endeuillé qui ne se trouvait à qu'à quelques centimètres d'elle, mais elle l'espérait.


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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Ven 20 Nov 2015 - 16:05

Le colosse brisé une nouvelle fois épongea les cuves des rides de son visage. Le mouchoir de tissu ronge s’imbiba presque à sa capacité maximale. À cet instant précis, ce moment figé dans le temps et la douleur, la volonté du monstre fut de mourir. Disparaître de la surface de cette terre qui fut si aride pour lui. De s’envoler vers ses anges et de sourire avec eux pour l’éternité.  Ces quelques instants où le lunatique personnage devait dans un genre de communion, ou le monde continuer sans le mastodonte.  Il était imperméable à toutes actions ou paroles venant de l’extérieur. Mais durant ces instants de détresse et de doute, deux anges accoururent.

L’être en perdition sentie alors des petits bras enlacés sa taille. Des bras fantomatiques certes, mais pour le géant c’était aussi réel que l’horreur qui rodait dans les bois. Un corps frêle vient s’appuyer alors dans le dos de la chose. Une tête translucide, mais au contact si doux. Une douceur qui fit soupirer l’être immonde. Une voix céleste s’éleva alors pour caresser l’ouïe de Bobby. Des mots candides qui firent rouler une dernière larme solitaire. Celle-ci mourut alors à la commissure des lèvres exsangues du phénomène de foire.

Sandra- Oncle Bob. Je suis là tout va bien. Ne pense plus, comme ça je t’en prie… Ça me fait mal…

Un titillement de verre sur la pierre eut comme effet de faire ouvrir les yeux au colosse.  La seconde apparition divine venait d’entrer dans la scène. Le regard bleuté de la chose se posa de nouveau dans la dure réalité. Une réalité qu’il confondit alors le rêve devant les mouvements de Juliane. L’ange à la chevelure cuivrée venait de faire deux pas vers le géant déboussolé. La surprise et l’étonnement furent tels que la parodie d’humanité ne fit aucun geste. Robert était persuadé qu’il rêvait. Qu’une respiration suffirait pour éclater cette vision et le replonger dans le monde chaotique. D’une main tremblante, le mastodonte laissa la cuillère reposer dans la marmite. Dès que l’appendice du mineur fut libre, la main de l’être divin se posa sur celle-ci. Tous les muscles du corps déformé de Bobby se tétanisèrent de stupeur.  La douce voix de Juliane s’éleva avec une tendresse que le mineur n’avait jamais éprouvée de la part d’une étrangère. Les syllabes caressèrent l’âme en miette de Robert. La compassion de la voix de la Texane fut comme un baume sur les plaies à vif du cœur de la chose.

Juliane- Je suis tellement désolée Bob…

Robert ne pouvait faire cesser le tremblement de sa lèvre inférieure devant ce prodige. Cet acte de pure compassion fut un choc pour l’être diminué toute sa vie. Un autre geste tendre vint alors supplanter celui qui venait de raviver la flamme de l’humanité. Cette flammèche qui menaçait de se faire souffler à tout moment. Un geste au moment si gracieux qui fit naître une image dans l’esprit lent de la chose. D’un papillon qui se posait avec délicatesse sur une fleur. Mais la fleur était un amalgame de laideurs des plus repoussantes.

Juliane- Elles seront toujours avec toi… Là dans ton cœur…

Robert ne pouvait plus remettre en cause la compassion et la gentillesse de Juliane. C’était la première dame à s’approcher autant de l’erreur de la nature. À part naturellement de ses anges qui lui avaient été arrachés de la manière la plus sordide qui soit. Ce moment d’accalmie dans ce monde sans pitié semblait si irréel. Les deux êtres semblaient avoir leur accorder leur âme à cet instant. Mettre au diapason un lien qui allait surement survivre aux pires événements.  Le bien-être qui se dégageait à cet instant des deux anges, un translucide et une véritable, fit commettre un acte au mineur. Une action complètement hors de l’habitude de la chose. Un geste qu’il n’oserait même pas en rêve. L’immense main rugueuse du mineur s’éleva alors avec une douceur hypnotique. Comme si tout geste brusque de la bête avait pu effrayer la belle. Bobby recouvrit la main de Juliane avec une hésitation des plus prononcée. Le mineur n’était qu’un passager pendant que le cœur agissait à la place de sa raison.  Une affection, une tendresse et une bienveillance se propagent de toute l’âme de l’homme massif. Une joie des plus merveilleuses se propagea sur le masque aux mille douleurs de l’être brisé. Un sourire fleuri dans le champ stérile qu’était le visage atypique du mastodonte. La laideur de la bête se mua en une beauté que peu de gens avaient assistée à ce jour. Un peu comme si l’humanité galopante de Bobby revenait alors au bercail. Comme si l’armure de peur et de tristesse de l’homme venait enfin d’être disloquée par l’arme la plus puissante qui soit. Un simple geste pour certain, mais un apaisement certain pour le colosse. L’être affreux n’était pas habituer d’être cerner  par tant de gentillesse. La voix fantomatique de Sandra s’éleva alors pour une dernière fois.

Sandra- Tu vois oncle Bob… Juliane n’est pas comme les autres… Maintenant elle peut prendre nos places sur la terre pendant que tu es encore là. Je serais là si tu as besoin de moi… Je t’aime mon gros nounours.

La gorge serrée par l’émotion, Bobby le ne put qu’apprécier le contact divin des lèvres fantomatiques sur sa joue. L’être ignoble déclara alors d’une voix franche et si merveilleuse. On percevait aisément la gratitude et la gentillesse s’animer derrière cette phrase toute simple. S’adressant aux deux êtres divins dans la pièce, les mots à peine mâchés s’élevèrent comme une lyrique magnifique.

Robert- Merci de tout cœur…

Au moment que le contact si paisible fut rompu, Bobby remarqua le trésor niché dans la paume de l’ange. La photo ressemblait à un phare pour l’être perdu. Mais au lieu de s’en saisir sauvagement, il pointa avec tendresse les deux visages souriants. À peine un murmure s’éleva de la barrière aux dents mal alignée de l’être difforme.

Robert- Ma sœur Rosalie et ma nièce Sandra… Euh… Elles sont si belles et si intelligentes… Le contraire de moi…

Un petit rire aigre-doux s’éleva alors de l’être en pleine reconstruction. À la longue, après ce genre de remarque, Bobby avait voulu croire que c’était une blague de mauvais goût.

Robert- Maintenant je suis tout seul… Euh… Mais comme tu l’as dit Jill aussi longtemps que je vis, elles vont vivre dans mon cœur… Euh…

Quelques questions brûlèrent la langue du mineur et il assembla son courage pour essayer de les formuler. Prenant une grande respiration et Bobby se décalant d’un pas de l’ange à la chevelure cuivrée. Le sourire toujours aussi bien accroché à son horrible faciès, le colosse se jeta à l’eau.

Robert- Tu as faim ? On doit s’approcher de la table…Euh… Tu n’as pas été dégouté de me toucher? Et je peux te demander t’où tu viens… AIE


Saisissant à la fois la marmite et la bouilloire chantante, l’être lunatique sursauta. Il avait oublié de mettre les mitaines contre les douloureuses  brulures. Un rire naïf et innocent fit le chalet. La bonne humeur de l’être inférieur était palpable. Mettant les protections de cuisson, il s’approcha de nouveau des couverts brulants.  Portant son nez par-dessus la marmite, il en humecta le fumet enivrant.

Robert- Heureusement que j’ai la peau aussi épaisse… Euh… Au menu du ragoût irlandais, du chocolat et ce que tu veux avec de l’eau chaude…Euh… Ça va ou on mange devant le foyer ?

Un regard à la fois amusé et inquisiteur se refléta dans le regard bleuté si pur de la bête. Le mineur se sentait pour la première fois de sa vie en confiance avec un individu. Juliane n’était plus une étrangère, mais une amie. Du fond de son cœur immense, il l’espérait avec ardeur!



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Ven 20 Nov 2015 - 23:48

La jeune photographe avait été élevée par des parents aimants, qui lui avaient inculqué des principes de bonté. Fervents croyants, ils avaient voulu apprendre à leurs quatre filles à vivre sur un chemin de tolérance et d’amour. Parce qu’ils étaient convaincus qu’il fallait aider son prochain, tendre la main à ceux qui en avaient besoin. Parce qu’il ne fallait pas sous estimer le pouvoir si puissant d’un sourire sur une âme en déstresse. Juliane était quelqu’un avec un cœur immense. Elle avait toujours cru en l’homme. Elle avait l’intime conviction que les être humains pouvaient vivre en paix. Même si aujourd’hui sa conception du monde était totalement ébranlée et qu’elle doutait vraiment. Ayant même peur d’avoir vécu bercer par de beaux rêves utopiques qui s’envolaient comme un nuage de brume. Mais sa route avait croisé celle de Bobby, et c’était ce genre de personne qui ravivait doucement la petite flamme d’espoir qui se mourrait en elle. Elle n’avait pas vraiment réfléchit à ses mots ou ses gestes. Elle avait laissé parler son cœur, agissant avec naturel, comme elle avait l’habitude de le faire.

Un doux sourire empli de gentillesse avait étiré ses lèvres fines lorsque Bob avait posé sa main sur la sienne avec tant d’hésitation. Même s’ils ne connaissaient pour ainsi dire rien l’un de l’autre, Juliane avait l’intime conviction qu’elle pouvait faire confiance à cet homme. Qu’elle était trouvée quelqu’un de confiance pour traverser tout ça. Son regard ne quittait pas le visage du géant, comme si par ce contact visuel elle était capable de lui donner à nouveau un peu de force pour vivre. Ou tout du moins pour reprendre espoir. Lorsqu’il lui présenta les deux personnes sur les photos, Juliane regarda avec tendresse les visages si doux, avant de sourire à Bob. Elle ne releva pas ce qu’il venait de dire vis-à-vis de lui, même si elle le notait dans sa tête. Il avait une bien piètre opinion de lui… Juliane lâcha la photo, la confiant à nouveau à son propriétaire, avant de souffler : « -tout à fait… Mais tu n’es pas seul… Je suis là moi… » Cette fois-ci ce fut un sourire amusé qu’elle lui adressa. Sourire qui sous entendait que ce n’était peut-être pas terrible pour lui d’avoir une sorte de boulet à ses côtés. Enfin… S’il voulait qu’elle s’en aille lorsqu’elle aurait à nouveau de l’énergie, elle partirait.

La jeune femme se décala de quelques pas pour s’assoir, ayant du mal à tenir debout. Elle calla son menton dans la paume de sa main, son coude sur l’acoudoir du fauteuil, écoutant les questions de Bobby. « -je… » Elle allait déclarer qu’elle mourrait de faim, mais la fin de la phrase fut celle-ci : « -quoi ? Pourquoi dégouté ? Heu non, en faite, je vais faire comme si j’avais pas entendu cette question là. » Elle n’avait pas la moindre envie de répondre à ça. Et d’ailleurs cette question n’aurait même pas dut être prononcée ! Wahou ! Il fallait vraiment qu’il change sa façon de se voir. En déclarant cela, elle avait bougé sa main libre devant son visage comme chasser les mots de Bobby. Elle reprit alors : « -j’ai vraiment faim ! » Une légère grimace lorsqu’elle entendit le petit Aïe du géant. « -ça me va parfaitement et ça sens divinement bon ! » En même temps, ça faisait un bon moment qu’elle n’avait pas sentit une telle odeur ! Rien que ça, elle salivait déjà d’envie. « -ici c’est très bien… Mais je vais te laisser la place. » En disant cela, la jeune femme se laissa glisser sur le parquet brute. Sa mère aurait râlé de la voir assise ainsi. Mais c’était une sorte d’habitude chez elle. Une mauvaise habitude peut-être… Mais généralement, elle s’installait ainsi lorsqu’ils regardaient un film en famille, ou bien pour lire allongée de tout son long sur le tapis du salon.

« - et pour répondre à ta question : je suis originaire du Texas. Je suis partie de chez mes parents il y a quelques mois, histoire de faire le tour du pays avec mon sac à dos. » C’était plutôt étrange… A chaque personne qu’elle rencontrait, c’était presque la même histoire. D’où tu viens ? Qu’est ce que tu fais comme métier ? La jeune femme remonta ses genoux sous son menton, toujours emmitouflée dans la couverture.

Parler lui permettait de penser à autre chose. Et dans sa tête se pressait tout un tas de question au sujet de cet homme. Mais elle n’avait aucune envie de voir son visage se fermer à nouveau. Alors elle osa lui dire en souriant doucement : « -je préfère quand tu souris tu sais… ». Jill avait toujours été quelqu’un de très joyeux et rieur. Et elle aimait voir ce genre de flamme brillante de joie illuminer les visages de gens avec qui elle se trouvait. Malgré les doutes et les incertitudes qui ne cessaient de l’assaillir, cela lui procurait un peu de réconfort. Et puis, elle ne voulait pas se montrer encore plus faible qu’elle ne l’était depuis qu’elle avait rencontré Bobby. En plus, ce n’était pas son genre de s’apitoyer sur elle-même. Elle préférait contourner les problèmes, ne pas en parler, les garder pour elle, et surtout les gérer toute seule. Ça aussi c’était quelque chose que sa mère lui reprochait assez souvent. Ne pas assez s’ouvrir lorsque son âme était tiraillée. Généralement, elle partait marcher, courir ou encore grimper lorsque sa tête était trop pleine. Le grand air lui permettait de décompresser, de se poser, réfléchir. Mais lorsqu’elle ne pouvait pas fuir, elle avait recourt à l’humour afin de détourner l’attention et surtout de masquer à la perfection ce qui pouvait assombrir son âme.


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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Aujourd'hui à 1:26

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