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 Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Jeu 7 Jan 2016 - 6:33

L’erreur de la nature venait de s’assoir dans le fauteuil et son regard bleuté se perdit alors dans les flammes dansantes du foyer.  Son esprit lent et hésitant baissa pavillon pour se réfugier dans la pénombre de sa conscience. Doucement, les paupières lourdes de fatigues se fermèrent et les traits atypiques et du colosse disproportionner se fermèrent. Soupirant lourdement, Robert se prépara à revoir le film peu glorieux de sa vie qui commença à tourbillonner sur le paravent de ses rideaux de chaires fermé. Étant un spectateur muet du carrousel d’images de son existence médiocre, le géant déformé ne pouvait que sourire au tout début. La naissance de son ange, les merveilleuses promenades dans le bois, les chants et les contes ne pouvait que ravir le cœur débondant de bonté et d’humanité de Robert. Mais ce que redoutait tant le monstre de foire surgit alors des tréfonds de sa mémoire, tel un spectre qui se nourrissait de la terreur et l’angoisse de l’homme pétrifier. Dans un premier souffle la maladie de Sandra. Ces longs mois de souffrance et d’impuissance que le mineur vivait à chaque jour. Il ne voulait pas perdre son ange, celle qui était si gentille avec lui et qui le comprenait si bien. L’homme à la constitution malséante s’était caché pour rester avec sa nièce adoré dans la chambre de l’hôpital. Il avait été là juste à sa rémission.  Ce faux sentiment de sérénité qui venait de soulager le cœur si meurtrie de la bête. Et maintenant la scène finale, les cadavres déchiqueter et complètement éviscérer de sa sœur et de sa nièce. Le bruit écœurant de son propre cœur qui venait de fendre en cœur. De ses larmes salines qui embrouillaient sa vision bleuté. Ses mains rugueuses et immenses caressant une dernières fois la chevelure des deux êtres qui avaient permis au monstre qu’il était de partager ces moments divins en leur compagnie.

Mais de la nouveauté macabre venait de se rajouter à l’horreur de ce cauchemar.  Les yeux de ses anges s’ouvrir tout à coup, un voile blanchâtre recouvrant totalement la surface. Des gémissements de faim s’échappèrent de leurs lèvres ensanglantées et elles se remirent sur leurs pieds vacillants. Tout l’être de mastodonte voulait s’échapper, mais un espoir fou maintenait ses pieds bien ancrés au sol. Si ce n’était que le fruit de son imagination. Que sa sœur et sa nièce n’étaient que blessé légèrement. Robert ne put qu’ouvrir ses bras immenses en signe de bienvenue à celles qu’il croyait à tort d’avoir perdu. Une étreinte se produisit et les dents acérer des anges de sa vie commencèrent  à gruger la chaire du colosse. Et celui-ci ne pouvait qu’accepter le baiser de la mort, heureux de rejoindre Sandra et Rosalie dans un monde où ils ne seraient jamais séparés…

Un cri déchira alors le mince voile de la folie de Bobby. Celui-ci se redressa de toute sa taille imposante, regardant à gauche et à droite. Les poings serrés, véritables boulets de canons organiques, et les jointures blanchis ne cherchaient d’un adversaire à frapper. Mais le cri venait de la chambre de Juliane et n’écoutant que son inquiétude galopante, Robert poussa alors la porte et passa la tête par l’embrasure. De sa voix rauque et pleine de compassion, oubliant ses propres frayeurs, le monstre de foire demanda tout doucement.

Robert- Euh… Juliane ça va? Toi aussi tu as eu un cauchemar?

Attendant la réponse de la photographe au corps athlétique, Bobby obéit alors au signe de main de la merveille dame. Hésitant, il vient s’assoir au sol près du lit. Déposant une main immense près de celle de son amie, il la regarda directement dans les yeux. Un regard où reflétaient une compassion, une amitié et aussi une bienveillance des plus paisibles. Un peu comme si le monstre de foire disposait maintenant d’un aura d’où pulsait un calme apaisement presque surnaturelle.

Robert- Si tu veux parler de ton cauchemar, je suis là Jill… Euh… C’est comme un rot il faut laisser sortir car dedans ce n’est pas bon. Moi j’ai rêvé que Sandra et Rosalie étaient comme les méchants qui mordent… Euh… Et je me laissais mordre par eux.

Reprenant sa respiration déficiente, l’imposant homme laissa la jeune femme lui parler. Il ne pouvait que, timidement bien sûr, lui tenir la main pour lui apporter un mince réconfort. Quand elle eut fini de parler, Robert fit un sourire désarmant et niais. La lueur pâlotte de la lune n'avantageait aucunement la beauté de l'homme, n'augementant que la laideur en fait.

Robert- Sandra aimait que je dorme près d’elle quand elle faisait un mauvais rêve… Euh… Je pourrais aller te chercher de l’eau et dormir à terre si tu veux. Pout empêché les mauvais rêves de revenir… Euh… Je pourrais aussi te chanter des trucs.


Le mastodonte attendit alors près de sa merveilleuse amie, sans mot dire. Il ne voulait que le confort de celle qui l’avait rescapé des maelstroms des idées suicidaires. De l’ange à la chevelure cuivrée qui lui avait tant donné sans le savoir et si peu demander en retour…



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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Ven 8 Jan 2016 - 0:07

Lorsqu’elle était petite, malgré la maison remplie d’amour, lorsqu’il y avait de l’orage ou bien qu’un mauvais rêve la réveillait en sursaut comme cette nuit, Juliane avait prit l’habitude de ne rien dire. Elle ne se levait pas pour rejoindre la chambre de ses parents à pas de loups, elle n’appelait pas son père même si elle en mourrait d’envie afin qu’il la rassure tout en la prenant dans ses bras. Non, au lieu de ça, elle se cachait sous la couette, serrant contre elle son vieux panda en peluche. La mini Juliane qu’elle était, l’avait baptisé Misous… A force de frotter son nez contre le sien, la petite peluche en forme d’ours bicolore était usée à cet endroit.
Mais elle n’était plus une petite fille… Et elle n’avait plus sa peluche depuis bien longtemps. Et c’était un cauchemar d’une toute autre envergure qui avait envahit son esprit. Cela n’avait rien avoir. Le souffle court comme si elle venait de courir un marathon, une sueur froide perlant sur son front et glissant le long de son échine… Elle venait d’hurler, le son de sa voix déchirant le calme qui régnait dans le chalet. Tout en tentant de reprendre son souffle et de réguler les battements si rapides de son cœur, tout en reprenant conscience d’où elle se trouvait, elle tourna la tête en direction de la porte.

Juliane déglutit avec difficulté, et au milieu de la pénombre elle parvint à distinguer les traits du visage de Robert, se laissant guider par le son de sa voix. Sa main gauche remonta jusqu’à son visage, terminant sa course dans ses cheveux en bataille. Elle répondit laissant s’écouler quelques secondes entre ses mots et ceux de Bob : « -oui… C’est rien… » Elle ne voulait pas que son ami se fasse à nouveau du souci pour elle. La jeune femme avait l’impression d’être un gros boulet qu’il était obligé de trainer et ça ne lui plaisait pas. Elle avait toujours eu l’habitude de gérer ses problèmes en solo, sans que d’autre intervienne ou la soutienne. Pourtant elle était consciente que depuis que les morts marchaient, elle avait besoin de quelqu’un. Quelqu’un pour l’aider à ne pas devenir cingler, à ne par perdre pieds, ni abandonner. « -je suis désolée de t’avoir réveillé… » Souffla-t-elle avant d’ajouter avec un signe de la main : « -approche. Reste pas dans la porte. » Elle posa sa main sur la couverture, voulant ainsi lui faire comprendre qu’il pouvait s’y assoir.

Il préféra visiblement le contact du parquet, posant tout de même sa main sur celle de la jeune photographe. Etrangement ce simple contact rassura son cœur et elle eut l’impression d’être déjà un peu plus apaisée. Un sourire en coin étira ses lèvres suite à la magnifique et subtile comparaison que Robert fit. Mais il s’envola aussi rapidement qu’il avait éclairé son visage, lorsqu’elle entendit le récit du mauvais rêve de son ami. Elle fronça les sourcils, ouvrit la bouche mais pas un seul mot ne voulu sortir… Son regard se détourna quelques secondes, avant qu’elle ne dise enfin : « -je suis désolée… » Super ! Mais que dire de plus ?! Ce n’étaient pas des cauchemars… C’était des souvenirs… Les événements traumatisants qu’ils avaient vécu qui revenaient les hanter… Que Bob rêve qu’il se laisse mordre faisait une peine immense à la Juliane. C’était une sorte de preuve qu’il pensait toujours à cela. Non ?

Même si il lui avait dit qu’il fallait en parler, Juliane ne raconta pas ce qui l’avait réveillé. La présence du géant était rassurante, et elle se sentait un peu mieux. Enfin elle tentait de se sentir mieux. Juliane secoua la tête de gauche à droite. Non, elle ne voulait pas qui sorte de la pièce. Encore moins qu’il aille lui chercher de l’eau. Il n’était son serviteur. « -reste… Mais pas par terre. Le lit est assez grand pour nous deux. » Elle lui en demandait peut-être trop là ? Elle précisa alors : « -enfin tu fais comme tu veux… » La jeune femme ne voulait pas forcer Robert à faire quoi se soit. Elle avait bien comprit que les rapports humains n’étaient pas son fort. Alors… Alors il faisait comme il voulait. Elle lui proposait de prendre place à côté d’elle, dans le lit, s’il préférait le parquet, à lui de voir.

Mais en faite, la jeune femme trouva la solution toute seule. Elle entraina la couette avec elle, se laissa glisser du lit pour rejoindre Robert sur le parquet. Callant son dos contre le lit, elle regarda la lune par la fenêtre. « -j’aimais bien regarder les étoiles lorsque j’étais chez mes parents. » Remontant la couverture sur ses épaules, elle en donna une partie à Bob au passage avant d’ajouter : « -je m’étais fais engueuler parce que je grimpais sur le toit pour mieux les voir… Ma mère n’aimait pas tout ce genre de truc « pas normal » selon elle. Ce n’était pas normal de grimper sur le toit… " Un sourire tendre apparu sur les lèvres de Juliane… Elle avait toujours aimé faire rager sa mère, et surtout faire des choses bien différentes de ses sœurs. Et puis tant que ça faisait rire son père, elle savait qu’elle avait l’autorisation de continuer. « -tu connais quelques étoiles ? » Parler d’autres choses, détourner l’attention… Juliane était douée pour ça. Cela l’avait bien aidé pour éviter de parler trop d’elle. Eviter de confier ses problèmes à ceux qui étaient trop pressent.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Sam 9 Jan 2016 - 14:33

Le colosse s’adossa au lit, la forme merveilleuse et athlétique de la jeune femme assise près de lui. La couette duveteuse, offerte par l’être à la bonté galopante, réchauffait autant le corps atroce de l’homme que sa merveilleuse âme. Ce simple geste anodin pour plusieurs était tout simplement la plus grande richesse pour la bête si souvent laissée pour compte. Habituellement, les gens ne s’arrêtaient pas pour s’assoir près de lui, encore moins pour lui parler. Juste les enfants qui semblaient fascinés par la corpulence abominable du mineur osaient s’approcher. Et très vite les parents ramenaient leurs marmailles sous leurs jupons protecteurs, murmurants à leurs oreilles innocents que cet homme étrange devait être méchant. C’étaient surtout la lueur de curiosité qui s’éteignait dans le regard innocent des enfants, remplacée par  le plissement des yeux effrayés qui meurtrissaient le plus le mastodonte. Mais à cet instant présent, le cœur maintes fois tordues, piétiner et passer à la moulinette de Robert semblait ressusciter. De revivre et de prendre une bouffée d’air frais. Soupirant de contentement, le géant déformé pouvait imaginer la jeune Juliane grimpé sur le toit, sa mère les poings sur les hanches et les traits tordus par la colère.  Un petit rire tout enfantin, guilleret et paisible s’échappa de la gorge immonde de la bête de foire. La lune et les étoiles avaient toujours fasciné le colosse. Les traits atypiques se muèrent pour laisser transparaître son humanité latente et si forte. Cette personnalité que seules les personnes importantes pour le monstre de foire avaient pu contempler. Les rides dures s’estompèrent, les coins de la bouche se relevèrent légèrement, son regard bleuté ressemblait à des eaux calmes de sincérité et de bonté.  

Juliane-Tu connaît quelques étoiles?


Robert sursauta un peu, perdu dans ses pensées et ne désirant que profiter de l’instant présent. D’être en harmonie avec un être d’une telle pureté serait presque un crime pour un monstre tel que l’homme difforme.  Sortant une main immense de sous la couette il pointa une étoile. Sans crier gare, l’ange à la chevelure cuivrée se faufiler dans les défenses  du géant et se blotti plus près de ce corps couvert d’une amure de chaire repoussante. Les muscles du mastodonte, pendant un battement de cœur atrocement long, se tétanisèrent et le souffle de l’être au faciès cauchemardesque fut littéralement coupé. Sa voix s’éleva alors, douce parole totalement envahie par l’étonnement et d’une tendresse qui semblait  ne pas correspondre avec la laideur de l’individu.

Robert- Euh… Jill ça me gêne, un peu tu sais, mais je peux passer mon bras autour de tes épaules? J’aimerais ça, mais si tu ne veux pas je vais comprendre…


Au travers de ces quelques mots, on pouvait aisément deviner le rejet souvent massif que Bobby avait vécu tout le long de sa vie. Demander pour faire ce geste anodin, mouvement dont l’humanité se tanguait de posséder depuis la nuit des temps, démontrait qu’il n’avait jamais pu réellement le prodiguer à un individu. Que ce soit par sa gêne maladive, les paroles blessantes, les regards dégoutés ou bien la totalité de ces états de fait, le monstre de foire n’avait jamais réellement pu se considérer comme un homme. Un homme pouvait enlacer les femmes, les embrasser avec douceur, laisser leurs mains caresser les courbes voluptueuses de sa promise. Robert n’avait jamais embrassé une dame sur la bouche, n’avait jamais osé déposer sa main sur une épaule dénudée et on oublie l’acte le plus merveilleux de la race humaine. Sa sœur disait souvent à la blague que l’homme affreusement déformé allait mourir puceau. Robert avait demandé c’était quoi la signification de ce mot étrange et la rougeur qu’avait atteint son faciès affreux lors de l’explication  fut mémorable.  Maintenant avec les dangers qui semblaient peupler tous les recoins de ce monde voué à une telle autodestruction, le monstre de foire ne pouvait se ranger à l’avis de sa sœur maintenant réfugié dans un monde sans douleur. Se laissant guider par les paroles de Juliane, essayant de camoufler son trouble de manière complètement pathétique, Bobby avala sa salive et se concentra sur la question.

Robert- Euh… Je sais qu’il y a des animaux. Des ours et d’autres trucs je crois. Que la plus brillante donne le nord aussi. Mais les noms sont trop dur pour mon cerveau lent tu sais. Je peux te raconter un truc ?


Attendant la réponse de l’être divin assis près de lui, Robert laissa son regard se perdre dans les rayons lunaires si bienfaiteurs. De son ton rauque et si lent, la voix du colosse enveloppa le duo le plus mal assorti qu’il n’a jamais été assorti. Mais la résonnance des mots projetés était remplie d’une mélancolie d’une franchise et d’une sorte de quiétude des plus apaisantes.

Robert- Quand j’étais dans les bois comme bucheron, dans mes jours de congé ou en randonnées, je regardais les étoiles chaque soir… Euh… Mon esprit semblait s’échapper de mon corps laid pour aller danser avec elles. À part Sandra, personne ne voulait danser avec moi alors je laissais mon imagigon… Euh… non imagination le faire. Une étoile se transformait en ange qui semblait ne pas voir que j’étais un mons…

Arrêtant à demi le mot qui semblait crisper la magnifique Texane, Robert prit un air penaud et baissa le regard de honte. Laissant la chance à Juliane de parler, il attendit qu’elle ait fini ses réprimandes ou ses paroles remplies d’une sagesse infuse pour continuer son explication complètement idiote.

Robert- Bon désolé l’habitude à la peau presque aussi dure que la mienne… Ou j’étais rendu là je suis encore perdu… Juliane parla de l’ange des étoiles.  Remerciant alors la jeune femme d’un sourire merveilleux, mais un peu assombri par la vue de sa dentition mal alignée, Bobby continua. Elle acceptait de me laisser déposer mes grosses mains sur ses épaules et elle me tenait la taille comme dans les films tu sais. C’est con, mais je n’ai pas été à aucun bal d’école… Euh… Personne ne voulait me voir là, mais je travaillais alors je m’en foutais.

C’était un pieux mensonge, car repenser à cette période noire où les moqueries et les blessures autant physiques que psychologiques faisaient trembler quelque  peu les lèvres exsangues et la voix du monstre de foire connut une ratée ou deux. Reprenant le cap de son discours décousu, le colosse continua de parler.

Robert- On dansait alors juste au moment que je m’endormais. Elle adorait que je chantonnasse fly me to the moon…. Euh… Sandra aussi et même Rocky… Eux seuls voulaient rester près de moi en pleine nuit… Euh… Désolé je n’ai comme pas répondu à ta question.

Faisant un effort intense pour essayer de reprendre le fil de ses pensées soufflé aux quatre vents, la voix de l’homme se fit hésitante, presque enfantine, les traits de l’homme s’épanouirent de nouveau.

Robert- Je crois que les étoiles ce sont des poussières d’anges. Pour moi c’est des gens importants qui sont en haut… Tu sais des gens qui ont pu voir que j’étais quand même gentil pas juste laid. Ça, c’est Sandra, elle c’est Rosalie, celle-ci Rocky.

Avec assurance l’index gigantesque de l’homme pointa différentes étoiles. Trop peu d’étoiles en fait. Mais le doigt du colosse s’arrêta sur une étoile brillante. Sans hésitation, Bobby dit alors d’une manière franche, amicale et sans arrière-pensées.

Robert- Ça c’est la tienne. Brillante et pleine de vie comme toi… Euh…Désolé...

Mesurant pleinement ses paroles, ne voulant pas laisser le temps à Juliane de mal interpréter ces quelques mots tout à fait innocents, Robert enchaina.

Robert- Tu veux entendre la chanson que Sandra, l’ange de l'étoile et même Rocky aimaient entendre ?

La photographe accepta et Robert ferma les yeux. Les paroles des chansons semblaient écrites en lettres de feu sur le cœur de la chose.  Une voix mélodieuse, empreinte d’humanité et ayant la légèreté d’une plume s’éleva comme pour caresser les étoiles. Une voix apaisante et si noble que n’importe quel chanteur aurait tout donné pour la posséder. Et par un caprice de la nature, c’était un monstre qui avait ce don unique.  La vieille chanson fit lisser une larme au colosse, repensant à ces chères disparus qui ne voulaient qu’il chante toute la nuit pour eux.



Robert parla doucement à la fin de la paisible mélodie, sa voix presque surnaturelle dans le silence de la nuit.

Robert- Toi tu les connais les étoiles?



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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Dim 10 Jan 2016 - 18:30

Ce qu’il y avait de cool, selon Juliane en tout cas, dans une relation d’amitié, c’était qu’il n’y avait pas de gêne à ressentir. Elle n’était pas quelqu’un de très pudique, ou qui mettait du temps à devenir tactile. Enfin tout du moins, ce côté-là de sa personnalité refaisait surface avec Robert.

Même s’ils ne se connaissaient pas depuis de nombreuses années, elle savait, elle le sentait, qu’il y avait un lien très fort et particulier entre elle et le géant. Un lien précieux. De l’amitié, mais comme en mieux. Une sorte d’amour en plus profond. Ils étaient comme partenaires, partenaires d’une amitié naissante, terre à terre, pure et sincère. Avec lui, elle pouvait être elle-même de A à Z, sans qu’il ne la juge, sans qu’il ne la regarde comme si elle était bonne pour l’asile.
Alors s’était tout naturellement qu’elle s’était un peu tournée sur le côté pour venir caller son dos contre le torse de Robert, là juste dans l’espace qui s’était comme libéré rien que pour elle. La jeune photographe n’avait pas pensé à mal, et elle eut un sourire amusé sentant Bob surpris et mal à l’aise. Mais elle ne s’excusa pas, loin de là. Elle répondit même : « -entre amis, pas de gêne. Ce n’est pas un geste interdit ! » Tout en parlant, elle passa elle-même le bras de Bob autour de ses épaules, remontant la couverture au passage. Jill riait de tout ça, mais elle avait bien comprit d’où venait cette gêne presque maladive. Elle souhaitait, en agissant ainsi montrer à Bob qu’il n’y avait rien chez lui qui s’apparentait de près ou de loin à un monstre, et qu’il avait comme tout le monde le droit de faire des gestes envers les autres. Enfin, elle savait parfaitement qu’il ne prendrait pas confiance en lui en un claquement de doigt, et malheureusement elle ne connaissait de formule magique pour cela. Mais elle était certaine que cela viendrait au fils du temps, que peu à peu, l’homme sensible et doux passerait par-dessus cette image de bête ou de monstre derrière laquelle il était prisonnier.

Renversant la tête en arrière, elle lui fit un clin d’œil complice et elle écouta la réponse de son tendre ami. Un léger petit bruit en claquant sa langue sur ses dents lorsqu’il qualifié son cerveau de lent, pour lui faire comprendre que ce genre de truc, elle ne voulait pas les entendre. Puis elle souffla : « -je t’écoute. » A mesure qu’il parlait, Juliane souriait avec tendresse. Avant que ses épaules ne se soulèvent un peu, avant qu’elle ne pousse un long soupire. Robert sembla comprendre le pourquoi, et elle tourna la tête pour lui dire : « -ce n’est pas ce que tu es. Tu es juste quelqu’un de complètement différent des autres. Et différent, ce n’est pas une mauvaise chose. Ça veut dire pas comme les autres, ça veut dire unique. Ça veut dire être toi. » Elle marqua une petite pause, laissant Robert assimiler son petit explosé un peu brouillon… Elle décida de faire un peu plus simple et ajouta : « -tu sais, avec trois grandes sœurs, moi j’ai toujours voulu être différente. Ne pas faire comme les autres. Mon père me disait que mes différences faisaient de moi quelqu’un d’unique et de fort. » Pfff… Etait-elle en train de s’embrouiller toute seule là ? Un peu oui… « -enfin il est un peu tard pour que je t’expose tout ça. » Elle fit une petite grimace, et Bob demanda où il en était du coup… Oui, elle l’avait bien perdu… Enfin de toute façon elle reprendrait son exposé, parce qu’elle voulait qu’il comprenne tout ça. « -l’ange des étoiles qui dansent… » Souffla-t-elle afin de lui redonner une indication sur le fils de la conversation.

Même si Juliane souriait en écoutant Robert, elle sentait bien que quelque chose lui manquait. A part sa sœur et cette magnifique petite princesse dont il ne cessait de parler, personne ne lui avait jamais témoigné de la tendresse. Et c’était totalement humain de désirer ce genre d’attention. Elle eut un petit rire ironique et répliqua : « -crois moi, t’as rien loupé ! » Ouais… Bal de promo… Pas vraiment le délire de la jeune femme. Enfin, cela restait un bon souvenir pour Juliane grâce à la fin de soirée qui ne s’était pas passé dans la salle à danser sur la piste, mais plus à boire de bière en riant entre amis. « -comme ça tu peux me rajouter à ta liste. » Un nouveau clin d’œil complice avant qu’elle ne lève les sourcils, pour lui dire qu’elle l’écoutait toujours, qu’il pouvait encore parler.

La jolie brune suivit du regard le doigt de son ami qui pointait quelques étoiles au milieu du tapis qu’il y en avait. Mais lorsqu’il en pointa une pour elle, son visage se tourna pour le regarder. Un sourire amusé elle répliqua : « -merci… » Avant d’ajouter en pointant une étoile qui semblait plus grosse et un peu plus haut : « -alors voilà la tienne. Comme ça, si jamais un jour nous sommes séparé, il suffira de regarder pour garder confiance et savoir qu’on se retrouvera. D’accord ? » La jeune femme présenta sa main devant le torse de Robert, pour qu’il tape dedans, en guise de pacte. Elle fit un signe de la tête positivement pour écouter la chanson, posant sa tête contre l’épaule de Robert regardant à nouveau le ciel étoilé. Pour elle qui aimait la musique c’était un véritable plaisir d’entendre la voix chaude et vibrante de son ami résonner dans le silence de cette chambre.

Juliane se pinça les lèvres entre elle, sortant doucement de la quiétude que venait de lui offrir Robert en chantant. Elle pointa son doigt en direction de l’étoile la plus brillant et commença : « -alors là, c’est celle que l’on appelle l’étoile du berger. En faite, en réalité c’est une planète. C’est Vénus. » Elle bougea son doigt et reprit : « -ici c’est Jupiter. Tu vois elle est un peu rouge. Et là, c’est la Grande Ours. Elle est facile à trouver. On dit qu’elle ressemble soit à une casserole soit à un chariot. Tu la vois ? » Un sourire et elle ajouta : « -et si tu prends à droite de ses deux étoiles, que tu pousse tout droit jusqu’au matin, tu va au pays imaginaire ! » La jeune femme se mit à rire, les traits de son visage rayonnant de joie. « -mais le problème c’est que seuls enfant peuvent y aller… »



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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Lun 11 Jan 2016 - 15:26

La voix chantée, angélique et tout simplement magnifique de la Texane apaisait l'âme et le cœur de la bête. Une douce mélopée, si semblable au son douceâtre du vent caressant les feuilles d'un arbre. Le corps svelte et athlétique de l’ange, surement l’objet de tant de désir de plusieurs hommes, reposait tel un navire échoué sur le récif des muscles du torse de l’homme déformé. À ce moment précis, un des rêves les plus fous de Robert venait de se réaliser. Une espérance qu’il avait crue impossible à ce jour. Être assis avec un être magnifique, sa tête reposant sur son poitrail répugnant et qu’ils regardaient les étoiles dans le ciel. Qu’une confiance aveugle venant de son amie, sachant que le monstre de foire n’oserait jamais lui faire mal ou bien la blesser en comparaison de tant d’autres. Ne vivre que l’instant présent. Plusieurs hommes mal attentionnés auraient profité de leur lassitude combinée pour tenter de frôler la poitrine, menue, mais ferme, du bout de leurs doigts salaces. L’innocence et la gêne de l’être à l’esprit lent, combiné naturellement à son lien qui se solidifiait heure par heure, présumait l’ange à la chevelure cuivrée de ce genre d’attaque sournoise. Au lieu de ça, la main rugueuse et immense du colosse s’était posée avec douceur et tendresse sur l’avant-bras de la photographe. Les doigts de Robert ceinturèrent avec affection et de galanterie le bras de l’être divin, distribuant de ce fait même une chaleur humaine et un apaisement commun. Une béatitude enveloppait les deux êtres si semblables et différents à la fois. L’une dotée d’une gentillesse et une ouverture d’esprit remarquable et l’autre laissant peu à peu entrevoir la magnificence de son âme et sa bonté sans borne. Les explications de Juliane furent légèrement confuses pour le cerveau si à l’étroit dans la boite crânienne de l’être si diminué. Des étoiles, des planètes, des chariots, des ours et des accessoires de cuisines se bousculèrent alors dans l’air. Les paroles de la jeune dame si extraordinaire se faufilèrent dans une oreille de la chose à l’apparence humaine et ressortaient aussitôt par l’autre. Le regard bleuté de l’homme se perdit au cœur de la vague d’explication et les traits atypiques s’effondrèrent devant l’immense effort de concentration qu’il fit pour suivre le raisonnement simple de Juliane. Mais la dernière phrase de l’ange lové contre sa carcasse grotesque fut une planche de secours inespéré pour le naufragé en mer d’ignorance qu’était le géant. La voix sereine et remplie de quiétude de l’homme se mua en un murmure. Un sourire merveilleux, sincère et à la limite nais se déposa sur les lèvres exsangues du mastodonte.

Robert- Le monde imaginaire… Euh… Peter Pan et les enfants perdus.


Croisant le regard de la jeune femme, si semblable à des artefacts si précieux faits de bronze rehaussés d’émeraude, les yeux pétillants de bonheur de Bobby se firent lointains. Comme si un souvenir heureux venait surgir des méandres de sa mémoire si réduite. Un air attendri, mélancolique et nostalgique se peignit sur le faciès monstrueux de l’être doux et dépourvu de méchanceté.

Robert- C’est mon conte favori… Euh… Rosalie l’adorait et je l’avais appris par cœur quand elle était petite. Pour l’endormir quand maman avait pris ses médicaments pour oublier et se sentir bien. Ma sœur et ensuite ma nièce adoraient l’entendre encore et encore… Euh… Tu crois qu’elles sont parties là-bas? Qu’elles ont dépassé les deux étoiles pour aller tout droit au pays de Peter Pan et taquiner le capitaine Crochet?

Une folle espérance reluisait dans le regard bleuté de l’homme, voulant s’accrocher à cette folie qui était de savoir ses anges bien à l’abri de ce monde sans pitié. Souvent il avait entendu parler que le paradis n’était qu’un mythe. Alors, le cœur torturé de plaies à peine cicatrisées de la bête ne pouvait briguer que cette solution enfantine. Souriant alors de toutes ses dents mal aligné, écoutant la réponse de son amie si chère. Cette personne qui l’a sauvé sans le savoir et qui sera la plus importante dans la vie misérable de la chose. Bobby savait d’instinct qui pourrait mourir pour elle, pour la protéger des méchants ou bien de n’importe quoi. Dans son for intérieur, le géant déformé avait toujours la certitude que les monstres de son acabit devaient protéger les êtres qui semblaient avoir une ascendance divine. Qui pleurait réellement devant la perte d’un représentant de la lie de l’humanité? Une joie enfantine enjoliva chacun des mots qui franchissent alors du barrage de sa dentition mal aligné.

Robert- Quand j’irais les rejoindre, tu sais ce que je ferais ? Ben c’est simple je nagerais juste au bateau du capitaine Crochet et je le retournerai comme une crêpe! Euh… Comme ça il ne pourra plus chasser les enfants perdus… Euh… C’est vraiment con ce que je viens dire tu ne trouve pas?

Le colosse ne voulait voir que la beauté d’un sourire illuminer le visage merveilleux et aux traits délicats de l’ange. Un sourire béat, mais débordant de bonté et rehaussé par une bienveillance presque surnaturelle enjolivait les traits atypiques de l’homme. Bâillant un peu, il écoutait la réponse de Juliane et il dit alors tout bas, comme pour le pas briser l’enchantement qui semblait opérer dans le chalet.

Robert- Je sais qu’on devrait aller dormir. Mais j’aimerais rester comme ça… Euh… Je ne me suis pas senti aussi bien depuis si longtemps… Euh… Mais le lit va être plus confortable pour toi… Euh… Moi je peux dormir près de toi à terre. Pour ne pas te déranger et aussi si t’as besoin de moi je serais là… Tu en dis quoi?


Se rendant alors compte de la portée de ses paroles, l’homme à l’aspect répugnant rougit et se hâta d’ajouter.

Robert- Désolé je crois que je suis bon pour dire des conneries ce soir…

Une piètre excuse pour essayer de se sortir de ce sale mouvement social que le géant venait de sauter à pieds joints. À contrecœur, il s’apprêtait à enlever sa poigne indigne d’être en contact avec la peau soyeuse de son amie.



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Lun 11 Jan 2016 - 22:40

Hochement de tête positif et frénétique, sourire s’étirant jusqu’aux oreilles, Juliane était ravie de voir des étoiles s’allumer dans les yeux de Robert. Elle avait toujours adoré l’histoire de Peter et des enfants perdus. Tout dans ce conte permettait aux enfants de croire en la magie. Et c’était une chose merveilleuse.

La question que lui posa Robert lui fit baisser les yeux quelques secondes. Est-ce que le pays imaginaire pouvait s’apparenter à un paradis ? Et pourquoi pas… Juliane répondit alors en posant l’une de ses mains sur celle de Bob : « -je pense que c’est possible. » Elle tourna un peu la tête pour regarder le visage de son ami, et en voyant ses prunelles briller, elle savait qu’il avait besoin d’une réponse. De quelques mots pouvant lui réchauffer le cœur. Ce n’était pas un mensonge après tout. Personne ne savait ce qui se trouvait de l’autre côté de la mort. Enfer brulant, paradis en nuage de coton… Et pourquoi pas le pays imaginaire avec l’ile du crâne, le crocodile faisant tic tic, et le chant du coq poussé par un jeune garçon rieur. Alors… Place à la magie de la l’imagination… Place à un peu de poussière de fée pour faire briller encore un peu plus les yeux de son tendre ami… Juliane souffla alors comme si elle commença à raconter une histoire : « -imagine les arriver en volant à la suite de Peter. Clochette est là aussi bien sur ! Sa poussière a même fait éternuer Sandra. Rosalie s’est mise à rire. Ecoute je suis sur que tu peux l’entendre… » Jill marqua une petite pause laissant le géant profiter de ce moment, avant de reprendre : « -elles sont arrivées sur l’ile et maintenant ta sœur est comme une maman pour tous les enfants perdus. »

Ce n’était que des mots, mais ils avaient le pouvoir de réchauffer le cœur. Et c’était surement ce dont Robert avait besoin pour recoller le morceau du sien. « -non moi je trouve ça super courageux ! Mais il va falloir encore beaucoup beaucoup de temps avant que tu puisses le faire… Parce que pour le moment, hors de question que tu partes là-bas. » Elle espérait sincèrement qu’il comprenait ce qu’elle voulait lui dire. Elle ne tenait pas à le retrouver mort, ou pire encore à devoir mettre fin à ces jours s’il avait été mordu.

Jill se frotta un œil, le marchand de sable avait semble-t-il fait son travail. Mais pour le moment, elle n’avait pas envie de sombrer à nouveau dans le sommeil, même si il était bien présent et pesait sur ses épaules. Ses peurs, ses angoisses étaient toujours là, en elle, cachées pour l’instant. Mais lorsque Morphée la prendrait à nouveau dans ses bras, ses démons reviendraient la hanter. Elle écrasa un petit bâillement. « - j’ai pas entendu de connerie moi… » Lui lança-t-elle en souriant. « -je t’ai proposé une place tout à l’heure, c’est à toi de choisir entre le matelas et le parquet mon ami. » Sur ces mots, elle déposa un baiser sur la joue mal rasé de Robert, et elle grimpa sur le lit, lui laissant la couverture. Elle extirpa celle qui était dans son sac pour s’emmitoufler dedans. Puis sur le ventre, en travers dans le lit, le menton sur ses deux mains. Ainsi elle était toujours proche de Bob s’il préférait rester installé ainsi. « -pour le moment, je veux continuer à regarder les étoiles… » Souffla-t-elle.

Ouais… Enfin… Regarder les étoiles… La photographe sombra assez rapidement tout de même. Sa joue gauche complètement écrasée sur sa main, un léger, tout léger petit ronflement se fit entendre… Juliane la femme parfaite ! Enfin cela ne dura que l’espace de quelques minutes avant qu’elle ne se recroqueville sur elle-même. Toute la journée son corps avait lutté contre la maladie, toute la journée elle avait cru que peu à peu elle s’en trouverait guérit… Etait-ce la peur, l’angoisse qu’elle avait ressentit tout à l’heure… Une sorte de choc qui fit baisser ses défenses immunitaires ? Quoi qu’il en fût, durant le reste de la nuit, la température de son corps augmenta à nouveau, et la fièvre s’empara pour la seconde fois de son être… Elle était tremblante lorsqu’elle parvint à ouvrir avec la plus grande difficulté, les paupières. Sa gorge était sèche… La jeune femme toussa et une grimace déforma les traits de son visage.

Juliane remonta la couverture jusque sous son nez… « non maman… Pas l’école… » Souffla-t-elle alors que son visage changea de position, passant de la droite à la gauche. Pas totalement consciente, elle était en train de divaguer complètement… IL lui fallait des médicaments. Des vrais. Quelques choses de fort. Ses cheveux collaient à son visage à cause de la sueur provoqué par la fièvre, et des cernes sombres s’étaient créées sous ses yeux…


Il fut un temps où tu étais sauvage
ne les laisse pas te dompter...
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Mer 13 Jan 2016 - 6:17

Le regard doux et rêveur de la bête se porta sur l’étoile que son ange à la chevelure cuivrée lui avait offerte. Dans un sens, c’était le plus beau cadeau qu’une personne ne lui avait jamais faite. Le comparer, lui un vulgaire monstre de foire prouvant hors de tout doute qu’il est le chainon manquant dans l’évolution humaine, à une étoile semblait irréaliste pour Bobby. La majorité des gens auraient ri de cette déclaration farfelue. Mais une part de son cœur labouré de cicatrices, cette part d’humanité qui irradiait littéralement de ses yeux bleuté et qui semblait donner une pureté sans égale à cette âme, espérait que l’être divin assoupi près de lui avait raison. Que ce n’était pas juste une gentillesse excessive, mais qu’elle pensait chaque parole. Que ce soit par rapport au pays imaginaire, à l’école, au fait qu’elle veut rester avec lui. Ne pas l’abandonner comme de si nombreuses personnes avaient fait sans remords avant elle. Durant son cheminent, après avoir légué les corps de ses anges à la terre nourricière, le géant déformé avait voulu les rejoindre. Il s’était demandé le pourquoi, la lie de l’humanité, il vivait et tant d’humains mourraient. Le pourquoi que la vie le torturait ainsi, depuis sa naissance juste à maintenant. Maintenant il ne servait plus à personne et les rares gens sensés que le géant allaient croiser allaient surement le tuer à vue. Il était presque aussi laids et grotesques que les goules qui s’approprier de plus en plus la terre. Mais la providence, le hasard ou bien le destin semblait avoir des projets pour la créature pathétique. Comme croiser le chemin de cette âme de sagesse, de bonté et de gentillesse. Cette femme qui ressemblait plus à un ange qu’à un humain, qui avait accepté de voir de l’autre côté de la laideur et du faciès monstrueux de l’homme déformé.

Se laissant bercer par les petits ronflements, des bruits presque poétiques pour l’être trop souvent esseuler, le but de sa vie devient aussi clair que de l’eau de roche. Il se devait de protéger ces petites lueurs d’humanité qui éclairaient la noirceur de sa vie. Des flammèches d’espoir pour le genre humain et qui pouvaient faire pencher la valeur vers la bonté. Des êtres qui pourraient être vulnérables dans ce monde chaotique et trop souvent d’une violence sans borne. Quoi de mieux qu’un monstre pour affronter qu’autres erreurs de la nature. Sa vie ne valait guère mieux qu’un pet de lapin, mais Juliane devait vivre. Pour rejoindre ses sœurs, ses parents, sa ferme. Pour éclairer de par son sourire les gens comme lui. Sa grosse paluche, rugueuse et immense se referma sur la main douce et gracile de l’ange endormi. Le contact chaud et soyeux paru pour du satin pour l’être à l’esprit lent. Il pensa alors à une phrase qu’il allait tournoyer dans sa tête. Une sorte de vers d’oreille. Si il devait se sacrifier pour sauver celle de son amie, il ne pourrait que ce consoler de la sorte. La vie d’un monstre se termine pour permettre à l’existence d’un ange de continuer. Ce sera un marché honnête. Un masque paisible se posa alors sur l’horrible faciès aux traits si atypiques. Il venait de trouver sa voie dans cet univers d’anarchie, son combat, sa fierté.

Toute la nuit durant Robert ne fit aucun cauchemar. Il ne voyait que l’île au Crâne, les enfants perdus et ses anges. À sa plus grande surprise, Juliane était là. Elle invitait un Robert estomaqué à danser avec elle. Les deux improvisaient des pas et leurs rires se mêlaient aux chœurs joyeux des enfants perdus. La photographe prenait des clichés du géant, insistant pour le convaincre de sourire. Assurant la bête difforme qu’il était un modèle de choix. Sous les encouragements de sa nièce adorée et les sourires bienveillants de Rosalie, le colosse se prêta au jeu avec une gêne terrible. Mais quand Juliane, son sourire plus brillant encore que le tapis d’astres de la nuit, lui montra le résultat sur l’écran de son appareil, Robert sentit ses lèvres exsangues trembler. Sa tête en forme d’œuf ne tournait qu’à gauche et à droite dans un signe de négation. Ses yeux ne pouvaient comprendre les photos. L’incrédibilité le saisit à la gorge. Un homme doté d’un grand charisme, un imposteur en quelque sorte, prenait place sur le petit écran. Bobby reconnaissait les poses, mais ce n’était pas lui. Un géant d’accord, la barbe et les cheveux courts châtain aussi. Mais les ressemblances s’arrêtaient là. À la place de sa morphologie typique, à savoir : une tête en forme d'œuf, une dentition irrégulière, une mâchoire carrée et viril, des lèvres minces et presque exsangues, une fossette entre ses deux sourcils et des oreilles décollées. Se trouvait la tête d’un tombeur. Pommettes hautes, lèvres charnues, menton volontaire, sourire éclatant et dents parfaites. Un visage taillé à la serpe. Même son corps ingrats et labourer de cicatrices était remplacer par celui d’un athlète aux muscles bien dessiné. Devant le regard incrédules de la chose, les voix de ses trois anges lui expliquèrent à tour de rôles le prodige insensés. Juliane parlait de sa caméra magique. Appareil qui ne captait que la beauté intérieur des gens. Rosalie disait que c’était de cette manière qu’elle voyait son grand frère. Et sa nièce adorée Sandra lui murmura dans le creux de l’oreille qu’il était encore plus beau que la majorité des gens. L’émotion saisit alors le pauvre homme directement au cœur. Il ne put qu’enlacer les trois êtres divins qui pouvaient voir au-delà de l’enveloppe charnelle de celui qui se croyait toujours inférieur. Des bruit commencèrent a s’infiltrer dans le subconscient, tel une alarme le poussant inexorablement vers la dure réalité. Avant de quitter le pays imaginaire, Sandra lui dit qu’elles seront toutes les deux ici à l’atteindre lui et Juliane…

Les paupières lourdes de sommeil de Bobby frémirent et la bête se passa une main sur son visage engourdi de fatigue. Un mouvement brusque attira l’attention de l’homme difforme et son souffle en pâtit. Devant lui la forme gracile de son amie semblait frissonner de fièvre. Des spasmes parcouraient le corps athlétique de Juliane et ses yeux mi-clos bougeaient dans tous les sens. Sa chevelure cuivrée était collés par la sueur et des cernes, semblables à des valises, s’étaient former sous ses yeux. Aussitôt la pitoyable créature fut à genoux près du chevet de l’ange malade. Il lui effleura le front, conscient que son toucher devait être déplaisant pour Juliane. Mais la chaleur le fit sursauter. Le cœur de l’être si bon se cassa de nouveau en un millier de morceaux. Une souffrance empathique cloua quelques seconde le mastodonte, les bras ballants et maudissant son esprit lent de ne pas savoir quoi faire. Il se leva enfin et couru à la cuisine remplir une bassine d’eau froide. Une pile de serviettes se trouva prisonnière de sa main crispé par la peur et dans une célérité toute gauchère, l’homme angoissé revint s’échouer sur les récifs de souffrance de son étoile. Une pensée lui noua littéralement les tripes. Les médias parlaient d’une maladie bizarre qui transformait les gens en malades agressifs. Comme les monstres qui mordent. Tout en imbibant d’eau, la voix rocailleuses du mineur se cassa plusieurs fois en sanglots. La panique et la frayeur arrachèrent des larmes de douleurs au pauvre simple d’esprit qui ne pouvait rien faire pour soulager son amie. Serrant une main, essayant de faire descendre la température de la jeune femme avec une serviette froide sur le front, Bobby parla doucement.

Robert- Juliane c’est moi Bobby… Euh… Ne me quitte pas ok? Ne pars pas au Pays imaginaire sans moi… Si tu deviens comme ceux dehors, je me laisse faire promis! On va partir tous les deux… Euh… Je ne veux pas te perdre tu sais.

Les yeux de l’être bienveillant semblaient noyer par la rage de l’impuissance. Robert essaya de penser à ce qu’elle lui avait dit plus tôt. Il parla alors à voix haute, espérant que Juliane puisse l’aiguiller vers la réponse, vers ce miracle qui allait la sauver.

Robert- Tu m’as parler des herbes… Euh… Tu en veux il en reste. Sinon il te fallait des médicaments mais lesquels… Juliane… JULIANE!

Un cri du cœur, douloureux comme si une entité malveillante avait arraché l’âme si pur du colosse, se répercuta dans la chambre. À cet instant précis, le désespoir fit divaguer le colosse. Il voulait courir juste à Seattle, mettre un docteur sur son épaule et le ramener au chalet pour qu’il soigne son amie. Sa sœur d’âme.



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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Aujourd'hui à 16:59

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Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane

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