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 Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane

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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Lun 28 Déc 2015 - 23:16

Juliane rengaina la cuillère en bois, avant de se mettre à rire aux éclats. L’image de Bob assit sur un homme pour lui faire comprendre qu’il ne devait pas faire de mal à la jeune femme était juste magnifique ! Mais c’était une façon plutôt douce de faire entendre raison à quelqu’un au final. La jeune femme s’employa à ouvrir la boite de conserve, même si elle n’était pas super douée avec un ouvre boite. Et oui, être gauchère avait ses inconvénients ! Elle poussa ce qu’elle venait d’ouvrir en direction du géant, et répondit : « -je vais en faire des infusions. Ça n’a pas très bon gout, mais ça aidera surement à ce que la fièvre ne revienne pas. Même si je me sens mieux, on ne sait jamais… » Pour le moment ça allait pas trop mal, mais la toux était toujours là, ainsi que la fatigue. Même si pour l’instant, elle parvenait à le cacher plutôt bien ne souhaitant pas créer plus de soucis à son ami.

La jolie brune prit place sur l’une des chaises afin de ne pas s’éloigner trop loin de Robert, souhaitant converser encore avec lui. Les deux coudes posés sur la table, elle le regardait faire la cuisine en souriant. Heureusement qu’il y en avait un des deux qui savait faire ce genre de chose ! Normalement, c’était à elle, en tant que femme, que lui revenait se devoir. Mais malheureusement, elle était plus douée avec un tour vise qu’avec un rouleau à pâtisserie. Sa mère le lui avait pourtant dit et redit ! Tu devrais apprendre ce genre de chose ! Blablabla… Voilà ce que Jill avait toujours répondu en choppant au passage un muffin qui sortait tout juste du four. La bouche pleine elle répliquait : c’est pas demain la veille que je vais me marier mam’s ! Et vu le monde actuelle, elle n’avait pas vraiment eu tord…

« -Il existe des chevaux très robustes tu sais. » répondit-elle pour faire comprendre à Robert que sa taille ou son poids n’était pas un obstacle pour monter à cheval. « - ça fait quoi… ça fait… » Juliane se leva et recula de deux ou trois pas, et elle étendit les bras autour d’elle. Puis elle ajouta en tournant sur elle-même : « -ça donne une sensation intense de liberté ! Le vent dans les cheveux, la vitesse… C’est merveilleux ! » Fermant les yeux en tournant, elle tituba quelques peu lorsqu’elle stoppa son geste. Mais malgré cela, elle souriait toujours. Mais doucement ce sourire s’évanouie et elle se pinça les lèvres entre elle en voyant que Bob semblait loin dans ses pensées… Jill se passa une mèche de cheveux derrière l’oreille, la tête penchée sur le côté. Elle entendit son ami souffler quelques mots qui ne lui étaient en rien destiné. Elle avait mal pour lui… Et sa famille a elle ? Qu’était-elle devenue ? La jeune femme regarda alors par la fenêtre vers laquelle elle avait fait quelques pas, le cœur soudainement lourd… Son doux visage se tourna à nouveau vers Robert lorsqu’il évoqua Sandra, et Juliane se contenta de lui sourire avec douceur.

Une leucémie… A huit ans… ce genre de chose ne devrait jamais arriver… La vie était parfois bien trop cruelle. Juliane baissa les yeux tout en écoutant le son de la voix rauque de Robert. Un sourire refit surface devant la bonté de cœur de cette médecin. Jill avança vers Bob, et elle répondit : « -je suis certaine que je l’aurais adoré aussi. » Elle aimait passer du temps avec les enfants, et au portrait que lui peignait le géant, la petite Sandra avait été une enfant adorable, pleine de vie malgré la maladie.

Prenant deux assiettes entre les mains, Juliane les fit claquer sans vraiment le vouloir sur le rebord de la table. Le geste lui avait échappé, en plus de la question que venait de lui poser Robert. Plaçant les deux assiettes sur la table, elle répondit alors amusée : « -rougit pas, c’est une question comme une autre. » Elle revint près de lui pour prendre des couverts, et ajouta : « -et donc pour te répondre : non pas d’homme dans ma vie. » ça n’avait jamais été son fort ce genre de truc. Les relations longues… Elle n’était pas du genre à s’attacher. Plutôt du style à prendre ses jambes à son cou lorsqu’elle voyait que cela devenait un peu trop sérieux pour elle. Elle s’était toujours dit qu’elle verrait plus tard… Que pour l’instant, elle avait le temps, qu’elle devait vivre intensément d’abord, profité et que les choses sérieuses viendraient après. « -j’ai pas trouvé le bon. Enfin j’ai pas vraiment cherché non plus en faite… » Lança-t-elle en positionnant les couverts de chaque coté des assiettes. « -on va dire que j’ai toujours été plutôt doué pour tout faire foirer… »         Le ton de sa voix était bas, comme si elle était un peu honteuse de ça. Fallait dire aussi que le dernier en date, elle l'avait larguer un peu comme une vieille chaussette... Tout ça parce qu'il était trop parfait et qu'elle avait eu peur de ses sentiments...


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Mer 30 Déc 2015 - 8:08

Emportant la pitance du jour, le malabar déformé déposa la marmite sur la table et s’assit lourdement. La chaise grinça, faisant part de son mécontentement aux êtres dans la pièce. Soupirant de résignation, Bobby regarda son amie directement dans les yeux. Une humanité, un apaisement et surtout une lueur d’amitié à l’état pur illuminait les prunelles bleutées de la bête. Les traits atypiques et durs du faciès monstrueux s’étaient transmuer en une douceur et surtout une confiance que l’homme n’avait réellement le loisir d’exprimer. Déposant la louche pour recueillir le ragout, le géant servit l’ange à la chevelure cuivrée et ensuite lui-même. Ne pouvant pas s’empêcher, une lueur d’amusement dans le ton rauque de sa voix et un air malicieux illuminant son visage, l’homme au grand cœur débordant de bonté ajouta simplement.

Robert- Tu as peut-être un don pour tout faire foirer, mais pas avec moi… Euh… Tu as plus fait en quelques heures que beaucoup dans ma vie… Euh… Quand tu seras en amour et si l’autre de fait mal ou te rend pas heureuse, il va avoir affaire à moi… Euh… J’aurai une question, mais avant on mange. J’ai faim.

Robert murmura alors un « Bon appétit ». La cuillère plongea alors avec instance dans la pitance et buchés se succédèrent avec une rapidité presque indécente. L’expression presque séreuse et honnête de l’homme se mua alors en celui d’une joie enfantine et les dernières cuillères furent englouties. Se frottant le ventre avec une satisfaction des plus visibles, la bouche de l’homme s’ouvrit. Il laissa échapper un peu d’air et regardant sa magnifique compagne de tablée dans les yeux, il rougit un peu en songeant à la question qui le tourmentait. Prenant son courage à deux, il demanda dans un murmure.

Robert- C’est quoi être amoureux? C’est con comme question et je sais que ça ne m’arrivera pas ce genre de truc… Euh… Laisse faire… Je veux ne pas t’embêter avec ça.

Trouvant sa fourchette des plus intéressantes, Bobby la fit rouler dans sa main immense. Le monstre de foire trouva ses questions complètement idiotes et montrait à la photographe ses problèmes interpersonnels. Tout le monde devait savoir c’était quoi tomber en amour, embrasser une personne, caresser ses cheveux. Le colosse n’avait jamais exploré son propre corps et vu de magasine érotique de sa vie. Ce qu’il connaissait de ces sentiments inconnu étaient les images pré faites dans les films à l’eau de rose. Les fictions ou l’homme à l’apparence de monstre pouvait croire à ses chances d’avoir une caresse et des mots doux d’une dame. Que cette dernière pouvait voir l’homme gentil derrière la façade répugnante. Mais le géant avait, après quelques essaies ratés et une confiance émiettées totalement, mis la clef sous le paillasson pour ces illusions romantiques à la Disney. Une petite vaguelette de tristesse submergea son cœur mutilé et il laissa alors tomber la fourchette sur la table. Il se leva alors et entreprit d’enlever les couverts sales. Écoutant ce que son amie lui dit le fit sourire un peu et il claqua les doigts à la fin des explications de Juliane.

Robert- Pour les effusion… Euh… Non les infusions c’est ça? Du miel ça va aider?

Ouvrant rapidement deux armoires, il en sorti un pot de miel déjà entamé. Heureux et surtout souriant tendrement, le colosse plaça le nectar divin près des herbes. Portant ses mains rugueuses, immenses et couvertes de cicatrices à son menton prédominent, Le visage de l’homme devint songeur. Son ton lent et rauque envahis alors la pièce. Son regard bleuté se couvrit d’un voile de nostalgie.

Robert- Dans le bureau du patron de la mine, il y avait des photos. Des tous petits chevaux… Euh… Pour travailler dans les mines… Euh… J’aurais pu en porter un sou le bras.

Un sourire enfantin et rafraichissant se déposa alors sur les lèvres exsangues de l’homme difforme.

Robert- Tu imagines toi sur Tonnerre et moi avec un petit cheval sur les épaules? Courir dans les prais… euh… non près… Euh… dans les champs…

Riant doucement dans un premier temps, l’hilarité du monstre augmenta devant cette image comique de lui-même galopant dans un pré un cheval sur ses épaules. Quelques larmes de joie et de bonheur inondèrent son visage rustre et sévère. Les épaules massives tressautèrent aux mêmes rythmes latents de la joie diffuse de l’homme. Bobby s’arrêta alors de peine et de misère et passa son index pour essuyer les dégâts salés de son fou rire. Sortant une tasse, il la déposa alors devant l’ange à la chevelure cuivrée. Il emmena dans cet ordre : herbes, miel, cuillère et bouilloire. Le mastodonte dit alors, une lueur narquois dans son pétillant d’une joie presque enfantine.

Robert- Voilà pour ton remède… Euh… J’espère que ça va t’aider… Ensuite on va faire de la médecine à Sandra ok?

Appuyant ses fesses sur le rebord du comptoir de cuisine, il attendit que Juliane boive la totalité de son infusion aux herbes. Pour passer le temps, les doigts massifs du monstre de foire tapota sur la surface de bois en rythme. Sa voix mélodieuses et si merveilleuses enveloppa le chalet d’une chaleur joyeuse et de bien-être. À sa grande joie, Juliane semblait connaître l’air et ajouta sa touche personnelle à certain passage.



Quand le breuvage amer agrémenter de miel fut siroter juste à la dernière goutte, Bobby escorta la texane à l’extérieur. Le chant des oiseaux était apaisant et se plaça les mains dans le dos, le colosse prit un air faussement sévère.

Robert- Bon Sandra m'a montrer un truc pour guérir plus vite… Euh… Torépie… Non thérapie par le rire. Un clown était venu à l’hôpital… Euh… Le clown du film. Il a été bien gentil avec ma nièce et moi… Euh… Il m’a dit qu’il devait avoir plus de monde avec un cœur comme le mien… Pas trop compris ce qu’il a dit. Mais on devait rire à chaque jour…. Euh… Parler de Tonnerre t’a fait faire un beau sourire. Alors…


Se tournant subitement son dos massif à Juliane, il s’accroupit et fit un hennissement de cheval. Tournant le regard vers la merveilleuse dame qui venait de décider de partager le destin de l’être pathétique, Robert fit un petit sourire et un signe de tête insistant. La voix au ton rauque et à l’accent lent, dominé par une bienveillance des plus perceptibles, s’éleva avec une tendresse touchante à souhait.

Robert- Je ne cours pas aussi vite que Tonnerre et je ne suis pas aussi beau, mais je veux bien te porter sur mon dos pour t’amuser et te faire sentir libre… Euh… Saute, je ne mords pas!

Dans la tête de l’homme à l’armure de chaire répugnante, il se dicta la marche à suivre. Des rires à profusions, de la course autour du chalet et aussi se laisser charmer par la voix et les sourires de l’ange qui avait touché sa vie et son âme.



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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Sam 2 Jan 2016 - 16:06

Tout faire foirer… Une des spécialités de Juliane en ce qui concernait sa vie sentimentale. Lorsqu’elle avait quitté celui qui était maintenant son ex petit ami, sa mère et ses deux sœurs ainées lui étaient tombées dessus. Elle avait eut droit à pas mal de reproche, et à un : pose toi certaines questions Jill ! Questions du genre : pourquoi c’était toujours elle qui disait stop, pourquoi elle n’était pas capable de trouver une vraie raison valable à ces ruptures… Juliane s’était assise en repensant à tous ces reproches faits par sa famille, le regard dans le vide. Son visage avait bougé avec lenteur pour regarder à nouveau Bob, et elle lui adressa un sourire. Les histoires d’amour et les histoires d’amitié ne se conjuguaient pas de la même façon. La jeune photographe était bien plus douée dans le domaine de l’amitié. Ce n’était pas la même chose. « -ouais ba on verra si ce genre de chose arrive un jour… » Lança-t-elle avec une pointe d’ironie dans la voix, bien heureuse que Robert décrète qu’il était temps de manger. Trouver l’amour aujourd’hui ? Maintenant ? Elle n’avait déjà jamais cru au prince charmant… Alors trouver le grand amour, au milieu du monde actuel… Non fallait pas rêver. Pourquoi ils parlaient de ça d’ailleurs ?!

La question de Robert lui fit suspendre sa fourchette entre son assiette et sa bouche, la coupant ainsi dans son geste. Etre amoureux ? C’était une bonne question… Elle mit un peu de temps pour dire quoi que se soit, reposant sa fourchette dans son assiette. La faim n’était pas vraiment présente… Même si ce qu’avait préparé Robert était très bon. « -je crois pas que je suis la mieux placer pour t’expliquer ça… » Lorsqu’elle le vit lâcher sa fourchette, la jeune femme le suivit du regard. Elle tritura quelques secondes ce qui restait dans son assiette, avant de dire : « -certains disent que c’est une sensation magnifique. D’autres que ça fait comme avoir des papillons dans le creux du ventre. Y’en a qui parle de coup de foudre… Que lorsque tu rencontres LA personne c’est une sorte d’évidence. » Juliane esquissa une petite moue du bout des lèvres, avant d’ajouter : « -pour être sincère, je crois sincèrement que ça ne m’ait jamais arrivé. J’ai vécu des très belles histoires, j’ai éprouver de l’attirance pour certains hommes, j’ai ressentis du bien-être, j’ai été heureuse avec eux… Mais ça a jamais été THE love. » Elle baissa à nouveau les yeux et marmonna : « -le problème vient de moi… » Mais elle reprit plus fort : « -ça t’arrivera un jour. Après être amoureux, ne veut pas forcement dire que c’est un sentiment réciproque. Alors parfois ça doit surement faire plus souffrir que sourire. » Pff… Elle s’étalait sur une sujet qu’elle ne métrisait pas le moins du monde. Mais elle voyait bien que Bob semblait mal…

La jeune femme s’était levée avec lenteur, rapportant ses affaires pour la vaisselle. Elle adressa un sourire à son ami, et elle répondit, heureuse que le sujet soit évincé : « -oui avec du miel ça serait meilleur au niveau du gout. Merci ». Juliane cala son épaule contre le mur, les bras croisés sous la poitrine, souriant à ce que racontait Bob. Elle aimait cette bonne humeur qui se dégageait de lui, et cet esprit parfois si enfantin. Lorsqu’ils étaient ensemble, elle avait l’impression qu’une bulle se créait, et que plus rien de monstrueux n’existait autour. Elle se mit à rire en secouant la tête, soufflant : « -n’importe quoi… » Juliane se mit alors à tousser, et elle s’éloigna de quelques pas, sa main devant sa bouche. Elle reprit sa place autour de la table, et remercia d’un signe de tête le géant qui lui amenait ce dont elle avait besoin. Lorsque l’infusion fut prête, elle porta la tasse à ses lèvres, et elle grimaça à la première gorgée. Le miel ne faisait pas disparaitre l’amertume, même si cela la masquait quelque peu. Lorsqu’elle déposa la tasse vide sur la table, elle demanda : « -c’est quoi la médecine de Sandra ? » Elle était curieuse, et suivit Bob à l’extérieur.

Juliane sourit à Robert tout en l’écoutant. Le médecin avait raison. Il devrait y avoir plus de gens avec un cœur comme celui de Bob… Lorsqu’il lui tourna le dos en bas de marche du petit escalier, Juliane fronça les sourcils, se demandant à quoi il jouait. Resté en haut des marches, le visage de la jeune femme s’illumina d’un magnifique sourire alors que son visage allait de droite à gauche avec lenteur. Tout en commençant à rire elle répliqua : « -oh non Bob… Non… non… non… Hors de question… » Elle était morte de rire. Mais où allait-il chercher tout ça ?! C’était hors de question qu’elle lui saute sur le dos ainsi. D’une elle n’avait plus trois ans. De deux, elle ne se voyait pas faire ça. Juliane s’assit sur la première marche du chalet, et elle lança toujours en riant : « -tu sais que tu fou comme type ? » Les coudes sur les genoux, des flammes de joie dansaient dans ses prunelles alors qu’elle fixait son ami. Elle les leva d’ailleurs au ciel, mais Bob ne cessait de la fixer avec insistance. Jill finit par capituler riant toujours et encore, elle descendit les trois marches, et elle prit quelques pas de recule. « -t’es prêt ? » lança-t-elle avant de s’élancer avec élan, sautant ainsi sur le dos immense de Robert. Ses bras autour de son cou, elle riait encore et encore. Un simple moment d’immaturité total, un simple moment de bonheur entre ami. Un simple moment qui permettait l’oubli.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Dim 3 Jan 2016 - 22:10

Les deux rires se mélangeaient dans un ballet aérien des plus symboliques. La douceur et le son cristallin de l’ange à la chevelure cuivrée accompagnant celui enfantin et rauque du monstre de foire. Un peu plus et Robert pouvait se revoir avec Sandra lors de leurs balades dans les bois. La demoiselle adorait monter sur les épaules massives de son nounours et d’apprécier le panorama de cette tour mobile. À cet instant, les bras graciles de Juliane enserrés autour de son cou de taureau, Bobby était au paradis. Son cœur débordant de bonté et de joie ne voulait plus arrêter cette course autour du chalet. Comme si son univers venait d’être enfermé dans une bulle que même les coups des goules se pourraient fracasser. Combien de temps dura cette folle escapade, le colosse ne pouvait le dire et dans un sens il s’en fichait. Il avait l’impression qu’il pouvait étirer le temps, figer un instant pour l’éternité ou bien encore reculer pour revoir en boucle les expressions de joies qui parcouraient le visage aux traits divin de la Texane. Il ne pouvait s’imaginer à cet instant qu’il était près de tomber amoureux, mais il serait dans le déni pour sa vie. Car il s’était fait dire par sa sœur qu’il ne pouvait pas avoir d’amitié en amour et le lien qui grandissait entre lui et la photographe était trop précieux à ses yeux. Le mastodonte eut alors la révélation que c’était une amitié solide, une fraternité que seule la mort pourrait briser. Cet état de grâce qu’il n’avait jamais connu se propagea en son for intérieur. Une fierté qu’une personne fasse confiance au rebut de la société qu’il était. Ce sentiment qui semblait se définir comme un rapport délicat, fondé sur l’estime et la confiance réciproque. Il ne comprenait pas le comment, mais Robert espérait que petit à petit des sentiments subtils se créent, mais dans un espace et un enchainement continu, doux et dépourvu de pulsions sexuelles ou de séduction. Ils n’étaient que deux êtres qui avaient décidé d’affronter les difficultés de la vie côte à côte. Dans la joie et la peine, la belle et la bête auront un destin entrecroisé dans une amitié que peu pourront comprendre et apprécier.

Mais dans ce monde chaotique et dont la grisaille camouflait la mince lueur d’humanité qui essayait de subsister, ces rares moments de joie étaient précieux. Mais comme les contes d’enfants que Sandra lisait au colosse pour lui apprendre à lire, les êtres ignobles dont la loyauté était tournée vers le mal absolu détestaient ces effusions de bonheurs. Au loin deux êtres décerveler, un ancien Ranger du parc national et un randonneur qui n’étaient que l’image terni de leur vitalité passé, tendirent l’oreille pour capter ces rires de bon enfant. De leurs pas chancelants, ces deux parodies d’humanité s’avançaient dans la direction de ces éclats de voix. Ces créatures, dont seulement leur corps décomposé et labouré de plaies pouvait justifier un mince lien avec l’homme, n’avaient qu’une obsession en tête. Assouvir leur appétit bestial et répugnant et se gorger de sang frais de gens bien vivant. Bientôt leurs yeux glauques et dont l’iris blanchâtre se porta sur le couple en train de slalomer entre des obstacles imaginaires. Le duo macabre se sépara à cause des hasards du chemin. Le randonneur venait de tomber dans une petite ravine et il fit un petit cercle pour rejoindre le festin si prometteur.

Robert était tout heureux de gambader avec son précieux fardeau quand la créature d’outre-tombe. Le chapeau de « SmokeyBear » en équilibre précaire sur la tête hagard couvert dont la bouche était barbouillée de sang coagulé. Il ne restait que son ceinturon avec quelques pochettes d’intacts. Le reste de l’uniforme que le garde forestier devait avoir chouchouté depuis si longtemps était rendu en lambeau. Il manquait même une botte à un des pieds vers de gris de l’abomination. Le premier réflexe de l’homme déformé fut de donner un puissant coup de pied dans les cotes de la goule pour gagner un peu d’espace. Car le mastodonte avait bien failli, percuter le zombie de plein fouet en tourna d’un coin. Le poids supplémentaire, celui de la précieuse vie que le monstre de foire transportait à califourchon sur son dos, faillit faire tomber l’homme. Reprenant un équilibre précaire, il lâcha avec douceur les cuisses de sa cavalière et celle-ci desserra son étreinte autour du cou du colosse. Dès que les pieds de sa chère amie, de son ange à la chevelure cuivrée en vérité, sont bien ancrés au sol, Robert laissa le monstre prendre possession du dominion. Poussant un meuglement de rage, le simili minotaure chargea sur son ennemie nullement impressionnée. Donnant un coup de poing magistral à la mâchoire de l’individu doté du syndrome de rigor mortis, le colosse entendit avec satisfaction le son d’une cassure nette. Robert descendit un direct dévastateur sur la mâchoire patibulaire de l’homme, la cassa. Une gerbe de sang, de dents et de fluide nauséabond fit un arc à la sortie des lèvres de l’être répugnant quand la tête pivota brusquement. Mais grâce à sa vigueur surnaturelle, la goule ne recula d’un pas. Bobby en fut soufflé, car personne n’avait pu résister à la fureur se ses poings. Tous ses adversaires mortels étaient tombés au sol en pleurant leur matrone. Mais ne se laissant pas démonter de la sorte, le géant plongea sa main vers la gorge blanchâtre du mort-vivant. Ensuite de son autre main, il saisit la fourche de l’être écervelé et Robert plia les genoux. Poussant un grognement de mauvais augure, le colosse souleva le défunt garde forestier et le maintient en hauteur. S’avançant vers le rebord de la ravine, l’homme difforme propulsa la silhouette cadavérique vers les abimes de la forêt. Tel un projectile puant la mort, la tête immonde s’écrasa sur un tronc d’arbre et le crâne se fendit comme un fruit trop mûr. Le corps sans tête continua à bouler vers le bas de la pente follement.

Se tapant dans les mains, fier que le méchant qui mord n’eût pas pu planter ses mandibules dans le corps svelte et athlétique de son amie, Robert se tourna vers le chalet en souriant. Sourire qui fut vite disparu de son horrible faciès. Aucune trace de celle qui venait de se prêter à son jeu stupide. Aucune trace de Juliane, de sa chère amie, de sa nouvelle sœur d’âme. Se fichant de la présence probable d’autres prédateurs trépassés, Bobby commença à courir pour retrouver celle qui venait de lui démontrer ce qu’était la véritable amitié. La voix forte, chargé d’une inquiétude et d’une peur viscérale, jaillit de la gorge monstrueuse de l’être déformé.

Robert- JULIANE OU ES-TU ? RÉPOND-MOI !

Les tripes nouées par l’impuissance, le regard bleuté du colosse parcouraient la scène si familière de son refuge dans le vain espoir de voir surgir son amie…



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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Dim 3 Jan 2016 - 23:12

Savoir profiter des moments de bonheur que la vie était capable d’offrir… C’était sans doute ce qu’il fallait faire maintenant… Ce genre de moment deviendrait surement de plus en plus rare si l’épidémie n’était pas vite stoppée. Au milieu de la forêt, dans ce petit chalet, en la présence de Robert, Juliane avait l’impression d’être dans une bulle de protection. Que rien ne pouvait arriver jusqu’ici. Rire aux éclats ainsi, cela lui procurait un bien fou ! A nouveau grâce à Bob, les morceaux d’elle-même qui avait volé en éclat lors de l’arrivé brutale du virus, s’emblaient se recoller. Ne pas perdre son âme d’enfant… C’était important pour elle. Et c’était pour cela qu’elle avait finalement accepter de grimper sur le dos de son ami comme elle l’aurait fait à l’âge de cinq ans !

Mais lorsque ses yeux avaient distingués le rodeur, sans doute un peu trop tard, ses mains s’étaient détachées du cou de Bob, se posant sur ses épaules. Un petit cri était sorti de sa gorge et c’était avec précipitation qu’elle avait posé les pieds au sol. Jill avait reculé de deux pas, Robert semblait savoir ce qu’il faisait. Elle ne voulait pas le gêner dans ses mouvements. Après tout, elle n’était pas vraiment une pro pour éliminer les infectés. Elle en était à deux… Et cela lui suffisait… La jeune femme recula jusqu’aux marches du chalet grimpant celles-ci afin de se mettre un peu plus en sécurité.

Elle tata les poches de son pantalon. Et d’une main tremblante de peur, tout en voulant faire des gestes rapides, elle sortie son couteau. Ses yeux faisaient des allers-retours entre son arme dont elle tentait de sortir la lame et Robert qui menait un corps à corps à mains nues. Mais lorsqu’elle parvint enfin à être armée, une main décharnée vint agripper son bras, lui faisant pousser un cri de stupeur. Reflexe ou non, son coude percuta le front de l’infecté, évitant ainsi la morsure et la libérant de l’emprise de l’être décharné. Pourtant son couteau lui avait échappé. L’effet bien que positif pour elle ne le fut pas pour Bob. Le rodeur sembla repérer le géant. Hors de question qu’il s’éloigne pour changer de cible.

Jill siffla alors, agitant les bras afin de faire revenir le rodeur à elle. « -hé je suis là ! » Elle passa sous la barrière du petit balcon qui faisait le tour du chalet, appelant toujours comme elle le pouvait le rodeur. Un regard rapide à Bob… Elle ne le voyait plus, entrainant le rodeur plus loin. Celui-ci se jeta de la rambarde, s’écrasant sur le sol. N’ayant plus de couteau entre les mains, Juliane chercha des yeux quelques choses qui pourraient lui servir d’arme. Elle recula en fixant à nouveau le rodeur des yeux, et comme une conne, ou une putain de débutante, elle trébucha, se retrouvant les fesses dans l’herbe. Bien entendu monsieur grognant agrippa les chaussures de la jeune femme, et elle sentit la peur couler à flot dans ses veines. Un coup de pied, puis un autre, alors qu’elle se trainait comme elle le pouvait pour éviter l’être immonde. Soudainement sa main se posa sur une grosse pierre. Et ce fut le flash !

Sans plus réfléchir, elle la souleva et l’abattit sur le crâne de l’infecté. Les os éclatèrent et le sang noirâtre gicla. Un second coup avec plus de force encore. Cette fois-ci, l’être ne bougea plus. La jeune femme, le souffle court, les dents serrées à s’en fendre la mâchoire, avait du mal à déglutir, son regard ne quittant pas le cadavre qui s’étalait à ses pieds. De rage, ou pour évacuer sa peur, Juliane abattit encore trois fois la pierre sur la crâne, le réduisant ainsi en bouillie. Des larmes coulaient sur son visage, à mesure qu’elle frappait encor et encore…

Ce fut la voix lointaine de Robert qui la sortie de sa violence. Elle lâcha alors la pierre, regardant ses mains rougies et tremblantes. Jill battit des pieds pour se libéré des mains du rodeur, et reculant encore un peu, elle se replia sur elle-même, les genoux sous le menton, les bras autour de ses jambes. « -je suis… » Souffla-t-elle d’une voix faible et presque imperceptible, le regard ne quittant pas le rodeur. Avalant sa salive, sa main gauche vint à la rencontre de ses cheveux, les mettant ainsi encore plus en bataille. « -je suis… » Tenta-t-elle à nouveau…

Comment cela avait-il pu arriver si vite ? Pourquoi surtout ! Les yeux de la jeune femme passèrent du cadavre à la grosse pierre qui lui avait servit pour l’exécution de l’être déjà à moitié mort. Le menton tremblant, elle reprit plus fort cette fois-ci : « -je suis là ! » Cette fois, elle enfouie son visage entre ses mains, chassant ainsi les larmes de peur. Jill respira avec lenteur, avant de donner un coup de pied dans le corps décharné afin de l’éloigner d’elle, le faisant rouler sur lui-même. « -je suis là ! » hurla-t-elle toujours assise dans la terre. Elle posa ses coudes sur ses genoux, les jambes légèrement écartés, une main dans les cheveux.

La bulle avait éclaté de façon si violente… Que le retour à la réalité en était vraiment douloureux… C’était une douleur cuisante, comme une baffe en pleine figure qui laisse une marque sur la peau. C’était pourtant ça le monde… C’était pourtant ça leur monde… Lorsqu’elle aperçue Robert, elle lança avec ironie, tout en reniflant : « -pas terrible les voisins… » mais la ton de sa voix trahissait la peur qu’elle avait eut.


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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Lun 4 Jan 2016 - 15:47

L’angoisse du géant était à son comble. Le chant des oiseaux s’était tues, comme pour essayer de camoufler leurs présences aux miasmes pestilentiels que dégageaient les carcasses pourrîtes des goules. Un silence de mort pesait sur la petite clairière où nichait le chalet. Le refuge jetait des ombres menaçantes autour du mastodonte désespéré. Il ne voyait nulle part l’ange à la chevelure cuivrée. Celle qui avait amené une telle luminosité dans sa morne vie. Un cri mit fin à l’incertitude du colosse pour serrer son cœur d’effroi. Courant avec toute la célérité dont il était capable, Robert tourna le coin de son antre et posa son regard bleuté sur un carnage sans nom. Un corps dont la tête était proprement éclatée, la matière cervicale et les os éparpillés comme une auréole dégoutante.  Une pierre portant des éclaboussures de sang noirâtres. Mais la silhouette de son amie fit prendre l’ampleur du tragique de la scène.  L’ange à la chevelure cuivrée était assis au sol, les jambes repliées et les bras enserrant ses genoux. Des fluides répugnants et collants couvraient ses mains graciles. Aussitôt, la douce voix de Juliane s’éleva dans les airs, se faufila au travers de sa chevelure en bataille. Même dans sa détresse, que Robert sut deviner à cause de son empathie grandissante, son amie essayait de paraître forte et d’épargner le monstre de foire. Mais au ton de la voix, de sa posture et de la chair de poule qui couvrait ses avant-bras visibles, Bobby sut qu’elle la terreur et la frayeur s’étaient inséminé dans l’âme si belle de son ange. Se laissant tomber à genoux près de la silhouette athlétique et si parfaite de celle qui avait conquis son amitié, la brute avança ses paluches immenses et rugueuses. Non pour la serrer dans ses bras. Mais passant une paluche sous les genoux repliés et l’autre dans le dos de la jeune dame en état de choc, il laissa son torse s’appuyer sur celui de Juliane. Chacun des gestes de l’homme difforme était empreint d’une douceur et d’une tendresse que peu de gens pouvaient se vanter de posséder. Se redressant avec lenteur, le géant laissa quelques instants pour laisser son cœur torturé de cicatrices parler pour lui. Chaque battement rythmé était un apaisement pour l’ange niché dans les bras monstrueux de l’erreur de la nature. La voix dure et rauque, mais enveloppée d’une bienveillance et d’une bonté se libéra de l’emprise de ses poumons. Comme c’était souvent le cas, la pureté et l’innocence de chaque syllabe prouvait que les pensées venaient directement du cœur et n’avait aucunement consulté l’esprit lent à souhait du mineur.

Robert- Les voisins n’aiment pas les gens heureux, je crois… Euh… Et ils puent comme ceux de l’accident de la mine… Euh… Je parle des morts hein, il n’avait pas de méchants qui mordent là-bas. On entre Jill.

Essayant de faire sourire un peu l’ange qui semblait être doté d’une aura si éclatante d’humanité, les traits atypiques de l’homme se muèrent en un sourire quelque peu fade.

Robert- Continue à sortir et on va devoir te trouver des vêtements de recharges… Euh… Les miens sont trop grands.

Souriant bêtement, le sosie de Frankenstein franchit le pas du chalet avec Juliane dans ses bras. Un peu comme un marié transportant l’heureuse élue dans leur nouvelle demeure. Une pensée fugace traversa l’esprit lent de la bête. Jamais il ne pourrait se marier et emmener celle qui avait fait chavirer son cœur vers leurs nids d’amour. Déposant la douce silhouette sur le canapé d’un autre âge, le monstre de foire remit une autre buche dans le foyer. Allant dans la cuisine, Bobby se mit en quête d’une bassine. Trouvant son bonheur, il saisit une vieille serviette rêche et une barre de savon.  Versant le reste de la bouilloire et refroidissant l’eau avec celle de la pompe, le colosse emmena le tout à son amie. Laissant ses trouvailles sur la table basse, Bobby alla verrouiller la porte d’entrée et pour plus de sécurité plaça deux ou trois meubles près pour la bloquer.  S’assoyant tout près de l’ange, Robert entreprit de se laver la main avec la bassine. Laissant sa main avec le bandage bien en vue, il ne put s’empêcher de rajouter dans un murmure.

Robert- Ne pas mouiller le pansement…

Voyant une petite trainée de sang maculant la pommette si soyeuse de son amie, Bobby prit la serviette et la trempa délicatement dans l’eau. Avançant une main tremblante et gauche vers le visage aux traits divins, la douce dame pouvait remarquer qu’il n’avait aucun tremblement. Une nouvelle étape était franchie dans le lien qui s’était tissé entre les deux âmes.  Comme la douceur du vent se faufilant dans les feuilles d’un chêne centenaire, Robert nettoya la joue de Juliane. Des gestes tous en légèreté. Quand leurs ablutions furent finies, le géant se leva et alla porter la bassine d’eau. Mais par maladresse ou bien intentionnel, nul ne le pouvait le dire même pas le principal fautif, la démarche chaloupant du géant s’accrocha dans les fleurs du tapis. Essayant de garder le liquide dans le récipient, Bobby s’en étala sur le devant de son pantalon et un peu sur sa chemise. Regardant la jeune femme, l’air outré de la bête se transforma en une humanité si touchante. Un rire d’une pureté salua la gaffe de l’être difforme et tout en s’essuyant avec la serviette, son hilarité de bon enfant devait être merveilleuse à voir. Épongeant son dégât, il déposa le tout à la cuisine. Revenant s’assoir près de l’ange à la crinière cuivrée, Il fouilla dans le sac à dos à ses côtés. Prenant un livre aux coins écornés, il en saisit le marque-page. Fouillant dans sa poche de chemise, le géant arrêta son geste et un air soucieux apparut sur son faciès monstrueux.

Robert- Euh… J’essaie de lire ce livre que Sandra m’a donné. Magicien d’Or je crois. Ça parle d’une fille avec un robot, un truc de paille et un lion… Elle disait toujours que j’étais les trois et elle la fille. Pas trop sûr de comprendre. Je ne suis pas un robot ni les autres trucs… Mais ne ris pas de moi ok?

Juliane devait penser que l’erreur de la nature parlait de sa lenteur de lecture, mais Bobby sortit une paire de lunettes aux branches noires et épaisses. Des verres épais et solides ornaient les lunettes de lecture du monstre de foire. Le tout semblait absurde dans le visage aux traits atypiques. Un peu comme le mélange entre le monstre de Frankenstein et un Bill Gates. Regardant la Texane, Robert ne put s’empêcher de cligner les yeux de façon outrageuse. Cela faisait toujours rire sa nièce adorée. Partageant l‘hilarité de sa complice, le colosse fit entrer en collision son épaule massive sur celle de son amie. Un petit coup de franche camaraderie. Haussant ensuite les épaules, il demanda simplement.

Robert- J’ai l’air moins ou plus con avec mes lunettes de lecture?


Laissant le temps de calmer leurs fous rires passagers, le mastodonte haussa un sourcil interrogateur.

Robert- Tu connais l’histoire? Tu peux m’expliquer c’est quoi au juste.

Écoutant attentivement l’ange assis près de lui, le colosse essaya d’absorber toutes les informations. Ensuite il commença à lire à voix haute, articulant les mots qu’il parvenait de peine et de misère à déchiffrer au travers de ses fonds de bouteille. Quand le supplice de la page prit fin, il regarda le doux visage de celle qui illuminait maintenant sa vie.

Robert- Euh… Je crois que tu devrais aller te coucher Jill. Récupérer des forces.

Une sollicitude et une tendresse se dégageait de l’immonde carcasse de l'homme difforme...



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Mar 5 Jan 2016 - 23:47

Pourquoi avait-elle signalé sa présence à Robert ? Sans doute pour la rassurer, lui signifier qu’elle était toujours vivante. Mais certainement pas pour qu’il accourt. A ce moment précis, elle désirait seulement être seule. Ne pas avoir à parler, à dire quoi que se soit. Peu à peu des larmes de rage lui montaient aux yeux. Elle était en colère contre ce monde qui prenait la vie des gens et les transformaient en… En quoi ?! En cadavres ambulants affamés… Est-ce que c’était une sorte de punition divine ? Où bien une éprouvette dans un labo qui avait explosé ?! En tout cas, ce qui était certain pour elle, c’était que ce virus ou ce truc, peut-importe ce que c’était vraiment, condamnait autant les vivants que les morts. Pour la jeune texane, la vie était quelque chose précieux, qu’il fallait chérir et dont il fallait prendre le plus grand soin. Aujourd’hui, elle venait de réduire la tête d’un homme en bouillie ! Des propres mains ! Et ce qui la terrifiait le plus c’était la violence avec laquelle elle avait porté ses coups, encore et encore. En réalité, elle se dégoutait.

Voulant donner le change, ou bien pour préserver Robert, Juliane balança trois mots avec ironie. Mais lorsqu’il s’approcha d’elle, la jeune femme esquissa malgré elle un mouvement de recule. Non pas à cause de lui, mais bien à cause d’elle, de ce qu’elle était, de ce qu’elle avait fait. Pourtant son regard croisa celui de Robert, et ses pupilles pleines de larmes se fermèrent alors qu’elle nichait son visage dans le cou de son ami. Que ferait-elle sans lui ? Il était sa force, son point d’ancrage au milieu de la tempête qui sévissait à l’intérieur de son être. Une fois dans bras, elle s’agrippa à lui, ses poings serrant sa chemise avec force. D’une petite voix faible elle souffla : « -je ne vais plus sortir… » Cela simplifierait les choses.

Lorsqu’il la déposa sur le canapé, Juliane ne bougea pas d’un centimètre. Son regard se perdit dans les flammes du feu de cheminée qui n’avait pas le pouvoir de réchauffer son être. Les deux bras croisés sur la poitrine, comme si elle voulait se protéger, elle ne fit même pas attention au va et vient de Bob pourtant non loin. Elle cligna enfin des yeux lorsqu’il vint s’assoir en face d’elle, et qu’elle vit l’eau de bassine de tinter d’une couleur rougeoyante. Juliane releva avec lenteur son visage pour regarder cette fois-ci son géant. Il effleura à cet instant précis sa joue. Durant ce geste doux et attentif, elle ferma les paupières en se mordant les lèvres alors que son menton tremblait. Doucement, elle ouvrit à nouveau les yeux, et après un instant elle bougea enfin afin de laver également ses mains. Etrangement, ses gestes furent lents et appliqués. Là où on aurait pu croire qu’elle se serait précipitée afin de d’effacer toutes traces de l’acte qu’elle avait commis. Elle insista pourtant sur les ongles afin que plus rien de reste sur sa peau.

Même si son âme était complètement disloquée, la jeune femme trouva la volonté d’adresser un sourire, certes faible, à Robert lorsqu’il reprit la bassine qui contenait l’eau maintenant souillée. Son sourire s’étira un peu plus lorsque Bob fit preuve de maladresse, mais aucun rire ne sortie de sa gorge. Pas cette fois.
Comment faisait-il pour passer si vite à autre chose ? Elle en était complètement incapable. A chaque fois qu’elle ôtait la vie ou peu importait comment on devait appeler ça, Juliane avait l’impression de déchirer son âme. Impossible pour elle d’éclater de rire quelques minutes plus tard. Même si elle était consciente que Robert faisait de son mieux pour la voir sourire à nouveau. Ça reviendrait. Elle passerait par-dessus… Mais il lui fallait un peu de temps…

Remontant ses genoux sous son menton, Juliane jeta un coup d’œil au livre qu’avait sorti Robert. Tout en soufflant le titre correct de l’ouvrage avec douceur, Juliane calla sa tête contre le bras de son ami. Un léger froncement de sourcils lorsqu’il lui demanda de ne pas rire de lui. Jill avait comprit qu’il avait des difficultés de lecture, alors pourquoi… La jeune femme se redressa penchant la tête sur le côté pour mieux voir le visage de Bob orné de ses lunettes. Peu à peu un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle ne lui rendit pas son coup d’épaule, au lieu de ça, elle préféra à nouveau venir caler sa tête contre son bras. L’histoire… Heu… ça faisait bien longtemps que Juliane n’avait pas pensé au Magicien d’Oz. Mais après quelques secondes de réflexion, elle parvint à dresser un pseudo résumé de l’histoire.

A mesure que Bob faisait la lecture, Juliane sentait son corps se détendre, bercer par la voix rauque du mineur et par la chaleur du feu de cheminée. Elle se sentait épuisée… Et peu à peu, même si elle tentait de lutter, ses paupières se faisaient lourdes. Un léger sursaut la saisit quand il lui proposa d’aller dormir. Les yeux rempli de sommeil, la jeune femme adressa un petit sourire à son ami, et hocha de la tête. Avec des gestes lents et d’un pas trainant, elle rejoignit la chambre, quitta sa chemise pour ne rester qu’en débardeur, jetant ses chaussures ça et là d’un geste du pied. Juliane se glissa dans le lit, se pelotonnant sur elle-même.

Combien de temps de sommeil lui fut-il accordé avant que de sombres cauchemars n’envahissent son esprit ? Sans doute trop peu pour son état de fatigue. S’agitant dans les draps, tournant la tête à gauche puis à droite, elle finit par hurler en se redressant d’un coup. « -non !! » Le souffle court, le visage en sueur… Juliane venait d’émerger avec violence de son sommeil… Les rodeurs venaient la poursuivre jusque dans ses rêves…




Il fut un temps où tu étais sauvage
ne les laisse pas te dompter...
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Aujourd'hui à 4:09

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