Partagez | .
 

 Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant
Auteur
Message
Juliane Lyndey
Northern Creek
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 01/11/2015
Messages : 612
Age IRL : 28

MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Sam 5 Déc 2015 - 14:06

Ça faisait longtemps que Juliane ne s’était pas sentit ainsi en sécurité. Même lorsqu’elle avait rencontré Tom, elle n’avait pas ressentit cela. Sans doute parce qu’ils étaient en ville, et que déjà de base elle n’aimait pas ça. Mais ce soir, malgré la fatigue et la maladie qui lui donnait une impression d’étouffement, elle savait qu’elle pouvait dormir sur ses deux oreilles. Bob était là pour elle maintenant. Ils étaient là l’un pour l’autre. Elle n’était plus seule dans ce monde apocalyptique. Elle avait quelqu’un pour l’accompagner. Quelqu’un avec qui parler, rire ou encore seulement apprécier la présence. La solitude était sans doute ce qu’il fallait éviter aujourd’hui. Tout comme les infectés. Ensemble, les gens étaient plus fort non ? Enfin encore fallait-il pouvoir faire confiance aux gens rencontrés. Tout le monde n’avait pas la même âme charitable et pure que Robert.

Une fois la porte poussée, elle était restée quelques secondes là, sans bouger, un simple sourire sur les lèvres à regarder l’ours en peluche. C’était enfantin, mais c’était tellement chou. Elle aimait ce point là chez le géant. Ce côté enfant innocent. Un léger toc toc à la porte lui fit lever les yeux, et elle souffla : « -d’accord… » En voyant la main de Bob passer la porte, un léger rire sortie de la gorge de Juliane. D’autres hommes seraient entré, juste pour voir si elle avait déjà retiré un vêtement. Pour se rincer l’œil. Mais le fait qu’il reste à la porte, sans même la pousser était encore une fois la preuve qu’il était innocent, presque comme un enfant. Juliane déposa monsieur nounours sur le lit, pour aller chercher dans son sac, d’un pas peu assuré, son appareil photo. Si demain matin elle pouvait l’allumer, elle serait la plus heureuse. Ce petit appareil de grande qualité faisait comme partie intégrante d’elle-même. Et depuis qu’il s’était éteint, il lui manquait quelque chose. Avec délicatesse, elle déposa l’appareil dans la main de Bob, et souffla un merci.

Les bruits de pas du géant se firent entendre dans la pièce adjacente, et Juliane avança en direction du lit, titubant presque. La fièvre était toujours là, elle le sentait. Son front était brulant. Il fallait que cela passe. La jeune femme quitta ses chaussures, et elle se glissa dans les draps, sans prendre la peine de se dévêtir. Même s’ils semblaient en sécurité et qu’elle se sentait sereine, elle savait qu’il fallait être prêt au cas où… Sous trois épaisseurs de couvertures remontés jusqu’au menton, monsieur nounours sur l’autre oreille, Juliane trouva rapidement le sommeil, bercée par la voix chaude et mélodieuse de Bob…

Son sommeil ne fut pas des plus sereins. Semés de cauchemars dans lesquels des visages décomposés et des mâchoires avides de chaires fraiches lui venaient par vague, Jill s’était agitée entre les draps, tentant de fuir ces menaces qui n’étaient que des illusions de son esprit fatigué.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, le soleil était déjà levé. Jill mit quelques secondes à analyser le lieu dans lequel elle se trouvait. Puis les souvenirs remontèrent dans sa mémoire et elle sourit. Pas de bruit. Bob devait certainement encore dormir. Sa main gauche vint se poser sur son front. Visiblement la fièvre avait disparue. Soulagement. Alors la jeune femme se leva silencieusement, enfila ses chaussures, saisit sa veste et son sac. Elle pénétra dans la pièce principale du petit chalet, et son regard remplit de douceur se posa sur le corps immense du géant encore assoupit. Toujours aussi silencieusement que possible, elle se dirigea vers son appareil photo, sur lequel un petit voyant vert lui signifiait que la batterie était pleine. Elle glissa le si précieuse appareil dans son sac, et elle ouvrit la porte d’entrer avant de la refermer une fois dehors après un dernier regard à l’homme qui dormait devant la cheminée.

Juliane s’emmitoufla dans sa veste, et installa son sac sur ses épaules avant de descendre les quelques petites marches du chalet. Elle s’enfonça dans les bois, sur ses gardes à chaque seconde. Mais visiblement tout était calme pour l’instant. Les oiseaux chantaient gaiement, et elle eut l’impression que tout allait bien. Que le monde n’était pas au bord du gouffre. Un léger petit nuage de fumée sortait de ses narines à cause de froid qui régnait. L’hiver arrivait à grand pas… Bientôt le gèle, la neige…

Elle se retourna pour regarder le chalet qu’elle venait de quitter. Ce petit havre de paix loin de l’horreur des hommes. Cette maisonnette qui abritait un homme unique. Un ami.
Mais pour l’instant, elle ne pouvait pas rester. Elle partait à la recherche de plantain. Lorsqu’elle était enfant, sa mère avait trouvé sage d’apprendre à ses filles le pouvoir et les vertus des plantes. Celle-ci avait le don de lutter contre la toux. Même si la fièvre semblait l’avoir quitté, la toux était toujours là. Alors faute de médicament, elle ferait des infusions avec cette plante. Peut-être aurait-elle du laissé un mot griffonné à l’intention de Bob. Pour lui dire qu’elle revenait, qu’elle ne l’abandonnait pas. Pensant à cela, elle décida de presser le pas, et de trouver au plus vite ce qu’elle chercherait afin de pouvoir regagner au plus vite le chalet.


Il fut un temps où tu étais sauvage
ne les laisse pas te dompter...
Revenir en haut Aller en bas
Bobby Smith
Lost Angels
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 02/11/2015
Messages : 1589
Age IRL : 39

MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Lun 7 Déc 2015 - 9:54

Robert s’était assoupi avec le sourire. Un sourire innocent et totalement harmonieux qu’on pouvait oublier la laideur de l’individu. Voyant les flammes danser langoureusement dans le foyer, l’esprit de la chose était à des mille lieux de là. Dans un univers cotonneux où les siens lui étaient rendus pour le temps des rêves. Sandra était assise près de lui et Rosalie cuisinait un ragout de boulettes pour l’appétit insatiable de l’homme. La voix aux intonations pures s’éleva pour le plus grand bonheur des anges présents et pour une des rares fois, l’être ignoble pouvait se laisser aller. Aucun jugement, aucune messe basse ou bien de violence ne pouvaient perturber cette oasis de paix. Et maintenant une nouvelle apparition tout aussi divine venait de se rajouter pour la plus grande joie du mastodonte. Un ange à la chevelure cuivré au sourire si merveilleux et sincère vint s’assoir près de sa nièce adorée. Juliane tenait à sa main l’appareil photo et elle l’alluma. Curieuse, Sandra s’était approchée et Robert laissa les deux jeunes femmes faire connaissances. Dans la main immense du colosse se trouvait une feuille remplie de mots. Une chanson que la future compositrice avait écrite pour son oncle. Chaque lettre, chaque phrase s’inscrivirent alors en lettres de feu dans l’esprit lent du monstre de Frankenstein. Le doux fumet du plat s’infiltra alors dans les narines de Robert et elles frémirent d’excitation. Mais doucement le corps déformé de Bobby commença à se réveiller. Anéanti de devoir quitter ce songe si merveilleux, une vision du paradis habité par trois êtres céleste, la chose essaya de s’agripper de toutes ses forces. La créature voulait rester pour toujours dans cette illusion de perfection, dans ce plan où son apparence n’était pas perçue comme une abomination, mais d’où son humanité primait.

Les doux rayons du soleil automnal vinrent chatouiller le visage de l’homme assoupi. Quelques petites grimaces et grognements confirmèrent la fatalité que chacun d’entre nous devra subir, à savoir le pénible réveil. Gardant ses yeux aux reflets bleutés si purs, le colosse essaya de revivre quelques instants de ce rêve si agréable. D’être en mesure de dire une fois de plus qu’il aimait les deux anges de sa vie et de remercier Juliane. De lui dire qu’elle l’avait persuadé de continuer à vivre, de croire au genre humain, de se battre pour une nouvelle personne et de n’être qu’un ange elle aussi. Car lui dire tout ça de vive voix serait tout bonnement impossible pour la créature gênée et au vocabulaire si limité. S’étirant en ouvrant les yeux, Robert bâilla largement et se dirigea vers la porte donnant vers l’extérieur pour le premier jet d’urine du matin. Mais rendu au portillon de son antre, le doute s’inscrit sur les traits atypiques du faciès monstrueux de l’homme. Les loquets étaient tous enlevés. Une gamme d’émotions passa sur le visage soudainement cendreux de l’homme à la musculation disproportionnée : de la peur, le doute, la surprise et un brin de résignation. Car Robert se doutait un peu de ce qui se passait. Mais tout son être se rebellait contre cette idée absurde. Tournant sur lui-même, laissant la porte sans protection, le premier indice de ses doutes lui sauta aux yeux. L’appareil photo ne trônait sur la table de cuisine. Le cœur immense du mastodonte rata un battement et le rouge de la confusion envahit subitement les joues mal rasées du monstre de foire.

Ne voulant pas croire cet état de fait, la créature hébétée fit quelques pas hésitants et gauches vers la porte de la chambre entrebâillée. À l’intérieur de l’armure grotesque de chaire du colosse, une bataille se faisait rage. D’une part, l’esprit lent et la fatalité qui chuchotait que Juliane était partie, laissant la pathétique créature derrière sans un regard. De l’autre côté, le cœur torturé de cicatrices fraîches et l’humanité de l’homme ne pouvaient croire ses mensonges. La bonté de l’ange à la chevelure cuivrée lui était apparue tellement brillante et pure. Lever le poing pour toquer à la porte fut le second geste le plus difficile que le colosse eut à faire de sa vie. L’action la plus éprouvante fut naturellement l’inhumation et le deuil de n’avoir pas pu être là pour ses anges. Ravalant sa salive pour essayer de ne pas avoir la voix cassée par l’émotion qui le ravageait, Bobby toqua trois fois faiblement.

Robert- Euh… Juliane…Ça va?

Poussant le battant avec une douceur presque hypnotique, le géant ferma les yeux pour fuir la réalité qui venait de voir. Le lit défait, le sac à dos envolé, l’absence de l’être divin qui avait partagé une soirée d'amitié avec la lie de l’humanité. Juliane était partie. Elle avait quitté l’antre de la bête pendant que bobby dormait bien pour la première fois depuis si longtemps. Hochant la tête dans une pitoyable tentative de négation les traits atypiques du mineur se transmuèrent totalement. Envolé l’air béat et d’innocence. Un masque dur comme la pierre et dépourvu de vie venait de prendre place. Laissant entrevoir la dureté nouvelle de son regard, le colosse se rua vers la porte du chalet. L'ouvrant à volée, l'être fut parcouru par une rage et une frayeur enfantine. Mettant ses mains en porte-voix, Robert hurla sa dernière chance vers un monde qui venait une autre fois de le laisser à l'abandon.

Robert- JULIANE!!!!!

Tremblant d'une colère à peine contenue, Bobby regarda frénétiquement l'orée du bois. Le peu d'espoir qui l'habitait n'attendait qu'une réponse, que revoir un sourire ou un signe de la main de l'ange qui avait démontré tant de bonté à son égard. Au bout d'une interminable minute d'attente qui lui fit cent fois plus mal qu'un point dans les cotes lors d'une course, la rage fut à son comble autant que son inquiétude. Le mastodonte donna un énorme coup de poing dans le poteau qui soutenait le toit par-dessus le balcon. Un coup qui fit vibrer l'ensemble de la devanture du chalet. Une marque fut laisser dans le bois. Un coup qui écorcha et fit saigner les jointures de la main de l'homme déformé. Mais la douleur physique n'était rien au coup droit au cœur qu'il venait d'encaisser. De désespoir, il gronda de sa voix rauque et pleine d'amertume.

Robert- C'est ça, quand on a fini du monstre et de l'idiot de service, on s'en débarrasse...Je suis qu'un con...

Laissant échapper un gémissement de souffrance et d'atrabilaire, le géant se maudit d'être une sous-espèce de l'humanité. D'être un être atroce qui ne peut nouer des liens avec les autres gens. D'avoir croisé la route d'une âme qui avait cru si pur et si noble. D'une autre personne qui l'avait berner et tromper. De ce monde sans pitié qui s'amusait à le tourmenter. D'arracher chacun de ses espoirs fous et des rares personnes qui pouvait donner un semblant d'amour au mastodonte. Son faciès ressemblait à cet instant à un démon qui venait de s'échapper des neuf enfer. Un masque de colère et de honte qui rendait le massif homme intimidant et effrayant. En se retournant vers la porte de son antre, le monstre respira comme une locomotive. Quelques gouttes d'hémoglobines tombèrent sur le paillasson et faisant fit de la souffrance qui le gagnait, Bobby serra les poings. La rage laissa un goût amère dans la bouche de l'abomination et il se transforma alors en un genre de zombie. Il fit des gestes mécaniques, l'esprit dilapidé par tant d'émotions en si peu de temps. Ouvrant la porte, il entra dans l'habitation de son pas gauche et erratique. Sans prendre garde, il frappa de plein fouet la table de la cuisine, mais Robert ne sursauta pas. Il n'eut même aucune réaction. Il ne voyait que le doux visage de celle qui l'avait quitter. Juliane qui l'avait fait revivre et tuer en moins de 12 heures.

Le monstre de foire retourna vers le fauteuil vide devant le foyer mourant. Machinalement, la main immense et rugueuse engloba une buche et Robert la jeta sur les braises mourantes. Le feu gagna de la vigueur et reprit subitement vie. Mais l’intérieur de la bête de foire était froid et l'âme presque mourant. Les phrases de l’être si bon avec l’erreur de la nature tourbillonnaient sans cesse dans le subconscient de Robert.

Juliane- Mais tu n’es pas seul… Je suis là moi…Je ne voudrais pas m’imposer à toi… Si tu permets que je reste… Je suis heureuse de notre rencontre.


Ces pensées, ces mots ressemblaient à des lames acérées qui mettaient à mal le cœur éprouvé du géant. Une nouvelle fois il se sentit trahi par de belles paroles. De par le passé, plusieurs lui avaient chanter la pomme de cette façon. Pour manipuler l'homme qui ne désirait qu'avoir une once d'amitié. L’âme de la créature cauchemardesque se dissolu dans ce maelstrom de sentiments néfastes. De la peine, de la colère, du dégout et la résignation se livraient une lutte acharnée pour consumé la bonté et la pureté de l’être repoussant. La tristesse, amère et déprimante, fut le vainqueur de ce combat sans merci et la tête de l’homme se fit lourde. S'assoyant lourdement dans le fauteuil, Robert fut las et fatiguer de sa vie de misère. Portant ses mains rugueuses à son faciès monstrueux, les épaules de l'homme du Kentucky tombèrent comme si le poids de la honte venait de le retrouver enfin. Une aura de tristesse tangible, presque palpable, se profilait autour de la silhouette démolie de l'homme déformé. Les digues des paupières de l’homme éclatèrent soudainement et le déluge de sa peine courut librement sur son visage aux traits singuliers. Les sanglots firent écho au silence du chalet et les épaules tressautaient au rythme des trémolos de celui qui se croyait un monstre. Pendant de longues minutes, les fleuves de ses lacs si pur et bleuté coulèrent à flot. Les larmes se transformèrent graduellement en rivières et ensuite en ruisseaux. Robert se maudit de sa simplicité intellectuelle et d’avoir cru de si jolies paroles. Mais une toute petite partie de son être, celle de son humanité vacillante, luttait encore au bénéfice du doute. Se parlant à lui-même, essuyant son visage constellé de cascades salées, le ton rauque et grave du colosse ressemblait à deux pierres qu’on frotte ensemble. Dans un espace si exigüe, un murmure pouvait avoir la force d'un coup de tonnerre. De peine et de misère, il essaya de comprendre le comportement surprenant de celle qui croyait être un ange descendu des cieux.

Robert- J’aurai dû savoir que Juliane ne resterait pas… Pourquoi elle m’a dit ça pour me quitter sans me dire au revoir? Euh… C’est normal que les gens me quittent… Pourquoi elle serait différente? Je sentais qu'elle était différente mais je dois être trop stupide...

Passant son avant-bras démesuré pour essuyer sa morve dégoulinante, l’homme effondré regarda alors le feu dansant. La chaleur qui dégageait de l'âtre ne parvint aucunement à consoler le colosse. Au contraire le froid qui venait d'envahir son être n'accentua la froideur de son cœur mis en charpies. Reprenant sa respiration sifflante, il essaya de se convaincre que la dame au grand cœur avait agi comme n'importe quelle personne sensée.

Robert- Papa est parti quand j’étais tout petit… Euh… Maman préférait prendre des médicaments pour ne pas me voir… Si mes propres parents étaient dégoutés de me voir, j’imagine alors la révolution… Euh… Non… Révulsion… de la part de Juliane… Elle doit avoir compris son erreur d’être resté près du monstre… Elle a dû vouloir retourner chez les humains… Je ne lui en veux pas… Euh… j’ai honte de moi alors…Euh.. Si je pourrais m'enfuir de moi-même je le ferais...Les gens ont raison sur moi... Je ne vaut pas la peine...

Soupirant lourdement, le monstre de foire essaya d'assécher le flot de sa tristesse. Mais peine perdu car le chagrin de l'être diminuer était trop lourd à porter, quelque soit la force de n'importe quel individu. Se tenant le front à deux mains, Robert se demandait alors si la vie devait continuer après autant de peine...



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
Revenir en haut Aller en bas
Juliane Lyndey
Northern Creek
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 01/11/2015
Messages : 612
Age IRL : 28

MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Lun 14 Déc 2015 - 22:33

Plus elle avançait dans les bois, plus une petite voix dans sa tête ne cessait de lui crier qu’elle aurait mieux fait de l’écrire ce petit mot. Même si elle ne savait pas si Bob savait lire, vu ce qu’il lui avait demandé la veille au soir, cela lui aurait prit trois secondes de rédiger une petite note. Si elle avait de la chance, Robert serait encore en train de dormir lorsqu’elle serait rentrée. Ouais… Enfin ça c’était surement impossible. Le soleil était déjà haut dans le ciel, même s’il n’était pas capable d’envoyer assez de chaleur pour éviter qu’un petit nuage de fumée ne sorte de la bouche de la jeune femme. Ses pensées étaient toutes tournées vers Bob. Elle ne cessait de se dire qu’il allait croire tout un tas de choses complètements fausses… Roh quelle conne…

Il fallait qu’elle se grouille. Après encore quelques minutes de marche, elle trouva enfin ce qu’elle cherchait dans une clairière. L’endroit était calme… Sans doute trop calme… Avant de s’y aventurer, elle resta à couvert un petit moment, lançant deux pierres plus loin au milieu des hautes herbes. Rien ne bougea… Aller hop hop hop, elle ne devait pas trainer. Avec agilité et rapidité, elle pénétra dans le champ ne cessant d’être sur ses gardes. Elle jetait des regards à droite et à gauche, ainsi que par-dessus son épaule tout en coupant les herbes dont elle avait besoin. Jill se figea lorsqu’elle entendit un râle… C’était encore lointain, mais tout de même bien présent. Elle sentit son cœur battre plus rapidement. Ça se rapprochait… Bon elle avait sans doute assez de plantain, au pire elle reviendrait. Mais inutile de se faire attaquer inutilement…

En silence, elle fit un pas, puis un second, son regard guettant toujours l’arrivée de l’infecté. Bien qu’elle n’ait pas franchement envie de le voir. Elle continua de reculer ainsi, et elle fut à nouveau dans les bois, au milieu des arbres entièrement dénudés de feuilles. Un peu plus de visibilité… C’était pas plus mal. Bon… Que faire… Partir en courant afin de rejoindre au plus vite le chalet ? Et ainsi prendre le risque que le rodeur la suive ? Mais se sentait-il capable de tuer à nouveau l’un d’eux ? Juliane se concentra sur les bruits qu’elle pouvait percevoir, et ce râle se rapprochait toujours… La jeune photographe se décida à avancer, prenant le chemin du retour. Un regard par-dessus son épaule alors qu’elle avait déjà fais quelques mètres… Elle sentait le stress monter. Mais il fallait qu’elle le mette de côté. Cette fois-ci, si elle avait des soucis, il allait falloir qu’elle s’en charge seule. Entre deux troncs elle l’aperçue. Elle décida de stopper sa marche, posa son sac au sol, ainsi que les plantes qu’elle tenait en main. Celles-ci furent remplacées par son couteau. Elle attendit alors, le dos contre le tronc que le rodeur arrive à sa hauteur. Elle prit une grand inspiration afin de se calmer quelque peu, et d’éviter de trembler. Il fallait que le coup soit précis. Et ce fut le cas. Sa lame était rentrée avec facilité dans le crâne de la créature, et le sang avait jaillit pour venir tacher ses vêtements, son cou et le bas de sa joue gauche, même si elle avait détourné la tête. Son regard resta de longues minutes fixées sur le corps sans vie qui gisait à ses pieds. Elle se sentait déjà épuisée alors que la journée n’en était pas à la moitié. Elle avait sans doute sur estimées les forces que lui avait redonné sa nuit de sommeil.
Maintenant elle devait rentrer.

Juliane trouva le chemin retour bien plus long… Mais bientôt le chalet fut en vu. Elle ressentit une sorte de soulagement, comme si cet endroit lui était plus que familier. Une légère fumée sortait de la cheminée… Bob devait être réveillé, comme elle craignait… La jeune femme fronça les sourcils lorsqu’elle aperçue que la porte d’entrer n’était pas fermée… Elle grimpa les marches de bois qui menait à l’entrer avec prudence. Ses yeux se posèrent sur le bois abimé. Elle s’approcha. Il y avait du sang… Le sien ne fit alors qu’un tour et elle demanda de la panique dans la voix lâchant le bouquet de plante qu’elle avait en main : « -Bob tu es là ?! » S’il y avait eu un problème, il y aurait sans doute plus de sang que ça… La jeune femme entra alors à l’intérieur du chalet avec empressement. La pièce principale était vide. Elle laissa tomber son sac à dos, se précipitant vers la chambre. Aucune trace de Robert…

Jill ressortit alors de la petite maison de bois pour crier de toute ses forces : « -Bob ?!!! C’est moi Jill ! » Elle sauta par-dessus la balustrade, courant pour faire le tour du chalet. Son cœur battait à une vitesse folle. Elle n’aurait pas du partir seule. Avant qu’elle ne cri à nouveau, elle entra en collision avec un corps massif. Le choc la fit tomber sur les fesses mais son visage s’illumina lorsqu’elle constat qu’il s’agissait de son géant. Un soupir de soulagement avant qu’elle ne se mette à rire nerveusement et souffla : « -j’ai eu peur que tu sois parti... » Elle regarda Robert et avant même de se relever, elle ajouta : « -je suis désolée… J’ai cru que tu étais… » Un sourire de pure joie irradiait son visage, contrastant grandement avec le sang qui tachait sa peau et ses vêtements.


Il fut un temps où tu étais sauvage
ne les laisse pas te dompter...
Revenir en haut Aller en bas
Bobby Smith
Lost Angels
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 02/11/2015
Messages : 1589
Age IRL : 39

MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Jeu 17 Déc 2015 - 9:01

Se maudissant intérieurement d'avoir été si bête, d'être si maniable, Robert eut une vision. Un éclair de génie en quelque sorte. Un peu comme Archimède criant Euréka dans sa baignoire. Juliane n'était peut-être qu'une illusion de son esprit lent et torturer. De sa peine et de sa culpabilité était né ce réconfort, cette promesse d'amitié imaginaire. Un être fantomatique aux descendances divines  qui pouvait comprendre le monstre de foire. Faire miroiter de l'espoir dans ces heures sombres où la propre déchéance du géant était plus qu'imminente. Une oasis de paix et de compassion pour abriter l'âme anéanti du mastodonte. Une promesse de rédemption  pour laisser entrevoir une occasion à son cœur lézardé de cicatrices sanguinolentes de guérir quelques peu.  N'importe quelle explication, n'importe quelle hypothèse des plus farfelus était préférable à la brutale réalité. Jill, qu'elle soit réelle ou bien imaginaire, avait quitté l'antre de la monstruosité et elle n'allait pas revenir. Pourquoi elle le ferait? Pour tourmenter l'être simple et crédule qu'était Robert? Pour l'attaquer avec l'aide des gens qui seraient enthousiasme de purifier la terre en éliminer une créature pathétique telle que lui? Grognant férocement devant ces pensées qui se profilaient dans son subconscient,  l'être abject se leva du fauteuil et il sorti à l'extérieur. Quelques gouttes rougeâtres s'échappèrent de sa main blessée, semant une piste macabre sur le plancher du chalet. Le mastodonte se devais de se changer les esprits, de ne plus penser à ce sourire si pur et ces yeux débordants de gentillesse et d'une humanité mensongère.

Les pas lourds, colériques et gauche du géant le portèrent vers l'arrière de son refuge. Il devait fendre du bois pour l'hiver qui s'approchait à grands pas. De survivre encore un peu pour essayer de rendre fière ses anges au paradis et de se prouver à lui-même qu'il n'était pas le dernier des idiots. D'être utile à une personne avait de permettre à son âme pure et partiellement détruite de s'élever vers le paradis. D'être enfin accepté dans la mort et le néant. De ne plus être repoussé par une vie de misère et de gens qui ne voulaient que prendre plaisirs en le blessant.  Sortant la hache fichée dans son étui de bois, Robert secoua la tête et ses yeux bleus comme un ciel d'été s'assombrit. De nouvelles questions tourmentèrent l'esprit pathétique de la chose à peine humaine. L'horrible faciès de Robert se transmuta alors en un masque de tristesse ayant un fond de colère. Car oui il s'en voulu alors. Poussant un soupir à fendre les pierres, il laissa tomber l'outil forestier au sol et il s'assoit lourdement sur le tronc.  Sa voix au ton rauque, lent et chargé d'une peine perceptible entre mille, Robert se parla à lui-même.

Robert- Je ne sais pas si Juliane est un rêve ou non… Euh… Pourquoi elle est partie? Elle doit s'être rendu compte que je ne valais même pas la peine d'être vu en sa compagnie… Euh… Pourquoi je continu à vivre quand rien ne m'attache ici… Euh… Mes anges partis et Jill aussi. Elle doit avoir rejoint ses amis et ils doivent tous rigoler de ma gueule de monstre…  Mais peut-être qu'elle est aussi partie chercher quelques choses et qu'elle va revenir… Ne sois pas con Robert… Euh… Elle ne va pas revenir pour un monstre.

Imaginer la merveilleuse femme, l'ange à la chevelure cuivrée, rire avec des hommes à l'apparence sublimes déclencha un élan de colère et de tristesse des plus singuliers. Les lèvres exsangues du monstre de foire se retroussèrent pour dévoiler une grimace à la dentition inégale. Ses poings comparables à des boulets de canon se crispèrent. Les jointures se blanchirent sous l'effort et une nouvelle marée sanguinolente se forma de sa blessure sur sa main.  Se redressant brusquement, Robert prit une décision sous l'impulsion de la fureur qui l'habitait. Il allait partir de ce chalet d'où tant de promesses, tant d'espoirs furent briser en une fraction de seconde. Fuir comme un lâche ce coin paradisiaque pour s'enfoncer dans les bois obscurs avoisinent. Se cacher de la méchanceté humaine et d'attendre la Faucheuse qui allait le libérer de cette  vie de souffrance.  Mais un cri fit alors faiblir la résolution du mastodonte.  Une supplication hurlée à la face de ce monde chaotique et sans merci.

Juliane-Bob ?!!! C'est moi Jill !

Tendant l'oreille, la respiration sifflante de fureur du géant se calma intensément. Il compta trois secondes et le chant des oiseaux ne fut que le seul son que son ouïe fatigué ne perçut. Secouant sa tête pour chasser ce mirage auditif, Robert ne put que se révolter d'avantage. Pourquoi son imagination lui jouait se sale tour. De lui faire donner un mince espoir et d'ensuite le détruire sans remords. Les poings toujours serrer, la blessure rouverte autant sur sa main que sur son cœur, le mastodonte reprit sa progression vers l'entrée du chalet. Maugréant dans sa barbe des insultes envers sa faiblesse intellectuelle,  son esprit se réfugia dans un état lunatique. Son regard ne nota aucunement le mouvement vif qui se dirigea vers lui. Une fusée au corps athlétique, svelte et aux courbes divines  entra en collision avec le corps déformé et musculeux du géant.  Une lutte inégale se produisit, celle du poids. Un corps frêle et féminin ne pouvait que perdre face à une masse du triple de sa pesanteur. Le visage aux traits atypiques du colosse trahis un instant de la surprise, arraché à ses sombres pensées par ce contact soudain. Un sourire désarmant rehaussa le visage au trait sublime de l'être imaginaire qui perturbait l'esprit du mastodonte. Une voix, comparable à celle d'un ange, s'éleva alors de la forme splendide au sol.

Juliane- J'ai eu peur que tu sois parti... Je suis désolée… J'ai cru que tu étais…

Une lueur de tristesse à l'état pur se reflétait dans le regard bleuté de la bête. Les traits du visage de Robert se durcissent à un point tel qu'il aurait pu ressembler à une gargouille sur la Cathédrale de Notre-Dame.  Une aura qui combinait à part égale une colère et une déception presque palpable se dégageait de l'être difforme. Le coup au cœur qui venait de subir de nouveau  fit couler quelques larmes de rages. Levant sa main aux jointures ensanglantées à son visage pour effacer cette faiblesse passagère, le colosse parla avec une douceur presque surnaturelle. Un peu comme le roulement d'un tonnerre avant que n'éclate un orage d'été.

Robert- Que j'étais quoi? Mort ou parti en te laissant l'endroit?

Respirant difficilement à cause de la charge de tant d'émotions contradictoires qui l'habitait, le colosse à la silhouette atroce se retourna de la forme assise au sol.

Robert-Pourquoi tu es partie? Je croyais que tu avais fais comme tous les autres… Euh… Me laisser derrière en riant de ma stupidité… Euh… Je pensais même que tu étais une illision de mon esprit lent… Euh… illusion… Ça ne se peut pas qu'une personne soit si gentille avec moi…

Baissant la tête, submergée par une fureur et une honte au-delà de l'impossible. Se retournant avec une lenteur calculée, presque hypnotique, Bobby fit face à Juliane et il ouvrit la bouche pour laisser déferler la colère que son cœur si pur peinait à produire. Des larmes de tristesse ruisselaient alors sur les joues mal rasées de l'homme.

Robert- J'ai peur de…


Tout à coup l'image de la douce apparition lui sauta aux yeux. Les vêtements tachés de sang, quelques tâches brunâtres sur la joue gauche et les mains graciles tremper d'hémoglobines. Le visage de l'homme se transmuta alors de la colère et de la déception vers l'inquiétude et la sollicitude. Les yeux bleuté de la chose ne pouvaient exprimer la peur et l'angoisse de voir la photographe couverte de traces d'un acte de violence qu'elle venait de subir. Se laissant tomber à genoux près de la jeune femme, Bobby fouilla avec frénésie ses poches de son pantalon. Découvrant un tissu carré, un mouchoir pour être précis, il le tendit avec délicatesse à l'ange près de lui.  Pêchant une gourde d'eau à sa ceinture, il tendit alors le contenant en tremblant de tout son être. Les mots à peine mâcher se succédèrent alors avec la rapidité d'une mitrailleuse.

Robert- Ça va?  Tu n'as rien? Euh… Il s'est passé quoi?


L'inquiétude, la sollicitude et l'épouvante du géant était presque à découper au couteau. Lui qui n'avait pensé qu'à se fâcher envers la douce dame se maudit cent fois de la voir en ainsi…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
Revenir en haut Aller en bas
Juliane Lyndey
Northern Creek
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 01/11/2015
Messages : 612
Age IRL : 28

MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Jeu 17 Déc 2015 - 10:13

Elle ne le savait pas encore, mais le lien qui était né entre elle et Bob allait surement les conduire à leur perte. Avoir peur pour sa vie, courir et fuir lorsqu’on est seul… C’est quelque chose de plutôt facile à faire. Mais lorsque vous êtes deux, que vous tenez l’un à l’autre, comment partir sans lui ? Comment le laisser derrière… Etre deux était une force tout comme une faiblesse. Mais aujourd’hui, si Juliane devait choisir, elle n’hésiterait pas une seule seconde : elle restait avec Robert. Cela pourrait étonner certaine personne, ou les faire rire de voir un tel duo. Mais franchement, Juliane s’en tapait. Elle avait lu dans les yeux du géant des choses si douces, si pures… Ils s’étaient sauvé l’un l’autre. Certain pourrait croire que c’était une naissance de sentiment amoureux. Ce n’était pas le cas. En tout cas pour Jill. C’était pour elle quelque chose de bien plus fort. Une amitié sincère, pure et tellement forte. Quelque chose de puissant. Que certainement personne ne pourrait comprendre.

Et c’était à cause de cela qu’elle avait peur. Que lorsqu’elle avait vu des traces de sang sur le perron, son cœur s’était emballé. Une multitude de question tournait dans la tête de la jeune femme. Mais celle qui ne cessait d’hurler dans ça tête était : mais où est-il ?! Des scénarios morbides naissaient dans l’esprit créatif de Juliane. Et s’il avait été attaqué alors qu’elle était absente ?! Et si elle le retrouvait… Mort ? Non pire que ça… S’il avait été mordu ? Que ferait-elle ? C’était cette pensée qui lui tordait les tripes et lui broyait le cœur lorsqu’elle fit le tour du chalet en courant. Et ce fut pour cela qu’elle se mit à rire nerveusement en voyant Robert dressé droit devant elle. Un rire nerveux certes, mais aussi un rire de pur soulagement ! Elle ne vit pas tout de suite son regard sombre, et la tristesse qui marquait le visage de Bob. Bien trop soulagé de le voir vivant !

Mais elle se figea en voyant des larmes couler sur le visage de son géant. Son sourire s’envola, alors que son regard ne quittait pas le visage de Robert. Cru qu’il était mort ! Oui bien sur ! Et ce fut ce qu’elle répondit : « -oui ! » C’était un oui de confirmation qui trahissait la peur qu’elle avait eu pour lui. « Quoi ?! Non ! Tu va chercher ça où ?! » Lança-t-elle lorsqu’il se détourna. Soudainement, Jill réalisa qu’elle avait vu juste quelques heures plus tôt dans les bois. Qu’elle aurait du prendre le temps d’écrire quelques mots pour au moins laisser quelque chose d’elle. Eviter de faire croire à Robert qu’elle l’avait abandonné. Il posa sa première question, ne laissant à Juliane que la possibilité de voir son dos immense. Juliane ouvrit la bouche et commença : « -je… » Mais Bob enchaina, et à mesure qu’il parlait, chacun de ses mots étaient comme des lames dans le cœur de la jeune femme. Une pointe de colère monta en elle. Une colère dirigée seulement contre elle-même. Elle répondit alors d’une voix ferme et à la fois tremblante : « -tu dis n’importe quoi arrête Bob ! » Elle avait envie de se lever, et d’entourer de ses bras le corps de cet homme au cœur si fragile. De lui faire comprendre qu’il faisait fausse route, que tout ce qu’il avait pu croire était totalement faux. Mais avant qu’elle n’ait pu faire un geste, Bob lui fit à nouveau face. Et à cet instant précis, elle se sentit vraiment toute petite, là assise par terre dans son ombre immense.

Elle tremblait. De colère contre elle-même, de la peur qu’elle avait eu pour lui. Mais aussi de peur de le perdre. Les larmes qui coulaient sur les joues du géant lui brisaient le cœur. Que pouvait-elle faire pour lui faire comprendre… Si au moins il lui laissait placer trois mots… Comme souvent, tout ce qu’elle ressentait passait dans son regard. Pas besoin de mot pour que Bob sache ce qu’elle ressentait. Elle souffla simplement un petit : « -Bob… » d’une voix suppliante… Est-ce que ce petit mot le fit percuter ? Elle n’en su rien. Mais il vint se mettre à genoux à ses côté, lui tendant un mouchoir et de l’eau. Elle ne comprit pas pourquoi… La réponse s’imposa lorsqu’elle saisit le mouchoir, ses doigts ensanglantés frôlant ceux de Robert. Le sang… Le rodeur… Elle avait complètement oublié cela… « -heu… Je… » Commença-t-elle en voulant répondre aux questions de son ami. Mais elle ferma les yeux, secoua la tête. Stop…

Juliane posa la gourde et le mouchoir avec précipitation sur le sol. La jeune femme se mit à genoux. Elle entoura ensuite le visage de Bob avec ses mains, et fixa son regard dans le sien, leurs visages à quelques centimètres l’un de l’autre. « - écoute-moi… » Elle bougea un peu la tête de haut en bas, même si ce n’était pas à elle de dire oui. Puis elle reprit d’une voix qu’elle voulait posée : « -crois moi je t’en pris… Pardonne-moi… Je suis tellement désolée… Je ne voulais pas que tu crois tout ça… » Jill déglutit cherchant quelques instants ces mots. Il fallait qu’elle structure un peu le truc… Même si la peur ne lui permettait que de sortir des mots les un à la suite des autres sans pour autant donner plus d’explication que cela à Bob. Avec ses pouces elle essuya les larmes qui n’auraient jamais du couler sur les joues de son ami et elle reprit : « -Je ne veux pas partir. Je ne veux pas te laisser. Je te l’ai dis, je suis là. Maintenant c’est toi et moi. D’accord ? » Elle esquissa un léger sourire sincère qu’elle voulait rassurant. Puis elle se pinça les lèvres entre elle, avant de passer ses bras avec précipitation autour du cou du géant, nichant son visage contre lui. « -pardonne moi… » souffla-t-elle à son oreille. Elle n'avait pas répondu à ses questions, mais le sang qui tachait ses vêtements était bien secondaire pour le moment dans l'esprit de la jeune femme.


Il fut un temps où tu étais sauvage
ne les laisse pas te dompter...
Revenir en haut Aller en bas
Bobby Smith
Lost Angels
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 02/11/2015
Messages : 1589
Age IRL : 39

MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Ven 18 Déc 2015 - 7:03


Deux mains tachées de sang séché saisirent le faciès horrible du monstre de foire. Des mains à la douceur si exquise qui ne devrait être comparable au toucher d'un ange. Un être divin qui voulait consoler et rassurer un être de cauchemar, la lie de l'humanité en quelque sorte. Tous les muscles de l'homme difforme se crispèrent en réponse de ce toucher des plus paradisiaques. Le souffle court, les yeux agrandis par une frayeur presque infantile d'être en présence de la gente féminine. Ces êtres qui ne devraient pas frayer avec les monstres en apparence humains. Le regard de l'ange de bonté, deux saphirs noirs qui ne suggéraient que l'humanité et la tendresse la plus profonde, se plongea dans la pureté bleutée des yeux du colosse. Les visages des deux protagonistes étaient si proches l'un de l'autre que leurs respirations tourbillonnaient ensemble, tels deux danseurs qui virevoltaient dans les airs. Les mots de Juliane furent alors propulsés avec une délicatesse et une tendresse que le géant ne pouvait tout simplement s'imaginer qu'elle s'adressait à lui.

Juliane- écoute-moi… crois-moi je t’en pris… Pardonne-moi… Je suis tellement désolée… Je ne voulais pas que tu croies tout ça…

Le colosse ne pouvait que hocher silencieusement la tête à celle qui était revenue quand tant d’autres étaient partis sans un regard en arrière. Des gens qui n’avaient qu’abusé de la bonté et de l’incrédulité de l’homme à l’armure répugnante qui ne cherchaient qu’une petite once d’amitié. Les pouces de la photographe essuyèrent l’eau salée qui s’était écoulée des paupières du géant. De ce simple geste pulsait un réconfort et une tendresse que Robert ne pouvait que rêver de recevoir un jour dans sa médiocre existence. La voix chantée de l’ange à la chevelure cuivrée s’éleva une nouvelle voix dans l’air frisquet de ce jour d’automne.

Juliane- Je ne veux pas partir. Je ne veux pas te laisser. Je te l’ai dis, je suis là. Maintenant c’est toi et moi. D’accord ?

Un sourire illumina le visage magnifique de Juliane. Une sorte de pacte venait d’être passé entre les deux êtres. Une promesse que même la mort ne pourra pas effacer ni faire disparaître. À son tour, Robert ne peut que répondre que par un sourire, mince certes, mais tellement sincère et débordant d’une joie grandiose. Les bras, de celle qui ne pouvait renier quelques descendances célestes, s’enroulèrent alors subitement autour du cou de taureau de Bobby. Celui-ci ne put que rester estomaquer complètement, ne sachant pas quoi faire. Deux mots firent passer le frisson dans la colonne du géant, ébranlant par le fait même son âme en morceau.

Juliane- pardonne moi…

Les traits atypiques du colosse qui semblait transformé en pierres se muèrent en un visage épanoui. Le masque de douleur tomba et la véritable beauté du mastodonte se révéla au grand jour. Les rides creusées par la douleur et l’anxiété s’estompèrent et un apaisement détendit chacun des muscles. Avec hésitation, presque une crainte profonde de se faire rejeter au dernier instant, les bras de l’homme déformé se levèrent à son tour. Employant une douceur et tendresse que peu de gens avaient pu déceler au tréfonds de cette montagne de muscles disproportionné, Robert enlaça le corps athlétique de l’ange. Une étreinte remplie de respect, d’amour et surtout de confiance. D’une main rugueuse, il ne put s’empêcher de caresser les cheveux qui ressemblaient à une cascade de bronze en fusion. Laissant passer plusieurs battements de son cœur immense et débondant de bonté, le monstre de foire pencha alors sa tête pour porter lui aussi sa bouche à l’oreille de l’être céleste. La voix rauque et lente glissa avec fluidité vers l’âme de la jeune femme débondant d’une humanité si attendrissante.

Robert- Pardonne-moi d’avoir pu douter de toi Juliane… Euh… Aussi longtemps que tu veux que je sois là, je resterais… Euh… Tu es sûr de ne pas être un ange par hasard?

Tout doucement la voix si magnifique et juste du mastodonte charma les sens de la demoiselle à la silhouette si gracile. Les paroles d’une chanson de Sarah Mc Lachlan refirent surface dans le subconscient de la bête. Bobby ne put s’empêcher de chanter quelque ligne tout en serrant avec tendresse l’être qui venait de prendre si importante dans sa vie.

Robert- In the arms of the Angel
Fly away from here
From this dark cold hotel room
And the endlessness that you fear
You are pulled from the wreckage of your silent reverie
You're in the arms of the Angel
May you find some comfort here


Quand les quelques paroles de cette chanson qui se prêtaient admirablement à la situation prirent fin, Bobby ouvrit délicatement ses bras pour laisser partir la jeune femme. Prenant la bouteille d’eau et le mouchoir, il versa une petite quantité sur le tissu et avec précaution, il enleva la tache de sang de la joue de l’être céleste. Les mouvements de la main rugueuse étaient empreints d’une douceur et d’une timidité des plus rafraîchissantes. Quand la souillure fut disparue de la peau soyeuse, Robert donna le mouchoir à Juliane et une lueur d’amusement se propagea dans son regard océanique.

Robert- Euh… Je crois que je vais devoir laver tes vêtements. Si à chaque fois tu te salis en sortant, je vais te demander de rester au chalet.

Une joie et un amusement innocents venaient de rajeunir le monstre de foire de quelques années. Un rire franc, honnête et des plus purs se libéra de sa gorge inhumaine pour envelopper le duo. La morosité et la peine des derniers instants furent terrassées par le soudain flot de bonté et de gentillesse qui soufflait de l’être inférieur. Hochant du bonnet, ne pouvant s’empêcher de rire, le mineur se remit sur pied. Tendant une main immense et rugueuse, mais remplie de sollicitude, Robert aida l’ange à la chevelure cuivrée à se remettre sur pied. Mais la symbolique de se este fut des plus profonds pour le mastodonte. Maintenant il avait une amie qui n’hésitait pas à lui prendre la main, à l’aider à se relever et d’être à ses côtés pour les meilleurs et les pires moments que la vie allait mettre sur leur chemin…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
Revenir en haut Aller en bas
Juliane Lyndey
Northern Creek
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 01/11/2015
Messages : 612
Age IRL : 28

MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Ven 18 Déc 2015 - 16:38

Même si elle avait sentit contre son corps celui si puissant de Bob se pétrifier sur place lorsqu’elle avait passé ses bras autour de son cou, Juliane n’avait pas envie de reculer. Cette étreinte, elle en avait autant besoin que lui. Ce qui venait de se passer, elle le voyait un peu comme une épreuve, un test pour qu’ils se prouvent l’un à l’autre qu’ils étaient sincères dans leurs mots. Jill tenait vraiment à ce que Robert comprenne qu’elle ne voulait pas le laisser. Qu’elle ne le considérait pas comme un gros débile ou encore un monstre comme il s’en affublait. Elle voyait en lui un homme sincère, aussi fragile que fort. Un homme qui ne connaissait pas des choses comme la corruption, l’envie, le méprit, la vanité. Malgré son physique si peu commun, qui semblait en faire rire plus d’un, Robert était bien plus beau que beaucoup d’homme.

La jeune photographe avait bien comprit que les rapports humains n’étaient pas vraiment dans les cordes du géant, mais peu lui importait. Par ce geste elle voulait qu’il comprenne qu’elle n’avait pas peur ou honte de lui. Qu’elle avait réellement eut peur pour lui, et qu’elle était là pour lui. Mais aussi et surtout, comme le prouvait à nouveau les mots qu’elle souffla à son oreille, elle voulait son pardon. Elle savait qu’elle l’avait blessé, au vu de son visage fermé, de la rudesse de sa voix, mais aussi des larmes qu’elle avait vu couler sur ses joues mal rasées.

Il n’avait pas dit un seul mot. Mais lorsque ses mains se posèrent sur le corps de Juliane, elle su qu’elle avait son pardon.  Le simple fait qu’il ose la toucher, qu’il la serre ainsi contre lui était une preuve pour la jeune femme. Son cœur fut alors soulagé du poids qui l’oppressait, et un sourire amusé se dessina sur les lèvres de Jill lorsqu’il lui demanda si elle était un ange. Elle ne répondit pas tout de suite, mais son sourire resta illuminer son visage. Il s’étira même un peu plus encore lorsque la voix mélodieuse de Bob s’éleva dans une douce chanson. Lorsque Bob se recula en laissant glisser ses mains Juliane lui adressa un sourire doux et tendre, ravie que rien ne soit endommagé entre eux. Elle le laissa mettre de l’eau sur le mouchoir, et ainsi effacer les traces de sang qu’elle avait sur la peau. Elle commença alors en même temps qu’il s’afférait à la rendre un peu présentable, comme si elle avait été sa fille : « -si je suis un ange… » Elle ferma la bouche quelques secondes en penchant un peu le visage pour lui laisser la place de laver son cou avant de reprendre : « -ça doit faire un bon moment que je suis tombée du paradis crois moi… Et j’ai perdu mon auréole au passage… » Elle lui sourit amusée avant de lever les yeux au ciel. Un ange… Elle n’avait pas grand-chose d’un ange selon elle.

Cette fois-ci, elle se mit à rire. « -c’est ta façon de me punir c’est ça ? Reste au chalet ! » Juliane esquissa une petite moue boudeuse, qu’elle réservait avant à son père, avant de se remettre à rire et de saisir la main que Bob lui tendait. Une fois sur ses deux jambes, elle épousât son pantalon, et elle lança avec ironie : « -je vois pas de quoi tu parles, ils sont très bien mes vêtements ! » Non mais sérieusement, il avait raison… Elle avait pas non plus une garde robe remplie à sa disposition. La jeune femme pencha la tête sur le côté, son regard passant sur la main ensanglanté de Bob. Elle s’en saisit avec douceur, et elle souffla : « -c’est à mon tour de prendre soin de toi. On va soigner ça. » Un clin d’œil complice, et elle se tourna pour revenir au chalet. Tout en marchant, elle ajouta : « -et je vais faire ma lessive toute seule. La cuisine je suis nulle, mais je peux quand même laver mon linge. » Elle jeta un regard à Robert, un sourire sur les lèvres avant de récupérer les plantes qu’elle était partie chercher le matin même. Ces plantes qui avaient semé le doute et la peur dans leurs cœurs…

Une fois à l’intérieur du chalet, Juliane déposa les plantes sur la table, et se saisit de son sac à dos. Elle en sortie une petite trousse à pharmacie, dans laquelle elle avait un peu de désinfectant, quelques pansements et des bandages. Rien de bien précieux, mais utile tout de même. Jill fit signe à Bob de venir s’assoir, et elle lui confia son appareil photo, qu’elle avait sorti également. Avant de lui donner, elle alluma le petit appareil et dit : -tiens… Comme promis. » Elle prit soin de désinfecter la plaie tout en parlant à son ami, lui évitant ainsi de trop penser à la douleur que cela pouvait engendrer.  "-La première photo que tu vois, c’est la ferme de mes parents au petit matin ». Jill banda la main du géant et ajouta « -repos et interdit de vaisselle mon ami. » Elle lui sourit amusée. C’était si bon de pouvoir prendre les choses avec un peu de légèreté. Si bon d’avoir quelqu’un sur qui compter.

La jeune femme récupéra un t-shirt propre, et elle passa dans la pièce d’à côté pour se changer tout en lançant à voix haute : « -la seconde photo, se sont mes trois sœurs et moi-même. » Sur celle d’après on pouvait voir une tornade. La photo était prise de très près… Jill revint dans la salle principale, et elle vint se caler sur l'accoudoir du fauteuil, un sourire aux lèvres.


Il fut un temps où tu étais sauvage
ne les laisse pas te dompter...
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Aujourd'hui à 6:45

Revenir en haut Aller en bas
 

Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 4 sur 8Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant

 Sujets similaires

-
» Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane
» 1.07/1.08 : Un dernier battement de coeur
» Au coeur de la forêt citadine [Dolan Kane]
» De nouveau seul dans la Forêt [LIBRE]
» Perdue dans la forêt...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: Archives RP :: RP Terminés-