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 Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Sam 21 Nov 2015 - 17:14

Le monstre de foire regarda s’assoir avec souplesse Julianne au sol. Le sourire d’innocence et de joie ne s’était pas décroché de son horrible faciès. Bobby hocha simplement du bonnet et remit les plats sur le feu pour quelques instants. Tout en fléchissant les genoux pour soulever une table basse à proximité, la bête entendit la douce voix de Juliane.

Juliane- Et pour répondre à ta question : je suis originaire du Texas. Je suis partie de chez mes parents il y a quelques mois, histoire de faire le tour du pays avec mon sac à dos.


Déposant le meuble près de la source lumineuse qu’était la jeune femme, Robert se rendit à la cuisine. Prenant des couverts dépareillés, il emmena le tout vers la source de chaleur. Et dans l’esprit lent du mastodonte, il ne pensait aucunement au feu ronflant. Déposant un bol et une tasse avec une douceur qui semblait presque surnaturelle pour un être de cette corpulence, Robert regarda la jeune femme avec affection. Cette dame de compassion et gentillesse qui venait de prouver au mineur qu’il y avait des exceptions. Des cas exceptionnels qui pouvaient voir au-delà de l’apparence grotesque des gens. Que des yeux mortels pouvaient déceler la beauté d’une âme en perdition. Prenant la marmite et la bouilloire pour les déposer sur les protections, Bobby s’assit lourdement à son tour. Prenant la louche, le mineur remplis alors le couvert de Juliane d’une énorme portion de pitance. Ensuite il lécha la fin de la marmite avec minutie pour ne remplir que son bol au demi. Souriant d’un air penaud, l’ouïe du colosse tomba sous le charme de la voix angélique de la jeune femme.

Juliane- Je préfère quand tu souris tu sais…


Lui décrochant un immense sourire inégal, la parodie d’humanité dégageait une joie des plus bénéfiques. Parlant de manière totalement franche et sans entrave, Bobby regardait directement dans les yeux la jeune femme. C’était la première fois de la soirée que plongeait totalement dans le regard ris acier de la femme. Sous la maladie qui affaiblissait la dame, le mineur ne pouvait que déceler que force de caractère et empathie chez elle.

Robert- J’aime sourire, mais je le fais rarement… Euh… le patron du bar que je travaillais à l’occasion me disait que je ne devais pas sourire… Euh… Être méchants pour calmer les gens… Euh… Que j’ai un visage qui n’est pas fait pour faire des sourires. Je souris qu’avec les gens avec qui je me sens bien… Euh…

Les joues du colosse prirent alors à couleur des pivoines. L’homme venait d’avouer de manière plus qu’explicite qu’il se sentait bien avec Juliane. En confiance et surtout qu’il venait de descendre sa garde émotionnelle. Cette défense que Robert avait érigée durant toutes ces nombreuses années à subir des attaques et des insultes. Se sentant perdre pieds, n’ayant aucune compétence dans les relations, le géant essaya de changer de sujet. Souriant bêtement, l’index immense de Bobby pointa la tasse de la femme à la chevelure cuivrée.

Robert- Tu veux de l’eau ou bien du café… Euh… J’ai aussi du chocolat chaud quelque part… Fais très attention c’est chaud la nourriture…

Allant chercher les breuvages en questions, Robert ne put que siffloter gentiment. C’était un air de country des plus vieillots, mais entrainant et joyeux. Cette ancienne composition collait parfaitement à l’humeur du massif homme. Il ne s’était pas senti aussi guilleret et débordant d’allégresse depuis si longtemps. Retournant enfin vers la table basse et son invitée, le mastodonte déposa la commande du duo. En prime un enveloppa rouge métallique attira la lueur du feu de foyer. C’était une des dernières barres chocolatées en possession de l’homme. S’assoyant lourdement au sol, le mineur entreprit de vider son bol avec une ardeur qui n’équivalait à sa faim. Des bruits de mastications enthousiasmes résonnèrent dans le chalet. Le bruit de la cuillère métallique frappant sur les rebords du bol ressemblait au crépitement d’une mitrailleuse. Tout à coup, l’ustensile s’arrêta à quelques centimètres des lèvres gourmandes de l’homme. Une gêne sans borne s’afficha sur les traits atypiques du visage de Robert.

Robert- Désolé… Euh… J’ai oublié de te souhaiter un bon appétit… Euh… Je mange souvent seul…


Le sourire de gêne et d’excuse se mua alors en celui d’une joie enfantine et les dernières cuillères furent englouties. Se frottant le ventre avec une satisfaction des plus visibles, la bouche de l’homme s’ouvrit. Mais aucune parole ne fut expulsée, juste un énorme rot des plus sonores. Se plaçant une main immense et couverte de cicatrices devant la bouche. Un air totalement ahuri se dessina sur l’horrible faciès. Une lueur d’incompréhension traversa alors le regard bleuté de l’homme.

Robert- Désolé Juliane… Euh… Je crois que j’ai bien dit ton nom !


La gêne et le doute de l’être furent chassés pour laisser place à une fierté cocasse. Une hilarité des plus dures à conserver essaya alors de s’échapper de l’homme déformé. Les épaules massives furent le premier indice de cet accès de pure joie. Les tressautements involontaires des muscles énormes devaient être visibles de la lune. Ensuite les lèvres exsangues se pincèrent pour empêcher l’hilarité de triompher. Les yeux bleutés de Robert se transformèrent en demi-lune et un air espiègle se profila à l’horizon. Tout à coup les barrages s’envolèrent et la joie et le bonheur contenu depuis si longtemps dans l’âme du mineur se libérèrent. Une gaité des plus entrainantes consuma l’armure de doute du géant. S’essuyant des larmes d’euphorie de sa main rugueuse, Robert se calma avec rand peine. Le stress et la peur de la journée venaient de fondre comme neige au soleil.

Robert- Ça fait du bien de rire… Euh… On riait toujours Sandra et moi quand on rotait… Euh…J’aurai bien aimé voyager moi aussi…


L’homme prit un instant ou deux pour essayer de rassembler ses pensées dispersées aux quatre vents. Prenant une gorgée d’eau pour l’aider à hydrater le désert qu’il avait maintenant dans la gorge, le mineur parla. Le ton rauque, franc et direct devait faire plaisirs à entendre.

Robert- J’ai dû aider ma mère et ma sœur… Euh… J’ai travaillé très tôt… Euh… Si je me souviens bien à 12 ans pour le propriétaire du loyer… Euh… Pour le payer… J’aime mieux travailler qu’aller à l’école… Je suis trop con pour les études…

Souriant avec une douceur infinie et une tendresse insoupçonnée, l’homme tapota légèrement la table avec son index.

Robert- J’ai toujours aimé travailler des mains… Euh… Le corps bouge tout seul et je n’ai pas besoin de penser… J’ai été bucheron et sur la construction… La semaine passée je travaillais dans trois boulots… Mineur, portier et aussi sur des contrats de constructions… Euh… J’aime mieux travailler seul… Je ne veux pas rendre les gens mal à l'aise à cause de moi... Je voulais envoyer Sandra et sa famille à Disney… Euh… Je peux te poser une question ?

Attendant docilement l’invitation à continuer de la jeune femme radieuse, Robert essaya de formuler ses questions dans sa tête.

Robert- Tu le pensais vraiment quand tu as dit que je n’étais pas seule, que tu es là ? Euh… Tu vas vouloir surement partir après que tu sois guéri… Euh… Je pourrais peut-être… Euh…

Ne sachant pas le pourquoi ni le comment le cœur de l’homme essayait désespérément de formuler une supplice. Une demande toute simple à formuler pour tout un chacun. Mais un véritable calvaire pour un être lent comme le mineur. Il ne voulait que suivre maintenant celle qui permettait à l’homme de se démarquer du monstre…



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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Sam 21 Nov 2015 - 19:55

Assise sur le parquet, Juliane suivit Bobby des yeux alors qu’il s’affairait pour le repas. Même si elle n’avait pas été malade et affaiblie, elle n’était pas certaine d’avoir été utile pour ce genre de chose. En faite, Juliane et les taches ménagères ça collait pas. Elle avait toujours détesté ça. La lessive, le ménage, faire à manger… En plus même si elle tentait de faire la cuisine, ce qu’elle préparait était généralement infect ! Elle n’était pas douée pour ça. Alors il fallait bien l’avouer, ça lui allait très bien que le géant soit un cordon bleu ! Elle ouvrit de grand yeux rond devant la quantité de ragout qu’il lui avait servit. Ok… Elle avait dit avoir faim, mais elle ne savait pas si elle serait capable de manger tout ça ! Enfin, elle avait tout de même hâte de pouvoir y gouter. Juliane fronça les sourcils et répondit avec ironie : « -non mais ça c’est des conneries ! Ça existe pas des gens fait ou non pour sourire ! » Non mais vraiment, Jill avait l’impression que celui qui l’avait accueilli ici avait passé sa vie entourée de cons. Oui c’était le mot juste. La jeune femme avait vraiment parlé naturellement, comme la plus part du temps, sans prendre le temps de peser ou même de penser ses mots. Certains voyaient cela comme une qualité, d’autres comme un gros défaut. Juliane se saisit de son bol, et tout soufflant sur le ragout elle se mit à sourire pour ce que venait d’avouer malgré lui le géant. Ainsi ils étaient deux à se sentir bien. Et franchement c’était vraiment appréciable.

« -de l’eau c’est très bien pour le moment… » Répondit Juliane, préférant ne rien dire au sujet de la gêne que semblait prouver Bobby par rapport à son aveu. « -d’accord… Je souffle… » Répliqua-t-elle amusée en lui souriant. Oui, malgré son état de fatigue, elle se sentait à l’aise et presque apaisé. Même si elle ne perdait pas de vu qu’ils étaient dans une petite cabane de chasse, qui n’avait pas des murs épais de trois mètres, elle était rassurée. Ce soir, elle ne dormirait pas seule perchée dans un arbre à la merci du vent et du froid. La mauvaise saison approchait à grand pas, et ce mode de survit ne lui permettrait pas de tenir bien longtemps. La preuve : elle était malade ! La jeune femme avait attendu le retour de son hôte pour porter la première cuillère à ses lèvres. C’était chaud, mais c’était aussi très bon ! Un silence se fit, laissant place à bruit des cuillères. Mais celle de Juliane resta quelques secondes en suspens lorsque Bobby s’excusa de ne pas lui avoir souhaité un bon appétit. « -c’est pas grave. Je l’ai pas dis non plus… » Répondit la jeune femme en souriant. « -en tout cas c’est très bon. » Elle se régalait et la chaleur du plat lui faisait du bien.

Comme elle l’avait pensé, Juliane n’allait pas tout manger même si c’était vraiment délicieux. Lorsque Bobby rota avec grand bruit, Juliane leva les yeux dans sa direction. Elle ne fut pas choquée et en réalité, elle se mit à rire assez vite alors que Bobby semblait se retenir d’en faire autant. Le rire qui sortait de la gorge de la jeune femme était franc et sincère. Et étrangement, cela lui fit un bien fou. Comme si grâce à cela elle reprenait un peu vie. Elle articula au milieu de son fou rire : « -comme dit Shrek : vaut mieux que ça soit dehors que dedans ! » Peu à peu les rires laissèrent place à des sourires amusées, et Juliane hocha de la tête pour confirmer ce que venait de dire Bob. Oui, cela faisait un bien fou !

Jill fit glisser son bol sur la table, et d’un geste du menton, elle fit comprendre à Bob qu’il pouvait terminer sa part. Là, elle n’était plus capable de manger. Son estomac s’était rétrécie depuis qu’elle était en mode survit. Et ne voulant pas gâcher, elle préférait que ce soit Bobby qui en profite. « -c’est pas parce que tu n’aimes pas l’école que ça veut dire que tu es con. C’est pas une obligation de faire des grandes études. » La jeune photographe porta la tasse rempli d’eau à ses lèvres tout en ne quittant pas Bob du regard, l’écoutant avec attention. Elle avala et répondit : « -oui bien sur… » Elle déposa son verre sur la table, remontant à nouveau ses genoux sous son menton, croisant les bras par-dessus.

Le regard de la jeune femme se détourna de Robert lorsque la voix chaude de l’homme s’était tue. Partir ? Rester ? En faite… En faite, elle n’y avait pas pensé une seule seconde. Elle n’avait plus aucun objectif. Elle ne savait pas quoi faire, où aller. Elle commençait seulement à avoir la certitude qu’affronter ça en solo c’était tout simplement impossible. Sans regarder Robert elle répondit d’une voix bien moins joyeuse : « -Je ne… Je ne sais pas ce que je vais faire… Je ne voudrais pas m’imposer à toi. Où être un boulet. » Un léger sourire en coin et elle regarda cette fois-ci Bob : « -oui parce que j’en suis un parfois ! » Elle se mit à tousser, et après avoir grimacée, elle ajouta : « -mais oui j’étais sincère. Je crois que… Je crois qu’aujourd’hui, face à cette épidémie, il faut se serrer les coudes. Peut-être que c’est la raison de ce truc. Faire en sorte que l’humain se rend compte qu’il faut s’entraider. » Un petit rire ironique et elle ajouta en détournant les yeux : « -ouais je sais… Je suis débile à toujours vouloir me dire qu’il y a une raison à tous ce qui arrive. Si ça se trouve c’est juste pour… » Les yeux de la jeune femme se perdirent dans les flammes. Juste pour qu’on crève tous… c’était ça le fin de sa phrase. Juliane se pinça les lèvres entre elle, avant de se forcer à sourire et dire avec humour : « -si tu permets que je reste, je te préviens, je sais pas faire la cuisine ! »


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Dim 22 Nov 2015 - 14:58

Juliane- Je ne… Je ne sais pas ce que je vais faire… Je ne voudrais pas m’imposer à toi. Où être un boulet. Oui parce que j’en suis un parfois ! Mais oui j’étais sincère. Je crois que… Je crois qu’aujourd’hui, face à cette épidémie, il faut se serrer les coudes. Peut-être que c’est la raison de ce truc. Faire en sorte que l’humain se rend compte qu’il faut s’entraider. Je sais… Je suis débile à toujours vouloir me dire qu’il y a une raison à tous ce qui arrive. Si ça se trouve c’est juste pour…

Le massif homme était suspendu aux lèvres pleines de la Texane. Tel un acrobate grossier, Bobby voltigeait de mot en mot qui était projeté dans les airs. Entendre une voix bien réelle, voir un sourire rempli de bienveillance et se faire rassurer étaient tout simplement merveilleux pour le colosse. L’homme du Kentucky, après avoir vu sa vie s’effondrer avec le massacre de ses anges terrestre, n’avait voulu qu’en finir. Mais à chaque fois la forme fantomatique de Sandra avait accouru. Dans l’esprit lent de Robert, l’esprit de sa nièce adorée était la dernière lumière qui le guidait dans cette folie. Le sourire béat et sincère du mineur s’estompa un peu quand le visage de la dame se referma. Il sut alors qu’elle devait combattre ses propres démons et qu’elle devait essayer de trouver une issue. Une sortie honorable pour survivre et s’échapper à ce chaos qui semblait être tombé sur le monde. Comme si un dictateur fou avait enclenché avec nonchalance le code d’autodestruction de la planète. Sans comprendre son geste, ne se fiant que par l’instinct et l’empathie, Robert tendit une main immense et rugueuse. La grosse paluche au geste incertain et gauche de l’homme se déposa avec douceur. Le contact doux, gracile et chaud de la main de Juliane parut à cet instant précis pour le géant déformé l’artefact le plus précieux au monde. Le regard perdu de la jeune femme se déménagea alors sur les traits atypiques et monstrueux de la parodie humaine assise devant elle. Un sourire s’apposa alors sur le visage merveilleux de la dame emmitouflé dans la couverture. Il n’en fallut pas plus à Robert pour afficher un sourire sincère et pour, laissant voir sa dentition mal alignée.

Juliane- Si tu permets que je reste, je te préviens, je sais pas faire la cuisine !

À cet instant précis, le cœur labouré de sillons à peine cicatrisé du mineur sauta dans sa poitrine. Un bonheur immense semblait émerger de tous les pores de la peau de l’homme. Le feu ronflant du foyer fut relégué au second rôle devant cette flambée de joie.  Oubliant tout ce qui l’entoure, le géant n’avait que dans son champ de vision que l’être harmonieux assit à même le sol. Un doute traversa alors le regard du mastodonte lorsqu’il remarqua qu’il tenait tendrement la main de la photographe. Ouvrant lentement, presque à contrecœur, sa main énorme pour permettre à celle de Juliane de se libérer de cette emprise ignoble. Les joues du colosse s’empourprèrent aussitôt. Mais ce moment fut vite oublié, remplacer par le bruit de déchirement d’un emballage. Le trésor chocolaté protégé dans l’armure simili métallique s’offrit alors au regard de convoitise de tous. Robert versa alors l’eau chaude dans les tasses et se releva avec une agilité digne d’une limace alcoolique. Prenant les couverts vidés de toutes traces de nourritures, l’homme s’étant assuré qu’il n’en restait pas une miette, Bobby emmena le tout dans la cuisine. Mettant les bols dans le bac à vaisselle, il renversa l’eau chaude de la bouilloire sur les vestiges du souper. Actionnant d’une main sûre la pompe manuelle d’eau, il remplit la bouilloire pour le lendemain.  Laissant l’antique ustensile de cuisine sur place, il revint reprendre place près du foyer.

Robert- Euh… Juliane… Je me demandais si tu veux que j’installe ton lit près du feu… Euh… Tu as l’air de l’apprécier… Je pourrais continuer à le fournir et veiller sur ton sommeil… Euh… Comme Sandra aimait que je le fasse lors qu’elle était à l’hôpital.


Souriant bêtement, mais avec une humanité des plus touchantes, le monstre de foire ajouta alors.

Robert- Tu ne seras jamais un boulet pour moi… Euh… Tu es une personne qui a vu que je n’étais pas juste un monstre. Tu as une belle âme Juliane… Euh… On va se serrer les coudes et je vais faire la cuisine… Euh… Tu pourras m’aider à essayer de lire des mots compliqués dans le livre que Sandra m’a donné quand tu vas aller mieux ?

L’homme n’était assis qu’à quelques centimètres de la silhouette brulante de fièvre. Robert eut alors un élan de compassion et surtout de tendresse. Avançant une main tremblante, presque vacillante, il replaça le pan de couverture pour couvrir de nouveau l’épaule de la sublime dame.  De sa vois rauque aux mots à peine mâché, il libéra un murmure aux accents de sincérité et d’une franchise implacable.

Robert- Je croyais que je serais seule pour le restant de mes jours… Merci d’être là Juliane… Euh… Quand tu seras fatiguée, dis-le-moi… Moi je suis en pleine forme… Euh... Tu as marché beaucoup avec ton sac à dos?

L’être à la armure de chaire labourer de cicatrices était serein, presque guilleret pour être exact. Robert se sentait en confiance, compris et surtout accepté pour une des premières fois de sa vie.  Il ne pourrait jamais assez remercier Rosalie et Sandra, ses guides angéliques, d’avoir guidé ses pas. De lui avoir tracé ce chemin sinueux dans la forêt vers ce havre de paix. D’avoir envoyer la gentillesse réincarnée et la bonté débordante de Juliane. D’avoir permis à deux âmes solitaires, partiellement détruites et errant sans but, de se rencontrer. Au travers du chaos, chaque lumière d’humanité doit être conservé et amoureusement entretenu. Maintenant le géant déformé avait un but dans sa sombre existence : protéger la lueur  magnifique de son amie…



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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Jeu 26 Nov 2015 - 21:13

Rester forte, ne pas baisser les bras, garder espoir…
Juliane ne cessait de se répéter ce genre de chose depuis cette fameuse nuit d’horreur qu’elle avait vécu au cœur de la forêt. Depuis cette nuit où son chemin avait croisé son première infecté, sans qu’elle ne sache de quoi il s’agissait. Le problème c’était que son moral et son humeur faisait des vagues. Et parfois elle avait l’impression qu’elle allait se noyer dans cet océan de désespoir qui ne cessait de l’entrainer vers le fond. Elle perdait pieds, paniquait… Et comme à cet instant, elle avait bien du mal à afficher un sourire.

Mais ce soir, c’était différent.
Ce soir, elle n’était pas seule à dormir perché dans un arbre. Ce soir, Bob était là, là pour elle. Et il venait de lui prouver en déposa sa main sur la sienne. Geste identique à celui qu’elle avait fait quelques instants plus tôt, lorsque c’était lui qui avait besoin d’un peu d’espoir pour trouver la force d’avancer. Est-ce que ce fut le geste du géant ou bien l’habitude qu’elle avait de balancer une pointe d’humour pour cacher son mal être qui la fit sourire à cet instant ? Bonne question. Mais ce qui était certain, c’était qu’elle éprouvait vraiment de reconnaissance envers Robert. Il lui avait sauvé la vie aujourd’hui, et voilà qu’il était une main tendue dans les méandres de ses sombres pensées.

La sourire de la jeune femme s’étira un peu plus et ses prunelles se firent rieuse lorsqu’elle vit son nouveau compagnon rougir jusqu’aux oreilles. Décidément, cet homme était plein de surprises. Et elle devait bien reconnaitre qu’elle aimait ça. Elle lui lança alors : « -tu me fais rire… » Oui, il avait une capacité incroyable à la faire sourire et rire assez facilement. Chose qu’elle avait eut l’impression de perdre. Comme si la petite flamme de folie qu’elle avait toujours eue au fond de son âme se mourrait peu à peu avec l’espèce humaine. Mais lui, cet homme à la carrure si impressionnante, et la personnalité si torturé, était capable de produire ce miracle, aidant la photographe à se retrouver. Elle le suivit du regard lorsqu’il se leva, remontant un peu la couverture autour de ses épaules. La chaleur du foyer, le soupé copieux, ainsi que la fatigue qu’elle avait accumulé, sans compter la fièvre, pesait sur les paupières de la jeune femme. Elle ne bougea pas, reportant son regard sur le feu qui crépitait dans la cheminée. Elle aurait presque pu croire que tout était normal. Que le monde ne partait pas en vrille. Qu’elle avait juste fait une belle rencontre durant son voyage.

Avec lenteur, elle tourna la tête pour regarder à nouveau Robert, et elle lui sourit avec douceur. Mais elle secoua la tête pour répondre que non, ce n’était pas la peine qu’il déplace le lit. Elle ne voulait pas lui occasionner plus de dérangement. « -oui d’accord… Mais avant ça, j’aimerais que tu fasses quelque chose pour moi. J’aimerais que tu arrêtes de dire que tu es un monstre. Parce que ce n’est pas vrai. Et que tu ne devrais même pas avoir ce genre de pensées. D’accord ? Tu peux faire ça pour moi ? » Elle le laissa remonter la couverture un peu plus sur elle, souriant toujours avec tendresse, heureuse d’avoir trouvé un ami sur qui elle pourrait compter. Pas besoin d’avoir passé des années à côtoyer Robert, elle le savait. C’était presque comme une évidence.

« -ne me remercie pas… J’ai pas vraiment fait exprès… » Lança-t-elle avec une pointe d’humour. « -mais je suis heureuse de notre rencontre. » Juliane toussa un peu, portant sa main à ses lèvres, grimaçant au passage. Il fallait que ça passe. Qu’elle retrouve des forces. Aujourd’hui, dans ce monde de danger permanant, elle ne pouvait pas se permettre d’être diminuée de la sorte.

Combien de temps avait-elle marché avec son sac à dos ? Elle baissa les yeux quelques secondes avant de répondre à la question de son nouvel ami : « -et bien suis partie de chez mes parents cet été. Je suis remontée jusqu’à Colorado Springs, pour ensuite gagner la côte. J’ai pas fais tout le chemin à pieds. Assez souvent en stop. Cela m’a permis de faire de belles rencontres. » Lorsqu’elle y pensait, parfois elle était heureuse d’avoir décidé de partir et de vivre cette aventure. Parfois elle était convaincue qu’elle avait fait une erreur qui la condamnait à être aujourd’hui bien loin des êtres qu’elle aimait. Même si elle n’était pas une fervente croyante, elle ne pouvait s’empêcher de demandé à ses anges gardiens de veiller sur sa famille et ses amis dont elle n’avait aucune nouvelle. « -j’ai pu aussi réaliser de magnifique photos pour grossir mon book. Mais les batteries de mon appareil sont HS… Je sais même pas si un jour je pourrais les faire développer. » Elle marqua une pause avant d’ajouter pour que se soit plus clair : « -je suis photographe. Ça a toujours été une grande passion, et j’en ai fais mon métier. » A nouveau elle toussa, détournant son visage en mettant sa main devant sa bouche. Avec lenteur, elle prit quelques minutes pour reprendre son souffle avant d'ajouter: "-j'espère que ça va passer assez vite."


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Sam 28 Nov 2015 - 15:37

La lueur et la chaleur du foyer paraissaient ternes et froides pour le colosse. Car il ne pouvait s’empêcher de croire que la douce Juliane près de lui était au bas mot cent fois mieux de n’importe quelle source de chaleur. Un sourire de sa part pouvait éclairer les confins de l’âme disparate du monstre. La chaleur que la divine apparition, même si Robert n’avait tenu sa main qu’un instant, supplantait même l’astre solaire.  Les mots chantonnés par la photographe n’étaient l’égale que le vent soufflant avec douceur dans les feuilles d’un chêne centenaire. En moins d’une heure, la Texane avait accompli un petit miracle. Elle avait apprivoisé l’animal difforme et blessé qu’était le géant. L’homme qui essayait de camoufler sa laideur par l’obscurité était maintenant en pleine lueur d’un  feu dansant. Robert, qui était gêné au moment qu’il était en présence d’une dame, était maintenant assis qu’à quelques centimètres de Juliane. Le mastodonte riait avec elle et se sentait apaiser par l’aura invisible qu’elle dégageait. Maintenant que la douce dame avait compris le handicap intellectuel de Bobby, elle prenait garde à parler doucement et de prendre des pauses. Robert ne pouvait que l’admirer davantage, car elle agissait avec une compassion peu commune envers la piètre créature qu’il était. Mais un sujet d’inquiétude, une frayeur enserraient le cœur énorme de l’homme. À chaque toux que la gorge de Juliane produisait, chaque grimace de douleur,  chaque respiration sifflante secouaient profondément le mineur. Un peu comme si Robert se savait en sécurité dans une habitation et que chaque toux grasse représentait un tremblement de terre. Le monstre de foire avait peur que la structure de la maison se fendille et que tout s’effondre. Une petite voix paniquée à l’intérieur des plaines arides de son esprit n’arrêtait pas de chantonner.

Robert- Tu vas la perdre gros bêta! Et tu ne peux rien. Tu es aussi utile à Juliane qu’un chien pas de pattes. Aussi utile à ta nouvelle amie que tu l’as été avec tes anges…


Les yeux bleu si pur et innocents du colosse se perdirent dans les vagues de son tourment. Son sourire s’effaça peu à peu pour faire place à une mine sérieuse et grave.  Les mots de l’ange à la chevelure cuivrée s’inscrivirent dans l’esprit du mineur. Robert comprit alors qu’elle était photographe et que son appareil était vide de batteries. Que Juliane avait voyagé beaucoup. Que la douce dame ne croyait pas que le colosse était un monstre et qu’elle était heureuse de leur rencontre mouvementée. Les paupières du visage au trait atypique et grossier se fermèrent à demi. L’expression initiale du phénomène de foire venait de refaire surface. Un air naïf et complètement idiot sur une montagne de muscles déformée. Après quelques minutes qu’elle récupérait sa respiration laborieuse, Juliane reprit la parole de sa voix tendre et débordante de gentillesse.

Juliane- J'espère que ça va passer assez vite.


L’effet de ces quelques mots soufflé avec peine fit naitre un changement radical dans l’attitude pensive du colosse. Un sourire plein de détermination s’afficha sur les lèvres exsangues de l’être cauchemardesque. Le faciès monstrueux se détendit pour devenir amical et surtout rayonnant. La laideur de l’homme fut alors repoussée au second rang. L’humanité et la bonté semblaient irradier du for intérieur de Robert et fissurer la difformité repoussante de l’homme. Un bras large comme un billot de bois s’éleva alors pour se placer derrière les épaules menues de la photographe. Le geste fut suspendu alors à quelques centimètres de la collision. Une gêne sans nom fit naitre des lueurs pivoine sur les joues mal rasées de l’être inférieur. Les habitudes avaient la vie dure. Il ne voulait pas mettre mal à l’aise son amie. Mais un sourire de la part de l’ange de miséricorde fit chasser le doute et les peurs passagères du colosse. Finissant le mouvement entrepris, il déposa avec douceur l’appendice immense. Une chaleur nouvelle se dégagea alors de la bête. Le réconfort de ce geste anodin était amplifié par le soupçon d’inquiétude de Robert. À ce jour, il n’avait enlacé de la sorte que sa nièce pour la rassurer de sa présence singulière. Une lueur d’amusement traversa alors le regard enjoué et presque enfantin du mastodonte. Sa voix rauque et douce à la fois  s’éleva dans l’ambiance rassurante du chalet.

Robert- Bien sûr que ça va se passer vite Jill… Euh… Sinon je vais aller chercher un docteur par la peau du cul… Euh… Désolé pour le mot…

Bobby rougit un peu, mais l’hilarité se propagea alors dans tout son être. Une joie qui faisait plaisirs à voir s’extirpa de force de l’être cauchemardesque. Un rire pur, sincère et honnête ponctua cette apothéose de gaité. Se calmant peu à peu, l’homme reprit une attitude mi sérieuse, mi-hilarante.

Robert- Pour le monstre, c’est dur, tu sais, Juliane… Euh… Tout le monde me traitait de la sorte depuis que je suis tout petit…

Une lueur d’espièglerie s’afficha alors subitement dans le regard bleuté du mineur.

Robert- Oui Juliane j’ai déjà été petit tu sais… Euh…


Reprenant son air nais et complètement déphasé, l’homme  poursuivis alors son raisonnement.

Robert- C’est très dur de s’enlever ça dans la tête quand tu n’as que connu ça… Euh… Mais pour toi je vais essayer fort…  Tu peux me demander ce que tu veux tu sais…

Claquant alors son pouce et son majeur de sa main rugueuse, l’image typique de la révélation s’afficha alors sur les traits atypiques du géant.

Robert- Je sais comment charger ton appareil photo! Euhh… Attends que je formule tout ça dans ma tête…

Les rides du visage de Bobby se creusèrent sous l’immense effort de concentration qu’il commença à entreprendre. Il tira un peu la langue pour l’aider à se concentrer. Mais l’effet était des plus comiques et à chaque fois qu’il faisait cet acte de convergence d’idées vers une seule voie. Sandra riait toujours à gorge déployée devant ce masque polarisation. La voix rauque, hésitante et incertaine de l’homme s’éleva alors dans un murmure.

Robert- On peut utiliser la batterie de voiture qui alimente l’ampoule dans la cuisine… Euh… Il y a une fiche dessus… Euh… Aussi on a une génératrice dans le cabanon…Euh… Je pourrais voir tes photos ? J’adore voir ça.

Le sourire de l’être s’effaça quelque peu, le doute s’installa alors sur les traits atypiques du faciès monstrueux.

Robert- C’est quoi une passion Juliane? Je n’ai jamais eu ça, je pense… Euh… Je devais être trop occupé à travailler… Euh… Ensuite je crois que tu devrais aller te coucher Jill…Guérir vite...Je vais te prêter monsieur Nounours… Euh… C’était un ourson que j’ai donné à Sandra pendant qu’elle était malade… Elle m’a dit que ça l’a aidé à guérir et aussi avec mes chansons… Euh…

Se sentant tout à coup déraper dans ses explications hasardeuses, Robert scella ses lèvres. Toutefois, un sourire chaleureux, plus intense que les flammes du foyer, illumina son visage monstrueux.



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Dim 29 Nov 2015 - 17:39

C’était rare que Jill tombe malade. Elle avait toujours eu une bonne santé, et mise à part un petit truc du genre nez qui coule, elle n’avait jamais été aussi mal qu’aujourd’hui. Enfin si peut-être une fois lorsqu’elle était petite. Si ses souvenirs étaient exacts, sa mère s’était fâchée pour l’obliger à rester au lit. Juliane se revoyait les bras croisés dans son lit, boudant parce qu’elle avait l’impression d’être punit. Et cette époque là, elle disait qu’elle détestait les microbes ! Ces petites bêtes qui venaient vous forcer à rester cloitré dans votre chambre et à manger de la soupe aux légumes ! Beurk !

Mais depuis quelques jours, la maladie avait gagné du terrain. Ça avait commencé par un mal de tête, quelques frissons. Puis elle s’était mise à tousser. Un peu, puis cela avait empiré. Là elle en était à un stade de toux qui lui arrachait les poumons, lui brulant la gorge. La fièvre lui provoquait des tremblements, comme si elle mourrait de froid. Mais son front était brûlant. Elle avait tenté de trouver quelques plantes dans la forêt pour se soigner tant bien que mal, mais pour le moment cela n’avait pas d’effet. Et franchement, cela commençait à l’inquiéter. Et à la saouler surtout ! Etre diminuée et faible comme ça, elle avait vraiment du mal à la supporter. Elle avait vraiment été chanceuse de tomber sur Bobby. Putain ouais ! Aujourd’hui c’était son jour de chance !
Elle aurait pu tomber sur un mal mental, sur un mec qui ne voulait que profiter d’elle, ou bien encore quelqu’un qui aurait piqué son sac pour partir en courant. Mais non, elle avait eut la chance de voir apparaitre Bobby, même si sur le coup elle avait été saisit par la taille immense de son nouvel ami. Cet homme avait un cœur pur, comme celui d’un petit enfant. Et c’était tellement appréciable. Pas besoin de long discours ou de vivre des années l’un à coté de l’autre. La confiance était là, déjà bien présente entre eux. Voilà pourquoi elle laissa Bob passer son bras autour de ses épaules.
Elle lui sourit avant de souffler : « -j’aime pas ça les médecins… Des médicaments suffiraient certainement… » Ouais elle avait jamais aimé les hommes en blancs… Et en plus, dans le chaos qui régnait en ville, Jill n’était pas franchement certaine qu’un docteur accepte de suivre Bobby pour une consultation à domicile.

Tout en écoutant la voix chaude de son ami, Juliane posa sa tempe sur le bras de Bob, comme si elle avait besoin de ça pour ne pas sombrer à cause de la fatigue. LA jeune femme ne bougea pas lorsqu’il commença à lui expliquer que c’était vraiment difficile pour lui de ne pas se traiter de monstre. Elle avait envie de lui répondre que les gens qu’il avait eut dans son entourage n’étaient que des cons. De pauvres gens incapables de se rendre comptent ce qu’était vraiment un être humain. Que toutes personnes possèdent un cœur avec des sentiments. Ce genre d’attitude lui donnait la nausée et soulevait en elle une rage profonde de crier au monde entier tout un tas de vérité. Peut-être qu’elle s’était trompée. Qu’en réalité ils n’étaient qu’une poignée de cons trop gentils, des âmes perdues remplies d’innocences au milieu de ce monde cruel. Ça lui faisait mal de penser cela, mais plus elle voyait les horreurs dont l’homme était capable plus elle perdait sa fois en l’être humain. Elle allait répondre à Robert, mais elle se contenta de sourire amusée par sa réplique au sujet de cette réalité : il avait été petit. Elle se contenta alors de souffler un petit : « -merci Bob… ». Elle voulait qu’il change cette image qu’il avait de lui. Cette image totalement fausse. Mais elle comprenait que cela pouvait être difficile.

Un léger petit sursaut la saisit lorsqu’il claqua des doigts, se demandant ce qui se passait soudainement. La jeune femme bougea la tête afin de pouvoir regarder Robert, et elle fut plutôt étonnée de ce qu’il ajouta. Charger son appareil photo ?! S’il avait vraiment une idée pour lui trouver un courant et lui permettre de rallumer… ça serait juste magnifique ! Il n’avait sans doute même pas conscience du cadeau qu’il lui ferait si ce qu’il était en train d’exprimer pouvait se réaliser. C’était avec un sourire radieux et des étincelles dans les yeux que Jill fixait le visage de Bob. « -bien entendu que tu pourras les voir ! » Ses photos n’étaient pas top secret ! Et au moins quelqu’un pourrait voir ce qu’elle avait prit comme clichés. Mais son sourire s’éclipsa doucement lorsqu’elle vit les traits du visage de son ami se modifier. Qu’est ce qui le troublait soudainement ? Il ne lui fallait pas très longtemps pour comprendre ce qui le questionnait, et ce fut avec tendresse qu’elle lui répondit : « -une passion c’est… C’est quelque chose que tu as toujours aimé faire. Quelque chose qui te tient vraiment à cœur. Un truc que tu te sens obligé de faire dans ta vie pour être bien. » Enfin ce n’était pas tout à fait la définition exact du dictionnaire, mais c’était la vision qu’avait la jeune femme de sa propre passion. « -et tu as raison, je devrais aller dormir un peu… » En disant cela, la jeune femme se leva avec lenteur. Prenant monsieur nounours dans ses mains, elle le regarda avec douceur avant de déposer ses lèvres sur le front de Bobby et de lui souffler : « -merci pour monsieur Nounours ! Bonne nuit mon ami… » Après un petit signe de la main et un sourire tendre, elle passa la porte pour rejoindre la chambre, poussant la porte sans pour autant la fermer entièrement.


Il fut un temps où tu étais sauvage
ne les laisse pas te dompter...
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Jeu 3 Déc 2015 - 9:02

Robert aurait voulu que cet instant soit figé à jamais. Que cet illusion de bien-être remplace la réalité absurde que le monde semblait avoir plongé tête première. L'esprit lent de la chose aurait voulu construire une sphère impénétrable, loin des grattements frénétiques des parodies humaines qui ne rêvaient que détruire ces précieux moments. Lui et Juliane pourraient étirer le temps avec leurs doigts, ou bien accélère le mouvement à leurs guise. Se permettre juste d'être en harmonie ensemble et de défier le destin de détruire ce lien qui semblait se forger entre eux. La chaleur du corps gracieux près de l'homme déformé était une source de réconfort qu'il n'avait n'avoir qu'en rêve. La respiration calme et douce des deux êtres se mélangeait dans une harmonie parfaite. Rien en cet instant n'aurait pu briser ce simple bonheur du géant. À savoir être de nouveau en diapason avec une lueur d'humanité, un être de compassion et de bonté.

Des sourires pétillants, des regards d'où une lueur magnifique jaillissait à profusion. Une complicité innée d’un besoin de relation qui se solidifie à chaque seconde…Une tête appuyer sur le biceps disproportionner de Robert, une tendresse absolue qui fit sombrer les préjugés de l’homme. De croire en une humanité déficiente qui l’avait juste là banni. Robert aurait voulu que ce moment tendre et sincère s'étire juste à l'infini. Il ne put s'empêcher de songer à cet seconde que ce souvenir sera enfoui profondément dans sa mémoire. Près de ceux de sa famille et des rares moments de bonheurs qu'il avait pu vivre jusqu'à maintenant. Dans les catacombes de son esprit, la tristesse et le dégoût étaient des plus ancrés, de par le passé difficile de l'être répugnant. Mais les perles dorés, peu nombreuses, éclairait l'âme si pur de Bobby. Souvent quand les gens se moquaient de sa passivité ou bien de son état lunatique, en vérité l'homme déformé s'était réfugié dans l'alcôve de ses souvenirs heureux à repassé en boucles ces moments où il se sentait humain. Mais la douce flamme d'humanité nichée près de l'abomination combattait le sommeil réparateur qui lui était dû. D'un mouvement gracile, son corps merveilleux drapée dans une dignité céleste et une couverture, Juliane se releva et se pencha pour saisir l'ourson près de Robert. Se faisant, elle approcha ses lèvres pulpeuses du crane mal rasé et en forme d'œuf du monstre de foire. Les traits atypiques de l'homme se transforma en masque de stupeur. Dans son esprit une petite voix incrédule ne pouvait que répéter :

Robert- Non... Elle ne va pas faire ça... C'est impossible...


Et l'impassable se produisit. Un baiser d'une légèreté exquise, tel un papillon se posant sur les pétales d’une fleur, effleura la chair répugnante de Robert. Il ne put que fermer les yeux pour apprécier le contact soyeux des lèvres provenant de cet ange à la chevelure cuivrée. Mais à l’ instant même où cette sensation de paradis absolu l'envahi, au moment ou tous les astres semblaient parfaitement alignés, le contact fut rompu. Retombant littéralement des cieux vers une terre maudite, le colosse rouvrit les yeux et croisa le tendre regard de son amie. Avec la tendresse d'un ange, Juliane lui murmura a l'oreille : Merci pour monsieur Nounours ! Bonne nuit mon ami ... Cette douce mélopée permis à  la bête de recouvrer une partie d'humanité qu'il avait espéré depuis si longtemps.

Une étrange chaleur envahi alors tout l’être de Robert. Les joues du faciès monstrueux se pimentèrent en rouge et un sourire béat s’étala sur les lèvres exsangues.  Le corps monstrueux se trouva prisonnier de l’envoutement de Juliane. De la bonté et de la tendresse que la photographe avait donnée sans compter à l’erreur de la nature. Une main immense se leva néanmoins, propulsé par une joie légitime, en réponse au salut de la sublime apparition.  La voix rauque aux mots mal mâché réussit à s’extraire de la gorge nouée d’émotion de l’homme.

Robert- Dors bien Julianne… Euh… Je vais veiller sur ton sommeil…

La porte entrebâillée pourrait signer quelques invitations coquines pour le commun des mortels. Robert ne vit qu’à ce moment que la solidité du lien de confiance qui s’était installé entre les deux êtres. Deux âmes si semblables et si différents  à la fois. Laissant quelques secondes, ou minutes, à son cœur de reprendre un battement régulier, le visage de l’homme difforme se figea. Il devait demander à la douce forme angélique de lui donner son appareil photo.  Rouge de confusion, l’homme déplia sa grande carcasse repoussante et se dirigea vers la porte de la chambre où la bonté résidait. Frappant doucement, détournant son regard bleuté pour éviter de regarder par l’ouverture, l’être de cauchemar demandant de sa voix rauque.

Robert- Euh… Excuse-moi Juliane… Tu peux me donner ton appareil pour le recharger… Euh… Après je te laisse dormir promis…

Tendant une main immense au mouvement timide par l’embrasure de la porte, Robert espéra que la douce dame n’était pas endormie. Un petit rire angélique confirma au colosse que la vision du paradis était encore dans la dure réalité. Le poids de la caméra et du fil envahis alors la paume du géant. Aussitôt il ramena son appendice inquisiteur. De son pas lourds, le colosse se déplaça vers l’ampoule et brancha le tout. Connectant les bornes de la batterie avec les pinces alligator, Robert vit la lumière rouge au sommet de l’appareil. Un air triomphal apaisa les traits durs du monstre de foire. Mettant une buche dans le foyer, le mastodonte s’assit dans le vieux fauteuil. Le regard fixe de Bobby engloba les flammes dansantes et le voyant lumineux de son succès. Sans le savoir un air monta en lui.



Une voix merveilleuse, rauque et si juste s’échappa alors du cœur et de l’âme de la bête. Une voix digne des chanteurs disparus à ce jour résonna entre les murs du chalet. Chanter fit naître un apaisement pour l’être au cœur comblé, mais aussi à l’angélique dame. Souriant grandement de la joie et de l’allégresse tout à coup rendues à son âme mise en charpie, la beauté intérieure du monstre se manifesta alors de la plus belle manière qui soit. Le don caché par la montagne de muscles déformés se dévoila de nouveau. Perdues dans des  notes magnifiques rattachées à des souvenirs tristes et heureux à la fois, les paupières de l’être affreux se refermèrent quelque peu…

Le matin trouva l’homme endormi dans le fauteuil, les cendres rougeoyantes du foyer s’éteignant peu à peu. Un sourire était apposé sur l’horrible relief de l’être, le transformant quelque peu. D’un être impie à la race humaine, maintenant Robert semblait presque serein…



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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Aujourd'hui à 6:45

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Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane

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