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 Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane

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Bobby Smith
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MessageSujet: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Mer 4 Nov 2015 - 22:54

La hache du colosse s’éleva très haut au-dessus de la tête en forme d’œuf et au faciès monstrueux de Robert. Ce dernier ajusta la détente du puissant coup de la lourde lame avant de permettre à ses muscles disproportionner de relâcher le coup comme le ferait un prédateur qui porterait le coup de grâce a sa proie pétrifié et angoissé. Laissant décrire à l’outil un arc dévastateur, la tête métallique s’enfonça profondément dans la chair tendre de la cible du monstre de foire. Au moment de l’impact la voix grave et le ton lourd du géant déformé expira un petit soupir de soulagement devant l’accomplissement de son action. Le billot se fendit alors en deux et la hache se ficha alors dans le tronc qui servait d’établie de fortune au mastodonte. Sans un mot, laissant l’instrument de d’abatage forestier ficher dans le bois, les mains immenses et rugueuses de Bobby récupèrent alors les deux éclats de buches pour les placer à l’abri sous le balcon du chalet. Portant tout doucement ses mains qui pouvaient se transformer en boulet de canon mortelles en cas de grandes nécessités à sa bouche, l’ancien mineur du Kentucky laissant s’échapper un souffle chaud de la fine barrière de ses minces lèvres et exsangues. Un mince nuage de vapeur réchauffa brièvement des doigts ayant la circonférence de saucisses et les paumes des grandes paluches de Robert se frictionnèrent pour permettre au sang de réchauffé les extrémités engourdis par la forte chute de température. Levant son regard bleuté et si pur, qui ressemble à s’y méprendre aux vaguelettes d’une mer bercé sous la douceur bienfaitrice d’un soleil de midi, vers le ciel grisâtre de ce mois de septembre et le chagrin perpétuel de l’homme tomba de nouveau sur lui comme un torrent de douleur. Lissant des cristaux translucides d’eaux salé briser la fragile digue de ses paupières, les larmes chutèrent vers le sol attirer par la gravité sans pitié de l’univers morose qu’était devenu l’enfer quotidien du massif homme. 

Voilà quelques jours que Robert avait découverts les corps de ses anges totalement dévorer par des monstruosités. Rongé par la détresse, le remords de ne pas être étendu auprès de sa nièce adoré, la colère d’être un abruti qui n’avait pas pu déceler le danger qui se profilait à l’horizon et la rage de ne pas avoir le courage de franchir le pas si facile pour mettre fin à son existence et lui permettre de rejoindre les seuls être qui le considéraient comme un humain, Bobby avait marcher droit devant lui dans les bois obscure près de la ville Hobart. Le colosse avait laissé la folie, le chaos et la mort loin derrière lui pour essayer de retrouver une paix si fragile à son âme et surtout panser les terribles cicatrices lézardant le cœur immense et durement éprouvé du mineur. Au hasard de ses pas, après une journée de marche environ, le sosie de Frankenstein tomba sur le petit chalet de chasse juché au sommet d’une petite colline. Prudemment, l’esprit lent de la créature difforme fut aux abois et ses sens sensoriels poussés au maximum, il inspecta les alentours. La nuit venait de s’installer et une fine pluie automnale commença à tomber sur l’être abattu et désemparé. Prenant le peu de courage qui lui restait en main, l’homme du Kentucky frappa à la porte et n’ayant aucune réponse, il tourna la poignée tout doucement. La porte resta fermement verrouiller, cadenasser par un solide entrave. Soulevant ses massives épaules, le mineur décida d’entrer coute de coute. Robert avait utilisé le marteau glissé à sa ceinture à outils et faisant jouer la formidable puissance musculaire que la nature avait crue bon de lui prodiguer, en même temps que son apparence grotesque, le cadenas rouillé se fracassa après deux coups à faire trembler la charpente de la porte. Dans l’esprit corrompu par le chagrin et embrumer par la lenteur chronique qui s’était vu affliger durant toute sa misérable existence, l’homme déformé se jura de réparer les pots cassé et que ce n’était que pour une nuit. Mais le séjour du colosse s’était échelonné sur quelques jours, car ce dernier peinait à quitter ce petit havre de paix perdu au milieu d’une nature qui n’avaient cure de son apparence. 

Des fois la nuit, quand Morphée refusait de prendre dans ses bras l’imposante carcasse de Bobby pour le laisser broyer du noir en silence, les oreilles du mineur percevaient des gémissements lointain qui brisaient le lourd silence et le repos mérité des bois environnent. Et quand la fatigue remportait finalement le bras de fer contre l’angoisse et la peine du géant, ce dernier revivaient sans cesse la scène macabre qui l’avait anéanti. Mais dans ces songes cruels, les voix accusatrices de Sandra et Rosalie attaquaient les minces défenses psychologique du géant et le tourmentait avec des mots cruels et sans équivoques. Toujours le monstre de foire se réveillait en sursaut, son corps déformé et musculeux ruisselant de sueurs et le cœur voulant s’arracher de son torse. Seul rayon de positiviste dans ce tsunami apocalyptique, le propriétaire du chalet avait garni de conserve et d’autres équipements de chasse le petit chalet pour procéder à son passe-temps favori. Un puits souterrain emmenait de l’eau propre et bonne à la consommation par une pompe manuelle et un poêle de fonte assurait une chaleur et aussi un moyen de cuisson des plus appréciables. 

Pour s’échapper à son apitoiement, le mineur avait endossé l’habitude de ses précédents travaux avant d’accepter d’être plonger sous terre pour rechercher du minerai. Bobby avait évolué dans le milieu de la construction et de l’exploitation forestière une partite de sa vie et grâce à son ardeur au travail, le massif homme du Kentucky disposait maintenant d’une bonne réserve de bois et il avait rénové quelques lacunes de la structure de l’habitation. Le travail physique faisait oublier la tristesse et l’angoisse pour une courte période et maintenant que les tâches étaient fini, le colosse sentait de nouveau le manteau de peine se déposer sur ses massives épaules et alourdir son cœur déchiqueter. Saisissant alors la lourde hache de bucheron, le monstre de foire décida d’aller à la chercher d’un arbre à débiter en buches. Dans le subconscient du massif homme, il espérait que l’amas de bois et les réparations pourraient couvrir son hébergement passagers et la nourriture consommés lors de son passage. 

Marchant sur une courte distance, il trouva enfin un arbre digne de tomber devant le tranchant acéré de la lourde hache. Laissant ses doigts courir tendrement sur l’écorce rugueuse, tel un amant caressant la peau douce de sa maitresse, le faciès monstrueux de Robert se fendit d’un sourire naïf mais sincère. Mais au coin de sa vision périphérique, le géant aperçu alors un mouvement hésitant, même chancelant. Un homme en habit de chasse, le teint livide et les traits hagard, passa à une bonne distance pour se diriger vers une clairière à proximité. Du sans coulait d’un de son bras gauche. Le cœur débordant de compassion et désireux d’aider son prochain, même si les gens avaient pour habituer ensuite de le dénigrer et de lui dires des choses méchantes et futiles, le massif homme s’avança alors dans la direction approximatif du but de l’errance du blessé. Mais bientôt l’ouïe fatiguer par tant d’explosions souterraine du mastodonte décela des bruits de luttes droit devant lui et n’écoutant que sa petite vois qui ne cherchaient qu’a porter assistance aux gens, les grandes enjamber du monstre de foire s’allongeant pour se transformer en une course pour atteindre la clairière. 



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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Mer 4 Nov 2015 - 23:41

« Si un jour tu n’as plus la force d’avancer, regarde derrière toi.
Tu as affronté tellement de chose dans le passé, ça serait du gâchis d’abandonner maintenant. »


Le visage baissé, le regard plongé dans son reflet que lui renvoyait l’eau claire de la rivière, Juliane avait l’impression d’entendre la voix de son père. Comme s’il était là, juste à côté d’elle, et qu’il tentait de lui faire retrouver un peu d’espoir. Cette phrase, elle l’avait déjà entendu plus d’une fois de la bouche de son père lorsqu’elle était adolescente et qu’elle doutait d’elle. Un soupire passa ses lèvres, et elle détourna le visage tout en chassant d’un revers de main l’image d’elle-même à la surface de l’eau. La jeune femme s’assit au bord de l’eau, les genoux repliés sous son menton, callant son front dans sa main droite.

Ne pas abandonner ? Dans le fond, elle savait très bien qu’elle ne devait pas baisser les bras. Mais… Mais elle ne voyait pas comment elle allait pouvoir faire face. Elle était prise de quinte de toux assez souvent, et depuis le matin elle était parcouru de frissons, elle ne voyait pas comment son corps allait lutter sans l’aide d’antibiotique. Jusqu’à présent, elle s’en sortait. Mais là elle se sentait faible. Peut-être n’aurait-elle pas du quittée la ville…

Des gens bien… Elle commençait sérieusement à douter qu’il en reste sur cette terre. Avec l’épidémie, la population était devenue comme paranoïaque. Les gens avaient peur des autres. Peut-être avait-elle une vision trop idéaliste de la vie, de ces créatures ou de l’être humain. Mais tuer un homme sain de sang froid parce qu’il représentait une pseudo menace, non ça elle en était incapable et elle s’y opposait. A force de passer son temps seule, dans la nature, elle était devenue en quelque sorte : sauvage. Elle qui avant été capable de sourire à premier venu et de parler avec facilité, aujourd’hui elle avait comme un blocage. Elle l’avait bien ressentit lorsqu’elle était tombée sur Tom en ville.

En ce début d’après midi, là assise au bord de cette rivière, elle n’arrivait même plus à trouver de la joie dans ce petit moment de paix. Pourtant l’endroit était calme et plaisant. Elle aurait pu en sourire rien qu’en posant ses yeux sur l’eau chantante. Sa poitrine se souleva dans un nouveau soupir avant qu’elle ne lève les yeux sur le ciel dissimulé par les hautes branches des arbres de la forêt. Ce n’était pas son genre de s’arrêter, et d’avoir le moral dans les chaussettes. Bob Marley a dit un jour : « tu ne sais jamais à quel point tu es fort, jusqu’au jour où être fort reste la seule option. ».

Juliane se mit tousser, portant la main à ses lèvres, se repliant quelque peu sur elle-même. Elle prit quelques secondes pour reprendre son souffle, avant de porter son regard sur son sac posé à côté d’elle à même le sol. Elle se pinça les lèvres entre elle, et elle se décida enfin à se remettre debout. Elle ne pouvait pas rester là indéfiniment. Il fallait qu’elle bouge. La jeune photographe décida de suivre le cours d’eau, hissant son sac sur ses épaules. Elle dégagea ses cheveux de sa nuque, et elle se mit en marche. Malgré sa fatigue, elle prêtait attention aux bruits qui l’entouraient. Une branche qui craque, le chant des oiseaux qui se stoppent d’un coup. C’était autant de signes qu’elle avait appris à interprété comme étant des signaux d’alarmes prouvant que quelque chose n’allait pas dans son environnement. Son regard se fixa sur une forme sombre plus loin dans les bois. Elle s’immobilisa. Avait-elle la force pour affronter des rodeurs ? C’était une très bonne question… Et elle n’était pas certaine d’avoir la réponse. Jill’ déglutit ne quittant pas cette forme du regard.

Elle vivait ainsi maintenant, avec la peur au ventre, et l’angoisse de finir déchiqueté par l’une de ces créatures qui n’avaient plus rien d’humain. Si celui-ci sentait sa présence, elle allait devoir trouver en elle la force nécessaire pour se défendre. Personne ne le ferait pour elle.

Elle décida de traverser la rivière. Le courant n’était pas très fort, et des pierres émergeaient assez pour qu’elle puisse passer sans trop se mouiller les pieds. En équilibre instable, la belle brune tenta de se concentrer afin de ne pas finir au milieu des poissons. Mais elle se stoppa net lorsqu’un râle parvint à ses oreilles. Son regard sombre détailla alors le rodeur qui venait d’apparaitre sur la rive qu’elle souhaitait rejoindre. Merde… Demi-tour ! Mais sensiblement les rodeurs s’étaient passé le mot. Chair fraiche en vu ! Juliane sauta dans l’eau, au moins elle serait un peu plus stable dans ses pas. Elle se saisit de son couteau, même si elle préféra tracer droit devant elle, laissant l’espace de quelques secondes les deux rodeurs en tête à tête. Mais elle avait à peine fait quelques mètres que deux autres rodeurs apparurent des sous bois. Les sens en éveillent, son cerveau réfléchissait à toute vitesse. Il fallait qu’elle les sème ! Ils ne courraient pas très vite. Alors elle avait peut-être une chance. En quelques enjambées, elle rejoignit la rive, et elle traça à toute vitesse dans les sous bois.

Lorsqu’elle stoppa sa course pour reprendre son souffle, callant son dos contre un arbre, elle fut heureuse de constaté qu’elle était parvenue à mettre de la distance entre et elle les rodeurs. Le souffle toujours court, elle leva une main devant son visage et ce fut ce moment précis où un bras complètement décharné l’attrapa au niveau du cou. Un hurlement passa ses lèvres, avant qu’elle ne cri désespéré, tout en luttant pour sa vie : « -à l’aide !!! »


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Jeu 5 Nov 2015 - 17:44

Le mastodonte dut faire un détour à cause d’un amoncellement de branches bloquant le chemin le plus direct pour rejoindre le chasseur blessé. Le clame soudain de la nature percuta l’esprit ralenti du monstre de foire comme un train lancé en pleine vitesse sans cheminot à son bord pour le freiner avant un passage à niveau des plus achalandés. L’instinct du géant comprit alors qu’il devait avoir des méchants mangeurs de chairs dans le coin. Après le garagiste zombifié, Robert n’avait vu qu’un autre simulacre de vie errer sans but dans la forêt. Les animaux s’étaient tus pour ne pas attirer l’attention de ce nouveau prédateur implacable et le colosse avait blêmi de terreur quand les yeux laiteux de la chose s’étaient posé sur sa silhouette déformée. Les jambes du monstre de Frankenstein avaient pesé des tonnes et de l’eau glacée avait circulé dans son corps, stoppant temporairement le cœur mis en charpie de Bobby. Des frissons avaient parcouru l’échine de l’être maintes fois brisé et au dernier moment, lorsque la goule avait levé des mains griffues vers le torse large comme une barrique du mastodonte que l’instinct bestial et primitif qui sommeille à l’intérieur de chaque humain s’est réveillé en hurlant de furie. Les quelques secondes suivantes furent une succession de coups brutaux de porter avec la hache et quand l’esprit paniquer de Bobby réintégra son corps musculeux et déformer, la chose morte était au sol, désarticuler comme une marionnette à qui a avait tranché les fils qui le maintenant dans un semblant de vie. En repensant à cet épisode traumatisant de ce passé encore si frais à sa mémoire, le colosse avait ralenti le pas, une peur viscérale lui nouant les tripes. L’épouvante chuchota alors à l’oreille du géant qu’il devrait peut-être retourner se cacher dans le chalet et laisser les individus se débrouiller comme ces derniers n’hésiteraient pas de faire si la situation était inversée. La pusillanimité prit alors les commandes de la pathétique créature qu’était devenu le mineur et tout doucement il fit pivoter l’homme pour rejoindre la sécurité relative du chalet.

Voix- À l’aide !!!

Ces deux mots, vibrant d’une angoisse et d’un supplice fit stopper net le pas fuyant du monstre de foire. Un peu plus et Bobby entendit la douce voix de sa nièce réclamer de l’aide qu’il n’avait pas pu lui apporter. Serrant ses dents mal alignées à s’en faire sauter l’émail et laissant à un paroxysme des plus légitimes, l’être qui voulait toujours aider et protéger les autres reprit place au dominion de l’imposante masse musculaire et sans penser cette fois-ci à sa relative sécurité, les pas du géant se transforma en une course effrénée dans les sentiers étroits de la forêt. Quelques branches singulières, griffues comme les mains décharnées de la mort, essayèrent de ralentir la formidable progression du mastodonte. Celui-ci n’en fit aucunement attention, tous ses sens étant portés sur les mouvements frénétiques qui se dessinaient devant son regard bleuté. Des écorchures zébrèrent ici et là sur les anciennes cicatrices parcourant le cuir tanné des avant-bras monstrueux du géant, tentatives pathétiques de la végétation de ralentir la charge de ce goliath des temps modernes.

Le pas pesant et peu gracieux du monstre de foire le porta vers une lutte inégale pour la survie. Devant le regard bleuté du colosse qui se concentra un instant sur la scène, il vit le chasseur blessé s’en prendre à une magnifique jeune femme à la chevelure luxuriante de la couleur du cuivre dont les reflets jouaient dans les rayons du soleil automnaux. Le bruit d’une rivière cachait à peine les gémissements affamés d’un quatuor de morts-vivants qui s’approchaient des lutteurs. Faisant un rictus de rage et surtout de furie animale, le mastodonte baissa l’épaule et chargea directement sur le chasseur au moment qu’il remarqua le doux regard vivant et angoissé de la femme et celui mortellement inexpressif de la chose habillée dans des vêtements de chasse. La charge de Bobby manquait d’élégance et surtout de grâce, mais la combinaison de férocité et d’impulsivité n’aurait pas fait rougir de honte les grizzlis et rhinocéros. Jouant le tout pour le tout, il laissa tomber un cri rauque et charger de lourdes conséquences envers la créature qui voulait blesser une dame qui avait la beauté d’un ange qui semblait tomber directement du paradis.

Robert- HÉ TOI LAISSE-LA TRANQUILLE ESPÈCE DE… EUH…

Ça suffit pour que le belligérant trépassé tourne la tête vers la source de ce cri et l’épaule massive de Robert le percute alors au niveau du plexus solaire. La goule en habit de chasse souiller s’éleva alors du sol et fut propulser sur une coute distance pour retomber lourdement sur le dos en gémissant de frustration. Emporté par son monstrueux élan, le colosse s’arrêta avec peine près de la victime de son placage impressionnant et il affirma la prise sur le manche de bois de sa hache. La chose ayant été un humain il y a peu de temps ouvrit alors la mâchoire avec avidité et tendit ses bras décharnés vers le mineur déformé. Celui-ci leva alors sa hache et sans une arrière-pensée il l’abattit alors avec force vers la tête recouverte d’une tuque orange. Le premier coup manqua de précision et frénétiquement le mastodonte réarma son élan pour frapper de nouveau. Cette fois-ci, le métal affuté transperça le visage livide et le transforma en une bouillie sanguinolente. Frappa une troisième fois pour être sur d’avoir envoyé le noctambule dans un état cadavérique qu’il n’aurait jamais dû quitter, l’imposant homme du Kentucky regarda le trio de monstres avides de chairs s’approcher du lieu du carnage. Ils étaient encore très éloignés et d’un mouvement puissant et sec, démontrant une aisance et une expertise dans le maniement de la hache, Bobby délogea son arme improvisée de sa gaine de chaire putréfiée et sa timidité refit surface en voyant la forme exquise et gracieuse de la jeune femme.

Ne sachant pas trop quoi faire, peu habitué de s’exprimer avec les gens et surtout en ce moment des plus inappropriés. Laissant sa hache frôler le sol dans une attitude qu’il croit pacifique, il s’avança craintivement vers l’ange. La peur refit son apparition dans son être et le mastodonte se maudit un instant. Il venait de charger sans éprouver une once de terreur sur un zombie et maintenant il était pétrifié devant le regard d’une demoiselle. Il avança gauchement et une certitude vint alors à son esprit lent et pathétique. Le chasseur était doté d’une meilleure apparence que lui-même dans l’état qu’il se trouvait. La haute silhouette musculeuse et déformée de Robert était un affront pour l’humanité entière et plusieurs gens lui avaient certifié par le passé. Détournant son faciès monstrueux pour préserver l’aura de pureté de l’ange devant lui, la voix tremblante, rauque et essoufflée du monstre de foire s’échappa des minces lèvres pour se rependre dans l’air ambiant. Un peu plus et le son timide de la voix du colosse serait couvert par les gémissements des goules éloignées et du clapotis de l’eau dansante.

Robert- Vous allez bien, madame ? Euh…

Se rendant compte de la lueur métallique inquiétante dans la main de la jeune femme, Bobby leva une main suppliante et essaya de cacher de nouveau son apparence grotesque.

Robert- Non… Euh j’ai l’air d’un monstre, mais je pense être humain… Euh… Ne me faites pas de mal… Je vais partir… Euh… Je voulais juste aider…

Vivant une situation si semblable depuis des années, les gens préféraient blesser le monstre de foire autant physiquement que psychologiquement. Des lames, des projectiles, des poings et des mots avaient blessé plus qu’une fois le corps et l’âme de Bobby. Reculant d’un petit pas, le colosse ne vit pas alors la quatrième caricature de non-vie se profiler dans son angle mort gauche. L’esprit lent du mastodonte avait complètement oublié la présence odorante de ce prédateur qui tendait des serres répugnantes vers le biceps monstrueux du mineur…



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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Jeu 5 Nov 2015 - 23:16

Trop naïve… Oui, elle avait été bien trop naïve de croire qu’elle les avait distancés, et qu’elle était hors de danger. Parce qu’au jour d’aujourd’hui, le danger était présent partout. Elle le savait, elle n’aurait pas du stopper sa course si tôt. Trouver un endroit sur, courir, ou du moins marché aussi vite qu’elle le pouvait… Depuis qu’elle avait quitté Seattle, elle s’était souvent dit qu’elle avait fait une belle connerie. Là-bas, elle n’était pas seule. Elle avait trouvé quelqu’un de confiance avec qui passer quelques temps. Enfin de toute façon le problème n’était pas là pour le moment. Le problème majeur, c’était qu’elle venait de se faire agripper par un rodeur… La main décharné qui s’était poser là, juste en dessous de son cou l’avait glacé sur place. Un hurlement était sorti de sa gorge, et elle s’était mise à appeler du secours, même si elle était consciente que c’était une option débile. Si ses cris attiraient quelqu’un, ça serait sans aucun doute d’autres rodeurs… Mais la peur avait été plus forte que la raison sur ce coup là !

Mais malgré le fait que Juliane avait peur, elle luttait tout de même pour sa vie. Elle s’était mise à se débattre, tentant de faire lâcher prise au mort vivant. C’était la première fois que sa vie était réellement en danger. La première fois qu’elle était attaquée physiquement par un infecté. La première fois qu’elle luttait pour ne pas y passer. Elle ne cessait se torde dans tout les sens afin d’éviter les mâchoires qui désiraient gouter à sa peau, et alors que des larmes se mettait à couler sur ses joues tant elle avait peur, puissant dans ses dernières forces pour éviter de se faire mordre, une voix roque se fit entendre tel un grondement de tonnerre. Miracle ! Les deux rangers de dents pourries s’éloignèrent du visage de la jeune femme ! Et le rodeur fut projeté un peu plus loin, libérant ainsi Juliane de sa prise, la laissant pétrifiée sur place. Le dos toujours contre le tronc de l’arbre, elle n’osait pas bouger, son regard ne parvenant pas à se détacher de la scène qui se déroulait devant ses yeux.

Lorsque la hache s’abattit sur le rodeur, le cœur de Juliane se souleva et elle mit une main devant sa bouche pour ne pas vomir. Un second haut le cœur suivit alors qu’un second coup était porté avec violence à son agresseur. Au troisième coup de hache, elle détourna son regard, près à rendre le peu qu’elle avait mangé. Puis ce fut le silence. Alors elle se tourna à nouveau avec précipitation pour faire face à celui qui venait de lui sauver la vie. Elle avait encore le souffle court, et sa poitrine se soulevait à un rythme plus que rapide. Sans parler des battements de son cœur qu’elle sentait dans ses tempes. Dans ses yeux écarquillés par ce qu’elle venait de voir et de subir, on pouvait lire une angoisse et une peur folle. Elle tremblait de la tête aux pieds, à cause du choc, mais aussi sans doute à cause de la fièvre qu’elle avait depuis le matin. Jill vit les lèvres du géant bouger, mais elle ne comprit pas ce qu’il était en train de lui dire. Sa main était toujours cramponnée à son couteau.

Il fallait qu’elle se reprenne, qu’elle revienne à elle. Il en allait de sa survie. Mais même si elle était consciente de ça, elle ne parvenait pas à bouger ou bien encore à faire sortir quelques mots de sa gorge. Elle s’était juste contentée d’ouvrir la bouche, de remuer quelques peu les lèvres. Puis elle finit par cligner des paupières, avant de froncer les sourcils pour tenter de se concentrer sur les mots de l’homme massif qui se tenait devant elle. Mais elle avait beau faire des efforts, elle ne comprenait rien. Elle se figea à nouveau, son regard ne quittant plus ce qu’elle venait de voir, là juste derrière l’épaisse carrure de son sauveur. Les dents serrées, elle resserra à nouveau ses doigts autour de son couteau, et elle parvint à bouger enfin, juste avant que le rodeur ne vienne mordre le bras de l’étranger. Son geste fut rapide, et d’une précision presque parfaite. La lame rentra dans le crâne du zombie, mais elle n’eut pas la force de retirer les couteaux. Elle venait de le faire… Juliane se laissa tomber dans les feuilles mortes, lâchant le manche du couteau, ses deux mains tremblantes. A nouveau elle ouvrit la bouche et cette fois-ci, elle parvint à articuler : « -Je… Je… » Elle fit alors prise de sanglot, et un gémissement passa ses lèvres. Que venait-elle de faire ?!

La voix de son père résonna alors à nouveau dans son esprit. Tu es forte Jill… Alors elle se força à respirer calmement, inspirant et expirant par la bouche, avant de lever son visage barbouillé de larme vers l’homme gigantesque qui se tenait là, près d’elle. Elle renifla, effaça assez rapidement les larmes qui coulaient sur ses joues, et elle souffla d’une petite voix,le menton encore tremblant, en regardant l’étranger : « -merci… » Un simple petit mot qu’elle avait prononcé avec toute la gratitude qu’elle éprouvait. Il venait de lui sauver la vie. Son visage se baissa à nouveau, et après avoir prit une grande inspiration elle se releva avec difficulté. « -on devrait pas rester ici… »


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Ven 6 Nov 2015 - 23:26

Une nouvelle douleur cloua le massif homme devant la frêle jeune femme. Le cœur immense et rempli de sollicitude du mastodonte arrêta de battre en voyant la détresse et la peur se refléter dans le doux regard l’ange. Un peu de salive mélangée avec des particules digérées pendait stoïquement au fin menton du visage tremblotant et blanchâtre de l’être céleste. Le monstre de foire se maudit d’être si près d’elle, de lui inspirer cet état d’angoisse de par son apparence ingrate et cauchemardesque. Baissant son regard bleuté tourmenté par la honte et la certitude d’être tous les mots de la jeune femme, le colosse remarqua enfin ses avants –bras. Ces membres à la musculation si développée étaient pimentés de fluide vital. Les mains de l’abomination, massives et immenses, semblaient avoir été plongées directement dans le corps sans vie du chasseur trépassé. Un peu comme si Bobby aurait voulu arracher le cœur de sa proie pour le brandir haut et clamer une victoire sordide. Le poids de la hache décupla sous le poids de la culpabilité qui transpirait maintenant de chaque pore de la peau du géant. Voyant un bout de cuir chevelu encore rattaché au tranchant implacable de l’arme improvisé, le faciès monstrueux du géant prit un air dégouté et laissa tomber l’outil au sol dans un bruit mat et presque écœurant. Levant maintenant les deux mains en signe de reddition, le monstre de foire essaya de calmer la pauvre dame affolée par la présence d’autant de créatures cauchemardesques qui rodaient ça et là. Et bien entendu le mineur se considérait membre des monstres qui commençaient à arpenter le globe depuis tellement d’années. Une voix implorante, pathétique, mais touchante franchit alors les minces lèvres de l’être qui semblait tout bonnement sorti des fabulations d’un savant fou.
   
   Robert-  Désolé madame, je m’en vais… Euh… désolé pour tout… NON!
   

   Ayant passé une grande majorité à se défendre contre des attaques implacables des hommes soucieux de démontrer leur virilité mal placée, le colosse anticipa l’amorce du coup de couteau de la jeune femme. Car tout dans l’habitude et le comportement de l’ange céleste trahissait la soudaineté de l’attaque que devra essuyer le colosse déformé. Le regard si merveilleux de la dame se focalisa sur le bras gauche du malabar, les doigts gracieux refermèrent leur étau sur le manche de la lame et la respiration se fit plus forte lors de l’attaque. Bobby ne voulait aucunement poser la main sur le corps de la si belle et si dangereuse dame. Donc quand l’attaque, comparable au soubresaut d’une vipère qui s’élance vers une souris paniquée, se déclencha subitement, le géant essaya d’esquiver. Mais la lame acérée et assoiffée de sang bifurqua de sa trajectoire et un bruit mat et écœurant se fit entendre près du mastodonte interdit. Un bruit dégoutant de succion glauque qui rappelait étrangement le son d’un melon qu’on ouvrait violemment. Pivotant la tête dans un sursaut des plus légitimes, le mineur eut un haut-le-cœur en voyant le visage couvert de moisissure et de muscles à moitié dévorés du visage d’une militaire trépassée depuis quelques jours déjà. Le corps de la goule tomba au sol, les bras en croix et l’ange chuta à genoux près du corps macabre dans les feuilles desséchées d’un automne de cauchemar. Robert poussa un soupir de soulagement, de la gratitude passa dans son regard bleuté. Car la jeune femme avait accompli tellement avec ce simple geste envers le monstre de foire. L’ange avait évité une blessure de la part du mort-vivant et surtout elle ne l’avait pas poignardé comme bon nombre de gens avant elle. Les mains de la divine apparition tremblaient et un torrent fissura les digues de ses paupières. L’eau cristalline creusa alors des rigoles dans la poussière qui parsemaient le sublime visage de l’être agenouillé.

   Bobby ne savait plus quoi faire, ni quel geste poser pour essayer de réconforter la jeune femme. Le rouge gagna les joues mal rasées du monstre de foire. Il avait passé sa vie loin des gens normaux pour leur éviter d’avoir à endurer sa présence grotesque. À part Rosalie et Sandra, l’être au cœur torturer de cicatrices n’avait réellement eu l’occasion de démontrer le doux côté qu’il cachait derrière sa cuirasse répugnante. Au grand soulagement du mineur, la femme démontra une force de caractère hors du commun en respirant et en prenant une certaine contenance. Robert comprit alors qu’elle était sous le choc combiné de son acte héroïque, à savoir le coup de couteau dans le monstre sans âme, et de la vue de l’être affreux qui se tenait près d’elle. Au loin le concert de gémissement prit un peu plus d’ampleur, ne laissant rien présager de bon. Mais au travers de toute la honte, le dégout envers lui-même et la sollicitude que le géant éprouvait dans un maelstrom d’émotion des plus chaotiques, une petite voix fit descendre les yeux vers l’ange agenouillé dans la terre mourante de septembre.

   Dame-merci

   Ne comprenant pas le pourquoi, un sourire de gratitude et presque de soulagement se posa sur les lèvres minces de la caricature humaine. Le regard bleuté, si pur en comparaison de la grisaille du ciel affligeant, pétilla d’une bonté et d’une humanité sans borne. L’ange se releva alors avec difficulté et dit alors en tremblant des pieds à la tête.

   Dame-on devrait pas rester ici…
   

   Hochant la tête avec empressement, peu soucieux de se coltiner de nouveau avec des aberrations trébuchantes et malodorantes, Robert fi un pas vers l’orée de la forêt. Mais une douce voix le fit dresser l’oreille. Une voix spectrale, si douce et désirée, venait de chatouiller son ouïe.

   Sandra- Oncle Bob… Tu dois l’aider elle est a bout de force comme je l’ai été la dernière fois tu t’en souviens ?
   

   Un oui faible traversa alors la barrière que représentaient les dents mal alignée du colosse. Lors d’une randonnée avec sa nièce adorée, l’adolescente avait éprouvé un malaise. Fou qu’inquiétude, le monstre de foire avait saisi le corps fragile de la personne qui comptait le plus dans sa vie et l’avait transporté dans ses bras puissants. Durant le trajet, le pied de la chose qui se disait humain s’était tourné. Mais ignorant sa propre douleur et démontrant une endurance hors du commun, il avait maintenu la distance pour que des professionnels de santé puisent aider son petit rayon de soleil. Un baiser fantomatique se déposa alors sur la joue mal rasée du monstre de Frankenstein et la magnifique voix désincarnée se propagea une dernière fois.

   Sandra- Allez tu dois, la sortir d’ici aussi vite que durant ce moment ou j’ai eu la peur de ma vie…

   Revenant sur ses pas, oubliant sa hache et ses peurs irrationnelles d’être aussi près de la perfection céleste, le mastodonte chuchota alors de sa voix lente au ton trainant.

   Robert- Merci de m’avoir défendu, personne n’a jamais été aussi gentil avec moi… Euh… On doit courir…Euh… Désolé…

   Le monstre de foire fléchit un peu sa grande carcasse et sans laisser le temps à la jeune femme de s’opposer à cette habitude peu cavalière, il prit le corps gracile dans ses bras immenses.  Il rejeta alors son malaise de sentir cette perfection divine près de son corps atrocement déformé et sans demander son reste, il commença à s’éloigner du lieu de douleur en grande enjambée. Sentant les frissons et la chaleur que le corps si fragile et si fort en même temps produisait dans ses bras, Bobby sut au plus profond de ses tripes que quelques choses n’allaient pas. Prenant la peine de faire un détour par les bois pour perdre les possibles poursuivants lents à leur trousse, l’étrange duo s’enfonça un peu plus dans le bois lugubre donc la douceur du soleil ne pouvait conquérir. Autant pour calmer son cœur emballé d’être aussi près pour la première fois d’une étrangère et pour permettre à l’ange échoué dans ses bras de se sentir moindrement en confiance d’être avec un membre de la lie de l’humanité, Robert fit une promesse. Le son de sa voix se fit alors étrangement calme et serein, laissant transparaitre l’instinct de protecteur qui coexistait dans ce corps parsemé de cicatrices et de difformité. Une bonté sans borne et une sollicitude se dégageaient du colosse comme si celui-ci avait revêtu une cape sublime. Une sorte d’aura en quelque sorte de calme et d’assurance.
   
   Robert- Je ne laisserais pas les méchants vous faire du mal madame… non jamais… Euh… On va arriver bientôt à la maison… Euh…


   Les pas du monstre de foire avaient permis aux deux âmes solitaires de distancés les simulacres de vie et bientôt le chalet, refuge contre la folie ambiante, sera en vue. Le cœur immense et torturer de la chose battait maintenant calmement dans sa poitrine, laissant le loisir à l'ange d'apprécier un tempo pur, envoutant et si serin à la fois.



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Juliane Lyndey
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Jeu 12 Nov 2015 - 20:01

Jusqu’à présent, Juliane s’était persuadée qu’elle était incapable de tuer quelqu’un. Vivante ou encore l’un de ces infectés. Pourtant Justin lui avait dit : ces gens n’avaient plus rien d’humain. Et pourtant… Pourtant son cœur venait de se déchirer et son âme de se fendre en deux alors que l’ancien militaire désireux de mordre l’étranger, s’effondrait sur le sol. La jeune femme en était consciente : elle ne serait plus jamais la même. Un nouveau chapitre de son histoire était en train de s’écrire avec cette épidémie. Un nouveau chapitre dans lequel elle allait devoir faire des choses horribles pour rester en vie. Mais aussi pour défendre d’autres personnes. Ce qui était le cas ici. Ce n’était pas pour elle que son couteau s’était levé et que sa lame avait traversé le crâne de cet être. Non, c’était pour la vie de cet homme, de ce colosse qui se dressait devant elle et qui n’avait pas hésité une seule seconde à venir à son secours. Il allait falloir maintenant trouver la force de vivre avec ce qu’elle avait fait. Acte qui ne serait surement pas isolé.

Juliane puisa en elle encore quelques forces pour parler, mais aussi pour se redresser. Ils ne devaient pas rester ici. Fuir son ennemi c’est lâche… ça c’était juste bon pour l’alcool ! Parce que là, il était vraiment temps de mettre les voiles. De se mettre à courir à nouveau, aussi vite que possible. Son regard fiévreux s’était posé sur l’homme immense qui lui faisait de l’ombre, et elle avait commencé à marcher dans la direction opposée à la rivière. Lorsqu’il faisait un pas, elle devait en faire deux. Et Juliane devait vraiment lutter de toutes ses forces pour parvenir à mettre un pied devant l’autre. Sa course poursuite au milieu de l’eau l’avait épuisé, vidée de quelques forces qu’elle préservait. Ses vêtements trempés ne l’aidaient pas, collant à sa peau et ne lui permettant pas de se réchauffer. Elle se sentait tellement faible. Elle voulait un feu de bois, une couverture et un chocolat chaud ! Un léger sourire étira sa lèvre en coin à cette pensée. Il ne fallait pas rêver. Même si elle parvenait à suivre ce géant, il ne vivait certainement pas dans un palace cinq étoiles.

Après à peine une dizaine de pas, Juliane se sentait déjà à bout de souffle. Bordel ! Où était passé sa condition physique ?! Si seulement elle n’avait pas une fièvre de cheval… Sa main blanche et tremblante se posa sur l’écorce d’un arbre alors qu’elle fermait les yeux quelques secondes pour dissiper un vertige et faire passer une quinte de toux. Il fallait qu’elle avance ! Lorsqu’elle ouvrit à nouveau les paupières, ses yeux croisèrent deux énormes chaussures. La voix faible et trainante de l’étranger se fit entendre, et Juliane le regarda et elle ouvrit la bouche pour répondre que c’était un prêter pour un rendu, car il venait lui-même de lui sauver les miches. Mais elle n’eut pas le temps de dire quoi que se soit, qu’il la prit dans ses bras, la soulevant comme si elle n’était qu’une plume. Elle fut surprise de ce geste, s’agrippant au col du vêtement de son chevalier. Elle aurait sans doute dut se débattre, ou du moins lui dire que ce n’était pas la peine de la porter, qu’elle pouvait marcher. Oui, elle avait sa fierté la petite ! Mais lorsqu’il commença à marcher, une sorte de sensation de soulagement envahit la jeune femme. Etrangement, même si elle ne connaissait rien de lui, Juliane se sentit en sécurité dans ses bras. Durant les cinq ou dix premières minutes, la jeune photographe était attentive à ce qui se passait, tentant de se concentrer sur le chemin que l’homme empruntait. Mais peu à peu, le froid, la fièvre et la fatigue eurent raison d’elle, et Juliane sombra dans le sommeil.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, se fut dans un sursaut. Les sens en alerte, elle scrutait la pièce dans laquelle elle se trouvait. La jeune femme baissa son regard, elle constat qu’elle se trouvait dans un lit, avec une couverture qui lui grimpait jusqu’au menton. Elle se passa une main sur le front… Elle avait chaud… Elle transpirait… Mais en même temps, elle avait encore des frissons… Avec lenteur, elle posa ses pieds sur le parquet brut, et entrainant la couverture avec elle, s’enroulant dedans, elle se dirigea vers la porte. Celle-ci grinça lorsqu’elle s’ouvrit, et la jeune femme passa dans la pièce voisine où brulait un feu de cheminée. Juliane s’en approcha tout en cherchant du regard l’homme qui l’avait emporté ici. Elle demanda alors à voix haute mais faible : « -y’a quelqu’un ? » A nouveau elle se mit à tousser. Portant sa main devant ses lèvres, elle se rapprocha du feu pour profiter de sa chaleur. Dehors il faisait déjà sombre… Elle n’avait aucune idée de l’heure, ou de combien de temps elle avait dormi, mais la journée touchait à sa fin.


Il fut un temps où tu étais sauvage
ne les laisse pas te dompter...
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Ven 13 Nov 2015 - 15:55

Le trajet du retour fut comme un rêve pour la créature désabusée des relations humaines. Sentir le corps gracieux qui se nichait sur le sien, affreux et déformé, était tout simplement impensable pour la créature. À part ses deux anges de sa vie, aucune personne n’avait voulu entrer en contact avec l’armure de chair lézardée de cicatrice de Robert. Et maintenant la jeune dame, quoique fiévreuse, semblait apaiser par le balancement régulier du corps en mouvement et le battement hypnotique de l’immense cœur débordant de gentillesse. Ces sentiments que peu de gens cherchaient à découvrir, préférant s’arrêter au premier regard et classer l’erreur de la nature dans la catégorie des monstres. Le sosie de Frankenstein ne rêvait qu’à cet instant de transporter l’âme en perdition dans ses bras pour l’éternité. De se sentir de nouveau utile à quelqu’un remplit de fierté la lie de l’humanité. Au moment où la structure imposante du chalet de chasse apparaissait au détour du sentier sinueux de la forêt, le regard bleuté si pur qui ornait le faciès monstrueux de la bête tomba sur le précieux  corps céleste qui reposait dans ses bras musculeux et déformés. L’ange à la peau d’albâtre et à la chevelure cuivré dormait paisiblement, rassurée par l’imposante masse de muscle et l’aura de réconfort qui se dégageait du mastodonte. Tout doucement, appréciant le retour des bruits familiers de la nature avoisinante, le pas du colosse se transforma en marche lente. Comme si Bobby retardait l’inévitable moment qu’il devrait déposer le corps céleste  sur un des deux lits de son refuge. Il ouvrit alors la porte et soupirant de résignation, après avoir délesté la dame de son sac à dos, il déposa le corps fiévreux dans le lit. Les gestes du géant étaient empreints d’une douceur infinie, tellement que bien des femmes auraient adoré que leurs amants soient aussi attentionnés que le phénomène de foire. L’esprit de Robert était à des milliers de lieux des impulsions charnels, le monstre de foire n’ayant jamais pu apprécier  ces doux moments d’intimités. Les gestes du goliath des temps moderne n’étaient dictés que par la sollicitude, l’inquiétude et un amalgame d’autres sentiments des plus étranges qu’il n’avait jamais éprouvés avant. Le regard soucieux de la chose se plongea sur le visage au trait agréable, mais ravagé par des tremblements involontaires. Tel un papillon se posant sur une fleur rare et précieuse, la main immense et rugueuse de Bobby agrippa la couverture et borda la frêle silhouette dans une tentative pathétique de la réchauffée.

Se sentant alors de trop dans cette pièce, un intrus dans la solitude de l’ange endormi, le maître des lieux entreprit de sortir son ignoble carcasse. Aussitôt à l’extérieur de la chambre, le doute assaillit le monstre de foire. Des pensées sombres percutèrent l’esprit lent de la bête de foire avec la force d’un train lancé en grande vitesse.

Tu sais qu’elle va partir aussitôt qu’elle ne va plus avoir besoin de toi mon grand? Elle est trop faible pour le moment, mais bientôt elle ne va plus vouloir te voir, car tu ressembles à un monstre… Tout le monde te le dit, alors pourquoi ce serait différent maintenant?

Secouant sa tête et soulevant ses épaules massives, le mineur entreprit alors  de faire des travaux manuels pour empêcher ces pensées assassines de le tourmenter. Il fit le guet à l’extérieur, appréhendant le retour des parodies humaines ayant un appétit complètement ignoble. L’ancien bucheron replaça les bûches en corde bien alignée sous la galerie pour les préserver des intempéries. À intervalles réguliers, le mastodonte alla éponger la sueur dégoulinant du visage de l’ange. Durant ces brèves apparitions, les gestes dictés par l’immense compassion de l’être déformé ressemblaient au souffle agréable et bienfaisant d’un vent estival sur la peau de l’être divin. Dès que ce moment de tendresse était passé, lent et vite à la fois dans un temps sans merci, l’être massif sortait en vitesse du lieu de douleur de la dame. Comme si la croyance de Robert était à cet instant que la laideur de sa personne pourrait être néfaste envers le rétablissement de la brunette. Bientôt la valse de l’astre du jour avec les étoiles de la nuit se forma  dans le ciel et la noirceur plaça son manteau de ténèbres sur la forêt de nouveau paisible. Après avoir été vérifié que la dame dormait toujours, d’un sommeil troublé et fiévreux, le cœur du monstre s’alourdit et il sorti à l’extérieur. La fraicheur du temps fit apparaître des petits nuages de vapeur à la sortie des lèvres exsangues du géant et ce dernier ne se doutait aucunement de l’éveil de l’ange endormi. Se frottant les mains l’une sur l’autre dans une tentative de se réchauffer et de se rassurer, l’être à la carapace hideuse sentait le désespoir le gagner de nouveau. Des pensées envers sa nièce et sa sœur adorées s’envolèrent vers les cieux, seul lieu de refuge pour deux âmes si merveilleuses selon le mineur. Une prière toute simple fut formulée par l’esprit lent de l’homme du Kentucky.

Robert- Sandra, Rosalie, j’aimerais être avec vous… Venez me chercher, car je ne sais plus quoi faire…

Des larmes salées creusèrent alors des rigoles dans la poussière qui parsemait l’horrible faciès du géant. À cet instant précis, la volonté de l’erreur de la nature se fissura. La tristesse et le chagrin tombèrent sur Robert comme la hache d’un bourreau impassible. La dame parla à l’intérieur du refuge de la bête, mais celle-ci n’entendit pas son appel durant ces instants de détresse impitoyable. Sortant le couteau qu’il portait à la ceinture, Bobby regarda sa laideur renvoyer par l’éclat métallique de la lame. Armant son bras pour se porter un coup mortel et mettre fin à sa vie dénuée de sens, une voix céleste se manifesta soudainement. Une paire de bras translucides l’étreignit alors avec force et de stupeur le colosse laissa tomber l’instrument de mort de sa main immense. Sentant une tête fantomatique se poser sur son torse, les narines du monstre frémirent alors. Une senteur familière venait de déclencher un souvenir profond au  subconscient de Robert. Le shampoing à la fraise que Sandra affectionnait particulièrement. Aussitôt les mains de l’homme du Kentucky se déposèrent avec amour dans le dos et sur la tête de l’être translucide. Des ruisseaux salés se transformèrent alors en des rivières au fort débit. Flattant une chevelure que lui seul pouvait toucher, une voix faible s’échappa alors de la gorge nouée d’émotion du mastodonte.

Robert- Sandra, je m’ennuie de toi et de ta maman… Je veux vous rejoindre…

Une voix chantée répondit alors directement à l’âme terrifiée, mais bonne et avenante de la pathétique créature.

Sandra- Nous aussi on s’ennuie de toi oncle Bob, mais ce n’est pas le temps tu le sais… Tu as une personne sur qui veiller et quelques soit la décision ou l’attitude qu’elle va prendre, dis toi que tu es la merveilleuse personne qu’on apprécie toujours même dans l’au-delà et que tu fais le bien comme pas un.

Pendant quelques instants, le sosie de Frankenstein puisa du courage dans l’être fantomatique et les larmes se tarirent tout doucement. L’air changea subtilement, se remplissant d’éclats de rire fugaces et perceptibles seulement perçus par l’ouïe fatiguée du colosse.  Sentant une traction imaginaire vers le bas, les genoux du mastodonte se fléchirent  et des lèvres douces et translucides se déposèrent sur la joue mal rasée de Robert. Tous les doutes, les peines et les peurs du géant s’évanouir alors comme des nuages gris devant la pureté des sentiments de la nièce du monstre de foire.  Une dernière parole caressa alors l’âme reconstruite de la bête.

Sandra- Chante-moi la chanson quand j’étais malade je t’en supplie oncle Bob…


Ne pouvant rien refuser à son ange, le mineur commença alors à fredonner. Mais avant que le contact imaginaire soit rompu, le mastodonte parla avec amour et franchise de sa voix rauque.

Robert- Je t'aimerais toujours ma choupinette et aussi tu peux dire à ma sœur que je l’aime aussi?

Sandra- Bien sûr mon gros nounours! Allez essuie toi le visage mon gros bêta…



Souriant grandement de la joie et de l’allégresse tout à coup rendues à son cœur mis en charpie, la beauté intérieure du monstre se manifesta alors de la plus belle manière qui soit. Un chant pur à la sonorité presque parfaite se produisit alors. Le don caché par la montagne de muscles déformés se dévoila au grand jour. Perdu dans des  notes magnifiques rattachées à des souvenirs tristes et heureux à la fois, le colosse poussa la porte. Celle-ci  grinça et Robert la verrouilla pour la nuit. Les yeux presque fermés, essuyer du passage des larmes sur son horrible faciès, lunatique et perdu dans un état de rêve des plus soyeux, le monstre de foire alla vers la cuisine pour ouvrir une conserve de ragoût. Le foyer étant à l’opposé de la pièce, l’esprit lent du mineur ne vit aucunement la forme gracieuse enveloppée dans la vieille couverture. La voix chaude, rauque souhait continuait de faire le prodige qui charmait totalement les oreilles chanceuses d’en percevoir le chant. Il vida le contenu dans un chaudron et se tourna alors vers le foyer. Le chant mourut subitement et la honte apparut sur le grotesque faciès du monstre. Arrêtant de respirer, la bête savait pertinemment l’image que la douce dame percevait. Un horrible sosie d’humanité de plus de deux mètres, aux muscles déformés et aux cicatrices labourant ses mains et ses bras. Une création d’un savant fou en quelque sorte. Les gens s'arrêta là en général, oubliant de regarder dans le regard bleuté du colosse. De la pureté, de la gentillesse et de la compassion parcouraient son regard comme des vaguelettes sur un océan calme. Déposant le plat délicieux sur la table près de lui, la pathétique créature trouva une zone d’ombre près du pour lui permettre de  caché l’horrible apparence qu’il transportait comme un fardeau.  Timidement, rassuré quelque peu d’avoir pu dissimulé sa carcasse ignoble, la voix rauque et aux mots à peine mâchés de Bobby se manifesta dans un murmure.

Robert- Je suis désolé madame d’avoir chanté… Euh… de vous avoir réveillé… Euh… Vous allez bien? Euh…

Respirant un bon coup, essayant de camoufler une peur viscérale d’être près des femmes en général, le monstre de foire dit alors avec sincérité et douceur.

Robert- Je ne suis pas méchant madame… Euh… J’ai l’air d’un monstre, mais je ne crois pas en être un…


Le mineur se frappa mentalement. Comme on pouvait s’imaginer, les relations interpersonnelles et lui c’était deux…



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MessageSujet: Re: Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane   Aujourd'hui à 19:24

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Un battement de coeur dans la forêt... P.V. Juliane

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