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 Phoenix, November 2014

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Gary Warren
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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 21:47

Wah, c'était incroyable.
Elle gardait exactement le même discours à la con, celui qu'il avait entendu quelques minutes plus tôt sans l'écouter. Elle le répétait et l'assumait avec un aplomb absolument indiscible, qui laissa Gary sur le cul. Pour le coup, il explosa même d'un rire sans joie en plantant ses yeux bleus sur elle. Sérieusement ? Elle le prenait vraiment pour un con. Ou alors, c'était sans doute parce qu'il était soul et qu'il se refusait à croire qu'elle lui avait vraiment dit tout ça, et qu'elle était vraiment décidée à partir. Elle pouvait pas faire ça. Peu importe comment il prenait la chose, elle pouvait juste pas se tirer comme ça et croire que ça allait être si facile...

Et ta solution, à tous tes problèmes, c'est te tirer loin d'moi en emportant Norman, hein ?

Elle pouvait pas être de la même trempe de pétasse qu'était sa mère. Même s'il avait la moitié des gênes d'une pétasse et l'autre moitié d'un foutu con, il s'était souvent vanté d'être tombé sur une fille incroyable. Sur Rose. Et là, elle lui démontrait qu'elle pouvait être foutrement pire ? C'était pas envisageable. Pas possible. Pas pensable. Non, pas elle...

Seattle ? SEATTLE PUTAIN ! Hurla-t-il en la fixant droit dans les yeux.

Elle lui renvoya un regard affolé, comme pour lui dire de pas réveiller Norman. Ouais, ok. Il baissa d'un ton, se redressant à peine pour lui faire comprendre qu'il allait baisser d'un ton. Qu'il allait pas sortir son fils du lit et lui expliquer que sa maman voulait se tirer avec lui dès le lendemain. Il méritait pas ça. Et elle qui se targuer de « penser à lui » dans son geste. S'éviter de le voir devenir comme son père. Elle le sous-estimait. Elle le prenait pour un petit bout d'homme fragile et bête, influençable. Mais nan, elle se trompait et elle le voyait pas.

Et tu crois que j'vais te laisser faire peut-être ? siffla-t-il entre ses dents en la foudroyant du regard.

Il l'approcha d'un pas lent, faisant le tour de la table pour finir par l'acculer. Qu'elle se tienne bien à cette chaise parce que lui était prêt à lui passer l'envie de partir ou que ce soit mise à part dans la chambre pour aller tenir son côté du lit. Et s'il fallait que lui tienne le canapé pendant trois semaines pour l'empêcher de prendre la tangente au milieu de la nuit, ça ne lui posait aucun soucis :

T'es juste une putain d'égoïste qui veut faire croire au monde qu'elle le sauve, c'est incroyable.

Et fascinant. Mais il ne le rajouta pas, se contenta de plisser les yeux en la fixant toujours. Il lui crachait son venin à la figure, en restant parfaitement serein dans ses mots. Il les pensait, ou tout du moins tentait-il de s'en convaincre. C'était forcément ça. Ses problèmes à lui pouvaient décemment pas être si gros que ça.

Mais tu vas pas m'faire gober ça, Rose. Tu vas pas m'faire gober que tu détruis la vie d'ton fils, et la mienne, pour nous sauver tous les deux, tu vois. Tu l'fais parce que t'assumes pas qu't'as juste envie d'te tirer, et qu'ça fait sans doute une plombe que t'y penses.

ça c'était dit. Il manquait une petite chose au tableau, de quoi enfoncer bien le clou et ne plus pouvoir revenir en arrière.

Alors non, tu te barres pas. Tu partiras pas avec lui, ça, crois le.




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Rose A. Warren
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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 21:51


Après réflexion, sans doute qu'un mur aurait été encore plus compréhensif que Gary. A l'écouter, elle était une petite garce qui n'en faisait qu'à sa tête, et tout ppour sa gueule. Et lui, c'était le pauvre mari acculé qui devait assumer. Sauf que non. Ca ne se passait pas exactement comme ça.
Et il aurait beau hurler et tempêter, la menacer, quitte à la séquestrer, elle ne changerait pas d'avis.

Et tu vas faire quoi ? Répliqua t-elle en fronçant les sourcils. Me séquestrer dans un coin, m'attacher au pied du lit, me frapper ?

Elle retint sa respiration un long moment quand elle se trouva nez à nez avec lui, sentant chacun de ses muscles se tendre tandis qu'elle relevait le menton pour continuer de lui faire face. Elle avait beau jouer les reines de glace pour le coup, elle avait juste l'impression de se retrouver dans une situation à haut risque et qu'elle jouait sa vie. Elle se maudit d'avoir lancé quelques idées de séquestration un peu plus tôt, réalisant qu'il était peut-être capable de ça parti comme la situation s'envenimait.
Elle encaissa encore une fois, acceptant toutes les horreurs qu'il pouvait lui lancer au visage sans refuser d'admettre quoi que ce soit.

Non. Répliqua t-elle d'un ton acéré comme une lame alors qu'il la faisait passer pour la grande méchante. Je n'suis pas ta mère. Lança t-elle avec froideur en réalisant qu'elle avait peut-être franchi une énorme limite. Mais pour le coup, ç'avait été plus fort qu'elle. Se faire rabaisser de la sorte, non.

Certainement pas.

Ses dernières paroles l'atteignirent comme une gifle tandis qu'elle serrait un peu plus le dossier de la chaise, ayant l'impression de sentir ses ongles s'enfoncer méchamment dans le bois.

Je m'en vais. Répéta t-elle avec plus d'aplomb en se forçant à garder son regard contre le sien. Et n'essaie pas de m'en empêcher. Tu dis vouloir discuter mais là, j'vois que des menaces. Alors arrête ça.

Elle lâcha enfin le dossier de la chaise, sentant le sang circuler à nouveau dans ses membres. Elle recula d'un pas, tentant de s'écarter de lui. Il lui faisait peur. Il avait bu, et réagissait nettement plus que mal là tout de suite. Elle recula d'un nouveau pas avant de sentir ses reins buter contre l'évier. S'en aller, et vite. Pourtant son corps semblait refuser de l'écouter, restant parfaitement immobile alors qu'elle aurait mieux fais de partir en courant quelque part.

C'est ça la vie que tu veux pour ton fils ? La drogue, les règlements de comptes ? Tu te rends compte de ce que tu dis, est-ce que t'en es seulement conscient sérieusement ?

Il n'avait pas le droit de penser comme ça. Il n'avait pas le droit de l'accuser de tous les maux sans accepter de reconnaître ses propres torts. Pourquoi se voilait-il autant la face, alors qu'il aurait dû tenter de comprendre, d'admettre ? Oubliait-il tellement les promesses de changements, les disputes dans cette même cuisine tard dans la nuit ?
C'était un cauchemar. Et il fallait qu'il se termine avant qu'elle ne perde complètement pied.


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Gary Warren
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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 22:07

Me tente pas, siffla-t-il entre ses dents en la foudroyant du regard.

L'attacher au pied du lit et l'empêcher de s'en aller, c'était vraiment une bonne idée. Elle était un peu nunuche de lui suggérer des choses comme ça, parce qu'il était bien tenté de l'appliquer. Et puis au fond... Il était sans doute trop imbibé d'alcool pour vraiment penser raisonnablement, pour vraiment se faire une idée claire de ce qu'il se passait. Elle le quittait, et ça le mettait furieux. Amèrement triste, mais surtout en colère. C'était la bouteille qui parlait, agrémenté d'une bonne dose de drogue qui le maintenait éveillé depuis un moment. C'était insupportable.

Elle ne s'en rendait pas compte, elle ne savait pas ce que ça faisait. Elle n'en avait pas la moindre idée. Il se doutait quand même au fond, bien au fond, que ça ne devait pas être des plus simples pour elle. Elle n'était pas en train de s'amuser... Mais Gary se disait sur l'instant qu'elle faisait ce qu'elle avait bien envie de faire. Et essayer, encore, elle ne le voulait plus. Ça n'était pas un choix, ou un étalement d'option envisageable. C'était une décision qu'elle lui imposait.

Avait-il a la chance d'y remédier ? Cinquante fois, au moins. En six ans de vie commune, c'était plus de deux milles jours où il aurait pu changer. Ou il aurait du. Lui qui était du genre à croire que lorsqu'on chassait le naturel, il revenait au galop. En avait-il le courage ? La possibilité ? Et pour qui pourrait-il le faire si elle s'en allait ? Pour une femme qui ne reviendrait pas, pour finir comme son père dans deux ans ? Pour Norman... Pour son fils, ça avait beaucoup plus de sens en l'état.

Ouais, tu t'en vas. Mais tu t'en vas toute seule, ça, c'est moi qui t'le dis.

Il ne pouvait pas laisser Rose s'en allait avec sa raison de vivre et d'exister. Il avait peur. Gary était terrifié à l'idée d'avoir un emploi du temps pour voir son fils, de ne plus pouvoir lui parler comme il le voulait, comme avant. La complicité qu'il avait avec lui était sans pareil. Tous les deux s'entendaient bien. Gary n'était pas parfait, mais personne ne pouvait dire qu'il s'occupait mal de son fils. Dès la première fois qu'il avait vu Norman, la première fois qu'il l'avait tenu dans ses bras, ça avait été comme une évidence indescriptible. Ils étaient faits pour s'entendre. Quand Rose doutait de son instinct maternel, de sa capacité à le calmer quand il hurlait certains soirs à s'en déchirer la voix, l'homme avait toujours été là pour l'apaiser. Avec Norman, tout avait du sens.

Et elle voulait le lui enlever ? Partir avec ? Le laisser tout seul sans son fils ? Ça n'était même pas envisageable. Il n'arrivait pas à imaginer la vie sans lui.

T'as pas pigé : J'veux pas t'entendre. Ferme la, grogna-t-il en tapant brutalement du poing sur la table. Tu veux te barrer ? Casse-toi. Mais tu prendras certainement pas Norman pour te tirer à Seattle.

Son histoire, ses décisions, il s'en cognait avec force, à un point qui lui en donnait le vertige. Il n'était juste pas prêt à l'entendre. Si elle voulait faire ses valises, alors elle n'en ferait qu'une. Et s'il s'avérait qu'elle en faisait deux, une pour elle, une pour Norman...

Parce que si tu m'trouves méchant, j'peux être bien pire, princesse.

Là, c'était une vraie menace.




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Rose A. Warren
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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 22:10


Ca ne servait à rien de discuter; Il n'était tout bonnement pas en état. Elle pinça les lèvres en acceptant ses menaces et sous entendus sans broncher. Elle y survivrait, quand bien même se faire parler de la sorte par l'homme qu'elle aimait lui brisait un peu plus le coeur. Elle sursauta à peine quand son poing s'abbatit sur la table avec rage, gardant son regard noir ancré dans le sien.

Tu as eu tes chances. Un nombre incalculable de fois. J'te blamerai jamais pour tes actes. Mais assume en les conséquences.

Elle l'avait prévenu. Une fois, deux fois, un million de fois. Que cette vie n'était plus possible, que plus rien ne lui était supportable à le voir se pourrir comme ça à coup d'alcool et drogues. Il pouvait être pire que méchant ? Elle se contenta de hausser les épaules. Elle n'avait pas envie de hurler, de s'énerver ou de tempêter. Plus la force, plus l'envie. Plus le courage surtout. A quoi bon se battre contre un moulin à vent ? C'était plus s'épuiser qu'autre chose. Et épuisée, elle l'était déjà depuis un bon moment de toute manière.
Le regardant de haut en bas comme si elle le découvrait à nouveau, elle se contenta de soupirer.

J'm'en fous de tes menaces. Tu veux te venger ? Bah, vas-y. J'me suis tellement bousillée à essayer de te faire entendre les choses que t'as plus grand chose à prendre.

Son avis ne changerait pas de toute manière. Il aurait bu hurler, tempêter, les choses ne changeraient pas. Se détournant de lui, elle quitta enfin la cuisine pour rejoindre le canapé. Ses mains tremblaient, alors qu'elle rallumait une cigarette en sentant ses yeux la piquer d'une manière qu'elle ne connaissait que trop bien. Au moins, Gary ne vint pas continuer le combat, c'était mieux que rien.
Elle ne dormirait pas ce soir. A la place, elle appela une de ses collègues pour lui annoncer qu'elle ne serait pas là demain, ni les jours d'après, et qu'elle rentrait à Seattle. Ça leur laisserait au moins le temps de se retourner. Il devait être aux alentours de 7h du matin quand elle commença à cesser de pleurer pour s'assoupir, avant que le réveil en fanfare de Norman ne lui rappelle qu'elle devait encore l'emmener à l'école. Ce serait peut-être l'occasion d'essayer de parler avec Gary dans l'espoir qu'il ait décuvé, même si elle n'y croyait pas trop.
Il ne lui fallût pas moins d'une heure pour s'occuper de son fiche et le déposer, avant de reprendre le chemin de la maison. Enfin, son ex maison au final. Y penser lui serrait le coeur, bien qu'elle n'en montra rien.

Elle tomba nez à nez sur son mari à peine le pas de la porte passée et ses affaires balancées dans un coin. Qu'est-ce qu'elle devait faire dans ce genre de circonstances elle ? Partir en courant ou tenter un semblant de conversation ? Autant tenter la conversation rapide brève et sans risque de mourir.

J'ai déposé Norman... Faut qu'on lui parle ce soir. Rappela t-elle en esquivant son regard, attrapant son portable pour envoyer un sms à Lara.



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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 22:11

La nuit avait été atroce.

Gary n'avait pas réussi à fermer l'oeil. Il n'avait pas non plus essayer. Il avait tourné en rond comme un lion dans la petite pièce qui lui faisait office de chambre, attendant que les réponses et les solutions lui tombent toutes crues entre les mains. Se faire à l'évidence avait été tellement compliqué, si bien que le lendemain, quand il commença a y avoir de l'agitation dans le salon, que Norman se leva pour prendre son petit déjeuner avec le même sourire enfantin et plein d'espoir qu'avait les gamins comme lui, avec l'air de savoir qu'il se passait quelque chose entre ses parents et qui tentait de faire comme si ça n'était pas grave.

Lui et Rose partirent pour l'amener à l'école, et quand elle revint toute seule à la maison, elle lui annonça qu'il faudrait en parler avec leur fils. Il ne dit rien, resta muet comme une tombe sans réussir à relever les yeux vers elle. Tout ce qu'il était capable de faire en l'état, c'était de se griller clope sur clope en attendant le retour de son fils et de terminer son paquet.

Il n'allait pas y arriver, même s'il savait qu'il n'avait pas le choix. Il savait que ça allait lui faire du mal, mais que son fils allait faire comme s'il était fort, comme s'il pouvait encaisser, comme s'il comprenait. Dans les faits, Gary avait la peur intime et complètement dingue qu'il envisage que c'était de sa faute. Des mômes de parents divorcés qui grandissaient mal parce qu'ils se sentaient coupable de la séparation, y'en avait des tonnes. Mais il voulait absolument pas que son fils pense que c'était lui, la cause de tout ça.

Non. Norman avait été une merveille, une bouffée d'air frais. Il ne pouvait tâtonner cette idée, et pourtant, c'était presque incontournable. Comment pourrait-il lui couper l'herbe sous le pied ? Comment pourrait-il désamorcer sa machine à penser avant que ça ne salisse son esprit ?

Gary déglutit péniblement tandis que Rose était accrochée à son téléphone, envoyant des messages à dieu savait qui. Pendant une brève seconde, l'idée que ça soit à un autre homme lui traversa la tête, et s'accrocha à une plaie de son esprit pour s'y maintenir. Est-ce qu'elle se barrait pour un autre ? Est-ce qu'un type avait réussi à la tirer à lui, à lui monter le crâne, à lui donner envie d'autre chose ? Avait-elle perdu soudainement patience parce qu'un homme l'attendait ailleurs et lui promettait mieux que la vie qu'elle avait là ?

Pendant quelques secondes, cette idée lui fit un mal de chien. Mais pas autant que celle où Norman pouvait appeler un autre homme « papa ». C'était lui, son père. Il ne pouvait supporter ça, que son fils considère un illustre inconnu, qui n'était pas la chair de sa chair comme un père meilleur que lui. Et ça lui flanqua une peur panique sur le moment.

« Est-ce que y'en a un autre ? Demanda-t-il froidement sans relever les yeux vers Rose. »

Il était obligé de demander. Il devait mettre ça impérativement au clair avant de pouvoir envisager le reste. Quand Norman allait rentrer et qu'il devrait porter sur ses épaules la responsabilité de cet échec cuisant, il devait avoir toutes les cartes en main.

« A Norman. On lui dira que c'est de ma faute. S'il part avec toi, il doit savoir que tu tiendras la route. Que moi, pas. Mais que je le laisserais pas. »

Inconsciemment, sa gorge s'était serrée. Il avait senti ses yeux le brûler, son nez le piquer. Il avait eu envie de chialer, mais avait ravalé tout ça rapidement. Il pouvait pas se montrer faible, en tout cas... Il ne le pouvait plus devant elle.




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Rose A. Warren
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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 22:13


Elle s'en voulait tellement.

A voir Gary enchaîner cigarette sur cigarette, sentir chaque centimètre de son corps tendu sous le stress de la discussion, elle ne put s'empêcher d'avoir l'impression qu'une balle perforait sa poitrine alors qu'il posait sa première question sans même daigner la regarder.
Un autre homme, sérieusement ?
Elle l'observa en silence quelques secondes, hésitant entre lui jeter le premier objet à sa portée et l'insulter dans toutes les langues qu'elle connaissait, avant de se raviser. Si les rôles avaient été inversés, nul doute qu'elle aurait posé la même question.

Non. Il n'y à personne, et il n'y aura personne d'autre. Parvint-elle à répondre froidement, venant à son tour prendre place à table après s'être servie un café brûlant. La situation est déjà assez compliquée comme ça, et Norman à juste besoin de nous deux. Pas d'inconnus débarqués dans nos vies.

Elle releva un instant les yeux sur lui, espérant que le sous entendu était assez bien passée. Elle n'imaginait pas une seule seconde l'éventualité selon laquelle Gary se pointerait un jour en lui présentant une pétasse sortie de nulle part qui ferait office de belle mère pour Norman. Elle même ne s'imaginait pas une seule seconde refaire sa vie, et si Gary s'avisait de le faire, elle se voyait déjà agir en mère hargneuse et possessive avec la nouvelle venue...
Rose soupira un instant, ramenant ses cheveux en arrière en sortant une cigarette de son paquet. Elle venait tout juste de l'allumer quand Gary reprit la parole, demandant de passer pour le fautif. La gorge de la jeune femme se serra alors qu'elle baissait le regard, étreignant d'avantage la cigarette entre ses doigts.

Je sais pas trop. Peut-être, dire qu'on s'est mis d'accord, et qu'il n'a pas à se sentir fautif de quoi que ce soit ? Que tu ne passe pas pour un monstre quoi...

Est-ce que ça allait vraiment se terminer comme ça ? Dans une cuisine, à parler l'air de rien, sans trouver un mot plus doux que le reste ?

Je voulais juste que tu saches.... Que je suis désolée. Que mon but, c'est pas de te faire souffrir, ni de faire du mal à qui que ce soit.

L'espace d'une seconde, elle manqua de prendre sa main pour lui rappeler sa présence, sans oser s'approcher d'avantage. Rester assise sur sa chaise face à lui paraissait déjà être assez bon au niveau de la proximité.

Je m'occuperais de payer les billets d'avions, que tu n'ai pas à débourser quoi que ce soit. Et je n'emmène rien, je rachèterais tout sur place...

Ses yeux la brûlèrent, tandis qu'elle fermait les paupières une demi seconde pour chasser son envie de pleurer. C'aurait été con, de prendre la décision puis se mettre à fondre en larme devant Gary. Encore plus con que toute ses tentatives de lui parler alors qu'il semblait si distant.


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Gary Warren
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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 22:14

Maman ! Maman ! Tu devineras jamais ce que-

Norman venait à peine de passer la porte de l'entrée qu'il se planta au milieu du salon en guettant vers la cuisine. Derrière les boucles folles de Rose, il put voir la silhouette voûtée de son père, et la surprise prit place sur son visage encore poupon. Ses grands yeux bleus s'écarquillèrent de joie, alors qu'il se rua en faisant le tour de la table pour se jeter dans les bras de l'homme :

Papa ! T'es là super tôt !
Hey crapaud, la journée ça a été ?
Ouais, trop, on a fait tout plein de trucs avec Tony, c'était chouette ! Parait que la semaine prochaine on va peut être aller au zoo, mais faut un accompagnateur de plus, alors je me disais que ça pourrait être toi, si tu rentres tôt !

On verra. A propos de ça....

Son fils semblait parfaitement intenable. Tout d'abord d'une joie perceptible alors qu'il s'installait sur les genoux de son père, tout tremblant d'excitation. La journée avec les autres gamins avait du être intense. Ses histoires avec Tony, son meilleur copain à l'école, pleines d'aventures en tout genre. Des aventures qu'il avait hâte de raconter à ses parents en en rajoutant des tonnes. Le voir aussi joyeux fut comme un baume au cœur pour Gary.

Ta mère et moi, on voudrait te parler d'un truc.

Mais un baume qui ne fut que d'une courte durée, puisque la seconde d'après, il ballaya tout ça d'un revers de main sans avoir l'air de s'en soucier. Au fond, c'était tout le contraire. C'était lui qui amorçait les hostilités, qui annonçait une nouvelle qu'il trouvait parfaitement horrible à la personne la plus chère à ses yeux. Au bout du compte, peut-être qu'il se disait qu'en entamant, c'était lui que son fils détesterait le plus à propos de cette histoire. Que ça ne serait pas sa mère, avec qui il vivrait dans les années à venir, dans une autre ville. Qu'il en voudrait à son père de ne pas en avoir assez fait, le renvoyant à sa propre culpabilité.

Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Norman d'une petite voix inquiète.

Ses yeux bleus, dignes de ceux de Gary, se troublèrent doucement. Ce qu'il craignait était en train d'advenir sans qu'il n'ait eu encore le temps de faire quoique ce soit pour l'en empêcher.

J'ai fait quelque chose de mal ?

L'homme coupa court, interrompant presque son fils d'une voix grave :

Pas du tout, qu'est-ce que tu racontes ? Pas du tout. Ça nous concerne tous les trois, alors il faut que tu le saches.

Il avait passé des heures, devant cette table, à tourner les choses dans sa tête en se demandant ce qu'il pourrait lui dire pour que ça passe mieux. Des heures où il avait envisagé une centaine de scénario. Mais devant le fait accompli, il se sentait tellement nul et inutile que ces réflexions n'avaient servi à rien.
Être un homme, c'était pas définition être faible.

D'accord...

Norman descendit des jambes de Gary pour se mettre sur une chaise à côté.




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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Aujourd'hui à 4:10

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