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 Phoenix, November 2014

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Rose A. Warren
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MessageSujet: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 21:35

Maybe that's what happens when a tornado meets a volcano


Waldstein, préparez de quoi suturer je vous prie.

Tout était silencieux dans la salle d'opération, en dehors d'un léger fond de musique classique. Beethoven avait le don de calmer ses nerfs à vif après les doutes et appréhensions qui parcouraient son esprit depuis plusieurs semaines déjà. Outre le fait que se retrouver au bloc à 1h du matin alors qu'elle avait terminé le service avait eu le don de lui mettre les nerfs en pelote, elle avait en prime l'impression que ses internes dormaient debout. En attendant, le jeune homme étendu sur la table inconscient était en train de perdre son sang, depuis qu'elle avait retiré de ses chairs un morceau de ferraille encastrée dans sa poitrine dû à un accident de voiture. Mais visiblement, soit ils étaient cons comme des tables, soit la vue du sang en traumatisa certains pour leur première expérience sur le terrain.

Waldstein !

Son regard brun fixa la jeune interne qui lui rendit un regard de biche effrayée alors qu'elle tentait de ne pas trembler. Elle eut beau faire tous les efforts du monde, à 1h06 et 47 secondes, la personne non identifiée sur la table rendit l'âme malgré leurs tentative de réanimation. Rose ferma les yeux un instant, faisant signe à ses internes de laisser les autres s'occuper du corps. Elle eut tout juste le temps de sortir du bloc et jeter son masque que la stupide petite interne se planta devant elle en tremblant.

Je...
Toi, tu te tais. Cual es tu problemo joder ? Un type agonise devant toi et t'es pas foutue de tenir une putain d'aiguille convenablement pour une ridicule suture ? Si t'avais été plus réactive, on aurait pu sauver ce mec.

La voix froide de la chirurgienne trancha net avec les balbutiements de l'interne, tandis que ses grands yeux bleus s'humidifiaient. Elle n'avait jamais eu la réputation d'être tendre avec ses élèves, encore moins après un décès. Et quand bien même la possibilité de sauver cet homme était infime, Waldstein venait de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment, avec la mauvaise personne.

Quand le corps sera identifié, et que la famille sera prévenue, tu iras toi même annoncer qu'à cause de tes conneries, ce mec est mort sur la table.

Elle n'en avait rien à faire du regard désespérée de l'interne, ou des infirmières de passage qui firent demi tour pour éviter de se prendre une soufflante ridicule. Elle n'avait qu'une envie, s'en aller de là. 6 ans déjà passés à Phoenix, et elle avait l'impression de mourir à petit feu pour tellement de raisons. C'était peut-être ça le problème finalement. Alors qu'elle essayait de réanimer ce mec sur la table d'opération, elle avait presque eu la sensation de se retrouver elle même sur cette table. Seule, dans un endroit flippant, se vidant petit à petit de son énergie sans que personne ne puisse rien y faire.
Le silence du vestiaire ne fit qu'accroître son malaise, tandis qu'elle jetait avec dégoût sa blouse pour se changer, enfilant talons aiguilles, jean et manteau épais pour affronter le froid extérieur. Le climat glacé lui agressa la peau tandis qu'elle allumait fébrilement une cigarette, repensant à tout ça. Si elle aimait Gary plus que tout, elle se rendait bien compte que son environnement d'alcool et de drogue n'était pas compatible avec elle ou leur fils. Elle avait eu beau hurler, tempêter, supplier, rien n'y faisait. Gary restait fidèle à lui même, continuant dans son cercle vicieux tandis qu'elle même avait la sensation d'être dans une immense pièce remplie de monde à hurler sans que personne ne fasse attention à ce qu'elle pouvait ressentir. Elle soupira un instant, effleurant son alliance du bout des doigts. L'hôpital de Seattle lui avait toujours proposé de récupérer le même poste qu'à Phoenix, une fois qu'elle avait déménagé. Et cette ville ne faisait que l'empoisonner.

Si la vérité était difficile à admettre et qu'elle avait vécu dans le déni tout ce temps, sa soirée eu le don de lui remettre les idées en place. Et si cette décision lui brisait d'avance le coeur, elle savait qu'elle devait faire le mieux pour Norman. A ce rythme, son fils aussi se retrouverait un jour dans le monde malsain de son père, ballotté entre drogue et guerre des gangs. Ce n'était juste plus possible.
Le chemin du retour avait pris plus de temps que prévu, avant qu'elle ne passe enfin la porte de chez elle, fronçant le nez en aspirant une épaisse bouffée de nicotine tandis que des rires dans le salon lui indiquait que la bande mecs pas nets qui servait de gang à son mari jouaient les squatteurs. Faisant irruption dans la pièce, elle ignora brièvement les regards des autres, venant se pencher vers son mari.

Il faut qu'on parle. Tu as trois minutes pour leur dire de s'en aller, ou je m'en charge moi.

Et il n'en aurait pas fallu plus pour que Gary comprenne parfaitement ce que ça signifiait. Ca ne la dérangeait pas de leur retourner la table basse sur la gueule et de les chasser dehors en jouant aux fléchette avec les couteaux de cuisine. Disparaissant, elle put enfin se laisser tomber sur une des chaises de la cuisine, soupirant. Le grand moment était arrivé, et elle sentait déjà une étrange tempête se profiler à l'horizon. Elle fit l'impasse sur la douleur qui étreignait sa poitrine, se refusant à se laisser aller aux sentiments. Elle devait rester concise et radicale, voilà. Et avec un peu de chance, la cigarette qu'elle venait d'allumer l'aiderait à garder son calme...



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Gary Warren
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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 21:37

Trois minutes pour se barrer, ou elle s'en chargeait ?

La décision était toute prise pour Gary. Il hocha la tête en la fixant quitter le salon, et annonça à ses amis qu'il était temps qu'ils s'en aillent. Il y eut des protestations, mais le regard ferme du biker annonça tout de suite la couleur. Il était passé de la bonne humeur presque visible et son air ferme et impénétrable qui ne souffrait d'aucun refus. Joey, assis dans l'un des fauteuils près de lui, avait tout de suite compris que quelque chose n'allait pas, et avait motivé les troupes à le suivre. Ils finiraient la soirée chez lui, loin de la piaule de Gary. Ramassant joints et bières, ils quittèrent la place en saluant le maitre des lieux, et quand ce dernier referma la porte, il sentit brutalement le poids du silence et la pression sur ses épaules.

Observant un temps dehors, l'homme chercha un moment ce qu'il avait fait. Ce qu'il se passait. Avec Rose, c'était toujours comme ça que ça tombait : d'un coup. Il y avait les discussions douces, puis les cris de sa belle, pendant que lui restait parfaitement imperturbable. En presque six ans de vie commune, avec Norman, jamais il n'avait élevé la voix sur elle réellement. Il se contentait de colère froide, et mauvaise humeur, et de défouloir tout autre. Mais pas Rose. Rose avait le sang chaud, et le besoin pressant de faire sortir ses émotions quand elle ne savait pas quoi en faire. C'était un truc qu'il aimait bien chez elle, même s'il l'appréhendait à chaque fois.

Quand il se retourna, après que les motos aient démarré et que les bruits des moteurs se soient étouffés au coin de la rue, il la vit elle. Les cheveux en bataille, l'air boudeur, voire fâché, qu'il lui connaissait bien. Ses yeux sombres le fixaient droit dans ses pupilles, la moue qui n'annonçait rien de bon. L'homme n'aurait su dire pourquoi, ou comment, mais pour cette fois, il y avait quelque chose de totalement différent. Son instinct affûté lui annonçait la chose de but en blanc, et il n'était pas sûr de savoir comment le gérer. Par reflex, ses muscles se raidirent, il se redressa. Même si la drogue faisait ses effets, il avait l'impression de pouvoir se parer à toute attaque de sa belle...

Et fallait bien le dire, ses offensives à elle étaient souvent les pires. Passé la fois où il s'était retrouvé aux urgences avec une entaille bien moche aux côtes et où elle l'avait appris au milieu de son service, Gary avait compris une chose : elle était bien la seule à pouvoir le mettre plus bas que terre. C'était effrayant, mais elle était ce genre d'ennemi qu'il préférait largement garder près de lui. Il préférait oui. Et depuis six ans, il luttait de toutes ses forces pour qu'elle ne quitte jamais son paysage. Même si au fond, « toutes ses forces » étaient sans doute un mensonge duquel il se berçait depuis un moment.

Il poussa un petit soupir, avant de serrer les dents.

Ils avaient l'air de deux cons, plantés au milieu du salon, à se regarder droit dans les yeux. Et lui, il était là, à attendre qu'elle lui dise ce qu'elle avait, milles idées lui passant en tête sur ce qu'elle lui reprocherait pour le coup. Il y en avait qui tournait et retournait, et il était en train de calculer les probabilités pour qu'elle lui envoie en pleine figure. Il eut une pensée pour Joey, de qui il eut droit à une tape sur l'épaule pour lui souhaiter du courage. Il savait. Son meilleure ami savait qu'il allait essuyer une tempête et qu'imbiber comme il était, garder son calme allait être vraiment compliqué. Mais qu'il pouvait réussir.

Alors autant plier ça rapidement :

Qu'est-ce qu'il y a...

« Encore » eut-il envie de rajouter d'une voix sombre en s'abstenant. C'était pas le genre de mot que Rose aimait entendre.




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Rose A. Warren
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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 21:40


Ils y étaient. Tout le monde était parti, laissant un silence pesant dans la cuisine tandis qu'elle écrasait sa cigarette un peu trop violemment alors qu'elle l'avait à peine entamée. Toujours assise sur sa chaise, elle nota qu'il semblait exaspéré à l'idée d'épuiser un quelconque reproche.

J'ai beaucoup réfléchi. Parvint-elle à dire calmement, avant d'enchaîner rapidement. Je m'en vais. Je peux plus...

Elle avait bien pensé à lui faire le parallèle avec ce type décédé de ses blessures, maiis elle doutait fortement qu'il ne comprenne ou elle aurait voulu en venir. Autant entamer directement le vif du sujet, et crever ce foutu abcès qui gangrenait son corps. Elle se doutait bien qu'il n'allait pas immédiatement comprendre à quel point la situation était perdue, et en même temps, ne se sentait même pas la force de se lancer dans un discours enflammé parcouru ed grandes phrases comme elle savait si bien faire.

J'ai essayé Gary. De toute mes forces. J'ai essayé de te faire comprendre que la situation devait changer, mais... Rien ne change. Et je ne peux pas accepter de prendre le risque que Norman rentre dans ce monde. Moi, j'y arrive plus. Donc je m'en vais. Je retourne à Seattle, avec Norman.

Se relevant de sa chaise, elle rangea cette dernière en posant la tasse dans l'évier, évitant un instant son regard pour lui laisser le temps d'encaisser ce qu'elle disait.

Je veux pas mourir à petit feu ici, à te voir ruiner ta santé avec toutes ces saloperies que vous vous enfilez avec tes potes. Tu devais faire des efforts, évoluer. T'as rien fais. Alors... C'est terminé.

Nerveusement, elle tritura son collier, soupirant à nouveau. C'était tellement difficile de réaliser qu'elle avait atteint ses propres limites, et ne parvenait plus à gérer la situation. Devoir quitter l'homme qu'elle aimait, à force de ne plus supporter ce mode de vie infernal. Et puis, partir avec son fils aussi. Si elle doutait fortement qu'il parvienne à changer un jour, elle ne doutait pas une seule seconde de l'amour qu'il pouvait éprouver pour leur fils. Aussi, s'empressa t-elle de rajouter.

Je ne t'enlève pas Norman. Je ne veux pas passer par des avocats stupides qui vont nous sortir des conneries de garde partagée ou tu ne le verrai quasiment pas. Je tiens à ce qu'il grandisse aussi à tes côtés, quitte à me saigner pour qu'il puisse venir à Phoenix aussi souvent que possible. Ton fils aura toujours besoin de toi, et il faudra lui expliquer la situation. Mais il est hors de question que tu le vois dans cet état. Ivre, dopé à je ne sais quoi. Si tu tiens à le voir, ce sera sobre et net, sans drogues ou alcool dans les parages, c'est la seule chose que je te demande. Est-ce que c'est bien compris ?

Même si elle ne doutait pas une seule seconde qu'elle avait raison, elle ne pouvait empêcher la culpabilité de la ronger. Elle n'avait jamais cessé de l'aimer, comme aux premiers temps. Ramenant une mèche de cheveux derrière son oreille, elle parvint à ramener son regard dans le sien, se doutant qu'il ne prendrait pas la chose avec calme et parcimonie. Que la tempête ne tarderait pas à éclater, au vu de comment elle lui balançait tout d'une traite sans lui laisser le temps d'en placer une. Elle se tut enfin, inspirant doucement pour calmer l'angoisse qui lui torturait le ventre petit à petit, croisant les bras contre sa poitrine, prête à écouter les revendications de son mari.



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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 21:41

Gary s'était attendu à beaucoup de choses, et en particulier à essuyer une soufflante magistrale, comme à chaque fois qu'ils se disputaient tous les deux. A force, sans doute qu'il s'était blindé à ce genre de conversations, sans doute aussi qu'il y avait accordé beaucoup moins de crédit. Est-ce que cela faisait de lui une mauvaise personne ? Il arrivait à se persuader que non. Il arrivait à se laisser convaincre par ses amis que finalement, c'était pas si grave. Tout le monde le faisait. Tous les hommes qu'ils connaissaient courber l'échine pour que leurs nanas leurs fichent la paix. Était-ce un tort de vouloir la même chose ? Qu'on le laisse tranquille ? C'était égoïste. Profondément égoïste. Mais personne ne gagnait les guerres qu'on se lançait contre soi même.

Alors du coup, l'homme s'était attendu à bien des choses, mais pas à entendre les deux premières phrases que Rose lui lança. Les mots sonnèrent comme une violente claque en plein visage, qui le laissèrent complètement scotché devant elle sans pouvoir articuler quoique ce soit.

L'hispanique avait pris sa décision, et dans un moment de faiblesse, lui avait avoué qu'elle ne pouvait plus. Gary fronça bêtement les sourcils, entre-ouvant légèrement la bouche comme pour lui dire quelque chose, ajouter un mot qui ferait la différence. Mais il n'eut pas besoin de parler pour que Rose continue à s'épancher devant lui. Ses paroles coulèrent naturellement, glissant sur sa langue pour s'éclater devant lui comme du verre. Et il avait l'impression de marcher pieds nus dessus, de s'écorcher la plante par pur masochisme.

Elle ne pouvait plus.
Elle avait essayé.

Essayé ? Gary eut envie de l'attraper dans ses bras, et de la secouer, en lui hurlant que non, elle n'avait pas essayé, en tout cas pas assez. Et puis finalement, lui non plus n'avait pas essayé assez, mais il avait compris maintenant. C'était con, mais devant le fait accompli, il avait compris qu'il devait sincèrement changer pour cette fois. Sauf qu'il ne dit rien, se contentant de regarder sa femme en encaissant ses paroles comme on encaisse un uppercut.
Au fond, son cerveau s'était simplement déconnecté. Il n'arrivait absolument à rien en la regardant. Tout ce qu'il se disait, c'était qu'elle était en train de lui faire exactement ce que sa mère avait fait à son père, trente ans plus tôt. Elle avait le mérite d'au moins penser à tout. Parce que merde, elle avait pensé à tout. Tous les détails, ce qu'elle allait faire. Comme si elle avait préparer son coup, pour pas lui laisser le choix au dernier moment.

Nerveusement, il serra les poings. La personne qu'il chérissait le plus sur terre, celle a qui il avait accordé aveuglément sa confiance était en train de le poignarder en le laissant impuissant face à ça. Il fronça le nez, nerveusement, en tentant de garder son calme. Mais sa gorge était nouée par le chagrin, et ses tempes battaient plus fort à cause de la colère qui commençait à monter en lui.

Elle le savait. Rose savait exactement comment elle pourrait lui faire du mal. En partant. En lui tournant le dos. Et elle s'enfuyait en sachant exactement que c'était le genre de choses qui le rendait dingue. Sur le coup, quand elle lui annonça qu'elle prenait Norman avec elle lui arracha une grimace. Quand on l'avait laissé à son père, il ne s'était pas senti très bien loti. Mais que son fils lui soit arraché, quand bien même elle prétendait exactement le contraire, qu'elle lui assurait qu'il pourrait toujours le voir sous certaines conditions, ça sonnait comme de la grosse connerie à ses oreilles, et il fut juste complètement sourd.

C'était une immonde connasse. Et il la haïssait aussi fort qu'il l'aimait.

Et Gary fut bien incapable de lui dire quoique ce soit. Elle s'attendait à une tempête ? Elle essuyait pour l'instant un silence glaçant. Il n'avait pas mieux à lui offrir.




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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 21:44


Alors qu'elle s'attendait à essuyer une tempête apocalyptique, elle se heurta à un mur. Un mur oppressant, silencieux, et glacial. C'était donc tout ce que ça lui faisait ? C'était vraiment comme ça que les choses devaient s'arrêter ? Elle sentit sa gorge se nouer d'elle même, tandis qu'elle baissait le regard, se faisant violence pour ne pas céder à la peine. Ce n'était pas une question de sentiments, non. Elle n'avait jamais cessé de l'aimer, et ne parviendrait sans doute jamais à changer ça. Mais les circonstances rendaient leur vie impossible. De vie de rêve, elle avait basculé en plein cauchemar, et la simple idée de voir un jour Norman suivre les traces de son père et finir par y rester d'une overdose lui devenaient impossible.

Elle ouvrit bien la bouche un instant pour tenter de dire quelque chose, sans trouver les mots. Y'avait-il vraiment quelque chose à rajouter ? S'excuser, de vouloir le mieux pour leur enfant, de ne pas vouloir y rester ? Elle avait beau savoir qu'elle avait raison, elle ne pouvait s'empêcher de se comparer à une immonde garce qui le laissait sur le carreau. Et elle devait s'interdire de penser de la sorte. Elle ne devait pas penser comme ça, autrement, elle ne partirait jamais.
Gary restait toujours silencieux, alors qu'elle aurait préféré qu'il lance au moins un semblant d'argumentation, donne au moins l'impression de s'en faire un minimum... Mais rien. Le néant. A croire qu'il n'en avait juste rien à foutre de ce qu'elle venait de balancer comme une bombe en plein dans la cuisine.
Respirant profondément, elle jeta un regard en coin à son mari avant de rajouter.

Je vais préparer mes affaires.

Elle n'avait pas ramené grand chose de toute manière. Des vêtements, des papiers. Juste de quoi se poser dans un coin sans empiéter sur la vie des autres. Tout était resté à Seattle, vendu ou jeté. Elle aurait la tâche ô combien pénible de tout recommencer à zéro. Elle se mordit la lèvre un instant, avant de rajouter alors qu'elle s'apprêtait à fuir l'espace pensant de la cuisine.

Il faut... Qu'on parle à Norman demain. Qu'on lui explique.

Il n'avait beau n'avoir que 6 ans, elle savait qu'il poserait une tonne de questions si rien ne lui était dis. Lui expliquer les choses simplement, sans mots compliqués. Sans sous entendre de problèmes d'alcool ou de drogues. Se mordant la lèvre à nouveau, elle ne put s'empêcher de rajouter, raffermissant sa prise sur la porte.

Tu... t'en sens capable ?

Elle avait l'impression de s'enfoncer lamentablement dans cette discussion unique. Sans doute que le mur aurait eu d'avantage de réponse à lui fournir que Gary là, tout de suite. Elle mourrait d'envie de lui demander de répondre quelque chose, tout en se demandant si c'était vraiment une bonne idée. Elle doutait fortement qu'il soit capable de lui répondre avec calme et diplomatie. Ni lui, ni elle, n'avaiient jamais été capable d'un tel exploit.



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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 21:44

Tu n'iras nulle part avec mon fils, Rose.

Sa déclaration était sortie de but en blanc. Faire ses affaires ? Pas question. Elle n'allait faire aucune valise sans qu'ils aient eu une discussion, de préférence posée. Une discussion, par définition, quelque chose entre deux personnes, pas un putain de monologue ou elle vomissait ses conneries sur ses godasses en lui demandant de dire oui. Putain, non, il allait jamais dire oui à ça. Jamais. Il allait jamais la laisser partir en amenant Norman loin de lui. Seattle ? Mais elle était tarée ou quoi ?

Nulle part, t'entends, répéta-t-il plus froidement encore, en lui annonçant clairement qu'elle allait devoir cogner contre des briques pour essayer de l'atteindre ou de lui faire entendre raison.

Il avait aucune raison d'être raisonnable. Pour le coup, il était même plutôt furieux. Il pouvait essuyer tous ses caprices de princesse culcul si ça lui chantait, sans aucun problème. Faire l'impasse sur ses manies de monomaniaques, auxquelles il trouvait encore un charme après toutes ces années. Accepter tous ses défauts sans jamais lui demander de changer. Elle manquait de temps, mais il comprenait, et jamais il n'irait lui en demander plus quand il savait que son métier était important. Mais qu'elle vienne lui piquer une crise de « je me casse avec notre fils sans te laisser l'opportunité d'en discuter », c'était niet. Bon, ils en avaient déjà discuter, mais là... Là...

Juste, non. C'était pas possible. Elle pouvait pas lui faire ça. Pas elle.

Il est pas question que j'te laisse poser ton cul ailleurs que sur l'une des chaises de la cuisine pour qu'tu m'expliques calmement c'est quoi ton putain d'problème, ce soir.

Et la chaise, il la désigna du doigt en lui lançant un regard qui lui disait clairement qu'elle avait pas intérêt à le lui refuser. Elle pouvait bien rester camper sur ses positions et se rouler par terre en tapant des pieds. Lui, il taperait tout court, et pas des pieds si elle continuait à maintenir ce discours de grosse connasse prétentieuse qui attendait mieux de la vie. Non mais merde, c'était un monde ! Il était furax, oui. Et imbibé d'alcool. Avec le sang bien chaud et prêt à vriller à n'importe quel moment. Et là... Elle avait agité une flamme trop près du stock de poudre.

Sérieux, tu crois que c'est une blague ? Tu crois qu'j'ai que ça a foutre que d't'écouter me poser des ultimatums dans la tronche parce que la princesse est pas contente ?

Princesse. C'était comme ça qu'il l'appelait au début, et depuis toujours. Bijou doré, comme elle le détestait, et princesse. Tout dépendait de l'humeur et des circonstances. Mais jamais il n'avait utilisé ce surnom pour se moquer d'elle, ou en s'énervant. Là, c'était l'occasion. L'exception qui confirmait la règle. Et qui n'annonçait rien de bon. Il s'avança d'un pas rageur vers elle, raidit par la colère qui battait toujours à sa tempe. Une veine avait grossi à sa nuque et battait le rythme fort de son cœur. Fort. Pas plus rapide. Juste plus fort...

Il ne s'était jamais mis en colère, vraiment et sincèrement en colère s'entendait, face à elle. Et là... Là, elle allait savoir ce que ça faisait.

Tu veux quoi là ? Juste m'faire du mal, c'est ça ton nouveau passe temps ?

Tout le monde était fou. Parfois, il avait l'impression que cette réalité n'existait pas. Même si Norman et Rose étaient ce qu'il y avait de plus beau et de plus dingue dans son univers... C'était à croire qu'elle cherchait maintenant à le rendre complètement taré.




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MessageSujet: Re: Phoenix, November 2014   Mar 3 Nov 2015 - 21:47


Elle n'irait nulle part. Enfin un mot, amen. Même si ce n'était pas vraiment ce qu'elle avait espéré entendre. Un frisson glacé parcourut sa nuque en entendant la froideur de sa voix, sans qu'elle ne daigne le montrer.
S'asseoir sur une chaise, et discuter avec Gary et son parfum alcool, elle doutait fortement que ce soit une excellente idée. Mais allez, allons y. Sans s'asseoir sur la chaise, elle se contenta de poser les mains sur le dossier de cette dernière, bien serrées pour ne pas manquer de s'écrouler. Au moins, elle tentait un minimum de dialogue contre une tornade, c'était mieux que rien. Mais, pas sûr que la discussion se passe dans le calme plat. Elle en doutait fortement. Leur truc à eux, c'était plutôt de se hurler dessus en discontinu, jusqu'à se calmer chacun de leur côté, pas s'exprimer normalement et sans un mot plus haut que l'autre...

Mon putain de problème, articula t-elle calmement, c'est que je ne prendrais pas le risque de voir un jour notre fils mourir d'une overdose ou atterrir en prison parce qu'il aura suivi le même chemin que toi. Je ne veux pas de cet avenir, et je doute que tu en veuille aussi.

Elle se mordit l'intérieur de la joue quand il se moqua d'elle par l'aide de son surnom. Il cherchait à frapper, appuyer ou ça fait mal. Elle s'en doutait un peu quelque part. Mais qu'il utilise des termes aussi bas pour la désigner, certainement pas. Elle ne broncha pas quand il s'approcha rageusement d'elle, même si une partie de son être lui hurlait de partir en courant se cacher quelque part. C'était sa décision, elle en assumerait les conséquences jusqu'au bout. Elle le laissa déverser sa rage, avant de reprendre à son tour froidement.

Tu empeste l'alcool, comment veux tu discuter calmement... Fit-elle remarquer en ramenant son regard vers lui avec un air entendu.

Elle se racla la gorge un instant, prenant sur elle pour ne pas exploser de colère ou d'hystérie. Elle devait rester calme, expliquer les choses avec logique. Répondre à toute ses questions dans l'ordre et sans hurler. Penser à Norman dans la chambre. Rester calme et éviter le pire.

J'ai pas envie de te faire du mal non. Ca n'a jamais été mon envie, et ça ne le sera jamais. Mais... Combien de fois j't'ai demandé de changer, de penser à ta famille avant ton boulot, d'arrêter l'alcool ou la drogue ? Combien de fois tu me l'as promis sans jamais rien changer ? Elle s'en voulait de prendre ce ton presque suppliant avec lui, alors qu'elle aurait dû rester froide et forte. Alors oui, je m'en vais. Je m'en vais, parce que ici, je vais finir par mourir. J'vais crever, parce que je supporte plus tout ça. J'peux plus accepter de te voir te tuer à petit feu avec toutes les saloperies que tu prends, j'peux plus accepter ce mode de vie ou j'ai peur de te voir débarqué à nouveau à l'hôpital avec une balle en pleine tête parce qu'il y a eu un règlement de compte, j'peux plus supporter de ne plus me sentir à ma place quand je suis ici. Juste une seconde, une infime seconde, mets toi à ma place et comprends moi.

Ils se faisaient du mal mutuellement. Chacun, ne parvenant pas à comprendre l'autre. Elle, essayant d'accepter et lui, refusant de faire un quelconque effort dans ce monde qui n'était pas le sien, et ne le serait jamais. Sa gorge lui faisait mal, alors que ses jointures blanchirent, agrippée a la chaise comme un noyé à sa bouée en plein océan. Elle baissa le regard un instant avant de rajouter encore.

J'suis à bout de force. Tu voulais que je t'explique calmement, c'est fait. Et si tu es tellement persuadé que la princesse cherche à t'faire du mal, c'est juste que t'as rien compris. Ou que tu refuse de comprendre.

A nouveau elle avait défié son regard, ayant l'impression de traverser une autoroute les yeux bandés. C'était complètement con, et ça allait faire très mal. Etrangement, elle doutait que d'un coup, Gary ne devienne sobre et essaie de trouver des solutions rationnelles. Ce serait trop beau pour être. En revanche, elle avait de plus en plus l'impression qu'elle allait se faire méchamment cogner. Et ça, ça ne lui plaisait absolument pas.


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