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 Goodnight Moon

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Christina Karlson
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MessageSujet: Goodnight Moon   Lun 2 Nov 2015 - 23:52

La nuit était tombée depuis plusieurs heures sur le stade de Centurylink Field. Combien étaient-ils à s'être réfugiés ici au cours de ces derniers jours ? Des milliers. Une foule inquiète et grouillante. A cette heure, l'agitation de la journée avait néanmoins disparu, et un silence pesant s'était emparé des lieux, entrecoupé par intermittence d'une toux ou d'un éclat de voix. Le fond de l'air était froid et Christina s'était couchée avec le gilet en laine qu'elle avait emporté. Elle ne le quittait plus. Elle serra contre elle la couverture d'appoint qu'on leur avait tous donnée à leur arrivée. Le confort ici était spartiate. Peu d'entre eux pouvaient se vanter de dormir entre quatre murs, et encore moins de disposer d'un lit. Les gens dormaient donc un peu où ils le pouvaient, sur des mousses minimalistes pour la plupart, s'étant approprié un peu d'espace dans les gradins.

C'était ainsi quelque part, dans l'immensité de la section Est, entre les rangs T et U, tout en haut de la tribune basse, que la famille Karlson s'était tant bien que mal installée. Une partie des sièges avaient été enlevés pour faire de l'espace. Ainsi Christy était couchée juste en dessous de son époux, et son fils était allongé face à elle. Les quelques affaires qu'ils avaient emportées avec eux les entouraient.

Ainsi que des centaines d'inconnus.

Au cœur de l'obscurité, comme au cours des deux nuits précédentes – celles succédant leur arrivée - Christina ne parvenait pas à trouver le sommeil. Elle s'était bien assoupie quelques heures plus tôt, mais ses yeux étaient maintenant grand ouvert, son esprit s'échauffant à essayer de comprendre. Pourquoi ils étaient là. Combien de temps ils le resteraient. Allongée sur le flan, tournée en direction du terrain, son regard suivait la chorégraphie qu'effectuaient les torches des militaires toujours en action, en contre-bas. Elle se souvenait des quelques fois où la famille était venue assister ici à des matchs. C'était une époque lointaine. James n'était pas encore au lycée. Une éternité.

La femme se tourna sur sa couche dans un soupir, quelques secondes avant qu'une série de coup de feu ne retentisse au loin. Christy sentit tous ses muscles se crisper en même temps qu'une boule se formait dans sa gorge. Elle devrait s'y habituer pourtant, depuis ces trois derniers jours, c'était récurrent. Il y eut une nouvelle slave de coups, et elle se redressa vivement pour mieux entendre, mais seul le silence revenu lui parvint. Elle expira bruyamment, et capta le mouvement de l'homme allongé près d'elle, légèrement surélevé. Toujours en position assise, son visage se tourna vers ce dernier. La pénombre était telle qu'elle ne pouvait que deviner ses traits. Elle ne savait pas si il dormait.

- Tu es réveillé ? Lui souffla-t-elle dans un murmure. Tu as entendu ça ?




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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Goodnight Moon   Mer 4 Nov 2015 - 17:32



❝Goodnight Moon❞
Christina & Alan

    C'est étrange, cette nouvelle vie, cet endroit, tout ça. Il nous a fallu quitter notre chez nous, tout ce que nous avions, pour nous rendre dans ce stade entouré de pleins d'inconnus qui semblent tous aussi inquiets quant à la situation. Les quelques militaires qui daignent nous parler racontent faire leur maximum pour arranger cela, que ce n'est qu'une question de temps avant que nous puissions tous reprendre une vie normale, qu'au final, nous rirons de nous être fait autant de mourrons. J'aimerais pouvoir les croire, j'aimerais pouvoir rassurer Christy et Sven et leur dire que oui, nous rentrerons bientôt chez nous, que James va bien et que nous ne retournerons dans ce stade que pour assister à des matchs ; mais je peine à m'en convaincre moi-même.

    A dire vrai, je sens que je commence déjà à me sentir comme un lion en cage. Il m'arrive de faire les cent pas dans le stade à la recherche de quelque chose à faire, d'informations concernant le ''monde extérieur'' ; car il faut le dire : nous n'avons aucune information de ce qu'il se passe là dehors ce qui n'a vraiment rien de rassurant. Il nous arrive parfois d'entendre des cris, des alarmes de voitures et des coups de feu ; ça aussi, j'ai eu du mal à m'y faire, si tant est que je m'y sois déjà habitué.

    Il fait nuit maintenant, plus aucune lumière ne filtre par les ouvertures en hauteur et le stade entier est plongé dans le noir ; à l'exception de quelques petites lueurs par-ci par-là, des bougies allumées à quelques endroits, permettant aux enfants présents de se sentir plus en sécurité. On les entend murmurer au loin, ces parents qui tentent de protéger du mieux possible leur raison de vivre, craignant plus que tout ce qui pourrait leur arriver. Je tourne mon visage vers Sven, en dessous de moi, et vois à peine dans cette pénombre sa silhouette. C'est drôle quand on y pense, qu'importe le temps qui passe, les années que l'on prend, j'aurai toujours le besoin de le protéger ; même si je suis conscient qu'il arrive désormais à se débrouiller de lui même, mais qui sait ce qui nous attend réellement là dehors ? Je suis heureux qu'il ne soit plus aussi jeune que de nombreux enfants qui sont ici.

    Fermant les yeux qui peinent à s'habituer à l'obscurité, je pense aux autres, ceux qui sont encore à l'extérieur ; vivent-ils mieux que nous, enfermés ici ? Ça me manque de prendre l'air, de bouger à droite à gauche ; nous n'avons cependant pas d'autres choix que rester ici tous ensemble, c'est certainement moins dangereux qu'ailleurs. C'est ce que je me dis alors que plusieurs coups de feu retentissent à l'extérieur. Fermant les yeux un peu plus fort, je me demande si j'arriverais à m'habituer un jour à tout cela, espérant que nous soyons tous les trois assez forts pour surmonter cette épreuve. Pensant que Christy dormait, j'entends alors sa voix ; elle se voulait calme, mais il était évident que l'inquiétude était difficilement masquée. Ouvrant les yeux, je me couche sur le côté de façon à être face à elle ; une main sous ma tête, tandis que de l'autre je cherche sa main.

« J'ai entendu. J'ai l'impression que ça arrive de plus en plus ces derniers temps. »

    Je suis presque heureux qu'elle ne puisse pas voir à ce moment là mon regard ; elle y verrait toutes mes inquiétudes, et la peur de ne pas pouvoir les protéger qui me ronge.

« J'imagine qu'ils n'ont pas vraiment le choix... »


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Christina Karlson
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MessageSujet: Re: Goodnight Moon   Sam 7 Nov 2015 - 11:48

Alan lui répondit en même temps qu’elle sentit sa main toucher le haut de son bras, puis glisser le long de ce dernier pour attraper sa main. Il la serra une seconde d’une pression rassurante, et elle se sentit bêtement un peu rassurée de sentir cette présence.

- Ça n’annonce rien de bon pour la suite alors j’imagine… répondit-elle, la voix toujours aussi basse.

Trois jours… pour tout dire, Christina n’avait déjà pas imaginé que ce serait si long. Quand ils s’étaient décidés à venir se réfugier ici, la situation n’était pas fabuleuse, il était vrai. La ville connaissait des émeutes depuis déjà quelques jours, il y avait eu des pillages, et les gens s’étaient préparés à rester enfermés chez eux pendant un certain temps. Il suffisait de voir la tête du supermarché la dernière fois qu’ils y étaient allés. Mais avec tous ces militaires déployés dans les rues, elle avait cru que les choses rentreraient néanmoins rapidement dans l’ordre. Et que cette mystérieuse épidémie serait contenue…

- Combien de temps tu crois qu’on va devoir rester ici ? Il fait tellement froid… L’idée du stade était maline en ce qui concernait la sécurité. Mais sur de nombreux autres points, elle était sincèrement à revoir ! La femme remonta la couverture sur ses épaules dans un léger frisson.

Elle se demandait parfois s’ils n’auraient pas mieux fait de rester cloitrer chez eux. Au chaud, avec tout le confort qui était le leur. Pourtant ces rafales de balles qui transperçaient de temps en temps la nuit lui laissait penser qu’ils avaient peut-être quand même bien fait de suivre le conseil – enfin l’ordre surtout ! – de William.

- A quoi tu crois que ça ressemble maintenant dehors ? Demanda-t-elle alors à son mari.

Elle imaginait pour sa part un paysage de guerre. Comme ces images que leur reportaient les reportages ou les infos, à la télé. Mais c’était certainement exagéré ! Les bâtiments n’avaient aucune raison d’être éventrés ! Machinalement son regard se dirigea vers le nord, là où le stade était partiellement ouvert et laissait voir les gratte-ciels de la ville. La journée du moins, car la nuit était bien trop sombre aujourd’hui, et plus aucune lumière ne les éclairait.

- J’espère en tout cas que la situation est un peu meilleure à San Francisco, ajouta-t-elle ensuite, plus pour elle-même, comme une prière.




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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Goodnight Moon   Lun 9 Nov 2015 - 15:14



❝Goodnight Moon❞
Christina & Alan

    A cet instant j'étais heureux d'être là, avec elle, avec eux. Sven semblait dormir tranquillement, même s'il lui arrivait parfois de se réveiller à cause d'un cauchemar ; il faut dire que même si nous n'avions pas passé beaucoup de temps dehors, tout cela n'avait rien de rassurant. Il m'arrivait moi-même de faire des rêves qui n'auguraient rien de bon, des images me venaient de l'extérieur, de ma famille ; il m'arrivait de rêver que je ne pouvais les protéger et que je les perdais car c'était de ça dont il était question : nous étions certes ici, ''en sécurité'', mais arriverais-je à les protéger si les choses venaient à se gâter ? Je secouais la tête préférant ne pas penser à une telle éventualité.

    Combien de temps allions-nous rester là ? Je ne pouvais le savoir, j'espérais le moins longtemps possible mais rien n'était moins sûr. Ces tirs pouvaient soit signifier que les militaires arrivaient à leur fin, soit que la situation, là dehors, empirait. Il est vrai que les conditions dans ce stade n'étaient pas des meilleures, nous étions habitués à mieux et il n'était pas évident de mener une telle vie du jour au lendemain ; je ne ressentais cependant pas autant cette sensation de froid que Christy, étant habitué au climat parfois plus que glacé de mon pays natal.

« Le moins longtemps possible j'espère. Nous ne pouvons malheureusement rien faire de plus qu'attendre que les militaires gèrent tout ça... »

    Méditant sur la seconde question de Christina je me mis à imaginer à quoi pouvait ressembler les alentours ; j'avais ces images de films catastrophes en tête mais tout cela me semblait tellement absurde. Malgré ma négativité trop souvent présente, j'avais encore une once d'espoir quant à l'amélioration de la situation ; je tentais de m'en persuader même, pour eux.

« Je ne pense pas que les rues ont tellement changées depuis que nous y sommes passés, au détail près qu'elle sont probablement plus vides... »

    Certes, je me sentais comme un lion en cage ici, j'avais du mal à supporter le confinement, mais je n'étais pas sûr d'avoir envie de voir à quoi ressemblait l'extérieur, pas tout de suite. De plus, nous ne savions même pas réellement ce que nous fuyions, si ce n'était des ''gens malades'' mais cela ne nous avançait en rien. Lorsque Christy repris la parole, je sentis mon cœur se serrer ; que dire face à cela ? Je n'en savais rien, et je n'avais aucun moyen de la rassurer et de lui promettre que tout allait bien pour James... Je fis néanmoins de mon mieux pour prendre une voix rassurante, mettant de côté mes propres craintes.

« Ne t'en fais pas, je suis sûr que la situation là-bas n'est pas aussi alarmante. Une fois que tout cela sera passé, nous reprendrons notre vie et tout cela ne restera qu'un mauvais souvenir auquel nous pourrons rire, tous les quatre. »

    Je voulais croire à mes paroles, je me rattachais dur comme fer à cette option et il était hors de question pour moi d'accepter l'éventualité qu'il puisse arriver quelque chose à l'un d'entre eux. Puis, repensant à tous ces gens inconnus qui nous entouraient, je soupirais un instant avant d'ajouter :

« Cet endroit n'est peut-être pas notre chez nous mais nous y sommes certainement plus en sécurité, Nous ne sommes certainement pas les seuls à espérer sortir vite mais mieux vaut en savoir plus avant de se précipiter... Tu n'as rien entendu de nouveau ? »

    Je posais la question plus parce-qu'elle m'était vaguement passée par la tête que par réel doute, me disant que si elle avait appris quelque chose, je serai probablement déjà au courant.


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Christina Karlson
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MessageSujet: Re: Goodnight Moon   Mar 10 Nov 2015 - 20:26

Christina hocha la tête, sans qu'Alan puisse le voir. Évidemment, ils ne pouvaient pas faire grand chose en l'état et s'en remettaient donc présentement entièrement aux forces compétentes. La femme avait confiance en son armée, et c'était bien la seule chose qui l’apaisait un tant soit peu. Ils avaient la situation en main ici – du moins le pensait-elle – ils l'avaient certainement également à San Francisco, où son Jimmy était loin d'elle.

- Oui j'espère... Tu sais j'imagine toujours le pire, souffla-t-elle à son homme en pinçant les lèvres.

L'idée qu'il puisse être arrivé quoi que ce soit à son garçon lui tiraillait les entrailles. Christy n'avait jamais été une mère complètement décontractée. Elle aimait savoir où se trouvaient ses petits – fussent-ils d'ailleurs grands – et demandait des nouvelles régulières. Elle était permissive, mais uniquement sous ces conditions ! Là, depuis quelques jours, c'était le silence radio avec son aîné. Un mauvais moment pour être à cours de batterie ou pour manquer de réseau. Le pire.

- Si déjà ils pouvaient remettre l’électricité, ou nous permettre d'y accéder ! Ajouta-t-elle, en pensant à son portable qu'elle avait toujours à proximité. La coupure de courant l'avait prise par surprise, et elle avait beau avoir essayé de rationner ses 20% de batteries restantes, elle avait vu l'appareil s'éteindre deux jours plus tôt, impuissante. James n'aurait pas tout de suite un 142e message sur son répondeur ! Ils ont bien quelques générateurs !

Hélas le téléphone marchait dans les deux sens, et Christina se rassurait comme elle le pouvait en imaginant que Jim essayait peut-être aussi de son côté de l'appeler. Ou serait du moins enfin en mesure de lui répondre. Elle se trompait !

- Vivement que tout rentre dans l'ordre, oui, déclara-t-elle, dans un soupir, avant de secouer négativement la tête dans le noir. Non, rien. Les gens discutent, tout le monde extrapole, je crois. C'est comme les témoignages. Si tu écoutes toutes les histoires des gens, il y a vraiment tout et n'importe quoi ! La plupart de ces histoires se contredisent, impossible de savoir qui exagère et qui dit vrai...

Elle pouvait d'ailleurs s'inclure dans ces spécimens. Après tout, elle aussi causait avec tout le monde et racontait cette rencontre étrange qu'ils avaient fait en famille au supermarché. Elle essayait de s'en tenir aux faits, mais selon ses interlocuteurs, sa version parfois changeait. Les souvenirs se déformaient. Cette femme leur avait-elle parlé ? N'était-elle pas déjà recouverte de sang ? Le choc avait rendu tout ça un peu flou.

- Je ne suis même plus sûre moi-même parfois de ce qui nous est arrivé. Elle marqua un court silence. Est-ce que tout ça est vraiment réel ?

La question n'attendait bien sûr pas de réponse. Puisqu'ils étaient là, à dormir à la belle étoile au cœur de l'automne, en compagnie d'une partie de la ville.

- Il va falloir que j'essaie de voir comment faire des lessives, quand même, au cas où, lâcha soudainement l'hôtesse de l'air, sans transition. De toute évidence, ces circonstances exceptionnelles ne lui avaient nullement ôté son côté pragmatique. Tu me donneras demain ce que je peux essayer de laver.

Des sous-vêtements, peut-être des T-shirts. Après tout, ils n'avaient pas imaginé quitter leur logement très longtemps, mieux valait donc anticiper - quitte à perdre du temps inutilement - que se retrouver avec rien de mettable dans trois jours.

Oui des détails...




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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Goodnight Moon   Jeu 12 Nov 2015 - 19:05



❝Goodnight Moon❞
Christina & Alan

    Je connaissais en effet suffisamment Christy pour savoir que lorsque la vie de ses enfants étaient en danger, elle était du genre à imaginer les conclusions les plus dramatiques ; c'était dans ces moments là que je me devais de mettre ma propre négativité de côté pour l'aider à garder la tête hors de l'eau, mais là... je me sentais tellement démuni par la situation, n'ayant aucune information sur ce qui nous entourait, qu'il m'était relativement difficile de penser à autre chose. J'espérais de tout cœur que James aille bien, et surtout, qu'il ne prenne pas de risques idiots en essayant de venir nous rejoindre. J'étais également inquiet pour Sven ; bien qu'il ne semblait pas pour le moment plus perturbé que cela par la situation -à l'exception de quelques cauchemar et de son inquiétude pour son frère-, ce n'était pas quelque chose que devaient subir les enfants, même si c'est désormais un grand enfant.

    Lorsque me femme me parla d'électricité, je me mis à ressentir un certain agacement envers ces téléphones modernes ; ceux qui nous empêchaient d'en extraire la batterie afin d'en mettre une nouvelle. Nous avions certainement l'une ou l'autre batterie qui traînait à la maison, mais avec ce nouveau système, impossible de les inverser. J'avais aussi emporté mon portable mais il s'était éteint pratiquement au même temps que celui de Christy et Sven, et nous étions désormais sans nouvelles de James ; situation qui devenait de plus en plus pesante.

« J'imagine qu'ils préfèrent garder l'énergie de leurs générateurs pour éclairer l'extérieur et voir sur quoi ils tirent... »

    Certes, c'était d'une utilité non négligeable pour le travail qu'ils avaient à fournir, mais nous n'étions pas les seules familles ici ; rien qu'à voir tous ces avis de recherches qui traînaient ci et là, nous pouvions aisément avoir un aperçu de l'ampleur de la situation. Tout serait tellement plus simple si seulement nous un infime moyen de contacter les nôtres...  Je me mis dans la tête d'aller voir quelques personnes le lendemain, leur demander s'ils n'avaient pas du réseau ou quoi que ce soit ; je m'abstins cependant de le dire à Christy, ne souhaitant pas lui donner de faux espoirs.

    Je hochais la tête quand elle parla de ce que les autres personnes lui disaient, de ce qu'elle disait, et de ce que nous avions vécu. Il est vrai que tout était flou pour tout le monde, nous avions eu tellement peu d'information -pour ne pas dire aucune- de la part des militaires, que nous ne pouvions que nous contenter de ce que nous avions vu. Mais qu'avions nu réellement vu ? Cela m'avait semblé tellement surréaliste que je peinais à le croire ; puisses les dieux nous préserver de ce que nous ne pouvons comprendre.

« A dire vrai, je préférerais ne pas savoir si c'est réel ou non. J'espère juste que nous pourrons rentrer rapidement, faire comme si de rien n'était. »

    C'était évidemment plus facile à dire qu'à faire, car au fond, personne ne parviendrait à oublier cette expérience agaçante d'être coincé dans un stade, entouré par de hauts murs, sans savoir ce qui se joue dehors.

    Et, sans grand étonnement, Christina passa du coq à l'âne. Elle avait toujours été comme ça ; ses angoisses constantes avaient toujours tendance à virer vers un besoin de diriger pleinement la situation. Et la manière la plus rassurante de faire cela était apparemment de prendre en main les petites choses du quotidien. Je l'enviais presque de ne pouvoir en faire autant, me contentant souvent de tourner en rond à la recherche d'une occupation.

« Je regarderai, pour le peu que nous avons emporté ça devrait être assez rapide. Mais c'est une bonne idée. »

    Un léger sourire sur mon visage, je me rendais compte à quel point sa simple présence m'apaisait et m'aidait à surmonter tout ça ; si je m'étais retrouvé seul ici, sans savoir ce qui pouvait bien leur arriver, je crois que je ne l'aurais jamais supporté. Me décidant à être un peu plus positif, je lui lançais :

« Quand on sera sortis d'ici, on se payera un voyage, ailleurs qu'en Suède, pour pouvoir oublier cette mauvaise histoire et passer à autre chose, tous les quatre. »

    Je ne sais pas si elle voyait mon sourire dans la pénombre, mais la perspective de nous retrouver en famille, loin de ce stress ambiant, éloigna mon angoisse quelques instants.


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Christina Karlson
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MessageSujet: Re: Goodnight Moon   Jeu 19 Nov 2015 - 23:22

Quand Alan mentionna les générateurs, le regard de Christina se reposa une nouvelle fois sur la pelouse du stade un peu plus loin. Cette dernière était éclairée de quelques faibles lumières. Certes les militaires avaient plus besoin d'énergie qu'eux, mais le problème n'était pas là. En effet, la femme s'était attendu à ce que la coupure ne dure pas. Que faisaient les types qui bossaient dans ce domaine ? Personne ne les avait appelé en renfort ? Peut-être étaient-ils simplement dans le stade cette nuit aussi. Réfugiés comme eux.

Christy détourna la tête et reposa ses yeux à l'endroit où se trouvait son époux. « Voir sur quoi ils tirent » avait-il dit et en une fraction de seconde un malaise s'empara de nouveau de l'hôtesse de l'air. Elle posa sa seconde main sur celle de son mari, tenait toujours la première. Elle les posa au niveau de la couche d'Alan et posa son menton dessus.

- Tu crois vraiment qu'ils tirent sur des gens ? Murmura-t-elle d'une voix encore plus faible que précédemment. Quoi d'autre ? La question était peut-être idiote, mais Christina refusait d'affronter cette réalité. Elle ne pouvait croire qu'il n'existait pas d'autres options. Ne pouvaient-ils pas simplement neutraliser la menace et l'enfermer ailleurs. Il y avait bien des prisons ou des hôpitaux pour les gens détraqués ou malades, non ? Je ne sais pas combien de coups de feu ont retenti depuis qu'on est ici, ajouta-t-elle. Si ne serait-ce qu'un dixième de ces coups étaient mortels, imagine le nombre de morts !

Sa voix s'était faite une seconde un peu plus forte. Elle se tut immédiatement, loin d'imaginer que le nombre de victimes de cette épidémie était bien au delà de l'entendement. Et que les militaires n'y étaient absolument pour rien ! Elle pensa à tous ces gens, ici à Seattle, qu'ils connaissaient et dont ils n'avaient plus de nouvelles. Des voisins, des amis, des collègues. Ils habitaient la ville depuis vingt ans, ils en avaient croisé du monde ! Christy espérait qu'ils allaient bien.

Heureusement la conversation prit un ton plus léger, et Alan mentionna un break bien mérité et des vacances. L'idée semblait irréelle, mais bien moins qu'elle ne le deviendrait au cours des jours et des mois suivants. Un demi-sourire se dessina sur les traits fatigués de la mère de famille.

- Si tu crois encore que les enfants viendront un jour avec nous, dit-elle. Elle tourna vaguement la tête en direction de Sven qui dormait toujours. Le garçon était à l'université depuis deux ans, il n'avait plus l'âge de partir en vacances avec ses parents. Le couple en était encore à devoir se faire à cette idée ! D'un autre côté, un voyage en amoureux était une bonne idée. Des vieux amoureux. Ils ne l'auraient pas volé ! Christina reporta son attention sur son homme. Tu voudrais aller où ? Demanda-t-elle pour poursuivre dans cette idée.

Penser un peu à autre chose et à des lendemains florissants faisait un bien fou.




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MessageSujet: Re: Goodnight Moon   Aujourd'hui à 16:56

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