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 October 20th, 2015.

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Maxine Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Ven 27 Nov 2015 - 1:06



Se retrouver assise à côté de lui, rendait presque la situation normale. A quelques détails près, la scène ressemblait à leur vie. Celle d'avant, celle de quatre ans auparavant. Seulement là, il était armé et il portait encore cette drôle de veste. C'était la première fois qu'elle le voyait avec ça sur le dos. Lorsqu'il avait traversé la porte, elle n'y avait pas spécialement prêté attention, bien trop obnubilée par le sort de leurs voisins et le danger dans lequel ils se trouvaient. En le voyant jeter la veste sur le fauteuil, elle était restée fixée dessus avec une sensation désagréable. Même si elle savait qu'il était en infiltration, elle ne l'avait jamais vu en action. C'était plutôt lointain, comme si cela n'existait pas vraiment. Et là, elle se retrouvait nez à nez avec, comme si une vie cachée lui explosait en plein visage. Elle devenait réelle à cet instant.

Mais il lui avait assuré, il ne partait pas. Il ne partait plus. Alors, il lui fallait les explications à tout ce qui se passait dehors. Par son métier, il avait très certainement des informations qu'on ne révélait pas au grand public. Ces informations permettraient peut-être au couple de s'en sortir plus facilement que les autres. Sans quitter Jaden des yeux, elle écouta attentivement. Un virus, pour l'instant il n'y avait rien de surprenant ou d'irréaliste, il l'avait bien dit aux informations mais elle fronça quand même les sourcils en l'entendant dire qu'il était arrivé comme ça, de nul part. Puis, ses billes vertes s'écarquillèrent. Elle avait du mal entendre. « Quoi. » le coupa-elle. Visiblement, il s'attendait à ce qu'elle n'accepte la nouvelle les bras ouverts puisqu'il continua son explication. Des morts qui revenaient à la vie. C'était tout bonnement contre nature, c'était scientifiquement impossible, inconcevable. Plus son époux donnait de détails, plus son corps se mit à trembler. Elle se mit à secouer la tête lorsqu'il évoqua les morsures et les griffures. Alors c'était ça ? Mr Pierce avait mordu leur voisine ? Non, impossible. Des morts qui mordent ? Mais pourquoi ? Puis il lui rappela sa première question, si elle n'avait rien. Et d'instinct, même si elle savait qu'elle n'avait absolument rien, elle vérifia l'état de ses bras. Elle aurait pu se faire mordre la veille.

Au bout d'un moment, elle n'était plus très sûre de réussir à l'écouter. C'était trop. Trop inconcevable, trop surréaliste, trop horrible, trop flippant. Elle devait choisir entre rester chez eux ou partir dans un camp pour les civils. C'était un peu trop lui demander là. Les larmes qui lui remplissaient les yeux, dégringolèrent toutes seule sur ses joues, la bouche légèrement entre-ouverte, plantée là en tremblant de tout son être, à fixer son mari. « Des morts. » Elle secoua la tête, refusant l'idée. « Non, tu sais aussi bien que moi que ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible. » Elle s'était remise à pleurer, prenant des inspirations bruyantes en sentant l'angoisse s'installer en elle. Le pire dans tout ça, c'était qu'elle faisait assez confiance à son mari pour savoir qu'il ne lui raconterait pas n'importe quoi, surtout pas après l'avoir vu dans un tel état. Mais est ce que ce virus n'était tout simplement pas annonciateur d'une guerre à venir ? Un pays aurait très bien pu chercher à contaminer l'Amérique, ça ne serait qu'une attaque terroriste de plus non ?

Elle se mit debout d'un coup, les mains plaquée sur son front en faisant les cents pas autour de la table basse. Puis un nouveau cri se fit entendre, il venait de leur voisinage direct sans qu'elle puisse voir exactement d'où puisque les fenêtres étaient fermées et les rideaux tirés. A reculons, elle s'éloigna de la fenêtre. « Je sais pas Jay. C'est chez nous, c'est notre maison. Il y a tout, tout ce qui nous appartient. » Ce n'était pas facile de se dire qu'elle devrait tout abandonner. Cette maison conservait tous leurs souvenirs. Sa robe de mariée était à l'étage, les albums photos dans le salon, c'était chez eux, leur vie toute entière, était il réellement possible de tout abandonner ? L'autre poids dans la balance était tout simplement leur survie. « Il va falloir qu'on sorte et on ne sait pas quoi faire si on se retrouve face à des malades. Il faut, peut-être attendre... avec les militaires, le problème sera peut-être réglé dans quelques jours...Et si on va là bas, ils risquent de te demander d'aller avec eux je ne sais où. » Tout se bousculait dans sa tête, elle n'arrivait pas à faire le tri.  Mais dans le peu d'information que donnait les médias, le risque de rester isolé était vrai. Le choix était compliqué, s'ils attendaient, ils risquaient de ne plus pouvoir rejoindre le camp de civils, s'ils partaient maintenant, ils pouvaient tomber sur des infectés. Mais finalement, il valait sans doute mieux en rencontrer quelques uns maintenant que beaucoup plus, le lendemain.

En jetant un dernier regard circulaire à cette maison qu'elle aimait tant, elle pinça les lèvres. « On sera plus en sécurité là bas. » Elle baissa le regard vers son époux, en attendant sa vision des choses ou qu'il lui dise ce qu'ils devaient faire désormais.




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Jaden Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Ven 27 Nov 2015 - 16:16

Jay resta silencieux face à l'incompréhension de sa femme. Que pouvait-il rajouter de toute façon ? Le discours qu'il venait de lui tenir aurait sonné complètement fou en temps normal. En fait, même maintenant ça sonnait complètement fou. Le mal qui semblait atteindre les États-Unis et le reste du monde était tout bonnement irréel. Digne de la science-fiction, Ça aurait pu faire le synopsis d'une histoire fantastique. À lire dans un bouquin ou à regarder dans une salle de cinéma. À vivre ? Là tout de suite ça perdait tout son côté attrayant. Si encore il n'y avait que ça. Ce virus venait tout remettre tout en question. Tout volait en éclat comme un château de cartes. Absolument tout ce qu'ils savaient, eux, les Hommes, de ce monde. Les religions ? Le Salut de l'âme ? Ça n'avait plus aucun sens. La science ? La médecine ? Visiblement, ils n'étaient plus à la page. Et l'agent fédéral était loin d'avoir pensé à tout. Pris dans le feu de l'action depuis qu'il avait pris connaissance de la portée de ce truc, il n'avait tout simplement pas eu le temps. De toute façon, il était incapable de comprendre toute l'ampleur du désastre. Est-ce que quelqu'un en était capable de toute façon ? C'était bien trop récent, bien trop soudain, bien trop étrange pour que lui ou n'importe qui d'autre puisse avoir une réelle compréhension de ce que l'arrivée de ce virus impliquait pour eux, pour la race humaine. Ils n'avaient qu'une option à leur disposition : attendre, observer comment évoluaient  les choses, rester en sécurité le temps qu'une solution soit trouvée. Se poser en spectateur donc. Et Preston, en parfait homme d'action, détestait ça.

Silencieusement encore, il accompagna Max du regard lorsqu'elle se leva. Le plus dur à encaisser dans tout ça, c'était ses larmes. Ça l'avait toujours été et ça le serait toujours. Il en avait pourtant été la source de nombreuses fois au cours des dernières années. Il aurait pu y mettre un terme. Cela ne tenait qu'à lui de remettre un sourire sur le visage de son épouse. Mais il ne l'avait pas fait. Depuis qu'elle était vraiment entrée dans sa vie, Maxine était devenue ce qu'il avait de plus précieux au monde. il avait été impossible pour lui de choisir entre elle et sa mission. Il avait beau passer des nuits entières à y réfléchir, le choix était trop cornélien. Perdre celle qu'il aimait plus que tout ou être incapable de se regarder dans un miroir. En dilemme, ça se posait là. Cette fois-ci, c'était différent. Cette fois-ci, il n'était pas pris entre deux feux. Non, cette fois-ci, l'agent féral était juste impuissant. Il n'y avait rien qu'il ne puisse dire, rien qu'il ne puisse faire pour arranger les choses. Ça aussi, il détestait. C'était sans doute parce qu'il était trop occupé à maugréer intérieurement à cause de ça qu'il ne prêta pas attention au cri provenant de l'extérieur. À moins qu'il ne l'ait perçu que comme une lointaine résonance de ceux qu'il avait entendu durant la nuit.

Jaden n'eut pas les mêmes difficultés que sa femme à s'imaginer devoir tout laisser derrière eux et pour cause, il l'avait déjà fait. Il avait tout quitté, famille et amis, pour s'engager dans la Navy. Il en allait de même pour son travail d'agent spécial. Dès qu'il partait sur le terrain, c'était tout le temps la même chose, il laissait tout derrière lui. L'indécision de sa compagne lui rappela toutefois une phrase de Gilbert Chesterton, un écrivain anglais, à propos des soldats :
"Un vrai soldat se bat non pas parce qu'il déteste ce qu'il a en face de lui, mais parce qu'il aime ce qu'il laisse derrière lui.".
En cela, Jay était un vrai soldat. Avec le temps, il avait compris que ce n'était pas la haine qu'il avait pu ressentir pour Al Qaeda et les attentats du onze septembre qu'il l'avait fait partir en Afghanistan mais bien l'amour qu'il vouait à son pays, à ses valeurs. Dans le cas présent, ce qu'il aimait, il ne le laisserait pas derrière lui non. Ce qu'il aimait l'accompagnerait. Que Maxine et Indiana soient avec lui, c'était ça qui comptait à ses yeux.

- Je le pense aussi, reconnut l'homme après que sa femme lui ait fait part de sa décision. Il nous faudra prendre quelques affaires. On pourra emporter certains trucs, mais il faudra privilégier le principal. Ça veut dire une seule paire de Louboutin chérie, ajouta-t-il presque d'un ton de reproche. Après tout, s'essayer à l'humour ne leur ferait aucun mal. Jaden secoua sa jambe, indiquant au troisième membre de la famille Preston qu'il avait l'intention de se lever, ce qu'il fit. Si les choses se calment, continua-t-il en se rapprochant de Maxine, on pourra toujours revenir ici pour récupérer le reste.

Jay soupira. La question qu'il s'apprêtait à poser, il n'était pas sûr de vouloir entendre la réponse.

- Je n'ai pas réussi à joindre le reste de famille. Il faut que j'explique ce que je sais à tes parents et que j'essaie d'avoir ma mère. Est-ce que tu as réussi à les avoir ?
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Maxine Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Sam 28 Nov 2015 - 13:06



Elle n'avait jamais vécu ce genre de situation. Elle ne connaissait absolument rien de tout ce qui touchait les protocoles militaires. Est ce que les camps de civils étaient une bonne ou une mauvaise chose ? Elle n'en savait rien. Ce qu'elle savait, c'était que la peur qui l'envahissait était identique à celle qu'elle avait ressenti lors des attentats du onze septembre. Devant son écran, elle s'était sentie en danger elle mais aussi tous ses proches. Elle s'était mise à pleurer devant les images qui étaient diffusées en boucle en ne sachant pas quoi faire, démunie devant le mal que l'on faisait à son pays. Plusieurs années après, elle avait remercié le ciel de ne pas être avec Jaden à ce moment là. Les missions d’infiltrations pouvaient passer, le voir s'envoler vers l'Afghanistan était totalement impossible. Surtout lorsqu'elle avait vu les cicatrices qu'il en avait gardé.

Alors, finalement, le choix qu'ils devaient faire à deux auraient mieux fait d'être celui de Jaden. Il s'y connaissait bien plus en situation de crise et il savait pertinemment que Maxine l'aurait suivi n'importe où. Mais finalement, il semblait du même avis qu'elle. Ils devraient sortir et affronter l'extérieur pour rejoindre ce camp, situé non loin de chez eux. L'idée de quitter cette maison lui déchira le cœur et en baissant les yeux sur leur chienne qui venait de quitter les genoux de son maître, elle ne put s'empêcher de grimacer. C'était comme si une partie d'elle, la plus imposante, restait ici. Elle abandonnait tout. Ils pouvaient prendre quelques affaires disait il, mais le plus important. Sa note d'humour lui décrocha un rire entre deux sanglots. « Je les enfermerai au coffre alors. » Continua elle, retrouvant un peu de sa malice habituelle dans le regard. Après tout, il n'avait pas tort, si les choses venaient à se calmer, ils pourraient revenir ici et reprendre leur vie ou du moins retrouver leurs affaires en tentant de se relever de cette terrible épreuve.

Leurs familles. Celle de Maxine se trouvait à des kilomètres de Seattle et même en temps normal, elle avait du mal à les joindre. Si la neige était présente, elle n'essayait même pas d'appeler. Alors avec les lignes occupées par la plupart des Américains, elle n'avait pas réussi à les avoir. Ni même la mère de Jay. Pourtant, c'était la première qu'elle avait tenté de joindre après avoir raccroché avec son mari. Elle avait répété ses ordres à voix haute durant tout le trajet pour s'empêcher de faire demi tour et d'aller la récupérer. Elle avait fini par croire qu'il s'en chargerait lui même. Mais ce n'était visiblement pas le cas, il avait accouru ici en premier. En réalisant ça, elle eut la preuve de tout l'amour qu'il lui portait. Pourtant, la veille encore, elle se questionnait à ce sujet. « Non, j'ai essayé d'appeler ta mère tout de suite après mais les lignes étaient saturées. J'ai voulu y aller directement mais les rues étaient trop bouchées alors j'ai eu peur de me retrouver piégée et de ne pas pouvoir rentrer. Et j'ai pensé que tu avais réussi à l'avoir pour lui dire la même chose qu'à moi.» Elle l'avouait, elle n'avait pris aucun risque. Peut-être lui en tiendrait il rigueur, elle pouvait très bien le comprendre. « J'ai essayé de passer par Skype pour avoir mes parents, mais ils sont déconnectés et le téléphone ne sonne même pas. J'ai pas insisté, ils sont loin d'ici, avec un peu de chance ils ne sont pas touchés. » Elle gardait cet espoir. Peut-être que le froid et la distance avait empêcher la propagation de ce foutu virus.

« On va aller la chercher ? » Maxine s'était toujours très bien entendue avec sa belle mère. Dès le début et encore plus depuis les quatre dernières années. Durant les premiers mois d'absence de Jaden, l'institutrice s'était rapprochée d'Anna, seule personne de sa famille à être sur Seattle. Elle avait fini par trouver une oreille attentive et une véritable amie qui l'aidait à mieux supporter l'absence de celui qu'elles aimaient tant toutes les deux. « On peut pas la laisser toute seule, si ça se trouve elle n'a pas pu rejoindre un endroit sécurisé un un.. » elle remua les mains, cherchant ses mots.  « un camp de civils. » Le sort d'Anna lui importait autant que celui de sa mère, de Ray ou de ses frères qui eux, se retrouvaient dispersés un peu partout en Europe. Et même s'ils devaient faire un détour pour aller jusqu'à Queen Anne, ils devaient tenter. Si elle était indécise quelques secondes auparavant, elle était sûre d'elle après ses explications. Puis, elle laissa le silence. Baissant les épaules en voyant tout ce qui leur tombait sur la gueule en peu de temps, elle se rapprocha de lui et alla déposer ses lèvres sur les siennes. Elle fut presque gênée de le faire, durant les derniers mois elle ne s'était que très rarement approchée de lui, voire parfois pas du tout. Et malgré qu'elle en soit éperdument amoureuse, ces dernières épreuves lui avait laissé une marque. Redevenant la Maxine qu'il connaissait, elle retrouva son ton calme. « On partira dès que tu voudras.» En hochant la tête, elle lui fit comprendre qu'elle était prête à tout abandonner ici dès maintenant.



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Jaden Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Dim 29 Nov 2015 - 13:36


Au moins réussit-il à la faire sourire. En revoyant les lèvres de sa compagne s'étirer, Jaden eut la nette impression que cela faisait une éternité qu'il ne l'avait pas vu faire. Depuis quelques temps, ses brefs retours à la maison n'étaient accueillis que par de l'indifférence et du déni. C'était pourtant l'une des choses qu'il préférait chez Maxine. Son regard le faisait chavirer souvent, si bien qu'il s'était senti vaciller plus d'une fois. Mais son sourire... Il aimait la voir sourire autant qu'il détestait la voir pleurer. Car lorsque Max souriait, elle était tout simplement resplendissante. Il y avait quelque chose de réconfortant à voir l'éclat de ses dents, une chaleur qu'elle lui transmettait et qui lui mettait du baume au cœur. Le monde était dès lors un peu plus beau, un peu plus doux et l'agent fédéral se sentait un peu plus heureux.

Cette fois-ci cependant, Jay ne fut pas en mesure de dire si c'était le cas ou non. Ce qu'il se passait dans les rues de Seattle était pire que tout ce qu'il avait connu jusqu'à présent. Et ce que sa femme lui annonça l'instant suivant n'arrangea rien. Maxine avait essayé de joindre sa belle-mère mais n'y était pas parvenue. Une vague d'inquiétude le prit aux tripes lorsqu'elle lui annonça avoir tenté de la rejoindre. Et si ? Et si il lui était arrivé quelque chose en route ? Et si elle avait retrouvé sa mère mais qu'elle était infectée ? Et si... Envisager les pires scénarios faisait partie de lui mais l'ancien Marine préféra, pour une fois, faire une exception. La situation était déjà suffisamment merdique comme ça pour en envisager une encore plus merdique. Surtout que la suite n'était pas plus réjouissante. Sa brune n'avait guère eu plus de chances avec ses propres parents. Sa belle-famille, Jaden ne la connaissait que trop peu. Seattle était certes relativement proche de l'Alaska mais ce n'était pas non plus la porte à côté. Il n'avait pas eu l'occasion de passer autant de temps qu'il ne l'aurait voulu avec eux. Ça avait été plus simple pour Maxine et sa mère. Ils habitaient la même ville alors forcément...

Maxine ne tarda pas à le confronter à un autre dilemme. Aller chercher sa mère ou ne pas le faire. Et il était tout aussi cruel que l'autre. C'était sa mère. Il l'aimait. Il n'y avait pas d'autres mots. Mais que pouvait-il bien faire hin ? Il ne pouvait décemment pas la laisser seule face à elle-même dans tout ce merdier. Aller la chercher, oui. Et si Max venait avec lui et qu'il leur arrivait un truc en route ? Et si il lui disait de l'attendre ici et que c'était pendant son absence qu'il lui arrivait quelque chose ? À moins que ça ne lui qui ait des problèmes en route ? Il pouvait très bien ne jamais revenir et dans ce cas-là, il la laisserait seule pour affronter les événements à venir. Le problème c'est le choix, disaient-ils dans Matrix. Pourtant au vue des possibilités, Jaden n'avait pas le sentiment qu'il avait tant de choix que ça.

Il soupira encore et passa une main sur son visage pour se frotter les yeux. Avec le Corps des Marines des États-Unis, l'agent fédéral avait appris à repousser ses limites physiques dans ses derniers retranchements, mais il n'était pas un surhomme. Bientôt, cela ferait presque quarante huit heures qu'il n'aurait pas dormi et la fatigue commençait sérieusement à le gagner. Si l'adrénaline l'avait maintenu éveillé jusqu'à présent, depuis qu'il avait retrouvé son épouse, il se sentait peu à peu pris par l'engourdissement dû au manque de sommeil. Il n'aimait pas ça. C'était typiquement dans ce genre de cas que vous preniez les mauvaises décisions. Malgré tout, il se devait de puiser encore dans ses réserves. Il devait rester éveillé, au moins jusqu'à ce qu'ils soient en sécurité. Jay tritura sa barbe un instant.

- On va aller la chercher, dit-il d'un ton décidé. Avant ça, il faut qu'on prépare nos affaires. Et on va appeler tes parents dans le même temps. Ça nous coûte rien d'essayer. Au moins jusqu'à ce qu'on s'en aille. Tu prends Skype, je prends le téléphone ? proposa-t-il, croisant intérieurement les doigts pour que l'un des deux parvienne à contacter les Lawson.

La fatigue avait beau le gagner, il se retrouva prit d'un regain d'énergie en prononçant ces quelques mots et s'activa aussi tôt. Ils avaient leur but, leur objectif. Le sommeil pourrait venir plus tard.
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Maxine Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Jeu 3 Déc 2015 - 8:30



Ils n’avaient aucune certitude. Il était tout à fait possible qu’Anna ait réussi à rejoindre un camp, mais il était tout aussi possible qu’elle soit bloquée chez elle ou pire encore, à l’extérieur. Alors, devaient-ils sortir ? Les informations répétaient de rester chez soit et d’éviter à tout prix les foules. S’ils s’aventuraient dans Seattle, ils avaient de grande chance de rencontrer du monde et par conséquent de se faire infecter. Quelques secondes après avoir posé la question, Maxine hésitait, incapable de faire un choix en attendant simplement que son mari prenne les choses en main. Encore une fois, elle se reposait sur lui, sur ses choix, parce qu’après tout s’était lui, l’homme.


Elle était prête à changer d’avis en voyant son état de fatigue. Peut-être valait il mieux qu’ils restent ici quelques temps en attendant que les choses se règlent et que les sorties soient à nouveau autorisées ? Il ne semblait pas de cet avis puisqu’il lui donnait déjà de nouvelles directives afin de préparer leur départ. Ils devaient préparer leurs affaires tout en tentant, tous les deux, de joindre ses parents. Elle se mit en action, adressant un dernier coup d’œil inquiet à son mari avant de s’élancer dans l’escalier pour récupérer l’ordinateur portable qu’elle avait laissé sur leur lit. « Privilégier le principal. » Répéta l’institutrice devant le dressing, scrutant les affaires du regard pendant que la sonnerie de l’appel Skype résonnait derrière elle. C’était quoi, le principal ? Des vêtements ? De la nourriture ? Les deux ? Qu’est ce qu’ils donnaient dans les camps de civils ? Est-ce qu’elle devait embarquer des médicaments ? C’est la tonalité d’échec d’appel qui la fit sortir de sa réflexion. Les Lawson ne répondaient pas. Elle relança l’appel et se mit à remplir rapidement le sac de sport qu’elle avait posé au sol. Même si elle se doutait qu’il ne s’agissait pas là de quelque chose d’important, elle glissa discrètement le cadre contenant leur photo de mariage entre les vêtements. Il était nécessaire qu’elle embarque quelque chose, un souvenir, n’importe quoi.


Après l’échec du cinquième appel, Maxine se faufila dans la salle de bain pour récupérer quelques affaires qu’elle balança à la va vite sur les vêtements. Elle avait tout, le sac était prêt, il n’y avait rien de superflu mis à part une photo cachée. En descendant les escaliers elle vit Jaden s’affairer en bas, le téléphone collé à l’oreille, l’air toujours aussi soucieux. Pinçant les lèvres, elle s’efforçait de ne pas imaginer le pire. Ils ne répondaient pas simplement à cause de la neige, se disait-elle. Mais de toute façon, l’heure du départ arrivait à grand pas, Jaden l’avait dit « Au moins jusqu'à ce qu'on s'en aille. ». Leurs affaires étaient prêtes, le départ était donc imminent. Elle suivit le blond des yeux tandis qu’il s’éloignait vers la cuisine mais leur chienne, qui ne comprenait rien à tout ce qui se passait dans cette maison lui aboya dessus avant de se mettre à gémir. « Tu viens avec nous. » D’un pas rapide, elle avança vers la porte d’entrée où se trouvait un petit meuble à l’intérieur duquel, la laisse d’Indiana était rangée. « Mais t’as intérêt de nous… » Le cri qui provenait de l’extérieur l’empêcha de terminer sa phrase. Il semblait encore lointain mais elle aurait juré que quelqu’un prononçait son prénom. Le deuxième cri lui confirma et les yeux ronds, elle réalisa que la voix qu’elle venait d’entendre appartenait à Anna. « Oh mon dieu. » Dit elle, en voyant apparaître sa belle mère dans son champ de vision alors qu’elle observait l’extérieur par la petite fenêtre située à côté de la porte d’entrée.


Sans attendre et sans réfléchir, elle ouvrit la porte, laissant Indiana se faufiler entre ses jambes pour avancer sur le perron. Elle réceptionna sa belle mère, à bout de souffle puis la bouscula à l’intérieur en pensant que Jaden se trouverait non loin. Elle fit quelques pas de recul pour rentrer à l’intérieur, laissant la porte ouverte. « Vous n’avez rien ?!? Ca va ?! » Anna hocha la tête encore trop essoufflée pour parler. Elle ouvrit la bouche pour lui demander comment elle avait réussi à venir jusqu’ici mais les aboiements d’Indiana lui clouèrent le bec. Les sourcils froncés, elle progressa jusqu’au perron, là où était resté l’animal. « Rentre ! » Rien à faire, elle n’écoutait pas. Mais quelque chose clochait, leur chienne ne montrait jamais les crocs et de souvenir, jamais Maxine ne l’avait entendu grogner. Et là, depuis la porte, elle pouvait très bien voir que la chienne avait les oreilles levées, les crocs sortis et la parfaite posture d’attaque. Elle aboyait de plus en plus fort et de plus en plus méchamment. « Mais qu’est ce que.. » Elle avait prononcé ces mots en faisant les quelques derniers pas qui la séparait de sa chienne. Elle se trouvait maintenant à côté d’elle et elle pouvait parfaitement voir la raison de son agressivité. Mr Pierce se trouvait là, il avait déjà gravi les deux premières marches et continuait d’avancer.


Maxine glissa les doigts dans le collier de la chienne pour l’obliger à rentrer en dévisageant son ancien voisin pendant que les mots de son mari résonnaient dans sa tête. « Ramener les morts à la vie.. » ou encore… « les corps se réaniment… », Elle n’entendait même rien, ni même Anna qui lui tirait le bras.

Mr Pierce n’avait plus grand-chose à voir avec une personne vivante. Ses yeux vitreux avaient une drôle de couleur, il ne parlait pas mais poussait quelques petits râles comme s’il avait du mal à respirer. « Monsieur Pierce ? » Il adressa un long râle en relevant la tête, puis avança rapidement vers elle. Si elle l’avait vu errer quelques heures plus tôt, Monsieur Pierce s’était presque mis à courir en la voyant. L’horreur et la peur s’emparèrent d’elle et son réflexe fut de se mettre à hurler. Un cri aigue, de peur intense. Tout était vrai et elle en avait la preuve sous les yeux. Maladroitement elle recula jusqu’à l’intérieur de la maison, sans quitter le voisin des yeux une seule seconde. Elle était incapable de faire quoi que ce soit contre son lui et Anna non plus d’ailleurs. Alors elle hurla une nouvelle fois en attrapant Indiana par le collier pour l’obliger à reculer avec elle. « JADEN. ».



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Jaden Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Lun 7 Déc 2015 - 22:50


Un bip monocorde et continu, ce fut là le seul son que Jaden parvint à obtenir de ses nombreuses tentatives pour joindre les Lawsons. Le combiné du téléphone sans fil collé contre son oreille, il avait rempli son sac de voyage en étant incapable de ne pas penser au pire. C'était peut-être bien ça le plus affreux dans toute cette histoire. Ne pas savoir, être dans l'expectative. Comment ça se passait pour eux là-bas en Alaska ? Fallait-il espérer que le climat ait empêché ce truc de se répandre ? Était-ce déjà trop tard pour eux ? Juneau avait beau être la capitale de l'État, elle restait un petit patelin avec même pas cinquante mille habitants. Avec un peu de chance, le chaos auquel il avait assisté dans les rues de Seattle n'avait pas touché la ville d'origine de Maxine. Son isolement serait peut-être une bénédiction pour sa belle-famille. L'agent de la DEA se posait beaucoup de questions. Et la seule réponse qu'il parvint à obtenir, c'était ce foutu bip.

Il prépara ses affaires en quatrième vitesse. Si tant est qu'on puisse appeler ça préparer ses affaires. Jay s'était contenté de fourrer dans son sac voyage le strict minimum. Quelques pantalons, jeans ou cargos, des t-shirts, des pulls, des chemises, des sous-vêtements et une paire de chaussures en plus. Il laissa dans l'armoire son ancien uniforme des Marines, tout comme la petite boîte contenant les décorations qu'il avait reçu pendant ses années de service, aucune autre forme de considération qu'un bref regard. Cette tenue, cela faisait des années qu'il ne l'avait pas porté. Elle avait beau prendre de la place dans l'armoire pour pas grand-chose, il l'avait toujours gardé avec lui. Et c'était malheureusement typiquement le genre de choses qu'il devait laisser derrière pour faire de la place pour le reste. Attrapant les anses du sac, le téléphone toujours collé à l'oreille, il retourna en bas tandis que Maxine allait dans la salle de bain.

Son arrêt suivant, c'était ce qu'il appelait "sa commode". Un petit meuble qui contenait les quelques armes qu'il avait collectionné. Les couteaux surtout. Loin d'être un véritable collectionneur, Preston savait apprécier le beau design, les qualités et l'utilité de certaines lames. Il en prit trois. Son OKC-3S Bayonet, qu'il avait utilisé pendant tout son service militaire et avec lequel il avait suivi les cours du MCMAP, son Gerber Warrant, ainsi que le Ka-Bar de son père, qui malgré les années étaient toujours autant fonctionnel. Il en profita également pour prendre les trois boîtes de munitions pour son Five-seveN, et les deux boîtes de .308 Winchester pour le fusil de chasse. Il contempla le contenu de son sac un court instant. Il y avait tant de choses à prendre. Tant de choses et si peu de place. Il lui faudrait prendre des piles, autant qu'il pourrait en trouver, une lampe-torche, de l'essence pour son Zippo ainsi que quelques pierres et des mèches, des allumettes, des pierres à feu. C'était sans compter tout ce auquel il pensait mais dont il faudrait se priver. Un réchaud. Une corde. Des outils. Si le but était bel et bien de rejoindre un camp, nul ne savait ce qui pouvait leur arriver en chemin. Ils devaient être prêt à toutes éventualités.

Jaden était dans la cuisine, occupé à remplir des bouteilles d'eau, lorsqu'il entendit une voix hurler le nom de Maxine. Cette voix, il l'aurait reconnu entre des dizaines de milliers et pour cause c'était celle de sa mère. Lâchant tout, il se précipita dans le salon, juste assez rapidement pour voir Anna apparaître dans l’entrebâillement de la porte. Si revoir son épouse lui avait ôté un poids incommensurable des épaules, revoir sa mère en fit autant. Dieu merci elle était en vie, songea le blond. Dieu merci elle était là. Dieu merci elle avait eu la présence d'esprit de venir ici. Dieu merci elle était parvenue jusqu'à eux sans encombres visiblement. Dieu merci. Jay était croyant, peut-être pas ce qu'on appelait un bon chrétien, mais il était croyant et dans le cas présent, il ne voyait vraiment pas qui d'autres il aurait bien pu remercier. Toute sa famille, toute sa vie était réunie sous son toit, il se devait de remercier quelqu'un.

Soulagé, il fit quelque pas en avant pour rejoindre les deux femmes de sa vie, mais pas assez rapidement pour empêcher Indiana de sortir dehors et Max de la suivre. Son appel résonna comme un coup de tonnerre. L'adrénaline circulait de nouveau dans son corps. Ni une ni deux, il se jeta sur son pistolet automatique et se rua à l'extérieur, sa mère s'écartant de son passage. Il ne prit même pas le temps de réfléchir. Il ajusta les genoux de son voisin, ou ce qu'il était devenu, et tira deux fois. Les rotules éclatées, la chose qu'était devenue M. Pierce s'étala par terre de tout son long, les bras tendus vers eux.

C'était une chose d'entendre parler d'eux, des infectés. C'était une chose de les voir de loin, prit dans le feu de l'action et la panique de la ville. Mais de près... Ça... C'était autre chose. Le spectacle était macabre. M. Pierce avait les yeux vitreux, complètement dénué de toute étincelle de vie, comme le reste de son visage dont les traits n'avaient pas changé pour un pouce. Son teint était blafard, à croire que le sang ne circulait plus dans son corps. La blessure qu'il avait à l'épaule témoignait certainement de la manière dont il avait été contaminé. Le sang qui maculait sa bouche enlevait tout doute possible sur sa probable contamination. C'était là les seuls signes qu'Arthur Pierce était bel et bien mort. Et pourtant, il continuait encore de bouger. Il rampait sur le sol, laissant deux petites traînées rouges dans son sillage. Son râle était ininterrompu. C'était donc à ça que ressemblait le véritable glas ? Jaden était prévenu. Il était prévenu mais il n'en croyait pas ses yeux. Il lui avait éclaté les rotules et il persistait à avancer comme si de rien n'était. Un être bien vivant en aurait été incapable. Un être bien vivant se serait tordu de douleur sur le sol. Ce qu'il avait sous les yeux confirmait le peu qu'on lui avait dit. Jay ne prit aucun risque. Crispant la mâchoire, il pointa le canon de son arme en direction de la tête de son voisin et appuya sur la détente. Le coup de feu retentit. La tête et les bras des M. Pierce retombèrent aussitôt sur le sol.

Ce ne fut qu'après une dizaine de secondes passées à se demander s'il était définitivement mort que l'ancien Marine baissa son arme. Pour la pointer de nouveau la seconde d'après vers la maison d'en face et vers Madame Cooper qui était sortie de derrière les bosquets et avançait vers eux, le pas traînant. Jaden s'était trompé.  M. Pierce n'avait rien de macabre en comparaison de leur voisine. Éviscérée, elle était couverte de sang et une partie de ses tripes pendait le long de son corps. Et bien qu'il eut été témoin d'atrocités pendant la guerre, sa vue lui souleva le cœur. Outrepassant rapidement son dégoût, il visa sa tête et tira. Miranda Cooper tomba raide morte. Un coup d'œil à droite, puis à gauche. Rien. Personne. Le trentenaire fit un pas en arrière, gardant sa rue en visuel, puis un autre, avant de finalement se retourner et de faire rentrer tout le monde. La porte fermée, Jaden engagea la sécurité de son Five-seveN et le posa sur le meuble de l'entrée. L'instant suivant, il prenait les deux femmes de sa vie dans ses bras, fermer les yeux, soupirer un bon coup et les serra comme il ne les avait jamais serrées auparavant.

Malgré le bonheur qu'il pouvait ressentir à les avoir avec lui, dans sa tête, Jay ne cessait de se repasser la dernière minute qui s'était écoulée et ce qu'il avait appris. Quelque chose de fondamental, de si évident qu'il s'en serait presque demandé pourquoi il avait gaspillé deux balles à tirer dans les genoux de M. Pierce :

To kill them, shoot the head.
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Maxine Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Sam 12 Déc 2015 - 19:43



Plantée sur le perron, le temps semblait suspendu. Elle ne comprenait pas, elle ne comprenait plus rien. Quel genre de virus pouvait avoir de tels effets ? Elle n’avait même pas le temps de penser et son seul réflexe fut de hurler en appelant la seule personne capable de la sortir de là. Elle avait crié son prénom avec un mélange de peur et de pleurs en voyant que rien ne résonnait M. Pierce. Mais bizarrement elle ne fut pas plus soulagé de voir son mari arrivé parce que si la peur du voisin l’envahissait toute entière c’était maintenant la peur qu’il arrive quelque chose à Jaden. Les premiers coups de feu firent sursauter les deux femmes qui n’arrivaient pas à décrocher le regard de la scène.

Le voisin s’écroula, les rotules détruites. Mais aucun cri, aucun gémissement, aucun pleur. Il ne souffrait pas. Le voir gesticuler après s’être fait détruire les jambes lui glaça le sang. Elle secouait la tête alors qu’Anna s’était positionnée devant elle pour la forcer à reculer. Elle ne pouvait pas, impossible. Ses pieds étaient soudés dans le sol, trop lourd pour être soulevé. Puis elle ne voulait pas détourner le regard pour toujours vérifier qu’il n’arrivait rien à Jaden. « Non, non.. » Sa belle mère semblait moins secouée, plus sereine et maître d’elle. Elle tirait Maxine en arrière alors qu’un autre coup de feu venait de retentir. « Ne regarde pas. » Lui répétait-elle lorsque Jay avança et qu’un dernier coup de feu résonna dans l’air pour atteindre la tête de Miranda et figeant la situation.

Elle vit les bras de Jay redescendre, le corps au sol qui avait cessé de bouger. Les larmes dégoulinaient encore de ses prunelles vertes sans qu’elle ait quoi que ce soit à faire. Anna l’avait prise dans ses bras et lui caressait la tête. « C’est fini. » Mais pourtant, elle n’arrivait pas à regarder autre chose que le corps qui gisait sur son perron. Elle tremblait de la tête aux pieds, la bouche sèche et les lèvres entrouvertes. Elle resta en état de choc sans même réaliser qu’Anna l’avait lâché et qu’elle se trouvait maintenant dans les bras de Jay. Reprenant conscience peu à peu, elle leva les mains pour venir enrouler ses bras autour de lui, plongeant un peu plus le nez dans sa veste pour y fermer les yeux avec forces, les dents serrées, luttant pour qu’aucun gémissement ne lui échappe.

Sans s’en rendre compte, elle s’était véritablement agrippée à lui, de toutes ses forces. Elle ne sentit même pas lorsque sa belle mère lui laissa toute la place pour aller verrouiller la porte. Elle n’aurait pas du sortir, elle aurait du retenir la chienne pour l’empêcher de se faufiler dehors. Jaden aurait pu être infecté par sa faute. En réalisant tout cela, elle releva la tête, fronçant les sourcils alors que ses yeux regorgeaient encore de larmes qu’elle s’efforçait de contenir. Elle voulait lui dire qu’elle était désolée, vérifier qu’il n’ait rien mais impossible. Il le comprendrait très certainement dans son regard de toute manière. La voix d’Anna la rappela sur terre. « On est en sécurité maintenant ? » Et même si la question s’adressait plutôt à son fils, Maxine se força à y répondre avant pour enfin articuler un mot. « Je n’ai vu qu’eux. J’ai surveillé toute la nuit, il n’y avait qu’eux. » Et c’était bien vrai, aucune personne suspecte ne s’était promené dans le quartier mis à part les deux cadavres qui jonchaient le sol de leur entrée.

Il fallait expliquer toute la situation à Anna et qu’elle-même leur explique comment elle avait pu arriver jusqu’ici. Doucement, elle se décolla complètement de son mari pour avancer vers la cuisine. Elle avait besoin de s’asseoir un petit peu. « On s’apprêtait à partir. On venait vous chercher. Il faut qu’on rejoigne un camp de civil… » Lorsque l’idée de sortir à nouveau lui traversa l’esprit, Maxine fut prise de nausée alors elle enchaina rapidement, le teint blafard. « On pourrait attendre un peu ? Tu as besoin de dormir. » Dit elle à Jay avec son air autoritaire puis elle leva une main pour attraper la bouteille d’eau posée sur l’îlot, elle tremblait tellement qu’elle eut du mal à la récupérer. Après tout, ils avaient tous besoin de repos et de laisser la tension retombée. Même si sur ce dernier point, seule Maxine devait être concernée.




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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Aujourd'hui à 0:08

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October 20th, 2015.

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