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 October 20th, 2015.

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Jaden Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Ven 18 Déc 2015 - 11:23

Étaient-ils en sécurité ?

Alors ça... Voilà une question à laquelle il n'aurait pas été foutu de répondre. Dans l'immédiat, Jaden pensait que oui. Et il n'avait aucune raison de penser le contraire puisque Maxine venait de dire que leur deux voisins étaient les seuls qu'elle avait vu aux alentours pendant la nuit. Mais d'un point de vue général en revanche... Il doutait sérieusement qu'ils soient un jour en sécurité. Les rapports dont on lui avait fait part étaient bien trop alarmants pour imaginer une seule seconde que tout rentrerait dans l'ordre rapidement. Si tout n'était peut-être pas d'ores et déjà perdu, c'était en tout cas bien parti pour. En pensant cela, il espérait franchement se tromper. D'un autre côté, il préférait s'attendre au pire. C'était encore le meilleur moyen de ne pas être déçu. Et si les choses ne s'arrangeaient pas, au moins, ils seraient préparés. Ils se devaient de l'être en même temps. Ils n'avaient pas d'autres choix.

C'était certainement pour ça que, une main enfouie dans la chevelure de jais de sa femme, il était heureux qu'elle ait assisté à la scène. Enfin, heureux... C'était un bien grand mot. Disons qu'il valait mieux pour Max qu'elle voit ce genre de trucs maintenant plutôt que plus tard. Jay connaissait sa femme mieux que quiconque. Il savait pertinemment qu'elle vivrait mal les événements à venir, que l'inquiétude allait la ronger. Il fallait à tout prix l'éviter. Pris sous le feu de l'ennemi, il en avait vu des mecs perdre leur moyen. C'était peut-être dû à la soudaineté de la chose, quand vous déambuliez dans la rue et que ça se mettait à vous canarder d'on ne sait où, ça n'avait rien de très rassurant. À moins que ça soit plus simplement la peur de mourir. Peu importe au final, cela ne devait pas arriver à Maxine. Parce que Jaden avait besoin d'elle autant qu'elle de lui. Depuis qu'ils s'étaient mis ensemble, c'était d'elle qu'il avait puisé la force de faire ce qu'il faisait chaque jour. Et de la force, Dieu sait qu'ils en auraient besoin.

- Ça devrait aller pour le moment, fit-il avant que son épouse ne quitte ses bras.

Anna emboîta le pas de sa belle-fille, et Jaden, celui de sa mère. L'adrénaline n'étant pas totalement retombée, il se dirigea, plutôt que d'aller s'asseoir, vers l'une des fenêtres du salon et entrouvrit un volet avec précaution. Attrapant le paquet de cigarette qu'il avait dans la poche, il en alluma une et jeta discrètement un œil par l'interstice. Se posant finalement sur le rebord de la fenêtre, il tira une bonne bouffée avant de souffler la fumée par le petit espace entre les volets. L'agent de la DEA n'avait pas pour habitude de fumer à l'intérieur de la maison. En principe, il sortait toujours, soit sur le perron, soit dans le jardin à l'arrière. Maxine étant non fumeuse, il ne désirait pas lui imposer une vieille odeur de tabac froid dans toute la maison. Enfin, encore aurait-il fallu qu'il soit là assez souvent pour le faire. Cette fois-ci par contre, il était hors de question qu'il mette le nez dehors juste pour s'en griller une.

- Nous tous, dit-il en écho à sa femme avec un regard entendu. Il n'était pas le seul à avoir passé une sale nuit. Elle aussi aurait besoin d'un peu de repos.
- Est-ce que tu sais ce qui se passe ? demanda la matriarche Preston.
- Dans une certaine mesure, lui répondit son fils.

Il passa les quelques minutes suivantes à lui raconter tout ce qu'il savait, reprenant presque mot pour mot ce qu'il avait dit à Maxine, des mots qu'il avait lui-même entendu de Julia, son agent de liaison, et d'Henry, le directeur de la division de la DEA de Seattle. Si la cinquantenaire lui posa quelques questions, les époux l'amenèrent bien vite à raconter sa partie de l'histoire. Elle aussi avait eu une mauvaise nuit et avait tenté de les joindre l'un comme l'autre à plusieurs reprises. Sans succès évidemment, auquel cas elle n'aurait pas été là. Face à ses échecs, elle avait décidé d'ignorer royalement les recommandations diffusées sur tous les supports médiatiques pour retrouver Maxine. Elle précisa, un sourire amusé au visage, avoir espéré trouver Jaden ici mais n'être sûre de rien. Il fallait dire qu'entre son défunt mari et son fils, Anna Preston avait pris l'habitude d'être dans le flou, de ne jamais savoir si l'un ou l'autre allait rentrer ou si quelqu'un en uniforme viendrait toquer à sa porte pour lui annoncer une triste nouvelle. Jay avait fini sa cigarette lorsqu'il vint se rasseoir près de Max pour questionner sa mère sur l'itinéraire qu'elle avait pris pour venir ici. Entre les routes qu'il avait prises et celles qu'avait prises sa mère, ils trouveraient bien un moyen de rejoindre l'un des camps de réfugiés.

- Bon ok, voilà ce qu'on va faire, reprit le blond une fois qu'il eut obtenu les informations qu'il recherchait. Le camp le plus proche est à une bonne demie-heure de route. C'est en espérant que tout se passe bien sur le trajet. Si ce n'est pas le cas, je veux qu'on soit au meilleur de notre forme le moment venu. Je préfère attendre quitte à nous compliquer la tâche que partir en l'état. Maxine a raison, il nous faut du repos. On dort tant qu'on dort, et une fois réveillés, on se mettra en route. Ça vous va ? demanda l'homme.

Une fois l'approbation des deux femmes obtenues, il quitta le canapé et alla refermer la fenêtre et le volet avant de prendre sa mère dans les bras. "Merci d'être venue" murmura-t-il tout bas pour qu'elle seule entende et déposa un baiser sur son front. Cela voulait dire merci d'être venue chercher Max. S'il n'avait pas pu les rejoindre, elles n'auraient pu compter que l'une sur l'autre et il aurait préféré de loin les savoir ensemble que séparées. Jaden laissa aux deux femmes un instant pour elles-même et ouvrit la marche en direction de la chambre conjugale. Il n'eut besoin de rien dire à sa mère. Anna n'avait besoin d'aucune invitation pour faire comme chez elle dans leur demeure.

- Je vais vérifier si on en a encore de l'eau, fit Jay une fois à l'étage. Si c'est le cas, une douche nous ferait le plus grand bien. Je passe devant, rajouta-t-il précipitamment d'un air taquin, comme si la situation était tout à fait normale.

Parfois, il lui arrivait de bénir son travail à la DEA. Surtout lorsque le salaire tombait. À eux deux, ils avaient pu s'acheter une jolie baraque sans trop s'endetter. Le genre de maison où la salle de bain, enfin l'une des salles de bain, contenait une baignoire, présentement remplie d'eau, et une douche italienne. Ce fut vers celle-ci qu'il se dirigea après avoir enlevé pull et t-shirt. Il tourna le robinet et l'eau se mit à couler sans aucun problème. C'était le signe que le centrale tournait encore comme il fallait pour le moment. Une bonne chose. Non, une super chose. Prendre une douche, ça arrivait en troisième sur sa liste de priorités, après retrouver sa femme, en première position, et retrouver sa mère, en seconde. Prendre une douche, c'était même avant dormir, c'est dire. Une fois entièrement nu, il se jeta presque littéralement sous le jet.

Le contact de l'eau lui fit un bien fou.


You handle your own when you become a man

And become a man when you handle your own
Ain't much I can do but I'll do what I can
But what can I do if I do till it's gone...
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Maxine Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Sam 26 Déc 2015 - 8:22



En y réfléchissant bien, Maxine aurait été incapable de quitter sa maison immédiatement. Il lui fallait un peu de temps pour que la pression retombe et qu’elle réussisse à nouveau à se situer. Elle s’y forçait, autant que possible, mais lorsqu’Anna demanda des explications sur les évènements et que Jaden commença à lui expliquer en utilisant les mêmes mots horribles, l’angoisse s’installa à nouveau au creux de son ventre. En expliquant ce qu’elle avait vu par la fenêtre la veille, elle ne put s’empêcher d’adresser un coup d’œil vers la porte d’entrée où les corps reposaient juste derrière. Ils ne s’étaient pas relevés, en tout cas pas une seconde fois. Une seule suffisait déjà largement de toute manière, c’était déjà bien assez irréel pour ne pas en rajouter.

Ils avaient tous besoin de repos, oui. Même si Maxine savait déjà qu’il serait bien difficile de trouver le sommeil dans de telles conditions. Intérieurement, elle essayait de se convaincre. Elle n’avait vu que ces deux personnes là et ils n’étaient plus rien. Leur maison était bien fermée, Jaden était présent, elle n’avait pas de raison de s’inquiéter plus que cela. Elle adressa un simple hochement de tête lorsque son mari exposa le plan. Dormir et partir. Enfin, se doucher, dormir et partir pour être tout à fait exact. Un sourire un peu forcé, elle laissa Jaden grimper à l’étage afin de vérifier qu’ils disposaient toujours d’eau, d’eau chaude surtout. Le silence s’installa, seuls les pas de Jaden à l’étage résonnaient dans la cuisine. Il n’y avait plus de cri, plus cet horrible râle qui lui bourdonnait encore dans les oreilles, ni même les aboiements d’Indiana qui était partie se coucher devant la porte.

« Je vais préparer un sac pour vous. » Commença-t-elle en se redressant de l’îlot. Car oui, sa belle mère n’était pas arrivée avec des affaires et il était impensable de la laisser sans rien. Les deux femmes m’étaient approximativement la même taille, il suffisait de récupérer un sac supplémentaire et d’y vider le reste de l’armoire de Max à l’intérieur. Anna lui adressa un sourire compatissant en hochant la tête un coup, résignée à ne pas contredire sa belle fille qui semblait légèrement perdue. Sans doute pensait elle que cela lui occuperait l’esprit. En adressant un dernier regard inquiet à l’ensemble du rez de chaussé, elle croisa finalement les bras sous sa poitrine et adressa un sourire à sa belle mère. « Vous savez déjà où est la chambre de toute manière. » Elle savait parfaitement, quelques fois il arrivait qu’Anna reste dormir chez eux après que leur soirée ait un peu trop durée ou que les bouteilles de vins soient vides. « Ne t’en fais pas pour moi. Va te reposer. » Avec les années, Anna avait appris à lire en Maxine avec une aisance déconcertante. Elle trouvait les bons mots ou justement, elle s’abstenait lorsqu’il le fallait. Elle avait bien vu toute la détresse de sa belle fille et encore une fois, elle assurait en restant calme comme si rien ne s’était passé à l’extérieur. En la voyant s’éloigner vers l’escalier pour rejoindre la chambre d’ami, Maxine ne pu s’empêcher de se sentir faible et handicapante pour des personnes comme les Preston. Encore une fois, elle se demandait ce qu’elle pouvait bien faire dans une famille telle que celle-ci.

Inspirant une grande bouffée d’air, elle grimpa les marches en direction de leur chambre avec l’idée de préparer un sac de vêtement pour Anna. Doucement, elle ouvrit la porte et la referma derrière elle. Peut-être que Jaden s’était déjà endormi ? Visiblement ce n’était pas le cas puisque le lit était vide et que un bruit d’eau venait de la salle de bain. Sa tête lui dictait de s’activer à préparer les affaires, mais ses pieds eux, l’emmenèrent jusqu’à la salle de bain. Plusieurs années en arrière, elle voyait cette scène chaque matin. Son mari, sous la douche, se préparant pour aller bosser dans un bureau. C’était lointain mais ce souvenir lui serra le cœur. La dernière fois qu’il avait tenté de la rejoindre dans la salle de bain, elle ne lui avait adressé qu’un regard noir, rempli de défi qu’il ose s’approcher d’elle avant de quitter la pièce sans adresser un seul mot. Toute une flopée de sentiment s’empara d’elle. Tristesse, culpabilité en premier. Elle s’en voulait et il n’est jamais très agréable de s’en vouloir.

Comme il n’avait pas remarqué sa présence, elle en profita pour retirer ses vêtements, passant son haut par-dessus sa tête et balançant l’ensemble sur le côté avec lenteur. Elle n’avait pas fait d’exercice mais tous ses muscles étaient courbaturés, sa nuque lui paraissait aussi raide que de bois et se faufiler sous l’eau chaude lui ferait le plus grand bien. Puis, elle avait toujours cette sensation désagréable, celle qui lui disait que Jaden était bien là mais qu’il pouvait disparaître la seconde suivante. Elle avait terriblement besoin de lui et encore plus à cet instant où ils se retrouvaient au calme, seulement tous les deux. Si Maxine ne connaissait rien aux protocoles militaires ni à quoi pouvait bien ressembler un camp de réfugiés, elle se doutait bien qu’ils ne disposeraient pas de douches à l’italienne ni même d’intimité. La dernière opportunité. En quelques pas, elle alla se positionner sous le jet d’eau en basculant la tête en arrière, mais sans pour autant pousser son mari qui réalisait sans doute qu’elle venait de le rejoindre.

Et une fois les cheveux trempés, elle ouvrit les yeux pour les plonger dans ceux de Jaden. L’horrible sensation était toujours là, l’impression d’être un monstre, la peur qu’il parte, le besoin de lui et surtout tout l’amour qu’elle lui portait venu lui serrer la gorge. Et comme à chaque fois que l’on se sent mal, Maxine chercha à se faire pardonner, à lui faire oublier tout ce qu’elle avait bien pu lui dire de méchant. Rapidement, elle enroula ses bras autour du cou de son époux et alla coller ses lèvres contre les siennes pour l’embrasser avec force tout en lui faisant comprendre ses intentions.

Toujours accrochée à lui, elle recula jusqu’à ce qu’elle sente sa peau toucher la paroi glacée de la douche et que ses longues mèches noires se collent à la buée. Sans douceur, elle l’attira contre elle, sa respiration se coupa lorsqu’il lui attrapa les cuisses pour la soulever et elle fut obligée de se détacher de ses lèvres pour pousser son premier gémissement.


Depuis combien de temps n’avaient-ils pas fait l’amour ou plutôt, depuis combien de temps ne s’étaient-ils pas approchés l’un de l’autre ? Si plusieurs semaines auparavant, l’idée de le repousser lui paraissait tout à fait légitime, à cet instant elle sentait la culpabilité lui bruler les entrailles. Tout ce qu’elle avait bien pu lui balancer au visage, tous les reproches concernant l’amour qu’il n’avait sans doute plus pour elle ainsi que tout le reste, il lui avait prouvé le contraire en accourant ici. En accourant à la porte lorsqu’elle s’était mise à hurler. Entourés par la vapeur, elle se concentra sur son époux pour le fixer, comme si elle devait mémoriser chacun de ses traits avant de venir l’embrasser à nouveau pour ne pas en perdre une miette.



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Jaden Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Mer 30 Déc 2015 - 15:46


Cette douche était une véritable bénédiction. Jaden avait l'impression que l'eau, le savon emportaient dans leur sillage la fatigue, le stress, les courbatures, les inquiétudes, les pensées noires. Ça pouvait paraître con à dire étant donné c'était un des meilleurs trucs sur Terre mais il avait toujours adoré prendre des douches. Petit déjà, contrairement à d'autres qui chouinaient pour ne pas y aller, lui se ruait dessous de bon cœur. Il aurait été capable de rester des heures dessous, à sentir l'eau chaude ruisseler sur son corps. C'était d'autant plus vrai dans le cas présent. Rincé entièrement, les yeux clos, le visage légèrement en l'air juste sous le pommeau, il profitait de ses précieuses secondes autant qu'il pouvait. Si les Preston parvenaient à rejoindre le camp dont on lui avait parlé, ce genre de moments serait, à n'en pas douter, beaucoup plus rare. Le bruit de l'eau étouffant tout les autres, Jay repassait une fois encore le fil des événements dans sa tête, depuis son départ des bureaux de la DEA à cet instant précis.  

L'ancien marine ne fut tiré de ses pensées qu'en sentant une présence à ses côtés. Ouvrant les yeux sur le corps nue de Maxine, il s'écarta d'un cheveu, un sourire aux lèvres, pour lui permettre de le rejoindre sous le jet d'eau. La situation aurait pu être paraître anecdotique pour un certain nombre de couples mais pour eux... C'était différent. Jaden n'aurait pas été en mesure de dire la dernière qu'ils s'étaient retrouvés ainsi. Les derniers mois avaient été difficiles. À chacun de ses rares retours, Maxine s'était fermée de plus en plus. Un fossé s'était établi entre eux. Ils se parlaient peu, ne s'approchaient presque plus. Il aurait pu aller voir ailleurs. Certains ne se gênaient pas pour le faire. Au cours de sa mission, ce n'était pas les occasions qui avaient manqués en plus. Avec toutes les hang around qu'il y avait dans le club, il aurait pu sans problèmes en prendre une pour passer la nuit. Mais, cette idée ne lui avait jamais traversé l'esprit. Pour une simple et bonne raison : outre le fait qu'il avait juré devant Dieu de lui être entièrement fidèle, il aimait sa femme et la désirait encore comme au premier jour.  Le trentenaire avait d'ailleurs mis au point un stratagème pour ne pas que sa dévotion envers Max ne paraisse pas suspecte aux yeux du club. Il faisait passer Julia pour sa régulière, qu'il préférait garder en dehors des affaires et de la vie du MC afin de la protéger. Stiles avait dû toutefois venir quelques fois histoire de donner le change. Cela avait plutôt bien marché et lui avait permis de faciliter ses communications avec le bureau. C'était tout bénéf' pour lui.

À la voir là auprès de lui dans le plus simple appareil, l'eau dégoulinant le long de ses cheveux et de son corps, Jay eut le sentiment de revenir plusieurs années en arrière. Si le temps aurait pu paraître suspendu alors que leur regards étaient plongés l'un dans l'autre, il s’accéléra bien vite dès lors que Maxine passa ses bras autour de cou de son mari pour l'attirer à elle et l'embrasser avec passion, indiquant clairement ce qu'elle avait en tête. Lui qui pensait que la douche lui faisait un bien fou, ce n'était rien en comparaison de l'effet que lui fit ce baiser. Attrapant doucement sa taille, il se laissa presque faire dans un premier temps. Du moins jusqu'à ce qu'elle se colle contre le carrelage de la douche et qu'elle l'attire, avec une sauvagerie des plus enivrantes, contre sa peau. Ce fut là qu'il se décida à agir réellement. Avec la même sauvagerie dont elle avait fait preuve, il ne tarda pas à la coller encore plus à lui d'une main qu'il passa le long de son dos jusque sous ses fesses pour la soulever et se glisser en elle. L'autre, de main, avait glissé sur la peau de son épouse avant de se plaquer contre la paroi humide de la douche, tant pour la soutenir elle que pour lui servir d'appui. Il donna une première ruade, puis une autre, et une autre, et une autre... À chacune, un râle sortait du plus profond de ses entrailles. Leurs regards ne se quittaient seulement que lorsque leurs bouches, elles, se retrouvaient le temps d'un baiser enflammé. Aurait-il eu une autre paire de mains, il aurait arpenté chacune des courbes de son corps avec avidité. Il avait beau le connaître par cœur, Jaden les parcourait les délectait toujours avec le même plaisir. Les cuisses de Maxine l'enserrait comme une tenaille. Si cela l'avait toujours grisé, c'était d'autant plus vrai cette fois-ci. Peut-être était-ce parce que cela faisait longtemps. Peut-être était-ce parce que le monde partait à vau l'eau et que leur étreinte avait un arrière goût de fatalité. Ici, dans cette salle de bain, la vapeur s'échappant de la douche agissant comme un voile, ce monde-là n'existait pas et n'avait aucune importance.
Un assaut final et le blond atteignit enfin ce petit coin de félicité qu'elle lui avait refusé pendant un certain temps.

Toutes les bonnes choses ont une fin, dit-on. Jaden, lui, n'était pas pressé de voir la fin de cette bonne chose arriver, aussi la garda-t-il contre lui encore quelques instants, le temps de retrouver ses esprits. Prenant son visage entre ses mains, caressant ses joues, il posa son front contre le sien. Il exhala un profond soupir. Sa compagne parlait sa langue couramment. Il n'avait pas besoin de lui faire de dessins pour qu'elle comprenne tout ce que ce soupir voulait dire. Il voulait lui demander pardon pour ses absences. Il voulait dire qu'il serait là dorénavant. Il voulait dire qu'il était heureux qu'ils soient réunis, peu importe ce qui se passait à l'extérieur. Il voulait dire qu'il l'aimait.

Un dernier baiser et il sortit de la douche lentement, un sourire aux lèvres. Attrapant sa serviette de bain, il profita du fait que sa brune termine de se doucher pour se sécher. La serviette nouée autour de la taille, Jaden quitta la pièce et alla enfiler l'un des caleçons qui lui servait de pyjama. Allant de son côté, il s'assit sur le rebord du lit, attendant que Maxine ne le rejoigne pour se coucher.
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Maxine Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Jeu 31 Déc 2015 - 22:12



Ses ongles s’enfonçaient dans la peau de son mari, un peu plus fort à chaque nouveau coup de rein qu’il lui offrait. Les jambes enroulées autour de sa taille elle savourait la chaleur et la force qui émanaient de lui, laissant les râles de son époux l’isoler du monde extérieur au point d’en oublier les derniers événements. La morsure glaciale du carrelage contre sa peau ne l’empêchait pas de cambrer les reins, cherchant à ne faire qu’un avec l’homme qu’elle aimait tant et qu’elle venait à peine de retrouver. Ses quelques gémissements furent étouffés par leurs bouches qui se retrouvaient, incapables de se séparer trop longtemps, avides de rattraper le temps perdu.

Peut-être n’était ce pas le meilleur moment pour tout cela. Un œil extérieur aurait pu juger le couple d’inconscient ou de cruel voire même de complètement fou. Mais d’instinct, lorsque Maxine se sentait perdue c’était vers son époux qu’elle se tournait. Cette fois ci n’échappait pas à la règle. Pour se sentir un peu mieux, pour avoir un peu moins peur, elle avait eu ce besoin de le sentir en elle. Qu’il la possède tout entière pour qu’elle n’ait pas à supporter seule l’horreur à laquelle ils venaient d’assister. S’assurer du désir de Jaden lui certifiait que malgré ce qu’il était en train de se passer, malgré ce qu’ils avaient vécu, rien n’avait changé entre eux. La tête nichée dans son cou, les doigts plongés dans les cheveux mouillés de Jay tandis que son autre main lui labourait la peau avec les ongles, elle se laissa traverser par l’orgasme qui lui contractait les muscles, les sens saturés.

Le corps secoué de frissons, elle rouvrit les yeux sans en avoir réellement envie, la réalité pointant à nouveau le bout de son nez dans sa tête. Mais encore collé contre elle, Jay empêchait qu’elle ne soit encore envahie par la peur. Le soupir de son mari lui arracha un sourire désolé. Ils avaient tous les deux fait des erreurs, ils s’étaient fait du mal et le réalisaient entièrement que sur l’instant. Elle le connaissait, elle avait parfaitement compris et elle espérait qu’il en était de même pour lui. Elle espérait qu’il ressente la douleur qui lui comprimait la poitrine, le cœur trop gros d’amour et de reconnaissance qu’elle était incapable de gérer. Silencieusement, ils avaient fait la paix.

Elle retourna sous le jet d’eau pendant qu’il quittait la douche pour lui laisser toute la place. Elle y resta plusieurs longues minutes, sans bouger, les mains appuyées contre le mur face à elle, les yeux rivés sur le sol alors que ses longues mèches noires qui encadraient son visage dégoulinaient sur le sol. Elle fit le tri. Ses parents, les voisins, les camps de civil, les émeutes, les policiers qui tiraient en pleine rue. Les morts. Les morts qui revenaient à la vie. Elle ne savait pas comment y faire face. Lentement, elle tourna la tête vers la chambre pour observer son mari qui s’affairait à s’habiller. Le bruit régulier de l’eau qui lui tombait sur le crâne et lui ruisselait sur le visage l’enfonça dans ses pensées. Elle ne devait pas être un poids pour Jaden. Il avait beau être tout ce qui se rapprochait le plus d’un héros, elle ne pouvait pas lui imposer de devoir gérer sa mère et sa femme. D’un coup sec comme pour balayer d’un revers de bras ses idées noires, elle leva la tête vers l’eau pour l’avoir en plein visage et s’activa pour s’occuper l’esprit. Une fois propre, elle s’enroula dans une serviette et se sécha les cheveux tout en allant récupérer des vêtements dans la chambre.

En passant à côté de Jay, elle lui adressa un léger levé de sourcil amusé avec un petit sourire puis, face à l’armoire et tournant le dos à son mari, elle laissa tomber sa serviette sur le sol. Un short et un débardeur enfilés, elle se pencha pour récupérer un autre sac de voyage qu’elle posa à ses pieds. Rapidement, elle y jeta ses affaires. Elle recommença dans le même ordre, prenant tous les vêtements que le sac pouvait contenir puis, elle alla ouvrir le placard de la salle de bain pour récupérer brosse à dent neuves et produits neufs qu’elle fourra à l’intérieur. Le sac à la main, elle alla le déposer devant la porte d’Anna après avoir toqué légèrement pour lui signaler qu’elle avait déposé le tout. D’un coup d’œil dans l’escalier, elle aperçut Indiana toujours couchée devant l’entrée, les oreilles levées à l’affut du moindre bruit. Voir que leur chienne était calme la rassura. Si quelqu’un ou…quelque chose devait se présenter devant chez eux, ils seraient alertés tout de suite.

En quelques pas, elle regagna la chambre et sans pouvoir s’en empêcher elle scruta l’extérieur par la fenêtre. Rien, le calme plat, le voisinage semblait désert, tous les habitants devaient être retranchés chez eux comme le martelait les informations télévisées. « C’est comment, un camp de civil ? » Sans quitter l’extérieur du regard elle posa sa question, le ton lourd. Jay avait fait la guerre mais Maxine s’était toujours interdit de lui poser trop de question là-dessus. Les cicatrices qu’il portait un peu partout sur le corps étaient bien assez parlantes de l’horreur qu’il avait du vivre là bas. Elle tourna les talons et contourna le lit pour venir s’y asseoir, baissant le regard vers son mari qui était allongé dans les draps. Il y avait trop de distance entre eux deux alors elle se faufila dans les couvertures pour venir se coller à lui. Ils devaient dormir mais avant ça, elle voulait savoir à quoi s’attendre lorsqu’ils arriveraient dans ce fameux camp.




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Jaden Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Mer 6 Jan 2016 - 1:10


Ses coudes en appui sur ses cuisses, Jaden resta assis, la tête un peu dans les nuages, pendant ce qui lui parut une bonne heure. Ses pensées se bousculaient quelque peu sans orientation précise. Il repensait à ce qu'il avait pu récupérer au cours de la nuit dans ce supermarché qu'il avait allègrement pillé en compagnie d'autres gens, aux affaires qu'il emportait avec lui, à ce qu'il laissait derrière, à sa mère, à Maxine, au moment qu'ils venaient de partager, au petit sourire gêné qu'elle lui avait adressé. Lorsqu'il revint à lui, l'aiguille du réveil sur la table de chevet avait à peine bougé. Il se frotta les yeux et ouvrit le tiroir de la dite table. Sans mettre le nez dedans, il en sortit pourtant, sans aucun mal, une chaîne au bout de laquelle pendait ses plaques d'identification, de son temps dans les marines. Les dernières du moins puisqu'au cours de ces cinq ans de service, il en avait eu au moins trois paires différentes. De toute façon, tout comme l'uniforme, il les avait payées, donc ça lui appartenait. Et s'il ne les portait pas constamment sur lui, l'agent spécial s'en était suffisamment entiché pour les conserver précieusement. Le contact froid du métal contre sa peau le fit légèrement frissonner. Enfiler ses dog tag autour du cou ne lui fit rien de particulier. Pas de sensations étranges, pas de souvenirs remontant à la surface. Ce lui semblait juste... Normal.

Ce fut alors qu'il était en plein contemplation de ces deux plaques d'acier inoxydable que Maxine sortit de la salle de bain. Relevant les yeux vers elle, il la regarda faire, un sourire aux lèvres, tandis qu'elle s'approchait de l'armoire d'une démarche chaloupée. Madame minaudait. Il ne put retenir un léger rire lorsque, tout à fait malencontreusement bien sûr, la serviette qu'elle portait glissa le long de son corps. S'allongeant à moitié sur le lit, Jay ne perdit pas une seule miette du spectacle qui s'offrait à ses yeux. En même temps pouvait-il faire autrement ? Il fallait ajouter que l'endroit dans lequel ils se rendaient n'était pas vraiment propice à ce genre d'activités. Le manque d'intimité, tout ça tout ça.

Le lit était évidemment froid lorsqu'il se glissa sous les draps. Lui, ça ne le dérangeait pas spécialement. Maxine par contre... En homme-bouillote dévoué, Jaden s'installa du côté qu'occupait habituellement sa femme. Il chauffait encore sa place lorsqu'elle revint. Elle n'avait pas besoin de lui dire pour qu'il sente tout le poids de ses inquiétudes lui peser sur les épaules. Lui n'avait qu'à la regarder pour le comprendre.

- Très franchement ? demanda l'homme avant qu'elle ne le rejoigne, plus pour la forme qu'autre chose. Il marqua une pause, le temps de se glisser de quelques centimètres pour lui laisser la place. Un bras sous l'oreiller, l'autre enlaçant Maxine, il continua. Ça ne va pas être une partir de plaisir. Imagine plutôt ça comme un campement militaire pendant un déploiement. On sera loin d'être les seuls à l'intérieur. J'ai aucune idée du nombre de personnes qu'ils comptent accueillir mais tu peux d'ores et déjà imaginer qu'on va clairement manquer d'espace. Jay raffermit son étreinte et noua ses doigts à ceux de son épouse. Faudra pas s'attendre à du grand luxe. Niveau nourriture, on sera très certainement rationné. Dans quelle mesure, j'en ai aucune idée, mais les militaires géreront les réserves avec soin, ça tu peux en être certaine. Y aura le couvre feu aussi. Avec ou sans loi martiale, ils ne nous auraient pas laissés nous balader n'importe quand, n'importe comment de toute façon...

Jaden oubliait des trucs à coup sûr mais quoi ? La fatigue plus le contrecoup de leur exercice physique ne l'aidait pas à faire le tri. Pourtant il en avait vu des camps comme ça. Mieux même, il avait déjà du en monter. Ça avait été l'une des missions de sa compagnie au cours de l'un de ses déploiements. À ce moment-là, il avait fait l'expérience des camps de réfugiés. Mais côté militaire, pas côté civil. Et c'était sans compter ce qu'il se passait dehors et qui ne manquerait pas de compliquer leur vie.

- On verra bien sur place, reprit le blond après quelque secondes d'hésitations. Il faudra qu'on s'adapte, la cohabitation risque de pas être facile, que ça soit avec les forces armées ou avec les civils mais on sera tous logés à la même enseigne alors on aura pas trop le choix. Autre temps de d'arrêt. Jay en profita pour déposer un baiser dans son  cou. Je ferais en sorte que ça se passe du mieux possible pour nous, ça je te le promets, conclut-il avec un sourire, ses lèvres frôlant encore la peau de sa compagne.


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Maxine Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Jeu 7 Jan 2016 - 18:17


Avec un peu de chance, au réveil, les militaires auraient sécurisé toute la zone où se trouvait leur maison. Ils demanderaient certainement des comptes à Jaden puisque après tout, deux cadavres décoraient maintenant leur entrée. Son mari avait tué deux personnes, deux anciens voisins que Maxine connaissait depuis plusieurs années. Si ça ne semblait pas être le cas pour son époux, Maxine elle, commençait à se sentir tiraillée. Il avait tué, sous ses yeux et même si elle savait qu'il avait déjà tué des hommes par le passé, tout devenait affreusement réel. Et après ça, ils n'avaient rien trouvé de mieux que d'aller s'envoyer en l'air dans la douche. Étaient ils de monstres ? En s'installant contre lui, elle se sentit mal à l'aise. Comme s'ils continuaient de mener leur vie alors qu'ils venaient d'assister à l'horreur. Depuis son enfance, Maxine n'avait jamais eu aussi peur qu'au moment où Arthur avait grimpé sur le perron. Comme un enfant apeuré qui se rue sous sa couette pour se protéger du monstre dans le placard, elle s'était ruée dans les bras de son mari pour y trouver du réconfort et cette sensation de protection qu'il lui apportait depuis le premier jour.

Collée contre lui, elle l'écoutait expliquer ce à quoi ressemblait un camp de civil. Mais même dans les explications de Jaden, elle n'arrivait pas à imaginer. Il lui demandait d'imaginer un camp militaire pendant un déploiement. Elle n'avait aucune idée à quoi cela pouvait il bien ressembler. Ses seules références venaient des films qu'elle avait vu ou bien des rares fois où des camps de ce genre étaient montré aux informations télévisées. Ils seraient nombreux, collés les uns aux autres, rationnés, surveillés. Les yeux grands ouvertes en fixant le plafond, Maxine se concentra pour empêcher les larmes de monter à nouveau. Hors de question qu'elle pleure encore une fois mais la description qu'il venait de lui donner n'avait rien d'attrayante. Elle se résigna en poussant un long soupir, ils n'avaient tout simplement pas le choix.
Lorsque Jaden posa ses lèvres dans son cou, Maxine fut surprise par la sensation de froid sur sa peau. Elle savait très bien ce que c'était. Du bout des doigts elle attrapa la chaîne qui pendait maintenant au cou de son mari. Elle n'y était pas quelques minutes plus tôt et elle n'appréciait pas beaucoup de la voir ici. Elle n'aimait pas, vraiment pas ce que tout cela insinuait. Avec ça, il serait facile de savoir qu'il était ancien militaire. Avec ça, il serait très certainement mis à contribution si le pays, gouvernement ou n'importe quoi d'autre décidait de rapatrier tous les militaires et anciens militaires. Ces plaques n'apportaient rien de bon. Elles n'avait jamais rien apporter de bon d'ailleurs. Des cicatrices, voilà bien tout.

Pourtant, lorsqu'elle l'avait rencontré dans le bar, elle avait ressenti cette étrange sensation d'être carrément impressionnée et de trouver ça follement sexy. Dans les faits, une fois l'histoire racontée, ça l'était beaucoup moins. Il ne les portait pas tout le temps puisqu'au début de sa mission d'infiltration, il n'était pas rare que Maxine reste à les observer pendant de longues minutes, assise sur le lit du côté de son mari. Alors définitivement, ces plaques, elle ne les aimait pas du tout. Elle lâcha le métal comme s'il lui brûlait les doigts mais sans en dire un seul mot. Elle hocha la tête avec un peu de retard, elle avait confiance en lui, elle savait pertinemment qu'il ferait son maximum pour qu'il n'arrive rien à sa femme et à sa mère. « On verra bien. » C'était la seule chose qu'elle pouvait répondre à ça. En se redressant sur un coude, elle déposa un bref baiser sur ses lèvres. L'idée de lui faire promettre de refuser d'être réquisitionné lui traversa l'esprit à cet instant. Après tout, il avait déjà donné, d'autres pouvaient bien s'en charger à sa place. Mais finalement, elle se résigna et pinça les lèvres en levant le regard dans le sien. « Il faut dormir. » Souffla-elle en se décollant de lui pour rejoindre son côté. Elle n'avait pas hâte de se réveiller, l'extérieur la pétrifiait d'avance. Elle aurait préféré rester collée tout contre lui mais elle se doutait bien qu'il n'était pas confortable de dormir de cette manière. Du coup, elle trouva une solution alternative. Une main collée sur sa peau, elle restait en contact pour conserver la sensation de protection qu'il lui procurait mais bien plus rapidement qu'elle ne le pensait, elle sombra dans un sommeil mouvementé.


Elle se réveilla au moins cinq fois, ouvrant grand les yeux d'un coup ou tâtonnant les draps pour vérifier que Jaden était encore présent. Elle n'avait aucune idée du temps qu'ils avaient passés à dormir en réalité, elle se sentait encore plus fatiguée que lorsqu'ils avaient décidé de se reposer. Entre chaque réveil, elle ne mettait que quelques secondes pour se rendormir jusqu'à ce qu'autre chose l'extirpe de son sommeil. Les aboiements d'Indiana ne provenaient pas de son rêve. Enfin, en ouvrant les yeux elle ne fut plus très sûre. Est ce qu'elle rêvait encore ? Les aboiements s'entrecoupèrent de grognements. Il fallut quelques secondes pour qu'elle se situe et qu'elle réalise. Indiana était toujours en bas, c'était elle qui aboyait, c'était réel. « Chéri.... » Pas besoin de le secouer ou de lui hurler dessus, Jay avait du se réveiller quelques secondes après elle. Après s'être battue avec les draps pour s'en défaire, Jay lui, était déjà sorti de la chambre d'un pas rapide. Hors de question qu'elle reste à l'étage. Au pas de course, elle dévala les marches en essayant de le rattraper alors qu'il disparaissait de son champ de vision en s'enfonçant vers le salon. Le bruit de la porte de la chambre la stoppa. Anna aussi avait entendu la chienne. En levant une main, elle fit signe à sa belle mère de rester là où se trouvait et d'attendre.

Les aboiements continuaient, pourtant Jaden devait déjà se trouver avec elle à cet instant. Fronçant les sourcils, elle déboula dans le salon et leva les yeux vers la porte. Pas de cri, pas de hurlement, rien. Les yeux grands ouverts, elle observait la baie vitrée qui donnait sur le jardin mais surtout l'homme qui se trouvait de l'autre côté. Un infecté, encore.

Ils s'étaient trompés. Ils n'étaient pas en sécurité.





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Jaden Preston
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MessageSujet: Re: October 20th, 2015.   Sam 9 Jan 2016 - 17:51


Jaden avait passé ses plaques d'identification autour de son cou comme on enfile une paire de chaussettes, sans porter la moindre considération à ce geste, pourtant lourd de sens. Maxine l'avait bien compris elle. À la façon dont elle s'était empressée d'attraper la chaîne, elle avait saisi ce que porter ces plaques impliquait. Et son silence en disait long sur son ressenti : elle désapprouvait. Mettre cette chaîne, c'était comme se désigner comme militaire, comme s'engager de nouveau, rempiler. Être prêt à partir au casse-pipe sur demande. Il ne savait pas vraiment s'il était prêt pour tout ça. Il ne savait même pas si ça serait finalement le cas. Ce qu'il savait en revanche, c'est que si cela garantissait une place pour sa mère et sa femme dans le camp, il signerait sans réfléchir une seule seconde. Que Max soit contre n'aurait rien changé à sa décision. Sans faire de commentaire à ce sujet, elle vint poser un bref baiser sur ses lèvres avant de se mettre en position pour dormir.

Trouver le sommeil fut facile. Ce qu'il se passait avait beau être cauchemardesque, Jay était bien trop fatigué pour tourner en rond dans le lit pendant des heures. La main de sa compagne posée sur son torse, il l'avait recouverte de la sienne, comme si ce simple geste pouvait la protéger toute entière. Ses yeux clos, il s'endormit comme une masse. Ce fut un sommeil sans rêve. Du noir et des formes aux multiples couleurs, ce fut bien tout ce dont il se souvint à son réveil. Ce furent les aboiements d'Indiana qui les extirpèrent l'un comme l'autre du royaume de Morphée. L'ancien Marines n'eut aucun mal à retrouver rapidement ses esprits. S'il aimait encore flâner au lit de temps à autre, entre son passage au camp d'entraînement de San Diego et ses déploiements, Jaden avait appris à sortir de son sommeil en quatrième vitesse. Depuis, comme beaucoup d'autres choses, ça lui était resté. Tandis que Maxine se dépatouillait comme elle pouvait entre les draps, lui avait déjà sauté du lit et s'était précipité hors de la chambre.

Indiana avait été bien dressée. Elle ne mordait pas – ses maîtres en tout cas –, n'aboyait pas dès qu'elle se trouvait seule ou qu'elle croisait un inconnu dans la rue. C'était en revanche un excellent chien de garde qui protégeait son territoire, cette maison, avec une application des plus louables. Son absence, sans doute qu'elle aussi en avait pâti. Ses retours à la maison étaient toujours accueilli avec force joie et demande de câlins. Malgré le temps passé éloigné de la chienne, celle-là aussi Jaden la connaissait. Si elle aboyait, ce n'était pas pour rien. En dévalant les marches, l'agent de la DEA revoyait dans sa tête toutes les options possibles. Il n'y en avait que deux en réalité. Soit quelqu'un avait pénétré dans la maison. Peu probable. Il y aurait plus de boucan que ça. Une fois en bas des escaliers, un coup d’œil vers la porte d'entrée lui confirma que ce n'était pas cette option. Par contre, la présence de l'une de ces choses dans leur jardin, de l'autre côté de la baie vitrée, valida la seconde. Regardant par dessus son épaule, Jay adressa un signe de main aux deux femmes de sa vie pour leur dire de rester en arrière. Lentement, il recula de quelques pas, ne quittant pas la créature des yeux. Qu'est-ce qu'elle venait foutre là ? Étaient-ce les aboiements d'Indiana qui avaient attiré son attention ? Le fait que l'infecté martèle la baie vitrée permettait en tout cas de le penser. Heureusement que le double vitrage était solide.

- Allez-vous habiller, fit l'homme dans un murmure qui n'était pas nécessaire. Je garde un œil sur lui, continua-t-il en désignant l'autre d'un coup de menton. On ne va pas s'attarder ici plus longtemps. Chérie, tu me redescends quelques affaires ?

Sans attendre une réponse de sa part, il s'avança de nouveau et alla récupérer son Five-seveN. L'infecté avait remarqué leur présence de toute façon. Il savait qu'il y avait quelque chose à l'intérieur de cette maison, eux en l’occurrence. Jaden rejoignit leur chienne rapidement, mettant un genou au sol pour la prendre dans ses bras et la calmer. En vain. Indiana ne cessait de grogner. L'attrapant par le collier, il la tira vers l'escalier pour l'éloigner de la vitre. Si c'était bien ses aboiements qui avaient conduit le mort ici, autant éviter d'en rameuter d'autre. L'agent spécial attrapa la laisse d'une main et l'attacha au collier du berger allemand avant de la nouer à l'un des piliers de la rambarde. La gueule de la chienne entre les mains, il tenta tant bien que mal de la rassurer. Agitée, elle jeta plusieurs regards inquiets en direction du salon, de la baie vitrée et de ce qu'il y avait derrière. Quelques couinements plus tard, Maxine et sa mère redescendaient habillées. Sans perdre une seconde, il échangea les affaires que lui tendait son épouse contre le semi-automatique. Jay s'habilla en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire. Il adressa un regard à sa mère avant de le reporter sur l'arme et sur sa femme. Dans un geste que l'ancien soldat voulait rassurant, le trentenaire posa une main sur l'épaule de sa compagne.

- Max, commença le blond. On ne peut pas le laisser là, dit Jaden d'un ton calme et posé en parlant de l'infecté avant de laisser un court silence. J'aimerais que ça soit toi qui le fasses.


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