The Walking Dead RPG

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- Song from a secret garden -
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Charlie Johansson
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MessageSujet: Re: Song from a secret garden   Song from a secret garden - Page 3 EmptySam 2 Jan 2021 - 21:43
Oui.
Trois lettres. Une minuscule petite syllabe qui se répète et devient un écho entêtant dans les méandres de ma conscience, laissant apparaître un sourire presque imperceptible mais bien là et quelque peu mystérieux. Je ne suis pas la première. Je fais partie de ce schéma qu'elle a mis en place, de ce mode opératoire, de cette pensée qui se veut presque créative. Elle en a tué beaucoup. Mais combien ? Dix ? Vingt ? Cinquante ? Seulement des proies faciles comme moi ou a-t-elle eu parfois le goût du risque ? Tant de questions qui me brûlent les lèvres mais que je n'ose pas poser. Ça ne me ressemble pas, moi qui laisse les mots m'échapper sans trop les réfléchir auparavant. Mais la jeune femme n'est pas n'importe qui. Elle fait partie de ce cercle en dehors du cercle de la normalité, de ces électrons libres qui gravitent dans sa circonférence sans jamais lui appartenir. Elle est ce gène déficient d'une société décadente qui ne se rend même pas compte qu'elle l'est. Ce reflet inversé du miroir, identique à la vision que l'on a de nous-mêmes et pourtant si différent. Elle est comme moi. Une autre version, plus agressive, plus malsaine encore, mais qui me ressemble étrangement plus que tous les individus que j'ai pu rencontrer.

Au moins accède-t-elle à ma demande et revient avec de l'eau. Je grimace légèrement quand elle passe la serviette là où le coup a fait céder mon arcade mais me sens soulagée de savoir que le sang quitte ma peau. J’entrouvre la bouche comme pour vérifier que le liquide déjà coagulé ne me tiraille plus le bas de la joue et secoue la tête, doucement cette fois-ci, pour écarter les mèches à présent mouillées qui me barraient une partie de la vue.

La détaillant de longues secondes, je sursaute quand ses doigts se posent sur ma gorge et ressens des frissons me parcourir la peau, me donnant la chair de poule. Je sens mon cœur s'emballer sans savoir si c'est la peur qui le fait réagir ou si je ressens une légère...excitation ? Il y a trop de pensées qui s'entrechoquent dans ma tête pour que je puisse me raccrocher à une seule et prendre le temps d'analyser toutes les sensations, tous les faits. La logique n'a pas sa place, même la mienne. Le pragmatisme non plus. Ma respiration s'accélère elle aussi, conséquence de mon rythme cardiaque qui augmente et je ne peux toujours pas détacher mes yeux de sa personne. J'aimerais la toucher, juste pour m'assurer qu'elle est réelle et que mon esprit ne me joue pas des tours. Elle ne peut pas me tuer. Elle est comme moi. Elle me ressemble. Si je meurs, elle n'aura plus personne. « Tu ne peux pas me tuer... » Ce n'est pas une supplique, ni une demande, mais encore une fois une simple constatation. Comment puis-je être la seule à m'en rendre compte ? Pourquoi Apple ne le voit pas ? « Si tu me tues, tu seras toute seule... toute seule dans ta folie... » C'est pourtant évident non ?

Mais il y a toujours une chose qui m'échappe. Elle ne semble pas vouloir me faire souffrir, la douceur de ses gestes pour me nettoyer l'a prouvé. Elle ne semble pas prendre un plaisir pervers à cela. Elle a fui mon regard, le fuit encore dès qu'elle le peut, comme si elle avait honte de faire ce qu'elle fait. Pourquoi me saigner rapidement si la simple extase du meurtre est son moteur ? Mes yeux se portent sur la bassine, sur la table plus loin qui m'a rappelé les chasseurs s'occupant des cerfs que j'ai connu dans ma première communauté. Les couteaux, et en particulier la feuille de boucher me saute à présent aux yeux. Mon regard à nouveau sur elle, mes sourcils se froncent et je passe outre la douleur que l'un d'eux provoque. « Tu ne veux pas me tuer juste pour le plaisir... » C'est un murmure, une pensée révélée à haut voix mais soufflée comme un aveu intime. Je n'ose pas dire ce que je viens de comprendre.

Elle a faim.

C'est ce qu'elle a dit plus tôt sur le chemin. Elle n'avait que de la nourriture pour lapin. Et les baies ramassées. Et moi...
Et bien qu'une partie de moi commence réellement à s'inquiéter de ce qu'elle pourrait me faire, de ce qui pourrait m'arriver, je ne peux m'empêcher de lui demander... « Quel goût ça a ? »


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Apple J. Autumn
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MessageSujet: Re: Song from a secret garden   Song from a secret garden - Page 3 EmptyDim 3 Jan 2021 - 22:24
La trentenaire se figea soudainement, comme si sa proie venait de lui coller une gifle. Ses sourcils se froncèrent, ses lèvres charnues esquissèrent une moue mi-offusquée, mi surprise. Elle cessa immédiatement son travail de nettoyage, quasi-terminé, et posa le bol ainsi que le chiffon au sol. Pendant de longues secondes, elle dévisagea Charlie avant de lui claquer sèchement :

- Je suis pas folle.

Apple se leva, tournant brièvement le dos à la victime, expirant bruyamment. Les gens ne comprenaient pas. Tout ce qui n’entrait pas dans le moule du « conventionnel » était vu comme une déviance de toute façon. C’était ainsi que les grandes dictats de leur monde passé survivaient, n’est-ce pas ? Pas de tolérance, pas de demi-mesure, seulement des jugements hâtifs.

Pour calmer la contrariété qui montait, elle attrapa sa feuille de boucher et commença à l’aiguiser aussi. Elle allait en avoir besoin pour facilement débiter la jeune femme en plusieurs parts. Comme tous les gibiers, l’humain était plus facile à travailler une fois morcelé. Après le large et singulier couteau, elle s’occuperait d’une lame plus courte, qu’elle utilisait pour ouvrir soigneusement les entrailles. Le foie était généralement une valeur sûre question gustatif, pourvu qu’elle ne tombe pas sur un survivant qui avait abusé de certaines substances. Dans ces cas-là, il restait le cœur, les abats ou le cerveau. Autant de mets délicieux quand on savait les préparer… délicieux et nourrissants.

La voix de Charlie se glissa entre les chuintements métalliques. Apple s’interrompit mais n’envisageait pas de lui répondre tout de suite. Elle s’attendait encore à ce que sa cadette lui balance le genre d’ineptie qu’elle avait l’habitude d’entendre à la figure sauf que… elle s’intéressait ? Un léger froncement fléchit les sourcils de la community manager, qui consentit finalement à articuler :

-Ça a le goût de chair humaine, c’était évident pourtant, non ? Chaque animal avait sa propre saveur ; c’était notre cerveau, quand il ne savait pas identifier un plat, qui faisait des rapprochements, car il avait besoin de tout nommer, quand tu n’as pas l’habitude… ça peut ressembler au porc, au sanglier ou même au cerf, précisa-t-elle d’une voix sombre mais posée, à la longue, tu finis par ressentir les particularités.

Apple s’arrêta là mais revint se planter juste devant Charlie. Le fusil dans une main, la feuille dans l’autre. Elle pouvait aisément fendre le crâne de sa proie d’un coup, ou trancher dans un membre, mais elle n’en fit évidemment rien.

- Je ne suis pas folle. J’assure ma survie.

Comme les autres. Comme ceux qui tuent pour voler du paracétamol, ceux qui massacrent pour des légumes, ceux qui exécutent pour punir un vol, ceux qui brûlent pour intimider. Chasser pour se nourrir ne devrait pas classer quelqu’un dans la catégorie des déments.


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Le sang colle autant de fois que tu y vas, délivre-toi de ce poids avec tes doigts ♫ Tu ne t'arrêteras pas ♪ Telle est cette loi, je la connais : c'est celle que tu bois et c'est celle qui te noie, pour la dernière fois ♫ Succube externe dévisse, éventre, desserre pots, paquets, couvercles ♫ Il ne choisit pas, il les aime tous, voilà, il a faim d'avoir faim l'outremangeur ♪
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Charlie Johansson
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MessageSujet: Re: Song from a secret garden   Song from a secret garden - Page 3 EmptyLun 4 Jan 2021 - 12:24
Erreur possiblement fatale.
Pourtant, je le sais, pour l'avoir vécu presque quotidiennement, ce besoin de ne pas se sentir différente, de rejeter catégoriquement certains qualificatifs utilisés pour me décrire. De ceux que j'exècre. Bizarre. Loufoque. Autiste. Jamais folle ceci dit. Parce que je n'ai jamais montré une once de violence. Non pas que je n'ai jamais eu envie de planter ma fourchette dans la main de mon ''frère'' ou de ma ''sœur'' quand ils tentaient de me blesser par leurs mots acides mais Joan ne l'aurait pas permis. Elle m'aurait renvoyé voir cet escroc de psy, le même qui m'a suivi après mon placement. Pantin docile qu'il a été si facile de berner, lui professionnel de toutes les anomalies de ma petite boîte crânienne.
Il y avait eu l'école aussi. Combien de fois ai-je imaginer écraser violemment un nez contre une table quand une moquerie m'atteignait plus qu'une autre, déléguant difficilement le geste à la pseudo autorité d'un professeur. Je suis toujours restée sage. Ne pas faire de vague, c'est ce que m'a toujours soufflé cette sage petite voix à l'oreille. Ne pas attirer les regards sur soi.

Conseils avisés qui m'ont amené jusqu'ici, dans cette cave, vexant le bourreau qui continue d'aiguiser ses instruments de mort. Et quand elle revient, se plantant face à moi de toute sa hauteur, l'arme dans une main et le fusil dans l'autre, je ne peux empêcher un frisson, cette fois-ci d'inquiétude, de faire se hérisser les poils sur ma peau. Il suffirait d'un geste, rapide, et je ne serai plus. Je devrais lui demander de me libérer, tenter de la convaincre de ne pas faire ça, de me laisser partir, lui assurer que je garderai son secret. C'est ce que font toutes ces idiotes dans les films sur le sujet que l'on m'a forcé à regarder avant tout ça.  « Moi non plus je n'aime pas ce genre de qualificatifs... » Je comprenais et me sentais mal d'être devenue comme les imbéciles qui me les ont lancé mille fois au visage.

Pourtant, je ne peux être en parfait accord avec elle. La détaillant sans ciller, mes yeux courant entre les siens et ce qu'elle tient en main. « Mais tu avais le choix... » Ne pouvant me redresser à cause des liens, je me contorsionne comme je peux afin de trouver une position plus confortable, en tout cas moins pire que celle-ci. « Tu aurais pu me demander de la nourriture, tout simplement. Je t'en aurais apporté. » Mais ce n'est pas ce qui s'était passé. « Mais tu as choisi de me frapper, de m'assommer, de me traîner jusqu'ici par je ne sais trop quel moyen, de m'attacher et... » Mon regard se perd sur la table, sur son set de couteaux, sur la bassine non loin de moi. Je repenser à tous les détails que Appel a laissé échapper tout à l'heure sur ma demande. « Tu as un modus operandi... » J'étais convaincue qu'elle avait toujours les mêmes gestes et dans un ordre précis. Ritualiser ce genre de choses, tenter de lui donner un sens qu'elle seule comprenait en blâmant les autres de ne pas le faire, ça avait tout des déviances de la plupart des gens... particuliers. « Tu as choisi de faire ce que tu fais. » D'autres options auraient pu rentrer en ligne de compte, mais c'était celle-ci qui en était ressortie. « Tu es donc... particulière... » C'était sans doute mieux que folle. « C'est pas grave, je suis particulière aussi... » Pas de la même façon. Du moins, je n'avais jamais ressenti le besoin de glisser vers cette voie. Disons que tuer un autre être humain ne me posait guère de soucis, j'avais expérimenté la chose récemment et force est de constater que ça ne m'avait pas affecté le moins du monde. Les autres avaient pris mon silence pour de la culpabilité quant à mon geste alors qu'il n'avait révélé que le trouble de ma non affectation. Ça avait été aussi simple que ça. Un coup, sec. Le sang. Et puis plus rien. Il était mort, j'étais en vie. Point.


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Apple J. Autumn
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MessageSujet: Re: Song from a secret garden   Song from a secret garden - Page 3 EmptyLun 4 Jan 2021 - 15:07
Maigre consolation que la jeune femme lui dise qu’elle n’aimait pas non plus être traitée de folle. Les mots ne se reprenaient pas si facilement. Surtout quand ils s’accompagnaient de cette… leçon de morale ? Comme quoi elle avait le choix, comme quoi elle aurait pu lui demander à manger. Oui, elle aurait pu. Et Charlie l’aurait-elle fait ? Rien n’était moins sûr. Elle croyait quoi, qu’Apple n’avait jamais essayé de faire confiance à d’autres personnes ? Qu’il ne fut pas un temps où elle avait voulu avoir foi en l’humain ?

Mais voilà, l’Homme était une bête. Un prédateur pour lui-même. Il l’était déjà autrefois, avant que les morts ne marchent, par toute la méchanceté social dont il était capable. La vie était une jungle, seuls les fauves s’en sortaient. Et ce discours là que servait la blondinette, c’était celui d’une proie acculée. Un mince sourire s’esquissa sur les lèvres de la trentenaire qui ne répondit rien de plus. Une expression légèrement carnassière. Qu’importe son jugement, elle l’emporterait avec elle dans la tombe.

Une chose toutefois attisa l’intérêt d’Apple : le fait que sa victime ait dit être « particulière ». Ou plutôt, la façon avec laquelle elle l’avait dit. Car il n’y avait toujours pas de cri, ni de tentative désespérée de s’échapper, ni de menace d’aucune sorte, ni de souhait de damnation. Sa cadette discutait, comme s’il était prévu qu’elle se sorte de là, qu’elle puisse rentrer chez elle avec le souvenir de cette entrevue singulière.

- Ah oui ? La community manager s’agenouilla à nouveau face à Charlie, les yeux plantés dans les siens, et comment ça ?

Elle préférait largement ce terme, car il la détachait de la masse globale. Il y avait ces humains stupides d’une part et elle, de l’autre. De tout temps, la trentenaire s’était sentie différente. Depuis son adolescence sous l’égide de son grand frère, jusqu’à son épanouissement en tant que reine de la répartie virtuelle. Sa curiosité naturelle l’emportait alors sur la faim et sur la raison, qui la poussaient pourtant à abréger cet échange.

- Qu’est-ce qui te fait croire qu’on se ressemble, toi et moi ? Demanda-t-elle d’une voix rauque.


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Charlie Johansson
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MessageSujet: Re: Song from a secret garden   Song from a secret garden - Page 3 EmptyLun 4 Jan 2021 - 18:39
De nouveau agenouillée face à moi, j'ai au moins réussi à capter son attention et son intérêt. J'ai encore tous mes membres, et ma tête tient sur mes épaules, deux points positifs à toute cette situation macabre. Et ça me tue qu'elle ne le voit pas, qu'elle ne sente pas ce lien insidieux et malsain qui est en train de se tisser lentement entre nous. Comme deux électrons libres qui se percutent. De l'anti-matière qui rencontre une surface et délivre la plus mortelle des explosions. Trop focalisée sur ce qui nous différencie, trop occupée à se détacher de moi pour ne voir que sa proie, elle est aveugle.
Les yeux toujours dans les siens, sans ciller, clignant des paupières au minimum, je cherche mes mots. J'ai passé ma vie à cacher cette partie de moi au commun des mortels et force est de constater qu'il n'est si aisé d'expliquer tous les aspects de ce secret si bien gardé. Le dévoiler ne me semble pas naturel, et la petite voix dans ma tête me souffle la prudence, la pudeur. Mais je n'ai que cette carte en mains. « J'ai tué un homme il y a quelques temps. Pour la première fois. » Autant commencer par la fin et défier toute logique. La situation entière en manque de toute façon. « Pour les autres, c'était de la légitime défense. Ça ne l'était pas. J'aurais pu choisir de m'enfuir, de ne pas m'impliquer. J'ai choisi de lui planter mon couteau dans la gorge. Comme ça. J'avoue que je n'ai pas aimé le sang, je n'ai jamais aimé ça. Mais c'est tout ce qui m'a dérangé. Mon geste, sa tentative vaine de porter sa main à sa gorge pour stopper le flot de sang, son regard alors qu'il comprenait qu'il était perdu. Ça ne m'a rien fait. Absolument rien. »

Ce prologue n'est que le tremplin pour tenter de résumer que cet événement n'est en rien un cas à part. « Comme la plupart des choses ne me font absolument rien. Je ne dis pas que je ne ressens rien. Je dis juste que je ressens moins. Le genre humain dans son entièreté est une énigme de tous les instants. Les gens sont si... compliqués, et futiles. Leur joie, leur peine, leur souffrance, leur amour... tout ça n'a aucun sens pour moi. Je ne fais que les copier, et je joue mon rôle à la perfection. » C'était ma façon de survivre aujourd'hui comme ça avait été ma façon de me fondre dans la masse par le passé. « Et ça n'a rien à voir avec cette fin du monde. Je n'ai jamais été comme les autres. Tout comme je suis sûre que tu ne l'as jamais été. » On ne devenait pas comme elle du jour au lendemain, il fallait que ça ait déraillé bien avant. Sans forcément s'en rendre compte, mais les faits étaient là. Je n'ai jamais parlé autant de ma vie. Mais je n'ai jamais été dans cette situation et n'ai jamais rencontré quelqu'un comme elle avant. « Si je t'ai proposé mon aide à notre rencontre c'est seulement parce que ceux avec qui je vis t'auraient aidé. La vérité ? Je me fichais que tu vives ou que tu meurs. Tu aurais pu t'écrouler devant moi que ça m'aurait fait ni chaud ni froid. J'aurais pris tes armes, je t'aurais enjambé et j'aurais continué mon chemin. Parce que je pensais que tu étais comme tous ces imbéciles. Que tu étais comme tous les autres. » Mais ce n'était pas le cas. Elle était à part. Spéciale. Pas exactement comme moi, certes. Je n'avais jamais eu à tuer une autre personne que ce type, je n'avais jamais eu à manger un autre être humain, à mettre au point des techniques aussi sordides pour survivre.

« Mais tu es spéciale. » Je souffle ces mots avec une espèce de fascination malsaine. « Tu peux me tuer. Me manger. Mais dans quelques jours, tu auras de nouveau faim. Et tu devras chercher une autre proie. C'est l'hiver, les survivants se font rares en extérieur. Surtout seuls. » C'était une réalité et je ne faisais que lui exposer les faits. « Ou tu peux me laisser, et je m'occuperai de t'apporter de la nourriture. Les gens avec qui je vis ne sont pas difficiles à berner. Et ils ne se méfient pas du petit oiseau blessé qu'ils ont récupéré il y a quelques mois. » Quelque part, je crois que ça me gêne un peu de les réduire à ça, mais pas autant que l'idée de mourir ici de cette façon. « Tu ne comprends pas ? » Tant bien que mal, avec toute la force qui me reste, c'est à dire peu, je me contorsionne pour lui faire face, semi allongée sur l'un des côtés de mon corps, me rapprochant d'elle pour être presque à sa hauteur. « Tu n'es plus obligée d'être seule dans ce monde. » C'était impossible qu'elle ne le voit pas. Comment faisait-elle pour ne pas le voir. « On peut être seule à deux. » Un souffle, un murmure, portée par une folie que je ne soupçonnais pas aussi profonde, aussi ancrée dans le malsain.


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Apple J. Autumn
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MessageSujet: Re: Song from a secret garden   Song from a secret garden - Page 3 EmptyLun 4 Jan 2021 - 21:03
Seuls quelques tics nerveux agitaient les lèvres d’Apple alors qu’elle écoutait la longue tirade de sa captive. Ses mots entraient en collision dans son crâne, provoquaient un carambolage de pensées, de ressentis et d’opinions. Une part d’elle ne pouvait s’empêcher de penser que toutes ces belles paroles ne servaient qu’à cacher une criminelle égoïste de plus, comme ceux qui pullulaient sur les routes. Mais en même temps, il y avait effectivement quelque chose d’étrange dans le débit clair de Charlie. Quelque chose de dérangeant, de captivant, d’hypnotique. Son désintérêt pour l’espèce humaine en faisait une proie de choix – puisque la blondinette la laisserait mourir sans sourciller au bord de la route – mais il les rapprochait aussi. Néanmoins, voilà que sa cadette terminait en essayant de négocier sa liberté. Bien sûr. Un soupir lui échappa et elle secoua légèrement la tête, négativement.

- Je pourrais aussi… te tuer, te découper, te vider, te mettre dans des petites boites, lista la brunette sur un ton monocorde qui sourdait une démence latente, en hiver, la viande se conserve plus facile, alors elle en tirerait quelques jours, peut-être une bonne semaine en se rationnant correctement, ensuite… je chercherai les gens avec qui tu vis… je finirai bien par les trouver aussi, à imaginer comment m’y prendre et à en attraper un ou deux, comme je t’ai attrapé toi.

Voilà son programme, probablement plus fiable que la parole d’une fille « spéciale » qui affirmait être capable de la laisser crever la bouche ouverte. Ça signifiait donc aussi que Charlie pourrait tout aussi bien au mieux, ne jamais revenir et au pire, rameuter une bande pour la mettre au bûcher. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras comme on disait... en ne faisant confiance qu’à elle-même, la trentenaire n’avait pas de chance d’être déçu au moins.

- Je suis bien toute seule. Je n’ai pas besoin d’être « seule à deux », lâcha-t-elle sèchement.

Sur ces mots, elle se leva, posa la feuille de boucher et le fusil sur la table pliante, puis remonta à l’étage. Ici, l’air était plus respirable. Moins chargé en poussière, moins parfumé à l’humidité. Apple poussa un long soupir, regarda dans son dos, comme si sa proie se trouverait en bas de l’escalier, puis se résigner à poursuivre ce pour quoi elle était là. Trouver tous les meubles en bois qui pourraient alimenter un feu. Chaises, bibelots, lattes de lit, n’importe quoi de mieux que les branches mouillées de l’extérieur.

Pourtant, au plus elle fouinait, au plus elle repensait à ce que lui avait dit Charlie. Pas tellement le fond encore une fois, mais la forme. Son calme étonnant, son timbre quasi intime, son regard curieux. Cette fille lui faisait un drôle d’effet. Un effet terrifiant. Une part de la community manager voulait en finir vite, ne pas s’éterniser en compagnie de sa cadette, qui véhiculait une forme d’étrangeté contagieuse. Une autre était prise d’un élan d’intérêt pour elle et espérait sincèrement que le temps s’arrête ; qu’elles discutent ainsi pour toujours. L’une captive, l’autre libre, toutes les deux en aparté d’un monde qui n’était pas fait pour elles.

D’un geste rageur, son pied écrasa une troisième vieille chaise en bois et elle se figea en observant les débris. Le souffle court, cheveux sale en bataille ruisselant devant son regard et sur ses épaules blanches, Apple fixait le néant. Elle repensait à cette famille dans la caravane, puis à leur fille Sarah. Ils étaient comme un pied bloqué dans la porte supposée couper son cœur du reste du monde. A quel moment le gibier humain était-il devenu sa première option ? A quel moment s’était-elle perdue à ce point ? Où étaient ses repères ? Où étaient ses limites ? Apple râla pour elle-même et abandonna son chantier pour redescendre à la cave. Charlie était toujours là. Comment aurait-il pu en être autrement ?

- Pourquoi tu ne m’as pas proposé de venir chez toi ? Demanda la trentenaire de but-en-blanc, tu dis que tu pourrais voler de la nourriture pour moi… ce qui te donne surtout l’occasion de te tirer et de m’arnaquer. Mais tu pourrais aussi m’amener chez ces gens.

Elle ne savait pas bien si c’était une question ou une requête, mais elle avait faim. Elle avait tellement faim.


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Charlie Johansson
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MessageSujet: Re: Song from a secret garden   Song from a secret garden - Page 3 EmptyLun 4 Jan 2021 - 21:42
Les menaces glissent sur moi sans m'atteindre et bien que je visualise dans les moindres détails la mort qui se profile à l'horizon, je ne peux empêcher cette étincelle de plaisir malsain de briller dans mes prunelles foncées. Ce n'est que lorsque mon bourreau insinue qu'elle pourrait s'en prendre à mes sauveurs que mon cœur rate quelques battements. Je ne comprends pas pourquoi mais cette idée me dérange. Ça ne devrait pas. Je ne fais que les utiliser depuis le début pour ma survie, pour ce qu'ils ont à offrir, pour la facilité que cela m'apporte sans trop d'efforts autre qu'une gentillesse feinte et des sourires faux. Pourtant, quand je repense à la sécurité que m'apporte le calme olympien de Matias, quand je vois presque devant mes yeux, perdus un instant dans le vague, le merveilleux sourire de Hazel, quand la chevelure de feu de Allegra danse dans ma tête, je déglutis difficilement en les imaginant morts, égorgés et taillés en place.
Je chasse pourtant bien vite ces pensées pour me concentrer de nouveau sur Apple. Je n'ai pas le temps de m'interroger sur mes réelles motivations les concernant. Ça a toujours été moi avant les autres. Mieux valait eux que moi après tout non ? « Tu pourrais... » Et c'est sur un ton qui trahit ma déception que je souffle ces aveux.

Non, elle ne le voit pas. Ce lien invisible qui nous unit. L'acidité dans sa voix me le prouve alors qu'elle se redresse et monte à l'étage. J'expire, de soulagement cette fois. Au moins elle ne m'a pas tué. Ce qui veut dire qu'elle réfléchit à d'autres options. Je suis frustrée. Qu'elle soit à ce point aveugle. Qu'elle ne mesure pas la chance que nous avons de nous êtres trouvées. Trop obsédée par son objectif, par la voie qu'elle a tracé et de laquelle elle refuse de dévier. C'est absurde.

La solitude forcée à laquelle la jeune femme me contraint me force à me concentrer à nouveau sur la douleur. Les douleurs. Je commence à avoir des crampes de par la position plus qu'inconfortable dans laquelle je suis. Maintenant que mon esprit est revenu s'ancrer pleinement dans la réalité, je peux sentir des écorchures me brûler à l'arrière des mollets, des cuisses, et du dos. J'ai du être traînée, forcément. Je ne suis pas lourde mais son gabarit l'aura empêché de me porter … où exactement ? Suis-je loin de la maison ? Suis-je loin de n'importe quel point connu ? Suffisamment éloignée pour qu'on ne m'entende pas crier.
À l'étage, j'entends qu'elle s'acharne sur des meubles et les entends voler en éclat, sentant ma tête devenir lourde. Ma tempe recommence à taper dans un rythme régulier qui me berce presque et mes paupières deviennent lourdes à mesure que les secondes s'égrènent. J'ai sommeil. Pourquoi j'ai autant sommeil....

Ses pas dans les escaliers me font sortir de ma torpeur alors que je me suis recalée le dos contre un meuble. Difficilement, je reprends à nouveau pied dans la réalité au moment où sa voix brise le silence oppressant de cet endroit. « Je ne suis pas stupide, tu risquerais de les tuer. » Est-ce que ça me dérange tant que ça ? Un peu. Parce que je tiens à eux ? Non. « Que ce soit clair, plutôt eux que moi mais... ils m'ont sauvé. On m'a abandonné malade sur le bord d'une route comme un chien et ils m'ont sauvé. » Je déglutis, cherchant ma salive presque absente et qui rend ma bouche pâteuse. « Je ne crois pas à beaucoup de choses en ce monde mais j'ai une dette envers eux. Je leur dois ma vie. Tant que je ne l'ai pas payé, je ne risquerai pas la leur. Je peux leur mentir, les utiliser, mais je ne prendrai pas le risque de te conduire à eux pour que tu les vides comme des porcs. » Quant à notre rencontre... « Tu étais une étrangère, et rien ne me prouvait que tu disais vrai. Tu aurais pu appartenir à un groupe. J'ai vu ce que certains faisaient. » D'ailleurs, elle n'avait pas vraiment dit vrai. Et on en revenait à ma première justification et tout ce que j'avais dit précédemment.

Je m'étais désintéressée d'elle dès les premiers instants et n'avais aucune raison de l'aider quand nous nous sommes rencontrées. Maintenant, je pensais réellement ce que je disais. Je m'occuperai d'elle. Je m'étais déjà occupée du chien de ma voisine, ça ne devait pas être si différent. Parce qu'elle était comme moi. Différemment comme moi. Je lutte pour rester pleinement consciente, sentant le sang couler à nouveau de mon arcade à ma joue dans un flux régulier. « Et si tu penses que je vais t'arnaquer, c'est que tu ne le vois pas. Que tu ne le sens pas... » Je cligne des yeux pour rester ici, mais ma vision devient à nouveau floue et ma tête devient lourde, incroyablement lourde...


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