The Walking Dead RPG

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- Des mots pour panser les maux. [Zelda] -
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Zelda Anderson
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MessageSujet: Re: Des mots pour panser les maux. [Zelda]   Des mots pour panser les maux. [Zelda] - Page 2 EmptySam 5 Déc 2020 - 5:37
« Eh ouais ! »
Misha risque effectivement de péter un câble mais ça, franchement, c'est presque la cerise sur le gâteau ! Embêter la rouquine de toutes les manières possibles, c'est devenu un peu le sport préféré de Zelda. Et si on considère qu'elle est peut-être la dernière australienne survivante, il se pourrait même que ce soit devenu le nouveau sport national de son pays d'origine. L'idée lui plaît bien, en tout cas, à l'adolescente. « C'est tout l'intérêt du truc ! » plaisante-t-elle, tapotant sa tempe comme si elle avait anticipé ce dommage collatéral. Au final, elle, elle voulait surtout du chocolat. Mais si on peut joindre l'utile à l'agréable...

« Mouais... » finit-elle par approuver quand, quelques secondes plus tard, son amie n'hésite pas de son côté à comparer Buckingham Palace et leur résidence d'hiver d'un jour. « Ca manque quand même de majordomes, j'trouve ! » Ca, vraiment, ce serait le pied ! Mais elles perdraient alors de leur simplicité, finiraient par devenir de vieilles connes aigries coupées des réalités du peuple. Être que les deux, c'est bien aussi ! C'est même mieux ! En fait, quand elle y pense, Zelda se dit que c'est même mieux que tout !

Et les voici donc coupées du reste de cette chambre qui, fait amusant, est également coupée du reste de la maison. Un refuge dans un refuge ! « Refugeception ! » commente-t-elle d'ailleurs pour elle-même avant de se pencher sur leur emploi du temps. Très vite, elles en arrivent à la même conclusion : « Clairement, ouais ! On bannit l'exercice physique ! » Les efforts sont utiles et même nécessaires. Mais pas aujourd'hui ! « J'espérais que t'allais dire ça ! » soupire-t-elle, soulagée, lorsque la reine opte pour le jeu des confidences. Clairement, on ne va pas se mentir, c'est le genre d'activité parfaite pour deux ados. Et puis à chaque fois qu'elless'y adonnent, elles parviennent encore à apprendre des choses inédites sur l'autre. Elles complètent leur complicité comme on peut compléter un puzzle : en y plaçant simplement les dernières pièces.

« Mmh... » L'australienne lâche un râle de satisfaction tandis que le chocolat fond dans sa bouche, à la fois lentement et bien trop vite. Elle ferme les yeux, essaie de disséquer et de sauvegarder chaque once de saveur. « Hein ? » Elle les rouvre bien vite ses yeux, Zelda, quand Kassy se met à parler gobelin. Elle réprime un rire, se force à avaler le reste du met délicat qu'elle a dans la bouche avant d'en projeter partout dans leur château à peine érigé. « Action ou vérité, c'est ça ? » insiste-t-elle, désireuse d'avoir le fin mot de l'histoire. « Grave ! » Bien sûr qu'elle est partante !

Et puis il y a cette petite cerise sur le gâteau, ce moment où son amie lui annonce qu'elle a une surprise. Inutile de préciser que le regard de l'australienne suit avec attention cette main que celle-ci glisse dans la poche de son pyjama. Des bonbons ! Et pas n'importe lesquels s'il-vous-plaît : des dragées de Bertie Crochue ! « Mais nooooooon !! » s'enthousiasme-t-elle. « T'as trouvé ça où ? C'est collector ces trucs-là ! » Et elle ne pensait pas en remanger un jour, à vrai dire. Quant au fait qu'elles soient possiblement périmées... « Bah... Au pire on s'ra malades ? » Il y a un instant de silence puis un concert de rires. Considérant leur situation, une indigestion ressemble surtout à un petit écueil. Non, elles ne sont plus à ça près !

« Bonne idée ! » approuve-t-elle lorsque l'américaine lui propose d'utiliser les bonbons pour définir celle des deux qui devra se livrer à des confidences. « Et on est obligées d'manger la dragée, d'accord ? Si on la recrache alors on doit avouer deux trucs gênants ! » Deal ? Deal ! Les règles étant posées, il ne reste plus qu'à jouer. Et lorsqu'une grimace se dessine sur le visage de l'australienne et qu'un air de dégoût s'y greffe, la perdante semble être toute désignée. « Ah putain c'est immonde ! » Elle doit faire de sacrés efforts, là, Zelda, pour ne pas recracher son bonbon. Mais en se pinçant le nez, elle parvient tant bien que mal à l'avaler.

Un truc gênant, humiliant ou chiant, donc ? « Attends, faut qu'je réfléchisse ! » Et lorsque un joli teinte rosée commence à s'installer sur ses joues, il semble évident qu'elle a trouvé quelque chose à avouer. « Bon ! Y'a quelques semaines j'étais chez Roza et... J'l'ai surprise en train d'embrasser Jill dans l'garage ! Du coup, bon, j'avais rien d'mieux à faire et j'les ai un peu... comment dire ça... espionnées ? Pour ma culture générale, quoi ! Seulement... » Son regard se fait fuyant et sa prose, hésitante. « Ben disons qu'ça m'a un peu... un peu... » Elle espère que Kassy sera aussi perspicace que d'ordinaire pour lire entre les lignes parce que le mot qui pourrait traduire avec justesse l'état dans lequel elle se trouvait, elle refuse de le prononcer. Il fait partie de ces termes bannis, défiant la pudeur et jugés peut-être trop intimes pour être partagés avec quelqu'un d'autre que soi-même. « J'étais... » Non, là, clairement, elle n'arrivera pas à le dire. « Enfin bref, t'as... compris ? » Ses joues ont viré au rouge cette fois-ci et son regard est résolument rivé sur le paquet de bonbons. Si le but c'était d'être gênée alors là, oui, clairement, c'est réussi !


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MessageSujet: Re: Des mots pour panser les maux. [Zelda]   Des mots pour panser les maux. [Zelda] - Page 2 EmptySam 5 Déc 2020 - 17:04
Leur cabane est jolie, magnifique même. Elle lui rappelle celles qu’elle avait l’habitude de construire lorsqu’elle était plus jeune, lorsque la vie lui permettait encore de vivre comme une gamine insouciante qui ne voulait faire que s’amuser à longueur de temps. Peut-être qu’elle y va fort en la comparant à Buckingham Palace... mais à ses yeux, cette cabane improvisée est plus jolie que n’importe quel monument. « Les mecs avec les grosses tours noires sur la tête, là ? » Les yeux écarquillés, elle se demande sans grand intérêt si ce serait mieux pour elles ou non. La protection dont elles ont tant besoin, elles l’ont déjà via Clayton, via Zelda qui a été entraînée à ça et qui est certainement plus apte que certains adultes à prendre soin d’eux-mêmes. Puis elle pense à cette intimité qu’on leur volerait, à tous ces trucs qu’elles seraient obligées de dire tout bas pour pas qu’ils aillent cafter. Nan, peut-être qu’elles sont mieux, rien que toutes les deux.

Elles n’ont encore rien planifié, mais ça n’a pas tant d’importance puisqu’à tous les coups, elle trouveront le moyen de s’occuper comme il le faut. Elles s’amusent, riront, referont le monde comme le feraient des adolescentes coincées dans un monde d’adulte comme le leur. Inutile de se lancer dans une série d’exercices physiques étant donné l’état de son poignet, elles décident de passer au-delà et de ne se contenter que de jeux de discussions, ou du moins, que d’activités qui leur permettront de s’amuser sans se faire mal. Et pourtant, ça l’aurait pas bien dérangé... elle qui aime courir avec son p’tit papa ou aller squatter chez Logan pour aller faire quelques pompes de temps en temps. « T’aimais vraiment pas les cours d’éducation physique toi avant, hein ? » qu’elle lui demande avec un sourire un peu niais.

Un action ou vérité, un jeu de confidences... au final, ce sera la même chose. Elles passeront leur temps à rire et à parler des pires trucs possibles qu’il puisse leur être arrivé. En général, quand ils y jouent avec le reste de l’armée de June, ils passent plus de temps à discuter des confessions honteuses de leurs pairs qu’autre chose. C’est elle qui propose l’idée... idée qui semble fortement plaire à Zelda. « Mais on ment pas, hein ! Pas d’conneries ou de trucs tirés par les cheveux. » Nan parce qu’elle les connait les mauvais joueurs qui assument pas et qui inventent des grosses âneries pour passer leur tour. Kassandra, elle ne veut entendre que de vraies histoires, des trucs qui gênent, des trucs qui mettent mal à l’aise.

À tout ça s’ajoute l’addition d’un p’tit paramètre supplémentaire, des bonbons que Clay lui a ramené, des bonbons bien spéciaux qu’elle a jamais osé toucher. « Clay les a ramenés j’sais plus trop quand. Il pensait qu’ça pourrait nous plaire, mais... je voulais les garder pour... un moment spécial, tu vois ? » Comme pour un jeu, comme pour une soirée avec Connie et Dean. Histoire de marquer le moment, d’en faire quelque chose d’important et de pas les mâchouiller et vite les oublier. Nan parce qu’ils sont rares ces bonbons absolument dégueulasses. Et quand la question d’une possible date de péremption arrive sur la table, Kassandra se montre presque indifférente... parce que des trucs périmés, elle en a déjà bouffés et qu’au pire, c’est pas ça qui la tuerait ou la pousserait à courir jusque l’infirmerie. Nan, ce qu’elle veut, c’est voir le visage de Zelda qui en mange un bien dégueulasse... « Vas-y, on s’en fout... manges-en un ! » Elle la pousse, l’impatiente sans même écouter ni valider son idée de règle supplémentaire...

Le dragée marron qu’elle met en bouche l’intrigue, et l’arrière de la petite boîte lui indique qu’elle a une chance sur deux d’avoir fait le bon choix. « Alors... soit tu viens de manger un bonbon au pudding au chocolat, soit t’es en train d’manger un truc au goût de nourriture pour chiens. » Elle lève les yeux du paquet de bonbons pour voir la face dégoûtée de Zelda, elle comprend. Un fou rire la prend. L’estomac qui tremble, des chatouilles qui viennent caresser son palais et des ricanements à n’en plus finir. Elle rit, la fixe de son regard le plus cruel avant de s’en approcher et de venir la patpat comme il le faut. « T’es vraiment un bon toutou, Zelda... Mange tout, et surtout tu recraches pas, hein ! »

Elle la voit se concentrer, s’efforcer de l’avaler alors qu’elle pourrait le recracher. Pendant un instant, elle est prête à lui proposer de le jeter... mais c’est drôle de la voir passer un mauvais moment. Puis c’est bon enfant, surtout. Dans quelques minutes, elle sera aussi certainement en train de regretter d’avoir proposé ce p’tit jeu.

L’air dégoûté devient un air gêné. Le rouge commence à transparaître sur le doux visage de la blonde qui s’élance dans une anecdote plutôt... surprenante. Elle rougit, est gênée comme pas souvent... et à raison. Pas besoin de lui faire un dessin, Kassandra comprend parfaitement le sous-entendu, entend ce que Zelda lui confie avec une certaine gêne... « Ouais, je... j’ai compris. » Pas besoin d’aller plus loin, pas besoin d’entrer dans les détails. Elle n’est pas gênée, ni mal à l’aise... elle est surtout surprise, et un peu confuse. « Mais... t’étais avec Sean, nan ? J’veux dire... »

Elle la comprend sans trop la comprendre. Et c’est pas Roza et Jill qui interpellent sa curiosité... « T’aimes aussi les filles, alors... ? Ou... » C’est peut-être la première fois qu’elle la voit comme ça, Zelda. Avec le visage rouge comme une tomate, avec un regard qu’elle n’arrive pas à tenir. C’est pas blessant, mais c’est un peu dommage qu’elle soit mal à l’aise à l’idée d’aborder un truc pareil.

« Eh. » Elle pose sa main sur l’un de ses genoux, l’autre sur son épaule. Pour attirer son attention, pour lui faire passer un message. Elles sont censées tout se dire, y a pas de honte, de gêne qui tient. C’est débile. « J’m’en fous moi, hein... C’est pas important. » Elle penche la tête en espérant parvenir à capter son regard évasif. Qu’elle aime les filles ou les garçons Zelda, c’est pas un problème... c’est même cool qu’elle le sache, elle qui a au moins eu l’opportunité d’explorer ces possibilités, de même savoir ce qui l’intéresse et ce qu’elle préfère. « C’est même pas gênant ton anecdote, là. Ça aurait été gênant si c'était toi qu'on matait. » qu’elle lui glisse, comme pour essayer de détendre l’atmosphère.

Parce qu’elle sent bien que ça la gêne, parce qu’elle veut pas que leur petit jeu devienne une purge, elle prend l’un des bonbons et se met à le mâcher sans sourciller. Un dragée blanc : soit noix de coco, soit lingettes de bébé... et évidemment, aux premières nuances de goût sur sa langue, elle a envie de le recracher et fait sa plus grande grimace. « Ah, putain... » C’est dégueulasse, elle ouvre la bouche pour recracher pendant un instant avant de se rappeler de cette règle stupide qu’elles se sont infligées. Elle a les paupières qui tremblotent, essaie de vaincre le démon qu’elle a sur la langue... Elle a beau l’avaler, le goût pourri est toujours là. « J’l’ai jamais dit. Enfin, on l’a jamais dit t’sais, mais... » Elle avale sa salive comme pour essayer de se nettoyer la bouche de l’horreur qu’elle a commise. « Y a eu un moment gênant la dernière fois, quand on a passé la soirée dans la cave avec Dean et Connie et qu’on était tous un peu stone... Je sais pas si tu te souviens. » Parce que faut avouer que ça arrive assez souvent aussi. Elle n’a encore rien avoué de très gênant que son air change déjà, que son sourire devient plus discret et que sa pâleur tourne au rose. « J’me suis éclipsée en plein milieu de la soirée parce que j’voulais me laver et me débarrasser de l’odeur d’herbe... et devine qui est rentré dans la salle de bain alors que j’étais en train de me rhabiller ? » Ouais, c’est moche. L’un des moments les plus gênants de sa vie, une scène qu’elle n’a jamais récité à haute voix parce qu’elle savait que Connie péterait un câble, mais aussi parce qu’elle voulait éviter les possibles moqueries de Zelda. « Il m’a regardé pendant facilement... dix secondes ? Avant de se tirer et de vous rejoindre. » et ce simple moment a suffit à la faire cogiter pendant un p’tit moment.

Dans la tête de Zelda, ça doit p’têtre faire des confettis et des feu d’artifices étant donné que ça explique en partie cette distance qui les sépare depuis quelques jours, ce malaise qui s'est installé entre eux alors qu'habituellement, elle est la première à applaudir quand il lâche sa meilleure vanne.  « Ça, c'est gênant. » Et elle est à deux doigts de s'en vanter... Sur le concours de la gênance, elle s'imagine déjà vainqueur.


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Zelda Anderson
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MessageSujet: Re: Des mots pour panser les maux. [Zelda]   Des mots pour panser les maux. [Zelda] - Page 2 EmptyDim 6 Déc 2020 - 0:01
« Ouais ! Ceux avec les poils de culs d'bisons, là ! »
Elle a oublié leur nom, ce qui fait probablement d'elle une mauvaise citoyenne du Commonwealth. Mais la Reine, de toute façon, elle s'en fichait un peu. Alors son personnel... Quoi qu'il en soit leur emploi du temps est maintenant défini et se résume à un seul mot : glandage ! Zelda esquisse néanmoins une petite moue surprise quand son amie argue qu'elle ne devait pas beaucoup aimer les cours d'éducation physique, avant. « Ah si, j'adorais ça ! » Elle a quand même été vice-championne d'Australie de gymnastique rythmique, Zelda, avec son équipe. « Mais pas en hiver ! » Et plutôt à l'intérieur. Courir dans le froid ou faire des efforts inconsidérés dans la neige ? Non merci !

« Promis, pas d'mensonges ! » Et puis même si elle souhaitait avoir recours à un stratagème aussi déshonorable, elle n'aurait de toute façon de tromper la vigilance de Kassy. Connaître l'autre sur le bout des doigts, c'est aussi se familiariser avec ses faiblesses. « T'aurais pas pu les garder pour un meilleur moment ! » approuve-t-elle, quelques secondes plus tard, quand l'américaine lui avoue l'origine des bonbons. Cette dernière balaie d'ailleurs les tergiversations de Zelda et lui annonce dans le plus grand des calmes les saveurs de la dragée qu'elle vient d'avaler. « Clairement, c'est celui avec l'goût d'bouffe pour clebs ! Et périmée, en plus ! Voir moisie ! » Voir les deux à la fois, en fait. C'est immonde. Et Kassy ne rend pas son ingestion plus efficace puisqu'elle se moque d'elle. « Très drôle ! » Elle l'a un peu mauvaise, là, l'australienne. Ce qui ne l'empêche pas d'avaler ce bonbon des enfers ! Bertie Crochue, va bien te faire foutre !

Et c'est donc à la seconde fille adoptive de Clay' que revient le relatif honneur de commencer à avouer une chose gênante. Tâche dont elle s'acquitte selon les règles mais sans grand panache. Kassy, bien sûr, accepte l'aveux avec cette bienveillance habituelle, celle que Zelda lui envie à certaines occasions. Dont celle-ci. « Ben j'étais avec Sean, oui. » concède-t-elle, se sentant encore plus mal à l'aise. « Mais j'ai juste regardé et... ben... c'est autorisé ? » C'est qu'elle n'en est pas bien sûre. Est-ce que regarder deux personnes se préparer à faire l'amour, c'est une forme de tromperie ? Elle ne connaît pas bien les règles qui sont sensées régir un couple, elle. « En tout cas j'lui ai pas dit... » Parce qu'elle ne voyait pas l'intérêt d'une telle chose. Et sans ce jeu, il est probable que cette information soit restée prudemment enterrée dans le petit jardin secret de l'australienne.

« Non ! » s'exclame-t-elle, peut-être plus par réflexe que réelle conviction, quand l'américaine lui demande si elle aime les filles. « Enfin j'crois pas... » Si elle doit avoir un futur, elle l'imagine aux côtés d'un homme. Mais... « C'est juste que j'me pose un peu des questions, tu vois ? » Est-ce que son ressenti fut normal, ce soir-là ? Est-ce qu'il exprime la présence d'une facette de sa propre personne qu'elle n'a jusque-là jamais soupçonnée ? « J'sais bien... » souffle-t-elle quand son amie lui assure que ce n'est pas grave, que cela ne change rien entre elles. Pour le coup elle a l'impression d'être cataloguée comme une fille qui aime les filles. « Mais j'aime pas les filles ! » insiste-t-elle timidement. « Pis moi, j'trouve ça hyper gênant ! »

C'est la première fois que Zelda est aussi gênée en présence de sa soeur, d'ailleurs. À un point où elle ne sait plus vraiment quoi dire. Elle reste drapée dans un silence qu'elle estime protecteur mais aussi, peut-être, lourd de sens. Et c'est Kassy qui débloque la situation en avalant à son tour la mauvaise dragée. L'australienne retourne le paquet de bonbons et s'attarde un instant sur la liste des arômes. « J'crois... J'crois qu't'as pas trop envie d'savoir c'que t'as bouffé ! » Et puis le doute la tiraillera un petit peu, aussi. C'est marrant, ça. Et l'anecdote fuse. Zelda écarquille les yeux, surprise, avant de se pencher en avant comme pour mieux considérer le visage de sa soeur. « Dean ? » s'étonne-t-elle à moitié, venant mettre un prénom sur une réponse déjà assez évidente.

« Dix secondes ? » La vache ! « Wow ! C'est long ! » Très long, même, quand on se trouve dans une situation du genre. Elle n'a pas besoin d'imaginer Kassy nue puisqu'elle sait pertinemment à quoi elle ressemble. Il est probablement normal de se comparer aux filles de son âge, non ? Mais Dean, par contre, elle a de la peine à imaginer la réaction de Dean. « Oh putain mais c'est une bombe, ça ! » Si Connie l'apprenait... Tout ceci n'est probablement qu'un malheureux concours de circonstances mais leur amie ne s'arrêterait pas à cette évidence. Ce serait la troisième guerre mondiale, là ! « Mais il a vraiment regardé ? » Ou son regard était-il aussi fuyant que le sien, quelques secondes plus tôt ? « Et t'étais toute nue ? » Elle se rhabillait, oui, mais est-ce qu'elle avait déjà commencé au moment où le garçon s'est pointé ? « Il a vu flou, j'imagine ! » Parce que Kassy est une fille magnifique et que Dean est un garçon et donc, un obsédé. Ce qui veut dire que ça a forcément dû lui faire de l'effet !

En tout cas Zelda n'a pas très envie de passer à la question suivante. Ce sujet l'intéresse particulièrement. Déjà parce qu'il pourrait menacer l'harmonie au sein de leur petit groupe mais aussi parce que... Et bien... C'est quand même assez amusant. Kassy trouve ça gênant mais l'australienne, elle, aurait plutôt qualifié la situation de passionnante. « Et toi ? T'as... Tu sais ? T'as aimé ça ? » Il y avait quelque chose d'excitant dans tout ça ?


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Kassandra Taylor
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MessageSujet: Re: Des mots pour panser les maux. [Zelda]   Des mots pour panser les maux. [Zelda] - Page 2 EmptyDim 6 Déc 2020 - 1:26
Leur petit jeu a pris une dimension intéressante, bien différente de ce qu’elles avaient certainement imaginé au départ. Les jeux de confession font pleinement partie de leurs soirées passées en groupe. Des anecdotes gênantes, pleines de malaise, elles en ont déjà balancé à la pelle et Zelda est très forte à ça. Mais une anecdote pareille... c’est assez inédit, surtout venant de sa part. Elle qui est souvent aussi gênée que Kassandra à l’idée d’évoquer le moindre sous-entendu d’ordre sexuel. Est-ce que le simple fait de partager ce moment avec Kassidy lui laisse penser qu’elle a la liberté de lui en parler, de se confesser pour peut-être obtenir des réponses qu’elle n’a pas elle-même ? Elle ne la juge pas, sa meilleure amie. Elle est juste légèrement confuse, se pose même tout un tas de questions quant à cette information déjà bien imprimée dans sa tête à laquelle elle va encore penser pendant un long moment... « T’as juste... t’as juste regardé. J’pense pas que ce soit si grave, surtout si... tu sais, elles le savent pas, si il le sait pas. » C’est qu’une question de logique à ses yeux. Si elle a vu des choses qu’elle n’était pas censée voir et que tout le monde l’ignore, où est le souci ? « Puis t’sais, Zelda... Après ce que Sean t’a fait, j’pense qu’il mérite pas d’le savoir. Et j’veux pas non plus que tu te mettes en tête que vous avez cassé à cause de ça, ou que t’y es pour quelque chose... parce que c’est faux. » Elle insiste bien là-dessus, lui parle clairement parce qu’elle veut qu’elle le comprenne. Elle voit bien qu’elle est troublée, Zelda. Elles le sont toutes les deux depuis un bon moment déjà. Rien n’va plus dans leurs vies, mais rien de nouveau à l’horizon.

Sean s’est comporté comme le pire des connards avec sa petite amie. Kassandra n’a eue que sa version à elle, mais croit chacun des mots qui sont sortis de sa bouche. L’attitude qu’il a eu à son égard, les mots blessants qu’il a utilisés... Elle préfère l’ignorer, marcher à ses côtés de lui sans même croiser ce regard qu’elle préfère oublier. « J’pense pas que ce soit... grave. » Elle hausse les épaules tout en se confessant à son tour, se voulant honnête et rassurante. « T’as rien fait de mal. T’étais là au mauvais moment, et au final, bah... t’as juste vu un truc que t’aurais pas dû voir, mais c’est pas la fin du monde. Regarde, t’as même découvert que... » Voilà. Peut-être qu’au lieu de se morfondre sur son sort, elle pourrait juste voir ça comme un p’tit moment éducatif, comme quelque chose qui lui aura appris quelque chose. Elles n’utilisent pas le fameux terme que Zelda n’a pas voulu prononcer, mais elles savent très bien de quoi elles parlent et de ce dont il s’agit.

Elle se questionne, Zelda. Ça lui a retourné le cerveau. Certains pourraient s’en moquer, la fille Taylor voit ça d’un bon œil, même si à leur âge, elle n’est peut-être pas la plus apte à en parler. « C’est... normal, j’imagine ? J’me suis déjà posé la question, des questions moi aussi. » Sur qui elle doit aimer, sur ce qu’elle doit aimer. Sur le genre de choses qu’elle aurait peut-être dû apprendre à l’école si le monde s’était pas mis à cramer. « J’vais pas remanger un bonbon, hein... j’te la donne gratos, celle-là, mais Lisa me laissait emprunter certains types de bouquins sans le noter parce que... j’voulais pas trop que ça se sache. » Rien de trop chelou, hein ! Plus le genre de livres auxquels t’es censé jeter un œil quand tu te poses des questions, quand t’essaies d’en savoir plus sur toi-même, sur ton corps et tous ces trucs qu’il t’arrive parfois de ressentir sans que tu saches poser des mots dessus. Des bouquins qui lui auront servi un minimum, au final, mais qui n’auront pas répondu à une grande partie des questions qu’elle s’est mise à se poser peu après avoir soufflé les bougies de ses quinze ans.

Zelda n’aime pas les filles. « Je fais que poser la question... » Sa main posée sur la sienne, elle la caresse avec bienveillance, son pouce vient toucher sa paume. Elle ne veut pas la brusquer, elle qu’elle sent déjà embarrassée, plus gênée que d’habitude, et à raison. « Mais... je pense que parfois, y a des choses que t’ignores de toi-même et que tu découvres à tes dépends. » Elle préfère ne pas s’avancer ni affirmer des choses qui lui sont aussi inconnues qu’elles le sont pour la gamine Anderson, mais elle se dit que ça aurait pu lui arriver aussi, si elle avait été témoin de cette fameuse scène. Elle en sait rien.

Le goût de son bonbon à elle est bien écœurant. Elle s’est moqué de Zelda et a finalement pris le même tarif... Est-ce que ça a le goût de détergent, de lait périmé ? C’est compliqué à identifier et sur le moment, elle préfère ne pas y penser. Elle se concentre sur la petite pilule qu’elle a dans la bouche et l’avale sans trop de ménagement. Le goût lui reste collé dans la bouche comme Clay reste collé à Misha... c’est naze.

L’anecdote est, à ses yeux, plus gênante que celle de Zelda mais elle trouve le courage de la prononcer sans trop s’y perdre. Certainement parce que le gêne n’en est pas vraiment... Les réactions de la blonde ne se font pas attendre, et la voir se concentrer sur autre chose que ses propres démons la fait inconsciemment sourire... alors qu’elle devrait pas ! « Dix secondes... mais p’têtre que ça a duré plus longtemps que ça, je suis pas sûre. Quand t’es dans un moment pareil, le temps passe super lentement... » Quand t’es au bord de la mort, quand t’es sur le point de faire tomber ton verre de limonade sur le canapé ou qu’on te surprend à moitié nue et que t’as pas directement le réflexe de te couvrir.

« Ouais, et c’est pour ça que Connie doit pas l’apprendre, hein, Zelda, j’compte sur toi ! » Elle se met à rire nerveusement, à agiter son index en l’air pour bien lui faire comprendre que cette info, elle doit la garder pour elle. Parce qu’elle prendrait tarif, parce que ça mettrait bien le bordel dans leur groupe d’amis... mais aussi peut-être parce qu’inconsciemment, elle veut pas que Dean ait des ennuis avec cette fille avec qui il a l’air de vivre le parfait idylle. « Disons que... avant de me regarder dans les yeux, il avait le regard ailleurs. » Elle le voit encore dans le cadre de la porte de salle de bain avec les mains dans les poches et cet air... cet air indescriptible sur le visage. Un mélange de gêne, de timidité mais aussi de... curiosité ? Elle jure même avoir reconnu un genre de sourire sur le coin de ses lèvres... ? C’était bizarre.

« Nan... Enfin, presque. » Elle secoue la tête à sa seconde question. « Heureusement que j’ai eu le temps de me couvrir là-dessous, parce que j’crois que j’serais jamais plus sortie de la maison. » La honte, la honte ultime. Si elle n’avait pas eu le temps d’enfiler ce vêtement qui couvre ses parties les plus intimes, elle se serait foutue en l’air.

Ces questions de Zelda l’amusent. Parce que ça fait du bien de la voir porter un nouvel air, mais peut-être aussi parce qu’elle vit à présent ce souvenir, cette situation comme tout autre chose qu’un mauvais souvenir... bien qu’il en soit quand même un. Dean, elle a déjà eu des vues sur lui. Il est mignon, elle s’est longtemps demandé si quelque chose était possible entre eux (c’est bête, elle le sait) puis quand elle s’est mise à voir qu’il était heureux avec sa copine, elle a préféré arrêter d’y penser et se tourner vers un autre horizon. « C’est... moins gênant quand t’aimes bien le garçon qui te regarde, je pense... ? » Elle n’en est pas elle-même sûre, elle se questionne autant que Zelda le faisait quelques secondes plus tôt. Leurs deux confessions n’ont rien en commun, mais elle parvient pourtant à y voir quelque chose de similaire, une leçon qui pourrait peut-être les aider à y voir clair.

« Ça... disons que ça m’a gênée sur le moment. J’étais pétrifiée. » Elle est très pudique. Autour de Zelda, ça n’a pas bien d’importance. Elles connaissent le corps de l’autre, mais c’est pas pareil. Ce sont des filles, elles vivent sous le même toit et elles sont trop fusionnelles pour que ça leur pose problème. « Mais... y a quelque chose qui fait que c’est pas désagréable d’être regardée par quelqu’un que t’aimes bien... que t’apprécies, tu vois ? » Le rose n’a pas quitté ses pommettes... elle baisse tout de même les yeux vers le sol tout en se mordant la lèvre, anxieuse. « En y repensant... c’était pas si gênant que ça, c’était... bizarre, mais pas désagréable. » Parce que c’était pas n’importe qui, parce qu’il a son âge et qu’elle ressentait une certaine attirance envers lui. Si ça avait été n’importe quel autre garçon, ça aurait été bien bizarre et elle se serait sûrement ruée sur sa serviette en lui hurlant de s’en aller... mais elle l’a pas fait.

Et c’est là qu’elle voit ce parallèle qui unit leurs deux anecdotes. Peut-être que ça leur servira de leçon, peut-être que ça les aidera à y voir clair. Elle redresse la tête pour la regarder, parce qu'elle y croit vraiment, à tous ces trucs qu'elle lui dit et que Zelda l'aidera certainement à y voir plus clair, elle qui doute quand même. « Ça t’a gênée sur le moment et ça te gêne encore parce que... elles t’attirent pas, Jill et Roza. Si ça avait été quelqu’un d’autre, quelqu’un dont tu te sens proche, quelqu’un que t’aimes bien... tu te serais sentie différente... je pense. » Parce qu’elle n’a pas la science infuse, mais qu’elle pense ne pas se tromper. La gêne, le malaise qui la poussait à regarder ailleurs aurait pu se transformer en un rythme cardiaque qui accélère et quelques battements sautés, des joues toutes rouges. Elle n’aurait pas ressenti des maux de ventre mais autre chose, ces petits papillons qu’il lui arrive parfois de sentir à ses dépends.


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MessageSujet: Re: Des mots pour panser les maux. [Zelda]   Des mots pour panser les maux. [Zelda] - Page 2 EmptyDim 6 Déc 2020 - 4:00
« C'est clair que c'est pas l'mec sympa de l'année, ouais... »
Zelda s'en fend d'un petit sourire fugace. Elle ancre à nouveau son regard dans celui de son amie. Elle est forte, Kassy, lorsqu'il s'agit de désamorcer ses appréhensions. Elle anticipe, tord le cou des doutes qui s'érigent en obstacle sur le chemin de l'australienne avant même qu'elle ait eu l'opportunité de les apercevoir. Elle anticipe. Et cette évidence ne la rend que plus précieuse encore. Pourquoi s'inquiète-t-elle de ce qu'elle a ressenti ? Pourquoi y mêle-t-elle Sean ? Ce connard a décidé de la rejeter. Il ne fait désormais plus parti de sa vie quand bien même il continue de hanter ses souvenirs. Oui, elle n'a rien fait de mal. Elle s'est simplement éveillée à quelque chose de nouveau. « T'as raison ! » Comme souvent, en fait. Sa soeur est dotée d'une sagesse qui lui semble parfois infinie.

L'adolescente est soulagée lorsque son amie évoque la normalité. Oui, cette question-là, beaucoup d'être humains se la sont sûrement posée. Ce n'est pas honteux. Ce n'est pas davantage humiliant. C'est une introspection qui fait partie de l'apprentissage de la vie, qui vous permet de la comprendre un peu plus et de définir les nuances de la personne que vous devenez. Et ces questions, donc, Kassy se les pose aussi. C'est sûrement ce détail qui la rassure entièrement. « Y'a c'genre d'bouquins à la bibliothèque ? » Zelda n'y va que rarement et se borne souvent aux livres de fantasy. « Faudrait p't-être que j'y aille plus souvent, alors ! » Et son sourire renait à nouveau, cherche la compagnie de celui de sa soeur.

Cette main posée sur la sienne, ce pouce qui caresse sa paume, elle lui dit au revoir en silence, avec une pointe de regret. Comme un jeune arbre à qui l'on vient de retirer son tuteur. Elle accompagne un peu le geste, se décide finalement à lui rendre sa liberté. Oui, il y a des choses que l'on ignore sur soi-même et qu'elle devra probablement apprendre à ses dépends. Mais ce qui la rassure, c'est que comme toute chose, elle le fera probablement avec une amie pour veiller sur elle, l'épauler et, en cas de besoin, pour la réconforter.

Et puis la gêne change de camp quand c'est au tour de Kassy d'exhiber une anecdote gênante. Zelda la presse de questions, peut-être parce que c'est plus facile de s'intéresser aux petits démons des autres qu'aux siens. La réaction de son amie l'amuse, lui inspire une forme de tendresse qui brille dans son regard. Et une curiosité qui s 'exprime à travers son désir de détails. C'est qu'elle trouve ça franchement chou, l'australienne. Cette façon dont l'américaine se mordille la lèvre, cette manière qu'on ses joues de se colorer ou son regard, de s'évader. « Je vois tout à fait, ouais ! » Zelda s'est allongée sur le ventre, a glissé son menton en appui sur sa paume valide et observe son amie comme on regarde le déroulé d'un film dont l'histoire vous touche. Ce qu'elle a dû ressentir, elle l'a vécu avec Sean avant de découvrir que chaque médaille avait son revers. « T'inquiètes pas ! Connie n'en saura rien ! » Même si elle mériterait peut-être de le savoir. Mais si Zelda est loyale envers les membres de leur petit groupe, elle l'est davantage encore vers Kassy.

C'était bizarre mais pas désagréable. Le sourire de l'australienne s'accentue tandis que ses pieds battent négligemment l'air. Elle est heureuse, Zelda. Pour son amie. Pour cet émoi qui semble l'habiter. Elle trouve ça beau. « La p'tite graine de l'amour flamboie dans la savane ! » glisse-t-elle, imitant Zazou. Elle la taquine, là. Mais c'est affectueux. Cela dit...Il y a quelque chose d'autre. Quelque chose qui ressemble à de la jalousie. Quelque part, l'australienne a aussi peur qu'un garçon puisse se mettre entre elles d'eux. Qu'un jour, ce ne soit plus ses oreilles qui recueillent les confidences de Kassy mais bien celles de la personne a qui elle aura offert son coeur. Est-ce que l'américaine a ressenti la même chose en la voyant se rapprocher de Sean, en la couvrant lorsqu'elle faisait le mur pour aller le rejoindre ? Son sourire s'estompe un peu. Juste un peu. Un peu trop, quand même, peut-être.

Et comme un boomerang que l'on lance et qui - normalement du moins - est sensé vous revenir en pleine tronche, la discussion fluctue, dévie à nouveau sur ce que l'australienne a confessé un peu plus tôt. Les deux adolescentes, là, se repassent un peu la patate chaude. « Oui, t'as sûrement raison ! Si ca avait été quelqu'un dont j'me sens proche ou... » Elle s'interrompt, prend lentement conscience de la présence d'une chose qu'elle ne parvient pas à définir. Elle hésite. « ... quelqu'un que j'aime bien, ça... Ouais, ça aurait été différent peut-être ! » Elle s'égare un peu, Zelda. Ou plutôt, elle vacille. Là, sur cette crête qu'elle arpente sans même s'en rendre compte.

Quelqu'un dont elle se sent proche. Sa main glisse, tâtonne à la recherche d'un bonbon qu'elle ne désire même pas vraiment. Et qu'elle désire encore moins quand la dragée délivre sa saveur. Son corps a pris une initiative audacieuse tandis que son esprit s'orientait vers les limbes. « J'crois qu'je vais rouler un autre ! » Pour faire passer ce goût affreux dans sa bouche, pour la ramener vers ce rivage qu'elle regrette un peu d'avoir quitté.

Quelqu'un qu'elle aime bien. Il y a beaucoup de gens qu'elle aime mais il n'y a qu'une seule personne qu'elle adore vraiment. Qu'une seule dont elle ne craint pas le jugement. « J'ai mis où ma beuh, moi, déjà ? » La question fuse mais n'appelle pas de réponse. Son seul but est de meubler ce silence qui nourrit son trouble, de dompter ces pensées qui lui échappent. Zelda récupère le nécessaire pour rouler et revient vers le château.

Elle se serait sentie différente. Anderson s'arrête, recule et pose le regard sur cette fille qu'elle vient de croiser dans le reflet de ce miroir. Elle la découvre avec une forme de méfiance. Son regard croise son propre regard. Elle découvre alors qu'il existe une frontière entre l'audace et l'insolence. Et que celle qui balise l'amour et l'amitié est peut-être plus ténue qu'on se l'imagine. L'australienne hoche la tête, refoule des perspectives et des possibilités qui ne devraient pas l'assaillir. Et revient se glisser dans la forteresse, au chaud, à l'abris du monde et face à Kassy. Et... elle garde le silence.

Elle semble un temps se concentrer sur la confection de ce joint dont elle se fiche éperdument. Ses gestes sont d'ailleurs trop approximatifs pour trahir un réel intérêt. Et puis il y a cette voix qui revient à la charge, qui l'encourage à être sincère, spontanée dans ses actes et cohérentes dans ses envies. C'est qu'elle a envie de faire quelque chose, Zelda. Mais elle ne sait pas si elle en a le droit ni même le courage. Elle repose la feuille, le tabac et l'herbe sur ce cd qui lui sert de support. Et son regard croise à nouveau celui de Kassidy. Longuement. Trop longuement, sans doute, pour que cela puisse paraître banal. Elle déglutit, s'approche un peu d'elle. L'ambiance évolue, se pare d'une allure solennelle. « Tu m'donnes un peu envie d'm'enfuir, là... » prévient-elle, sans trop savoir si ça a un quelconque sens en cet instant. Il n'y a qu'une seule chose dont elle est sûre : c'est qu'elle a parcouru ce qui semble être la moitié du chemin...


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MessageSujet: Re: Des mots pour panser les maux. [Zelda]   Des mots pour panser les maux. [Zelda] - Page 2 EmptyDim 6 Déc 2020 - 6:11
« J’te jure. » Et c’est important que Zelda le sache puisque ça lui donnera peut-être l’envie d’aller à la bibliothèque, cet endroit fabuleux qu’elle ne fréquente pas assez souvent. Ces bouquins qui l’auront aidé à y voir plus clair, elle les aura découvert en faisant l’inventaire des stocks et de tous ces vieux bouquins qui traînaient dans des cartons dans le sous-sol de cet endroit paradisiaque. Ces livres lui auront permis d’y voir plus clair sur ces changements qui ont opéré sur elle dès le début de son adolescence : l’arrivée des courbes, l’arrivée de sentiments et de sensations différentes. Autant dire qu’elle était perdue Kassandra, qu’elle ne savait pas à qui en parler ni même que faire de toutes ces questions qui lui tournaient dans la tête... C’est Lisa qui l’a inconsciemment poussée à se documenter et à assouvir cette faim de connaissances en la laissant emprunter ces bouquins ‘’en secret’’, à l’abri des regards indiscrets, sans même en avertir Clayton, Misha, Maya ou qui que ce soit qui aurait peut-être essayé de se la jouer super-héros et de lui faire l’une de ces interventions dont ses parents auraient peut-être dû se charger s’ils étaient toujours là aujourd’hui. Et aujourd’hui, même si Kassandra n’en sait pas plus qu’elle ne le devrait, elle a quand même cette sensation de bien-être, celle qui lui murmure à chaque instant que même si elle en ignore encore beaucoup, elle est sur la bonne voie. « J’ai pensé à t’en parler, mais... j’me disais que tu trouverais peut-être ça débile. » Ou qu’elle lui rirait au nez. Parce qu’elle pensait peut-être que Zelda n’avait pas envie de s’y intéresser, ou peut-être qu’elle en savait déjà plus qu’elle, elle qui a toujours été la première à mettre les pieds dans le plat en terme d’expérience.

Avec Dean, ils ne se parlent plus, ne se regardent plus. Quelque chose s’est brisé entre eux. C’est bizarre, c’est triste, mais c’est bel et bien arrivé. Ils se cherchent du regard quand ils sont affalés dans les fauteuils à la cave, ils s’échangent des sourires timides et légèrement forcés quand ils se croisent en sortant de classe. C’est gênant, ça pue le malaise et personne ne semble comprendre ce soudain changement de comportement chez les deux adolescents... eux-mêmes ne sont pas sûrs de savoir ce dont il s’agit. Kassandra met ça sous le coup de la pression, ne veut pas détruire le semblant de bonheur qu’il semble vivre avec cette fille dont il s’est amouraché bien avant qu’elle n’ait l’occasion de lui dévoiler ses sentiments. Pourtant, elle est certaine qu’il sait très bien que quand ils se regardent, il y a plus que de la gentillesse et de la timidité. C’est triste, ça fout la haine... mais elle s’est faite une raison et l’a laissé s’en aller. Et c’est peut-être pas plus mal comme ça.

Zelda la taquine, elle lui promet que Connie n’en saura rien et ça la rassure. Inconsciemment, elles vivent toutes les deux la même chose, la même déception amoureuse. L’une s’est entichée d’un abruti narcissique qui n’a pas su la réconforter et lui montrer qu’il l’aimait quand elle était au plus bas, l’autre s’est amourachée d’un garçon au cœur déjà volé. « Une graine qui va prendre la poussière et qu’il faut surtout pas arroser... » Et le pire, c’est qu’elle parvient à en rire, à en sourire. Elle a arrêté d’être naïve, elle a arrêté de croire et de souffrir ce soir où elle pouvait pas arrêter d’y penser, cachée sous ses couvertures, les joues ravagées par les larmes. C’est con, l’amour. C’est bête, l’adolescence.

Assise sur son p’tit oreiller et recroquevillée sur elle-même, elle a le menton qui trône sur ses propres genoux d’ailleurs entourés de ses bras. Le regard posé sur Zelda, elle la regarde, la fixe. À chaque fois que ses yeux bleus parcourent son doux visage, elle a l’impression d’y découvrir de nouveaux traits, de nouvelles spécificités jamais remarquées auparavant. Elle ne lui a jamais avoué, mais elle a toujours été jalouse d’elle. De ce caractère flambant qu’elle a toujours envié et avec lequel elle se serait permise d’envoyer chier pas mal de monde, de cette belle gueule et de ces traits angéliques qu’elles sont certainement nombreuses à jalouser. Elle est belle, Zelda... elle est même bien plus que ça.

Et elle se dit qu’elle ne se trompait peut-être pas lorsqu’elle s’est lancée dans ce monologue, dans cette leçon et cette série de conseils qu’elle a essayé de donner à Zelda sur l’amour, sur l’envie, sur le malaise qui n’existe plus lorsque l’on est face à quelqu’un qu’on aime, qu’on apprécie... quelqu’un d’important, de bien plus que ça.  Elle en a fait les frais avec Dean, elle en fera les frais avec quelqu’un d’autre... et il est important que Zelda comprenne qu’un jour, ça lui arrivera à elle aussi. Avec une fille, avec un garçon. Ça n’a pas d’importance : c’est son corps et ses désirs qui exprimeront tout ce qu’elle aura besoin d’entendre et de ressentir. « J’en suis même sûre, Zelda. C’est... je sais pas, c’est magique ce genre de trucs. » Et comme d’habitude, quand c’est important, quand elle tient vraiment à en parler, elle a du mal à poser des mots sur ce qu’elle ressent et sur ce qu’elle veut partager. « Quand t’as des papillons dans le ventre, quand tu sens des chatouilles le long des jambes et que t’as l’impression d’être sur le point de perdre l’équilibre... » Elle soupire, se remémore des sensations qu’elle aura ressenties bien plus d’une fois mais qui se seront révélées être bien plus agréables une fois comprises et entendues.

Zelda prend possession du paquet de bonbons que Kassy lui laisse volontiers. Elle aura aimé jouer, elle aura aimé croquer dans ce bonbon dégueulasse... mais elle est pas non plus maso. « Je... j’sais même pas comment tu fais. Arrête d’avaler ça... » Elle glousse en voyant Zelda faire une mauvaise pioche. Sans même jeter un œil au dos de la boîte et en se basant simplement sur la couleur du dragée, elle se doute qu’elle a savouré le goût amer d’une crotte de nez... C’est atroce, Clayton est vraiment un monstre. Il se foutrait bien de leur gueule s’il était là pour les voir grimacer autant.

Perdue dans ses pensées, elle remarque bien assez tard qu’elle s’est aussi perdue dans ses yeux bleus, ceux qui ont la couleur de l’océan, de cette eau claire dans laquelle elle n’a pas eu la chance de se baigner depuis plus de six ans. Dans le bleu de ses yeux, l’eau de la mer. Dans ses cheveux blonds, le sable bouillant. « Je crois... qu’elle est sur le bureau. » Son herbe, la réponse à tous ses maux.

Zelda se retourne, quitte le chapiteau sous lequel elles se sont toutes les deux réfugiées. Kassidy pousse un autre soupir, trouve la force de gratter du bout des doigts ce bras qui la démange, cette parcelle de sa peau qui n’arrête pas de frissonner. Se cacher sous une montagne de couvertures ne l’aide malheureusement pas à avoir moins froid.

Leurs conversations n’ont toujours été que franchise, honnêteté et bienveillance. Mais celle-ci lui parait différente, la pousse à se demander si elle n’en a pas trop dit, si elle n’est pas allée trop loin dans ses paroles. Et si elle pousse Zelda dans la mauvaise direction ? Et si elle lui fait croire des conneries qui n’existent que dans sa tête ? Un froid s’est installé, un silence s’est emparé de la chambre et est venu couvrir les rires qui l’animaient bien des minutes plus tôt.

Zelda réapparaît dans l’ouverture de leur cabane, de leur paradis personnel. Concentrée sur la conception de cet énième joint qui lui prodiguera tous les effets dont elle a besoin, Kassandra la détaille de ses yeux toujours fatigués. Elle s’occupe de ce joint en devenir avec beaucoup de soin, comme si elle avait fait ça toute sa vie. Mais elle abandonne le tout en plein milieu...

Puis elle s’approche, Zelda, bien plus près qu’elle ne le devrait. Elle lui donne plus d’attention qu’elle n’en a jamais eu de quiconque. Si elle se penchait de quelques centimètres supplémentaires, son nez viendrait frôler le sien. Elle prononce des mots lourds de sens, des mots qui lui prennent les tripes et lui donnent envie de sortir de là, de regagner sa chambre et de ne plus jamais en sortir. Parce qu’elle a probablement fait véhiculer le mauvais message, ou peut-être parce qu’elle s’est mal exprimée... Elle en sait rien, Kassandra. Et tout d’un coup, elle se sent encore plus perdue que Zelda l’était juste avant. Elle est parvenue à la raisonner, à lui laisser savoir alors qu’elle doute toujours elle-même. Elle ignore tout de la vie alors qu’elle en a vu les pires façades. Le banquet, cette garce qui a voulu lui péter un membre, cet enfoiré qui a voulu mettre fin à la vie de Zelda à l’extérieur, ce bordel entre Misha et Clayton. Elle avale un sourire, renifle alors qu’elle sent ses yeux s’humidifier. C’est le pire sentiment au monde, de se sentir perdu, d’avoir l’impression de n’être rien de plus qu’un grain de sable dans l’océan. « Qu’est-ce qui nous en empêche, Zelda... ? »  Elle avait du mal à la regarder dans les yeux, à tenir le regard mais ce n’est plus le cas. Elle la regarde, n’a plus de mal à nager dans ces yeux immenses. Elle laisse sa main s’exprimer, venir s’occuper de cette mèche rebelle qui vient lui gâcher la vue et qui cache une partie de son regard... mais elle ne la retire pas. Elle continue de les parcourir, de les sentir de ses doigts envieux, de ses doigts curieux. Ses cheveux qui sont d’une douceur hypocrite, ces cheveux qui sentent le shampoing dont elle doit certainement abuser. Sa lèvre supérieure roule sur sa lèvre inférieure. Faut qu’elle arrête de penser, ça sert à rien, ça l’aide pas. « J’veux fuir, moi. Avec toi. » Rien qu’avec elle. Loin des problèmes, loin de ce monde de grands auquel on l’a jamais préparée.

Timidement, elle brise le peu de distance qui s’est mise entre elles et vient délicatement poser le bout de ses lèvres sur les siennes. Timide, hésitante, elle sent même ses mains trembler alors que celle-ci glissent d’elles-mêmes sur ses épaules, puis le long de son flanc. Et ces sensations dont elle parlait plus tôt, elle les ressent à cet instant présent. La nervosité, la chaleur qui prend naissance dans sa poitrine et qui lui rappelle qu’elle s’aventure sur un terrain miné, un terrain qu’elle n’a jamais exploré. Puis il y a son cœur qui s’emballe, ses battements qui viennent heurter ses tympans. Puis il y a surtout ces trucs dans son ventre, ces papillons, ces chatouilles qui la poussent à resserrer les jambes et à replier les orteils.

Un échange timide, un baiser innocent. Ces quelques secondes paraissent bien plus longues qu’elle ne le sont réellement. C’est elle qui met fin à ce rapprochement pour reprendre sa respiration, pour se remettre de ses émotions. Elle ignore ce qu’elle fait, mais elle le fait avec le plus de sincérité possible. « Promets-moi qu'on va le faire, qu'on va fuir. » lui murmure-t-elle d'un ton à peine audible. Une promesse, une vraie... c'est ce qu'il lui faut.


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MessageSujet: Re: Des mots pour panser les maux. [Zelda]   Des mots pour panser les maux. [Zelda] - Page 2 EmptyDim 6 Déc 2020 - 10:30
« ... »
Les événements la prennent déjà de cours, Zelda. Alors elle est bien incapable de répondre à la question de son amie. Ce qui les en empêche ? Peut-être tout. Ou peut-être rien. Elle ne sait pas vraiment. Elle n'a pas, en cet instant, envie de réfléchir sur ses actes ou sur leur portée. Le passé est déjà gravé et le futur est trop loin. Il n'y a qu'elles. Elles et cet instant présent qui les éloigne de l'inaccessible bon sens pour les rapprocher d'une forme d'évidence. « Je n'sais pas.... » Elle le concède dans un souffle et bien volontiers, ça, qu'elle ne sait pas que dire alors qu'elle ne comprend même pas ce qu'elle fait. Elle se mordille les lèvres, les humecte dans un réflexe qui lui échappe. Avoue son manque de repaires en haussant timidement les épaules, se tortille un peu pour exprimer son trouble.

Il y a aussi cet infime mouvement de recul lorsque la main de son amie se lève pour venir écarter l'une de ses éternelles mèches rebelles. Elle redoutait qu'il s'agisse de l'esquisse d'un rejet, assimile timidement qu'il s'agit des prémices d'une invitation. L'australienne tremble un peu, suppose qu'elle doit blâmer le froid de l'hiver ou ce feu qui naît en elle. Les mots de Kassy viennent un peu ponctuer cet émoi. Elle a envie de fuir, elle aussi. Avec elle. Et au fond d'elle, Zelda sent bien que ce voyage a déjà débuté. « Alors fuyons ! » murmure-t-elle simplement. Peut-être que si les choses sont compliquées, c'est tout simplement parce qu'on leur en octroie le droit...

L'espace qui les sépare se résorbe et le décor qui les entoure se restreint. Une bulle se forme autours d'un duo qui semble vouloir ne former qu'un. Zelda ferme doucement les yeux. Elle sacrifie son sens de la vue, amplifie en conséquence ceux qui lui restent. Elles mêlent leur souffle, harmonisent un désir et unissent leurs lèvres. La tendresse et la timidité entament une délicate dance. l'adolescente frissonne à nouveau lorsque la main de son amie s'égare sur son épaule puis le long de son flanc. La sienne, elle arpente la joue puis le cou de cette fille qu'elle connait par coeur et qu'elle découvre pourtant du bout des lèvres.

Le temps, ce témoin silencieux qui nourrit les regrets et les espoirs, semble lui accorder sa bénédiction. Il se fige, l'autorise à profiter pleinement de ces quelques infimes secondes. La gravité, peut-être un peu jalouse, sûrement bienveillante, la déleste de ses fardeaux. Elle n'a plus les pieds sur Terre, Zelda. Mais elle a la tête dans les étoiles.

Dans un monde parfait, l'instant aurait pu se prolonger indéfiniment. Mais celui dans lequel elles évoluent s'affranchit de l'utopie. Il repose sur des principes durs, qui semblent trop rarement malléables. Et l'un d'eux stipule que les bonnes choses, les belles choses, ont obligatoirement une fin. Parce que l'ataraxie trouve son sens dans la rareté et que la beauté s'épanouit dans l'éphémère. Parce que c'est ainsi, tout simplement.

Anderson ne se satisfait pas de ces lois qui la dépassent. Lorsque son amie recule ses lèvres, elle accompagne le mouvement encore un peu avant d'accepter les règles du jeu. Mais elle garde les yeux résolument fermés pour mieux sauvegarder la fugacité d'un instant trop court. Et puis quelque part elle craint un peu de croiser le regard de son amie. De cette soeur qui s'est muée, l'espace d'un instant, en quelque chose d'autre. Une amante ? Non... Le terme est trop brute pour être adéquat. Et peut-être qu'il y a des choses trop pures, des essences trop complexes ou sincères pour être cristallisées dans un simple mot.

Kassy lui quémande une promesse qui la pousse enfin à rouvrir les yeux. Oui, c'est juste, elles se trouvaient dans un château de couettes. Ce constat, bien que familier, parvient à étonner l'australienne. Fuir ? « Ben... J'crois qu'on a déjà commencé, là, non ? » Elle ne croit pas que ce baiser était une fin en soi. Il n'est que le prologue de quelque chose d'autre. Un sourire gêné, timide, se dessine à la commissure de ses lèvres. Elle retire enfin cette main qui s'était échouée sur la hanche de son amie et l'invite à basculer avec elle le long du matelas. Fuir ? Et abandonner Clay' à sa peine ? Décevoir June et les autres ? Tout réduire à néant ? Elle hésite, Zelda. Mais pas assez pour exercer son droit au refus. Si c'était possible, elle irait jusqu'à promettre la lune à l'américaine. Il en a toujours été ainsi ! « Ouais... On va l'faire ! » Après ces propos imprégnés de détermination, elle hoche la tête avec conviction. « Et pas qu'un peu ! » Leur destin leur appartient. Et ceux qui oseront leur reprocher cette évidence ne méritent pas leurs inquiétudes. Si les adultes ne peuvent pas leur accorder leurs bénédictions, alors ils devront prendre acte...

Zelda dépose son front contre celui de son amie et frotte délicatement son nez contre le sien. De ce qu'elle en sait, c'est ainsi que les esquimaux se saluent. C'est peut-être la vérité. Ou alors, une légende. Mais le geste est empreint de douceur et de sincérité. Ceux qui l'ont précédé aussi obéissaient à cette règle quand elle y pense. « Tu sais qu'on risque d'avoir d'sacrées emmerdes quand même, hein ? » souffle-t-elle. Elle pouffe un peu malgré elle. Adel lui a reproché d'avoir une mauvaise influence sur l'américaine. Elle espère qu'elle n'est pas en train de lui donner raison. Mais c'est un désir qu'elles partagent à deux. Il n'y a pas de bergère et pas davantage de mouton. Juste deux personnes qui éprouvent un même besoin, qui étouffent dans un environnement qui s'est délesté de sa beauté. « Les rôdeurs et les connards à l'extérieur... June, Clay' et les autres à l'intérieur... » Et ce n'est que la pointe émergée de l'iceberg, ça. Parce que si Zelda a bien retenu quelque chose ces derniers temps, c'est que le hasard est un adversaire redoutable. « J'espère que t'aimes récurer des chiottes ! » Parce qu'elles risquent d'en voir beaucoup, à leur retour. Et ça, c'est encore si on ne les invite pas à passer des jours voir des semaines en prison. Ou à aller faire un tour en forêt... Mais qu'est-ce qu'elle s'en fout, Zelda, en cet instant, des conséquences !

Elle se glisse un peu plus contre son amie, l'étreint comme elle l'a déjà fait cent fois mais aussi comme si c'était la première d'entre elles. Anderson enfouit son visage dans le creux de son épaule et la serre simplement contre elle. Elle inspire longuement, expire sur le même rythme. « J'imagine que ça non plus, Dean ne doit pas l'apprendre ? » Leur fugue, bien sûr. Mais aussi ce qu'il vient de se passer. Zelda pose la question pour plaisanter, pour dissiper un peu cette gêne qui est revenue à la charge. Mais ce secret - leur secret - elle n'entend  de toute façon pas le partager.


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