The Walking Dead RPG

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- I just want to forget how to remember -
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Arizona S. Winslet
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MessageSujet: Re: I just want to forget how to remember   I just want to forget how to remember - Page 2 EmptyMar 3 Nov 2020 - 17:37
Alors que je tente d'expliquer les choses à Maeve selon mon point de vue, je ne peux que constater qu'elle semble relativement hermétique à tout cela. Comme si elle campait sur ses positions, que son écœurement pour les personnes vivant dans ce camp était plus fort que tout le reste et que la raison en elle-même. Pourtant, puis-je réellement dire qu'elle a tort ? J'imagine que nous pouvons avoir toutes deux raisons. Les motivations à de telles représailles étaient justifiées, mais la rapidité avec laquelle de simples citoyens – n'ayant pour certains jamais attenté à la vie d'un vivant ou même d'un infecté – était à la fois incompréhensible et révoltante.

A mon tour, je laisse un soupir s'échapper d'entre mes lèvres entrouvertes alors qu'elles s'apprêtaient à plonger une nouvelle fois dans l'alcool. L'instant d'après, c'est chose faite et je prends le temps de laisser passer la brûlure du whisky dans ma gorge avant de reprendre la parole. Je ne leur ai effectivement pas mis un couteau sous la gorge. Du moins, pas directement. Mais tu sais comme moi que cela ne change rien à la réalité. J'ai organisé l'attaque de leur camp. J'ai approuvé sans la moindre hésitation l'idée de l'empoisonnement. Alors si tu veux en vouloir à quelqu'un, c'est à moi. Bien entendu, je n'ai aucune envie que cet événement ne vienne entacher l'amitié de longue date que j'entretiens avec la chirurgienne. Pourtant, une nouvelle fois, je suis prête à endosser la responsabilité d'actes de plusieurs dizaines de personnes. Parce que c'est ce que j'ai toujours fait.

Laissant mon verre tourner quelques instants entre mes doigts, je viens ensuite avaler d'une grande gorgée le reste du liquide brunâtre qu'il contenait. Mon regard quant à lui suit le corps de la brune qui fait à présent les cent pas face à moi pendant que je m'approche légèrement de la table basse pour me resservir. Des moutons. Effectivement, il est possible de voir ça comme ça. Ou bien, nous pouvons également considérer cela comme de la loyauté. Celle qui prouve que la majorité est fidèle à notre cause. Accepte de faire des sacrifices pour le plus grand nombre. Comme Maeve a pu le faire à de nombreuses reprises déjà en endossant sa blouse et en partant au devant de la mort pour tenter de la contrer. Peut-être que je suis la seule à voir les choses ainsi. Mais, après tout, ce n'est que grâce à des personnes comme elle que les personnes comme moi sont encore en vie. Si j'ai fini par devenir une « dirigeante » en quelque sorte, je n'ai été pendant longtemps qu'un mouton comme le dit si bien mon amie. Obéissant aveuglément à des ordres que je ne comprenais pas, pressant mon doigt sur la gâchette pour abattre l'ennemi qu'on m'avait désigné sans me poser la moindre question à son sujet. Cela ne serait donc que pure hypocrisie de ma part, si je rejoignais subitement l'avis de ma colocataire.

Mes iris sont toujours rivés sur la silhouette de la chirurgienne alors que celle-ci s'est arrêtée devant le foyer de la cheminée, observant une ancienne photo, reliquat d'une vie passée et révolue. Silencieuse, je n'ose pas briser ce moment de contemplation qu'elle vit actuellement, et en viendrais presque à sursauter lorsque sa voix brise subitement le silence. Que feras-tu? Voilà une question que je me suis posé à maintes reprises sans jamais être capable d'y apporter la moindre réponse. Déposant mon verre sur la table basse après avoir pris une nouvelle gorgée d'alcool, je me relève à mon tour et rejoins mon amie sans pour autant l'oppresser en m'approchant trop d'elle.

Sa question est justifiée, parfaitement légitime, et si elle me perturbe autant ce n'est que parce que je ne fais que me la poser à longueur de temps depuis près d'une vingtaine d'années. Chaque fois, j'ai su repousser l'inévitable, le relayer au second plan et continuer d'avancer dans cette mer de sang tracée par les cadavres qui jonchent le sol de mon passé. En toute franchise, je n'en sais rien. Il y a des moments où ma conscience profite de mon sommeil pour me chuchoter les pires atrocités. Me rappeler que j'ai été responsable de la destruction de nombreuses familles. Que quiconque ose entrer dans ma sphère trop privée finit par quitter ce monde prématurément. Que mes efforts sont vains et que j'aurai beau justifier mes actes par la logique et le pragmatisme, cela ne fera pas de moi une bonne personne pour autant.

Cette fois, je viens délicatement poser ma main sur l'épaule de Maeve, dans l'espoir d'attirer son attention et de pouvoir planter mes iris dans les siens. Pourtant quelque chose me dit que ce n'est pas uniquement de moi qu'il est question actuellement... Je me trompe ?



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Maeve Wheelan
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MessageSujet: Re: I just want to forget how to remember   I just want to forget how to remember - Page 2 EmptyLun 9 Nov 2020 - 18:26
Lui en vouloir.
Quelque part c'est un fait établi. Maeve en veut à tous ceux qui ont dit oui, qui se sont abaissés à cet empoisonnement massif. Et son amie en fait partie. A été plus que partie prenante. Pôle décisif de ce qui a suivi. C'est bien ce qui la ronge plus que de raison. Ce ne sont pas des étrangers vus au journal télévisé du soir qu'elle peut blâmer et oublier le lendemain. Ce ne sont pas des politiques sur lesquels elle peut cracher et se promettre de ne pas élire au prochain scrutin. Ce n'est pas une catastrophe à l'autre bout du monde qui la touche par compassion mais qui ne l'atteint qu'à moitié parce que le sujet ne la concerne finalement pas. Elle vit avec ces personnes, tous les jours. Tous. Les. Jours. Pire, elle cohabite avec ses deux amies, qui ont choisi une voie qu'elle ne peut comprendre, ou plutôt ne veut comprendre.
Le ressentiment est bien présent, en témoigne les tensions cumulées ces derniers jours, son absence volontaire et son isolement. Il est plus facile de taire ce genre d'émotions quand on n'a pas à les affronter réellement. Mais la chirurgienne ne peut les mépriser, ni les détester. Les comprendre non plus. Pas maintenant. Pas alors que tout est si frais dans sa mémoire, que les failles qui jusque là étaient couvertes d'une fine pellicule de vernis sont à présent béantes. Le vernis craquelle, les faiblesses sont en mises en exergues. Mais ce sont Quinn et Arizona. Même si l'incompréhension est grande, même si des différends les opposent, elle ne peut les haïr. Parce qu'alors... « Il me reste qui, si je me mets à vous blâmer toutes les deux ? Si je me mets à te blâmer toi ? » Ses mots sont égoïstes, la quarantenaire en a conscience. Mais après tant d'années à se préoccuper des autres, à mettre les intérêts de ses patients avant toute chose, après autant d'heures consacrées à réparer des corps et à sauver des vies, elle avait le droit de l'être. Égoïste.
Les gens finissaient tous par partir et elle restait sur le bas côté de la route. Ça avait toujours été ainsi. Amicalement, intimement. Elle refusait de se quereller et d'élargir le fossé avec ses colocataires et prendre le risque de les perdre. Certes, leur relation était solide, mais certains reproches ne pouvaient être oubliés, voire pardonnés.

Ses doigts jouant sur le revers du cadre de la photo qu'elle vient de retourner, elle sent la présence d'Arizona derrière elle mais se refuse à bouger, préférant s'octroyer une nouvelle gorgée. Elle ne rêve que de son futur sommeil de plomb, assommée par les effluves de l'alcool, qui la préserveront au moins quelques heures. Les paroles de son amies font douloureusement écho à ses cauchemars, à ce qui la maintient éveillée la nuit une fois son pansement alcoolisé estompé. Les images, les visages, le sang... jamais auparavant aucune intervention ne l'avait empêché de dormir du sommeil du juste. Mais elle n'avait jamais eu à achever un nouveau-né. Ignoble ironie qu'était cette non certitude concernant les nourrissons. Rien ne prouvait qu'ils pouvaient être contaminés et donc se réveiller. Mais Maeve n'avait pas voulu courir de risques. Maintenant, chaque nuit, elle revoyait sa main tremblante enfoncer ce scalpel dans ce crâne si fragile....
Elle n'avait jamais eu à épancher l'hémorragie d'une personne connue pour tenter de lui sauver la vie, et pourtant, c'est dans la gorge de June qui ses doigts avaient fini, incertaine sur l'instant qu'elle pourrait la maintenir en vie. C'est aussi le visage blanc et sans réaction de la rousse qui venait la hanter la nuit.

Une bonne personne.
Ces trois mots se répètent inlassablement dans son esprit. Était-elle encore de ces gens là ? Tout était relatif  dans leur monde. Était-elle une bonne personne faisant de mauvaises choses, ou une mauvaise personne faisant de bonnes choses ? Et ses amies ? Qui pouvait se targuer d'être blanc comme neige au point de tous les juger ? Comme elle le faisait pour les autres.... Hypocrite. « Est-ce qu'il reste ne serait-ce qu'une bonne personne quelque part ? » Pure rhétorique. Elle en doutait. Ils étaient tous des survivants, et ça impliquait fatalement des choix regrettables et regrettés.

La main sur son épaule la fait sursauter et elle ferme les yeux, terminant son verre d'une traite avant de le poser sur le bord de la cheminée. Lentement, elle se tourne pour faire face à Arizona, la pénombre aidant pour supporter le face à face. « Rien ne change. » Elle murmure presque, dans l'intimité de son salon, de leur salon. « Peu importe ce que je fais, ce que nous faisons, rien ne change. Ces... choses dehors ne baissent pas en nombre, les menaces affluent, toujours plus dangereuses, les ennemis se rapprochent. Rien ne changera jamais Ari. » Défaitiste, elle ne voit plus le bout du tunnel. Son pragmatisme et sa raison se sont envolés. Ne reste que le néant. « Je suis fatiguée. » Doucement, sa tête vient se poser sur l'épaule de la jeune femme, fermant les yeux pour tenter d'évacuer son trop plein d'émotions.  « Tellement fatiguée... » Elle ne parle pas de sommeil en retard, même si les nuits sont courtes, mais bien de cette fatigue psychique qu'il est impossible de récupérer.


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Arizona S. Winslet
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MessageSujet: Re: I just want to forget how to remember   I just want to forget how to remember - Page 2 EmptyMar 10 Nov 2020 - 7:23
Il est évident que je ne tiens absolument pas à perdre l'amitié de Maeve. La relation que j'entretiens avec la chirurgienne est bien évidemment très précieuse à mes yeux, s'est construire avec le temps pour devenir quelque chose de solide. Quelque chose que j'ai toujours cru indestructible malgré les épreuves que nous aurions à traverser. Car nous le ferions ensemble. Car, quoi qu'il arrive, elle aurait toujours mon soutien inconditionnel. Pourtant, en cet instant, je ne peux que douter de ce qui était avant une certitude. Est-il réellement possible d'imaginer qu'un quelconque lien est indéfectible ? Je n'en sais rien.

Pourtant, malgré tous les maux qui me troublent moi-même, je suis prête à accepter d'être l'unique personne à être blâmée pour les décisions qui ont été prises au banquet. Je n'étais bien évidemment pas la seule ce jour là, mais je pense comprendre sans mal où se trouve le problème actuellement. La chirurgienne ne s'est pas cachée, même ce soir là, de donner son avis personnel sur les choix qui avaient été faits. Et j'imagine que le pire dans tout cela est que Quinn et moi avons fait partie des instigateurs de ces représailles dures et sans appel. Nous qui sommes ses amies, en plus d'être ses colocataires. Qu'elle se devra de croiser au quotidien, à cause de cela. Et qui lui rappelleront chaque fois ce qui a été fait.

Un léger soupir m'échappe alors que je fais lentement tournoyer le liquide présent dans mon verre en l'observant d'un œil distrait. Je te l'ai dit. Si le fait de me blâmer pour ce qui s'est passé et la réaction qu'ont pu avoir les habitants du Fort peut t'apaiser, fais-le. Cela ne changera pas le fait que je resterai là pour toi quoi qu'il arrive. Cette dévotion, que je peux avoir envers les causes que je sers, je l'ai également envers mes amis. Mes proches. Peut-être la famille que j'ai tenté de me construire au cours des dernières années. Celle dont je me suis privée toute ma vie sans réellement me rendre compte que cela créerait un manque, un vide impossible à combler. Une longue lampée d'alcool ingurgitée plus tard, je me relève et pose mon verre à moitié plein sur la table basse avant de rejoindre la brune près de la cheminée.

Je me tiens à quelques pas d'elle, me contentant de l'observer et de répondre à ses questions en toute franchise. Sans essayer d'enjoliver les choses car cela serait bien inutile. Se voiler la face sur nos méfaits, bien qu'effectués dans une démarche se voulant positive, n'aidera en rien à aller mieux. Cela ne ferait que retarder l'inévitable, cette prise de conscience douloureuse que nous ne sommes pas de bonnes personnes. C'est d'ailleurs au moment même où l'idée qu'il ne reste certainement plus ce genre d'être humain de nos jours que mon amie me pose la même question. Haussant les épaules, je ne sais trop quoi répondre. Je pense qu'au fond nous avons déjà tous la réponse à cette question. La bien-pensance comme nous la connaissions auparavant n'a plus sa place dans ce monde. Et j'imagine que la définition même du Bien et du Mal a changé au fil des années. Je sais bien que je n'apporte pas de réponse directe à sa question, mais je sais également qu'elle n'en attendait pas réellement. Il s'agissait plus d'une réflexion à voix haute, d'une interrogation rhétorique qui lui aurait traversé l'esprit et n'aurait pas attendu avant de franchir la barrière de ses lèvres.

Finalement Maeve se tourne vers moi et me fait face. Mes yeux plantés dans les siens, malgré la pénombre dans laquelle nous nous trouvons, je soutiens son regard avec toute la force dont je dispose. Comme si cela allait permettre de la lui transmettre, afin qu'elle puisse affronter les démons qui la dévorent de l'intérieur. Puis, ses mots me heurtent. Me renvoie une réalité que je m'applique quotidiennement à ignorer. Pourtant, elle est bien là. Et c'est particulièrement douloureux. Je sais bien que la chirurgienne a raison. Que, quoi que nous fassions, les années nous ont prouvé que cela ne changeait pas grand chose à la face du monde. Au contraire, il serait même possible de se dire que les choses deviennent de pire en pire. Les morts continuent d'affluer à l'extérieur de ces murs. Nos ennemis se font de plus en plus grands et puissants, la preuve en est avec New Eden. Il nous faut cependant garder espoir. Car si nous baissons les bras maintenant, qui sera en mesure d'aider les autres ? Depuis tant d'années maintenant, nous travaillons d'arrache-pied à essayer de mettre au point une solution à tout ça. Les scientifiques et leurs tentatives d'élaboration d'un vaccin parfaitement efficace contre le virus. Nous, à la sécurité, qui sommes prêts à tous les sacrifices pour protéger Fort Ward. Je refuse de me dire que nous avons fait tout cela pour rien. Car cela signifierait que bien des vies ont été sacrifiées sans but. C'est hors de question.

Je laisse mon amie s'approcher et lorsqu'elle pose sa tête sur mon épaule, je viens immédiatement l'entourer de mes bras pour lui offrir une étreinte chaleureuse et se voulant la plus réconfortante possible. J'entends ses mots et en devine rapidement la portée. Cela n'est pas uniquement une fatigue physique due à des troubles du sommeil depuis quelques jours. Elle est plus importante, plus grave. Une fatigue psychologique profonde et douloureuse. Délicatement, l'une de mes mains caresse le dos de la brune alors que l'autre vient se glisser dans ses cheveux avec une grande douceur. Celle que peu de gens peuvent se targuer d'avoir pu expérimenter avec moi. Uniquement mes proches, qui se comptent certainement sur les doigts d'une seule main. Je sais... C'est presque un murmure, une concession dans l'intimité de cette étreinte. Pourtant, si nous baissons les bras maintenant, cela voudra dire que nous aurons fait tout cela pour rien. J'ai bien conscience que je ne peux effacer tous les maux qui te font souffrir, Maeve... Mais je suis là pour toi. Et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour t'épauler, partager tes peurs et tes souffrances, les joies et les peines, quoi qu'il puisse se passer. Pour ça, il suffit simplement que tu l'acceptes...



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Maeve Wheelan
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MessageSujet: Re: I just want to forget how to remember   I just want to forget how to remember - Page 2 EmptyVen 13 Nov 2020 - 16:53
Elle ne la mérite pas.
C'est le constat glaçant qui pénètre sa matière grise quand son amie l'invite à nouveau à se décharger sur elle en lui promettant d'être toujours là quoi qu'il arrive. Bon sang ce qu'elle pouvait être nombriliste et injuste. Elle ne lui avait envoyé que des reproches et un certain mépris et elle récoltait une amitié inconditionnelle. Elle ne croyait pas en ce genre de choses mais elle avait du faire de sacrées prouesses dans une autre vie. La chirurgienne n'avait cependant pas envie de la blâmer plus encore, pas plus qu'elle n'avait la force de supporter cette rancoeur et cette colère sourde qui l'entraînaient vers le fond. C'était usant. Ce n'était pas elle. En tout cas pas une partie que la canadienne avait envie de rencontrer encore dans le reflet de son miroir. L'ancienne Maeve lui manquait. Professionnelle, avenante, attentionnée, discrète. Pas cette loque humaine qui continuait d'avancer la tête trop chargée et les épaules trop lourdes. Leur monde ne lui offrirait plus cette légèreté d'antan mais elle voulait au moins retrouver un peu de cette sécurité et cette paix intérieure durement gagnées. Elle pensait au moins mériter ça à défaut d'autre chose.

Arizona a raison. La notion abstraite de Bien et de Mal n'avait plus sa place dans ce monde. Pas dans cette dualité d'autrefois. C'était devenu un spectre un peu trop flou dont les contours changeaient de forme au fil des décisions. Ils étaient peut-être des gens biens capables du pire, ou des monstres capables du meilleur, mais surtout des survivants avant tout. Et la doc ne pouvait pas continuer à évoluer au sein de Fort Ward en continuant à semer ses griefs sur les autres habitants ou à les juger de son piédestal. Elle avait eu le choix. Celui de dire non, celui de s'opposer ouvertement à cette décision sans qu'on la blâme, de rentrer chez elle et réparer les dégâts au dispensaire. On lui avait laissé son libre arbitre. C'était important. Plus qu'elle ne l'avait pensé sur l'instant. L'aurait-elle eu ailleurs ? Dans un autre camp ? Avec un autre groupe ?
Quel autre chois sinon celui de passer à autre chose et de continuer à avancer ? Les cauchemars finiraient par diminuer en nombre et en intensité, les images s'effilocheraient et s'effaceraient au profit d'autres moins traumatisantes et la rancune se tarirai. Et elle continuerait d'avancer, comme elle l'avait toujours fait.

À présent tout contre Arizona, elle se laisse aller, relâchant la pression alors qu'elle se fond dans son étreinte. C'est un pilier, une bouée dans l'océan de ses émotions qui ressemblent à un ras de marée. Ses bras viennent à son tour encercle sa taille alors qu'elle se laisse bercer comme une enfant. Ce n'est pas dans ses habitudes, elle qui se targue d'être forte malgré les circonstances. Il fallait croire que chacun avait ses limites et à trop tirer sur la corde, celle-ci finissait par céder. Ses mots la réconfortent, l'apaisent. Les yeux toujours fermés elle resserre son étreinte, les mots restant coincés quelques instants dans sa gorge. « On dirait une demande en mariage. » Un léger rire, davantage nerveux que signe de bonne humeur passe sa gorge. L'humour comme renfort de son mal être. « Je ne te mérite définitivement pas. » Elle n'a pas envie de s'écarter, pas envie d'affronter un autre regard pour le moment. Elle est bien là, dans cette bulle amicale et intime, loin des autres, loin de tout. « Et je sais que tu as raison. Je ne peux pas continuer comme ça. Je ne peux pas continuer avec cette colère, avec cette rancune. J'ai besoin d'avancer. » Elle avait surtout besoin d'une pause qu'elle ne pouvait pas se permettre de prendre. Et d'arrêter de s'enivrer chaque soir pour noyer ses démons. « Je ne suis pas d'accord avec ce qui a été fait mais je ne peux pas te juger d'agir pour ma sécurité et ensuite t'en vouloir d'avoir effectivement fait quelque chose de moralement discutable. » C'était égoïste, hypocrite et injuste et Arizona méritait mieux. Tout comme Quinn.... avec qui elle avait adopté le même comportement.

Se reculant juste assez pour replonger son regard dans celui de son amie, elle ne se défait pas pour autant de ce contact rassurant qu'est leur étreinte. À défaut de se sentir mieux, Arizona a au moins eu le mérite de lui ouvrir les yeux sur son comportement et la faire se remettre en question sur ses jugements un peu trop nobles et hors propos. C'était aussi ça la communauté, la survie. Accepter les autres, leurs défauts. « Qu'est ce que je ferai sans toi hein ? » Doucement elle vient caresser sa joue, un sourire un peu triste sur ses lèvres, consciente qu'une amie comme était précieuse et se conservait. « Promets moi de m'assommer si tu me revois toucher à cette bouteille. » Car s'enfermer dans ce nouveau cercle vicieux n'était clairement pas la solution.

Parfois, il y avait mieux qu'un bon coup de pied aux fesses. Il y avait une amie aussi parfaite que l'est Arizona présentement.


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MessageSujet: Re: I just want to forget how to remember   I just want to forget how to remember - Page 2 EmptySam 14 Nov 2020 - 13:44
Jamais je n'ai tenté de me targuer d'une capacité de réconfort particulière, d'avoir le savoir nécessaire pour dire les bons mots au bon moment. Après tout, depuis deux décennies, ce qui m'a définie majoritairement n'a été autre que ma capacité à combattre. A savoir discerner efficacement les choses sur un champ de bataille, être une arme plus qu'une personne à part entière. Alors je dois avouer que je suis moi-même surprise d'être capable d'une telle efficacité en cet instant. Car si je ne peux deviner ce qui se passe dans l'esprit de mon amie, je peux toutefois constater le changement dans son attitude en comparaison à lorsque je suis rentrée à la maison. Elle était prostrée sur le canapé, tentant de dissimuler ses démons derrière la barrière éphémère de l'alcool. A présent, la voilà contre moi, profitant d'une étreinte la plus chaleureuse et rassurante possible.

S'il est bien une chose que l'on ne peut m'enlever, c'est bien ma loyauté. Elle concerne tant les causes que je sers, les personnes que je défends, que ceux que je considère comme étant mes proches. Bien évidemment, Maeve fait partie de cette dernière catégorie et ainsi ma fidélité à son égard n'a de limites que celles qu'elle saurait m'imposer elle-même. Quoi qu'elle puisse penser de moi, dire de moi, je serai présente à ses côtés aussi longtemps qu'elle le voudra. Aussi, j'accepterai de porter le fardeau des reproches qu'elle souhaite faire à toute une communauté si cela permet de l'apaiser ne serait-ce qu'un peu. Je serai toujours l'épaule sur laquelle elle pourra se reposer, l'oreille dans laquelle elle pourra se confier.

Pourtant, l'ambiance pesante qui nous entourait depuis tout à l'heure semble s'estomper peu à peu alors même que la chirurgienne s'autorise une remarque sur les mots que je viens d'avoir. Si son rire semble relativement nerveux, le mien est amusé et j'en profite d'ailleurs pour rebondir sur ses dires. Si ça peut te faire plaisir, je peux poser le genou à terre tu sais? Je tente de l'aider à se détendre, à penser à autre chose. Et si cela implique de simuler une véritable demande en mariage, je n'hésiterai pas à me couvrir de ridicule afin d'arracher un sourire à mon amie.

Ses bras entourant ma taille me permettent, sans même qu'elle n'en ait conscience, de me détendre également. Car si depuis tout à l'heure je me focalise sur Maeve, cela ne veut pas dire pour autant que j'en oublie mes propres troubles. Je ne fais pas la moindre remarque lorsqu'elle m'annonce estimer ne pas me mériter. Pourtant c'est le cas. Elle mérite cette amitié au même titre que n'importe qui d'autre pouvant prétendre la détenir.

Gardant la brune dans mes bras bien que nous nous séparions de quelques centimètres pour pouvoir nous observer, je sens un frisson parcourir mon corps et mon cœur légèrement s'emballer lorsque la main de cette dernière se glisse sur ma joue. Je tente d'inspirer longuement afin de réprimer cette envie irrésistible qui tente de me pousser à franchir la barrière de l'interdit et voler un baiser à cette femme qui m'attire depuis bien longtemps. Cela ne ferait que compliquer davantage les choses. D'autant plus que je suis à peu près certaine que cette attirance n'est pas réciproque. Parfois, mieux vaut souffrir de ses propres désirs que risquer de perdre une amitié si précieuse à mes yeux.

Alors, je prends une nouvelle fois sur moi et affiche un léger sourire de façade, dissimulant au mieux le trouble que cette situation provoque en moi. Ne t'en fais pas, c'est une question qui ne se pose pas. Tu es bien plus forte que tu ne le crois, et je le sais. Même sans moi, tu te débrouillerais sans mal. Mais rassure-toi, je ne compte pas partir de si tôt. Pourtant je ne peux évidemment rien promettre. Après tout, nous ne savons jamais de quoi demain sera fait. D'autant plus avec la menace de New Eden planant au dessus de nos têtes au quotidien.

C'est promis. Et tu sais que je n'ai qu'une parole. Un léger sourire vient étirer mes lèvres avant que je n'attire une nouvelle fois la chirurgienne contre moi pour lui offrir une étreinte sincèrement affectueuse, protectrice.

- FIN -




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MessageSujet: Re: I just want to forget how to remember   I just want to forget how to remember - Page 2 Empty
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