The Walking Dead RPG

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- I just want to forget how to remember -
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Maeve Wheelan
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MessageSujet: I just want to forget how to remember   I just want to forget how to remember EmptyJeu 22 Oct 2020 - 12:07
Poussant la porte de sa maison, elle cherche à tâtons l'interrupteur du salon, clignant plusieurs fois des yeux face à l'attaque désagréable de la lumière électrique. Il fait nuit depuis une bonne heure maintenant et la jeune femme ne prend même pas la peine de jeter un coup œil à la pendule accrochée au mur. Depuis plusieurs semaines maintenant elle retarde de plus en plus le retour entre ces quatre murs, préférant la sécurité toute relative du dispensaire. Là-bas au moins, elle ne pense pas. La surcharge de travail qu'elle s'est elle-même imposée est là pour palier aux dérives de ses pensées. Se focaliser sur une tâche puis sur une autre sans prendre la peine de souffler est plus salutaire que tout le reste.
Ici elle étouffe, se sent prisonnière de ses démons, tapis dans l'ombre et attendant qu'elle passe la porte pour venir à nouveau la hanter. Incrustés dans la peinture, dans cette odeur familière qui autrefois la rassurait, dans le parquet qui craque à certains endroits, dans le confort de son canapé.

Déposant son sac à l'entrée, elle retire ses chaussures et son manteau dans des gestes lents. Il règne un silence de mort ici et elle juge, à juste titre, que ses colocataires sont absentes. Elle retient un soupir de soulagement. Depuis les événements d'octobre, l'ambiance est électrique dans la maison et les relations plus que tendues. Chaque fois que Maeve pose ses yeux sur les deux jeunes femmes elle se revoit dans la salle de classe, entend à nouveau la voix de June faire tomber le couperet, et presque tous les autres aller dans son sens, certains à reculons mais d'autres portés par une farouche volonté de vengeance. Tués. Ils les avaient tous tués. Comme ça. D'un simple claquement de doigts leur destin avait été scellé.
Récupérant une bouteille de scotch dans la cuisine et un verre, elle se traîne jusqu'au salon, éteignant le plafonnier pour se contenter de la lampe de chevet à côté du canapé, s'affalant sur celui-ci. Dans un geste devenu mécanique elle dévisse la bouteille et se sert sa rasade quotidienne. Elle qui ne buvait jamais ou seulement de manière très occasionnelle, trouve dans l'alcool l'oubli qu'elle recherche depuis trop longtemps. Le sommeil continuant de jouer aux abonnés absents, elle n'a trouvé que ce rituel morbide et un brin pathétique pour s'anesthésier, repousser les cauchemars, au moins pour quelques heures, filtrer les images et ses pensées pour un temps certes déterminé mais salutaire.

Ce n'est plus le vaccin et le sérum qui la maintiennent éveillée, et la canadienne regrette presque le temps où ils étaient ses deux principaux soucis. Ces dernières semaines ne l'ont pas épargnée. Chaque soir, seule, dans ce calme glacé, dans ce silence pesant, elle revoit le corps du petit homme prématuré, les pleurs de sa mère. La culpabilité et l'échec s'en mêlent. Mais ce n'est pas le pire. Spectatrice, elle se revoit enfoncer la lame du scalpel entre ses fontanelles pour ne pas qu'il se réveille. Elle avait attendu qu'il parte mais c'était elle qui l'avait tué une seconde fois, être si fragile dépassant à peine les huit-cents grammes. Impuissant, trop pur. Ça avait été si facile, et pourtant si douloureux.
Passant une main sur son visage elle finit par glisser dans ses cheveux et retire le crayon qui les maintient relevés, s'octroyant une première rasade d'oubli liquide.
Le nourrisson disparaît et cède sa place à l'image de June, baignant dans son propre sang, ses cheveux roux collés et rougis par le liquide vital et poisseux. Elle se revoit à califourchon sur elle, les doigts dans la plaie béante de sa gorge. Elle revoit leur dispute, les reproches quelques jours plus tôt, et finalement ce sauvetage in extremis. Au moins elle ne s'était pas trahie. Pas comme d'autres. Tous ces habitants se pensant bons, amicaux, attentionnés et généreux, et qui n'avaient pas hésité à user de tromperies et de mensonges pour tuer. Le poison. L'arme des lâches. Il y avait eu des blessés, mais ils avaient obtenu gain de cause. Ils pouvaient reprendre leur quotidien en oubliant qu'ils avaient été pire que les montres qu'ils avaient pointé du doigt. Leurs œillères feraient le reste évidemment. Le déni était un bon leitmotiv pour continuer d'avancer.

Son regard se perd dans le vide alors qu'elle s'offre une seconde gorgée. Le poison. Quinn.... elle secoue la tête, refusant d'y penser maintenant. Trop de squelettes dans le placard de son esprit. Trop de rancoeur. Si ce n'était l'une, c'était de toute façon l'autre. Arizona....
Elle ferme les yeux un instant, serrant les mâchoires. La toubib n'avait pas voulu cracher son venin sur ses deux amies, pas voulu les blâmer pour leur choix quand elles avaient respecté le sien, pas voulu prendre le risque de les perdre. Il lui resterait quoi alors ? Il lui resterait qui ? C'était égoïste, et sans doute un peu lâche. Éviter le conflit pour ne pas se retrouver seule à nouveau dans cette grande maison vide maintenant remplie de fantômes.
Une troisième gorgée et elle se prend le visage dans une main, les yeux fixés au sol. C'était ça sa vie maintenant.  


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Arizona S. Winslet
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MessageSujet: Re: I just want to forget how to remember   I just want to forget how to remember EmptyJeu 22 Oct 2020 - 15:53
Les images se succèdent, tels des flashs impossibles à effacer. J'ai beau fermer les yeux au point de m'en faire mal, je ne peux rien y faire. Du sang, beaucoup trop de sang. Mon poing se serre, au même titre que mes mâchoires, et vient s'écraser sur le mur en faisant craquer mes phalanges. Celles-ci sont devenues bleues, douloureuses, à force que je les maltraite de la sorte. Adrian. June. Comment aurais-je pu supporter de la perdre, elle aussi ? Elle a failli mourir. Et je n'étais pas là pour la protéger. Je ne suis qu'une incapable. Voilà la vérité. Les gens qui se trouvent autour de moi meurent, souffrent, et je ne suis pas en mesure de leur porter secours.

Je rouvre les yeux en lançant un regard plein de haine à mon poing, tremblant, comme s'il incarnait à lui seul cette faiblesse que je hais tant. J'inspire longuement pour ravaler les larmes de colère qui menacent de poindre aux coins de mes yeux et relève la tête vers le ciel étoilé. Depuis combien de temps n'ai-je pas fermé l'oeil ? Ou même ne serait-ce que posé un pied à la maison ? Certainement depuis que June se trouve au dispensaire. Je refuse de quitter son chevet, hormis lorsque Valentine est présente. Dans ce cas, je me contente de patienter à l'extérieur. Je me sens si responsable. Pourtant, l'avocate a fini par m'ordonner de rentrer et de me reposer. Chose que je n'ai accepté qu'à condition que quelqu'un me remplace pour surveiller les lieux. De la paranoïa ? Peut-être bien. Mais si cet incident avait fait naître des idées chez certaines personnes ? Je ne peux me permettre de prendre ce risque.

Lentement, dans un mouvement parfaitement mécanique, mes pas me ramènent vers ce chez-moi supposé apporter sécurité, chaleur et bien-être. Pourtant, depuis le banquet les choses sont bien loin d'être de cet acabit. L'ambiance est électrique, comme si la moindre étincelle menaçait de brûler tout ce qui se trouve à cet endroit. Maeve n'avait pas caché son désaccord quant aux représailles décidées au sujet des Skagits. Et si nous avions tous respecté ce choix, il semblerait que cela ne soit pas réciproque. De fait, c'était une raison supplémentaire de ne pas chercher à rentrer.

En poussant la porte, je m'attends presque à me faire sauter dessus par Tank avant de me souvenir que Layla a accepté de le garder quelques jours afin que je puisse veiller sur notre leader. Comme d'habitude, un silence presque morbide règne dans la maison. Ce n'est qu'en faisant quelques pas à l'intérieur, après avoir déposé ma veste dans l'entrée machinalement, que je me rends compte qu'il y a de la lumière au salon. Je m'avance dans cette direction, tirant instinctivement sur les manches de mon pull pour dissimuler l'état de mes mains résultant de cette colère noire et irrépressible, avant de m'arrêter dans l'encadrement de la porte.

Mon regard se pose sur Maeve, que je vois tenir un verre d'alcool. C'est assez rare pour en devenir surprenant. Voire même inquiétant. Suis-je surprise ? Je n'en sais rien. Cela ne ferait que s'ajouter à la liste des gens que j'apprécie et que je ne suis pas en mesure d'aider, contrairement à ce que je me suis toujours dit. M'éclaircissant légèrement la voix, tant pour ne pas qu'elle soit éraillée que pour attirer l'attention de la chirurgienne, je croise les bras sans la quitter des yeux. Je peux me joindre à toi ? Boire, et d'autant plus seule, ça ne te ressemble pas. Il y a un brin d'inquiétude dans ma voix, malgré tout. Malgré cette tension qu'il y a depuis les derniers événements. Malgré mon esprit tourmenté de toutes parts. Je dois avouer que je n'ai pas envie de négliger encore une fois quelqu'un à qui je tiens.



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MessageSujet: Re: I just want to forget how to remember   I just want to forget how to remember EmptyMar 27 Oct 2020 - 10:52
Dans la brume de son cerveau elle entend vaguement la porte d'entrée s'ouvrir, s'interdisant de relever les yeux dans cette direction. Elle ne désire rien de plus que quelques secondes supplémentaires de ce flou, de cet entre-deux entre une réalité trop brute et un début de légère alcoolisation qui agit comme un pansement nécessaire. Quelques secondes. Juste ça. La tête dans une main, elle fait tournoyer ce qui lui reste de breuvage dans le fond de son verre. Elle n'en apprécie même pas le goût réellement, juste l'effet qu'il produit sur un organisme peu accoutumé à en consommer.
La chirurgienne entend des pas feutrés se rapprocher mais conserve les yeux baissés. Elle a envie de disparaître, de devenir invisible, de ne pas se confronter à un quelconque affect ce soir. Juste oublier. Tout oublier. Au moins quelques heures. Ça ne peut être que Arizona ou Quinn et égoïstement elle n'a envie de voir ni l'une ni l'autre. Elle doit paraître si pathétique dans le fond, recroquevillée ainsi dans la pénombre du salon dont la seule source de lumière provient d'une simple lampe de chevet. Au moins les ombres cacheraient son teint cireux, ses joues creuses et les cernes violacées qui alourdissent son regard depuis déjà trop longtemps.

Un raclement de gorge, puis la voix de son amie. Elle se redresse quelque peu, tentant de reprendre forme humaine alors qu'elle gagne quelques secondes avant de relever les yeux sur elle. Arizona a raison, boire ne lui ressemble pas, et cette simple constatation devrait tirer la sonnette d'alarme dans l'aspect purement médical de sa personnalité. Mais elle refuse d'être le docteur Wheelan quand elle rentre le soir. Trop de responsabilités, trop d'enjeux, trop de décisions prises sur le fil du rasoir et de vies entre ses mains. Elle n'a plus la force de porter les espoirs des uns ou d'encaisser la peine des autres. Plus la force de compatir à leurs problèmes, leurs attentes, comme si elle leur devait quelque chose de par sa fonction seule. C'était devenu normal. Elle était médecin, elle soignait. Et ils oubliaient. Les images qu'elle supportait. Les traumatismes qu'elle emmagasinait. Les échecs qu'elle surmontait. Ils oubliaient. Et c'est sans doute ce qu'ils faisaient le mieux ici. Se mettre des œillères, se planquer derrière une justice toute personnelle et continuer à avancer. Ils avaient raison en un sens et elle les détestait encore plus de parvenir à le faire si aisément. Pathétique. Elle devenait pathétique. Pauvre petite fille marquée par la vie. Pauvre conne.

S'auto-flageller ne l'aiderait pas, mais à défaut d'être plus sain il valait mieux qu'elle tourne sa colère contre elle-même que vers les autres. Elle ne donnait pas chère de sa peau sinon. Plantant enfin ses prunelles sur celle de son amie, elle acquiesce mollement. « Je fais un tas de choses qui ne me ressemblent pas ces derniers temps... » Elle retient un rire cynique, inspirant profondément avant d'expirer bruyamment. Et malgré son besoin de solitude et d'oubli, elle n'a pas la force de refuser ce droit à sa colocataire ni la force de lui dire non. « Tu sais où sont les verres... » Invitation à double teinte alors qu'elle se décale sur le canapé. Elle n'a pas envie d'être la dernière des salopes avec elle alors même que la toubib évite sa présence depuis.... elle ne savait plus quand.
Ce n'était pas vraiment compliqué. Ses deux amies semblaient aussi se soulager aisément de sa présence, comme une loi devenue tacite entre elles. Maeve ne les blâmait pas. Pas pour ça en tout cas. Elle les remerciait même secrètement d'être le moins possible entre ces murs, refusant pourtant l'option de leur demander de partir. C'était un non sens absolu, un égoïsme tout relatif, de désirer la solitude et de refuser qu'elles la quittent. C'est en général ce que finissait par faire les gens dans sa vie, la laisser, et même si les tensions s'accumulaient, elle n'avait ni l'envie ni la force de supporter ça une fois de plus.


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Arizona S. Winslet
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MessageSujet: Re: I just want to forget how to remember   I just want to forget how to remember EmptyMar 27 Oct 2020 - 16:20
Ce serait bien évidemment mentir que de dire que je ne m'étais pas rendue compte de la tension qui régnait depuis les récents événements au sein de la maison. Nous avions chacune pris position sur les actions à mettre en place concernant les Skagits et leurs agissements. Si de mon côté j'ai été en charge de l'organisation de l'expédition punitive sur leur camp, Quinn quant à elle prit la décision de synthétiser le poison qui serait utilisé au banquet. Des solutions radicales mais malheureusement nécessaires. Des choix ayant impliqué un grand nombre de morts, avec lesquels nous devront chacune vivre au quotidien en lutte avec notre conscience. Pourtant, si une majeure partie des personnes présentes ce soir là prirent la décision d'être de connivence avec ce plan, cela ne fut pas le cas de Maeve. Elle n'avait d'ailleurs pas hésité à faire part de son dégoût pour de telles méthodes avant de quitter la salle de classe accueillant exceptionnellement une réunion des plus importantes.

Depuis ? Nous ne nous adressions presque plus la parole. Chacune d'entre nous se terrait au maximum dans son travail et les responsabilités que cela impliquait. Une manière, peut-être, de ne pas avoir à affronter en face les différents que nous avions. Une sorte de fuite, que nous avions toutes instinctivement choisi. Soit par simple nécessité de s'isoler pour son propre bien, soit pour éviter les conflits, peut-être même simplement par obligation de nos postes respectifs. Quoi qu'il en soit, la tension présente dans la colocation était plus que palpable. Presque étouffante.

Patientant toujours dans l'encadrement de la porte, les bras croisés sur ma poitrine, j'observe la chirurgienne pendant quelques instants avant de me racler la gorge pour attirer son attention. Si je ne doute pas un seul instant de l'importance des griefs qu'elle a à mon égard, cela ne veut pas dire pour autant que je me désintéresse d'elle ou de ce qu'elle peut traverser. La voir boire seule, alors que cela ne fait en rien partie de ses habitudes, m'inquiète énormément. Raison pour laquelle je décide de lui demander la permission de la rejoindre pour un verre.

Silencieusement, suite à sa réponse, je me dirige vers l'armoire contenant les verres avant de la rejoindre sur le canapé. Je reste à bonne distance, simplement par politesse vu les relations tendues que nous avons ces temps-ci, avant de me pencher pour attraper la bouteille et me servir un verre. Si tu préfères que je m'en aille, tu peux le dire. L'épuisement rend peut-être ma phrase plus abrupte qu'elle ne devait être à la base, raison pour laquelle je relève mon regard vers la brune à mes côtés et me permets d'ajouter quelque chose. J'ai bien remarqué que tu faisais ton possible pour ne croiser aucune de nous. Effectivement, malgré les récents événements et tout ce qu'ils impliquaient, je n'étais pas devenue aveugle pour autant. Peut-être même – non, c'est certain – que son comportement me peinait bien plus que je ne voulais réellement l'admettre. Car Maeve fait partie du peu de personnes que j'estime pouvoir compter dans mes proches. Force est de constater qu'il ne s'agit peut-être, en fin de compte, que d'une considération à sens unique.

Je vois bien que ça ne va pas. Sinon tu ne serais certainement pas en train de boire, d'autant plus seule et presque dans le noir. Et... Quoi que tu puisses penser de moi, je reste là pour t'écouter et t'aider si je le peux, comme je l'ai toujours fait.



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MessageSujet: Re: I just want to forget how to remember   I just want to forget how to remember EmptyMer 28 Oct 2020 - 12:03
« Je ne veux pas que tu t'en ailles. » Le ton est sans doute plus abrupt que la quarantenaire ne l'aurait souhaité, comme une réponse direct à celle de son amie et elle ferme les yeux, détestant son attitude. La dernière chose qu'elle souhaite est remettre de l'huile sur le feu à une situation déjà tendue de base. Tiraillée entre la culpabilité de faire sentir à ses deux amies les plus propres et les plus chères qu'elle est mal à l'aise en leur présence et la justesse de son ressenti qu'elle veut légitime en grande partie. Elle élude donc la question ou plutôt le constat de Arizona, expirant à nouveau lourdement. Elle ne sait comment retranscrire par des mots le maelstrom d'émotions qui bouillonnent en elle depuis les derniers événements. Il n'était jamais facile de remettre en cause ses acquis, même aussi désillusionnés soient-ils, encore plus dans ces circonstances.
S'offrant une nouvelle rasade, elle grimace face au goût du whisky, dernier vestige de sa vie passée. Elle se moque de la qualité de la bouteille, de la valeur attribuée à cette marque en particulier. Il n'est qu'une brûlure désagréable et amère qui lui permet d'échapper à une réalité trop brutale. Maeve n'a jamais été du genre à s'effondrer à chaque épreuve de sa vie. Persuadée que l'on peut remonter chaque pente avec le temps. Mais ce n'était pas qu'une épreuve, mais une suite dont elle n'avait maîtrisé aucun aspect, aucune retombée, aucune conséquence. La goutte de trop. Celle qui fait basculer, qui allonge encore un peu plus le tunnel.  

« Tu ne peux pas m'aider. » Encore une fois le ton est un peu brutal mais pas agressif. Un simple constat. Froid. Et ce n'était pas une attaque dirigée personnellement contre son amie mais une vérité. Personne ne pouvait l'aider sinon elle-même. Son échec, ses désillusions, son esprit. « Je ne me sens comme une figurine en plastique dans une jolie maison de poupées qui n'a pas conscience de son statut de jouet. » Et parce qu'elle sait que sa phrase seule ne veut rien dire elle se sent obligée de continuer. « Je ne suis pas stupide, je sais qu'il y a... quoi... des centaines de gens dans la région qui survivent au jour le jour dans des conditions beaucoup plus difficiles que les miennes. Je sais que je suis une privilégiée dans ce monde. Et quelque part je me suis toujours sentie protégée. » Murée dans un silence depuis plusieurs semaines la chirurgienne ne sait pas vraiment d'où lui viennent les mots. L'alcool probablement, où le besoin d'ouvrir les vannes sans savoir où tout cela la mènerait. « Pas des attaques de ces choses ou des humains. Protégée de l'horreur de l'extérieur. » Présente depuis le début sur Brainbridge Island et gardée pour ses aptitudes médicales, la canadienne n'avait jamais eu à vivre ce que la plupart des survivants avaient eu affronter. « J'ai sincèrement cru que nous étions le dernier bastion d'une société évoluée, avec des règles, un cadre, une politique, une communauté qui continue de promulguer ce que nous avons connu. » Un rire nerveux et teinté d'ironie passe sa gorge. « J'ai choisi de me mettre des œillères, fermant les yeux sur certaines décisions... » Choisissant de ne pas prendre parti pour les anciennes erreurs de son camp, pour les prisonniers, les tortures, et toutes les autres choses auxquelles elle avait assisté au cours de ces cinq dernières années. « Je suis médecin merde. Je n'ai pas choisi cette voie parce que ça faisait bien sur le papier ou en société. J'ai prêté serment. Protéger la vie. Ça compte. Ça doit compter ! Et l'autre jour.... » Elle se revoit dans la salle de classe, au milieu des autres habitants de Fort Ward, après le discours de June, la réaction des autres. « Je les ai vu accepter de décimer un camp entier comme s'ils décidaient du prochain menu de la cantine. C'était... normal... banal... comme une réponse logique et légitime. Ils n'ont pas cherché à trouver d'autres solutions, à discuter, à temporiser. Ils ont juste suivi comme des chiens dociles en pensant accomplir quelque chose de juste. En pensant être dans leur bon droit et des gens biens. Qu'est-ce qui les a différencié des Skagits à ce moment précis ? Rien. Absolument foutrement rien ! Nous ne valons pas mieux qu'eux mais sommes persuadés du contraire. » Usant enfin du ''nous'' et coupant court à une hypocrisie personnelle qu'elle a du mal à accepter.

Parce que ce n'était pas que ''ils'' ou ''eux'' mais bien ''nous''. Elle faisait partie de cette communauté, avait elle aussi participé indirectement à cette politique en l'acceptant silencieusement. Nouvelle gorgée comme pour effacer tous ces propos. L'alcool la fait définitivement trop parlé. La toubib relève enfin les yeux sur Arizona, maintenant installée à ses côtés. « Tu es mon amie, jamais je ne renierai ça. Jamais. Comme jamais je ne m'octroierai le droit de te dire comment agir ou penser. Mais je ne peux pas effacer ce que j'ai vu d'un claquement de doigt ni dire bravo à ce qui s'est passé. Tu as fait ce que tu devais faire Arizona mais je ne serai jamais en accord avec ça. » Et c'était bien ce qui était compliqué à gérer. Cette désillusion d'un tout. De leur leader, des habitants, de la politique qui l'a maintenu en vie cinq ans. Entre hypocrisie et faux semblants qu'elle a elle-même alimentés.


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MessageSujet: Re: I just want to forget how to remember   I just want to forget how to remember EmptyMer 28 Oct 2020 - 15:41
Au moins, même si l'ambiance semble toujours être à couteaux tirés, la chirurgienne ne perds pas de temps avant de m'annoncer qu'elle ne souhaite pas que je m'en aille. C'est une bonne chose, car je dois avouer que je n'avais aucune envie de le faire. Son état m'inquiète et, bien qu'elle ne souhaite vraisemblablement pas de mon aide, je refuse de ne pas me montrer présente pour mon amie. J'estime avoir suffisamment fermé les yeux sur ce qu'il se passait jusqu'à présent. Les derniers événements, l'agression de June entre autres, ne m'ont pas réellement laissé le loisir de pouvoir me comporter en amie modèle. Pourtant, j'aimerais réellement être en capacité de faire mieux.

Portant mon verre à mes lèvres, j'avale lentement une gorgée de whisky sans pour autant montrer la moindre gêne quant à la brûlure qui se fait sentir dans ma gorge à mesure que le liquide s'y écoule. Après tout, cela n'est pas pour sa qualité ni son arôme que nous le buvons en cet instant. Plutôt dans le simple but de tenter de chasser les démons qui nous hantent au quotidien, nous empêchant de fermer l’œil ou de nous regarder dans un miroir.

Une nouvelle fois, la réponse de Maeve ne se fait pas attendre et le verdict tombe tel une chape de plomb sur cette ambiance déjà morose. Je ne peux pas l'aider. Une nouvelle fois, je me dois de faire face à une réalité bien amère. C'est à croire qu'il s'agit d'un problème récurrent. Je ne peux venir en aide à ceux qui me sont chers. Peut-être devrais-je simplement me faire une raison. Accepter l'évidence et comprendre que je ne suis pas en capacité de me rendre utile dans de telles situations.

Évitant le regard de mon amie, mes yeux se perdent dans la contemplation sans intérêt du breuvage présent entre mes mains alors que je fais lentement tourner mon verre entre mes doigts. Silencieuse, je me contente d'écouter les dires de la brune à mes côtés sans l'interrompre. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle se lance dans de quelconques explications de ses tourments, il s'agit donc d'une raison bien suffisante de ne pas l'interrompre. Mais alors que ses mots se suivent, dans un flot presque ininterrompu, je fronce légèrement les sourcils alors que mon cœur se serre. Ses mots m'atteignent profondément, car je m'attends à ce qui va suivre.

D'ailleurs, je ferme les yeux un instant en entendant ma colocataire prononcer les mots que je craignais. L'autre jour. Cela peut paraître parfaitement anodin, mais je sais déjà ce qui suivra. Après tout, elle n'avait pas dissimulé son désaccord face aux méthodes que nous souhaitions mettre en place pour punir l'acte abominable des Skagits. Depuis, les relations au sein de la maison étaient devenues presque toxiques, pour chacune d'entre nous, nous forçant à fuir dans des directions opposées en nous focalisant sur ce qui nous caractérisait le mieux au quotidien : notre travail.

Un long soupir m'échappe et je finis par enfin relever mes yeux vers ceux de la chirurgienne. Ils trahissent ma fatigue, tout comme les siens le font également. Un épuisement tant moral que physique, avec lequel nous nous devons de composer. Au fond de moi, je ressens le besoin d'apporter quelques précisions, bien que je ne doute pas un seul instant qu'elle dispose déjà de toutes ces informations. Ou tout du moins, celles concernant la soirée du banquet ayant mené à toute cette histoire. Le reste, elle ne peut évidemment pas le savoir. Nous n'avons forcé personne à agir, à participer à ce banquet. Mais tu ne peux pas t'imaginer qu'une réprimande et quelques tapes sur les doigts auraient suffi à dissuader les Skagits de continuer leurs actes barbares. Je... Tu n'étais pas là, dans ce hangar au milieu de leur campement, empestant l'hémoglobine et la mort. Observant impuissante les cadavres d'êtres humains saignés comme de simples animaux, sans la moindre considération pour leur condition. Attachés tels des porcs fraîchement conduits à l'abattoir. Ces cuves remplies de sang à ras-bord. Cela n'était pas un simple égarement de leur part... Il fallait mettre un terme à leurs agissements.

Ces images resteront à jamais gravées dans ma mémoire. Elles me hantent encore parfois, lorsque Morphée tente de m'attirer dans ses bras malgré ma résistance. Une nouvelle fois, mes lèvres se plongent dans mon verre et j'avale rapidement plusieurs gorgées d'affilée cette fois. Comme s'il s'agissait d'un besoin impérieux et presque vital. Afin de chasser ces souvenirs que je viens d'évoquer. Faisant à nouveau tourner mon verre entre mes doigts, je soutiens le regard de mon amie sans broncher alors qu'elle reprend la parole.

Ses mots me rassurent, bien évidemment, lorsqu'elle me dit qu'elle refuse de jeter notre amitié aux oubliettes. Celle-ci me tient beaucoup à cœur, davantage encore alors que je prends conscience du peu de personnes que je peux compter dans mon entourage. Elle me dit savoir que je ne faisais que ce qu'il fallait que je fasse, mais qu'elle ne peut approuver cela. Un soupir m'échappe et je glisse une main dans mes cheveux avant de planter une nouvelle fois mes iris dans les siens. Je me dois de prendre des décisions difficiles, Maeve, tu le sais. Pour le bien de ce camp et de ses habitants. Et j'assume l'entière responsabilité de l'attaque qui a été exécutée sur le leur, ainsi que celle d'avoir été partisane de l'idée d'un banquet piégé. Je n'en suis ni fière ni heureuse. Mais, comme tu l'as dit, j'ai fait ce que je devais faire. Protéger Fort Ward est mon devoir. Il me faut assumer les responsabilités que cela implique.

Levant mon verre une nouvelle fois, je le vide en une grande lampée avant de le poser sur la table basse et de reprendre la parole. Je préfère me sacrifier pour que d'autres n'aient pas à le faire. Assumer les conséquences d'actes ayant été commis par un plus grand nombre. Et jamais je ne te demanderai d'approuver mes actes ou mes décisions. Car je dois avouer que moi-même, je n'en suis pas toujours capable. Et cela ne date pas d'aujourd'hui, ni même d'hier. Cela fait plus de vingt ans que j'ai le sang d'un nombre incalculable d'innocents sur les mains. Des personnes qui ne faisaient, eux aussi, que leur travail. Que vivre. Et à qui j'ai arraché la vie sous couvert de patriotisme et d'engagement. Crois-moi... Pas une fois je n'ai été satisfaite d'ôter une vie. Quelle qu'elle soit. Bien sûr, cela n'est vrai que parce que jusqu'à présent je n'ai jamais eu l'occasion de me retrouver face à la personne responsable du meurtre d'Adrian. Et que Roza a éliminé Clyde avant que je ne puisse m'en charger. Car, dans ces conditions là, je sais que je prendrais un plaisir fou à assouvir ce désir de vengeance.



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MessageSujet: Re: I just want to forget how to remember   I just want to forget how to remember EmptyLun 2 Nov 2020 - 17:23
Un instant elle ferme les yeux, tentant de bloquer les images qui pénètrent son esprit au fur et à mesure que son amie donne dans les détails. Non. Elle ne veut pas penser à des cadavres exsangues, pas quand elle se réveille encore en sursaut la nuit avec une impression poisseuse contre ses doigts, pas quand ses rêves continuent d'être alimentés par la vision d'un nourrisson fragile et sans défense dont le crâne offre un trou à son sommet d'où s'écoule un long filet de sang noirâtre. Elle ne veut pas se l'imaginer. Elle n'en a pas la force. Une goutte, juste une goutte de plus dans le vase de ce qu'elle peut supporter et elle implose. La toubib fait avaler la pilule avec une longue gorgée de whisky, se resservant une dose généreuse qui sera également la dernière. S'enivrer était chose aisée quand on avait si peu l'habitude de boire, devenir l'ombre d'elle-même sous le couvert d'une anesthésie liquide en était une autre et certaines limites ne devaient être franchies.
La découverte de leur camp et ce qu'ils faisaient subir aux autres était certes une des pires immondices imaginables. Sauf qu'avant leur arrivée là-bas ils ignoraient tout de cette barbarie. Ce n'était pas la vision de toutes ces victimes qui les avaient décidé à agir et à punir. Ça n'avait été qu'une justification à leur décision, ni plus, ni moins. Maintenant ils pouvaient tous pointer du doigt ces monstres, scander haut et fort qu'ils avaient agi pour le mieux, pour un idéal de justice, pour préserver autrui. Néanmoins, à l'instant précis où la majorité avait parlé, seul le sentiment de dégoût et de s'être fait flouer avait dirigé leur main, et surtout leur opinion. Quant à juger leur régime... il était encore plus aisé de se placer en moralisateur quand la faim ne vous avait jamais tiraillé. Facile de qualifier un humain de monstre quand on n'avait soi même jamais eu à prendre ce genre de décision. Elle ne parlait pas nécessairement pour les Skagits, mais les stupidités proférées par certains habitants du Fort, leur jugement hâtif et méprisant, tout ça lui restait encore au travers de la gorge. « Ça ne justifie pas l'aisance et la rapidité avec laquelle des gens lambda qui n'ont jamais tué ont pu se trahir à ce point presque avec un enthousiasme malsain comme s'il s'était s'agit d'un vulgaire jeu de dames. »

Elle soupire, un brin agacée que Arizona se clame responsable de l'attaque. Quelque part, au-delà de la colère et de l'incompréhension, la jeune femme reste son amie. L'une des plus fidèles. L'une de ses plus chères. « Tu ne peux assumer que tes propres agissements Ari, tu l'as dit toi-même, tu ne leur as pas mis un couteau sous la gorge. » Ils avaient choisi seuls, comme des grands. Et elle ne manquerait pas d'être vindicative au premier qui osera dire que ça lui pèse sur la conscience au dispensaire. « Des moutons.... » Elle se redresse, lentement pour ne pas que la tête lui tourne, et, son verre à la main, commence à faire les cent pas devant la cheminée. « Tous des moutons...pfff... » Pourquoi leur en voulait-elle à ce point ? Elle n'en savait rien, ou n'avait pas envie de s'appesantir sur la question mais le sentiment était là. Brutal, incisif, lui vrillant les entrailles tandis qu'elle continuait de perdre pied. Elle ne s'arrête que lorsque son amie fait allusion à son passé de militaire et aux possibles vies gâchées par un patriotisme meurtrier. Ses doigts courent le long du bois et ses yeux s'arrêtent sur une photo de famille où elle doit avoir à peine vingt-ans. Combien de soldats avait-elle traités en traumatologie ? Combien dont les séquelles étaient plus que physiques et dont l'esprit, trop torturé, ne se réparait jamais, même une fois leur corps remis en état ? Combien de vie gâchée en échange d'une reconnaissance toute relative et de belles médailles ? Combien de vie gâchée détruites ces cinq dernières années durant leur politique expansionniste ? Combien de temps avait-elle fermé les yeux parce que ça l'arrangeait ?

« Et que feras-tu ? » De sa main libre elle retourne la photo de ses parents face cachée au-dessus de la cheminée. « Quand le poids de ta conscience sera si lourd que tu n'oseras même plus te retourner de peur d'y voir trop de fantômes ? » Le ton se meurt, si bien que l'ont peut aisément comprendre que ce n'est ni un reproche, et encore moins une attaque. Une vérité. Absolue. Autant dirigée vers son amie que sur elle-même. Que fera-t-elle, la grande chirurgienne, quand les victimes seront plus importantes que les vies sauvées ? Quand elle n'aura même plus la force d'affronter son reflet dans le miroir ? Elle avait perdu un patient récemment. Un nourrisson. Et elle l'avait achevé. Il était déjà mort, son geste n'avait été guidé que par la compassion. Les images pourtant restaient, ainsi que la sensation farouche et tenace de l'avoir tué.


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