The Walking Dead RPG

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- Lil' Brother's Confidences -
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Chris Edison
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MessageSujet: Lil' Brother's Confidences   Lil' Brother's Confidences EmptyJeu 24 Sep 2020 - 23:51
Lil' Brother's Confidences.
On a la famille qu'on choisit.


La crise était passée, enfin. Finie la pisse de rat, on était repassé à l'eau bouillie. Au grand plaisir de Bill, qui y voyait une occasion de vanter les mérites du thé anglais matin, midi et soir. Et même à dix-sept heure... tea time, comme on dit.
L'occupation principale des hommes de mains de faction consistait depuis, à remettre en état l'ORB et la Cage. D'un côté, nous devions nettoyer et réhabiliter le rez-de-chaussée de l'ancienne brasserie, ainsi que ses sous-sols. En débarrasser les derniers rats récalcitrants et nettoyer à grandes eaux les trainées de boues et de déchets charriées ces dernières semaines. C'était long. Chiant. Fatigant. Et sans grande surprise, je te laisse deviner qui en était et qui savait passer à côté de ce genre de tâches ingrates.

De l'autre côté, on s'occupait donc de la réfection de la Cage. Vider cette affreuse piscine emplie de cadavres de rats, de rôdeurs, de merde -au sens propre- et de restes d'eau croupie au mieux, moisie au pire. L'odeur était infâme, les larves et les moucherons bien trop nombreux. J'étais passé pas loin de vomir plusieurs fois dans la journée, m'éloignant régulièrement pour noyer mes nausées dans l'odeur d'une clope à quelques dizaines de mètres du bâtiment.
A la mi-journée, j'abandonnai la tâche et m'accordai un semblant de toilette à l'eau froide, avant de changer de vêtements. Ceux du matin furent bazardés dans un sac en attendant d'être nettoyés en espérant leur ôter leur atroce relent de pourriture. Je récupérai quelques vivres avant de partir à la recherche de Zola, que je savais être dans les alentours. Depuis Août déjà, elle me savait soucieux. Et même sans un mot de sa part, comme habituellement, elle avait bien su me le faire remarquer d'une part, et me reprocher de ne pas lui en faire part de l'autre.
Jusqu'à maintenant j'avais gardé un obstiné silence, mais aujourd'hui j'en avais assez de me triturer le cerveau en long, en large et en travers.. Aamir m'avait fait promettre de taire notre relation, certes. Mais est-ce que je devais respecter sa demande, quand lui ne me respectait pas tout court ?

Je trouvai la danseuse en pleine discussion avec Bill, et j'attendis quelques secondes que son attention se tourne vers moi. Avec moi comme avec son anglais favori, certains mots n'avaient plus à être prononcés pour être échangés. Je lui fis mon regard du "faut qu'on parle.", auquel elle répondit d'un haussement de sourcils typé "c'est grave ?". Je secouai à peine la tête : Ça comptait pour moi, mais il n'était pas question de vie ou de mort.
Petit hochement du côté hispanique. Et moi je m'éclipsai en direction du toit du bâtiment avec mon repas et mes clopes, la laissant terminer sa conversation.

Quand enfin Zola me retrouva, j'avais entamé une boite de raviolis froids, assis sur le rebord du toit. Je lui offris un léger sourire, et quand elle me rejoignit, je posai ma tempe contre son épaule.

- Comment va la plus belle des roses épineuses ?

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Zola Saltzman
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MessageSujet: Re: Lil' Brother's Confidences   Lil' Brother's Confidences EmptyVen 25 Sep 2020 - 22:34
Les orages ont fait de sacrés dégâts, personne à Seattle ne peut prétendre le contraire. Si l’on ne s’en tient qu’à la partie visible de l’iceberg, nombreux sont les survivants qui ont vu leur abri amoché par les pluies diluviennes qui se sont invitées entre les murs des habitations, inondant tout ce qui était à portée de leurs torrents boueux. L’ORB n’y a pas échappé, bien sûr, et à peine installés après avoir récuré les lieux pour les rendre habitables, voilà qu’on doit déjà se lancer une nouvelle fois dans de grands travaux de nettoyage…ce qui n’enchante bien sûr personne. La Cage n’a pas été épargnée non plus, comme bon nombre d’installations dans le No Man’s Land, et ici, on trouve le même bordel que là où on vit. Un vent de découragement souffle sur les Bastards, et particulièrement sur Bill, qui vit mal le fait que son gagne-pain ai prit l’eau, que les combats soient impossibles pour l’instant. La partie invisible de l’iceberg, elle, ressemble à de grosses boules de poils mouillées qui courent sur leurs courtes comme si elles avaient l’enfer à leur trousse, se faufilent entre les meubles, de pièce en pièce, dans les rues, et qui ont contaminé une bonne partie du No Man’s Land dans la foulée, frappant plus ou moins gravement ses habitants de leptospirose. Parce que ouais, même en temps d’apocalypse, on peut aisément dire qu’une merde n’arrive jamais seule.

La motivation de Bill est quasi inexistante, pour ne pas parler de son entrain légendaire, et pour l’aider à mieux vivre cette situation à laquelle aucun habitant de Seattle n’a échappé, je concentre mes efforts de nettoyage sur son bureau, son antre, le QG de son cerveau exubérant, et qui comme le reste, porte les stigmates du mauvais temps qui s’est abattu sur la ville. Un soupir à fendre l’âme me fait me tourner, et mes yeux sombres se posent sur Bill, abattu par la masse de travail qui nous attend encore. Je déteste le voir dans cet état, et mon regard vrille aussitôt le sien pour lui donner sans détour le fond de ma pensée : ce n’est pas en chouinant que la vase, l’eau et la crasse vont disparaître, ce n’est pas en s’apitoyant sur notre sort que la Cage va rouvrir, et que le business va reprendre. J’oublie d’être diplomate pour lui dire de remonter ses manches, de lever ses fesses de son fauteuil qui ressemble à un trône, et de se mettre au travail. Il est très rare que je me fâche contre Bill, je crois que les rares fois où s’est arrivé se comptent d’ailleurs sur les doigts d’une main, mais je n’ai jamais été du genre à m’apitoyer sur mon sort, qu’importe les obstacles rencontrés, et je refuse qu’il s’y laisse aller lui-même. De toutes façons, c’est bien à ça que servent aussi les amis, non ? Nous mettre des coups de pied aux fesses, quand on en a besoin.

Les mains sur les hanches, je fixe le grand dadais, avant de prendre une grande inspiration, l’odeur d’humidité agressant aussitôt mes narines, glissant jusque dans mes bronches. Mauvaise idée. Je n’aime pas devoir me montrer autoritaire envers Bill, mais ma patience a été mise à rude épreuve au cours des semaines qui viennent de s’écouler, et mon corps porte encore les traces de cette maladie qui a sévi aussi au sein de nos rangs, la fatigue et les traits tirés en tête. J’essaye déjà de tempérer mes propos quand une silhouette se découpe dans l’encadrement de la porte du bureau attirant mon attention, alors que je tourne mon visage vers Chris, planté là. Pas besoin de mot, l’expression sur ses traits en dit assez long, et après quelques brefs échanges de mimiques que peu pourraient comprendre, le tatoueur s’éclipse, pour nous laisser une nouvelle fois en tête à tête. « -Essaye de prendre du recul, ok ? C’est que du matériel. On surmontera ça, comme on a surmonté tout le reste. » Et sur ces paroles, je plante un baiser sur son front et m’éclipse du bureau.

Pas la peine de fouiller le bâtiment de fond en comble pour trouver Chris, je sais parfaitement où m’attends notre jeune garde du corps. Depuis qu’on y a lâché la lanterne pour son amie disparue, le toit est devenu notre coin secret à tous les deux, celui où se retrouve pour partager quelques silences complices. Quand je débarque là-haut, le froid de Seattle s’immisce sous ma veste, que je ferme jusqu’au menton tandis que je rejoins le jeune survivant, venant poser mes fesses à côté des siennes sur ce bout de toit désormais nôtre. Sa petite phrase m’arrache un sourire, à moins que ce ne soit ce geste qu’il a, quand il vient poser sa tête contre mon épaule. Comment ça va ? Vaste question, à laquelle je répondais finalement : « -Je suis en vie, j’ai pas trop à me plaindre. » Et être en vie, c’est bien mieux que ce qui est arrivé à certains habitants du coin. Je lorgne sa boîte de conserve en faisant une grimace, le nez retroussé, la nourriture ayant toujours un peu de mal à passer. Je scrute le toit que je connais pourtant par cœur, et dont chaque infime détail est figé dans ma mémoire. « -J’ai l’impression que ça fait une éternité qu’on est pas venus ici, tous les deux… » Une perche tendue, une énième, sur ce silence contraint et forcé qui est le sien depuis plusieurs semaines déjà, et que je ne comprends pas. J’ai eu beau y réfléchir, longuement, me demander ce que j’avais pu dire, ou faire, si je l’ai blessé par une quelconque parole sans m’en rendre compte, je n’ai jamais trouvé la moindre réponse satisfaisante à cette énigme, la moindre explication à ce que je vis, malgré moi, comme une sorte d’éloignement.




La vida no es la fiesta que habiamos imaginado, pero ya que estamos aqui, bailemos
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MessageSujet: Re: Lil' Brother's Confidences   Lil' Brother's Confidences EmptyMar 29 Sep 2020 - 0:46
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Bill était un Roi. Le Roi d'un Empire de papier qui venait de prendre l'eau, et qui se délitait sous ses doigts. Le Roi d'une piscine qui n'avait de valeur que lorsqu'elle était vide d'eau et pleine de sang et de gens, ce qui actuellement était plutôt l'inverse.
Zola faisait tout son possible pour remonter sa Tour royale, et moi je tentais de faire de mon mieux pour reconstruire le pont-levis au-dessus des douves remplies de rats puants et morts. L'un dans l'autre, les autres membres de la faction participaient aussi à leur façon, et pour leurs propres raisons. Certains avaient conservé un semblant de compassion là où d'autres protégeaient leurs propres intérêts. Parce qu'au final, si leur business coulait, chacun d'entre eux y perdait.

Quoi qu'il en soit, j'étais déjà bien crevé quand je vins m'installer sur ce bout de toit, raviolis végétariens en guise de festin. Le temps que Zo me rejoigne, je laissai mes pensées vagabonder vers ce qu'Hayden avait très justement dit, quelques temps auparavant. Tout ça devenait rare, les vestiges d'avant, la bouffe, les produits d'hygiène, le tissu... les piles et tout ce qui pouvait permettre de réparer les quelques appareils mécaniques ou électroniques dont on avait l'utilité. Mais ensuite ? D'ici dix ans -s'il restait des survivants-, avec quoi on se fringuerait ? Est-ce qu'on serait encore capable d'élever du bétail, filer de la laine, tisser de la toile ?
J'étais pas sur de survivre jusque là, évidemment. Mais rien n'empêchait de se poser la question. Pour.. les prochaines générations. Certains pensaient encore que le virus ne s'était pas mondialement étendu, mais j'étais persuadé de l'inverse. Cinq ans après l'invasion, pas un signe de vie ou d'aide en notre direction -à ma connaissance du moins- ? C'était assez improbable.

C'est sur ces réflexions hasardeuses que la danseuse débarqua, prenant place près de moi dans le froid ambiant. Ma joue contre son épaule, et un petit mouvement de torse l'encourageant à passer son bras autour de mes épaules. J'étais rarement aussi tactile, même envers elle, mais ce n'était pas la première fois pour autant que je venais quémander un peu de réconfort auprès de celle que je considérais chaque jour un peu plus comme ma sœur. C'est vrai qu'être en vie en c'moment... C'est pas l'pire qui puisse nous arriver. On a perdu personne dans l'groupe, même si Kath est pas passée loin.
A sa réaction je ne lui proposai pas de partager mon repas, me contentant de poser une bouteille d'eau -bouillie- entre nous. Et à sa seconde remarque, je restai silencieux quelques secondes, après un tout léger hochement. Comment entamer ? Par quoi, surtout ? Et que dire exactement ? Je me sentais débile, et pendant un instant, je me dis que c'était tellement ridicule et sans intérêt que je ferais mieux de me la fermer.

Finalement après un soupir, frottant machinalement mes doigts entre eux, je finis par me lancer.
T'sais, après ma défaite dans la Cage. Un mec est v'nu vers moi. J'veux dire... pour me soutenir, en quelque sorte. On a bu... J'l'ai embrassé. Elle allait finir par croire que j'embrassais qu'une fois bourré... et c'était pas totalement faux. Sauf que.. bon, lui il était pas bi. Du moins, il était pas au courant qu'il l'était... Il s'est barré. Petit reniflement, le temps de réfléchir à la suite. Après.. il est rev'nu. Et c'est lui, qui m'a embrassé. Et on a couché ensemble. Furieux raccourci.
Mon estomac se serra un peu, dangereusement au vu de ce que je venais d'avaler. Et franchement.. c'était putain d'bon ? Genre, vraiment. Oui, je passai sous silence ma piètre prestation, après tout ça n'avait rien gâché en soi.

Je me raclai la gorge et changeai un peu de position, les sourcils froncés cette fois. On s'est même revu en secret plusieurs fois ensuite. Le souci, t'vois.. c'est qu'il assume pas d'coucher avec un mec, il veut pas qu'ça se sache. C'est comme.. Ouais, il a honte d'moi, quoi. Et j'crois que j'le vis mal. C'même une certitude, j'le vis très mal.

Mais si j'en parle, j'le trahis. Et si j'en parle pas, ça continue à tourner dans mon cerveau, encore et encore.
Et elle était bien placée pour savoir que ça pouvait caviter à vide dans mon crâne.

Je tournai les yeux vers elle, cherchant une réaction dans son regard, n'importe quoi qui puisse me donner une indication sur ce qu'elle pensait de mes histoires de cul. Ou de cœur ? j'étais pas encore sur.


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MessageSujet: Re: Lil' Brother's Confidences   Lil' Brother's Confidences EmptyMar 29 Sep 2020 - 18:03
Dans un léger sourire, je viens encercler ses épaules de mon bras pour le rapprocher encore davantage de moi, et pousse ce geste d’affection jusqu’à venir poser mes lèvres dans ses cheveux bruns. Ouais, je ne saurais dire de quand date la dernière fois qu’on s’est octroyés un petit tête à tête, ici, ou même ailleurs. J’imagine que Chris avait sans doute de bonnes raisons de garder ses distances, mais quand on a la mauvaise manie de tout décortiquer comme je le fais, ou d’être du genre à beaucoup trop réfléchir pour son propre bien, on finit par imaginer des tas de scénarios improbables. A la mention des sales jours vécus par Kath, mon regard s’assombrit, même si le tatoueur ne peut pas le voir, et je pousse un léger soupir, reconnaissante que Bill ai été suffisamment têtu pour insister jusqu’à l’usure, jusqu’à ce que je craque pour que ce Vaughn rejoigne notre faction, lui qui s’est occupé de l’australienne quand la fièvre et la maladie ont fait de sacrés ravages. « -Ouais, on est tous en vie. » Et c’est franchement l’essentiel, non ? Tout le reste devrait être secondaire.

Et pourtant, je ne peux pas nier que cet infime changement dans le comportement de Chris m’a fait me questionner. Enfin…me fait me questionner. J’ai toujours eu l’habitude d’accorder de l’importance aux détails, beaucoup trop d’importance, et bien malgré moi. Un point à la fin d’une conversation, à l’époque des sms. Une habitude qui change, par exemple…un truc aussi débile qu’un écran vide, alors qu’on a l’habitude de recevoir le même message au réveil, depuis des années. Un regard plus sec, plus froid. Une intonation différente dans la voix. Bref. Le diable est dans les détails, à ce qu’il parait, et j’ai tendance à le croire. Quand je fais d’ailleurs remarquer que ça fait un moment qu’on était plus venus trainer sur ce toit, Chris ne tente pas de nier, et je le remercie silencieusement pour ça. Pour autant, je reste contre lui, les doigts repliés autour de son épaule dans un geste rassurant. Qu’est-ce qu’on fait là ? La question me brûle les lèvres, bien malgré moi, mais n’est pas prononcée pour autant. Au fond, être là pour ne faire rien d’autre que partager un peu de temps avec lui le temps qu’il mange ses raviolis dégueu me convient, et me permets de m’éloigner de Bill le ronchon, qui va finir par déteindre sur moi.

On reste donc silencieux un petit moment, et je sais que ce n’est pas moi qui vais rompre ce silence. De toutes façons, j’ai déjà l’impression d’entendre les rouages dans la caboche du tatoueur se mettre en marche. Alors, je le laisse faire, prendre son temps, organiser ça dans sa tête comme il l’entend. C’est pas comme si on était pressés, quoi. Et finalement, les premiers mots tombent, alors que je sens bien que Chris n’est pas tout à fait à l’aise dans ses confessions. J’écoute, emmagasine, lâche un petit « hm » de temps en temps qui marque mon attention à ses propos. Mon cerveau fouille déjà mes souvenirs à la recherche de la foule amassée lors du combat qui a opposé le tatoueur à notre infirmier, mais les survivants étaient trop nombreux, et si mon éponge cérébrale se souvient de bon nombre d’entre eux, impossible de deviner lequel a pu s’attirer les faveurs de Chris. Aussi, je ne l’interromps pas, même quand il estime avoir besoin d’une pause dans son récit, et reste contre lui, alors qu’il finit par admettre avoir couché avec un autre homme. « -Oh. » Seule réaction. Ben merde alors. Alors c’est ça, ce petit secret inavouable qui l’a éloigné de moi ?

Pour le coup, aucune autre réaction ne quitte mes lèvres, comme si, inconsciemment, je peinais à entendre ce qu’il racontait. Enfin je veux dire, Chris est un beau garçon, et ce jour devait bien arriver, à un moment ou à un autre, mais quelque chose me dérange, sans que je ne sache précisément quoi. Il change de position, et je ne fais rien pour le retenir contre moi contre sa volonté, mes mains venant se poser sur mes genoux, alors que je baisse la tête pour fixer quelques instants mes phalanges tatouées, le brun continuant sur sa lancée, finalement intarissable, pour aborder le cœur du problème. Je reste silencieuse, longtemps, même quand je sens son regard se poser sur moi, avant de finalement relever mes yeux vers lui. Pendant de longues secondes, je ne fais rien de plus que l’observer, yeux dans les yeux, avant de détourner le regard. « -Si on est là sur le toit en train de parler de ce garçon, c’est qu’il te plait vraiment. Sinon…tu vivrais pas les choses si mal. Tu te ferais sauter, et basta, fin de l’histoire, tu passerais à autre chose jusqu’à la partie de baise suivante. Sauf que t’es là, à parler de ton mal-être, et ça en dit déjà bien assez sur le sujet. » Je soupire doucement, avant de quitter le rebord du toit pour marcher un peu, les mains enfoncées dans les poches de ma veste.

J’ai toujours détesté le froid, ou l’humidité, alors je me demande pour la millième fois ce que je fous à Seattle…avant de me rappeler que j’ai jamais eu le courage d’aller ailleurs, prisonnière de ma lâcheté. « -Ce que tu peux éprouver pour cet homme ne justifie quand même pas que tu acceptes son comportement, surtout s’il te blesse. Je ne sais pas qui il est, comment tu te projettes dans ta relation avec lui, ce qu’il en est de son côté à lui, mais tu devrais vraiment en discuter avec lui, pour essayer de comprendre d’où viennent ses réticences, lui faire prendre conscience aussi que tu vis mal son comportement. Cet abruti s’en rend peut-être pas compte… » Et des abrutis, y’en a à la pelle dans le coin…Je soupire doucement, avant de faire demi-tour pour revenir vers lui, laissant mon regard partir à la conquête des toits de Seattle. « -J’ai eu aucun mal à assumer ma bisexualité, c’était même l’affront ultime pour faire enrager mon père. Tu as l’air d’assumer ton homosexualité…mais c’est pas le cas de beaucoup de personnes. Ça l’était déjà avant. La peur d’être jugé, le dénis, l’idée de pas être dans « la normalité », l’existence de croyances, religieuses ou autres, de préjugés, que sais-je…ton type, là, il a peut-être juste les chocottes, est mort de trouille à l’idée de voir que ce qu’il pensait connaître de lui est pas si vrai que ça, et il a peut-être juste besoin d’être rassuré. » Je hausse les épaules dans un geste impuissant.

C’est assez compliqué d’en parler sans savoir précisément de qui il s’agit, des relations entre les deux hommes, et j’ai un peu l’impression de tâtonner pour être honnête. Pour autant, je ne demande aucune identité à Chris, parce que s’il avait voulu m’en parler, il l’aurait fait de lui-même, sans que j’ai besoin de poser la moindre question. Je sais qu’à sa place, j’aurais mis les pieds dans le plat depuis longtemps avec l’autre, yeux dans les yeux, façon Saltzman, en oubliant la diplomatie. Mais le tatoueur n’a pas mon caractère, une chance pour lui. « -Parles-lui. Explique-lui ce que tu ressens. Une simple discussion, ça a pas besoin d’être plus compliqué que ça. Te lance pas dans une relation à cœur ouvert avec un type qui veut juste se vider les couilles de temps en temps, sans assumer derrière. J’ai pas envie de te ramasser à la petite cuillère parce que ce con t’auras brisé le cœur.» Je fixe Chris longuement après ce bref instant de poésie, et finis par tenter un léger sourire, du bout des lèvres, avant de reprendre. « -Et sinon, confie-le moi cinq minutes, ton bonhomme. Ta batte de baseball et moi on le fera vite craquer, parole de Zola. »




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MessageSujet: Re: Lil' Brother's Confidences   Lil' Brother's Confidences EmptySam 3 Oct 2020 - 0:28
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J'avais conscience que mon silence depuis quelques semaines avait dû questionner Zola.
Depuis notre rencontre, notre relation n'avait cessé d'évoluer, et toujours vers un mieux. A vrai dire, c'était même le jour et la nuit entre un an plus tôt et à présent. La brune m'avait d'abord montré son côté froid, comme à tous ceux qu'elle ne connait pas, et qui ne la connaissent pas réellement. En soi je n'en étais pas dérangé, je n'étais là à la base, que pour servir de garde du corps, un job comme un autre pour un survivant comme un autre.
Puis je l'avais vu agir, à force de les côtoyer. Je la voyais, passer d'insensible à charmeuse, de rieuse à implorante, et ma méfiance s'était d'avantage renforcée envers elle. Comment faire confiance à quelqu'un qui porte constamment un masque ? Comment être sur qu'elle ne me planterait pas un couteau dans le dos un matin ? L'indifférence s'était donc muée en une froide distance mise entre elle et moi.

Puis, semaines après semaines, alors que je continuais à travailler pour eux et que je continuais à l'observer, j'avais pu voir l'autre face de la pièce. L'autre Zola, sans doute un peu malgré elle d'ailleurs. Des instants volés où j'apercevais par hasard ses échanges avec Bill, des épreuves communes où je ne pouvais que constater à quel point il comptait pour elle et à quel point elle pouvait tout donner et tout faire pour lui, parce qu'il comptait.
Je crois que c'est à peu près à partir de là qu'on a commencé à se voir autrement. Quand j'ai compris qui était sous le masque et qu'elle... et bien, j'en sais rien ? Je sais pas ce qu'elle a vu chez moi qui l'ait suffisamment rassurée pour qu'elle baisse sa garde, mais en tout cas, c'est ce qu'elle fit.

Depuis, notre amitié n'avait fait que se renforcer, de mois en mois, et au fil du temps nous n'avions plus guère de secrets l'un pour l'autre, du moins sur ce que nous étions et faisions désormais.
Alors oui... Mon silence et ma distance l'avaient certainement affectée et interrogée, et j'en étais désolé. Mais j'avais eu besoin de ce recul. J'avais promis. J'étais paumé. Et finalement... Finalement j'étais là dans l'étreinte de la seule personne à même de me réconforter, à lui raconter mes déboires. Comme souvent, elle ne réagit qu'à peine à mes mots, me laissant tout loisir de déverser ce filet qui n'alla pas jusqu'à se faire fleuve, retenu par le barrage de mes habituelles craintes. Le jugement, le ridicule, les reproches ? Un peu tout ça à la fois, même si je savais pertinemment que Zola n'en ferait jamais rien.

Sa réaction lorsque j'évoquai ma "première fois" m'arracha un infime sourire, mais je poursuivis pourtant, jusqu'à lever les yeux vers elle. La brune, elle, se leva tout court pour parler et je la suivis du regard, soulagé d'un sens, de pouvoir retomber dans ma passivité silencieuse, comme dans une coquille protectrice. Je dodelinai finalement du chef, jaugeant sa réponse.

- J'en sais rien. J'veux dire. J'l'ai embrassé, il m'a insulté, il est revenu... on s'est r'embrassé. C'est allé vite, comme si... J'en sais rien, à cet instant-là, on en avait besoin tous les deux. On s'est retrouvé à poil, on a.. tiré notre coup comme tu dis. Et dans la minute qui suivait il se refringuait pour partir. Même sans parler de sentiment ou j'sais pas quoi, c'est une première fois suffisamment humiliante pour que je veuille t'en parler, nan ?

Je repliai ma jambe pour poser mon menton au-dessus de mon genou, enfoui dans un gros manteau d'hiver. Finalement ses mots m'agaçaient, d'un sens. Parce qu'elle avait raison, mais que j'avais pas envie de l'entendre. Si j'en avais rien à foutre, ce serait différent. Alors pourquoi j'arrivais pas à m'en foutre ?

- Nan. Il sait très bien qu'ça me plait pas.. Il est pas con. Enfin... si, il l'est, putain. Il l'est parce que merde, à quel moment aujourd'hui, on peut avoir honte d'un truc aussi futile que sa sexualité ?! Ma voix s'éleva un peu plus, d'agacement. Et bien parti pour vider mon sac, je poursuivis sur ma lancée.
Mais bordel, évidemment il sait qu'il s'comporte comme le dernier des enfoirés. J'l'ai vu. je veux dire. Rien qu'à son regard, je le sais. Son regard. Ce mélange de haine, de désir... Et cette culpabilité envers moi. A mon tour je haussai les épaules.
J'crois que tu as raison, il a... la trouille. Et moi j'suis un abruti fini.

Je balançai machinalement mon pied vers le mur. A quel moment l'imbécile que j'étais avait décidé de baisser sa garde envers un mec que je connaissais à peine ? A quel moment j'avais décidé de faire une brèche dans le mur que je m'efforçais de bâtir autour de moi depuis l'enfance ?
Les derniers mots de Zola me broyèrent le ventre, mettant en exergue des doutes que je n'avais pas encore eu le courage d'aborder. Des sentiments ? Une relation à cœur ouvert ? Je restai muet avant de lui accorder à mon tour un pâle sourire.

- On parle pas d'sentiments, Zo. C'est... Il en a jamais été question. Ma gorge se serra un peu plus. C'est vrai, il voulait pas que j'en parle. Mais entre ce semblant de promesse envers lui et toute la confiance que j'avais envers Zola, je n'avais pas longtemps à réfléchir avant de faire un choix. La tronche dans mon col, je finis par souffler un mot. Trop bas pour qu'elle l'entende. Bordel.
Je repris une inspiration et relevai à peine la tête.

- Aamir. C'est Aamir. Et nous voilà bien avancés.


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MessageSujet: Re: Lil' Brother's Confidences   Lil' Brother's Confidences EmptySam 3 Oct 2020 - 16:06
Je crois que de toutes les raisons qui me sont venues en tête pour expliquer l’éloignement et le silence de Chris ces dernières semaines, je n’ai pas envisagé une seule seconde que la raison aurait pu être liée à un autre homme. Pas un seul instant. Enfin je veux dire…pourquoi il m’en a pas parlé plus tôt ? Il avait peur de quoi, que je le juge ? Mon regard glisse sur lui, tandis que je repense à ce qu’il a dit…en parler serait trahir cet homme inconnu. Je ne peux m’empêcher de penser avec une certaine ironie à toutes ces personnes que j’ai dû trahir au cours de ma vie en parlant avec Bill de ce qui pouvait m’arriver, surtout sur le plan sentimental. Le dandy a toujours été ces oreilles attentives, prêtes à tout entendre, même le pire de moi, prêtes à recevoir mes confidences à toute heure du jour ou de la nuit, le réceptacle de mes pensées, surtout celles qui ont tendance à me rendre dingue. Et à voir la tête de ronchon que tire Chris à cet instant, ça carbure aussi sacrément dans sa tête à lui. C’est déjà le cas en temps normal, alors là, j’imagine même pas combien de fois il a dû retourner ça dans sa tête au cours des jours qui viennent de s’écouler.

Je soupire doucement, avant de hausser les épaules quand il m’explique trouver sa première fois humiliante, raison de notre conversation. « -T’as pris ton pied, non ? Beaucoup ne peuvent pas en dire autant pour leur première fois. Et ce type te plait, et tu lui plais aussi même si cet abruti ne l’accepte pas. Je vois pas ce qu’il y a d’humiliant là-dedans. Toutes les premières fois ne sont pas aussi réussies, crois-moi. » Je lui adresse un sourire un brin malicieux, parce que bon nombre de mes copines ont pu me raconter les leur, et…on était loin du rendez-vous ultra romantique, avec bougies, pétales de roses, et câlin sur l’épaule du brave mec une fois la purée lâchée. « -Y’a pas de première fois parfaite, ou idéale, ou je ne sais pas ce que tu t’es imaginé dans cette jolie petite tête bien faite. La seule question à te poser c’est si tu regrettes, ou pas. Et même si c’était le cas, tu peux plus rien y changer. C’est arrivé, point…et c’était putain de bon, non ? » Et je suis certaine que la seule chose regrettable dans toute cette histoire, c’est le comportement de l’autre gaillard, incapable d’assumer ses préférences sexuelles. Enfin merde, comme si qui que ce soit en avait encore quelque chose à foutre qu’il préfère les hommes aux femmes, ou qu’il aime les deux indifféremment. D’ailleurs, pourquoi s’ennuyer à choisir ?

Chris ne tarde pas à reprendre la parole, s’enflammant en disant à haute voix ce qui vient de traverser mes pensées, à l’instant même. Je hausse la tête, sans savoir si c’est pour lui affirmer que je rejoins son point de vue, ou pour l’encourager silencieusement à aller au bout de ce qui mijote dans sa tête. « -Évidemment que j’ai raison. » Comme si la question se posait ! Je fais cette moue qu’il doit bien connaître désormais, avant de venir m’installer à ses côtés en inspirant à plein poumon cet air froid, et humide. Mon visage se tourne, et je plante mon regard dans le sien, comme pour donner plus de poids à mes paroles. « -Tu es loin d’être un abruti fini, Chris. Mais tu peux pas laisser un type te traiter mal, personne ne mérite d’être mal traité, et toi encore moins. » Je lui adresse un doux sourire, avant de poser ma main sur sa cuisse. « -T’es un grand garçon, et je peux pas te dire quoi faire pour mener ta vie. Mais je peux t’assurer qu’à ta place, j’aurai pris ce type entre quatre yeux depuis bien longtemps pour lui dire que je veux pas être son affreux petit secret, celle qu’il n’assume pas en public, et que s’il veut continuer à me voir ce sera aux yeux de tous, pas à la sauvette et bien planqué parce qu’il a pas les couilles d’assumer notre relation. Et s’il refuse…c’est que c’est un gros con, et dans ce cas-là, je perdrais absolument rien avec lui. » Je garde la tête haute, et Chris me connait maintenant assez bien pour savoir que tout ce que je viens de dire serait sans doute exactement ce qui se passerait si j’étais à sa place.

A son sourire pâle qui me fend le cœur, je lui réponds une grimace, avant qu’un sourire penaud vienne se poser à son tour sur mes lèvres. « -Hum…tu sais, je suis pas souvent tombée amoureuse, mais…les fois où s’est arrivé, ça c’est juste fait…comme ça, sans préméditation. Ça se planifie pas vraiment, les sentiments. Un jour ils sont juste là…et voilà. » Le sourire est toujours là, s’éternise un peu, avant que je détourne légèrement le regard. Chris est vraiment novice dans tout ce domaine, je trouve ça terriblement touchant, et ça me donne encore plus envie de le protéger. « -En tout cas, laisse pas ce mec te broyer le cœur. Si lui n’est pas prêt à assumer son attirance pour toi, si on admet qu’il ne s’agisse que de ça, un autre homme sera plus que ravi de te rendre heureux. » Et ça, j’en suis persuadée.

Je l’entends marmonner dans sa veste, et fronce les sourcils en le relançant d’un « -Quoi ? » plus qu’équivoque quant au fait que je n’ai rien entendu à son baragouinage. Et au final, il aurait peut-être mieux valu que je n’entende pas, parce que je saute une nouvelle sur mes pieds en bas du bord du toit, pour demander un peu trop vivement. « -Aamir ? Notre Aamir ?! » Evidemment, notre Aamir…comme si ce prénom courrait les rues ! « -Sérieusement, Chris ?! » A voir sa tête, oui, il est on ne peut plus sérieux sur le sujet…je gonfle mes poumons brusquement, et me remets à faire les cent pas sur le toit, alors que mes poings se serrent. « -Je vais lui écrabouiller la face, à ce sale rat. » Le ton est rude, à l’image de toutes ces pensées qui me viennent en tête sur ce que j’aimerais faire subir au survivant qui ose faire de la peine à Chris. Je pince les lèvres, avant de tourner mon regard sombre vers le tatoueur. « -Pourquoi lui ? Et surtout…pourquoi est-ce que t’acceptes qu’il te fasse subir ça ? » Moi qui n’ai pas l’habitude de poser des questions, aujourd’hui, je crois que j’ai besoin de comprendre, plus que jamais.




La vida no es la fiesta que habiamos imaginado, pero ya que estamos aqui, bailemos
Some days I am goddess. Some days I am wild child. Some days I am a fragile mess. Most days, I am a bit of all three. But every day, I am here, trying.
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Chris Edison
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MessageSujet: Re: Lil' Brother's Confidences   Lil' Brother's Confidences EmptyLun 5 Oct 2020 - 22:28
Lil' Brother's Confidences.
On a la famille qu'on choisit.

Zola avait sa vision bien à elle, et bien arrêtée, à propos des "premières fois". De quoi me laisser sur le cul, assez littéralement. J'étais pas sûr de valider sa théorie, celle selon laquelle j'étais pas à plaindre puisque j'avais pris mon pied, ce qui n'était visiblement pas le cas de la plupart des gens, selon elle. Ok, j'étais certainement resté encore un peu trop longtemps dans ma bulle, parce qu'à mes yeux, une baise devait rimer avec plaisir. Ok, j'étais pas naïf au point d'ignorer les abus, les viols, les relations non-consentantes, mais.. je sais pas. Quelque part, j'avais gardé l'idée adolescente selon laquelle la première fois devait valoir la peine. Rester... particulière ? Et si ce con d'indien avait pas mis les voiles sitôt après avoir joui, ça aurait été le cas.

Je lui adressai un regard par en-dessous, un brin boudeur. Oui c'était parfait ! Il était .. j'sais pas comment dire ça. C'est ça que j'comprends pas. Il a pris soin d'moi. Il m'a fait du bien, il s'est même inquiété d'moi. Que j'aie pas mal, tout ça. Oui, bon, on allait pas non plus entrer dans les détails, hein. A nouveau la belle brune revint s'asseoir près de moi, tapotant ma cuisse en reprenant la parole. Elle se comportait exactement comme une grande sœur protectrice envers moi, et un léger sourire s'étira malgré moi sur mes lèvres. Elle était la seule, elle avait toujours été la seule à se comporter comme ça avec moi. Personne ne s'était jamais réellement soucié de moi, pas de cette manière. Personne, et surtout pas avant l'invasion, n'avait voulu me protéger comme elle le faisait.

Je ressentais sans mal ses émotions, la douceur qui émanait d'elle pour m'envelopper, ses craintes pour moi, et aussi, indéniablement, sa colère envers celui que je laissais me triturer le crâne sans réagir. C'est vrai que j'étais pourtant pas du genre à me laisser marcher dessus, habituellement. Mais j'étais tellement mal à l'aise dans le domaine des sentiments et des relations que je savais pas comment réagir.
Essayant d'alléger la discussion, je glissai le revers d'un index en caresse sur sa joue. Zola l'invincible a donc déjà laissé quelqu'un prendre son cœur ? J't'assure... c'est juste. Une attirance physique ? Une attirance forte. Mais juste.. une attirance.

Est-ce que je me voilais la face ? Aucune idée. A ce moment-là en tout cas, ce que je ressentais étais physique. Fort et terriblement intense mais physique uniquement. Et à ce moment-là, je me décidai à faire la pire connerie imaginable. Donner le nom de mon Amant à Zola. Un murmure qu'elle me fit répéter, à peine plus fort. Un souffle rauque et hésitant, comme si j'avais senti en le disant, que je faisais une très, très lourde erreur. Bien vu. Elle se dressa d'un bond, furibonde, et entama un va et vient sur le toit à grandes enjambées, me questionnant alors que je la fixais avec de grands yeux ronds.
Je venais de réveiller le Balrog et une voix dans mon esprit me criait en guise d'instinct de survie : Fly, you fool !
Mon regard partit vers la porte menant au toit, mais le monstre en furie me coupait toute retraite. Je le tournai donc rapidement vers le rebord du toit, sans bouger la tête. C'était haut. Très haut. Si je sautais c'était la mort assurée. L'escalier de secours ! Il devait bien y en avoir un ?! Peut-être qu'il tenait encore. J'avais une chance de m'en sortir. Il fallait que je me lève sans éveiller ses soupçons, et que je tape le sprint de ma vie jusqu'à l'escalier. Une fois en bas je devrais partir en courant, et essayer de la semer dans les ruelles en priant pour ne pas tomber sur une meute de rôdeurs. Bon, je devrais probablement changer de nom et porter un masque pour qu'elle ne me retrouve plus jamais, je la savais du genre tenace.
Peut-être que je devrai me prostituer pour gagner ma vie, parce que se battre avec un masque, c'est quand même la grosse merde. Mais peu importe ! Mieux valait ça que subir la colère de...

- Pourquoi lui ? Et surtout…pourquoi est-ce que t’acceptes qu’il te fasse subir ça ?

Mon esprit reconnecta brusquement, mes yeux comme des soucoupes revenant suivre les pas de la danseuse. Mais je... je sais pas ? Bordel Zo, comment tu veux que je sache pourquoi lui ? C'toi qui dis qu'on choisit pas, j'ai pas choisi ! Forcément, j'étais un peu sur la défensive : Je prenais en pleine face la colère de la personne qui m'était le plus cher. Colère qui en prime, m'était destinée.
Je me redressai à mon tour, mains dans les poches et tête rentrée dans les épaules, reculant jusqu'à me coller dos au mur, à côté de la porte.

- J'en sais rien, Zo, je... Que lui répondre ? J'étais pas capable de formuler une réponse logique moi-même. Tu veux que j'te dise quoi ? Parce qu'il me baise bien ? C'es l'cas ! Parce que c'est la première fois qu'un mec s'intéresse à moi même s'il en a honte ? Peut-être bien aussi ! Tu veux qu'je dises quoi, putain ! Le ton était monté crescendo pour finir en crachant mes mots. Pourtant c'est pas à elle que j'en voulais. C'était à Aamir, c'était à moi. Surtout à moi, en fait. Je passai une main sur mon visage, avant de baisser la tête. Pardon... Comment tu veux que j'te réponde, j'arrive pas à comprendre moi-même, Zola...
M'engueule pas, j'ai b'soin de toi pour comprendre.



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