The Walking Dead RPG

The Walking Dead RPG

Partagez
- Dernière voix avant le chaos -
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jill S. Blair
Administrateur
Jill S. Blair
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Survit depuis le : 29/08/2020
Messages : 228
Age IRL : 30
MessageSujet: Dernière voix avant le chaos   Dernière voix avant le chaos EmptyDim 30 Aoû 2020 - 22:30

•• 21 octobre 2015 – 20:18


- Pourquoi on avance plus ?
- C’est une manif’ maman, je baisse la musique et sort brièvement par la portière pour voir plus loin, ouais, c’est ça.

Une putain de manif’ sur le point de dégénérer, si j’en crois mon flaire. Je ne pensais pas que c’était possible à Port Angeles. La circulation est complètement bloquée par un cortège qui scande des réclamations et brandissent des pancartes. Ceux-ci, ce sont des détracteurs du gouvernement qui protestent contre la loi martiale, les camps de réfugiés, les barrages et autres zones sécurisés installées un peu partout. Autrement dit, ce sont des cons. Parce que la situation du pays est merdique ; vraiment merdique. Sur l’échelle du chaos, on en est au stade où quand j’ai proposé d’abréger mes vacances pour rentrer aider mes collègues de Seattle, on m’a dit que c’était déjà trop tard : j’allais trop galérer à traverser l’état. Mes supérieurs se sont arrangés avec la police locale pour que je me rende utile là où je suis plutôt.

C’est ce que je fais de mes journées, à gérer des émeutes et des défilés de branleurs comme celui-ci. J’ai encore l’hématome d’une brique que j’ai reçu sur le front il y a deux jours et même en civil, je ne quitte plus mon arme de service. Comme ce soir, alors que j’ai enfin quitté le commissariat pour passer récupérer ma mère à son travail – ouais, son diner n’a pas encore voulu fermer. Autour de nous, ça klaxonne de partout, les gens quittent leur véhicule en beuglant aussi fort que les manifestants. J’en vois se faufiler entre les bagnoles, battes de baseball en main. Putain, les gens sont fous. Un type qui vient de nous dépasser avec une barre de fer, je tiens plus.

- Bouge pas.
- Jill ? Qu’est-ce que…
- Bouge pas je t’ai dit !

Je sors de la voiture et claque la portière derrière moi.

- Monsieur, s’il vous plait.

Il me retourne et me dévisage comme s’il voyait la vierge. Il a l’air vachement en colère, mais j’en suis pas à mon premier délinquant en rogne.

- Ouais ?!
- S’il vous plait, la situation est déjà assez grave comme ça. Je vais vous demander de lâcher ça et de retourner dans votre véhicule.
- Ah ouais ? Et t’es qui pour demander ça, grognasse ?

Je ne réponds pas à l’insulte et sors ma plaque de ma poche. Ça lui cloue le bec un instant à ce sale con.

- S’il vous plait, retournez dans votre véhicule.
- Et plutôt que de m’emmerder moi, pourquoi tu fais pas ton taf’ de poulet en allant faire dégager les merdeux qui bloquent la route ?
- On fait ce qu’on peut pour limiter les désagréments, je me permets de parler pour mes collègues, mais la situation est inédite et-
- Je m’en bats les couilles meuf, m’interrompt-il, tu branles rien, alors j’m’en charge.

Comme il se détourne, j’essaye de le retenir. Il réagit au quart de tour, cherchant à m’aligner une gauche. Je bloque et je riposte immédiatement par une clef de bras et un coup de semelle derrière le genou pour le lui faire plier. La tête contre le capot de ma caisse, une main dans le dos, je le maintiens assez fermement pour qu’il ne puisse pas riposter.

- C’est la dernière fois que je le dit, cinglé-je froidement, retournez dans votre bagnole où j’vous assomme pour vous trainer au poste.

C’est pas très académique, mais la situation pue, alors au grand maux les grands remèdes.

- Jill, laisse tomber, tu…
- Putain maman ! Retourne dans la voit-

J’ai pas le temps de finir ma phrase. Le type profite de mon instant d’inattention pour défaire ma prise et se relever brusquement. Je prends le haut de son crâne dans le menton, ça me sonne une demi-seconde. Quand je retrouve la vision, il a un flingue pointé sur moi. Sur le coup, je panique, le cerveau passe en automatique. Je me jette sur lui, on est tous les deux projeté sur mon capot. On lutte un instant, j’arrive à lui mettre un coup de genou dans le bide mais en riposte, le coup part. La déflagration m’a explosé un tympan – et mon pare-brise apparemment – mais ce n’est pas moi qu’elle a touché. Non… c’est ma mère.  


Drain the blood
« I walk through the valley of the shadow of death, and I fear no evil because I'm blind to it all. And my mind and my gun they comfort me... because I know I'll kill my enemies when they come. »
Revenir en haut Aller en bas  
Indiana Crawford
Indiana Crawford
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Survit depuis le : 07/04/2020
Messages : 434
Age IRL : 30
MessageSujet: Re: Dernière voix avant le chaos   Dernière voix avant le chaos EmptyLun 31 Aoû 2020 - 19:37
•• 21 Octobre 2015 - 20h25


Le chaos.

C'était bien tout ce à quoi elle avait pensé, en observant Tacoma à travers les baies vitrées du centre du 911. Si l'écho des sirènes ne lui parvenait pas, elle devinait sans problèmes le mouvement dans les rues. Certaines barricadées, d'autres à l'abandon... Au même titre que les bureaux autours du sien. Ceux de Jenna et Ashton étaient vidés de leurs effets personnels depuis longtemps, alors qu'elle venait poser son sac au pied de sa chaise de bureau, allumant l'écran de l'ordinateur d'une pression de l'index. Songeuse, à cette échappatoire qui lui glissait sous le nez maintenant qu'elle avait décidé de ne pas rejoindre Tara et Carter au Centurylink de Seattle.

Elle ne jeta qu'un bref coup d'oeil à Jane, une de ses supérieurs qui quitta le bureau sans lui accorder un regard, alors que son écran indiquait plus d'une quinzaine d'appels en attente de réponses qu'ils n'obtiendraient jamais. Observant la cinquantenaire éteindre l'écran de l'ordinateur, comme si lire ces numéros sans noms risquait de la faire culpabiliser avant de quitter les lieux d'un pas vif.

Pas même un au revoir. Elle avait pincé les lèvres avant de venir boire une gorgée de son thermos de café, alors que l'écran de son smartphone s'alluma, indiquant le numéro de Carter, hésitant un court instant avant de décrocher sans émettre le moindre son.
Je viens te chercher. Avait annoncé le pompier en guise de bonjour, alors qu'elle fronçait légèrement les sourcils, s'installant un peu plus confortablement sur sa chaise en faisant démarrer l'opérateur. On en à déjà discuté. Les rues sont saturées d'embouteillage, et je ne peux pas laisser des gens coincés quelque part sans aide. Le ton était monté, évidemment, avant que la communication ne coupe à cause des réseaux qui ne cessaient d'émettre et s'éteindre en continu. Le premier appel avait démarré, alors qu'elle installait son casque sur ses oreilles, venant répéter la même phrase, sempiternellement.

Le petit s'appelait Henry, visiblement. Elle avait joué la carte enfantine pour apprendre qu'il avait huit ans, et malgré la voix étonnement calme de l'enfant alors qu'elle notait sur son écran les informations qu'il lui transmettait, ce dernier venait d'émettre sans doute une des pire choses qu'un enfant de son âge ne puisse être amené à prononcer à voix haute.

Maman à arrêté de respirer. Elle avait de la fièvre, et maintenant elle respire plus.
Ou est ton père ?
Je sais pas...
Ok. Je vais rester en ligne avec toi, le temps que les secours arrivent, d'accord ? Est-ce que tu sens son coeur battre ?
Je vérifie.

Il y avait eu un petit silence, avant qu'il ne lui confirme que ce n'était plus le cas. Tentant de lui expliquer comment faire un semblant de massage cardiaque sans réel espoir qu'un enfant de cet âge ne sache s'appliquer, alors que les minutes s'écoulaient, lentement mais sûrement. Cela devait bien faire quinze minute alors que la voiture semblait toujours coincée aux alentours de la Jefferson avenue, et qu'elle tentait de rassurer l'enfant jusqu'à ce qu'il n'y ait un cri de surprise de la part d'Henry.

Maman respire.

Ca lui avait paru inconcevable, sur le moment. Pas après tout ce temps sans oxygène, ni moyens de choquer son corps pour faire apparaître un pouls. Elle avait commencé à questionner Henry pour essayer de comprendre ce qu'il se passait avant d'entendre un étrange sifflement. ...Maman ?
Puis, plus rien. Un bruit sourd d'un téléphone qui tombe au sol, un nouveau cri enfantin, puis le silence.

Henry ? Henry ! Elle le savait, au fond d'elle. Le dernier cri poussé, cette espèce de râle en fond. Elle les avaient déjà entendu, et chaque fois qu'une patrouille avait été envoyée, ils n'avaient découvert que des cadavres. De ce qu'on lui avait soufflé, du moins. A nouveau elle avait hurlé dans son casque, n'entendant rien d'autre que de faibles gémissements avant que la communication ne coupe, sans qu'elle ne parvienne à retrouver le contact avec le garçon.

Elle était restée là, seule devant son écran qui indiquait que la patrouille était toujours immobilisée sur Jefferson Avenue, alors qu'à Cleveland Way, Henry n'était très certainement plus de ce monde au vu de ce qu'elle avait entendu. Ce fût le sanglot qui déchira sa gorge qui lui fit réaliser qu'elle était en larme, venant couvrir ses lèvres d'une main tremblotante. Seule dans le bureau, alors que chacun de ses collègues avaient depuis longtemps mis les voiles, sans personne pour venir lui demander de prendre le relais, ou de s'aérer un instant comme après chaque appel trop dur à encaisser.

Mais déjà, la ligne sonnait de nouveau. Avec à sa suite, une dizaine d'appels qui se mettaient à la suite par ordre de priorité, certains en provenance d'autres villes, indiquant clairement que son centre n'était sans doute pas le seul à ne plus posséder personne aux commandes.
India inspira profondément, relevant les yeux vers le plafond pour venir effacer du bout des doigts les larmes qui étaient venues se coller à ses mèches et ses joues. Expirant avec lenteur pour retrouver une voix calme et posée, observant la touche d'entrée avant de cliquer dessus.
Elle n'avait pas pu aider Henry, ni la patrouille 548 qui restait définitivement immobile en plein milieu de la route. Mais peut-être qu'elle pouvait encore en aider d'autres.

911, quelle est votre urgence ?  


I've always liked to play with fire.
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas  
Jill S. Blair
Administrateur
Jill S. Blair
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Survit depuis le : 29/08/2020
Messages : 228
Age IRL : 30
MessageSujet: Re: Dernière voix avant le chaos   Dernière voix avant le chaos EmptyLun 31 Aoû 2020 - 21:19

•• 20:35

BLAM.

Ma déflagration explose la serrure du diner qui jouxte la route. Je tiens mon flingue d’une main et de l’autre bras, je soutiens ma mère. L’enculé responsable s’est bien sûr barré en courant, sans que personne n’arrive – ou même n’essaye – de l’arrêter. J’ai la haine contre le putain de monde entier, même contre ce petit jeune de même pas 20 ans, et sa copine, qui se sont précipités hors de leur voiture pour m’aider. C’est dingue : une femme se fait flinguer en pleine rue, mais les gens préfèrent continuer de klaxonner en vain contre un cortège de manif’.

J’ai la tête qui tourne, mon oreille gauche siffle encore. J’essaye de ne pas penser à la trainée rouge sombre qu’on laisse dans notre sillage. La gamine venue à notre secours repousse la porte que j’ai fracturé et nous précède à l’intérieur pour chercher l’interrupteur. Moi, avec l’aide du mec, j’installe ma génitrice sur ma veste, à même le sol, faute de mieux. Je fais de mon mieux pour rester calme. C’est le corps de mon métier de ne pas stresser en situation urgente, sauf que là, ce n’est pas une victime anonyme.

- Jill… je… je me sens pas bien…
- Je sais maman, t’inquiète. Les secours vont arriver. Toi, je grogne un peu brusquement sur le gamin – il a tout juste 9-10 ans de moins que moi en vrai, fais pression sur la plaie, relâche pas.

Ensuite, je cherche mon smartphone dans mes poches. Putain de merde. Le sang dégueulasse mon écran tactile et m’empêche de taper le numéro. Je dois essuyer, recommencer. La nervosité me fait me planter, je lance un appel au 811. PUTAIN DE MERDE. Je reset, je recommence. Plus lentement. 911, ça sonne. Pendant les tonalités, mes prunelles se portent dehors, sur la file de voiture immobilisée dans la pénombre. De plus en plus de gens sortent, pour aller s’engueuler avec les manifestants ou carrément abandonner leur caisse. Des bagarres éclatent, ça part en vrille. C’est moche.

- Mais bordel !!!

L’appel a été coupé, le réseau est saturé. Ma mère plane au bord de l’inconscience, le gars tremble comme une feuille mais obéit scrupuleusement. Il fait pression, il en a les mains rouges déjà. Sa nana revient, elle tient une bouteille d’eau et des chiffons blanc.

- J’ai trouvé ça…
- Relayez-vous, que j’ordonne dans un grognement, la laissez pas perdre conscience et donnez lui à boire.
- O-ok…

Je devrais les ménager, ils sont terrorisés aussi. Mais j’y arrive pas. Je vois le monde partir en couille. Ma mère en sang ; il y a deux coups de feu dans la rue et la foule qui se disperse en hurlant. Ça se bouscule, ça se piétine, ça braille, ça se bat. Férocement. Et ce putain de réseau qui est toujours saturé. Il est déjà 20:48. Je craque et balance mon portable contre un mur. Il explose au contact de ce dernier, se repend en une pluie de pièces électroniques. Et merde. Je me précipite sur le fixe du restaurant et tente ma chance. Ça sonne. Quand enfin une voix féminine, je retiens un soupir de soulagement pour laisser parler les réflexes :

- J’ai une femme de 54 ans, blessée par balle dans l’abdomen, au niveau de l'estomac. La balle est pas ressortie, on est dans un diner de Port Angeles, au croisement entre la rue SC et la 8è.

Ma voix s’effrite un peu. Il est 20:54. Je me mets à trembler moi aussi, à cause de l’émotion ; et parce que je viens de poser les yeux sur celle qui m’a mise au monde. Elle est blanche comme un linge et n’arrive presque plus à garder les yeux ouverts. Je voulais rester sûre de moi, jouer la flic qui a le contrôle, mais mon timbre est étrangement étranglé quand je reprends :

- C’est ma mère… je sais que c’est la merde partout, mais s’il vous plait : dites-moi que vous pouvez envoyer quelqu’un.


Drain the blood
« I walk through the valley of the shadow of death, and I fear no evil because I'm blind to it all. And my mind and my gun they comfort me... because I know I'll kill my enemies when they come. »
Revenir en haut Aller en bas  
Indiana Crawford
Indiana Crawford
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Survit depuis le : 07/04/2020
Messages : 434
Age IRL : 30
MessageSujet: Re: Dernière voix avant le chaos   Dernière voix avant le chaos EmptyLun 31 Aoû 2020 - 23:56
•• 20h36


Je suis désolée, mais l'aide ne viendra pas. Ce ne fût que le silence qui lui répondit, plus belle insulte encore que si la mère de famille avait vociféré à son encontre.

Combien d'appels avait-elle pris ? De ceux qui hurlaient à l'agonie en entendant le bruit des os brisés, de la chair arrachée qui lui faisait lentement prendre conscience de toute l'horreur dans laquelle sa vie était en train de basculer, de toute ces choses que Carter avait voulu lui cacher quand elle envoyait des patrouilles à la mort, jusqu'à ce latino qui s'était contenté de murmurer une sorte de supplique mi anglaise mi espagnol, avant le sanglot final en comprenant que personne ne viendrait le chercher lui ou sa famille dans cette cave dont il avait parlé sans qu'elle ne parvienne à le localiser sur sa carte. Le bruit sourd d'une porte ouverte avait suffit à lui faire comprendre qu'il était déjà trop tard.

Les larmes avaient tracés des sillons brûlants le long de ses joues, alors qu'à chaque nouvel appel, elle retrouvait une voix assurée. Encore un. se répétant à chaque fois que c'était le dernier, et que le prochain se terminerait bien. Mais à chaque fois que le téléphone coupait, ce n'était qu'une horreur de plus. Venant un instant prendre sa tête entre ses mains alors que le réseau sautait, s'accordant quelques secondes de silence dans le Public Safety Communication ou elle était désormais seule résidente. L'écho des affrontements extérieurs sur le 945 ne parvenaient même pas à la faire tressauter, l'épuisement la gagnant déjà après seulement une vingtaine de minutes. Vingt minutes, et plus de vingt appels, dont aucun n'avait abouti à une quelconque solution.

Elle n'avait pas pu s'empêcher de prendre une seconde ligne, ses yeux brûlés par la lumière vive de l'écran venant chercher la patrouille la plus proche. Indie Crawford à équipe 118, vous me recevez ? Une patrouille de pompier, non loin. Mais après cinq relances, rien ne lui répondit. Pas même une vaine tentative de réponse. Est ce qu'il y à quelqu'un de vivant ? elle n'avait pas pu s'empêcher de poser la question avec l'énergie du désespoir, avant de réaliser que personne ici ne l'écoutait, ni même l'entendait.

Mais déjà, sa ligne sonnait de nouveau. Abandonnant la centrale des pompiers pour revenir aux civils, reprenant cette voix calme et posée qui pourtant mourrait d'envie de sangloter dans un coin.

•• 20h53

Il y eut la panique d'abord. Et malgré le timbre de voix, celle au bout du fil restait concise, claire. Mémorisant les indications pour venir les rentrer dans la carte. Vous êtes au Woodfire Grill ? Pas loin de la manif ? avait-elle demandé pour confirmation. Les notifications étaient ressorties plus tôt dans la journée, quand Carter en avait parlé au téléphone. Comprenant que même du côté de Port Angeles, plus personne ne répondait. Les appels oscillant entre toutes les centrales dans l'espoir que quelqu'un ne vienne décrocher. Instantanément, sa panique la quitta pour se concentrer sur cette voix au bout du fil. Féminine, de son âge peut-être. Hochant la tête en écoutant les indications, alors qu'elle pianotait à nouveau sur son clavier pour rentrer les informations.

Il y à une ambulance, au nord de la 7ème.

Estimation de l'arrivée dans une heure au vu de la circulation. Elle n'avait pas pu s'empêcher de taper rageusement son point sur le bureau, fermant un instant les yeux. Elle devait se reprendre. Au moins pour cette fille au bout du fil.

Ok. Avait-elle soufflé en précisant l'urgence de la situation par écrit. J'attends un retour de leur part. En attendant, moi c'est Indie. Et vous ? Elles allaient de toute manière, devoir trouver un terrain de confiance pour la suite. Commencer par se présenter était un luxe qu'elles devaient se permettre dans l'immédiat.

Ils annoncent une heure de route. Je vais rester en ligne avec vous. On va entamer les premiers soins ensemble, et trouver une solution. D'accord ?

Au moins une. Au moins une qui pourrait être sauvée. Vous seriez capable de prendre son pouls ?


I've always liked to play with fire.
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas  
Jill S. Blair
Administrateur
Jill S. Blair
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Survit depuis le : 29/08/2020
Messages : 228
Age IRL : 30
MessageSujet: Re: Dernière voix avant le chaos   Dernière voix avant le chaos EmptyMar 1 Sep 2020 - 13:11
- Ouais, c’est ça, confirmé-je sans attendre.

Le nom du restau’ j’en sers sais rien, j’ai pas pris le temps de regarder l’enseigne avant d’exploser la serrure. Par contre, il y a une manif’, c’est clair. Apprendre qu’il y a une ambulance à seulement deux rues me remplit d’une vague d’espoir un peu naïf, qui éclate sous le poing qui frappe une table à l’autre bout du fil. Putain, qu’elle me dise pas qu’il y a un problème avec les secours où je fracasse ce combiné aussi.

- Pffff…

C’est un ricanement nerveux qui s’échappe de mes lèvres quand l’autre – Indie – me dit qu’elle « attend une réponse ». Merde, elle s’attend à une autre réponse que « ok on y va ?! » ?! Mon visage s’enfouit brièvement dans une main mal essuyée, je me fous de l’hémoglobine partout sur le front et les joues. Je suis habitué à cette odeur si singulière mais là, c’est le sang de ma mère et il me fout la gerbe.

- Jill, que je réponds dans un souffle – l’autre fait son taff, je connais le protocole, mais : je suis flic, je connais le truc. Pas la peine de prendre des gants avec moi.

Je sais, c’est pas une excuse. Être confrontée aux blessures et à la mort tous les jours ne signifie pas qu’on est prêt à voir un parent agoniser d’une blessure par balle, mais j’ai pas envie qu’elle m’enrobe la réalité avec des mots doux. Ça marche avec les civils paniqués, pas avec moi. Je ne sais pas si c’est à cause de ma confidence, mais l’opératrice me répond que l’ambulance est à une heure de nous.

- Une heure ?! Il faut une PUTAIN D’HEURE pour faire deux rues ?!

Je devrais pas m’emporter. Elle fait de son mieux et je sais au moins autant qu’elle à quel point la situation est hors de contrôle. Je vois dans la rue que les émeutes ont pris le dessus. Ceux qui n’avaient pas encore abandonnés leur véhicule se font caillasser avec leur bagnole, il y a une femme prostrée sur un bébé de six mois, à même le sol, pour lui éviter de recevoir des projectiles. Elle reçoit une brique perdue et se ramollit d’un coup. Certaines bonnes âmes essayent de retenir les plus virulents des casseurs mais face à des gens qui ne veulent qu’en découdre, ils sont entrainés dans une escalade de violence inouïe.

- Ouais… ouais d’accord, je me reprends. J’inspire, j’expire. Ne pas craquer Jill, c’est la base, je m’en occupe. Bougez SURTOUT pas !

Parce que je sens que si elle raccroche, ma mère est foutue. Je pose le combiné – que je n’ai pas éclaté finalement – et me précipite vers les deux jeunes, aussi pâles que ma génitrice.

- Ton téléphone, j’aboie sur le mec qui a laisser sa meuf prendre sa place.
- Q-quoi ?! panique-t-il.
- TON PUTAIN DE TELEPHONE ! J’ai l’impression qu’il met une éternité à percuter et à me le donner, mais… putain de merde, déverrouille le !

L’angoisse me rend encore plus à fleur de peau que d’habitude. Ma colère n’est jamais loin, je suis comme une cocotte-minute laissée sous pression des fois mais là… ça me crame la peau de l’intérieur. J’allume un chronomètre et je m’en sers pour compter les battements au poignet de ma mère. C’est si faible que je galère. Faut de mieux, je retourne au combiné pour informer :

- Elle est à 40, autrement, c’est grave pas assez, l’ambulance a progressé ? Ça fait déjà au moins une heure non ? Le portable me fait mentir, ça fait même pas 10 minutes, c’est comme ça partout Indie ? ne puis-je m’empêcher de lui demander.  


Drain the blood
« I walk through the valley of the shadow of death, and I fear no evil because I'm blind to it all. And my mind and my gun they comfort me... because I know I'll kill my enemies when they come. »
Revenir en haut Aller en bas  
Indiana Crawford
Indiana Crawford
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Survit depuis le : 07/04/2020
Messages : 434
Age IRL : 30
MessageSujet: Re: Dernière voix avant le chaos   Dernière voix avant le chaos EmptyMar 1 Sep 2020 - 21:27

Jill.

Le prénom qu'elle avait donné avant de rajouter qu'elle était flic la conforta dans l'idée qu'elle devrait savoir gérer. Jetant un rapide coup d'oeil à la cinquantaine d'appel en attente, incapable de pouvoir y répondre, alors que son interlocutrice lui hurlait dans le tympan quand elle annonça le délai d'attente.
Grimaçant une courte seconde avant de reprendre sur un ton bien plus calme que le sien. Je sais. Bien sûr, que c'était aberrant. Que ça relevait du scandale, en d'autres circonstances. C'est comme ça depuis tout à l'heure, toutes les centrales que j'essaie de joindre donnent une réponse automatique, et -

Et rien, puisque déjà Jill lui exigeait de ne pas bouger de sa chaise. Profitant de son absence pour récupérer le second sans fil, recommençant ses sempiternelles demandes. Quelques pianotements sur le clavier de son ancienne collègue lui faisant trouver le nom de l'équipe de Port Angeles, et le chef des pompiers non loin qui devait - en toute logique - se trouver dans ce foutu véhicule immobile/

Equipe 164 de Port Angeles, ici Indiana Crawford de Communication Center à Tacoma. Vous me recevez ? A nouveau un vague grésillement, alors qu'elle attendait quelques secondes, reprenant. Bobby Murphy, de la 164. J'ai un 10-45c au Woodfire grill. Blessée par balle, estomac potentiellement atteint. J'ai BESOIN d'une patrouille, maintenant ! Elle ne pouvait pas s'empêcher de fixer l'écran bleu, alors qu'aucune réponse ne lui parvenait. Venant renverser les bibelots si minutieusement posés par sa collègue à même le sol dans un élan de rage, avant d'entendre la voix de Jill à nouveau dans l'oreillette. La forçant à se rasseoir à son propre poste. Quarante.

C'est trop bas. Avait-elle soufflé, fermant un instant les yeux pour se remettre en place les protocoles d'urgence. Elle ne pouvait même pas prendre le risque de lui demander de déplacer sa mère jusqu'à l'ambulance, pas avec cette manifestation extérieur d'ou lui venaient parfois certains échos. Mais déjà, la nouvelle question de Jill la ramenait à l'instant présent avec la même violence qu'une vague venant frapper les roches effritées, alors qu'elle relevait la tête vers l'écran de son ordinateur.

120 appels.

Elle ne put soupirer longuement, avant de répondre à son interlocutrice. Je suis au centre de communication de Tacoma. Si je t'ai répondu, c'est qu'il n'y à plus personne à celui de Port Angeles... Elle ne savait même pas pourquoi elle lui délivrait toute cette vérité qu'elle ancrait pourtant si profondément dans sa cage thoracique depuis les prémices de cette guerre qui se profilait à l'horizon. Je suis seule au bureau là. Personne n'est encore allé sur un seul des lieux que j'ai demandé.

Avaient-ils réellement le choix, de toute manière ? Relevant un instant les yeux vers le plafond pour empêcher ses larmes de venir à nouveau rouler sur ses joues, en repensant à Tyler. Ils avaient beau s'être séparé des mois plus tôt, apprendre sa mort dans une intervention pour une simple morsure à la joue d'un médecin, sans jamais pouvoir comprendre comment Tyler, pompier depuis des années à la brigade 111, aurait pu laissé la vie avec le reste de son équipe.
Mais déjà, les souvenirs s'enfuyaient alors que son instinct la forçait à se focaliser sur la situation. Revenant boire une gorgée de son litre de café pour se maintenir éveillée avant de reprendre à l'attention de Jill.

On va pas les attendre, Jill. On va commencer sans eux. Il faut la maintenir éveillée, tu sais faire les premiers soins ?

Elle devait sous doute être allongée sur le dos, en toute logique. Mets la de côté. Il faut que ses voies respiratoires restent dégagées. Vérifie la blessure, est-ce que la peau est plus blanche ? Rouge, gonflée ?

Mieux valait espérer qu'il n'y ait pas d'hémorragie interne, que la balle n'ait pas touché l'estomac. N'importe quoi, qui puisse leur permettre de gagner du temps. La laissant s'occuper des vérifications alors qu'elle essayait à nouveau de contacter Murphy, jusqu'à ce qu'enfin, un grésillement plus prononcé que les autres ne vienne confirmer une transmission. Du moins, c'est ce qu'elle avait cru. Mais à moins qu'un des pompiers n'ait tenté de répondre à l'appel, quelque chose venait de l'empêcher.

Putain ! avait-elle grogné de rage en cherchant une autre ambulance possible.

Jill, on oublie l'ambulance. Personne ne répond. J'essaie d'en contacter une autre, un peu plus au Nord, et une voiture de police qui est sensé faire son boulot en venant à votre rencontre. Un silence, de quelque secondes. N'avait-elle pas dit plus tôt être flic ?

Enfin... Sans vouloir t'offenser.


I've always liked to play with fire.
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas  
Jill S. Blair
Administrateur
Jill S. Blair
Fiche de personnage

Caractéristiques
Caractéristique Tir:
Caractéristique Physique:
Caractéristique Habilité:
Survit depuis le : 29/08/2020
Messages : 228
Age IRL : 30
MessageSujet: Re: Dernière voix avant le chaos   Dernière voix avant le chaos EmptyMer 2 Sep 2020 - 11:54
A TACOMA ?! Il n’y a tellement plus de centre disponible que mon appel est allé jusque-là ? C’est incroyable. Et le pire, c’est quand mon interlocutrice me dit qu’elle est seule dans son bureau. Putain de merde…

- Ça craint, soufflé-je non sans une forme d’euphémisme.

Je vois les émeutes, je pense à tous ces gens qui vont appeler le 911 et se retrouver dans le néant. Je devine qu’en ce moment même, alors que je monopolise l’attention d’Indie, des tas d’autres gens attendent sans recevoir l’aide nécessaire. Servir et protéger, c’est censé être mon mantra… mais là, tout de suite, je m’en bats les ovaires. Je vais pas raccrocher pour qu’elle puisse prendre quelqu’un d’autre, je vais garder l’opératrice pour moi, car c’est ma mère qui est sur le carreau.

- Je vais voir, dis-je simplement.

Faire les premiers soins moi-même, comme si ce n’était pas assez dramatiques.

Une fois de plus, j’abandonne le combiné pour aller faire les vérifications. Sans rien expliquer aux deux gamins qui se liquéfient de panique, je pivote ma génitrice le plus doucement possible. Elle gémit à peine, je crois qu’elle ne va pas tarder à perdre connaissance. Ce que je constate ne me fais pas – pas du tout – plaisir. Je sais d’expérience que les blessures par balles doivent être prises en charge dans les 10 minutes pour garantir de bonnes chances de survie. Là, j’ai arrêté de regarder l’heure, mais ça doit faire 45 minutes depuis qu’elle a été flingué. C’est trop.

- Toi, tu la gardes comme ça, tu l’empêches de perdre conscience et continue de faire pression, commandé-je à la nana qui tremble comme une feuille, et toi, cherche partout, y’a peut-être une trousse de premier secours quelque part.

Si oui, ce serait dérisoire : quelques pansements, un peu de désinfectant, de l’alcool à 90°… mais ce serait mieux que rien. Dans ma tête en tout cas, ça suscite un espoir illusoire. Il mourra bientôt, j’en ai conscience, mais c’est suffisant pour me donner l’énergie de retourner prendre le combiné. Je mets encore du sang partout mais j’emmerde le propriétaire.

- Laisse tomber, ils viendront pas, dis-je sombrement sans m’offusquer le moins du monde.

Mon ton est même devenu plus familier, j’ai laissé tomber l’enrobage de la politesse. Je sais pas, je me sens étrangement proche de cette nana là… sans doute l’impression d’être deux dans un merdier sans nom. Je sais très bien que mes collègues ne se pointeront pas : ils ont plus urgent à gérer qu’une femme seule qui agonise dans un diner. A leur place, je ferais pareil. Bande d’enculés.

- Je crois qu’elle fait une hémorragie interne. Son ventre est gonflé et la peau bleuie, je soupire ; ça parait foutrement désespéré, inutile qu’elle le dise, Indie… dis-moi, combien t’as d’appels qui attendent là ? Juste pour savoir à quel point l’état est foutu.


Drain the blood
« I walk through the valley of the shadow of death, and I fear no evil because I'm blind to it all. And my mind and my gun they comfort me... because I know I'll kill my enemies when they come. »
Revenir en haut Aller en bas  
Contenu sponsorisé
Fiche de personnage
MessageSujet: Re: Dernière voix avant le chaos   Dernière voix avant le chaos Empty
Revenir en haut Aller en bas  
- Dernière voix avant le chaos -
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
+
 Sujets similaires
-
» mes amies les bêtes [Yaoï ~ Hentaï]
» [UPTOBOX] Torpilles sous l'Atlantique [DVDRiP]
» [UPTOBOX] Dead or Alive [DVDRiP]
» Une bonne douche bien méritée [PV Lelouch][Hentaï]
» [Solo Valentine Crowblack] La femme avant la bête /!\Hentaï/!\

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: RP Terminés-
Sauter vers: