The Walking Dead RPG

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- Small talk only gets in the way -
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Katherine Baker
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MessageSujet: Re: Small talk only gets in the way   Small talk only gets in the way - Page 2 EmptyJeu 16 Juil 2020 - 16:29
Aamir n’avait rien du client habituel. Bon, je m’en doutais déjà, mais sa présence depuis le peu de temps que nous avions passés ensemble hors du contexte plus formel d’une relation employé-client me le confirma. Il était tellement différent des gars que j’ai l’habitude de fréquenter. Déjà que je n’en fréquente pas beaucoup, c’est encore plus marqué comme différence. Je n’ai pas vraiment vu personne depuis que mon beau Brady m’a dit au revoir quand j’ai quitté Brisbane. On est d’accord, Aamir et Brady ne peuvent être plus différents. Brady aurait vendu sa mère pour un coup d’argent, il s’alliait aux pires frappes qui rôdaient dans les rues et n’hésitait pas à jouer du fusil quand quelque chose ne lui plaisait. Il me manque encore mon petit bandit.

Mais avec Aamir, c’est différent. Il semble quelqu’un de respectable, de haut-placé et qui travaille dur pour avoir ce qu’il veut, ce que je respecte totalement. Ce que j’envie même. Il semble avoir eu du succès et bien réussir. C’est étonnant qu’un mec aussi bien et sympa soit célibataire. Je plaçai cette interrogation dans un coin de ma mémoire. Mais un peu de changement ne fait pas de tort à une fille. Et en plus, j’ai entendu quelqu’un dire un jour qu’il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée.

Et en plus, j’étais certaine qu’il ferait un excellent guide. Sa proposition ne put faire autrement que de me faire sourire.

-Ah oui? Et quels avantages j’y trouverais? La nuit entre autre? Ma curiosité augmente Aamir, méfie-toi.

Sa question suivante me fit un peu froid dans le dos. Et si j’avais raison dès le départ? Je me suis dit que ma meilleure option serait de tourner cela en humour. J’adoptai la même position que lui, presque trait pour trait. J’ai aussi entendu dire que l’imitation est la plus sincère forme de flatterie.

-Si tu es du FBI, alors je suis une terroriste internationale!

Je me suis mise à rire en même temps que lui. Son rire était contagieux et savait détendre l’atmosphère. J’étais détendue…à 80% disons. S’en suivit ensuite la question du vin. Là-dessus, il m’a surprise. Je dois avouer que je l’avais pris pour quelqu’un un tantinet snob. J’ai commis le crime de me fier aux autres clients bien habillés qui passent les portes du café chaque matin. Je suis très heureuse de m’être trompée. J’essayai de prendre un air faussement hautain.

-Très cher Aamir, sachez que je ne suis pas n’importe quelle femme que diable! Je suis Australienne! La bière et moi, nous nous connaissons très bien.

Bon, mon imitation était très lamentable. Je me promis de ne plus la faire, par crainte que mon pauvre comparse se sauve.  Mais en attendant que le serveur revienne pour nos commandes, Aamir n’eut pas d’autre choix que de me répondre. Un chauffeur, pourquoi pas? Je ne suis pas très alerte de la vie professionnelle d’un chauffeur, mais je me dis qu’il doit côtoyer des gens importants. En plus, quoi de mieux qu’un chauffeur privé pour bien connaître Portland. La seule chose qui tiqua mes neurones, c’est le ‘’officiellement’’. Bien sûr, il se reprit avec humour. Mais il y a quelque chose qu’il taisait. Je plaçai cela dans ma mémoire, près des questions sur le pourquoi de son célibat. Mais je ne lui en fit pas la remarque outre mesure.

Le serveur revint avant que je ne puisse répondre. Le pauvre gars faisait son petit discours, discours dont je ne compris pas un traitre mot. Je fixai Aamir à mon tour, les yeux ronds comme des pièces d’or pendant que ce dernier semblait s’ennuyer comme personne. Il leva son verre.

-À la tienne Aamir!

Je regardai Aamir sentir le vin et le faire tourner dans son verre. J’ai déjà vu des types faire ça à la télévision. J’ai toujours pensé que c’était pour se rendre intéressant. Je fis de même, sans trop être certaine de ce que je faisais avant d’en prendre une bonne gorgée. Ça goutait le vin, ce n’était pas mauvais. Je ne savais pas s’il avait choisi celui-là parce qu’il savait ce qu’il faisait ou par pur hasard.

-Je suis d’accord avec toi là-dessus. Il est bon, je peux pas nier. Le prochain verre, on essaiera sans le remuer, peut-être on aura une révélation sur le vin blanc sec.

Je reposai mon verre doucement. Suivant le rythme du jeu, Aamir relança les hostilités. Je m’attendais évidemment à cette question. La tentation était très forte d’utiliser mon veto. Mais boire aurait été admettre que j’avais quelque chose à cacher. Mais je ne faisais que tenir la basse du verre, cherchant la meilleure manière de formuler ma réponse.

-Mon père travaillait pour l’import-export et ma mère dans les finances à Brisbane. Comme cette dernière montait les rangs au sein de la banque nationale, elle reçut une offre qu’elle ne put refuser à Aspen Capital, ici à Portland. Mon paternel n’a pas eu de problème à se faire muter ici. Je me suis dit qu’à mon âge, c’était une belle opportunité de découvrir le monde, comme de nombreuses jeunes files de mon âge.

Je pris une pause, prenant une petite gorgée de vin.

-J’avais espoir de me trouver un job dans la finance ou de m’inscrire à l’Université d’État de Portland avec l’aide et l’appui de mes parents. Comme tu peux le voir, ce ne fût pas un succès.

Je poussai un petit soupir, comme si j’avais certains regrets.

-J’ai pensé déménager, mais je me suis trouvé ce job et j’ai appris à apprécier les gens du coin alors j’ai mis mes projets sur pause un moment.

C’était une histoire crédible. Une pauvre fille qui avait de grands espoirs et qui a subi quelques revers. Je n’avais pas de doutes qu’il pouvait y avoir quelques trous dans mon histoire, mais cela se corrigerait au fur et à mesure. Le pauvre, si seulement il savait. Je n’aimais pas lui mentir aussi effrontément. Ça ne me faisait pas plaisir du tout, mais je n’avais pas vraiment le choix. Je sais que de bâtir un lien sur des mensonges n’est vraiment pas idéal, mais pour le moment c’était le mieux pour mes fesses. De toute façon, ça aurait été idiot de parler des excès d’alcool du père Baker lors d’une première date. Mais maintenant, c’était à mon tour. Je me dis que nous allions avoir le temps de revenir à son mystérieux patron plus tard.

-Comme je suis une fille prévoyante et que j’aimerais savoir à qui je vais avoir affaire si tout se passe bien entre nous deux…

Je lui fis un petit clin d’œil.

-Tu as de la famille par ici? Ou le mystérieux célibataire que tu es ne vit que pour son travail et son mystérieux patron buveur de thé?

Il y avait plusieurs possibilités. La curiosité, quel vilain trait de caractère. Vilain, mais si palpitant. Et chaque nouveau détail sur mon interlocuteur le rendait encore plus intéressant.
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Aamir Rahis
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MessageSujet: Re: Small talk only gets in the way   Small talk only gets in the way - Page 2 EmptyVen 17 Juil 2020 - 18:07
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Au jeu du chat et de la souris, Aamir ne savait dire lequel des deux était le plus fort. Chacun semblait rebondir sur les dires de l’autre, chacun se plaisait à surenchérir. C’était du flirt à peine déguisé qui ne faisait que titiller encore un peu plus Aamir, où tout n’était que sous-entendu. Si les paroles pouvaient amuser le jeune homme, c’était surtout les non-dits qui lui plaisaient. Il ne saurait vraiment dire pourquoi, mais il avait l’impression que Mandy était bien plus qu’elle n’y paraissait. Qu’il y avait une part de mystère en elle qu’il mourait d’envie de découvrir, de creuser bien au-delà, de voir plus loin que ce début de soirée au bar, au-delà de ce verre de vin. Peut-être était-ce son accent, ses sourires ou son phrasée. Elle répondait aussi vite, aussi bien que lui. Ce n’était que le début de leur premier rendez-vous mais ils semblaient se tourner autour sans pour autant briser cette frontière invisible qui les séparait.

- Les avantages nocturnes ? Je vais pas abattre toutes mes cartes maintenant, si je te le dis aujourd’hui, tu n’auras pas le plaisir de les découvrir, ça n’aura pas la même saveur, tu comprends ? Satisfaire sa curiosité est une chose, en avoir la surprise en est une autre… Tu ne penses pas ?

Son ton avait viré dans les graves, il avait baissé sa voix, comme si elle était la seule qui pouvait entre ça. Entretenir le mystère, c’était ça qui le faisait jubiler. Et elle, elle semblait en être remplie.

- Une terroriste internationale et un agent du fbi qui boivent un verre ensemble, on dirait presque du Shakespeare moderne ; ça ferait un bon roman pour les ménagères !

Ils se mirent alors tous les deux à rire. Ce qui était bien, c’est que rien ne paraissait forcé entre eux. Tout semblait couler de sources et Aamir se demanda même pourquoi est-ce qu’il ne l’avait pas invitée plus tôt.  Il remercia alors intérieurement son patron de l’avoir libéré tôt aujourd’hui. Sans cela, il serait passé à côté de tout ça. Lorsque Mandy déclara, avec un ton qu’il ne savait qualifier de faussement snob ou typiquement australien, qu’elle et la bière étaient comme de vieux amis ; le regard d’Aamir devenu malicieux.

- Eh bien dans ce cas là, Madame,  je connais de très bons endroits avec des bières tout aussi bonnes ! Pour plus tard ou pour un autre soir…

Il avait essayé de son mieux d’imiter l’accent australien mais il se doutait que c’était forcément un échec.  Autant il était doué pour imiter l’accent indien autant l’accent australien semblait inimitable. Sur ces mots, ils trinquèrent, après s’être allégrement moquer des fins connaisseurs de vin.

- Ça veut donc dire qu’il nous faudra un deuxième verre pour vérifier cette théorie ; tu vas être coincée avec moi un petit moment de plus

Aamir ne savait pas vraiment depuis combien de temps ils étaient là mais le moment semblait comme suspendu. Il n’avait pas envie que cela se termine au bout de seulement un verre. Surtout lorsque Mandy répondit à sa question. Sur la raison de sa venue aux Etats-Unis. Alors qu’il était persuadé qu’elle prendrait une gorgée pour taire cette raison, elle lui raconta tout. Il était loin de se douter que c’était un mensonge. Il buvait presque ses paroles, comme satisfait d’obtenir une réponse, aussi fausse soit-elle.  Et c’était comme si il était attendri par son soupire.

- Ha… Le fameux rêve américain ! Mes parents y ont cru aussi mais tu sais, il est jamais trop tard pour changer. Changer sa carrière, changer ses rêves ou même changer totalement de vie. C’est pas parce que ça ne te parait pas un succès à l’instant T que ça doit rester comme ça. J’suis sûr que tu es capable de grandes choses ! Déjà c’est pas donné à tout le monde d’avoir le courage de changer de continent…

Il porta son verre à ses lèvres et bu une nouvelle gorgée.

- J’veux pas passer pour l’utopiste ou le moralisateur hein ! Mais je crois vraiment qu’il est jamais trop tard pour changer ! Et puis, heureusement que tu es restée, sans ça, on serait pas là

Il se permit un clin d’œil rapide.
La suite de la conversation ne tourna pas dans le sens qu’il aurait voulu. Parce qu’il savait qu’il allait devoir mentir à nouveau (et à son tour, sans le savoir).  Autant pour son activité, il n’avait pas menti, seulement choisi de ne révéler qu’une partie autant là, il allait devoir mentir. Machinalement, son pouce vint toucher son annulaire ; là où se trouvait généralement son alliance. Heureusement qu’il avait pensé à l’enlever !

- Mes parents vivent à Vancouver, juste à côté. Pas le Vancouver canadien. Mon frère et ma sœur sont à Jaipur, comme le reste de ma famille.

Et ma femme est dans mon appartement à l’heure actuelle’ pensa-t-il. Aamir savait que ce n’était pas correct, tant pour sa femme que pour Mandy. Mais c’était un mariage pour la forme, il n’était pas amoureux. Il espérait qu’elle non plus. Ça n’avait toujours été que charnel entre eux. Et en Mandy, il voyait la belle parenthèse qu’elle pouvait offrir à son mariage. Pas une parenthèse d’une nuit comme les autres, sans pour autant être une histoire qui pouvait mettre à mal son mariage presque arrangé.

- Mais dis comme ça, on pourrait croire que je suis marié à mon travail, dit-il en rigolant. C’est vrai que c’est une grosse partie de ma vie mais pas que. Je t’assure que ça m’arrive de sortir de ma voiture, et pas seulement pour venir au café !

À nouveau, il avala du vin. En fait, il finit même son verre d’une traite.

- C’est fou comme ces verres sont petits !

Sans doute était-il nerveux à l’idée de cacher qu’il avait une femme. Toujours était-il que c’était à son tour de poser une question. Il devait décider sur laquelle son choix allait se poser.

- Tu as prévu de retourner un jour en Australie ? Tes amis, ou plus, doivent te manquer ? Surtout que tu me disais plus tôt que tu n’avais pas encore beaucoup de copines dans le coin. J’ai un peu de mal à comprendre pourquoi d’ailleurs !

Cette fois-ci, il était sincère. Il ne comprenait pas pourquoi elle n’avait pas beaucoup de connaissances dans le coin. Elle était gentille, drôle et semblait avoir plein de choses à raconter. Sur ses pensées, Aamir la scruta un instant, son visage, ses cheveux…  A  défaut d’avoir des copines ; un copain. Ce à quoi on pouvait alors ajouter à la liste qu’elle était loin d’avoir un physique ingrat.


           
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Katherine Baker
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MessageSujet: Re: Small talk only gets in the way   Small talk only gets in the way - Page 2 EmptyLun 20 Juil 2020 - 22:22
Tout se passait bien jusqu’à maintenant. J’en venais presque à oublier ma paranoïa, ou c’était peut-être le vin qui faisait déjà effet. Mais non voyons, Kath…tu ne fais que passer un bon moment en bonne compagnie. Aamir, cet homme vif d’esprit, sophistiqué et intelligent était un compagnon idéal. Mais quelque chose ne voulait pas quitter ce coin de ma tête. Cette aura de mystère l’enrobait comme un voile de brume. Il semblait se retenir de parler sur certains détails, comme s’il voulait m’éviter des problèmes. Je devais par contre admettre que je n’avais pas de conseils à donner dans ce domaine. Mais ce petit flirt était très agréable, ça faisait changement de ce dont j’ai l’habitude. À moi de faire en sorte que cela dure plus qu’un rendez-vous. Je vais essayer de ne pas tout gâcher.

Son ton avait un peu changé, comme si chaque inflexion de voix était soigneusement choisie pour avancer un point, ou au contraire, faire tourner quelque chose d’une manière différente. Je n’avais pas de doute (je n’en ai jamais eu en fait), Aamir n’en était pas à son premier rodéo. Toutes ces allusions au mystère, aux surprises et à l’inconnu…le faisait-il volontairement. À la mention de la terroriste et de l’agent du FBI, je ne parvins pas à retenir un petit rire nerveux.

-Ça serait en fait très romanesque. Un jeu du chat et de la souris, deux êtres avec un but précis en se demandant ‘’qui va faire la première erreur?’’. On pourrait appeler cela : L’Apollon du FBI Vs L’Ombre Australienne.

Voilà pourquoi je ne suis pas auteure de roman à succès. Ce titre n’aurait même pas été digne d’un livre pour préscolaire.

-Bon, c’est un peu ringard comme titre j’en conviens. Mais les ménagères et les vieilles filles aiment ça. Tu pourrais même poser pour la couverture!

Cette fois, ce fut un rire franc. L’image d’Aamir dans ces poses exagérées sur les romans roses, c’est hilarant. Je pris une autre gorgée de vin, faisant attention de ne pas l’avaler de travers sous mes éclats de rire. Je levai mon verre lorsqu’il me parla de bières. Il semblait en effet tout connaître et avoir les réponses rapides.

-Je serais ravie de voir ces endroits, et surtout de voir si tu tiens bien la bière. Je n’ai rien contre les rendez-vous classiques et sophistiqués bien entendu, ils sont très bénéfiques pour un rendez-vous, mais je ne refuse pas quelques pintes bien placées dans un pub où il y a de l’action. Et promis, si on y va, je vais rester sage.

Les concours de beuverie avec Brady et son groupe. Ça tombait rapidement dans le ‘’pas de classe’’ mais on avait énormément de plaisir. J’étais jeune et idiote…J’en parle comme si ça faisait des décennies. Je pris une autre gorgée de mon verre et approuva l’idée d’en prendre un second.

-Bien entendu, si le roi du cellier qu’est notre serveur veut bien ramener son derrière par ici. Les connaisseurs que nous sommes auront bientôt besoin de nouvelles consommations.

Aamir soutint la théorie qu’il n’est pas trop tard pour changer. Il avait totalement raison. En fait, il ne croyait pas si bien dire. Je n’avais pas encore évalué mes options pour la prochaine année. J’avais toujours comme projet de visiter les États-Unis. Mais pour cela, je devais attendre, attendre que l’on cesse de me chercher. Connaissant ces bonshommes des autorités australiennes, ce pourrait prendre du temps. Je me devais de ronger mon frein. Un jour, peut-être…

Mon compagnon me parla de sa famille, ses parents qui ont rêvé de gloire et de succès aux États-Unis. Tant d’immigrants avaient cette histoire. Certains y parvenaient, d’autres non. Donc si j’ai bien tout suivi, il a ses parents à Washington et sa famille élargie est restée en Inde. J’avais encore une fois tellement de questions. J’avais entendu parler des coutumes de ce pays, mais c’était très vague pour moi. C’est évidemment très différent de l’Australie. Je devais poser mes mots soigneusement. J’allais ouvrir la bouche, mais Aamir me devança très habilement. Il était marié à son travail.

Cela peut cependant vouloir dire beaucoup de choses. De très nombreux aspects peuvent se cacher derrière un bourreau de travail : une vie ennuyeuse, une vie cachée, une vie problématique. C’était difficile à dire. Il termina son verre d’un trait, je fis donc de même, il fallait suivre après tout. Comme s’il nous avait entendus, notre serveur s’approcha, nous demandant si nous voulions quelque chose.

-Ah Tavernier, vous tombez bien, Apportez-nous deux verres de votre meilleur Chardonnay 1968.

Ce dernier me regarda comme si je venais d’une autre planète. Il ajouta poliment :

-Vous savez mademoiselle, Chardonnay ont reçu leurs premiers agréments en 1971 et…

-Évidemment, je le savais voyons. Dans ce cas, apportez-nous la même chose que tout à l’heure. Thanks mate!

Le pauvre serveur retourna sans dire un mot. Je posai mon regard vers Aamir.

-Désolée,  ça m’apprendra à vouloir faire la maline.

En attendant le second  verre, Aamir posa sa question. Une question très logique, que j’aurais posée également à sa place. J’essayai de demeurer calme et ne pas laisser paraître aucune panique, ni aucun signe de nervosité. J’aurais dont aimé que ce verre de vin soit devant moi.

-Bon, là-dessus, on va être quitte puisque je n’ai pas de verre pour mettre mon veto.

Je n’aimais pas lui mentir aussi avec autant de front. Je me demandai si un jour je pourrai lui dire la vérité, afin que nous puissions bâtir quelque chose de solide si le courant passe vraiment bien entre nous. Mais en même temps, quel mec aimerait s’acoquiner d’une criminelle australienne en cavale?

-Pour la première partie de ta question, oui j’aimerais beaucoup retourner en Australie. J’y ai en effet laissé quelques amis avec qui on a fait les 400 coups. Mais je ne suis pas vraiment pressée d’y retourner. Mon copain et moi on s’est quitté dans des circonstances disons, tumultueuses et agitées. Disons que j’aimerais attendre que la poussière retombe un peu avant d'y retourner.

Je ne voulais pas laisser ça sur une note aussi négative.

-Et en plus, si je retourne à Brisbane, nos prochains rendez-vous risquent d’être seulement au téléphone. Et maintenant que j’ai réussie à passer du temps avec Aamir en chair et en os, je ne reviendrai pas en arrière.

J’aurais vendu n’importe qui pour avoir mon verre de vin à ce moment même. Ce serveur, il va en ressentir sur son pourboire.

-Disons seulement que je suis une fille avec ses qualités et ses défauts. Je ne suis pas toujours facile à vivre au quotidien. Et en plus, je me concentre sur mon travail. Tu sais ce que c’est n’est-ce pas?

Je lui fis un sourire conciliant. Je savais qu’un bourreau de travail comme lui comprendrait cette vie.

-Il y a aussi le fait que je n’ai pas pris le temps de rencontrer les bonnes personnes.  C’est peut-être la peur de l’inconnu, je ne saurais dire. C’est peut-être aussi que j’attendais que tu tombes sur mon chemin. Tout est possible en fait.


Mon regard se posa sur la table devant moi. Je savais qu’Aamir ne serait pas satisfait de cette réponse. Je retrouvai rapidement mon sourire et fit un clin d’œil à mon interlocuteur.

-Et de toute manière, ce n’est pas toute la gente masculine qui est capable de bien gérer le caractère et les secrets impliquant une femme. Tu sais de quoi je parle.

Je me mis à rire à nouveau. Après tout, Aamir avait entretenu beaucoup plus de relations avec des femmes que moi. Je savais que j’étais une fille compliquée et difficile à comprendre. Mais j’avais de la difficulté à me comprendre moi-même. Je me détestais pour ça parfois. On dirait que de prendre du temps à me détendre me fait trop réfléchir.

-Maintenant c’est à mon tour. Voyons voir, tu m’as parlé de ta famille et de tes parents. Ceci est une question globale qui en enveloppe quelques petites. Es-tu retourné en Inde voir ta famille depuis que tu es à Vancouver non-Canadien? Tes parents ils avaient quoi comme rêve américain? Es-tu en bon contact avec eux?

Je m’approchai de lui, mes yeux perçant les siens avec mon air le plus dramatique et sérieux possible.

-Et le plus important de tout? Dis-moi quelques mots en Indien!

La liste de choses dont je voulais savoir était excessivement longue. Chaque chose en son temps. La patience est une vertu, l’après-midi est encore belle et à moins qu’Aamir se sauve en courant, nous avions d’autres verres à prendre et d’autres raisons de trinquer. Enfin, je me doutais bien que sa petite ‘’enquête’’ était loin d’être terminée.
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Aamir Rahis
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MessageSujet: Re: Small talk only gets in the way   Small talk only gets in the way - Page 2 EmptyMar 21 Juil 2020 - 18:11
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La plupart du temps, Aamir n’aimait pas passer par la case rendez-vous. S’il était souvent détaché avec la gente féminine, s’il profitait du statut d’Irfan pour filer directement sous les draps et de son mariage pour faire bonne figure ; Aamir appréciait tout autant ce moment. Le moment où rien n’était concret, tout n’était que mots. Avec les années, il avait fini par oublier que cette phase était tout aussi séduisante. Le plaisir d’apprendre de l’autre, de jouer avec l’autre, de se tourner autour en laissant grandir le désir sans pour autant ne jamais y céder. C’était un peu ce qu’il ressentait à l’instant. Il n’allait pas mentir en disant qu’il n’avait pas pensé à plus, lorsqu’il avait vu Mandy mais il découvrait maintenant sa personnalité. Il se satisfaisait pleinement de cette discussion, de ce jeu. C’était comme s’il se nourrissait de cette distraction et de ses réponses. Il jouait. Elle jouait. Peut-être était-elle sa cible. Peut-être était-il sa cible. Il s’en moquait et s’en amusait. Et c’était le plus important pour le moment. Sans peut-être en être consciente, Mandy venait de tout résumer en une phrase.

- C’est vrai que le jeu du chat et de la souris, ça nous irait bien ! Par contre je suis moins sûr pour le titre et encore moins pour la couverture

Aamir lia son rire à celui de Mandy, surtout lorsqu’elle le taquina sur le fait qu’il pourrait poser pour la couverture du livre. Il bomba alors le torse et pris une pause faussement mystérieuse. C’était ridicule, autant que les fameuses photos en première page. Mais justement, c’était l’absurde qui rendait la situation amusante. Tout comme le fait que la jeune femme affirma qu’elle serait curieuse de voir les endroits où l’on pouvait boire de la bière, un endroit avec de l’action et où elle sera sage. Sur ce mot, Aamir dressa un sourcil interrogateur à son interlocutrice, non sans un brin de malice dans le regard.

- Me tente surtout pas ! Parce qu’on est d’accord, sans toi cet endroit serait chiant à mourir !

C’était vrai, malgré les apparences, Aamir était plus du genre à traîner dans des bars sombres, où l’odeur de l’alcool, peut-être même de la sueur était forte ; où tout le monde finissait la soirée debout ou sur les tables, où la musique était forte, l’alcool par cher, où ils étaient tous collés. Le genre d’endroit où on ne lui refusait pas l’entrée si on voyait son tatouage ou s’il était en jean. Il avait pensé bien faire à choisir un bar à vin avec une terrasse qui offrait une vue imprenable sur le lac mais au final, il s’était lamentablement trompé. Heureusement que leur conversation se suffisait à elle seule.  

Ils finirent tous les deux leurs verres d’une traite, Mandy imitant le geste d’Aamir. Lorsque le serveur daigna débarquer de nouveau, Mandy prit la parole d’un air assuré. Aamir pouffa de rire dès qu’elle prononça le mot ‘tavernier’. L’autre restait là, l’air incrédule. Elle se trompa sur la date du vin et il ne manqua pas de le lui faire remarquer. Aamir se mit à rire de plus belle.

- T’excuse pas mais tu nous as définitivement grillé en tant qu’amateurs de vin !

Le temps que le serveur ne revienne avec le saint Graal, Aamir posa sa question. Il en avait presque oublié sa propre règle, aussi Mandy ne put utiliser son droit de véto. Ce n’était pas très juste de sa part de poser cette question car il n’avait aucune idée de ce que Mandy avait pu traverser ni si elle était encore attachée par quelconque moyen à sa terre natale. Si bien qu’il demeura silencieux pendant qu’elle s’efforçait de répondre. Il ne saurait dire ce qu’elle pouvait ressentir mais il avait comme l’impression de lire de l’amertume dans son regard et quelque chose dans sa voix semblait étrange et elle, nerveuse. Il était comme fasciné par ce combat qu’elle semblait mener intérieurement. Sa curiosité était à nouveau piquée en plein cœur et chaque mot de l’australienne emmenait une nouvelle question dans la tête du jeune homme. Elle paraissait si jeune et pourtant, elle donnait l’impression d’avoir eu plusieurs vies. Certaines vies qu’elle semblait vouloir taire. Et lui, il mourrait d’envie de la faire parler.  Ô comme elle l’intriguait, elle était différente. Et la différence l’avait toujours attiré.  Percer ses secrets et découvrir la femme derrière le masque, voilà ce qu’il voulait maintenant. Il en était persuadé.

- Tu savais ce que tu perdais en quittant l’Australie mais tu ne savais pas ce que tu gagnerai en arrivant ici alors j’appellerai pas ça la peur de l’inconnu… Mais si tu attendais que je tombe sur ton chemin pour te sortir la tête du travail, me voilà, dit-il tout sourire en ouvrant les bras

Il y avait tellement de choses qu’il aimerait lui dire.

- Je pense que c’est là toute la beauté de la chose, on ne gère pas le caractère ou les secrets de quelqu’un…

Son regard fût insistant sur le mot ‘secrets’ tant pour lui que pour elle.

- On apprend seulement à apprivoiser la différence de l’autre et même si on meurt d’envie de découvrir tous les secrets, il faut forcément laisser l’autre garder sa part d’intimité et entretenir la part de mystère. Tu ne crois pas ? Si tu connais tout de l’autre, si tu le connais par cœur, si tu sais comment son caractère va le faire réagir, tu n’auras plus ce fameux effet surprise. Quand tout est réglé comme du papier à musique, que tu sais à l’avance ce que l’autre pense ou fait, c’est pas aussi exaltant. Après, toutes les femmes n’ont pas de secrets ou de caractère démarqué. C’est valable aussi pour les hommes je pense. Il faut juste trouver quelqu’un qui est prêt à relever le défi que ça peut représenter !

Ca n’avait peut-être pas vraiment de sens ce qu’il racontait mais il avait l’impression que Mandy comprendrait. Elle semblait être restée sur sa faim ou avoir laissé une affaire en suspend là-bas, en Australie. Et Aamir savait qu’il ne faisait pas bon de vivre avec des remords.      

- Il faut juste apprendre à être indulgent avec soi-même.

Sans doute profitant-elle à nouveau de l’absence de verre sur la table, elle posa à son tour sa question. Ou plutôt ses questions. Esquissant un sourire, Aamir posa une nouvelle fois ses coudes sur la table, se rapprochant de Mandy.

- Doucement Inspectrice ! On dirait que maintenant, c’est toi l’agent du FBI !

Toujours le sourire aux lèvres, il entreprit de répondre à ses questions.

-  Je retournais tous les ans à Jaïpur voir ma famille. Et crois-le ou non mais j’ai eu aussi des déplacements professionnels en Inde.

Pour le coup, c’était une vérité sur son travail.

- Je suis encore en bon contact avec mes parents, je les vois assez souvent d’ailleurs. Avec ma famille en Inde, disons que les années nous ont éloignées et j’y vais beaucoup moins qu’avant.

Un brin de nostalgie vint alors le frapper, pensant à son frère et sa sœur qu’il n’avait jamais réussi à considérer comme tel.

- Leurs rêves c’était simplement de pouvoir gagner plus d’argent ici pour pouvoir vivre avec leurs trois enfants réunis tout en continuant à aider financièrement la famille nombreuse là-bas. Je pourrais pas te dire s’ils regrettent d’être venus en Amérique ou pas mais une chose est sûre, les Etats-Unis n’ont pas tenu les promesses qu’ils font croire à la télé !

Aamir préféra taire le fait qu’il savait pertinemment que sa mère regrettait et que lui, l’avait déçue en choisissant de ne plus voyager en Inde avec eux.

Au même moment, le serveur arriva avec les deux verres de vin.

- Ha, notre fameux Chardonnay 1968 ! On a failli mourir déshydratés ici !

Le pauvre serveur ne devait vraiment pas comprendre l’humour potache des deux comparasses.

Aamir empoigna fermement son verre et prit un air le plus sérieux possible. Il se mit alors à parler en hindi, comme le lui avait demandé Mandy. Cette dernière ne pouvait comprendre un traître mot de ce qu’il racontait.

- Ça veut dire : « ça te dit qu’on finisse rapidement ce verre et qu’on se barre d’ici pour aller vraiment s’amuser ? » et considère ça comme une question à laquelle la réponse non est déconseillée

Joignant le geste à la parole, Aamir bu son verre de vin cul sec, difficilement, non sans que sa gorge lui picote, sous le regard effaré du serveur.  



           
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MessageSujet: Re: Small talk only gets in the way   Small talk only gets in the way - Page 2 EmptyMer 22 Juil 2020 - 19:03
Il y a certaines choses qui ne changent jamais. Le soleil se lève, il faut payer des taxes et un rendez-vous entre un beau jeune homme et une belle jeune fille provoque des étincelles. Je ne savais pas encore à quel degré les étincelles entre nous étaient, mais nous étions sur une très bonne voie. Je ne cessais de me dire à quel point cela me faisait du bien. Je sentais que je pouvais mettre ma paranoia de côté le temps d’un instant, pour profiter du moment présent. Qui aurait pu croire cela? Katherine Baker, qui prend du temps pour se relaxer en buvant un verre avec un beau gars…vous m’auriez dit cela il y a quelques mois, je vous aurais ri au visage. Je revins à notre conversation.

À ma grande déception, Aamir ne sembla pas aimer l’idée de la couverture de roman. Je lui fis une petite moue triste, mais ne parvint pas à contenir mon rire. C’était proprement ridicule et saugrenu, mais tellement divertissant.

-Dommage, j’aurais beaucoup aimé te voir avec une tignasse blonde au vent, une épée à la main en regardant le lointain, les pectoraux de bodybuilder chauffant au soleil avec une pauvre beauté accrochée à ta jambe.

Le compliment m’alla droit au cœur. Je crois qu’il en met un peu trop, mais c’est quand même très flatteur. À vrai dire, sans Aamir, je n’aurais jamais même pensée venir ici. Trop ouvert, trop de gens autour, je serais probablement restée enfermée dans ma chambre de motel jusqu’au lendemain matin.

-Ce n’est pas si mal voyons. La vue est superbe et le vin est bon. J’ai seulement l’impression de pas avoir la classe d’un tel endroit. La preuve, je nous ai grillés en l’espace de quatre secondes. Contrairement à toi, bon sang Aamir on dirait que tu te fonds dans le décor et que tu sais ce qui est beau et luxueux. J’ai encore des trucs à apprendre
.

Notre compétent mais perplexe serveur fit un petit tour de ses autres tables, sans doute heureux de ne plus avoir à subir nos moqueries après avoir pris nos commandes. La conversation revint rapidement sur l’Australie, ma terre natale. Je buvais les paroles de mon interlocuteur avec plus d’attention que le contenu enivrant de mon verre. Il y avait beaucoup de sens et de sagesse dans ces paroles. Aamir parlait comme s’il avait vécu beaucoup de choses, de grandes expériences, voir presque des aventures. Nous n’avions pas encore glissé mot sur la question de l’âge. Je le savais sans aucun doute plus vieux que moi, mais pas de beaucoup. Mais il semblait connaître la vie, au moins d’une façon différente de la mienne. Il semblait plus habitué aux yachts de luxe qu’aux cargos philippins. Mais comme il a dit plus tôt, les apparences peuvent être trompeuses. Et on dirait bien que dans notre cas, ça devenait de plus en plus vrai.

La question des secrets pouvait être abordée de façon similaire. Sur ce point, Aamir avait bien résumé la situation. Il fallait qu’une part de notre jardin intime reste seulement à soi oui, mais une relation se base sur la confiance, le partage et les intérêts communs. Sous un autre angle, les secrets font parfois plus de mal lorsqu’ils sont découverts. C’est une situation particulière. Le mystère qu’Aamir dégage est certes très attirant, mais il laisse en suspense de nombreuses questions. Et Mandy Horvath mettrait sa main au feu qu’Aamir ressentait la même chose. Côté mystère et secret, je ne donnais pas ma place.

-Et toi Aamir, es-tu prêt à relever ce défi avec quelqu’un? De poursuivre quelque chose avec quelqu’un qui a de la difficulté à être indulgente envers elle-même parce qu’elle se remet en question?

Je sentais que cela devenait un peu trop sérieux et un peu trop rapidement dans la situation actuelle. Ces mots étaient sortis tous seuls, mais ils étaient lourds de sens. J’avais intérêt à me remettre sur le droit chemin et reprendre le contrôle de ce que je dis.

-Ah pardon, j’ai outrepassé les règles du défi. Je retire ma question immédiatement, veuillez pardonner cette infraction votre honneur.

Mon taux faussement hautain ressemblait aux autres imitations que nous avions faites un peu plus tôt. Après quelques rires supplémentaires, Aamir me parla de sa famille et comment les choses se passaient en Inde. C’était fascinant aussi! Après tout, l’Inde et l’Australie sont deux pays avec des histoires fascinantes et une riche culture. Ils avaient même certains points en commun. J’aurais pu l’écouter pendant des heures. Mais lorsqu’il en vint à parler de ses parents, on dirait que quelque chose sonnait étrange dans sa voix. Je n’étais pas capable de dire si c’était des remords, des regrets ou autre chose, mais quelque chose troublait. Chose certaine, ce sujet était important pour Aamir. J’hochai la tête, approuvant ce qu’il disait.

-Et tu apporterais avec toi une belle Australienne visiter l’Inde?

Je fis un petit clin d’œil en faisant cette demande. Je ne m’attendais pas à ce qu’il le fasse, mais c’était beau de rêver. Ça ferait changement de l’Amérique. Si les États-Unis n’avaient pas tenus leurs promesses auprès des parents d’Aamir, ils m’avaient été très utiles pour me cacher. Je n’irais pas jusqu’à dire la terre promise, mais c’était mieux que les centres de détentions australiens. En comparaison, une île perdue au Groenland aurait fait l’affaire au point où j’en étais. Pendant ce temps, notre serveur était déjà de retour. Il déposa avec cérémonie nos verres respectifs.

Je ne fus pas capable de retenir mon rire à la petite pointe qu’Aamir avait lancé au pauvre gars. Mais mon rendez-vous redevint soudainement aussi sérieux qu’un pape, tenant son verre avec une poigne de fer et se mit à me déblatérer un enchevêtrement de lettres et de syllabes qui me percuta de plein fouet. C’était sans doute la langue de son pays, et mes yeux ronds comme des soucoupes trahissaient mon incompréhension totale. Par bonheur, il me traduisit et cette dernière me plaisait beaucoup. Il finit son verre d’un seul trait, la politesse était donc de faire de même. Je retins de mon mieux la grimace, n’étant pas habituée de boire du vin à la base, encore moins aussi vite. Avec son œil aiguisé, je suis certaine qu’Aamir a pu remarquer.

-C’est une excellente idée. Allons trouver un endroit où ils ont du vrai Chardonnay 1968.

Je pris mon sac afin de chercher quelque chose pour payer la note. Je l’eus à peine entrouvert que je vis le pistolet, confortablement logé au fond. J’avais oublié que depuis mon arrivée aux États-Unis, je ne sortais jamais sans lui. Mais quelle idiote je fais! Je pris subtilement quelques billets pour payer mes consommations et tapota presque gentiment l’épaule du serveur.

-T’en fais pas mate, t’as fait ton possible. Tu fais bien ton boulot, mais apprend à rire un peu ça te décoincerait.

Ce n’était pas méchant, loin de là. Une fois cela fait, je reportai à nouveau toute mon attention vers Aamir. Je m’étais même placée à côté de lui, sans vraiment m’en rendre compte. Je plaçai ma main sur son bras.

-Alors monsieur le guide, où amenez-vous votre partenaire pour s’amuser? Une fête foraine? Un défilé? Une bijouterie? Votre luxueux appartement? Un casino? Un pub irlandais?

Me rendant compte que je me rapprochais un peu trop, je me reculai un peu. Non seulement pour ne pas trop l’envahir ou l’étouffer, mais également pour demeurer vigilante.

-Et je n’oublie pas que c’est ton tour de poser la question. Tu vois ici que je suis très honnête et ose espérer que tu vas tenir cela en considération lorsque tu réfléchiras à ta prochaine et brûlante question.

Au moment où nous commençons à nous éloigner du bar, mon esprit se remit à réfléchir à toute vitesse. Kath bordel de merde, pourquoi tu t’arrêtes pas le temps d’un instant? Aamir va pas te balancer dans le coffre de sa voiture pour t’envoyer en Europe de l’Est, pas plus qu’il va te mettre des menottes et t’extrader en Australie. Savoure le moment bon sang! Ne sachant pas s’il avait un endroit tout près, ou à l’autre bout de la ville, je lui laissai les devants, ajoutant avec un petit sourire malicieux.

-Après toi, je te suis. Vais-je avoir la chance de profiter de tes talents de chauffeur privé? Ou tu as d’autres surprises en réserve?

Qui sait, c'est peut-être la confiance qui commence à s'ancrer de plus en plus solidement
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Aamir Rahis
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MessageSujet: Re: Small talk only gets in the way   Small talk only gets in the way - Page 2 EmptyJeu 23 Juil 2020 - 12:39
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ft kath "mandy"
Si ses journées étaient souvent bien différentes les unes des autres, s’il avait la chance de ne pas se laisser tomber dans une routine quotidienne ; Aamir devait bien reconnaître que celle-ci sortait encore plus de l’ordinaire pour lui. Et il devait avouer que cela faisait un bon bout de temps qu’il n’avait pas passé un aussi bon moment. Ce genre de moment où il ne ressentait pas le besoin d’être sur ses gardes, où il pouvait être pleinement détendu. Il ne dirait pas qu’il ne pensait à rien sauf à vivre le moment puisqu’il avait toujours cette petite voix dans sa tête qui lui disait qu’il ne devrait pas faire ça et surtout qu’il ne devrait pas prendre le risque de s’attacher à Mandy. Ou prendre le risque qu’elle ne s’attache à lui. C’était sans doute pour cela qu’il évitait ces fameux rendez-vous mais aujourd’hui, avec Mandy, il n’avait pas envie de fuir.

C’était drôle de voir à quel point le courant pouvait passer entre eux deux. Tantôt ils riaient, tantôt ils parlaient sérieusement. Tantôt ils se disaient la vérité, tantôt ils se mentaient. Chacun semblait se douter qu’une part de vérité leur était cachée mais pour autant, ils continuaient dans cette direction. Cette même direction qu’ils paraissaient vouloir arpenter tous les deux.

Lorsque Mandy se mit à lui décrire le genre de couverture qu’elle visualisait pour ce romain imaginaire, Aamir ne put à nouveau se retenir de rire. Lui en blond et sur-musclé ? C’était tout ce qu’il n’était pas et, il osait l’espérer, ne serait jamais. Il avait toujours trouvé ces clichés ridicules et peinait à comprendre ce que les ménagères pouvaient trouver d’attirant dans cela. Peut-être le frisson de l’interdit ? Ce qu’il ressentait à ce moment. Mandy était ce frisson de l’interdit. Un frisson, ça ne durait jamais longtemps mais la sensation était vive, vivide.

L’australienne enchaîna à la réplique d’Aamir sur le fait que cet endroit serait des plus ennuyeux si elle n’était pas là. Une nouvelle fois, elle lui dit qu’il avait assez de classe pour cet endroit contrairement à elle.  Aamir secoua la tête.

- J’ai toujours appris à me fondre dans la masse. Et j’suis prêt à parier que si tu étais habillée en tailleur, le serveur aurait ri avec toi et pas de toi pour le chardonnay 68. Les semblants sont rois dans ce milieu, tu pourrais être la pire des garces tant que tu respires l’argent, ça passe ! Crois-moi que je suis pas plus à l’aise que toi

La conversation devint alors plus sérieuse et Mandy sembla écouter attentivement la tirade qu’Aamir venait de faire sur les caractères et les secrets de chacun. Son discours était lourd de sens, tant pour lui que pour elle. S’il se doutait qu’elle ne lui disait pas tout, s’il pouvait sentir qu’elle dégageait plus que ce qu’elle ne laissait penser ; il allait sans dire que lui aussi devait servir un discours bancal par moment. Le plus important était de suivre le fil conducteur des mensonges de chacun.

La question qui suivi ne manqua pas de le déstabiliser. Elle lui demanda s’il lui, il était prêt à relever le fameux défi dont il avait parlé plus tôt. Aamir fronça un instant les sourcils. Le défi, c’était elle, cela ne faisait aucun doute. Mais cette question semblait arriver bien tôt aux yeux du presque trentenaire. C’était trop tôt mais à la fois trop tentant. Et, comme si elle entendait les pensées silencieuses d’Aamir (ou peut-être les partageaient-elle), Mandy tourna ce moment à la dérision.

- Veillez à ne plus recommencer cela, sinon je devrais objecter votre demande ! Cependant, la réponse s’apparenterait à un peut-être.

Il essayait d’imiter les airs de l’australienne pour lui aussi, tourner ce moment sérieux en plaisanterie.

Fort heureusement, la discussion redevenue plus légère alors qu’Aamir lui conta rapidement l’histoire de sa famille. À nouveau, Mandy l’écouta avec attention. Elle semblait captivée par ce que l’Inde pouvait représenter. Aamir ne pouvait que la comprendre. L’Inde était un pays magnifique. Il n’aimerait pas y vivre tant il était habitué au mode de vie américain mais chacun de ses voyages n’avaient été que découvertes.  Les lèvres d’Aamir s’étirèrent en un sourire à la question de Mandy.

- Seulement si cette belle australienne veut vraiment visiter l’Inde.

Aamir fut aussi amusé par cette idée que par la tête de son interlocutrice lorsqu’il entreprit de parler en hindi. Il savait que sa langue natale pouvait sembler venir d’une autre planète pour une personne non habituée. Tout dans cette langue était différent de l’anglais, de l’alphabet à la consonance. La traduction arriva aussi vite que les verres ne furent vidés. Aamir ne put se retenir de sourire lorsqu’il vit la jeune femme grimacer. Le vin avait beau être un excellent alcool, il était fait pour déguster et non pas pour être bu aussi vite. Mais il était comme satisfait de voir que Mandy suivait la cadence.  Et il était encore plus enchanté de constater qu’elle accepta sa proposition de changer d’endroit.

Le chauffeur laissa un nouveau rire s’échapper lorsque Mandy asséna le coup de grâce à ce pauvre mais coincé serveur. Et alors que Mandy se rapprochait de lui, il déposa des billets sur la table pour à son tour régler l’addition. Imitant le geste de son rendez-vous, Aamir tapa sur l’épaule du serveur.

- Sans rancune hein, on reviendra peut-être un jour ! Et je sens que vous nous attendrez avec impatience. Au plaisir, cher Monsieur !

Il achevait sa phrase lorsqu’il sentit la main de Mandy se poser sur son bras. Il regarda rapidement cette main avant de ne poser son regard sur Mandy. Il esquissa un sourire, tant pour le geste que pour ses questions.  Ce maigre rapprochement physique ne fut cependant que de courte durée. Tout comme sur sa question sur le fait qu’il était prêt ou non à relever le défi, Mandy fît comme machine arrière en s’éloignant de lui. Il l’aurait volontiers retenue mais il ne voulait pas la brusquer.

Il hocha la tête à toutes les propositions de Mandy.

- Peut-être un peu tout ça ?

Sauf pour le luxueux appartement. Parce que son appartement était simple et non luxueux mais surtout parce qu’il y avait déjà quelqu’un dans cet appartement.

- J’apprécie ton honnêteté et j’essaierai de la prendre en compte… Mais essayer ne veut pas dire faire ! dit-il plein de malice    

Ils s’éloignèrent du bar lorsque Mandy lui demanda ce qu’il comptait vraiment faire et surtout comment comptait-il s’y rendre.

Il sentait que l’alcool commençait doucement à monter mais pas assez rapidement pour le priver de conduire.

- Grand seigneur que je suis, je vais t’offrir le privilège de la course privée !

Ils arrivèrent rapidement à la voiture, qui était garée près du café et, au moment de monter dans le véhicule, Aamir fût pris d’un doute. Et si Mandy avait la curiosité de regarder dans la boîte à gants ? Ce n’était pas temps pour son beretta rangé à l’intérieur qu’il s’inquiétait mais plus pour son alliance.

- J’espère que t’es pas malade en voiture ? La limitation de vitesse, je connais pas trop !

C’était pour le coup on ne peut plus vrai. Il avait toujours cette fâcheuse tendance à rouler trop vite, bien au dessus de la limite autorisée. Mais il avait confiance en ses capacités et aimait bien trop la sensation que la vitesse lui procurait.

- La seule règle, c’est d’attacher sa ceinture !

Rapidement, ils se retrouvèrent sur les routes de Portland. Aamir roulait à toute berzingue et s’arrêta aussi brusquement qu’il n’avait démarré.  Il s’était arrêté devant un pub.

-  J’te propose un truc… On va tester tous les pubs ou bars qui se trouvent sur notre route. Une bière par pub et après, tu me diras laquelle tu préfères !

Sans attendre la moindre réponse, Aamir sortit de sa voiture, espérant bien que Mandy suivrait.

-  On va voir qui de l’Australie ou de l’Inde tient le plus la cadence !

Aamir poussa la porte du pub en prenant soin de laisser passer Mandy d’abord, en feintant une révérence. Puis se dirigea au comptoir pour commander deux pintes. L’ambiance était nettement plus détendue ici.

Il se tourna vers Mandy, lui tendant son verre.

- Je te dois une question simple je crois… Alors, dis-moi où se voit Mandy dans cinq ans ?

Il avait vraiment envie de savoir à quoi aspirait cette jeune femme si pétillante et si mystérieuse.


           
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MessageSujet: Re: Small talk only gets in the way   Small talk only gets in the way - Page 2 EmptyVen 24 Juil 2020 - 16:38
N’importe qui a le droit à ses moments de faiblesse. Même le plus puissant chef d’état a droit à ses moments d’égarement. Je me souviens comment le vieux Baker se moquait du président Clinton pour son incartade sexuelle. Il ne cessait de dire que c’était un mou, un faible. Pour un homme fort sur la bouteille, il en disait beaucoup à mon avis. Mais dans ma tête d’enfant, ça ne résonnait pas. J’écoutais sans comprendre. Mais aujourd’hui, je sais ce que c’est d’avoir un moment de faiblesse. Mais en est-ce vraiment? Est-ce vraiment être faible que de baisser sa garde, sans trop comprendre pourquoi ni comment? Aamir parlait de se fondre dans la masse, de l’univers des semblants et du faux. C’était si différent de ce que j’avais connu avant d’arriver ici. Mettez ça sur le compte de la jeunesse idiote, mais je voulais faire partie de ce monde. Voilà où tout ça m’a mené : une vie de cavale, sous une fausse identité. Une vie basée sur le mensonge, la vie d’une fille qui a un rendez-vous avec un homme mystérieux, qui semble avoir une vie bien cachée lui aussi. Une vie d’agent du FBI? Une vie de criminel? Je ne sais pas.

Mais qu’il soit un criminel, un vendeur de voitures ou un agent fédéral, Aamir savait détendre l’atmosphère et trouver les bons mots pour faire sourire une demoiselle. Le courant passait réellement bien, et tout venait si simplement. Tout était facile, comme si nous nous connaissions depuis des années. Comme s’il comprenait certaines choses que je ne comprenais pas moi-même. Mais un élan de déception passa en moi. Aamir appréciait beaucoup Mandy Horvath, mais aurait-il apprécié autant Katherine Baker? Ce double jeu, c’était une lame à double tranchant. Mais ses réponses demeuraient toujours plaisantes à entendre. J’allais donc pouvoir visiter l’Inde.

-T’en fais pas, cette belle Australienne aimerait vraiment visiter l’Inde. Surtout si son guide est prêt à relever de difficiles défis.  Quand c’est trop facile, c’est là que la victoire devient moins satisfaisante.

Aamir paya sa note à son tour, et retourna le couteau dans la plaie de notre nouveau meilleur ami. Je ne retins pas mon rire et une fois plus loin, je donnai une petite tape amicale à mon rendez-vous.

-Le pauvre mec, il va faire une crise nerveuse si jamais il nous revoit rôder proche de son café. Mais je note que la prochaine fois, je me trouverai un tailleur et un manteau en vison. Et peut-être que je l’aurai mon Chardonnay 1968.

Lorsqu’il parla de la ‘’course privée’’ j’étais un brin nerveuse. J’avais dit cela un peu à la blague. Mes pensées retournèrent vers le Glock dans mon sac. Arrivés à la voiture, mon sourire s’élargit. Brady m’avait habituée aux belles bagnoles. Bon, elles étaient volées pour la plupart, mais ça avait de la classe. Aamir me demanda si j’étais malade en voiture au moment où j’embarquai. Si seulement il savait! Le nombre de fois que Carter a démarré en trombe pour fuir le lieu de notre dernière casse. La fois que Brady a conduit comme un dégénéré pour fuir une patrouille dans les rues de Brisbane, de si beaux souvenirs de mon bandit. Donc la voiture ça ne me fait pas peur, mais tout ça, je ne pouvais pas le révéler de cette manière.

-Ça m’effraie pas le moins du monde. Quand tu passes ton adolescence à fuir les bêtes sauvages dans l’Outback, tu apprends à ne pas avoir peur de la vitesse. Et là, je ne parle pas des animaux.

Je bouclai ma ceinture et nous avançâmes dans les rues de Portland à une vitesse surprenante. Tout au long de ma course, je ne cessai de me répéter ‘’Te fait pas prendre par les flics car je te jure que je te fais ta fête’’. Je ne savais pas jusqu’où mon signalement s’était rendu, mais je n’avais pas le goût de vérifier. Je fuyais n’importe quel représentant de l’ordre comme la peste bubonique. Mieux vaut prévenir que guérir.

-T’as jamais eu de problèmes avec les forces de l’ordre? Ou ton mystérieux patron a des contacts?

Une chose était certaine, il était bel et bien un chauffeur très doué. Presque peu de temps après, il s’arrêta net. Un peu plus et ma tête se ramassa dans le coffre à gant. Nous nous étions arrêtés devant un pub. Mais je n’avais aucune espèce d’idée où nous étions. Je n’avais pas pris le temps de noter la disposition des routes, pas que ça aurait été facile à la vitesse que nous étions arrivés ici. Il me proposa de faire la tournée des pubs. C’était une bonne idée. Nous passions donc d’une coupe de vin dans un endroit coincé à la virée des pubs. C’était très intéressant, et un peu inattendu je dois avouer.

-Parfait! Pari tenu. C’est promis, je vais essayer de ne pas trop t’humilier.

J’avais préparé mon plus beau ton de défi. Je n’étais pas une grosse buveuse, mais j’espérais que les gènes d’alcoolique du père Baker me serviraient bien. Un instant, et si c’était une stratégie pour endormir ma méfiance et profiter de mes capacités affaiblies? Je ne devais pas penser à ça. Dans le pire des cas, je savais quand même me défendre, rien qu’un bon coup de surin ne puisse pas régler. Aamir m’ouvrit la porte avec le sourire et la galanterie d’un chevalier. Il est si mignon. Il gagne beaucoup de points c’est indéniable.  Rapidement, nous nous étions installés au comptoir, où le jeune homme commanda deux pintes. L’ambiance détendue, un peu déjantée et moins protocolaire était la bienvenue. Cela ressemblait à n’importe quel bon pub australien. Je le remerciai pour la pinte qu’il me tendit et me demanda où je serais dans cinq ans.

-C’est une bonne question à demander à une jeune femme qui vient juste d’arriver dans un nouveau pays.

Mandy serait probablement dans un autre pays, en Europe peut-être, ou en Amérique du Sud. Au moins un pays qui n’extrade pas les fugitifs. Mais sur cette question précise, je n’avais pas besoin de mentir. Je pouvais m’ouvrir un peu plus, mais certains détails devaient demeurer discrets pour l’instant.

-Mandy aimerait bien voyager, voir le monde. Apprendre des cultures qui nous entoure. Je pourrais satisfaire ma curiosité le plus possible.

J’allais porter la pinte à mes lèvres mais me ravisai.

-Et peut-être rencontrer quelqu’un qui saurait vivre et apprécier une fille instable comme moi.

Mon petit air rêveur se transforma en sourire malicieux. Je levai ma pinte pour trinquer.

-À la curiosité et à la bonne compagnie!

Nous trinquâmes et bu, vidant la moitié de la pinte, sans m’étouffer. La bière était bonne, quoiqu’un peu tiède. Je fis quand même attention, je ne voulais pas avoir l’air de la fille qui ne sait pas se tenir.

-Tu m’as demandé une simple question sur le futur, moi je vais t’en poser une simple sur ton passé. Et je sais, c'est une question très chiante à poser lors d'un premier rendez-vous, mais je crois que nous sommes rendus là, passé le stade de la gêne. Et j'ai pour mon dire que le passé peut révéler beaucoup de choses sur une personne, surtout si c'est croustillant.

Je m’accoudai au comptoir, fermant les yeux à demi comme si j’essayais de scruter son âme.

-Comment s’est terminée ta dernière relation avant que tu ne sois célibataire et pourquoi?Car je dois avouer aussi que je me demande comment la dernière fille a pu être aussi folle au point de te laisser partir

Je ne pouvais dire si c’était les deux verres de vin qui commençaient un peu à me désinhiber, ou si je me sentais un peu trop à l’aise dans ce décor, mais la question me vint de manière très spontanée. Jusqu’à maintenant, personne n’avait utilisé son véto. Le jeu avait rapidement repris, on allait bientôt savoir qui de nous deux avait le plus à cacher, quels spectres du passé allaient revenir le plus vite nous hanter.
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