The Walking Dead RPG

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Yulia Iojov
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MessageSujet: Light years from Home   Light years from Home EmptyJeu 9 Avr 2020 - 1:27
J’crois que ça a un côté rassurant d’s’endormir à côté de Valérian. Lorsqu’on finit dans les draps l’un de l’autre, et qu’on a pas le courage de se quitter tout de suite, j’ai l’impression de dormir un peu mieux l’espace de quelques heures. C’est ce silence qui me fait du bien. Ce calme après la tempête. Comme si le tumulte s’apaisait enfin. Ma respiration est lente, profonde. C’est sur la sienne que je me penche, doucement. La tête contre son épaule, la main contre son torse. Comme si je surveillais le rythme de son cœur, pour vérifier que je l’ai pas blessé trop fort. C’est bête sans doute. Bête comme une enfant qui viendrait poser un pansement sur la plaie qu’il a fait à un autre.

Mais ces moments de paix sont si rares entre nous que j’ai envie d’en profiter. J’aimerais qu’ils durent, à chaque fois un peu plus longtemps. Sans interruption. Si la vie dans la distillerie pouvait se suspendre à son tour, et nous laisser comme ça, je crois que je signerais pour de bon. J’aurais plus à m’inquiéter pour Jaren et Dana, ou Neil. J’aurais plus à m’en faire de savoir où se trouve Ruby et si elle s’en sort avec Markus, ou si George et Xander arrivent à se faire de la place. J’aurais plus à me soucier de savoir si les ennemis d’Anton, Maes ou Joaquin viendront pas cogner à notre porte. Ou d’attendre le moment où Raina partira avec Isaac pour de bon cette fois. La seule qui me cause pas de tort, c’est Allia.

Elle est trop jeune ici pour vraiment amener ses problèmes avec elle. C’est sans doute sa plus grande qualité aujourd’hui.

Valérian se réveille. Je le sens dans sa respiration. Je garde les yeux fermés pour ma part, trop têtue pour me laisser surprendre à ce que je fais. Ce rituel m’appartient, même lui n’en sais rien. Je sais qu’il va finir par se lever, pour gagner sa chambre avant que les autres reprennent leurs quotidiens. Je le sais, et j’aimerais que ma main se fasse plus lourde sur son torse pour l’empêcher de partir. Alors qu’il serait si simple de demander. Simplement de demander. J’crois que j’en suis capable. J’crois que je peux avoir ce culot. Pour lui prouver que je le regarde pas avec dégoût, que c’est pas ça que je pense de lui.

Tu peux rester, que je lui murmure.

Il l’a entendu, j’en ai parfaitement conscience. Mon cœur se serre un peu, mais repart de plus belle. J’ai eu le courage de lui proposer, là où j’ai toujours réussi qu’à le faire fuir jusqu’alors. Pas volontairement, mais j’ai plus de force quand il s’agit de se faire détester qu’aimer, pas vrai ?



Je sais pas si ça m’est déjà arrivé, enfin, on va essayer de ramasser tous les morceaux et de recommencer à zéro, ça va pas être facile mais on est tous ensemble maintenant et je me sens bien.
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Valérian Zacharias
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MessageSujet: Re: Light years from Home   Light years from Home EmptySam 11 Avr 2020 - 22:51
Alors qu’un silence absolu s’était affaissé sur la distillerie et que chacun de ses habitants, hormis les veilleurs, s’était retiré dans sa chambre, Valérian avait, quant-à lui, profité de la faveur de la nuit pour secrètement rejoindre Yulia dans la sienne. Ces retrouvailles, cachées aux yeux des autres et réservées à l’obscurité de la nuit, étaient depuis quelques temps devenues une habitude pour eux. Sur le coup de la colère, de la provocation ou, plus rarement, de la complicité, ils se laissaient ainsi aller, l’un et l’autre, et finissaient échevelés au coeur de draps malmenés et respectivement vidés de cette étrange frénésie, de cette fièvre qui s’emparait d’eux lorsqu’ils étaient en présence de l’autre.

Chaque fois, tandis qu’il se rhabillait et quittait silencieusement la chambre de Yulia, le grec songeait à l’issue de ce jeu dangereux, auquel ils s'adonnaient, et dont il n’imaginait aucun d’entre eux sortir vainqueur. S’ils se soulageaient respectivement de leur hargne et de leurs angoisses au cours de ces étreintes, le retour de bâton était toujours poignant de culpabilité concernant le grec, qui se reprochait chaque fois sa faiblesse vis-à-vis de la jeune femme et la fureur à laquelle il se livrait en sa compagnie. Jamais encore Valérian n’avait touché une femme avec autant d'empressement ni de désespoir, si bien qu’il peinait à se reconnaitre le lendemain, à la lueur du jour, et ressentait une honte cuisante à l'idée de s’être autant laissé aller.

La dispute qu’ils avaient eue, quelques temps auparavant, était marquée au fer rouge dans l'esprit du grec ; aussi évitait-il soigneusement de l'évoquer en compagnie de Yulia, soucieux de ne pas en raviver la douleur. Très souvent, il lui arrivait cependant de ressasser les propos qu’elle lui avait, ce soir-là, crachés au visage et d’être envahi par un mélange de lassitude et de tristesse. Sur bien des points, la jeune femme avait eu raison à son sujet et, bien que ses paroles aient été enrobées de venin, elles reflétaient une vérité brute, dénuée de fioritures, qu'il avait mérité d'entendre. Cette vérité avait eu pour effet de faire germer dans son esprit un doute, une interrogation quant-à son propre comportement et les raisons qui le poussaient à se cadenasser en permanence derrière une telle acariâtreté.      

À défaut de les comprendre, Valérian s’évertuait donc, ces derniers temps, à faire des efforts avec les habitants de la distillerie et à être moins sur la défensive en leur compagnie. En outre, il se remettait de plus en plus en question, chose qu’il n’avait, pour ainsi dire, encore jamais faite.

Mais il y avait un début à tout, n'est-ce pas ?

L’esprit vidé de toute contrariété, le grec s’était, cette nuit-là, endormi auprès de Yulia, engourdi par une brusque fatigue et un rare sentiment de bien-être. Il ne s’était réveillé que bien plus tard, alors que l’aube apparaissait doucement à la fenêtre de la russe et que la tête de celle-ci reposait fermement contre son épaule.

Prenant garde à ne pas réveiller la jeune femme, Valérian s’apprêtait à rejoindre discrètement sa propre chambre, lorsque s'éleva doucement la voix de Yulia :

« Tu es sûre ? » lui souffla t-il pour toute réponse, d’une voix tout aussi hésitante : « Je ne veux pas te déranger… »


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Yulia Iojov
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MessageSujet: Re: Light years from Home   Light years from Home EmptyDim 12 Avr 2020 - 1:18
Je sais pas à quoi je m’attends, je sais pas ce que je vais y gagner. Mais ce calme m’inspire sans doute quelque chose, peut-être, la possibilité qu’il s’éternise. Que j’aurais pas à reprendre le courant de mes pensées en sa présence, qu’on aura pas à s’engueuler. Les tensions sont retombées, et c’est pas plus mal comme ça. S’il y a moyen, par miracle ouais, que ça se poursuive ? S’il y a une chance qu’on puisse se parler, en évitant les sujets qui nous agacent et qui nous crispent ? En évitant les maux qui nous rongent et ceux qui nous brisent ?

Ouais, c’est sans doute absurde, et mon cœur se gonfle d’imaginer qu’il puisse préférer le confort de sa chambre à ma compagnie. Mais comment lui en vouloir ? Les seuls moments où on parvient à s’accorder, c’est quand on couche ensemble. C’est pas une preuve d’affection, seulement une volonté de soumettre l’autre. Est-ce qu’avec Valérian, on se coincera toute notre vie dans un bras de fer constant ?

J’aimerais qu’il me dise pourquoi on en est rendu là, pourquoi on le fait encore quand on a conscience que ça nous mènera jamais nulle part. Epuisés mentalement, éreintés, comme les survivants qu’nous sommes, on a notre lot d’horreurs avec nous, les traumas qu’on se ballade dans des valises immenses, trop lourdes pour nous. On peut même pas s’permettre de les partager pour qu’ça soit moins compliqué, parce qu’on sait que l’autre a pas davantage la force d’endurer. Il a déjà ses propres galères à gérer.

Il me demande si j’suis sûre. J’soupire :

Tu as envie que je te supplie ? C’est bien la première fois qu’il s’inquièterait d’me déranger franchement, et ça me fait rire. Sincèrement. Il est encore tôt, tu es fatigué, reste.

A-t-il besoin d’un ordre pour ça ? Visiblement. Il faut que je rouvre les yeux, que je les relève vers lui, que je plonge mon regard dans le sien. Ma main se porte finalement à sa joue, mon pouce caresse sa barbe naissante. Si je me redresse, c’est pour poser un baiser sur ses lèvres, pour embrasser cet homme, cet amant, qui me fait trembler sans amour, qui me fait vibrer sans lui plaire. Je suis loin de ce dont il était habitué, si loin des femmes qu’il a fréquentées. Je sais pas si je dois en tirer de la fierté, de la honte, ou simplement me lover dans mon déni.

On peut conclure un deal, que je lui souffle contre sa bouche. Interdiction de s’engueuler tant qu’on est là.

Interdiction de crier, d’attaquer, de mordre, de faire mal. Je fixe ses yeux sombres un instant.

Parle-moi d’un truc bien, j’esquisse un sourire, en revenant me poser dans le creux de son cou.



Je sais pas si ça m’est déjà arrivé, enfin, on va essayer de ramasser tous les morceaux et de recommencer à zéro, ça va pas être facile mais on est tous ensemble maintenant et je me sens bien.
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Valérian Zacharias
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MessageSujet: Re: Light years from Home   Light years from Home EmptyJeu 16 Avr 2020 - 18:58
« Je… » fut tout ce que balbutia Valérian, à court de mots, lorsque la jeune femme accrocha ses yeux pour se hisser jusqu’à lui et déposer un baiser sur ses lèvres. À la caresse de ses doigts et au contact pudique de ses lèvres, le grec ferma les yeux et poussa un imperceptible soupir. Ces moments de paix étaient rares avec Yulia, aussi savoura t-il la douceur de ses lèvres, la chaleur de sa respiration, la caresse de ses longs cheveux sombres et emmêlés contre son torse dans un silence déférent, presque religieux : « Je reste. » souffla t-il finalement dans un murmure, les yeux plongés dans ceux de la jeune femme.  

Valérian ignorait ce à quoi il s’engageait en acceptant la proposition de Yulia. Il faisait avec elle un pas que l’un et l’autre n’avaient, jusqu’alors, jamais eu le courage de franchir. Toujours, ils s’étaient attirés pour mieux se repousser, et désirés pour mieux se fuir. À l’instar des deux pôles identiques d’un aimant, incapables de se joindre tout à fait. Il y avait, de fait, quelque chose d’inextricablement attirant chez Yulia aux yeux de Valérian, qui ne pouvait pas s’empêcher de se mesurer à elle, de la provoquer et de la dévorer à son insu du regard. C’était irrationnel, à n’en pas douter. Le grec savait en effet qu’à cette forte attirance était mêlé un lot considérable de névroses, de colère et d’angoisses que chacun portait en lui. Et que l’autre attisait douloureusement.

Ce jeu était douloureux, oui. Et pourtant chacun jouait et s’entêtait à perdre. S’il la couvait régulièrement d’un regard pétillant, vibrant, jamais Yulia ne le lui retournait effectivement et Valérian était ainsi réduit à espérer cette attention qui jamais ne viendrait. Il le savait. Ce qui rendait cette danse plus douloureuse encore et pourtant si désirable, si enivrante.

Le visage à quelques centimètres du sien, Yulia lui proposa alors une trêve : tant qu’ils seraient tous deux dans cette chambre et que dormirait le jour, aucun d’entre eux n’élèverait le ton ni n’aborderait de sujet fâcheux, susceptible de rouvrir leurs plaies respectives : « Promis. » lui répondit doucement Valérian, les yeux dans les siens, avant de se rallonger et que la jeune femme ne vienne se lover contre lui.  

Dans le silence du matin, celle-ci demanda alors à ce qu’il lui raconte quelque chose de bien, qui les changerait tous deux de ce quotidien lugubre et de leurs incessantes disputes. À cette étonnante demande, Valérian resta un instant silencieux, le visage marqué d’une ride songeuse : « J’ai… J’avais une soeur, avant tout ça. Une petite soeur. Elle s’appelait Etta. » Le fait de replonger dans ses souvenirs lui faisait un étrange effet, c’était comme s’il racontait l’histoire d’un autre et non la sienne. Tout ceci lui paraissait si loin, si surréel : « Pendant notre enfance, nos parents nous envoyaient chaque été passer nos vacances chez notre grand-mère Marta, à Milan. » Un espèce de sourire fit frémir ses lèvres : « Elle nous terrorisait, la vieille ! On aura dit un vieux pruneau avec une paire de lunettes enfoncée sur le nez. Etta, du haut de ses quatre ans, la surnommait la sorcière aux épinards. Pour une raison que j’ignore, la vieille s’entêtait à nous en faire manger presque tous les soirs : « Ça vous rendra plus intelligents que votre père ! », qu’elle nous disait tout le temps ! » Valérian pouffa tout seul : « Maintenant que j’y repense, je me dis que la vie n’était pas si mal, chez la vieille. Je ne cracherai plus sur des épinards frais, c’est certain ! »

Valérian s’interrompit, tandis que l'envahissait une pensée pour sa famille et cette interrogation qui longtemps l’avait rongé : qu’était-elle devenue ?

Ses yeux se tournèrent vers Yulia : « À toi de me raconter quelque chose. » lui souffla t-il, avec l'ombre d'un sourire.


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Yulia Iojov
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MessageSujet: Re: Light years from Home   Light years from Home EmptyJeu 16 Avr 2020 - 22:56
J’hume son odeur discrètement, pendant qu’il réfléchit un bref instant à ce qu’il doit me raconter. Mais il met pas longtemps à me sortir l’histoire de la sorcière aux epinards. Je ris en l’écoutant, m’imaginant bizarrement sa sœur comme une version de lui en femme, capable de tenir tête à une vieille bique obsédée par ses légumes. Je m’attendais pas à ça, mais c’est sûrement ce qui fait que cette histoire est parfaite justement.

Et elle était comment, Etta ? que je lui demande dans la foulée. Mon doigt se pose sur son torse, remonte, dessine ses muscles, ses côtes visibles, ses quelques cicatrices. Oui puis ça a pas vraiment marché son plan, quand on voit le résultat aujourd’hui, que j’ajoute dans la foulée, en me moquant ouvertement de lui. Mais c’est gentil : on s’est promis de pas chercher la merde. Pourquoi t’es parti de là-bas ?

Je peux pas m’empêcher de me demander. Valérian a fait la route un peu avant l’épidémie, mais j’en connais pas les raisons. Je crois deviner que c’est pour son ex, cette femme qu’ils ont cherché, sauf que j’ai aucune certitude à ce sujet. Je sais même pas si j’ai envie d’avoir la réponse, j’ai peur de ce que ça pourrait m’inspirer. J’ai peur de sentir une douleur me prendre au niveau du cœur, me malmener encore. C’est ça, quand on a envie, plus fort que la vie elle-même, que quelqu’un nous appartienne. Mais pas de la bonne façon. Jamais personne m’appartiendra.

T’as tellement merdé : il doit faire grave beau et chaud en Grèce, et toi tu t’es pointé ici alors qu’il flotte trois-cent jours dans l’année… je soupire en y pensant.

A côté, je roule sur mon dos, m’étire un temps. La couverture retombe sur ma poitrine, dévoile ce qu’il a déjà vu. Un bâillement m’échappe alors qu’il me retourne aussi la question. C’est mes yeux qui captent les siens en même temps qu’un bref trouble. C’est un vide immense à l’intérieur, je sais pas quoi lui dire. J’ai pas ce genre de souvenirs chez moi, pas de moments aussi forts avec des gens que j’ai aimé et qui m’ont aimé en retour.

J’avais aussi un frère, il s’appelait Vladimir. Pourquoi je lui dis ça ? Vlad a probablement pas survécu à tout ça. Oh, et une sœur, Nonna. Mais elle c’est une conne, donc elle, c’est pas grave si elle a crevé. Quand je suis rentrée en cure grâce à Dana, un peu avant toute cette merde, c’était Vlad qui me permettait de tenir le choc. J’avais le droit de l’appeler tous les soirs, il était toujours au rendez-vous. Quand on était petit, on était très proche. Parce que ni lui ni moi avions connu la Russie, et que ça changeait la donne pour nous : on était pas vraiment russe, ni vraiment américain, donc on existait que l’un pour l’autre. On a fait pas mal de conneries ensemble. J’ai un sourire en y pensant : Je lui ai appris tous ses gros mots, je suis assez fière de moi. Surtout quand ma sœur hurlait quand il les lui balancer du haut de ses cinq ans, juste pour la voir lui faire de gros yeux outrés. Il était cool, ce gosse.

Il me manque parfois. Si j’avais pas gâché ces années en drogue, sans doute qu’il y aurait eu une place importante. Il y a un bref silence entre nous, je papillonne des cils avant de les relever vers Valérian :

Tu m’as demandé de te raconter quelque chose, pas que ça devait être bien ! que je me défends, des fois qu’il me fasse la remarque.



Je sais pas si ça m’est déjà arrivé, enfin, on va essayer de ramasser tous les morceaux et de recommencer à zéro, ça va pas être facile mais on est tous ensemble maintenant et je me sens bien.
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Valérian Zacharias
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MessageSujet: Re: Light years from Home   Light years from Home EmptyMar 21 Avr 2020 - 23:30
« Etta ? » Un souffle amusé échappa à Valérian : « Elle était têtue, fière et généreuse. Le coeur sur la main, comme on dit. Brune, les yeux clairs, à peu près ta taille je dirais… » Dresser le portrait de sa soeur était étrange et donnait au grec l’impression d’invoquer son fantôme ; un fantôme dont il avait longtemps fui et redouté le souvenir : « Elle était en croisière à Barcelone avec sa femme quand… » l’épidémie avait frappé et ébranlé le monde entier : « J’ignore ce qu’elle est devenue. » ajouta t-il inutilement, la gorge serrée, les yeux rivés au plafond de la chambre.

Valérian ignorait si évoquer sa famille lui faisait plus de mal que de bien. En cinq longues années de survie, c’était bien la première fois que le prénom d’Etta franchissait ses lèvres : « Ah ! » fit-il au commentaire suivant de Yulia, dardant ses yeux encadrés de rides malicieuses vers la jeune femme : « Tu ne crois pas si bien dire ! Je donnais mes épinards au chien, dès que la vieille avait le dos tourné. Il en a bien plus profité que moi. »

Sur son torse, le doigt de la russe lui arrachait quelques frissons et le grec soupira à son contact.

La question suivante de Yulia laissa Valérian songeur. Longtemps, il avait en effet refusé d'avouer à quiconque la raison de sa présence aux États-Unis, du fait d’une rancoeur poignante, absolument irraisonnée, qui l'avait contraint à se replier sur lui-même et à verrouiller ses sentiments à son entourage. Mais, ce jour-là, dans le silence et la quiétude de la chambre de Yulia, l’heure était manifestement aux aveux et aux confessions et le grec fut incapable de se fermer davantage à la jeune femme : « D’accord, hum… » Valérian se pinça les lèvres : « Elena et moi étions amants. » Yulia s’en était doutée, jouer avec les mots était vain : « Un jour, elle a pris la décision de quitter sa vie en Grèce pour partir en quête du « bonheur, » m’a t-elle dit. Elena est partie faire le tour du monde quelques mois avant que n’éclate l’épidémie. Quand la situation s’est dégradée, j’ai appris par le biais de son père qu’elle se trouvait à Seattle. » Le grec serra les dents : « Et j’ai pris la décision de partir l’y retrouver dans l’espoir de… Je ne sais pas trop... La protéger, peut-être ? Ah ! »

Valérian eut un rire sans joie. Il secoua la tête et reprit la parole : « Nous nous sommes retrouvés suite au crash de l’hélicoptère, il y a quelques mois. Elle faisait partie du groupe qui avait découvert le pilote, tu te souviens ? » C’était plus une question réthorique qu’autre chose : « Toutes ces années passées à survivre chacun de notre côté nous avaient cependant profondément changés. Et… Nous ne nous sommes pas reconnus, ce jour-là. » Valérian fut un instant silencieux, perdu dans ses pensées : « Nous ne nous sommes pas quittés en bons termes. » avoua t-il finalement avec une grimace.

Après avoir laissé un silence se couler entre eux, le grec reprit d’une voix aussi douce que désabusée : « Voilà, tu sais tout maintenant. » Il lui avait livré, sans ambages, la vérité toute entière. Ce qui lui faisait un drôle d'effet, à vrai dire.

Le coeur un peu lourd, le grec pouffa cependant au commentaire de Yulia concernant la météo de Seattle, puis écouta avec une attention toute particulière le récit qu’elle lui livra de ses propres frères et soeurs : et plus précisément de Vladimir, son cadet. La russe ne s’était que très rarement ouverte à lui depuis qu’ils se connaissaient, aussi Valérian savoura t-il cet instant avec pudeur et respect, et ne l’interrompit-il pas une seule fois alors qu’elle lui racontait à quel point elle et son frère avaient été complices. Unis face à un monde trop grand pour eux : on existait que l’un pour l’autre…

« Je suis sûr qu’il te trouvait très cool, toi aussi. » souffla Valérian avec un mince sourire, lorsqu’elle se fut tu. Ce qui équivalait à dire avec les mots de la jeune femme : je suis certain qu'il t'aimait beaucoup, toi aussi. Le grec ajouta alors, malicieux : « Et j’admets être également curieux d’apprendre quelques jurons russes, à l'occasion. Il n'est jamais trop tard pour s'instruire, n'est-ce pas ? »

Lorsque Yulia se défendit qu’il ne lui ait pas demandé spécifiquement une histoire bien, Valérian roula sur son flanc pour lui faire face. La tête appuyée dans une main, les yeux dans les siens, il fit alors lentement glisser un doigt le long du bras de la russe et sourit : « Je sais. » dit-il simplement, sans la lâcher du regard : « Comment as-tu fait la connaissance de Dana ? » lui demanda t-il ensuite, avec une curiosité non feinte.


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MessageSujet: Re: Light years from Home   Light years from Home EmptyMer 22 Avr 2020 - 10:56
Tu mériterais que je t’en fasse pour ton p’tit dej, je plaisante : même moi de bon matin, je crois que j’aurais du mal à manger n’importe quoi. Mais je lui offre un sourire et il se met à parler.

Je regrette un peu d’avoir posé la question, mais j’interviens pas pour lui dire d’arrêter. Au fond, ça me touche qu’il se montre ouvert pour une fois sur le sujet. Sans les cris, sans les reproches, son discours prend un tout autre sens. J’essaie d’pas m’en formaliser mais ça fait forcément naitre chez moi une pointe de jalousie, même si ça a aucun sens que j’le sois. J’évite son regard à ce moment-là, surtout si c’est pour un lire de la nostalgie ou de la tristesse, et je pense pas que ça soit mon rôle de le consoler d’un échec amoureux. Parcourir la moitié du monde pour finir par survivre dans un pays totalement inconnu, tout ça pour une femme avec qui ça pouvait pas fonctionner… Je crois qu’à sa place, j’en aurais gros.

La protéger avec tes petits bras ? Je relève le nez vers lui, finissant par lui adresser un regard moqueur. Histoire de détendre l’atmosphère : En quoi tu as changé ? Que je lui demande franchement en fronçant les sourcils. Et je m’explique : Moi je connais pas le Valérian d’avant, t’as toujours été comme ça a mes yeux, et j’vois pas ce qui y’a de mal à ça. Si t’avais pas su t’adapter, tu serais mort, donc…

Donc oui, il est probablement plus l’amant qu’elle a connu à l’époque, et elle a probablement changé avec ça – du moins quand elle était encore là. On se doute pas d’à quel point on est différent, ni même des traumatismes qu’on se traine tous. Je parlerais pas des miens, ça pourrait donner froid dans le dos.

Et pourquoi « pas en bon terme » ? Que je demande aussi, en plissant le regard. J’essaie de comprendre, et je sais pas pourquoi, j’ai envie de réparer ça. C’est totalement absurde, comme se tirer une balle dans le pied.

Je me tais. J’ai même pas envie de parler d’elle en fait, et cette curiosité me fait un mal de chien rien que d’y penser. C’est bête du coup, mais revenir embrasser Valérian me permet de l’empêcher de parler. Peut-être qu’avec un peu de chance, il oubliera même de me répondre, ça m’arrangerait bien je crois. Mon nez effleure le sien, je me repose à côté de lui ensuite, et l’évocation de Vlad et de ce passé décousu fini de me gêner :

Je sais pas, quand j’ai coupé les ponts avec ma famille, j’étais pas vraiment sympa, même avec lui… Au fond, j’l’ai abandonné, il s’est retrouvé seul. Non, j’étais pas si cool que ça, pour lui. Je crois pas qu’il soit raison de ça, davantage de pitié en fait. Mais j’esquisse un sourire complice avec mon amant : Je t’en apprends une en russe, si tu m’en apprends une en grec, que je lui souffle dans la foulée.

Valérian se montre curieux à son tour, à croire que je l’intéresse vraiment. Il doit pas le savoir parce que c’est pas un trait de caractère qui me définit, et que je lutte contre ça depuis longtemps, mais je suis une grande sensible en vrai. La distance que je mets avec les gens, ce besoin d’être loin, c’est pour m’éviter de ressentir leurs émotions, je sais pas les gérer.

C’est encore une histoire pas hyper joyeuse ça, tu sais ? que je lui demande, venant mettre à mon tour une main sous ma tête, et face à lui. Dana traquait mon mec de l’époque, qui… Dealait, vendait des trucs – je sais même pas ce qu’il faisait en ce temps-là, la seule certitude c’était que je sortais avec… Quoi que j’aie un doute, que je souffle avec un petit rire amusé. Le pire dans tout ça, c’est qu’il devait même pas se dire que j’étais sa meuf, plutôt son objet. Elle a fait une descente dans notre appart un soir, en pensant pouvoir le coffrer avec sa cam pour l’envoyer enfin en taule. Elle m’a trouvé moi, j’avais encore la seringue dans le bras et j’étais en train de m’étouffer, dans mon vomi, mais inutile de le préciser. Elle m’a sauvé et m’a harcelé pendant des semaines pour que je devienne son indic et que je décroche, je hausse les épaules, un peu chatouilleuse alors qu’il effleure toujours mon bras. Voilà.

L’histoire de la formidable rencontre entre Dana Costello et Yulia Iojov se termine comme ça, elle a rien de sexy mais bon, c’est même pas le sujet. A se demander comment on est devenues amies, tout compte fait. Je baisse les yeux, parce que j’ai honte de la personne que j’étais, et du passé que j’ai. Mes lèvres se pincent, j’pourrais rougir je crois.

Tu veux bien m’embrasser ? Que je lui demande finalement.



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