The Walking Dead RPG

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- Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby -
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Joaquin Hernandez
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MessageSujet: Re: Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby   Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby - Page 3 EmptyDim 12 Avr 2020 - 16:16
Si j’ai eu du mal à trouver mes mots, je soupire à sa réplique cinglante et je souffle, avec un sourire sans joie. « Et à part ça, y a prescription hein… mon cul ouais... » Au fond, je me demande vraiment pourquoi j’essaie de me rattraper. Clairement, elle l’oublier pas et elle passera jamais outre. Alors, autant… ouais, me tirer. Lâcher l’affaire. Elle sera peinarde et au moins, j’aurais plus à me sentir coupable constamment. D’autant qu’elle savait. Que j’allais mal réagir. Qu’en cherchant la merde comme ça, j’allais forcément péter un câble. Mais non, tout est forcément de ma faute. Fait chier.

La preuve, elle continue et en rajoute une couche. Surtout que c’était pas ce que je voulais lui dire. Je la fixe quand même avec les yeux écarquillés quand elle me dit que j’ai aucun droit sur elle. Et tout ce que je trouve à répondre c’est un « Quoi ? De quoi tu parles ? » Putain mais s’il y a bien un truc que j’ai jamais pensé c’est ça. Pour la peine, la colère redescend d’un cran parce que je pige encore moins ce qu’elle vient de me balancer. Aller me défouler sur quelques rôdeurs me fait pas de mal parce que là, putain, c’est plus d’un mode d’emploi dont j’ai besoin c’est d’un cours de plusieurs heures. Et encore, je suis même pas sûr qu’au bout du compte, je comprendrais comment elle fonctionne.

Un dernier coup de pied dans le corps du rôdeur et voilà qu’elle sort. Calmée.

… okay, je pige encore moins là.

Je l’écoute en silence, alors que j’ai enfin l’impression de choper deux pièces de puzzle qui vont ensemble pour une fois. Au moins, je sais pourquoi elle est restée. C’est… déjà pas mal. Je fronce les sourcils alors que je la suis et qu’on s’arrête devant l’enseigne, enregistrant chacune de ses paroles. Mais je lâche, d’une voix neutre. « Les fringues. On est là pour ça non ? » Sans vraiment lui laisser le temps de répondre, j’entre par la vitrine explosée et je regarde autour de moi avec attention. Avant d’écraser de nouveau mon couteau dans le crâne de ce qui était peut-être la vendeuse ou une merde du genre. Je l’essuie sur sa veste alors que je m’accroupis. Pour me relever et fixer Ruby.

Et j’inspire longuement avant de souffler. « Pas une seconde j’ai pensé avoir des droits sur toi. Tu me casses les couilles depuis le premier jour, j’ai l’impression que rien de ce que je pourrais dire ou ou faire ne sera suffisant à tes yeux mais jamais j’ai pensé ça. » J’ai un temps avant de reprendre, sourcils froncés. « Mais j’ai toujours eu l’impression que tu cherchais la phrase qui me ferait péter un plomb. Que t’aimais appuyer là où ça fait mal. Chercher la merde, comme pour pouvoir me pointer du doigt et dire que je suis qu’un pauvre con. Et ça marche. Tu sais exactement où taper pour me faire sortir de mes gonds. Je sais pas pourquoi. Je devrais me foutre de ce que tu penses, j’fais ça très bien en temps normal. Et c’est ça que je voulais que t’arrêtes. De l’ouvrir juste pour me balancer des piques. Parce que le reste du temps t’es… j’aime bien être avec toi. Sauf quand tu décides de balancer que je battais ma femme ou que tu fouilles dans mes affaires parce que j’ai besoin de garder un putain de jardin secret et de garder pour moi les rares trucs biens qui me restaient de ma vie d’avant. »

Je fais quelques pas, détournant mon regard d’elle, alors que j’attrape un pull. « Tiens, ils font des fringues pour homme aussi. Cool. » Et je reprends, sur le même ton. Je suis pas en colère, j’essaie pas de me la jouer je m’en foutiste. J’explique. Même si ça me touche plus que je le voudrais. Ou que je serais capable de le reconnaître. « Si un jour, j’ai de nouveau envie de te frapper. Je partirais. C’est aussi simple que ça. Tu fais des efforts. Moi aussi. » J’ai un temps, lui désignant des fringues qui ont l’air d’être à sa taille, évitant de me focaliser sur l’idée qu’elle va les porter ou à quoi elle va ressembler. La discussion est assez casse-couilles pour que je me démerde pas trop mal pour le moment. « Tu t’es jamais demandé ? Pourquoi j’ai fait ça ? Pourquoi je t’ai sortie de là ? » Si, d’ailleurs j’ai même jamais répondu. En même temps, vu la façon dont elle posait les questions, j’avais plus envie de l’encastrer que de lui répondre, y avait ptet un lien. Enfin bref… Putain, je sens venir le mal de crâne dans pas longtemps. Cette gonzesse me fait beaucoup trop parler, c’est l’horreur.


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Ruby Finley
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MessageSujet: Re: Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby   Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby - Page 3 EmptyJeu 16 Avr 2020 - 16:20
Les fringues, vraiment ? Il préférait commencer par là ? Génial !
Je ne répondis rien, mais il n’y avait pas vraiment besoin. Je sautillais un peu sur place, avec un sourire accroché au visage, alors que Joaquin neutralisait les quelques rôdeurs à l’intérieur qui aurait pu perturber ma petite séance shopping. Il ne savait vraiment pas dans quoi il venait de s’engager, en choisissant cette option… J’avais bien envie d’essayer ce petit haut en satin là, ou cette robe à la chute vertigineuse ! Je n’aurais certainement jamais l’occasion de les porter en dehors d’une cabine d’essayage. Ce n’était pas très différent d’avant l’apocalypse, sur ce point-là, même si les raisons différaient. Je ferais mieux de me trouver de nouveaux jeans et une bonne veste en cuir épais, que les rôdeurs auraient du mal à percer avec leurs crocs.

J’allais changer de rayon quand Joaquin se remit subitement à parler, après être resté si silencieux que j’avais jugé l’affaire classée. Et il ne s’arrêtait pas de parler ! Je le détaillai sans mot dire, le regard un peu rond, avant de souffler ironiquement en réponse. « Tu ne te sens pas à la hauteur ? C’est la meilleure, celle-là ! » A l’entendre, c’était comme si je n’arrêtais pas de lui dire que j’étais tellement meilleure que lui, qu’il était un débile profond. Où il avait été pêché ça ? C’était lui qui passait son temps à me rabaisser ! C’était pour se sentir mieux dans sa peau, peut-être ? Laissez-moi rire ! Il venait de me débarrasser de tous les rôdeurs qui venaient nous embêter alors que j’avais été seulement capable de bloquer ma porte avec l’un d’entre eux ! Je lâchai sur un ton moqueur : « Tu as besoin que je t’encourage, ou ça va aller ? Tu devrais t’acheter un peu d’estime de toi, tu te sentirais peut-être moins obligé de cogner pour compenser... Ils ont peut-être ça en rayon, qui sait ? » Je n’en revenais toujours pas. Il n’était plus si crédible que ça dans son rôle de gros dur-à-cuire, subitement.

Je décrochai quelques vestes qui me paraissaient faire l’affaire, et levai finalement les yeux au ciel. « J’ai compris la leçon, figure-toi. Je ne te demande plus rien sur ton passé depuis, puisque visiblement tout est tabou… Même si tu as réussi à me reprocher de ne pas le faire. Mais vu que tu ne sais jamais ce que tu veux… » J’haussai les épaules. « Notre relation est strictement professionnelle comme tu le souhaitais. » Je lui rendis un nouveau sourire factice. « Je sais rendre les coups, Joa’. Verbalement s’entend. Si nos joutes verbales t’épuisent, alors il te suffit d’arrêter de me chercher. » J’avais peut-être été un peu loin avec cette histoire de femme battue, mais il avait besoin d’un bon rappel à l’ordre pour prendre conscience de son geste… Surtout qu’il venait alors ouvertement de me rire à la gueule parce que j’étais venue me rassurer un peu auprès de lui. Je n’étais pas prête de refaire la même erreur.

J’enfilai la veste en cuir noire à la plus petite taille adulte, qui semblait m’aller comme un gant. Je me détaillai dans un miroir brisé, détachant mes cheveux le temps d’observer mon reflet. Le contraste rendait bien, et ça restait discret, confortable… Satisfaite, je me débarrassais de ma propre veste et en récupérais plusieurs à la même taille avant d’aller voir du côté des pantalons. J’étais dos à Joaquin, si bien qu’il ne vit pas ce mince sourire, un peu triste, ourler mes lèvres à ses paroles. S’il me frappait à nouveau… Alors il partirait de la distillerie. Soit. Ca me convenait. Il ferait en sorte qu’il n’existe pas de prochaines fois. Mes épaules s’étaient affaissées, comme libérée d’un poids. J’étais un peu plus sereine, quand je me retournais vers lui pour le détailler en retour. Il avait encore envie de parler, visiblement. J’haussai les épaules en réponse. « Ca fait partie des nombreuses questions auxquelles tu n’as jamais voulu me répondre, et ça t’énervait quand j’insistais de trop… Ou alors tu me sortais une connerie désobligeante. » J’avais été plutôt directe avec lui, sur ce sujet-là, à l’époque. J’avais été persuadée, au début, qu’il voulait uniquement profiter de moi. Le contraire aurait été étonnant puisqu’il m’avait réclamée pour lui. Surtout qu’il s’était encombré de moi, alors qu’il aurait très bien pu s’en passer. Pourtant, il s’était toujours contenté de me sortir que j’étais bien trop bavarde et insupportable pour qu’il ait envie de moi. Alors quoi, je ressemblais à sa petite sœur perdue peut-être ? « Si tu veux que je sois parfaitement honnête avec toi, c’est même ce qui avait fini par me pousser à fouiller dans tes affaires. » Je voulais seulement savoir à quoi m’attendre de lui, parce qu’il me faisait peur, parce que je ne savais pas comment réagir face à ses colères… Et tout avait viré à ce moment-là, quand il s’en était aperçu, quand j’avais cru que j’allais devoir le tuer. Trouver les Exilés, c’était sans doute ce qui nous était arrivé de mieux depuis, même s’il avait fallu du temps pour que je l’accepte.


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MessageSujet: Re: Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby   Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby - Page 3 EmptyDim 19 Avr 2020 - 12:40
Me concentrer sur le magasin, le sécuriser, ça je sais faire, c’est dans mes cordes. Bien plus que de parler ou d’essayer de mettre les choses à plat avec Ruby. En même temps c’était vraiment une idée à la con. Je me fige à sa réaction et à son ton, me renfrognant et gardant le silence, alors que je regarde les fringues autour de nous. Au moins, ça me confirme ce que je pensais, elle a juste envie d’appuyer là où ça fait mal et se fout totalement que ça se passe bien ou pas entre nous. Au contraire, j’en viens à me dire que ça l’arrange bien.

Je me contente de la fixer un instant en silence avant de hausser une épaule et de me diriger vers un autre rayon où j’ai entendu un râle. Y a un rôdeur qui traîne par terre et je lui écrase le crâne d’un coup de talon sans même y prêter vraiment attention. Avant de me contenter de souffler. « J’ai jamais dit que je voulais ça. Mais okay. Strictement professionnel donc. » Au moins, ça a le mérite d’être clair. Et ouais, je vais bien réussir à me convaincre que j’en ai absolument rien à foutre. De toute façon, ça changera rien. Sans compter que ouais, j’ai pas menti. Si j’ai de nouveau envie de la cogner, ce sera mieux pour moi de me tirer de là. Ou peut-être que j’attendrais pas jusque-là, je sais pas trop.

Je lui lance un regard avant de laisser filer un silence. « Si j’explique, je risque de pas être hyper pro et c’est pas ce que tu veux. » J’ai juste envie de lui dire d’aller se faire foutre là, de suite, on va pas se mentir. Et elle me dirait que je l’ai bien cherché. Et ça partirait en couilles. Encore. Mais j’ai un soupir silencieux en me disant qu’au moins, après tout ça, les choses seront claires. Et elle pourra recommencer à m’ignorer joyeusement. « Parce que je savais pas quoi te répondre. J’ai eu du mal à accepter pourquoi j’ai fait ça. Et plus tu me questionnais plus ça me rendait dingue. J’avais l’impression d’être poussé dans mes retranchements et je suis pas un petit génie comme toi. J’ai pas ton sens de la répartie et… bref. » Je plisse des yeux, sceptique quand elle me dit que c’était pour ça qu’elle a fouillé dans mes affaires. J’y crois moyen en vrai, de plus en plus persuadé que c’était juste pour me faire péter un câble. Ce qui a très bien marché. « Mouais… passons. »

Je m’adosse contre une étagère et je la regarde de nouveau avant d’inspirer longuement. « J’suis un suiveur Ruby. J’me suis jamais cru capable de décider de quoi que ce soit. Et quand Dany a débarqué dans notre groupe, je l’ai laissé prendre le lead, même si certains pensaient que c’était à moi de le faire. Pas besoin d’entrer dans le détail de ce qu’on pouvait faire à ce moment-là. Mais c’était un peu différent pour moi. J’avais… quelqu’un. Oh je sais qu’elle était pas venue dans mon lit parce qu’elle en avait envie. Au début en tout cas. Sauf qu’on a fini par bien s’entendre. Par être bien. » Mon regard se perd dans le vide un instant, alors que les souvenirs se bousculent. « Elle m’a proposé de quitter ce groupe. De repartir de zéro. Elle était persuadée que j’étais pas… Ce que je suis. » J’ai un rire sans joie. « Sauf que Dany voulait pas perdre un de ses toutous. D’autant que j’étais doué pour trouver des trucs. Et il a entendu dire qu’on voulait se tirer. Alors il … l’a réclamée. J’ai vu son regard, je savais qu’il avait pété un plomb. Il avait… le même. Quand il a dit que ce serait ton tour ce soir-là. »

Je soupire et je me passe une main sur le visage, la mâchoire contractée. « Je sais pas ce qu’il lui a fait. Je sais que moi, j’ai fermé ma gueule. J’ai pas eu les couilles de faire quoi que ce soit alors qu’elle me faisait confiance. Elle s’est ouvert les veines deux jours plus tard. C’est moi qui l’ait trouvée. » Je me décolle de l’étagère et je commence à fouiner dans le bac de fringues, cherchant mes mots. « Quand ils t’ont ramenée, j’ai croisé ton regard. J’ai vu que… T’avais envie de vivre. Que t’étais pas comme les filles habituelles à moitié camées ou désespérées. Je me suis dit que je pouvais au moins t’éviter de te faire passer dessus. A défaut du reste. Alors j’ai tenté le coup. T’as vu la scène, Dany a dit non et j’ai vu à son regard que j’avais merdé, qu’il te ferait ce qu’il lui a fait à elle. » J’attrape un pull que je balance sur le côté, dubitatif et je continue, comme si de rien était. « Alors j’ai fini par m’acheter des couilles. Et par faire ce qu’il fallait. Si je te laissais là, après ce que j’avais fait, t’aurais prié pour qu’ils t’achèvent. Donc je t’ai emmenée avec moi. » Je finis par me retourner et par la regarder longuement, avant de souffler, avec un sourire un peu triste. « Je dis pas que j’ai pas eu envie de toi quand je t’ai vue. Tu me déstabilises et y a un truc chez toi de différent. Mais si j’ai fait ça, c’était parce que si je te laissais crever, j’avais plus qu’à me flinguer dans la foulée. Et je sais pas pourquoi, parce que c’est toujours d’actualité. Tu me fais pas penser à Eliza ou à ma femme ou à je sais pas qui. Tu me fais penser à personne. T’es juste la pire emmerdeuse que je connaisse. Et j’ai envie de t’avoir dans ma vie. » Voilà, voilà.

Sans vraiment lui laisser le temps de réagir, je m’éloigne, esquissant un sourire satisfait en voyant le mur de baskets. « Ah, ça, c’est pour moi. » Je me tourne pour souffler en direction de la blondinette, d’un ton bourru. « Voilà, t’as toutes les clés. Maintenant ça peut être uniquement professionnel entre nous donc si c’est bien ce que tu veux. » Et je balance mes propres pompes pour essayer celles que je viens de récupérer.


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MessageSujet: Re: Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby   Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby - Page 3 EmptyDim 26 Avr 2020 - 13:56
C’était amusant de voir que Joaquin ne relevait qu’un seul point. Ca le dérangeait à ce point que notre relation s’arrête uniquement au plan strictement professionnel ? Il fallait croire que oui. C’était de sa faute, si on en était là. J’avais tenté, à de nombreuses reprises, de me rapprocher de lui et d’en apprendre plus sur lui, sauf que toutes mes tentatives avaient été couronnées d’échecs. Et, si au début, me faire grogner dessus ou railler ouvertement ne m’avait pas freinée… Il en était tout autrement quand il avait commencé à se montrer plus violent. Là, j’avais clairement arrêté de chercher.

Et maintenant, il boudait clairement. Pourquoi ? Parce que je ne lui demandais plus rien. Oh quel dommage… Il n’avait plus d’excuse pour se montrer violent avec moi, ça devait lui manquer non ? Je ne relevai même pas quand il s’amusa à retourner mes propres paroles contre moi. Il avait tendance à tout déformer comme ça le chantait, quand ça n’allait pas dans son sens. Qu’il croit ce qu’il veut, après tout. J’haussai les épaules, désinvolte, sans répondre. Je savais le faire, moi aussi.

Je récupérai quelques jeans à ma taille, hésitant entre le bleu et le noir. Je pensais que Joaquin allait se taire et continuer de bouder dans son coin, mais il était d’humeur fortement loquace aujourd’hui… A croire que ça lui avait manqué de me parler ces dernières semaines. C’était vraiment drôle, vu le nombre de fois qu’il s’était plaint que je parlais trop. J’haussai un sourcil en me retournant vers lui, quand il commençait à ne plus savoir quoi dire. Je le poussai dans ses retranchements ? Pauvre chou. Il ne fallait pas trop le brusquer… Même si ça ne le gênait pas de le faire, lui. Il y avait quantité de répliques grinçantes qui me venaient en tête là de suite, mais il s’était décidé à parler de lui-même alors autant ne pas le freiner dans sa lancée. Je levai simplement les yeux au ciel. « L’intelligence et le sens de la répartie, ça n’a rien à voir. Tu n’as qu’à regarder Markus ! » Notre petit génie devait tellement avoir les idées qui s’entrechoquaient dans son cerveau merveilleux qu’il avait du mal à s’exprimer correctement parfois. Mais c’était moi où Joaquin venait encore de se sous-estimer ? Où était passé son habitude à me rabaisser sans arrêt ?

Et il se met à parler, parler, parler… Il en avait apparemment lourd sur le cœur, depuis des semaines, voir des mois. Je commençais à croire que la distance avait eu tendance à le faire beaucoup cogiter. Comment quelqu’un d’aussi impulsif pouvait faire preuve d’autant d’introspection ? S’il réfléchissait plus souvent avant d’agir, ça se passerait sans doute mieux. J’arrivais de moins en moins à le comprendre, alors qu’il prenait la peine de m’expliquer ses vraies raisons. Il m’avait sauvée de leurs griffes uniquement parce qu’il ne voulait pas qu’une autre fille subisse le même sort que son ancienne copine. C’était sans doute aussi ce qui l’avait freiné lui-même, par la suite. Je ne savais pas ce que Dany m’aurait réservé comme sort… J’avais seulement appris des autres filles que c’était la situation la moins enviable, que ça finissait toujours mal. « J’étais déterminée à m’enfuir, oui. » J’avais envie de vivre, même si j’avais tout perdu. J’aurais tenté de fuir, avec ou sans lui, mais il m’avait simplifié la tâche. Joaquin avait fortement augmenté mes chances de survie, mais tout ça, il le savait déjà. Je me souvenais très bien ce que j’avais ressenti à l’époque. La peur, la colère… La détermination.

Il avait seulement eu besoin d’un déclencheur, pour se libérer de ses chaînes… Et en façonner d’autres. Peut-être que c’était lui qui avait eu le plus besoin de moi, finalement. Ses remords avaient failli avoir raison de lui. « Alors… J’ai été une façon pour toi de te racheter auprès de cette Eliza. » J’eus un mince sourire, sans grande joie. Il était tellement plus sentimental que moi. « Tu devais beaucoup l’aimer. » C’était peut-être ça, d’aimer quelqu’un. Je m’étais toujours demandé à quoi ça devait ressembler.

Je restais pensive, mais Joaquin n’avait pas fini. Il venait seulement de me certifier que rien de tout ça n’avait à voir avec moi, qu’il se contredisait presque aussitôt. « Un truc chez moi de… Différent ? » Ca voulait dire quoi, ça ? J’étais ravie de savoir que je le déstabilisais assez pour qu’il en perde ses moyens, mais pas dans le bon sens du terme. Je le savais déjà, ça. Mais comment ça, me vouloir dans sa vie ? J’ouvris de grands yeux, sans bien comprendre quel impact il voulait donner à ses mots. C’était nouveau, ça aussi. Il y avait beaucoup de choses qui l’étaient, aujourd’hui. « T’es un parfait menteur, en fait. » Je l’avais cru quand il me disait que j’étais trop insupportable pour qu’on puisse avoir envie de moi. Il était crédible, vu le nombre de fois à me balancer que je lui tapais sur le système. Finalement, l’emmerdeuse lui faisait de l’effet. Il avait seulement refusé de l’avouer, même si j’avais déjà fini par le comprendre la dernière fois. « Je te croyais pas si timide. Enfin… Je ne te pensais pas non plus sentimental, ni respectueux, donc… » Je l’avais surtout connu taiseux, violent et impulsif. Incontrôlable. « T’es quelqu’un de bien en fait, en dehors de tes quelques ratés... Tu le caches seulement pour éviter de te faire tuer. Ca vaut sans doute mieux… Enfin, pour ton taux de survie, tu vois. » Quoi ? C’était la vérité. Je restais pragmatique.

Je ne voyais plus quoi répondre, subitement. J’aurais peut-être dû lui demander de clarifier sa pensée, mais je n’étais pas certaine de vouloir le savoir. Ca faisait déjà pas mal à encaisser, si bien que j’étais contente qu’il mette un point final à la discussion, même si ses dernières paroles ressemblaient fortement à une proposition dissimulée. « Ca met beaucoup de zones d’ombre en lumière. Je vais avoir besoin de temps pour réfléchir. » Parce qu’il avait pris le temps de le faire, lui. Moi je m’étais contentée de jouer le jeu et de m’enfermer dans ma bulle comme je savais si bien le faire. Je ne m’étais pas posée autant de questions sur notre relation, surtout après avoir décidée que ça n’en valait pas la peine, que j’allais juste réussir à me faire tuer. Je posai un regard différent sur lui maintenant. Je me retournai vers lui, avec une robe satinée contre moi, et un sourire malicieux au visage. « Ca me va bien ? » Bon d’accord… Je cherchais peut-être un peu à détourner l’attention.


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MessageSujet: Re: Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby   Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby - Page 3 EmptyJeu 30 Avr 2020 - 15:33
Je me renfrogne un peu plus à sa répartie, à son attitude. A un peu tout quoi. Et si, si, je vous assure que je peux encore plus tirer la gueule. Parce que ouais, j’aime pas qu’elle me pointe mes contradictions du doigt, surtout quand j’ai décidé de les ignorer ou de faire des efforts. Bref, c’est une casse-couilles de première, pour pas changer. Et je grogne en réponse quand elle lève les yeux au ciel avant de souffler, d’un ton ronchon. « Ouais sauf que de la répartie sans intelligence, c’est ridicule. Tu passes pour un con. Toi t’as les deux et c’est… bref… on s’en fout. » Parce que ouais, c’est ce qui fait sa force, en grande partie. Et qui me donne envie de l’encastrer dans un mur un peu trop souvent.

Je pourrais me taire et laisser couler. Mais foutu pour foutu, autant qu’elle ait toute l’histoire non ? Je suis étonné, elle cherche pas à m’interrompre. Enfin, faut dire que c’est genre la première fois que je parle autant, sans m’énerver, sans tout envoyer péter. Je l’observe quelques instants avant de hocher la tête. « Ca se voyait ouais. Que tu ferais tout pour te tirer. T’es plutôt du genre déterminée comme fille. » J’ai un sourire sans joie quand je dis ça. Parce que quand elle veut se la jouer distante, elle fait ça super bien aussi. Je hausse les épaules quand elle continue, laissant filer un silence songeur. « Possible, j’ai pas réfléchi autant. Et… je l’aimais bien. Mais j’étais surtout responsable d’elle. Elle s’est attachée à moi et j’ai pas eu les couilles de la défendre. » J’aurais son sang sur les mains toute ma vie, quoi que je fasse. Et autant je peux tuer des types sans scrupules et y a encore un paquet de trucs qui me pèseront probablement jamais, autant ça, je peux pas le digérer. Et encore moins l’oublier.

Au reste, je fronce les sourcils, cherchant mes mots. « T’es… pas une victime. » Je sais pas si c’est plus clair comme ça, mais ça résume plutôt bien. Elle a pas le profil de la femme battue, de la gonzesse au foyer avec les marmots qui baisse la tête au lieu de répliquer. Mais c’est compliqué de lui expliquer qu’elle est totalement différente de toutes les femmes que j’avais rencontrées jusque-là. Je la fixe quelques instants avant d’esquisser un sourire. « Tu savais déjà. Que j’étais un menteur. » Et j’ai de nouveau un silence quand elle continue. «  Je devrais probablement te dire d’aller te faire foutre quand tu parles d’être sentimental. Mais en vrai, y a juste des aspects de moi que j’aime pas. Ou que j’aime pas montrer. Ca en fait partie. Parce que ça fait de moi quelqu’un de faible. Et si les faibles se faisaient prendre pour des cons avant la fin du monde, maintenant ils crèvent. D’autant que ça me rapporte que dalle ce genre de trucs. Mais je suis quand même pas quelqu’un de bien Ruby. » Et c’est pas comme si j’avais vraiment envie de me rattraper. Ou que je pouvais le faire. Comme dit, je préfère me concentrer sur mon taux de survie. Déjà pas bien élevé de base, si je me rajoute ce genre de handicaps, on est pas sortis.

J’ai l’impression qu’elle a du mal à savoir comment réagir au final. Et je sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose. En vrai, elle aurait pu se marrer et tourner les talons. Ce qui m’aurait probablement fait péter un plomb, surtout après tout ce que j’ai balancé. Mais elle le fait pas. Donc je mets tout ça de côté et je finis par hocher la tête. « Faut croire. Dans tous les cas, ça change rien. Tu pourras toujours compter sur moi. Tant que je me fais pas bouffer quoi. » Je lève un sourcil avant de regarder les baskets. Et de me figer à sa robe. Je cligne des yeux, me retrouvant un peu con. Mais je saurais pas dire si c’est à cause de la tenue ou de son putain de sourire. Mais vu qu’elle veut s’amuser… on va arrêter de se prendre la tête non ? « Tu devrais l’essayer. Pas dit que ce soit ton style alors je demande à voir. Mais si tu prends un truc pareil, je vais être obligé de trouver une chemise pour pas faire tâche. Ou même carrément une cravate. J’en ai porté deux fois dans ma vie ? Trois ? Je sais plus. » J’entends un craquement au fond du magasin et je me fais sérieux quelques instants, avant de lui montrer la réserve. « Vaudra mieux qu’on évite d’aller par là-bas, sauf si tu veux faire du strike de rôdeurs. » Ca a l’air bien cadenassé, je m’inquiète pas plus que ça. Encore moins face à l’idée de la voir essayer ça.


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MessageSujet: Re: Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby   Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby - Page 3 EmptyDim 3 Mai 2020 - 20:30
C’était moi ou… Joaquin peinait à finir ses phrases ? A croire qu’il était gêné. C’était sans doute aussi pour ça qu’il se mettait à bougonner et grogner un peu, sans raison particulière. Et après il allait encore me reprocher de le chercher un peu trop, mais c’était vraiment trop drôle ! « Dis donc, c’était un compliment ça ? » Je faisais mine d’avoir mal entendu, vu le peu d’efforts qu’il avait mis à le formuler. Voilà pourquoi il était toujours aussi grincheux avec moi, en fait ! Parce qu’il ne savait pas quoi me répondre, si bien que je le soufflais un peu trop souvent à son goût. Ca expliquait aussi pourquoi il avait tendance à cogner trop souvent… Il manquait de répartie. Ca me démangeait de sauter sur l’occasion pour lui dire, mais j’allais vraiment finir par m’en prendre une. Et pas question qu’il interrompt maintenant ma journée shopping !

Surtout qu’il s’était fait incroyablement sérieux, subitement. Je n’avais pas compris d’où lui venait ce revirement, pourquoi se décider à parler maintenant, mais… Peut-être que nous avions tous les deux besoin de remettre les choses à plat entre nous. Je ne pensais pas que la distance l’aurait travaillé autant. J’eus un mince sourire quand il souligna que j’étais plutôt du genre déterminé. Oh, encore un compliment ? Peut-être. Il voulait surtout souligner que j’avais la rancune tenace, oui. Il avait cédé en premier après tout.

Je me retournai vers lui, à chercher un temps son regard. Il venait de se confier sur son passé mais n’osait toujours pas dire clairement les choses. Il aimait bien cette Eliza. Ca voulait dire quoi ? Il ne le savait peut-être même pas lui-même. Joaquin devait se sentir aussi responsable de moi maintenant. J’avais seulement été une façon de se rattraper auprès d’elle, même s’il venait de me dire sans détour que j’étais différente des autres filles pour lui. Je n’aurais pas dû lui demander en quoi, en vérité. Je l’observai sans bien comprendre. J’étais différente, parce que… Je n’étais pas une victime ? Je soufflai avec amertume : « Ouais… » Mes épaules s’affaissèrent. La déception était visible dans mon regard. Je ne m’en cachais même pas vraiment, alors que je m’étais remise à chercher ma taille dans les rayons. Sérieusement, je m’étais attendue à quoi venant de lui ? Aucune idée. Il venait de dire à demi-mots qu’il appréciait mon intelligence, ma détermination et… Il venait un peu de tout gâcher, là. Quand une fille vous demandait en quoi elle était spéciale, on ne lui répondait pas que c’était parce qu’elle n’était pas une victime. Je soufflai avec dépit. On ne devait pas leur apprendre à parler aux filles en taule, c’était certain. Il aurait quand même pu trouver mieux. C’était un peu triste, en vérité. Ca voulait seulement dire que, avant moi, il n’avait connu que des filles comme celles de son gang… Des femmes qui avaient renoncé depuis longtemps à se battre. Voilà ce qui avait fait la différence quand nos regards s’étaient croisés pour la première fois : Joaquin avait uniquement descellé mon désir ardent de vivre.

J’en avais assez qu’on parle de moi, après ce constat édifiant. Je préférais plutôt m’attarder sur le peu qu’il m’avait laissé entrevoir de lui. Oh… J’aurais sans doute pu lui dire, pour le rassurer, qu’être sentimental ne signifiait pas être faible. Sauf que je ne le pensais pas. Et Joaquin apprécierait sans doute assez peu. J’haussai les épaules. « Les gens biens meurent, de toute façon. » Alors il faisait bien de ne pas être dans cette catégorie, sinon je l’aurais laissé se tuer sans moi. Je souris, presque amusée. « Tu as peur que ton image de gros dur à cuir en prenne un coup, c’est ça ? Tu as raison. Tu n’es plus crédible, là. » Je ne savais pas bien comment réagir devant toutes ces révélations, si bien que je tentais de détourner l’attention. Je ne parvenais pas à simplement me dire, comme lui, que ça ne changerait rien entre nous. C’était comme si la même personne était devant moi, et à la fois… Une personne complètement différente. Les deux images avaient du mal à se superposer, pour me donner un bon aperçu. J’aurais dû être contente qu’il me confie tout ça. Depuis combien de temps avais-je attendu qu’il le fasse ? Mais à l’époque, je cherchais seulement à avoir ces informations pour savoir sur quel pied danser avec lui. Et maintenant ? Je n’attendais plus rien de lui. Et pourtant… Je n’étais pas parvenue à m’en détacher complètement. Joaquin était entré assez brutalement dans ma vie, et depuis, il n’avait fait qu’en chambouler son cours. Je ne parvenais toujours pas à en faire le tri.

« Tu crois ? » Je regardai à nouveau la robe que j’avais en main avec un air dubitatif. Quoi, ce n’était pas mon style ? Elle était peut-être un peu trop… Osé. Je n’avais pas vraiment le physique de la femme fatale. Je fis la moue en réponse. Il y avait beau avoir des rôdeurs tout proches, il me proposait quand même de l’essayer pour voir. Un franc sourire vint finalement ourler mes lèvres à cette perspective. Je pouvais vraiment faire des essayages, là de suite ? Trop génial ! « J’en prends plusieurs alors ! » Vite, avant qu’il change d’avis surtout ! J’étais subitement bien plus enjouée. Ca me rappelait mes années étudiantes, quand tout était encore normal. Je n’avais pas un centime à dépenser en fringue, mais ça ne m’empêchait pas de faire quantité d’essayages seulement pour m’amuser un peu. Et là, en plus, tout était gratuit. Je me précipitai vers les cabines d’essayage pour enfiler la première robe, ressortant juste pour me détailler dans le miroir. Je pris une pose ridicule, avant de contenir un rire. « Non, tu as raison… Ce n’est vraiment pas mon genre. Tu as l’œil pour ça, en fait. » Je me retournai vers lui qui en avait profité pour enfiler une chemise avec une cravate. Je lui rendis un regard appréciateur, réprimant tout de même un sourire amusé. « Enlève la cravate, par contre. » Je retournai dans la cabine pour enfiler une autre robe de soirée beaucoup trop extravagante, un chapeau et des lunettes de soleil en main pour compléter ma tenue, alors que je tentais de marcher comme un mannequin avec des talons aiguille. Je réprimai un nouveau rire alors que je manquais de perdre l’équilibre. « Ca fait des années que je n’ai pas marché avec ça, ok ? » Je les jetai à travers la pièce pour jeter mon dévolu sur une nouvelle robe, jolie mais sans en faire trop. Je ressortis peu de temps après de la cabine avec. Elle avait un col en V avec un dos nu coupé par un ruban, ni trop longue ni trop sage. Je détachais mes cheveux pour couvrir un peu mes épaules pleines de cicatrices, pour un meilleur effet. Je la fis tournoyer devant le miroir avant de me retourner vers Joaquin, avec un sourire satisfait. « Tu en penses quoi, de celle-là ? » Je ne risquais pas de pouvoir l’emporter, sans aucune occasion de la mettre… Mais ça faisait longtemps que je n’avais pas pu autant rire. Comme si tout était normal. Et ce sentiment-là n'avait pas de prix.


« Les monstres sont réels, les fantômes le sont aussi.
Ils vivent à l'intérieur de nous et parfois ils gagnent. »
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Joaquin Hernandez
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MessageSujet: Re: Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby   Mirrors show us what we look like, not who we are... | Ruby - Page 3 EmptyJeu 7 Mai 2020 - 14:31
Putain, depuis quand c’est devenu difficile de causer avec une gonzesse ? Je veux dire, avant j’avais jamais ce genre de problèmes. Bon, okay, avant je m’en foutais totalement, ça aide aussi. Et encore avant, quand le monde tournait encore à peu près rond, jamais j’étais tombé sur une fille pareille. Et je suis pas sûr que ce serait arrivé un jour si les morts étaient pas revenus pour essayer de nous bouffer. Comme quoi, y a ptet enfin un truc positif dans tout ce merdier. Pas que je sois incapable de finir mes phrases mais que… ouais, bref, on s’en fout. A sa question, j’ai un haussement d’épaules et je souffle, la mine bourrue. « Possible ouais. »

Etrangement, même si je suis pas à l’aise, ça me fait du bien de lui balancer tout ça. J’aurais probablement dû le faire avant, vu que c’est probablement un peu tard pour que ça change ce qu’elle peut penser de moi, mais au moins, c’est fait. Et je suis pas sûr que j’aurais été foutu de le faire avant. Ca remue beaucoup trop de merdes en moi et j’ai du mal à tout gérer là, de suite. Je suis même incapable d’arriver vraiment à dire ce que je veux. Et je vois bien que je suis totalement à côté de la plaque quand elle me regarde et qu’elle a l’air… déçue. J’ouvre la bouche pour essayer de lui expliquer. De lui dire tout ce que je pense d’elle, ce que ce regard et ce sentiment ont déclenché chez moi, en plus de ce qu’elle sait déjà. Mais au final, je me dis qu’il vaut mieux la fermer. Parce qu’elle va me regarder avec des yeux ronds, au mieux, ou se foutre de moi. Vu que c’est loin d’être aussi simple. Sauf que je sais pas causer. J’ai jamais su faire et face à quelqu’un comme elle, chaque mot a son importance. Je pique du nez dans un soupir, en me disant que finalement, c’est pas plus mal comme ça. Au moins, elle m’en voudra peut-être un peu moins. Et plus tard. Je lui expliquerais. Je lui dirais toute la vérité. Ou pas ouais.

Je sais pas si je dois être soulagé qu’elle s’attarde pas là-dessus, vu ce qu’elle me balance. Mais je tousse un rire. « Ouais, les gens bien meurent. Les autres aussi. Mais un peu moins vite. » Je croise les bras à sa question qui n’en est pas vraiment une avant de me faire de nouveau sérieux. « C’est pas parce que je suis un connard incapable de se maîtriser qu’il m’arrive pas d’éprouver des trucs. Mais t’inquiète, je fais au mieux pour que ça arrive le moins possible. » Et comme ça j’accumule, avant d’exploser au pire des moments. Normal quoi. Sauf que ouais, j’aurais probablement dû attendre devant la porte quand je vois ce qu’elle s’apprête à faire. Je savais pas du tout dans quoi je m’embarquais en vrai mais, à sa question, je penche la tête, observant la robe avant de souffler. « Je suis sûr. Mais essaie pour voir. » Putain, je vais avoir des images gravées dans la tête là, ça va être violent. Je lève un sourcil quand elle dit qu’elle va en essayer plusieurs et j’ouvre la bouche pour lui dire de se calmer. Avant de me rendre compte que c’est trop tard, que j’ai libéré un monstre.

Tant qu’à faire, je m’amuse aussi à me changer, jurant pendant que j’essaie de faire le nœud de cette foutue cravate sans succès. Quand elle sort de sa cabine, je la mate sans vraiment m’en rendre compte avant de hocher la tête. « Cette robe est faite pour les gonzesses qui ont rien d’intéressant à montrer. Un peu de peau par-ci par-là mais c’est emmerdant au possible. » Je baisse les yeux, fixant la cravate avant de jurer de nouveau. « Putain, j’ai galéré à mort pour faire le nœud ! » Mais je m’exécute, alors qu’elle disparait pour revenir aussi tôt. Je me fige quand elle se marre, me demandant si j’avais déjà entendu ce son avant en fait. Et ça fait bizarre. Genre vraiment. Je regarde les talons voler et je secoue la tête. « De toute façon, c’est un coup à ce que tu sois plus grande que moi. Et ça me casserait bien les couilles. » Pendant qu’elle retourne dans sa cabine, j’attrape une veste de costard et je siffle en voyant l’étiquette. Avant de lâcher, songeur, quand j’entends le bruit du rideau qu’elle vient d’ouvrir. « Merde alors, j’aurais dû vendre un rein si j’avais voulu porter un truc pareil. » Au mieux. Alors je l’enfile et je finis par lever les yeux vers elle. Pour me figer totalement à la voir comme ça. Et s’il m’est déjà arrivé de la mater plus d’une fois, là, mes yeux s’attardent sur chaque centimètre de son corps alors que j’ai carrément arrêté de respirer. Avant que je souffle, sans même m’en rendre compte. « No solo estas linda… estas.. espléndida… » Je finis par toussoter et par secouer la tête, comme pour me forcer à revenir sur terre. « Ouais, c’est… bien. Pas mal. Ton genre. » Je me frotte l’arrière du crâne, cherchant un truc à dire, sans succès. « Je… là-bas. C’est bien. Je vais là-bas. » Je m’éloigne, incapable de détacher mon regard d’elle. Ce que j’aurais dû faire. Sinon je me serais pas mangé ce putain de poteau au moment où je finis par me retourner. Et le boïng bien sonore du métal contre mon front résonne dans toute la pièce, même pas assourdi par mes jurons.


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