The Walking Dead RPG

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- La route des enfers est facile à suivre, on y va les yeux fermés -
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Joaquin Hernandez
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MessageSujet: Re: La route des enfers est facile à suivre, on y va les yeux fermés   La route des enfers est facile à suivre, on y va les yeux fermés - Page 2 EmptyMer 12 Fév 2020 - 9:52
Je devrais laisser couler et me tirer maintenant qu’elle est réveillée. Enfin, mieux, je devrais lui dire de se casser, c’est ma chambre après tout. Parce que je sais qu’à un moment, ça va déraper et je vais devoir l’envoyer chier, qu’elle sera allée trop loin et qu’elle va me gonfler. Ca marche comme ça depuis qu’on se connait alors, pourquoi ce serait différent cette fois ? Peut-être parce que j’ai encore en tête cette voix imaginée de ma fille et que j’ai du mal à être aussi bourru que je le suis en temps normal. Non parce qu’on dirait pas comme ça, mais c’est un putain de travail de tout faire pour ne créer aucun lien sincère et pour que personne ne sache vraiment ce que je peux avoir dans la tête. Etre une brute sans cervelle me va bien. D’autant que ça me ressemble quand même pas mal. Sauf qu’il y a quelques subtilités dont tout le monde se fout, moi le premier. Et que je veux pas qu’on découvre donc.

Mais avec elle, c’est différent. Parce que cette petite conne sait toujours où taper pour que ça fasse vraiment mal. Et elle sait utiliser les mots. Pourtant, elle arrive encore à me surprendre. Je lève un sourcil quand elle reprend la parole, esquissant un sourire pas vraiment amusé. « Je trouve ça particulièrement jouissif de t’entendre le dire et que ce soit vrai pour une fois. Que tu balances pas ça uniquement pour te faire passer pour la demoiselle en détresse. » Ouais, je suis un connard, je sais. Qu’elle dise qu’elle aura toujours besoin de moi me prend un peu au dépourvu, j’avoue. Et je la fixe, oubliant l’espace d’un instant de prendre mon air renfrogné avant de me raccrocher au reste, plus simple à gérer. Je ricane même avant de secouer la tête. « Putain, quand je pense que certains te croient gentille et sans défense. Tu trouves vraiment mériter justice ? Toi ? Te fous pas de moi Ruby. Tu veux que je m’excuse ? Je peux le faire mais ce serait pas sincère. » Pourtant, je sais que j’ai merdé. C’est aussi, surtout, pour ça qu’on est là.

J’oublie tout ça quand elle continue, me figeant totalement alors qu’elle embraie sur le sujet qui fâche. Je serre mes poings de toutes mes forces, inspirant longuement pour éviter de me lever et de lui péter son joli petit cou. J’avoue que là, entendre le craquement de ses vertèbres serait une satisfaction bien trop grande pour que je puisse totalement l’ignorer. Mais je peux pas. Pas parce que j’en ai pas envie mais parce que ce serait pas la solution. Et que je serais totalement foutu. Alors je me contente de souffler entre mes dents, les mâchoires tellement contractées que ça fait mal. « T’es vraiment qu’une garce tu le sais ça ? » Et je ferme les yeux avant de reprendre, à mi-voix. « J’ai jamais levé la main sur ma femme. Ou ma fille. Pas une fois. Ma mère et mes sœurs avaient peur de moi. Mais pas elles. Elles ont… » Je les rouvre fixant le vide et laissant filer de longues secondes de silence. Avant de froncer les sourcils en secouant la tête. « On s’en branle. Vu le résultat, j’aurais probablement dû la cogner en fait. » Tu parles, je suis pas crédible. Jamais j’aurais pu faire ça, même si c’est la pire salope du monde. « Et je sais pas, tu peux avoir envie d’emmerder quelqu’un d’autre. J’compte pas te toucher Ruby. Parce que si je le fais, je suis pas sûr de pouvoir m’arrêter. » Même si elle crie. « Mais tant mieux, si t’as plus peur de moi. » J’y crois qu’à moitié mais, si elle en est persuadée, grand bien lui fasse.

J’enfile le pull qu’elle me lance, essayant de pas me demander si je frissonne à cause de la température ou de toute cette merde qu’elle a remué. Okay, je l’ai potentiellement un peu cherché mais quand même, elle fait fort. Tu parles qu’elle s’en fout si je vais bien ou pas. Je garde de nouveau le silence alors qu’elle commente ce que je lui ai dit. De façon bien plus intelligente que je l’aurais cru. Faut dire que c’est probablement la discussion la plus calme et la plus poussée qu’on ait depuis longtemps. Vu que je me tire pas en l’insultant, ça doit jouer, j’avoue. « Possible. Quelqu’un qui me tient à l’œil et m’empêche de… » D’être un peu trop moi. « Et donc, c’est quoi tes autres options ? J’suis curieux. » Retourner la situation à son avantage, elle connaît ouais, elle maitrise même bien son sujet. Donc ouais, je demande à voir.


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Ruby Finley
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MessageSujet: Re: La route des enfers est facile à suivre, on y va les yeux fermés   La route des enfers est facile à suivre, on y va les yeux fermés - Page 2 EmptyMer 12 Fév 2020 - 11:51
Je devrais m’en aller avant que la situation ne dégénère encore avec lui. Depuis le début, nous étions parfaitement incapables de nous parler. Les seuls moments où nous parvenions à nous mettre d’accord, c’était quand il s’agissait de trouver de quoi manger pour le lendemain. Et, évidemment, même dans ces moments-là, il n’écoutait déjà pas grand-chose. Nos méthodes étaient tellement à l’opposé que trouver un équilibre n’avait pas été évident, mais on l’avait fait. On s’était révélé plus qu’efficaces même. Et maintenant ? Il avait tout remis en cause. Il m’avait cassé la gueule avant de m’amener ici où on me tenait constamment sous surveillance, et puis… Il était resté, comme si tout était parfaitement normal.

Je rangeai mon duvet, en dissimulant mal mon agacement grandissant. Il rentrait sans mal dans le sac après l’avoir compressé autant. Je le jetai sur mon épaule et me relevai dans le même mouvement pour lui faire face. Une colère froide couvait toujours dans mon regard. « T’es un vrai psychopathe, tu le sais ça ? » J’avais envie de le cogner, moi aussi. Je voulais lui retirer ce sourire suffisant qu’il avait, à me voir sans défense, enfermée dans un lieu inconnu avec d’autres inconnus, et complètement terrifiée à cette idée. Non mais sérieusement, il venait même ouvertement de me balancer que c’était particulièrement jouissif. Ce mec était taré ! « C’est ça, qui t’excites ? Les filles qui sont à ta merci ? Que tu peux terroriser ? » Je levai les mains. « C’est bon, inutile de me répondre… Je n’ai pas vraiment envie de savoir. Je me casse. Dégage du chemin. Tu peux être certain que je ne remettrais pas les pieds ici de si tôt. »

Je comprenais mieux ce qu’il avait vu en moi, au début. Seulement une fille paumée et prise au piège, qu’il avait eu envie de sauver pour se faire passer pour un type bien… De quoi soulager un peu sa conscience. Et puis c’était mieux si elle était consentante parce qu’elle ne se débattrait pas, n’est-ce pas ? C’étaient ses propres mots. J’aurais dû le remercier et le traiter en héros, en fait. Mais en vrai, je ne l’avais plus intéressée à partir du moment où il s’était rendu compte de qui j’étais vraiment. Comme Warren. Sauf que lui, il avait eu bon fond. Joa’ avait seulement poignardé par seize fois son leader parce qu’on avait cherché à le priver de sa poupée. Sérieusement, entre Dany et lui, qui était le pire ?

Je répliquai avec colère : « Je m’en fous de tes excuses ! Je sais que je te dégoûte. Et tu sais quoi ? C’est réciproque. » Comment on avait pu rester ensemble si longtemps sans s’entretuer ? J’avais besoin de lui. C’était la vérité. Lui… Je ne savais pas. Sans doute un sursaut de conscience. S’il cédait à ses pulsions pour me battre à mort, comme il en mourrait d’envie, Joaquin savait pertinemment qu’il n’y aurait plus rien à sauver en lui. Et il en parlait avec un tel naturel qu’un frisson me traversa l’échine. J’avais du mal à croire qu’il n’ait jamais levé la main sur sa femme, ou même sa fille. Je comprenais que ses sœurs aient peur de lui. Et c’était la première fois qu’il m’en parlait, mais à voir son regard meurtrier… Je me gardais bien d’en reparler. Il allait perdre le contrôle, comme la dernière fois. Tout mon corps s’était tendu, prêt à fuir par la fenêtre derrière moi… Mais il ne se passa rien, c’était comme si la tempête était passée.

Mon sang s’était glacé dans mes veines. Combien de temps avant que quelqu’un n’intervienne, si l’envie lui prenait ? Qu’est-ce qu’il resterait encore de moi à ce moment-là ? C’était faux. Il me faisait toujours aussi peur, en vérité. Joaquin était incontrôlable. Et le voir, là, planter devant la porte comme un cerbère avait quelque chose de très ironique. Surtout à le voir aussi calme. Je croyais qu’il allait encore vriller, mais il avait l’air d’être conscient d’aimer la taule. A croire que c’était la seule barrière qu’il avait trouvée, pour éviter de commettre à nouveau un meurtre. « Mes autres options ? Parce que tu crois que ce type d’information, c’est gratuit ? » Il allait se débrouiller sans moi. Hors de question que je lui donne des billes pour sauver ses fesses tant qu’il me menacerait. Je m’avançai vers lui, maintenant qu’il semblait plus calme, attendant qu’il me dégage le passage. Je repris d’une voix plus faible, presque lasse : « Je ne sais même pas pourquoi j’ai cherché à te défendre contre Dana, pourquoi je me suis mise entre vous au risque de me prendre un coup pour toi. Tu méritais encore moins que moi qu’on te fasse justice. »


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MessageSujet: Re: La route des enfers est facile à suivre, on y va les yeux fermés   La route des enfers est facile à suivre, on y va les yeux fermés - Page 2 EmptyMer 12 Fév 2020 - 14:10
Non mais, sérieusement, c’est pas humainement possible d’être aussi casse-couilles et de chercher autant la merde. Quelqu’un de normal l’aurait fermé et aurait laissé couler. Mais non, elle doit encore et toujours la ramener, enfoncer le clou, insulter et j’en passe. Je ne bouge pas d’un centimètre quand elle me dit de le faire, concentré sur ma respiration. Pour éviter de faire de la merde, pour éviter de me lever et de l’éclater contre un mur. Surtout avec tout ce qu’elle sous-entend. Enfin non, on est au-delà du sous-entendu. Pauvre conne, j’aurais dû la laisser entre les mains de Dany et me tirer, tout bêtement.

Mais je dis rien. Je respire longuement, essayant de me raccrocher à cette dernière miette de raison qui m’empêcher d’aller trop loin, jusqu’au point de non-retour. Et je sais qu’il est pas loin putain. Il est juste là, à se foutre de moi alors que je m’oblige à ne pas bondir sur Ruby pour lui faire sa fête.

Et voilà qu’elle continue, qu’elle en rajoute une couche. Je reste toujours aussi silencieux, la laissant péter son câble toute seule. Je n’irais pas sur cette voie. Je peux pas. Quand elle se lève et qu’elle se rapproche de moi, son duvet en main, je sais que je vais devoir bouger. Sauf qu’il est hors de question que je la laisse partir comme ça. Je prends une profonde inspiration, ignorant cette sensation d’avoir le sang qui bout tellement elle me met hors de moi. Et je souffle, d’une voix étonnamment calme pour quelqu’un qui a des envies de meurtre. « Je vais te laisser sortir. Mais avant tu vas m’écouter très attentivement Ruby Finley. Et tu vas avoir l’intelligence de fermer ta gueule pour une fois. » Au moins le temps de me laisser finir. De toute façon, tout en parlant, je me suis relevé et je la fixe, bras croisés et la mine fermée. « Tu sais ce qui m’excite ? Les filles qui n’ont pas peur. Qui ont le cran d’assumer qui elles sont et qui ont pas besoin de se faire passer pour des victimes pour s’en sortir. Je pensais que c’était ton cas. Visiblement, je me suis trompé. » Tout en parlant, mon regard accroche le sien. Je pense qu’elle peut voir à quel point elle a réussi à me pousser à bout, à me rendre furieux. « Tu sais rien de ma vie Ruby. Parce que tu t’en branles. Tu penses qu’à ta gueule, persuadée que je suis juste un gros psychopathe qui a voulu sauver une demoiselle en détresse pour se filer bonne conscience, juste histoire de dire. Si t’assumais vraiment qui tu es, ou si tu voulais savoir qui je suis, tu viendrais pas direct à m’insulter ou t’aurais pas cherché à savoir qui je suis derrière mon dos. Tu taperais pas non plus direct dans les sujets sensibles en te comportant comme la dernière des connasses. Y a des façons de poser des questions quand on veut des réponses. Toi, tu balances juste ça histoire de foutre un peu plus la merde et dire que t'avais raison, que je suis un putain de psychopathe. Et je pensais que t’aurais les couilles de venir me poser de vraies questions, sans chercher la merde à chacune de mes paroles. »

J’inspire de nouveau longuement et je continue, toujours sur le même ton froid. « J’aurais pas dû te frapper. C’est vrai. Dans un monde normal, je l’aurais pas fait. Mais c’est plus un monde normal. Et si tu veux pas d’emmerdes, tu te comportes correctement. C’est pas ton cas. » J’arrive tout de même à esquisser un sourire alors que je la regarde de bas en haut. « T’en sais foutrement rien si tu me dégoûtes ou pas. Tu veux la vérité ? Celle que j’ai entrevue m’a plu. Celle qui est capable de tout pour survivre, qui est intelligente, débrouillarde et qui sait ce qu’elle veut. Mais pas celle que j’ai en face de moi qui saute sur toutes les occasions pour se poser en victime face au connard que je suis. Enfin, je suis ravi de savoir que tu peux pas me blairer. » Je secoue la tête avant de m’écarter de la porte. « Un jour, quand t’auras envie d’avoir une vraie discussion sans commencer directement par m’agresser ou être condescendante, tu reviendras. D’ici là, si t’as envie de dormir dans un endroit sûr, tu peux. Je veillerais sur toi. Mais t’auras intérêt à fermer ta gueule. » Je tourne la poignée et je lâche, d’une voix neutre. « Casse-toi. »


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MessageSujet: Re: La route des enfers est facile à suivre, on y va les yeux fermés   La route des enfers est facile à suivre, on y va les yeux fermés - Page 2 EmptySam 15 Fév 2020 - 12:02
J’avais espéré qu’il se pousse sans discuter, bien ravi que je disparaisse de sa vue. Je voulais croire qu’il tiendrait parole et me laisserait partir, mais il n’en fit rien. Joaquin était tendu à l’extrême, comme un prédateur prêt à bondir. Je ne le quittai pas du regard, sans reculer ni montrer ma peur. J’avais l’impression d’être face à l’un de ces chiens, là dehors, revenu à l’état sauvage. Il ne fallait pas les regarder dans les yeux, ne rien dire, ne pas fuir, sinon… Ils se jetaient sur vous pour vous déchiqueter en pièces.

Combien de temps nous étions restés là ? Je n’en avais aucune idée. Le temps s’était comme arrêté. J’avais conscience d’avoir été trop loin avec lui, d’avoir tiré sur la corde jusqu’à ce qu’elle cède. Je n’aurais sans doute pas dû me mettre en colère, simplement faire comme d’habitude, et ne surtout pas l’interroger. Je ne m’attendais pas vraiment à ce qu’il se sente d’humeur à parler, alors mon regard se fit franchement surpris à le voir se relever sans me libérer le passage. Il souhaitait que je l’écoute attentivement, avant de me laisser partir. Si ça pouvait lui faire plaisir… La violence verbale était toujours moins pire que la violence physique, alors je le laissais se défouler sans mot dire. J’avais déjà entendu tellement de choses sur mon compte, que je ne voyais pas tellement ce qu’il pouvait me dire de pire.

Je ne l’avais jamais entendu parler autant auparavant, encore moins de ces sujets-là. De lui… Ou de moi. Le pire ? C’était qu’il paraissait sincère de bout en bout. Il me faisait ses reproches, ouvertement. Il disait tout ce qu’il pensait de moi, dans un flot continu et intarissable. Le bien, comme le mal. C’était déroutant. D’habitude, il se contentait de cogner et de tout garder pour lui. Et là… Ca sortait pêle-mêle. J’avais du mal à le suivre pour autant. Contrairement à ce qu’il m’avait toujours laissée entendre, Joaquin était attiré par moi. Et pas seulement physiquement. Il était… Amoureux de moi ? Merde, celle-là, je ne m’y attendais clairement pas. Sauf que je n’avais fait que le décevoir depuis. Je n’avais pas été celle qu’il espérait vraiment. J’avais sans doute l’immense honneur d’être la seule qui le mette dans des états pareils, et qu’il ait à ce point envie de cogner en représailles. Ce mec était dangereux et taré. Dans sa voix perçait l’amertume, la rancœur…

C’était presque trop à encaisser d’un coup. J’avais du mal à faire le tri. J’avais l’impression de revivre ma rupture avec Warren, sauf que Joaquin et moi n’avions jamais eu ce type de relations. Je n’avais pas cherché spécialement avec lui à être quelqu’un d’autres, quelqu’un qui serait capable de le satisfaire. J’avais trop peur de lui pour ça. Je lâchai d’une voix faible, en réponse : « Tu ne sais rien de ma vie non plus, Joaquin. Tu ne sais rien de moi en vérité, ou seulement ce que j’ai bien voulu te dire ou te faire croire. » Il ne savait rien de mes vécus, de ma famille, de mes anciens amis… De moi. Il pensait s’être fait une idée de moi qui était fausse, mais rien n’était vrai. Je ne savais même pas moi-même quelle était la vérité. J’avais passé tant d’années à faire semblant, à m’adapter aux autres pour renvoyer l’image qu’ils souhaitaient… Mais lui était bien trop renfermé et imprévisible pour que je comprenne par moi-même ce qu’il attendait de moi.

Tout faisait sens maintenant… Et je m’étais bien foirée. Mais quelle importance ? Je ne comptais pas me rattraper. « T’es vraiment sérieux ? J’ai essayé pas mal de fois d’en apprendre plus sur toi, tu n’as jamais voulu me répondre. Tu te contentais de me dire que je posais trop de question, que tu en avais marre de m’entendre, quand tu ne t’énervais pas direct sur moi. Et tu me reproches de remuer la merde là ? Comme si tu m’avais laissé le choix. » Arrête, Ruby… Je pris une longue inspiration pour m’inciter au calme. Au moins, il reconnaissait qu’il n’aurait pas dû me frapper. J’avais presque le droit, à demi-mots, à des excuses. Elles auraient eu l’air plus sincère s’il n’était pas sur le point de remettre ça.

Mais, pigé. J’allais me comporter correctement, ou plutôt, comme il l’entendait. Je devrais pouvoir y arriver maintenant. Il suffisait de l’ignorer, de ne pas lui adresser la parole sans qu’il m’invite à le faire. « Celle que tu as cru voir en moi, Joaquin, n’existe pas. Je fais simplement ce qu’il faut pour survivre, et si ça signifie passer pour une victime parce que je n’ai aucun moyen de me défendre… Alors pas de problèmes. Je le fais. Mais fais-toi une raison me concernant, ça t’évitera d’être frustré parce que je ne peux pas être ce que tu attends de moi. » Ou parce que l’envie me manquait de le faire.

Il tourna la poignée. Ses mots claquèrent dans l’air. Je passai la porte sans me faire prier, qui claqua derrière moi. Un bruit sourd me fit sursauter. Joaquin avait sans doute dû se défouler contre le mur à défaut de viser ma tête. Je poussai un profond soupir de soulagement, avant de m’éloigner au plus vite. Je n’étais pas prête de remettre les pieds ici.


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