The Walking Dead RPG

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- Pieces of the past -
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Jonah Moss
Jonah Moss
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MessageSujet: Pieces of the past   Pieces of the past EmptyMer 22 Jan 2020 - 23:34




Décembre 2015


Le mois qui venait de s'écouler avait des relents d'Enfers.
Après les premiers cas inexpliqués de violence, après la généralisation des attaques en tous genres, après que le gouvernement ait diffusé des messages d'urgence, l'armée avait pris la main. Des camps avaient été dressés un peu partout, et la population était incitée à s'y réfugier et à y rester. Sur le papier, c'était une façon pour le gouvernement de montrer qu'il prenait le problème au sérieux. Dans la pratique, c'était clairement un acte de panique, une réponse militarisée et sécuritaire à un problème dont on ne savait rien.

On parlait d'une épidémie, un genre de maladie qui provoquerait une sorte de rage incontrôlable, expliquant les agressions. Tout le monde y croyait. Si les autorités le disaient, c'était forcément vrai. Le temps révéla que c'était autre chose. Quoi exactement ? Mystère. Personne n'était en mesure de le dire. Au final, chacun se fit son idée, chacun avait sa vérité, mais rien n'était vraiment certain. Tant qu'on n'avait pas vu ça de ses propres yeux, on ne pouvait pas y croire, on ne pouvait pas savoir.

Jonah avait déjà été confronté à quelques Mordeurs. Que savait-il d'eux ? Ils étaient moches, ils puaient, ils grognaient, marchaient mais ne couraient jamais. Il était évident qu'une fois infecté, le corps se dégradait sévèrement. Il apparaissait aussi que l'organisme supportait des blessures qui normalement seraient handicapantes sinon fatales. Tout ça était vraiment étrange. Mais Jon connût la vérité au cours du mois de décembre 2015.

Ça faisait maintenant un mois que Jonah avait rejoint la petite communauté qui se construisait chez Russel Tench. Un type bien, même s'il avait son caractère, mais fallait-il en avoir pour être déterminé à survivre à ce bordel.
Ils n'étaient qu'une poignée. Russel et sa fille, à qui appartenait la maison.
Il y avait aussi Mike et Samuel, deux frangins costauds, genre armoires à glace, pas malins mais utiles.
Marty était un jeune gars au physique ingrat, genre adolescent attardé, avec sur le visage les traces d'un acné mal soigné. Il n'était clairement pas imposant, au contraire, mais il savait faire marcher son cerveau. Et il était agile et rapide, le bougre.
Il était lié d'amitié avec un autre jeune, pas beaucoup plus carré mais tout aussi malin. Ils assumaient plus ou moins le rôle d'ingénieurs du groupe, si tant est qu'on puisse dire ça comme ça.
Jonah faisait souvent équipe avec Mike, Sam et Marty, ainsi que quelques autres arrivés un peu plus tard, pour les sorties de ravitaillement. Ça payait assez bien. Marty et Jon étaient de loin les plus intelligents des effectifs, ils menaient donc les opérations avec l'appui des autres. Ça fonctionnait.

C'était une mission comme une autre. Partis de la maison le matin, l'équipe se déplaçait à bord de deux pick-ups. Ça leur permettait de fouiller les habitations plus efficacement et de ramener plus de butin. C'était aussi plus gourmand en carburant, ce genre d'opération était donc rare, et durait moins longtemps. Après trois heures de recherches, ils avaient ramassé assez de nourriture pour que le groupe mange assez bien pendant deux ou trois jours, une semaine en rationnant. C'était du sacré bon boulot.

Ils étaient sur le chemin du retour. Le soleil arrivait au plus haut, il serait presque midi. Le pick-up de Marty marqua un arrêt, et un bras sortit par la fenêtre pour faire signe. Jonah s'arrêta juste à côté.

« Il y a une station service, juste au bout de cette avenue. On devrait aller y voir, des fois qu'on trouverait du carburant. C'est toujours bon à prendre.
Marty avait souvent à cœur de ramener le plus de choses possibles pour contenter Russel. Souvent à raison. Les deux frères Néanderthal acquiéscèrent de la tête.
Je suis pas contre. Surtout en sortant à deux véhicules, on ferait bien de rapporter un peu de jus ou on sera à sec dans une semaine. »
Marty fit oui de la tête. Ils repartirent tranquillement vers la station.

C'était un petit commerce. Trois pompes, un parking d'une dizaines d'emplacements, et une petite boutique qui vendait des magazines, des sandwiches, des boissons et des cigarettes. Le genre d'endroit qui avait dû être visité des dizaines de fois déjà. Peu de chances d'y trouver quoi que ce soit, mais c'était sur le chemin, et ça serait dommage de passer à côté sans jeter un œil.

Les pick-ups se stationnèrent près de la boutique, prêts à repartir. L'équipe débarqua et commença son travail. Jonah inspecta les pompes. Comme attendu, elles étaient inutilisables. Sans courant électrique, impossible de s'en servir. Il faudrait aller voir directement aux cuves. Accompagné de Mike, il se dirigea vers celles-ci. Les cuves, enterrées à côté de la station, se remplissaient par des tubes non loin des pompes. Mais elles restaient accessibles par un regard, à l'endroit de leur enfouissement, pour l'entretien. Jon et Mike trouvèrent ce regard ouvert, et les cuves sèches. Il n'y restait qu'une sorte de vase visqueuse, constituée de restes d'hydrocarbure, d'impuretés déposées décantées avec le temps et de déchets amenés par le vent et les intempéries.
Les autres, affairés à la boutique, ressortaient les mains vides.

« Rien. Du carburant ?
Non. Que dalle.
Fait chier...
Et là-bas ? On pourrait aller jeter un œil ?
Samuel pointait du doigt une boutique à quelques mètres de l'autre côté de l'avenue. Une armurerie.
Absolument. »
Les armureries, c'était toujours bon à visiter. On y trouvait sinon des armes, des munitions, des protections, du matériel, des pièces détachées, des vêtements… Une boutique de ce type, c'était la plupart du temps des prises intéressantes, parfois le gros lot.

L'équipe s'approcha du magasin. La baie vitrée qui avait autrefois servi de vitrine était occultée par des planches de bois, solidement fixées. Les interstices entre les planches laissaient entrevoir l'intérieur, où n'était visible qu'un alignement de meubles, placés à proximité.
La porte de la boutique était renforcée de panneaux de bois. À voir les traces qu'ils portaient, ces panneaux avaient essuyé l'assaut de quelques Mordeurs. Traces de mains, de sang, d'ongles, de dents. La porte avait tenu bon.
L'inspection des alentours mène l'équipe vers un passage à l'arrière, où un muret ferme l'accès. Les Mordeurs n'ont pas pu passer par-dessus, mais pour un vivant, c'est un jeu d'enfant. Jonah décide de l'escalader, suivi de Mike. Samuel et Marty restent de ce côté, histoire de tenir une surveillance.

Passé le muret, Mike et Jonah se retrouvent dans une petite cour à l'arrière du magasin. S'y trouvent des poubelles, un tas de cartons vides, quelques caisses. Une porte fermée donne accès à la boutique, et elle semble bien moins solide que la porte de l'autre côté.

« Okay. On tente d'entrer. Passe devant, je te suis. Fais gaffe. »
Jonah tire son couteau de chasse de son étui. Mike se place en premier près de la porte et marque un temps d'arrêt pour écouter. Aucun son. Le grand costaud se saisit de la poignée, la tourne et tire la porte vers lui, qui s'ouvre en grinçant.

La détonation qui suit déchire le silence et fige Jonah sur place. Mike, lui, est violemment repoussé vers l'arrière et chute lourdement. Le temps que le son du coup de feu s'évanouisse, et ce sont les cris de douleurs qui prennent le relais. Mike a l'abdomen percé de plusieurs impacts sanguinolants. Jonah a tout juste le temps de s'approcher que Marty et Sam les ont rejoints.[/i]
« C'est quoi ce bordel ?!
La porte devait être piégée. On n'a rien compris...
Merde ! Merde ! Merde !
Faut qu'on se tire vite ! On le met dans la bagnole et on rentre !
On rentre, c'est sûr. Dans deux minutes, toutes les saloperies du coin vont rappliquer. Sans compter qu'on ne sait pas qui est barricadé dans ce bouclard. Mais Mike doit rester ici.
Tu veux que je laisse mon frère ici ?
On n'a pas de quoi le soigner. On l'emmène, et après ?
Je le laisse pas.
Alors tu restes aussi.
Jonah… Arrête. On ramène tout le monde.
Et après ? Il crèvera dans la maison, et on devra l'enterrer ?
Peut-être bien. Mais ça n'arrivera pas avant qu'on soit rentrés. On avisera avec Russel. »
Jonah rongeait son frein. Tout ça ne servait à rien. Ils allaient se faire la route du retour avec le Mike beuglant et pissant le sang à l'arrière du pick-up, pour s'aperçevoir qu'il était condamné. Après quoi, on lui prodiguerait des soins, on utiliserait des bandages, peut-être des médicaments selon ce qu'on aurait sous la main, et qu'au final ça ne servirait à rien. Un putain de gaspillage, alors qu'il suffisait de le laisser sur place. Et il y avait fort à parier que Russel dirait la même chose.

Le trajet de retour se fit à tombeau ouvert. Samuel conduisait le pick-up avec son frère à l'arrière, Marty pilotait l'autre, avec Jonah en passager. À la place du mort, aurait-on pu dire, sauf que le mort était finalement le gars qui se vidait dans l'autre bagnole. Cette pensée tira à Jonah un sourire discret.

« Je sais ce que tu penses.
Vraiment ?
Ouais, parce que c'est ce que je pense aussi. Et c'est ce que pensera Russel. Mais on ne serait pas arrivés à raisonner Sam, à l'arrière de cette armurerie, sous le choc, avec son frère et ses boyaux troués.
Alors on laisse la place au sentiment. On met la raison de côté, on cède.
On arrondit les angles. Quand on sera rentrés, on donnera à Mike les premiers soins. Et on fera entendre raison à Sam. »
Jon soupira. Quelle merde…


Sans surprise, Russel avait gueulé une fois tout le monde rentré et Mike déposé dans une chambre. Le bien commun passait avant les requêtes individuelles. C'était raide, mais c'était dans l'intérêt de tous. En ramenant Mike, ils avaient compromis la viabilité des stocks, et ils mettaient en danger le groupe. Par égard pour Samuel, ils avaient donc soigné son frère au strict minimum. Nourriture, eau et bandages, mais pas de médicaments. Le pauvre gars avait morflé pendant quatre jours avant de mourir. On avait laissé à Sam le temps de se recueillir, puis on avait enterré Mike dans le jardin.

Le lendemain matin, le silence qui entourait habituellement la maison aux premières heures fut rompu par un cri. C'était la fille de Russel. Tench courut voir ce qui se passait. Il en resta incrédule, sa fille tétanisée. Par la fenêtre de la cuisine, on pouvait voir le grand jardin de la maison. La fosse creusée pour y déposer le corps du défunt semblait avoir été éventrée, remuée. Et dans le jardin, déambulait un homme d'un pas lent et raide, l'air hagard. Il semblait chercher quelque chose. Lorsqu'il se tourna en direction des fenêtres, Russel reconnut Mike. Jonah arriva à cet instant, suivi de près par Marty.

« Putain de merde...
Qu'est-ce que...
Il était mort. Hier soir, il était mort. Sam l'a soulevé avec moi et on l'a descendu au jardin. On l'a mis dans ce trou, on l'a recouvert.
On l'a tous vu.
Et ce matin, il se promène dans mon putain de jardin ?
Ça n'a aucun sens !
Au contraire. Réflechissez une minute à ce qui arrive depuis des semaines. Tout ça, tout le merdier. Ça ne vous paraît pas logique ?
Logique ? Un macchabée se promène dans mon jardin, tu trouves ça logique ?
Écoutez… On n'a entendu parler que de maladie, d'épidémie. Mais les contaminés, combien vous en avez vu prendre des coups ou des balles ?
Trop.
Et combien n'ont pas bronché ? Ou sont tombés mais se sont relevés comme si de rien n'était ?
Presque tous. Y a que quand la tête est touchée que ça les tue.
Et si cette maladie, ce virus ou je sais pas quoi, si c'était ça que ça faisait ? Si ça ramenait les morts à la vie ? »
C'était complètement barge, mais quelle autre explications avaient-ils ? Le soir ils enterraient un mec mort et le matin ce même mec mort ne l'était plus et marchait entre les bancs du mobilier de jardin. Qu'est-ce qui pouvait rendre ça possible ?
« En attendant, j'ai une saloperie de… mort dans mon jardin. »
Jonah s'en occupa. Il prit un pistolet, prêté par Russel, et gagna le jardin. Il attira Mike en l'appelant. Le malheureux se dirigea vers lui d'un pas chancelant en poussant des grognements colériques, tendant vers lui des mains crispées pleines de terre et d'herbe. L'unique coup de feu retentit et Mike tomba, mort pour la deuxième fois. On l'enterra, encore. Et cette fois il demeura sous terre.


Septembre 2016

Un an.
Un an que le monde avait changé. C'était du moins ce que tout le monde pensait.
Un an, à quelque chose près. Parce qu'on se souvenait parfaitement du permier hiver, du premier été, et que le froid revenait doucement. Ça devait faire un an.
Le monde avait changé. Parce que c'est ce qui avait dû se passer après qu'on ait perdu tout lien avec le reste du pays, avec le reste du monde. Aux dernières nouvelles, le foutoir s'étendait à tout le pays. Le Canada n'était pas en reste. On avait entendu parler de quelques cas au Mexique aussi. Peu après, il n'y eut plus ni télé, ni radio, encore moins d'informations mises à jour sur internet. De toute façon, les batteries des téléphones n'avaient pas tenu longtemps, et il ne fallut pas longtemps avant de voir les premières coupures de courant, et les possibilités pour recharger tout ce qui fonctionnait sur batterie se réduisaient de jour en jour.

Après quelques mois, il ne restait que peu de ce qu'on avait appelé un jour "le monde moderne". Plus d'électricité, plus d'eau courante, plus rien. En soi, ça n'était peut-être pas une mauvaise chose que de réapprendre à vivre à l'ancienne. Sauf que dans le cas présent ça impliquait en plus de faire avec une armée de cadavres qui n'avaient en tête que de vous étriper pour leur petit-déj.
À cela il fallait ajouter les vivants, qui faisaient ce qu'ils pouvaient pour assurer leur survie. Parfois ça impliquait des choses pas bien jolies, comme de piéger, voler, tuer.

Dans le groupe, Jonah faisait sa part. Ça n'était pas toujours avec le plus grand plaisir, mais il fallait savoir occulter certaines choses pour faire le nécessaire. La finalité, c'était d'assurer la survie du nombre, et ça impliquait de faire abstraction de certains sentiments. La pitié, surtout.
Russel n'en avait apparemment aucune. Russel Tench, celui qui dirigeait le groupe, se montrait bienveillant avec ses gens. La majeure partie du temps. Tant que tout roulait, tant que chacun faisait ce qu'il avait à faire, ça se passait bien. Il avait dû faire quelques exemples, histoire de bien montrer ce qu'il attendait de tous, mais dans l'ensemble il avait rarement à revenir dessus.

Jonah faisait partie de l'équipe de récupérateurs. Ils avaient pour mission d'organiser des sorties pour partir à la recherche de nourriture et d'équipements. C'était une mission importante. Et c'était un rôle grand consommateur de ressources. Ils avaient intérêt à revenir avec un bon butin, pour justifier la dépense de carburant, la mobilisation en hommes et en matériel. La moindre perte représentait une véritable fortune, par ces temps compliqués.
Mais l'équipese débrouillait bien. Ils s'arrangeaient toujours pour ramener un peu de carburant en plus du reste. Ça ou des munitions, quand ils en trouvaient.
Mais les ressources se raréfiant graduellement, piller des maisons, des magasins, des stations service, ne suffisait plus. Il fallait soit faire en sorte de consommer le moins possible (sachant qu'ils ne mangeaient déjà pas à leur faim), soit faire mieux.

C'est comme ça qu'en quelques mois, ils étaient passés du statut de récupérateurs à celui de pillards. La fin justifiant les moyens, ils commençèrent à attaquer des survivants. Principalement des familles. C'était des coups faciles et peu risqués. Il suffisait de s'assurer qu'ils étaient moins nombreux que l'équipe, et surtout qu'ils avaient des enfants. Dans ce cas, c'était le succès assuré.

La technique était rodée. Une simple embuscade. Une partie de l'équipe barrait la route en avant de ses victimes, le reste arrivant juste derrière pour les prendre en tenaille. Et c'était joué. Ensuite, à grand renforts de menaces, il ne fallait généralement pas longtemps avant de récupérer tout ce qui était intéressant. Quand ça se passait bien, les malheureux dépouillés finissaient avec juste leurs vêtements sur le dos, et les pillards récupéraient un peu de nourriture et de matériel.
La plus belle prise qu'ils aient faite restait un camping-car, volé à un couple de petits vieux. Papy avait l'air d'être un genre de survivaliste, qui avait entassé assez de boîtes de conserves pour se nourrir pendant plusieurs mois. Il y avait également quelques armes et un paquet de munitions, ainsi que plusieurs jerrycans de carburant. Magnifique. Avec ça, Russel n'avait pas manqué de féliciter chaudement les gars.
La prise avait été facile. Le vieux était prêt à la fin du monde, tant qu'il n'avait pas à faire usage de ses armes sur des vivants. Manque de couilles. Tant pis pour lui.
À y repenser, laisser repartir à pieds Papy et Mamie, sans bouffe et sans armes, ça avait fait un pincement à Jonah. C'était pratiquement les condamner à mourir dans la journée, ou dans les jours à venir s'ils avaient de la chance. Les tuer sur place aurait presque été miséricordieux.




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