The Walking Dead RPG

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- Way out of childhood -
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June D. Phelbs
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MessageSujet: Re: Way out of childhood   Way out of childhood - Page 3 EmptyMar 4 Fév 2020 - 0:31
Le regard de l’avocate était glacial mais elle ne s’enfoncerait pas plus encore dans l’accès de puérilité de l’adolescente. Elle voulait se renfrogner comme un bébé ? Elle voulait jouer la pauvre âme torturée ? Qu’elle le fasse. La rouquine avait bien mieux à faire que de s’épuiser à rendre une enfant moins capricieuse et il était plus que temps que Zelda réalise qu’elle était la première à pâtir de son comportement. Redescendue à tour dans le hall de l’hôtel, June assista à la suite des enfantillages de la gamine. Elle fit un signe à l’homme interloqué de sa réaction en précisant :

- Ignorez-là, c’est rien.

Et ainsi passa le mot. Plus personne dans l'avant-poste ne prêta plus attention à la boudeuse qui les observait dans son coin. La quarantenaire elle-même se gardait de lui attribuer le moindre regard. Elle constata toutes les zones du bâtiment qui avaient été inondée par la pluie à cause des jointures mal isolée et discuta un moment des solutions à envisager. Ensuite, elle prit son tour parmi les vigies une paire d’heures mais n’eut rien à signer que deux mordeurs qui bifurquèrent finalement et n’approchèrent jamais de leur barrière.

De retour au rez-de-chaussée, l’avocate constata que Zelda boudait toujours – ou elle s’appliquait à donner cette impression. Indifférente, elle se joignit à Malinda et Antony qui se servait un thé vaguement chauffé avec leur gazinière d’appoint. Ils échangeaient sur des banalités depuis quelques minutes lorsque grésilla le talkie de la pêcheuse :

- « Un petit groupe de voraces. J’en compte 9. Ils vont atteindre le pont d’ici un quart d’heure. »

Ce genre d’annonce suffisaient pour que les bras armés se mettent en place. Parfois, les charognes repérées changeaient de direction et parfois, ils devaient les accueillir. Ce fut le cas aujourd’hui : alors que la luminosité avait fortement diminué et annonçait le coucher du soleil, les neuf rôdeurs pointèrent leurs nez putréfiés sur la route qui les mènerait au pont protégé par les survivants de Fort Ward. Ils étaient détrempés, dégoulinant d’eau et de fluides, leurs vêtements en lambeaux glués à leurs silhouette décharnées.

- On y va, déclara Sun en prenant les devants.

Son sabre étêta deux mordeurs d’un coup sec. Les deux moitiés de crâne roulèrent mollement et l’une d’elle fut malencontreusement piétinée par Hector, qui trépana habilement un cadavre. Ainsi, le nettoyage organisé se poursuivit jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un cadavre, un œil crevé et la mâchoire écharpée jusqu’à l’os. Excité par les rumeurs d’affrontement, il était avide de chair.

- Ne le tuez pas, demanda June, brisez lui une jambe.

Pas le temps de s’interroger : Donovan s’en occupa. Armé d’une batte de baseball, il dérouilla si fort le genou fragile du macchabée qu’il se retourna entièrement dans un craquement sinistre. Le mort tomba au sol, grognant de plus belle, contraint de ramper rageusement, griffes tendues vers les vivants qui l’observaient sans compassion. La rouquine se tourna alors vers la gamine et l’appela :

- Zelda, vas-y, elle lui désigna la charogne à terre, tu voulais participer n’est-ce pas ? Ne pas être une vache débile ? Alors vas-y.

L'enfant verrait alors que ce n’était pas facile – que rien n’était facile. Qu’un rôdeur avait toujours plus de force qu’elle, que même privé de ses jambes, il ne se laisserait pas faire. Que la pluie rendrait la tâche moins aisée encore car elle serait gênée, ses mains pourraient glisser. Et si ces difficultés étaient surmontées, alors il lui faudrait trouver la forcer de poignarder une créature qui, un jour, avait été aussi humaine que les gens qui l’entouraient. Mais elle était une grande personne, pas vrai ?


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MessageSujet: Re: Way out of childhood   Way out of childhood - Page 3 EmptyMar 4 Fév 2020 - 20:22
Il lui faut un certain temps pour se rendre compte que les autres l'ignorent. Pire encore : ils ne semblent nullement affectés par sa situation. Dans un premier temps tout ceci ne fait qu'amplifier son agacement et la motive à s'enfoncer encore un peu plus dans cette immaturité crasse qu'il lui arrive encore trop souvent de revêtir. Il n'y a vraiment personne qui va faire l'effort de venir la voir pour lui demander ce qui la chagrine ? Tant pis ! Elle ne sera pas la première à céder. Elle est peut-être la pire des espionnes - Levi et June semblent d'ailleurs s'accorder sur ce point - mais elle est une excellente tête de mule... Alors le temps continue de s'écouler. Les gens vaquent à leurs occupations et elle, elle continue de s'isoler et à envoyer un appel de détresse silencieux à ses congénères. Mais ces derniers, visiblement, préfèrent boire un thé chaud en compagnie de la Boss que de choper un rhum à ses côtés... Bande de fayots !

La gamine s'entête et pour être exacte, elle croit réellement être en mesure de remporter cette partie d'échec étrange à laquelle elle est pourtant la seule à jouer. Mais lorsque le talkie de Malinda se met à grésiller et qu'une voix déformée par des échos métalliques vient annoncer l'arrivée d'une petite dizaine de rôdeurs, l'australienne se redresse immédiatement et abandonne ainsi le confort relatif du pilier qui lui tenait lieu de support. Elle brûle d'envie de se joindre à la petite troupe qui se prépare pour contrer la menace. Mais il faudrait demander la permission à June, pour cela. Ce qui implique de revenir vers elle la queue entre les jambes et, en plus, de prendre le risque de se voir rappeler une fois encore qu'elle n'est là que pour observer. La gamine soupire mais s'approche néanmoins de l'équipe d'intervention avec l'espoir de pouvoir au moins assister à la confrontation contre les morts. Souhait exaucé, du moins en partie : si elle n'est pas conviée à rejoindre la troupe, personne ne lui ordonne d'aller se cacher. Elle est donc aux premières loges pour assister au macabre spectacle.

Il lui est de plus en plus difficile de retenir son enthousiasme lorsque les premiers rôdeurs sont balayés par la maîtrise de ses aînés. Ils forment une équipe efficace, bien entraînée, parfaitement apte à affronter les dangers de l'apocalypse. Une lueur d'admiration se met à luire dans les yeux de la gamine. C'est exactement comme ça qu'elle veut devenir ! L'australienne observe le dernier rôdeur avec curiosité, essayant d'imaginer la fin que June lui réserve. Quand la Boss l'invective directement, elle saisit enfin le but de tout ceci. « Heu... Moi ? » En soit, elle n'a rien contre l'idée. Mais ce qui l'étonne, c'est que la rouquine se soit adressée à elle alors qu'elles sont sensées être en froid. Au moins un petit peu, en tout cas. « Ok ! » Elle laisse son regard vagabonder sur Sun, Donovan et les autres. Elle imagine les questions qui leur traversent l'esprit en cet instant. En sera-t-elle capable ? Va-t-elle se mettre à pleurer ? Est-ce qu'elle est digne d'appartenir à leur groupe ? La pression pèse aussitôt sur les épaules de la gamine qui dégaine lentement le couteau confié par Clayton. Elle ferme les yeux et expire lentement. « Ok... » répète-t-elle à nouveau avant de s'avancer vers le cadavre animé.

Elle essaie de faire abstraction du monde qui l'entoure, de se focaliser uniquement sur le rôdeur. Mais elle sent les regards peser sur elle et chercher la moindre faille, la moindre expression de faiblesse. Pour ne pas arranger les choses, un profond dégoût l'envahit tandis qu'elle détaille le visage putréfié de la créature. Elle tente différentes approches, essaie de mettre ses pieds hors de portée de cet adversaire qui entend d'elle faire son repas. Au final la gamine le contourne et plaque son pied sur le dos de sa proie pour tenter de l'immobiliser. Elle lève son couteau mais ne l'abat pas. Quelque part au fond de sa mémoire, une voix lui hurle que ce qu'elle s'apprête à faire n'a rien de moral. Que tuer reste un crime, peu importe si l'acte est dirigé contre un vivant ou un mort qui continue de se mouvoir. Mais le regard de June, lui, suffit à éteindre l'étincelle moribonde de ces principes révolus. La lame luit tandis qu'elle fend l'air en direction de la voûte crânienne.

L'acier ripe le long de l'os et laisse un profond sillon dans la joue de la créature. Le dégoût s'accentue. Elle frappe à nouveau. Cette fois, l'arme s'enfonce partiellement dans la tête et... y reste bloquée. Zelda tente de la dégager mais glisse et tombe en arrière, dans l'eau. Elle frissonne mais l'ordre des priorités ne lui échappe pas et elle se rue à nouveau sur le corps. Couchée sur lui, les deux mains jointes autours de la poignée du couteau, elle s'acharne à faire pénétrer la lame plus profondément dans le crâne de son adversaire. Il n'y a plus vraiment de notion de bien ou de mal, désormais. Il n'y a qu'une lutte acharnée entre la vie et la mort. Les forces de la gamine ne tardent pas avant de décliner. « MAIS TU VAS CREVER ?! » crie-t-elle, animée par la bestialité de l'instant. L'une de ses mains glisse jusqu'à ce caillou. Elle l'attire dans sa paume du bout des doigts et s'en sert aussitôt comme d'un marteau improvisé. Elle frappe. Une fois. Deux fois. Trois fois. Le quatrième coup provoque un sinistre craquement et marque le trépas du rôdeur. à bout de souffle, la gamine roule sur le côté puis se redresse péniblement avant de s'approcher de June.

Elle ne sait pas si elle doit sourire ou rester neutre. Est-ce qu'elle a seulement le droit d'afficher une forme de satisfaction ? Oui, elle a tué un mort. Mais il était déjà affaibli et il lui aura fallu un temps interminable. Tuer, ce n'est pas si facile. Et ce n'est pas agréable non plus... « Vous comprenez, maint'nant ? » demande-t-elle avec une étrange indifférence. Elle n'arrive pas à organiser convenablement ses pensées. L'adrénaline continue de se répandre dans son corps et des tremblements nerveux viennent ébranler sa posture. L'adolescente est plongée dans un maelstrom d'impressions étranges. Elle découvre des sentiments dont elle ne soupçonnait même pas l'existence. Le regard hagard qu'elle a de la difficulté à garder ancré sur June prouve qu'elle n'est pas réellement consciente de l'instant présent. « J'suis plus... J'vaux plus que... » balbutie-t-elle. Un réflexe impossible à refréner lui intime l'ordre de se pencher un avant. Un flot de bile vient éclabousser les bottes de la Boss. Zelda, étonnement, parvient à s'en inquiéter. Mais elle se sent bien frêle en cet instant. Le visage blême, elle est incapable d'esquisser le moindre geste et garde ses mains posées sur ses genoux. Est-ce cela, le prix que toute personne doit payer pour se départir de son innocence ?


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June D. Phelbs
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MessageSujet: Re: Way out of childhood   Way out of childhood - Page 3 EmptyMar 4 Fév 2020 - 21:11
Bras croisés, l’avocate regarda faire l’adolescente. Déjà, ça commençait bien : elle avait eu la présence d’esprit de compenser sa courte allonge par la sournoiserie en prenant le mort dans le dos. Malheureusement, le reste de la pratique se dégrada. La rouquine fit un geste à Melinda et Sun, prêtes à intervenir, pour leur signaler de laisser la gamine se débrouiller. Il fallait qu’elle apprenne, il fallait qu’elle s’imprègne. On lui avait probablement répété maintes fois lors de ses formations que les rôdeurs n’étaient pas à prendre à la légère, qu’il fallait un temps pour s’habituer à leur odeur, à leur contact et au fait de les tuer. Rien ne valait l’application pourtant.

Loin de vouloir envoyer Zelda à une morsure certaine, la quarantenaire avait dégainé son arme à feu en voyant l’affrontement s’éterniser. Il y avait probablement quelque chose de malsain dans cette scène : un groupe d’une poignée d’adultes qui observaient une enfant se débattre avec un vorace. Et enfin, la petite trouva la réussite en enfonçant définitivement sa lame à coup de pierre. L’acte était terminé. June rangea son 9 mm et attendit que sa protégée s’approche en croisant de nouveau les bras. Ses prunelles glaciales dardées sur l’adolescente, elle choisit de la laisser mijoter encore quelques secondes.

Elle aurait pu s’y attendre, mais la réaction somatique du dégoût de Zelda la fit sursauter. L’avocate ne put empêcher ses botes d’être souillées par le contenu de l’estomac de la petite maligne. Sa seule consolation, c’était que si son corps réagissait ainsi, c’était qu’elle était sous le choc ; alors la leçon ferait son effet.

- C’est bon, je m’occupe d’elle, intervint Hector, non sans un regard désapprobateur sur sa cheffe.
- Séchez-là, j’arrive, commanda-t-elle succinctement.

June regarda la gamine s’éloigner avec le père de famille puis reporta son attention sur les charognes étalées sous l’averse et l’état de ses chaussures. Non sans un soupir, elle prit le temps d’aider les autres survivants à tirer les corps jusqu’à là fosse où ils balançaient toutes les carcasses qui venaient mourir sur leur péage, puis se trouva une tenue de rechange dans les vêtements qu’elles avaient ramené. Un simple jean et un pull à grosse maille dont elle dut rebrousser les manches. Obligée de défaire son chignon, elle avait laissé ses cheveux vaguement séchés tomber sur ses épaules. Pas de rangers de rechange, malheureusement, mais la pluie les avait rincées de toute façon.

La rouquine trouva Zelda dans le hall, les yeux dans le vague, dans ce qui devait autrefois être la salle pour la prise des petits-déjeuners. Sans doute était-elle encore sous le choc de ce qu’elle avait fait. La quarantenaire s’assit à ses côtés et posa son couteau sur la table. Une manière d’attirer son attention et de marquer le coup : elle faisait désormais partie des tueurs de rôdeurs, elle ne devait jamais se séparer de sa lame.

- C’était la première fois que tu en tuais un ? Demanda-t-elle doucement, comment tu te sens ?


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MessageSujet: Re: Way out of childhood   Way out of childhood - Page 3 EmptyMer 5 Fév 2020 - 22:26
Le regard plongé dans le vague, les pensées ancrées dans le vide, l'adolescente se contente simplement d'exister en cet instant. Elle ne sait pas vraiment où elle se situe ou cet instant ni même si tout ce qui vient de se produire est le fruit de son imagination ou de la réalité. Son âme refuse encore d'accepter les faits et ces derniers semblent alors bien subjectifs. La main rassurante d'Hector qui lui frotte le dos ou la couverture qui réchauffe son corps ne lui apportent que peu de réconfort. Ce n'est pas qu'elle ne veut pas parler mais plutôt qu'elle ne sait pas quoi dire. Elle flotte, là, dans le présent. Le futur et le passé, eux, n'existent plus vraiment. Les propos de l'homme qui veille sur elle depuis de longues minutes se veulent apaisants mais ils restent de simples échos auxquels l'australienne n'arrive pas à accorder de l'attention. Elle consacre tous ses efforts à la destruction de ce maelstrom de sentiments qui l'assaille et l'empêche de retrouver le calme auquel elle aspire tant.

Quand June la rejoint, elle contemple ses mains meurtries et le sang sombre qui les macule. Ce n'est pas le sien. C'est celui de sa victime. Non, de cette chose qui ne mérite plus d'être qualifiée ainsi. Le bruit de l'arme que la Boss dépose sur la table attire son attention et elle se redresse avant de contempler son héroïne. Leur petite brouille semble tellement insignifiante, désormais. L'adolescente hoche doucement la tête pour confirmer à la rouquine que c'était bien le premier rôdeur qu'elle tuait. Elle pourrait avoir honte de cette vérité mais son ego est, du moins pour l'instant, réduit au silence. Quant à savoir comment elle se sent... « Comme une criminelle... » avoue-t-elle avec une pointe de regret. Elle marque une courte pause puis relève son regard pour capter celui de sa mentor : « Et comme une survivante, aussi ! » Un sourire s'esquisse timidement au coin de ses lèvres. En fait, elle se sent surtout différente. Elle serait pourtant bien incapable de poser des mots sur cette impression étrange et bien trop volubile pour être expliquée. C'est le genre de choses que l'on vit mais que l'on ne peut pas transmettre à ses congénères. Mais a-t-elle besoin de le faire ? June est déjà passé par là, elle...

La jeune espionne se saisit de sa tasse et en prélève une gorgée de thé. Elle savoure la chaleur qui se propage le long de son œsophage et renoue un peu plus avec la réalité de l'instant présent. « J'ai... » Elle s'interrompt et semble prendre conscience de quelque chose. L'adolescente se tourne à moitié pour décocher un regard équivoque à Hector. Elle l'aime bien, cet homme. Mais une seule personne possède le droit de connaître l'intimité de ses pensées. Il comprend le message et s'éloigne, probablement encouragé par une confirmation de la rouquine. Zelda attend quelques instants et reprend la parole : « Tu sais, j'ai souvent pensé à ce que je pourrais ressentir en tuant un rôdeur ou même une personne. J'étais pratiquement certaine d'avoir anticipé tous les sentiments, toutes les impressions qui pourraient venir m'assaillir. Je me croyais prête. Mais il y a une chose que je n'avais pas anticipée... » Elle déglutit et reprend une gorgée de thé.« Que je puisse prendre du plaisir ! » Ce fut fugace, caché par la peur et le désir de vivre. Mais elle a bien éprouvé une forme de satisfaction malsaine. Quelque chose de bestial. Quelque chose qui lui fait peur.

Elle hoche tristement la tête et l'abaisse. Un soupir quitte ses lèvres. Elle n'a pas envie de laisser le dramatisme s'imposer dans l'instant présent. Elle croit qu'elle a déjà trop gratifié June d'états d'âmes sans importance. En réalité, elle ne souhaite pas particulièrement s'attarder sur le sujet non plus. Elle s'est contentée d'énoncer un fait. Parce qu'elle ne veut plus avoir de secret pour la rouquine. Jamais. L'australienne tente à nouveau de maîtriser les tremblements nerveux de ses mains et se redresse finalement contre le dossier de sa chaise. « Pour être honnête j'essaie de me convaincre que je dois t'en vouloir ! » Pour l'avoir délestée d'une part d'innocence. Pour l'avoir incitée à plonger sa lame dans le crâne d'un homme qui fut autrefois un être humain. Pour de multiples raisons morales. La Zelda qui s'est levée ce matin aurait plongée à pieds joints dans ce piège. Le bien et le mal sont des notions qui n'ont plus vraiment de sens, désormais, à ses yeux. Et les chaînes de la moralité étaient sans doute bien trop lourdes à porter. « Mais au fond de moi, j'ai surtout envie de te remercier ! » Un autre sourire, tout aussi fugace que le premier, vient éclairer le visage sale de la jeune espionne. « J'espérais que tu me permettrais d'embellir ma vision du monde mais tu as fait mieux que ça : tu m'as permis de le voir tel qu'il est ! ou, en tout cas, avec un peu plus de clarté... » Moche. Cruel. Sans pitié. Levi parlait de sacrifices. Elle comprend maintenant ce qu'il entendait par là.

Beaucoup de choses commencent à prendre du sens maintenant qu'elle s'avance vers l'âge adulte et qu'elle se détourne de la candeur de l'enfance. Elle ne peut pas nier l'importance que des gens comme June, Clayton ou Levi ont eu pour amorcer ce processus. Le chemin qu'elle doit emprunter lui semble plus clair mais il lui faut maintenant l'arpenter. Il lui faudra du temps pour arriver à destination. Mais au moins, maintenant, elle n'avance plus vraiment à l'aveuglette. « Tu croyis que c'est possible, toi, d'aimer une personne et de la détester en même temps ? » s'enquit-elle avec une légèreté accentuée. Elle s'autorise un autre sourire. Oui, c'est bien à la rouquine qu'elle fait allusion. Elle ne s'en cache pas vraiment et ne lui reproche d'ailleurs pas davantage cet étrange état de fait. « De l'aimer si fort qu'on en vient à vouloir faire du mal à toute personne qui arrive à capter son attention ? Comme la femme qui partage sa vie ou celle qui lui sert de bras droit, par exemple ? » Elle n'évoque pas Valentine ou Madisson par leurs prénoms mais le parallèle est on ne peut plus clair.  « Et en même temps, de la détester avec une telle intensité qu'on finit par se rendre compte que sa perte, au final, ne laisserait rien d'autre qu'un immense vide dans sa propre existence ? » Certaines vérités ne sont probablement pas bonnes à dire. Cela signifie-t-il pour autant qu'il faille les cacher ?


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MessageSujet: Re: Way out of childhood   Way out of childhood - Page 3 EmptyJeu 6 Fév 2020 - 21:36
- Je comprends, souffla-t-elle.

La sensation d’équilibre entre la meurtrière et la survivante. C’était probablement ce qu’avait ressenti l’avocate elle aussi la première fois. Elle avait passé une partie de sa vie à démanteler des réseaux criminels, la justice était dans son ADN. Alors quand on lui avait dit qu’il fallait qu’elle soit capable de trépaner d’autres humains, fussent-ils agressifs et putréfiés, ça lui avait demandé de recalibrer entièrement ses convictions. Puis le sénateur Chambers avait fait comprendre qu’ils devraient aussi tuer d’autres vivants… et elle avait adopté ce schéma de penser. Encore cinq ans auparavant, la rouquine aurait sûrement fait tout ce qui était en son pouvoir pour neutraliser un état indépendant qui cherchait à écraser toutes les entités qui l’entouraient. Aujourd’hui, elle était la souveraine de cet empire en devenir. Les temps changeaient, elle s’était adaptée. Pour survivre.

Son regard se posa sur l’adolescente qui disait avoir ressenti une sorte de plaisir mais elle ne dit rien. June décryptait parfaitement l’atmosphère et elle ne se prêtait pas à une leçon de morale. Les confidences de Zelda étaient étonnement directes, vraies, franches. Probablement cette authenticité propre aux enfants, lorsqu’ils étaient confrontés à de douloureux dilemme intérieur. Un sourire sans réelle joie s’esquissa sur les lèvres de la quarantenaire mais ses sourcils se froncèrent sur la fin des paroles de la gamine. L’aimer et la détester en même temps ? Difficile d’évaluer à quel point ses aveux relevaient d’un risque et à quel point il ne s’agissait que des envolées lyriques d’une enfant.

- Je pense que cette sensation te passera quand tu auras choisi, répondit-elle doucement, avec une profondeur inhabituelle, les entredeux ne sont pas fait pour durer.

La rouquine sentait que le moment ne se prêtait pas à une autre leçon de morale. Elle ne serait pas entendue, elle dissiperait cette étrange sensation qu’une intime communication s’était tissée entre toutes les deux. Pour June, c’était les meilleurs moments pour modeler l’adolescente, car c’était là qu’elle était la plus réceptive. Mais c’était aussi les moments les plus délicats à manœuvrer.

- J’ai… j’ai ressenti quelque chose d’assez semblable pour mon mari, confia-t-elle à son tour ; les traits du visage qu’elle tourna à demi vers sa jeune interlocutrice étaient détendus, naturels, loin de son masque impénétrable de leader, je n’aurais probablement pas si bien réussi sans lui, il me soutenait, il me poussait vers le haut, il était intelligent, j’ai sans doute aimé ça chez lui, il lui fallait bien un point positif pour l’épouser, mais en même temps, il m’agaçait ; je le méprisais presque, pour être tombé dans le panneau et autre aussi aveugle que les autres à mon sujet, pour m’avoir demandé de fonder une famille, pour sa gentillesse naïve qui en devenait irritante, June expira un soupir en revisitant ces souvenirs, j’ai arrêté d’être tiraillée quand j’ai compris que ce n’était pas lui le problème, c’était moi.

Et ce constat pourrait sans doute s’appliquer à Zelda car si elle était partagée entre l’amour et la haine à son égard, c’était probablement car elle avait des attentes ou des fantasmes que l’avocate ne saurait combler. Et la frustration dut à cette déception l’asphyxiait. Aussi car l’adolescente était à mi-chemin entre l’enfance, qui demandait à ignorer les monstres, et l’adulte qui voulait cesser de se cacher sous sa chouette. Au final, la rouquine n’avait qu’une chose à lui dire :

- Tu n’es pas obligée de m’aimer, elle n’exigerait jamais l’affection de quelqu’un.


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MessageSujet: Re: Way out of childhood   Way out of childhood - Page 3 EmptyLun 10 Fév 2020 - 21:48
Les paroles de son aînée viennent l'aider à ordonner ses pensées ou à comprendre ses sentiments. Une esquisse de grimace vient désordonner le visage harmonieux de l'adolescente quand elle se rend compte que ses aveux ne sont pas parvenus à ébranler la rouquine. Elle ferme les yeux. Elle envie plus que jamais cette femme qui ne se laisse pas atteindre par les événements et qui les assimile avec une efficacité que le commun des mortels est obligé de lui envier. Et pourtant Zelda espérait des cris. Peut-être même des coups. Quelque chose qui lui prouverait que derrière la mécanique complexe de l'ancienne avocate se cache toujours un être humain, une personne qui subit, tout comme ses semblables, les affres de l'existence. Cette femme ne peut pas être une machine qui se contente de comprendre avec indifférence, qui établi des probabilités desquelles découlent des choix logiques mais tellement déshumanisés. Car cela voudrait dire qu'elle est hors de portée de son affection ou de sa tendresse. Pourtant le constat devient de plus en plus évident. Et avec lui, vient la certitude qu'elle ne sera jamais rien d'autre qu'un outil pour June. Elle ne peut pas accepter cette conclusion ! Jamais !

Cette désagréable réflexion est pourtant balayée avec violence dès l'instant où l'adolescente se force à relever les yeux pour croiser le regard de la Boss. Elle ne reconnaît pas ce visage qui, à présent, est libéré de son habituel masque d'impartialité. Zelda observe son aînée comme si elle la découvrait pour la première fois. C'est la première fois qu'elle la voit dans cet état. Oh, bien sûr, son aînée reste drapée dans sa retenue. Mais ce mari qu'elle aimait et détestait à la fois a réussi à l'atteindre bien plus que l'adolescente le supposait. En réalité, elle avait toujours considéré l'homme qui avait partagé la vie de June comme un simple outil qui lui a permis de tutoyer les sommets de sa carrière. Un choix logique. Un passage obligé. Elle se rend maintenant compte qu'elle s'est lourdement trompée. L'australienne a envie de rencontrer cet homme qui a réussi à toucher la rouquine pour peu qu'il soit encore vivant. Peut-être qu'il lui confierait son secret ?

Finalement la gamine se relève vivement quand son interlocutrice lui annonce avec cette indifférence retrouvée qu'elle n'est pas obligée de l'aimer. Elle ne peut pas accepter cette conclusion.  « Arrête de faire comme si tu n'en avais rien à faire ! » s'exclame-t-elle. Elle refuse de croire que son affection est une chose dont June peut si aisément se passer. L'adolescente éprouve encore et toujours ce besoin de se sentir aimée par la rouquine. Elle n'a pas le droit de lui demander une telle chose. L'ancienne avocate ne lui a d'ailleurs jamais fait miroiter quoi que ce soit à ce sujet. Mais Zelda veut plus. Ou, plutôt, elle ne peut plus se contenter de cette indifférence crasse. Toutefois elle se résout à laisser de côté ces considérations qui, elle le sait, ne conviennent pas aux attentes de la rouquine. Elle reprend donc place avant de hocher la tête à regret en signe d'impuissance. « N'dis pas d'bêtises ! Bien sûr que j'suis obligée de t'aimer... » Ce n'est pas comme si elle avait l'once d'un choix. L'alternative est de toute façon inacceptable. Elle n'est pas obligée de l'aimer ? Cela signifie-t-elle qu'elle sera alors forcée de la haïr ? C'est pour cette raison que la Boss n'a rien relevé sur ce point ?

L' adolescente se passe une main sur le visage. Cette journée chargée en émotion lui a sapé la plupart de ses forces. Elle n'a guère envie de se lancer dans de profondes réflexions mais simplement de se laisser voguer au rythme des heures qui s'écoulent. Elle fait également de son mieux pour ne pas succomber aux émotions qui, présentement, tente de l'entraîner sur la voie de la frustration. June avait raison : les sentiments sont les plus mauvais conseillers qui soient. « J'en ai ma claque des émotions... » avoue-t-elle. « Non, vraiment, j'en ai marre ! » Mais elle, elle ne sait toujours pas comment s'en débarrasser. « J't'en voudrai un autre jour ! » s'amuse-t-elle, partagée entre la fatigue et une certaine forme de résignation. L'adolescente se relève et tend sa main à la rouquine. « J'vais aller m'débarbouiller puis j'irai dormir ! À moins qu't'aies encore besoin d'moi pour achever un rôdeur ou quelque chose comme ça ? » Elle suppose qu'elle a bien mérité un peu de repos mais elle imagine aussi fort bien que de nombreuses tâches l'attendent encore. Tout ce qu'elle espère, c'est qu'elles puissent être remises à demain. « Valentine m'en voudra pas trop si j'dors avec toi c'soir, j'suppose ? » Cet endroit lui est inconnu et malgré le détachement qu'elle tente à son tour d'afficher, l'australienne serait tout de même plus rassurée en présence de la rouquine. « Ah, en fait ! Hector désapprouvait presque ouvertement ta décision d'me faire tuer le rôdeur, tout à l'heure ! » Il lui a apporté un réconfort certain, cet homme. Elle lui en est reconnaissante. Mais ce n'est pas une raison suffisante pour tolérer ce qu'elle perçoit comme un manque de loyauté. Zelda hausse les épaules : June fera ce qu'elle souhaite de cette information.


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June D. Phelbs
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MessageSujet: Re: Way out of childhood   Way out of childhood - Page 3 EmptyMar 11 Fév 2020 - 12:06
Ses yeux s’arrondirent devant l’exclamation soudaine de Zelda. En avait-elle réellement rien à faire ? La rouquine ne se sentait d’expliquer la nuance à sa jeune apprentie maintenant. Il n’était pas question de quémander ou non son affection, mais si l’objectif de leur relation était de faire en sorte que l’adolescente devienne une femme mature et armée pour toutes les sombres années à venir, alors qu’importe qu’elle la déteste. Elle pourrait même en vouloir mortellement à l’avocate si à la fin du processus, le résultat était celui escompté. Et plus tard, quand Zelda aura sut s’élever au-dessus des autres pour avoir ce qu’elle voulait… elle la remerciera.

- Elles ne disparaîtront jamais, c’est pour ça qu’il faut savoir les contenir, souffla-t-elle à propos des émotions.

C’était d’ailleurs ce qui différenciait les pragmatiques des sociopathes. Ça n’est plus vraiment la question. Sa comparse désirait aller dormir et June n’entendait pas l’en empêcher. Elle avait probablement mérité ce repos, même si elle n’oubliait pas qu’elle avait passé une bonne partie de la journée à faire sa mauvaise tête. Il y avait un long chemin à parcourir encore en termes de discipline mais peu à peu, la rouquine sentait que les apprentissages étaient intégrés.

- Je ne vois même pas pourquoi ça lui viendrait à l’esprit, rétorqua la rouquine, insensible à la plaisanterie.

Probablement parce que recevoir des blagues à sous-entendus sexuelle de la part d’une mineure était au mieux, assez malaisant et au pire, complètement effarant. Toutefois, en lui répliquant qu’elle devrait dormir seule dans une chambre inconnue et en dehors de la communauté la ferait sans doute franchir la limite tenue entre sévérité et cruauté. Heureusement qu’elles rentraient le lendemain et qu’il n’y avait qu’une Zelda à sa charge parce que materner ne faisait réellement pas partie de ses talents cachés.

- Ce n’est pas important, dit-elle enfin à propos d’Hector, ce qui compte, c’est ce que tu as appris.

Sur ces mots, June se leva, redevenue aussi droite et impénétrable que d’ordinaire, mais elle prit la main tendue de la jeune fille. Un instant, elle posa ses yeux perçants sur ce geste de proximité qu’elle n’avait pas l’habitude d’accorder. Qu’elle ne s’y habitue pas.

- Viens, je te montre où on va rester.


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