The Walking Dead RPG

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- They hate small talks. -
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Ludwig Gulbrandsen
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MessageSujet: Re: They hate small talks.    They hate small talks.  - Page 2 EmptyMar 7 Jan 2020 - 12:21
- Je vois tout à fait.

Il hocha la tête et sourit de nouveau. Étrangement, en compagnie de Joey, il n'avait pas l'impression de devoir être timide. Il ne se sentait pour autant pas supérieur à lui. Égaux était sûrement le meilleur terme. Il avait devant lui un pair, pas quelqu'un qui l'impressionnait par l'arrogance, l'assurance ou le mystère qu'il dégageait. Même si le jeune homme avait indubitablement du mystère. Il y avait quelque chose de si authentique chez lui … Oui, Ludwig avait véritablement la sensation de se trouver face à lui-même, dix ans plus tôt.

- J'aime bien cette manière de voir les choses.

Fut un temps où il faisait de même, mais pour dessiner à la place de photographier. Ou écrire. Avant l'épidémie, le passe-temps du libraire, outre la lecture, était l'écriture. D'après feu Lena, il aurait pu être un scénariste de talent, voir même un super réalisateur, s'il avait osé.

Ludwig eut un petit sourire compréhensif, un air un peu plus triste sur le visage, lorsque Joey avoua qu'il aurait aimé pouvoir photographier certains visages pour en garder le souvenir. Il garda un silence respectueux, pas certains d'avoir les mots pour éponger sa peine. Pour ça, tout le monde était dans le même panier, et il n'avait malheureusement aucune solution. Les gens mouraient, et leurs souvenirs avec eux.

Le jeune homme avait fini par tirer de son sac son carnet de croquis, que le norvégien feuilleta avec concentration et admiration. Il retrouvait, dans les chimères illustrées, ses propres angoisses et cauchemars, et se rendait compte qu'il avait sans aucun doute bien plus de points communs avec Joey que ce qu'il pensait. Et le fait de se sentir si connecté à quelqu'un, sans en parler, ça lui faisait chaud au cœur. Pour la première fois en trente-sept ans, il avait l'impression d'être compris, pour de vrai. Pas juste d'être cet homme sensible et doux que tout le monde apprécie pour sa réflexion et l'estime qu'il pouvait avoir pour la race humaine. Joey était comme lui.

Une brusque montée d'émotion le fit papillonner des paupières, stupidement. Il garda le visage baissé vers les dessins le temps de faire passer les larmes. Heureusement, Joey répondit à sa question, autrement que par un simple 'ça va'. Ludwig, quand il releva la tête, avait pu repeindre un air plus neutre sur son visage. Il dévisagea Joey comme il le faisait toujours lorsqu'il ne fuyait pas les regards.

- As-tu essayé le sport ? Skyler serait sans doute ravi de t'entraîner. Et quand ton corps est épuisé, c'est plus simple de … dormir. Fut une période où je ne pouvais pas passer une nuit sans paralysie du sommeil. Il m'a beaucoup aidé, même si ça ne change pas tout.

L'ancien photographe se confia de nouveau. Effectivement, Ludwig ne savait pas de qui il parlait. Mais il se doutait bien qu'il devait s'agir de proches.
Il choisit, cependant, de ne pas le laisser parler sans réagir. Inclinant légèrement son visage, il saisit le sujet et rebondit dessus :

- Qui sont ces gens que tu cherches ? Tu ne me l'as jamais dis. Et …

Il s'éclaircit la voix et passa sa langue sur ses lèvres, se préparant à lancer cette question qui n'était sans doute pas facile à entendre – et pas facile à dire non plus -.

- Ca fait … ça fait combien de temps que tu ne les as pas vu ?


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MessageSujet: Re: They hate small talks.    They hate small talks.  - Page 2 EmptyMar 7 Jan 2020 - 13:25
They hate small talks.
Une soirée d'hiver, des plaids et des carnets de dessin peuvent suffirent à délirer les langues.


Ce qui rapprochait certainement ces deux hommes, c'était leur ressemblance. Pas physique, mais morale, émotionnelle. Joey ne connaissait pas la vie de Ludwig, il avait un millier de questions qui se bousculaient dans son esprit, mais il n'était pas du genre à bombarder les gens avec un tas d'interrogation qui pourrait laisser penser à une sorte de voyeurisme. Joey savait simplement que Ludwig avait été libraire, qu'il dessinait et qu'il fréquentait Olivia. C'était tout. Pas assez, au goût de la curiosité du photographe qui alluma une étincelle dans son regard.

Mais Joey fut coupé dans son élan. Ludwig rebondissait sur des conseils de bonne forme, pas simplement pour partager son expérience, sans fond, comme le feraient certains, mais pour expliquer qu'il était possible d'atténuer les symptômes du survivant. Joey hocha la tête docilement, il prenait tous les conseils, pourvu que ses insomnies et ses cauchemars fassent une pause. Il haussa ensuite les épaules, il verrait : "L'exercice, c'est pas ce qui manque avec tout ce qu'il y a à faire ici. J'arrive pas à faire quelque chose me... Qui me confronte à moi." Sa phrase était bancale et floue mais transmettait bien toute cette confusion qui émanait de son esprit. Joey était dans, il en était persuadé, la pire phase de son existence.

En tout cas, Joey se sentait ici même et en cet instant dans un climat de confiance. Ludwig avait une aura particulière, il ne savait pas comment l'expliquer, qui le rendait beaucoup plus détendu. Il avait l'impression qu'avec Ludwig, il avait retrouvé quelque chose qu'il avait perdu mais il ne savait pas quoi. Ce dernier lui demanda alors qui étaient "ces gens" dont il parlait depuis le début. C'était quelque chose qui allait sûrement revenir à la surface, Joey s'en doutait. Il ne voulait pas mentir à Ludwig, mais il avait peur de raconter tout ce qui s'était passé.

Il avait peur de paraître indigne de confiance et de décevoir cette personne qu'il pouvait dire être son ami. Seulement, l'ambiance de ce moment, le regard de Ludwig posé sur lui... Joey sentait qu'il était dans un espace sécurisant, où rien ne pourrait arriver. Ludwig prenait le temps qu'il fallait pour poser les choses correctement : le photographe sentait qu'il prenait des gants, pour ne pas le brusquer. Joey ne pouvait en être reconnaissant. Seulement, cela le culpabilisait davantage : il ne pouvait pas mentir à cet homme qui l'avait sauvé, à cet homme avec qui il avait développé une affinité naturelle. Joey frotta ses mains sur ses genoux, qu'il avait ramené devant lui. Il voile s'était levé devant son regard. Il voyait flou : mentionner tout cela, ce qu'il gardait enfermé depuis tant de mois à l'intérieur de sa poitrine, faisaient obligatoirement monter les larmes dans ses yeux.

"Je..." Essaya-t-il d'articuler. Une tension s'était installée : pas entre les deux hommes mais parce qu'ils entraient tous les deux dans une zone difficile. Une zone qu'ils allaient bien finir par aborder un jour. Mais Joey ne savait pas s'exprimer, ne savait pas expliquer à quel point il souffrait, à quel point ils les aimaient, à quel point il était désolé. Ramenant un bras sur ses genoux pour plaquer sa main contre sa bouche, Joey n'arrivait plus à lever les yeux vers Ludwig. Il renifla maladroitement en essayant d'empêcher ses larmes de monter et de quitter le navire, mais cette tâche lui prenait toute son attention. "C'est trop dur..." Arriva-t-il à articuler difficilement avant laisser échapper un soubresaut incontrôlé, réprimant un sanglot. Que pouvait-il faire ? Répondre simplement aux questions de Ludwig ? Il pouvait commencer par là.

Joey souffla un instant et se racla la gorge, essayant de ne pas trop faire de bruit pour ne pas déranger les autres couches. Ils étaient dans une ambiance cosy, l'un en face de l'autre. Joey croisa les jambes en tailleur et se passa les mains sur le visage pour tenter de reprendre ses esprits. "Quand tu m'as trouvé... J'étais dans le secteur depuis bien... Quatre ou cinq mois. Je sais plus exactement... C'était..." Sa voix déraillait à la fin de sa phrase. Il faisait un effort considérable pour rester calme. Joey tenta de lever les yeux vers Ludwig et reconnu en lui un visage familier, comme s'ils se connaissaient depuis longtemps, très longtemps. Comme s'ils étaient connectés. "Il y a eu une attaque... Et j'étais même pas là." Il commença par la fin, mais à peine avait-il dit ces mots que les larmes commençèrent à perler sur son visage. Il les chassa avec agacement en tentant de rester concentrer sur son récit. "Je veux dire... C'est pas ma faute mais... Si j'avais fait les choses correctement. Oh mon Dieu..." Joey n'arrivait pas à retenir le flot de larmes plus longtemps. Il pencha la tête pour pleurer silencieusement, les deux mains plaquées sur son visage. Cela faisait si longtemps qu'il avait retenu tout cela en lui que la voix posée de Ludwig et ce sentiment de sécurité avaient fini par avoir raison de son silence.

"J'ai pas pu le faire tu vois... J'ai pas pu." Dit-il d'une voix enraillée, sans relever la tête, pleurant le plus discrètement possible. Il prit un certain temps pour se remettre et essayer de parler de manière plus claire. "Ma mère... Elle. Elle m'a demandé de faire en sorte qu'elle ne devienne pas comme eux... Et... J'ai pas pu. Tu comprends. Je pouvais pas. J'y arrivais pas." Premier cran de desserré. Joey avait relevé la tête mais n'osait pas regarder Ludwig dans les yeux. Il passa sa manche sur son visage pour essuyer ses larmes, ce qui était inutile puisqu'elles coulaient à flot. "Quand je suis revenue. Le campement était plein rôdeurs. Je sais pas d'où ils ont débarqué en si grand nombre... Et ils étaient tous introuvables !" C'était encore assez flou, mais c'était bien la première fois qu'il parlait de lui, de ce qu'il était avant, des membres de sa famille qu'il avait perdu. Il avait essayé de regarder Ludwig de nouveau mais passa bientôt une main sur son visage, une nouvelle fois, allant jusqu'à ses cheveux qu'il frictionnait d'un geste nerveux.

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MessageSujet: Re: They hate small talks.    They hate small talks.  - Page 2 EmptyJeu 23 Jan 2020 - 12:33
Joey allait mal. Au quotidien, il faisait comme si, il souriait, prêtait main forte dès qu'il le pouvait, se mettait de côté pour les autres … bref, il s'oubliait pour oublier ce qu'il y avait dans sa tête. Il suffisait de l'observer un peu pour s'en rendre compte, et Ludwig le voyait d'autant plus qu'il était exactement pareil. Le genre de personne à se dire que s'il ne pensait pas aux problèmes, les problèmes finiraient sans doute par disparaître. C'était faux, totalement faux, et ça faisait d'autant plus mal quand ils décidaient de revenir à la charge. Généralement dans les moments de faiblesses, de solitude. La nuit, souvent.

Le libraire sentit immédiatement qu'il avait touché le point sensible en mentionnant sa famille. Une expression de compassion peignit ses traits tandis que Joey cherchait ses mots. Il n'aimait pas voir les gens souffrir, encore plus quand il avait l'impression que c'était lui qui avait appuyé sur le bouton. Mais … pour le coup, il espérait que cela puisse être utile. Peut-être un mal pour un bien. Le jeune homme devait tout garder pour lui depuis un moment.
Il déglutit, comme frappé de plein fouet par sa souffrance.

- Je sais … Prends ton temps … si tu le souhaites …

Les larmes arrivèrent. Ludwig demeura ainsi à l'observer avec pudeur et compassion alors qu'il osait finalement se confier. Il parla de cette attaque, de sa culpabilité, cachant son visage entre ses mains. Ainsi, il paraissait bien plus jeune, bien plus fragile que ce qu'il était, et cette vision tordait le cœur du norvégien qui se redressa pour s'asseoir du côté de son ami. Son bras se passa par-dessus ses épaules. Il lui frictionna doucement le bras, à moitié attiré à lui, l'enveloppant de sa chaleur et de sa bienveillance.

- Je comprends … je comprends …

Pour un peu, lui aussi aurait pu se mettre à pleurer. Joey parlait de sa mère, de son incapacité à l'achever pour ne pas qu'elle revienne. Il s'agissait-là d'une souffrance à laquelle Ludwig n'avait pas de solution. Il cherchait encore pour lui.

Que lui dire ? 'Tout va bien' ? Cette phrase toute faite donnait envie au libraire de lever les yeux au ciel. Non, tout n'allait pas bien.
Il déglutit, redressa les yeux, croisa ceux de Clint qui traversait le dortoir. Il ne posa aucune question et sortit sans un mot. Ce n'était pas comme s'il était surpris de voir quelqu'un allait mal.

- Je suis désolé, souffla-t-il.

Et il l'était vraiment. Il était désolé d'être impuissant. Il était désolé de contempler malheur et souffrance sans rien pouvoir faire.
Il patienta un peu, le temps, peut-être de sentir la crise de larme s'amoindrir un peu, avant d'oser ouvrir la bouche.

- Tu n'as vu … personne ? Aucun … aucun corps ? Il n'y avait pas ta famille là-bas ?

Il ne voulait pas lui donner de faux espoirs, mais au fond de lui, dans sa nature optimiste, sa logique était que tant qu'il ne trouvait pas de corps, il y avait un espoir. Et si tel était le cas pour Joey … il fallait se rattacher à ça. Même si ce n'était que pour lui donner un but. Parce que c'était cela qui les faisait encore tenir tous debout.

- Je suppose que tu les as cherché tout ce temps ...


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Joey A. Adams
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MessageSujet: Re: They hate small talks.    They hate small talks.  - Page 2 EmptyJeu 23 Jan 2020 - 20:06
They hate small talks.
Une soirée d'hiver, des plaids et des carnets de dessin peuvent suffirent à délirer les langues.


Le respect qu'avait Ludwig fasse au désarroi de Joey toucha ce dernier, qui se sentait pleinement en confiance. La confiance était quelque chose que Joey avait partiellement. Il faisait pleinement confiance à son groupe de l'Université et petit à petit au fil des semaines, il avait appris à faire confiance à quelques personnes du Fort. Ludwig avait été le premier parce que le jour de leur rencontre, son innocent "Montre-moi ta blessure" avait été comme une main tendue vers lui, alors désespérément seul et dans une mauvaise situation. Il s'était dévoilé à lui lors de leur première rencontre comme une proie, un animal blessé par la nature capricieuse, incapable de bouger, comme pris dans le piège d'un chasseur. En cet instant, dans ce dortoir, il se montrait à lui comme son égal. Il pleurait en laissant transparaître toute l'humanité qui émanait d'eux, les survivants, qui faisaient leur possible chaque jour pour conserver ce quelque chose qui faisait d'eux des animaux sociaux exceptionnels.

Quand Ludwig vint pour s'asseoir à côté du jeune photographe, Joey eut un sursaut au contact de son bras. Il l'enlaçait comme un ami, comme un frère, quelqu'un à qui on peut se confier sans honte. Joey n'avait pas peur du jugement parce qu'intérieurement, il savait que quelque chose – il ignorait exactement quoi – reliait les deux hommes. Ludwig de s'encombrait pas de paroles toutes faites, et lorsqu'il parlait, ça avait l'air d'être avec le cœur. En tout cas, c'est comme ça que Joey percevait les choses sur l'instant, dans une situation qui le dépeignait en un personnage grotesque, suintant de larmes qui ne voulaient pas s'arrêter de couler.

Petit à petit, il se calma, se laissant aller à la friction que son ami exerçait sur son bras. Il souffla un gros coup et murmura pour lui-même. "Enfin... Ffff... Ça va aller." Enfin, c'était bien le terme. Depuis fin août 2019, date de son arrivée au Fort, Joey avait gardé cela pour lui. Il n'avait raconté à personne d'où il venait, réellement. Il n'avait pas dit qu'il voyageait avec sa mère et sa soeur. Il parlait parfois d'elles, comme si elles n'étaient plus avec lui depuis le début de l'épidémie, comme un lointain souvenir. Mais depuis des mois, il était en grande souffrance, à essayer de voir la réalité en face. Il n'avait pas pu faire le deuil de sa mère, concentré sur ses recherches, en espérant retrouver sa soeur et ses amis du groupe de l'Université.

En pensant à cela, Ludwig, comme lisant dans ses pensées, lui demanda du concret : encore quelque chose que Joey appréciait chez lui. Avait-il vu des corps ? Avait-il cherché pendant tout ce temps ? Des questions qui pouvaient délier la langue de Joey plus facilement, car l'affect était soulagé par des interrogations qui avaient du sens. Joey déglutit difficilement mais parvint à relever la tête en regardant son ami libraire. Il secoua la tête de gauche à droite : les larmes commençaient à s'amenuir. "En revenant là-bas... C'était... Cauchemardesque. J'ai vu des corps, mais ils avaient l'air abîmé. Des... Des rôdeurs sûrement. Il n'y avait personne. La camionnette de mes amis avaient disparu." Joey sentait la chaleur l'envahir, comme celle qu'il avait ressentit lorsqu'il était sur place, avant de recevoir l'équivalent d'une pierre glacée dans l'estomac, lorsque la panique l'avait pris. "Il y avait ma petite soeur. Izzie. Elle a dix-huit ans. Elle... Je sais pas où elle est. J'ai ratissé la région, j'ai été dans tous les coins stratégiques que je connaissais."

Désormais, Joey parlait avec une voix déterminée, il regardait Ludwig droit dans les yeux, une lueur de détermination et de frustration dans le regard. Il serra le poing et tendit ses mains devant lui en observant ses mains crispées par la colère. "Je suis un bon randonneur. Je suis bon pour me repérer et survivre en pleine nature. Je t'assure. Izzie sait comment se débrouiller, elle est maline, mais j'ai vraiment cherché par-tout... Je..." Joey lâcha un profond soupire et se passa les mains sur le visage pour chasser le sillon qu'avaient laissé ses larmes et pour se remettre de tout cela. Il avait enfin fini par raconter ce qu'il s'était passé à quelqu'un et pas à n'importe qui. "Si tu ne m'avais pas trouvé à l'aurée du bois... Je crois que je serais mort d'épuisement. C'était horrible. Je me levais, je partais à leur recherche, j'y pensais en mangeant, en dormant, en me faufilant pour éviter les rôdeurs. Tout le temps. Même quand j'ai atterrit sur cette branche, je me suis dit "merde, j'vais crever ici, comment je vais les retrouver"... Je... Je sais pas combien de temps j'aurais pu tenir..." Joey observa le visage compatissant de Ludwig. Il avait envie de lui sourire mais il était encore trop profondément affecté. Cependant, il transpirait de reconnaissance à son égard. "Merci encore d'ailleurs..."


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MessageSujet: Re: They hate small talks.    They hate small talks.  - Page 2 EmptyMar 28 Jan 2020 - 10:17
Il eut un sourire triste au 'ça va aller' à peine convaincu du garçon, mais ne releva pas. Il écouta, simplement, sans jugement, mais peinant pour se détacher des émotions que cela suscitaient en lui. Comme toujours, son hypersensibilité lui permettait de tout ressentir comme s'il vivait la scène. Il en avait l'estomac noué et la gorge serré. Ce qu'avait vécu Joey … il ne le souhaitait à personne.

Plusieurs théories étaient probables face à ce discours. Un groupe de pillards auraient-ils débarqué, volé la camionnette, embarqué le groupe ? Est-ce que ces corps abîmés qu'il décrivait étaient sa famille ? Avaient-ils pu prendre la fuite en catastrophe en voyant une horde arriver ?

Ludwig hocha la tête, regard dans le vide. Fut un temps, il aurait été incapable de faire face à ce genre de confessions. Il n'aurait jamais osé s'approcher pour cette étreinte, et aurait juste été mal à l'aise, les émotions embrouillées, sans avoir la réflexion pour appréhender cela.

- Vous n'aviez pas d'autres lieux à rejoindre en cas d'attaque ou de danger ?

Il garda le silence une seconde, inspira lentement par le nez.

- Il ne faut pas oublier qu'ils ont un véhicule, et toi non, souffla-t-il. Je me dis toujours que s'il n'y a pas de corps, c'est qu'il y a un espoir.

Distraitement, sa main valide vint toucher les feuilles du carnet de croquis posé à côté de lui. Il retira son bras des épaules de Joey pour ranger quelques dessins qui s'étaient fait la malle.

- Ma théorie, je veux dire … avec tout ce que tu me dis … Serait que ta famille a dû partir vite, qu'un danger leur est tombé dessus. Et qu'ils n'ont pas pu te chercher, ou t'attendre. Ils t'ont sûrement cherché aussi. Mais comme tu bougeais pour les chercher aussi, vous vous êtes loupé. Enfin … ce n'est qu'une théorie. Je ne sais pas. Mon but n'est pas de te rassurer ou de porter de faux espoirs. Mais … mais j'ai toujours été optimiste.

Il lui jeta un regard accompagné d'un sourire, lui tendit son carnet.

- Me remercie pas. Vraiment. On devrait tous agir comme ça. Tout serait plus simple.

Et tout ne serait pas tant parti en catastrophe si l'humain avait mis un point d'honneur à rester soudé et solidaire, il en était convaincu. Alors, malgré ces cinq ans d'apocalypse, Ludwig se battait toujours pour continuer, quitte à se prendre baffe sur baffe, quitte à souffrir et à ne plus en dormir la nuit, ou même à s'oublier pour les autres. Ainsi, il était parvenu à faire ressortir le meilleur côté de certaines personnes, d'en adoucir d'autres. Il aimait à se dire qu'il parvenait à redonner espoir, sans pour autant se penser unique. Parce qu'il n'y avait que ça qui tenait le monde : l'espoir. Et pour ce qui était de ce qu'il avait fait à God … cet homme avait fait ressortir ce qu'il ne pensait pas posséder : de la rancoeur, de la rage, de la haine. Ce coup de poignard avait été un cri, un 'mais tu vas cesser de faire du mal, oui ?!' que Ludwig n'avait pas pu retenir. Il s'en voulait. Il était le premier homme qu'il avait tué, et il n'en dormait plus la nuit.

- Nous pouvons t'aider, tu sais.

Il tapota son propre carnet.

- Si tu le souhaites. Si ce n'est pas trop dur. J'aimerais que ces prochains jours, on se pose tous les deux et que tu me fasses une description physique de tes proches. La plus précise possible. Et je m'appliquerai à les dessiner, même si ça doit prendre la journée. Ça nous permettra d'ouvrir l'oeil pendant nos sorties.


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MessageSujet: Re: They hate small talks.    They hate small talks.  - Page 2 EmptyMar 28 Jan 2020 - 20:01
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Ludwig était non seulement un ami sur lequel Joey pouvait compter mais également une oreille douée d'argumentation : comme Joey et bien qu'il soit de nature réservé, il argumentait et commentait ce que Joey pouvait lui confier. Ce dernier avait grâce à cela l'impression que son attention était sincère et désirée, qu'il ne se forçait à rien et donc qu'il était quelqu'un de confiance, quelqu'un qu'il pouvait considéré comme un ami. Ludwig avait quelque chose de touchant à proposer sa théorie concernant ce qui était arrivé au groupe de l'Université. Joey secoua lentement la tête de gauche à droite en esquissant tout de même un sourire en coin, heureux de pouvoir enfin raconter ce qu'il avait vécu, sans filtres.

"Il y avait des points stratégiques aux alentours. J'ai ratissé la zone, du moins, ce que je pouvais à pieds. Mais le temps jouait contre moi..." Dit-il, une pointe de mélancolie dans la voix qui rendait cette dernière légèrement enrouée. Joey avait cessé de sangloté, ce passage à vide avait été nécessaire, mais il sentait qu'il se calmait et qu'il était prêt à davantage en discuter. "J'ai même pensé à me concentrer sur la réparation d'un véhicule abandonné, pur partir à leurs recherches... C'était tellement surréaliste que j'accumulais les idées à la con..." Répondit Joey en haussant les épaules avec une pointe d'amertume. Non seulement il s'en voulait, mais il trouvait également idiote la façon dont il s'était retrouvé seul, sans possibilité de retrouver les autres, et en perdant le campement qu'ils avaient mis si longtemps à aménager de manière à ce qu'il soit plus ou moins confortable.

Joey observa Ludwig manipuler le carnet et les quelques feuilles volantes qu'il rassemblait de sa main valide et eut un sourire en coin. Ludwig, un optimiste discret que le photographe avait eut la chance de croiser sur sa route. C'était grâce à lui s'il avait pu survivre jusqu'à maintenant, en lui faisant intégrer The Haven. Joey comprenait vraiment, maintenant qu'il vivait en cet instant ce moment intimiste en compagnie du libraire : il s'agissait d'une personne de confiance, un ami vers qui il pouvait se retourner sans avoir peur de paraître déplacé ou d'être jugé. Joey le voyait au fonds des yeux plissés du trentenaire qui se voulait optimiste et surtout le plus attachant possible. Ce dernier lui montra son propre carnet en s'assurant pouvoir faire un portrait de ses proches. "J'avais des portraits dans un ancien cahier, mais il était au campement... Alors forcément... Ça pourrait être une bonne idée oui..." Face à cette proposition, de multiples questions se bousculaient dans la tête de Joey. Et s'il n'y arrivait pas ? Il avait pensé, imaginé des représentations de sa soeur, d'Anna et de Tim depuis ces nombreux mois. Mais le cerveau étant une machine fascinante, il était probable qu'il ne puisse pas décrire précisément son physique.

"Je... J'ai peur de pas me rappeler de certains détails... C'est comme... La voix, le regard... J'ai..." Joey secoua la tête pour lui-même et haussa les sourcils en clignant plusieurs fois des yeux, comme venant de s'apercevoir de cette réalité. Il avait pensé à sa mère : il ne se rappelait même pas de sa voix ni de son visage de manière précise. "Merde... C'est... Hah. J'avais jamais réalisé..." Murmura-t-il en levant les yeux vers Ludwig, une once de panique dans le regard. Ce genre de petites réactions faisaient que, petit à petit, le photographe se rendait compte qu'elle était bien morte. Contrairement à sa soeur ou aux autres membres du groupe, il n'y avait pas d'espoir : elle était bien morte, déambulant dans cette église abandonnée, à moins que son corps n'est réussi à s'en extirper pour érer sans but dans les rues du village dans lequel ils avaient établi leur campement. "J'ai pas réalisé c'est... Merde." Parvint-il à articuler avant de baisser la tête, moitié pris par l'émotion, moitié pensif. "Je... Ouais, bon. Ouais, je... Je veux bien un peu de ton aide si tu veux bien." En disant cela, Joey hocha doucement la tête, de haut en bas, en relevant celle-ci vers Ludwig. Pour un peu plus, il se serait cramponné à lui dans une nouvelle étreinte fraternelle, mais il n'osait pas.

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MessageSujet: Re: They hate small talks.    They hate small talks.  - Page 2 EmptyMer 5 Fév 2020 - 18:32
Survivre seul comme il avait dû le faire, c'était un pur cauchemar, surtout sans savoir si ses proches étaient vivants ou pas. Ludwig imaginait sans mal ce qu'il avait pu traverser, et comprenait ces tourments qui l'accablaient.

Il hocha la tête à son approbation concernant son idée de portrait, et laissa un fin sourire se dessiner sur ses lèvres.

- Ce sera sans doute pas évident pour toi …

Effectivement, Joey le lui expliquait : il était difficile de se souvenir. Encore plus lorsqu'il s'agissait de personne que l'on avait côtoyé de très près. À force de voir, on finissait par ne plus voir. Comme si'l n'y avait plus besoin de cela pour reconnaître. Et Joey s'en rendait douloureusement compte, si bien que Ludwig lui pressa amicalement le genoux.

- T'en fais pas … Tu feras au mieux. De toute manière, si nous rencontrons des personnes qui y ressemblent, même vaguement, on aura qu'à leur demander comment ils s'appellent, au final.

Il se voulait réconfortant, et c'était bien un exercice où il était, à la base, loin d'exceller. De nouveau, c'était depuis qu'il était avec Olivia, qu'il se sentait plus loquace, moins timide, moins bégayant aussi. Il aura suffit d'attendre trente-sept ans d'existence pour se sentir enfin lui-même. Et face à Joey, il sentait à quel point il était soulagé de pouvoir parler. Le jeune homme avait besoin d'une présence, et Ludwig s'était tant de fois senti inutile qu'il avait presque l'impression qu'il s'agissait-là d'une mission qu'il se devait d'accomplir.

- Je vais t'aider.

Il fallait qu'il l'aide. Il fallait que ça évolue de son côté. Il sentait que Joey n'arriverait pas à passer à autre chose tant que sa situation n'aura pas bougé, en bien ou en mal. Et ne pas savoir, c'était pire que tout.

- On va tous t'aider, ça marche ? On est tous là pour ça, aussi. Tu fais parti de notre famille.

Et, de nouveau, il l'attira à lui pour le serrer contre lui, cette fois-ci de ses deux bras. Il profita de cette étreinte pour fermer les yeux, désireux de s'imbiber du malheur du jeune homme pour, peut-être le soulager un peu. C'était ça, aussi, d'être hypersensible et empathique. Absorber les tourments de ses pairs. Et Ludwig avait décidé il y a longtemps que s'il pouvait les aider de cette manière, il le ferait, même si les autres ne s'en rendaient pas compte. Il avait compris que le contact aidait.


"Take my hand, take my whole life too;
For I can't help falling in love with you."


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