The Walking Dead RPG

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- Some people are lost in their fires, others are forged in them -
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June D. Phelbs
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MessageSujet: Re: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them - Page 2 EmptyLun 9 Déc 2019 - 0:35
Avoir réponse à tout était son travail, elle avait été formée pour ça. Elle darda ses yeux verts sur la jeune fille et lui emboîta le pas. Son trait d’esprit qui reprenait de surcroît sa métaphore avec le garagiste lui tira l’esquisse d’un sourire. Là, c’était une autre preuve que Zelda était vive d’esprit et qu’elle pourrait aller loin une fois formatée de la bonne façon. L’avocate n’entendait pas se faire remplacer de sitôt mais elle gardait en tête que son espérance de vie avait largement chuté. Il y avait les conflits, les potentiels manque de nutrition, la météo, la maladie… les motifs de décès étaient légions. Et si elle devait céder sa place, elle aimerait avoir sous le coude des personnes compétentes pour lui succéder. Madisson était déjà de la très bonne graine mais l’adolescente ferait office de parfait général.

- Je suppose que non, rétorqua June à la demande d’attendre sur le pas de la porte.

Il n’y avait pas besoin d’être un génie pour savoir que la jeune fille allait faire un brin de ménage express. Si c’était ça le souci, la rouquine était loin de s’en formaliser. Elle-même ne s’accordait que peu de temps pour s’occuper de sa – trop – grande maison, alors les plantes du jardin étaient mortes, la pelouse était abominablement haute et la poussière avait tendance à s’accumuler dans les pièces qu’elle n’utilisait pas. Après le retour le Zelda, la quarantenaire suivit à l’intérieur et prit place sur le canapé. Inutile de réfléchir bien longtemps pour répondre à sa proposition :

- Connaissant désormais votre piètre jugement en manière de vin, je vais me contenter d’eau.

Impossible de se tromper avec ça… normalement. June ôta son manteau, le posa à côté d’elle et redisciplina ses cheveux de feu en les rassemblant d’un côté de son visage ivoirin. Il y avait quelque chose de presque amusant à voir son hôte autant sous pression. Des pâtes ou des courgettes ? Sûr que ça n’avait rien à voir avec les plats que savait lui préparer Valentine. Elle choisit d’enfoncer le clou en lançant :

- Si seulement vous étiez aussi stressée à l’idée de bien faire quand je vous confie une tâche…, un blanc volontairement flâna un moment – exprès pour pétrifier la concernée – puis elle la rassura ne vous inquiétez pas. Faites ce que vous pouvez, la rouquine se leva pour se rapprocher de la gamine, sa silhouette épousée par un pull en côte anglaise, je suis assez peu exigeante en nourriture. Avant l’épidémie, j’avais déjà la sale habitude des snacks ou des plats rapides livrés à domicile – au grand dam de mon mari. Mais ça me permettait de ne pas avoir à décrocher de mon travail.

La française lui avait bien dit et fait comprendre que les américains avaient une culture de la table déplorable mais l’avocate devait certainement être l’un des pires spécimens. Elle peinait à se souvenirs d’une soirée en compagnie de Dawn où ils n’étaient pas séparés par un dossier qu’elle relisait ou un calepin qui recevait ses réflexions en vrac. Arrivée aux côtés de la jeune fille, elle plongea brièvement ses yeux dans les siens, puis les baissa sur ses mains – elle avait failli oublier.

- Pour revenir à votre question sur la plage, si vous voulez tout savoir, un homme m’a agressée, elle lui montra sa paume mutilée et adopta le timbre de la confidence, il s’est introduit chez moi, ici, peu après la mort du sénateur Chambers. Il voulait m’humilier, j’ai dû me défendre, c’était bien entendu un euphémisme pour dire qu’il comptait la violer – et sans doute la tuer, je l’ai poignardé avec les morceaux d’un vase qui s’était brisé dans la lutte. Il est mort, June laissa la nouvelle faire son chemin dans l’esprit de Zelda et haussa les épaules, je me suis arrangée pour me débarrasser du corps discrètement, toute cette histoire est un secret, sa voix baissa encore d’un ton, puis-je compter sur vous pour le garder ?

De si près, elle pourrait l’hypnotiser avec ses iris d’émeraude. C’était à la fois un test et une façon de raffermir sa prise sur l’adolescente. Celle-ci l’admirait et une histoire forte – ainsi qu’une preuve de confiance – contribuerait à la faire plus encore adhérer à sa cause sans broncher. Mais si elle divulguait la vérité, ce serait sa parole de gamine contre la sienne. Sans compter que les faits avaient été si bien ficelé qu’après autant de temps, personne ne penserait que la vérité ait pu être différente. L’avocate n’aura qu’à prétendre avoir voulu donner des sensations fortes à une jeune fille impressionnable ; c’était l’avantage de ne pas lui avoir donné tous les détails…



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Zelda Anderson
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MessageSujet: Re: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them - Page 2 EmptyMar 10 Déc 2019 - 10:53
Un rire encore enfantin, amusé, s'évade de sa gorge lorsque June lui indique quelle préfère opter pour l'eau. C'est plus sûr, selon elle. Il est vrai que l'adolescente n'a pas la moindre idée de ce qui sépare un bon vin d'un mauvais. Pour elle, ils ont à peu près tous le même goût. Seule la couleur change. Alors elle ne prend pas mal la remarque de son aînée, bien au contraire. Elle est même soulagée que la boss opte pour de l'eau. Elle n'aura ainsi pas à aller trifouiller dans la cave à la recherche d'une bouteille ni à se mordiller les lèvres lorsqu'elle la présentera au jugement averti de son invitée. Et puis l'eau, c'est sain ! « Vous jouez t'jours la carte d'la prudence, vous, hein ! » relève-t-elle, amusée. « R'marquez, vous avez raison ! » Elle saisit un verre, le pointe un instant devant la luminosité de la lampe pour s'assurer qu'il est aussi propre qu'il peut l'être selon les standards de l'apocalypse, puis le glisse sous le robinet pour le remplir. Elle évite au passage de préciser à la rouquine que deux semaines plus tôt, l'eau avait une étrange couleur brunâtre. Elle lui donnerait l'impression de se plaindre et cela ne ferait qu'amplifier sa méfiance. Cette fois le liquide est aussi clair qu'il est sensé l'être. Ouf ! « Vous savez c'que c'est ma technique pour savoir si un vin et bon ou pas ? » demande-t-elle, désireuse d'alimenter la conversation. Dans ce domaine, elle est incontestablement la plus douée des deux... « L'étiquette ! » Elle dépose le verre sur la table basse du salon puis laisse durer le suspens encore quelques petites secondes. « Si elle est belle, si elle donne l'impression d'être un peu vieille ou cramée, ça veut dire qu'elle est bonne ! Enfin ça, c'est c'que j'croyais avant qu'j'essaie d'vous corrompre en tout cas ! » Comme quoi... Quelle est l'expression, déjà ? « L'habit n'fait pas l'moine, comme on dit ! Faut croire qu'c''est pareil avec les bouteilles... » Elle s'autorise un petit sourire puis disparaît à nouveau dans la cuisine pour préparer le repas. Elle a hâte de pouvoir s'installer et de poursuivre en tête à tête sa conversation avec la cheffe. Après tout, quel que soit le sujet évoqué, June a la faculté de lui enseigner des choses. En sa présence, l'adolescente grandit. Elle se bonifie.

La jeune espionne sursaute quand la rouquine la rejoint dans la cuisine, juste après avoir qu'elle lui ait énuméré la liste des ingrédients dont elle dispose. pour le repas. Elle se pétrifie, autant à cause de la surprise que de la remarque de son invitée. Oui, il est vrai qu'elle n'a pas brillé en accomplissant les missions que la boss lui a confiées. Difficile de lui donner tort. Ses joues s'empourprent à nouveau. « Attendez, vous n'direz peut-être plus ça quand vous aurez goûté à mes pâtes maison ! » glisse-t-elle, espérant que la plaisanterie pourra désamorcé une conversation plus soutenue sur ses manquements en tant qu'agent secret. Ça semble fonctionner. L'ancienne avocate lui confie même qu'elle n'a jamais été une chantre de la cuisine et qu'elle préférait la malbouffe. Plus que l'information en elle-même, c'est le fait que la boss se confie sur un - tout petit pan - de son passé qui l'étonne. C'est peut-être la première fois qu'elle lui parle d'elle. Il faut croire qu'ils ont franchi un nouveau palier sur l'échelle de la complicité ? Cool ! « J'suis rarement allée au McDo', moi ! En fait, mes parents détestaient ces, je cite, grands démons de la malbouffe ! » rigole-t-elle. Son sourire s'estompe vite quand ses pensées l'entraînent à nouveau vers les souvenirs partagés avec ses géniteurs. Le regard un brin éteint, elle se détourne pour aller se laver les mains. Certaines parts de son éducation son encore bien tenaces. Et puis elle voudrait éviter de refiler un virus ou quelque chose du genre à la cheffe, si possible... « C'était peut-être pas c'qu'il y avait d'plus sain mais n'empêche que c'était bien meilleur que les épinards et tous ces machins verts ! » affirme-t-elle avec sérieux. Qui osera prétendre le contraire ? Le plus grand drame du monde d'avant, c'est que les choses qui ravissaient les papilles n'étaient souvent pas bonne pour le corps ou les dents. Mais maintenant que les rôdeurs sont apparus, l'avantage c'est qu'il n'y a plus vraiment de choix à faire. On mange ce que l'on a. Peu importe ce que c'est. Zelda l'a bien compris lorsqu'elle a découvert les affres d'un estomac affamé...

Mais le sujet n'est pas si important. Alors quand June évoque les cicatrices de ses mains, l'adolescente marque une pause dans la préparation de leur piètre repas pour accorder à son interlocutrice toute l'intention qu'elle mérite. C'est bien à cause d'une agression que sa chair porte ces stigmates. L'australienne s'en doutait un peu. Mais elle était loin d'imaginer que cette dernière avait pris place dans l'enceinte du fort. Il faut croire que les rebelles sont plus nombreux qu'elle ce qu'elle imaginait, sur cette île... Elle se rappelle alors que la mort de Ray et les châtiments infligés aux autres ne marquent probablement pas la fin des contestations. Il y aura toujours des mécontents, des gens incapables de comprendre la chance qu'ils ont d'avoir une leader comme l'ancienne avocate. « Quand vous dites que ce mec voulait vous humilier, vous voulez dire... vous savez ? » questionne-t-elle. Un doute subsiste. La rouquine parle-t-elle bien de viol ? L'espionne en herbe frissonne. Elle sait que ce genre de choses existent, malheureusement. C'est pour ça qu'on ne devait pas parler aux inconnus et encore moins les suivre dans des endroits bizarres, là où personne ne pourrait vous entendre crier en cas de problèmes. La nature humaine ne semble pas si bonne et il faut croire que les rôdeurs ont encore exacerbé ses mauvais penchants. C'est normal quand il n'y a plus de lois ou de policiers pour les faire respecter... « J'crois qu'vous avez bien fait d'le tuer ! » affirme-t-elle, hésitante. Même si elle a désormais compris que le meurtre était parfois nécessaire, elle ne parvient toujours pas à se débarrasser de cette honte qu'elle ressent à chaque fois qu'elle l'associe avec la justice. Il lui faudra un peu de temps, sûrement, pour accepter entièrement cette nouvelle règle imposée par l'apocalypse. « Et puis avec un vase, en plus ! C'est quand même assez badass ! » ajoute-t-elle sur un ton plus léger. Elle ne pensait pas que c'était possible. À part dans les films, évidemment ! « En tout cas je n'dirai rien, j'vous l'jure ! » promet-elle. « Mais pourquoi vous avez gardé l'secret ? Vous auriez pu vous servir d'tout ça pour faire un exemple, non ? » Elle ne remet pas en doute le jugement de son interlocutrice. Elle sait que si elle étouffé l'affaire, il y a une bonne raison. Mais laquelle ?

L'adolescente met de côté le sachet de pâtes et se penche sur l'eau en attendant, impatiente, que cette dernière se mette à cuir. La promesse d'un repas, aussi frugale soit-il, la fait toujours autant saliver. C'est alors qu'elle se rappelle de l'un des mots prononcés par son aînée. Comment a-t-elle pu passer à côté ? « Attendez ?! Vous étiez mariée ?! » s'exclame-t-elle. Ce qu'elle a tendance à oublier, c'est que June est un être humain. Ce n'est pas parce qu'elle semble dénuée de sentiments qu'elle n'en a pas, non ? Elle imagine un instant la rouquine plongée dans une relation. Comment était-elle avec son époux ? Un léger sourire s'installe sur ses lèvres quand elle songe que ce dernier ne devait pas en mener large quand il commettait une bourde. Toujours est-il que sa surprise n'est pas seulement due au fait que la boss ait été mariée, mais bien qu'elle l'ait été... avec un homme. « Mais vous vivez pas avec Valentine !? » Elle plisse les yeux. Est-ce que la rouquine appartient à cette  catégorie d'humains qui ont la chance d'être attiré par les deux sexes ? Tout comme Raphaël ? Pour elle, en tout cas, c'était clair : son idole aimait les femmes. Il faut croire que la palette de ses intérêts est plus vaste qu'elle ne le pensait. Se rendant bien compte que son objection candide appelle désormais quelques précisions, l'enfant se mordille les lèvres et détourne le regard. Il va vraiment falloir qu'elle apprenne à réfléchir avant de parler... « J'ai entendu dire qu'vous étiez plus qu'des colocs, elle est vous ! Y'a des gens qui disent qu'vous faites des... choses ensemble ! Genre des chose d'adultes ! » Le truc c'est qu'il existe bien des choses que deux adultes peuvent faire ensemble. Avec les deux pieds déjà profondément enfoncés dans le plat, Zelda se résout à aller droit au but ! « En gros, qu'vous baisez ! » glisse-t-elle d'une petite voix, gênée. Son malaise s'accentue quand elle se rend compte que le mot, s'il semble indiqué, échappe aux règles de la convenance. « Plutôt qu'vous faites l'amour, en vrai ! » nuance-t-elle très vite. Elle ne voit pas une grande différence entre les deux termes. Sauf que l'un d'eux évoque le plaisir et l'autre, du plaisir couplé à des sentiments. « Il est mort, votre mari ? » enchaîne-t-elle rapidement avec l'espoir de couper l'herbe sous le pied de la rouquine et de l'empêcher de lui faire une remarque sur son anglais - un peu trop - familier. Sa question est donc posée sur le ton de la conversation. Un ton fort peu adapté pour évoquer la mort d'une personne à laquelle son interlocutrice était liée... « Vous voulez bien m'en parler ? » Une drôle d'idée effleure ses pensées : et si c'était lui, l'homme qui s'est introduit chez elle ? Après tous les époux jaloux peuvent faire des choses très stupides. La jalousie, elle le sait, n'est pas bonne conseillère...


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June D. Phelbs
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MessageSujet: Re: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them - Page 2 EmptyMar 10 Déc 2019 - 22:20
- Il a essayé de me violer, oui, répondit-elle sans filtre.

June n’était pas pour la surprotection et si l’adolescente s’estimait assez vieille pour prendre des responsabilités et tirer au revolver, alors elle ne devait pas ignorer les plus sombres réalités de ce monde. Les hommes avaient toujours clamé leur supériorité sur les femmes et si le dernier siècle s’était appliqué à détruire cette abomination culturelle, il n’avait fallu qu’une crise planétaire pour que les pires instincts remontent à la surface. La vérité, c’était qu’il y avait presque 100% de chance que Zelda soit confrontée à ce genre d’agression un jour… à moins que l’avocate n’atteigne ses objectifs.

Elle observa un silence mystérieux à propos du fait qu’elle aurait tué Garth avec un vase. Tant mieux si c’était ce qu’elle avait compris car la rouquine n’était en réalité pas celle qui avait mis fin aux jours de son potentiel violeur. Elle n’aurait jamais pu lui résister sans l’intervention d’Evelyn mais cette dernière – ainsi que Donovan – étaient morts désormais et June était certaine que cette version lui sera plus utile auprès de son hôte.

- Ce n’est pas si simple, expliqua-t-elle patiemment, un chef qui assassine l’un de ses détracteurs chez lui, ce n’est jamais bien vu. Il aurait suffi que d’une personne pour croire que je l’avais assassiné parce que je pensais qu’il représentait une menace pour mon « pouvoir » et ça aurait été l’escalade.

Et le pire, une fois encore, c’était qu’elle était une femme. Elle portait avec elle les soupçons millénaires d’être une créature manipulatrice. On l’aurait accusée d’avoir séduit le pauvre homme puis de l’avoir tué pour éviter qu’il ne lui fasse résistance, comme Chambers avait eu sa dose de révolte. La rousse n’était pas du genre à crier à la misogynie – bien au contraire – mais elle connaissait bien les ravages sociétaux provoqués par toute une Histoire de patriarcat. En période de trouble, les gens croyaient n’importe quoi.

Ses yeux verts s’arrondirent ensuite depuis la curiosité outrancière de la jeune fille. Loin d’être offusquée par son vocabulaire, June mesurait surtout l’intérêt de confier des bribes de sa vie privée à une enfant. Ses paupières se plissèrent légèrement, comme si elle décortiquait Zelda au scalpel, mais elle ne lui refusa pas cet échange. Après tout, il n’y avait rien de secret dans sa vie passée – rien de plus secret que le meurtre qu’elle venait d’avouer – et si elle avait accepté l’invitation, ce n’était pas pour jouer la porte de prison.

- Valentine ne vit pas avec moi, réfuta-t-elle calmement, mais il nous arrive d’être intime, oui, elle marqua une pause en se pinçant les lèvres et s’accouda finalement au plan de travail pour dévoiler la suite, je suis homosexuelle, c’est vrai. Mais dans un pays comme le notre aux institutions conservatrices et basées sur la religion catholique, ce n’était pas quelque chose de très bien vu. Je voulais devenir avocate fédérale mais si c’était déjà très difficile pour une femme, ça l’était encore plus pour une lesbienne, la quarantenaire poussa un soupir : tout cela lui paraissait dérisoire désormais, et le paraître compte beaucoup dans ce genre de sphère. Afficher le modèle de la famille américaine parfaite est un plus non négligeable. J’étais jeune, j’étais ambitieuse, je ne voulais pas que mes goûts m’empêchent d’avoir ce que je voulais et je ne pensais pas avoir la force d’affronter tout un système qui pouvait me broyer d’un claquement de doigt. J’ai tout simplement accepté les avances d’un homme qui avait su m'aider à trouver ma place dans mes fonctions à mon premier emploi.

Un mariage de façade au final. June n’avait aucun mal à l’avouer. Si elle maîtrisait si bien les apparences, c’était sans doute parce que sa vie d’avant était une pièce de théâtre permanente. Elle mentait à tout le monde, y compris à Dawn qui ne s’était jamais aperçu de sa vérité, ni de sa seconde vie et de toutes les amantes qu’elle avait eu.

- Je ne sais pas s’il est mort. Il devait me rejoindre ici au début ; il n'a visiblement pas pu.

Il ne lui manquait pas, non. Souvent, elle oubliait même qu’il avait existé. La rouquine repensait à lui lorsqu’elle cogitait à un dilemme. Il n’était pas mauvais non plus en homme de loi et il savait la recanaliser quand elle perdait le fil de ses analyses. C’était de ses talents intellectuels dont elle se souvenait le mieux… le reste la laissait de marbre.


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MessageSujet: Re: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them - Page 2 EmptyMer 11 Déc 2019 - 15:06
C'est un profond dégoût qui surplombe ses pensées dès l'instant où June lui confie qu'elle a effectivement été victime d'une tentative de viol. Elle ne comprend pas le sexe, ses attraits et ses plaisirs. Elle ne peut qu'imaginer la volupté née de l'union de deux êtres. Mais elle sait que les relations intimes doivent être consenties. C'est ce qu'on lui a toujours dit, ce qu'elle a toujours entendu. Tout le monde semble d'accord sur cette évidence. Et pourtant il existe encore des viols. Et pourtant, il y a encore des gens qui préfèrent suivre leurs pulsions plutôt que le bon sens. Zelda ne pensait pas qu'elle serait capable d'éprouver de la compassion pour la Boss. Mais elle sait aussi que de tous les sentiments qu'elle a déjà pu expérimenter, c'est de celui-là dont l'ancienne avocate a le moins besoin. Cette femme ne se laisse pas atteindre par les coups durs. Elle les exploite à son avantage. Non, June n'est pas de celles qu'il faut plaindre. Elle compte parmi ceux qu'il faut craindre. « C'connard a eu c'qu'il méritait ! » se félicite-t-elle. Ne sont-ils pas en train de bâtir l'avenir, ici, à Fort Ward ? Les rôdeurs leur offrent une chance de reconstruire le monde et sa civilisation. Le futur doit être meilleur. Et pour lui donner une chance, une véritable chance, il faut séparer le bon grain de l'ivraie. Elle s'en rend compte un peu plus chaque jour et les moments passés avec la leader du groupe ne font que transformer ce postulat en certitude. Alors non, elle ne plaint pas la rouquine : elle plaint ceux qui auraient l'audace de vouloir lui causer du tort...

Toutefois les raisons qui l'ont poussée à garder le silence sur ce triste incident restent bien obscures. Zelda suppose qu'un exemple aurait pu dissuader les autres mâles récalcitrants et les rebelles en herbe à la prudence. Les explications qui répondent bien vite à ses doutes lui permettent de dissiper un peu plus l'ombre qui obscurcit toujours son pragmatisme naissant. Il n'y a aucun intérêt à se débarrasser ouvertement d'une personne qui commet un crime à l'abri des regards. Pour qu'une punition prenne sens, pour qu'elle puisse exploitée, il faut que les actes hostiles à l'équilibre du camp soient accomplis au grand jour. Parce que personne ne pourra nier leur existence ou le bien fondé de la sanction. Sinon, il y aura toujours des gens qui douteront de vos motivations et qui crieront au complot. « J'crois que j'comprends !  En fait, c'est comme au tribunal ? » se hasarde-t-elle avant d'expliciter plus clairement sa pensée. « Le peuple est un peu l'assistance et vous, vous êtes la juge. Si vous condamnez une personne sans une preuve absolue d'sa culpabilité, il restera toujours un doute sur l'bien-fondé de votre choix et les gens pourraient penser qu'vous êtes tyrannique. Ou quelque chose comme ça ! » L'exemple est un brin ambitieux pour une gamine qui n'est pas vraiment familière avec le monde de la justice. Mais oui, elle croit comprendre l'idée exposée par June. Elle inscrit cet instant dans un coin de sa mémoire et se promet de l'en ressortir lorsqu'un jour, elle régnera à son tour sur le groupe. Ou même plus tôt s'il s'avérait qu'un jour, elle soit également exposée à une situation similaire. « Et on n'a pas envie qu'le peuple s'mette à croire qu'vous abusez d'votre position, pas vrai ? » Cette fois, un léger sourire vient sublimer ses lèvres. Elle n'avait jamais vraiment distingué la différence entre l'être et le paraître. Zelda songe avec satisfaction qu'elle n'est plus vraiment cette gamine idéaliste qui a poussé, quelques semaines plus tôt, la porte du bureau de son interlocutrice. À son contact, elle apprend. Et grâce à ses enseignements, plutôt vite, qui plus est ! Rencontrer la leader, s'en rapprocher, était incontestablement la meilleure décision qu'elle ait prise depuis le début de l'épidémie.

Le sujet ne tarde pas à virer sur une autre forme d'intimité. June lui avoue sans le moindre filtre son homosexualité. C'est un sujet qui a un peu le don de la mettre mal à l'aise. Comme tout ce qui a attrait à la sexualité, en somme. Ce n'est pas le fait d'en parler qui la gêne, loin de là. Mais simplement l'assurance que dans une telle discussion, elle ne peut se baser que sur la théorie et non sur ses expériences personnelles. Elle n'est pas réellement légitime pour parler de ces choses-là. Elle ne l'est pas davantage non plus pour tout ce qui concerne les dures réalités du monde du travail et les impératifs liés à une société conservatrice, chapeautée par un héritage chrétien qui brandit la morale comme une arme. L'adolescente sait que ces gens-là voudraient l'empêcher de vivre sa vie comme elle l'entend. Mais elle les considérait comme des marginaux, rien de plus. Elle ignorait qu'une femme comme June auraient pu en pâtir dans le monde d'avant. Là encore, elle refuse de la juger. Car à ses yeux et grâce à ses parents, l'homosexualité n'est qu'une affaire de préférences. « Plus j'entends parler du monde d'avant et moins j'l'apprécie ! » souffle-t-elle. Elle hausse les épaules et saisit la courgette avant de la frotter consciencieusement sous un filet d'eau. « Des fois j'me d'mande s'il mérite vraiment qu'on l'regrette... » Il ne faut pas se leurrer : tout ceci la dépasse ! Et de beaucoup ! Elle ne comprend pas tous les impératifs liés à une carrière exposée aux yeux du public américain. Et, en cas de faux pas, à sa vindicte. L'australienne saisit un couteau et s'apprête à couper le légume. Elle marque une pause puis se ravise. Les yeux dans le vague, elle marque un instant de silence avant de se tourner vers son aînée : « Vous avez jamais l'impression qu'cette épidémie, c'est une sorte de s'conde chance ? » Elle n'est pas certaine que le terme soit adapté pourtant c'est celui qui lui semble le plus pertinent. « C'est comme si la nature nous offrait une opportunité d'tout r'commencer ! Un peu comme c'fameux déluge, là ! » glisse-t-elle en faisant référence à cet amusant épisode biblique. La gamine se montre plus hésitante et finit par ajouter : « Des fois j'me dis qu'la frontière entre une bénédiction et une malédiction est plus mince qu'on peut l'penser... » Ils tous beaucoup perdu. Mais c'est peut-être le prix à payer pour que l'avenir soit plus éclatant qu'auparavant ?

Quant au mari de June... Ce dernier était donc sensé rejoindre le Fort. Elle ne sait pas depuis combien de temps la rouquine hante les lieux mais vu sa position élevée au sein de l'administration américaine, elle devait compter parmi les gens jugés importants. Ceux qui méritaient de vivre. Du moins, selon les normes en vigueurs à l'époque. L'adolescente étouffe un reniflement de dédain. Aux yeux des anciens décideurs, sa vie n'avait pas la moindre importance. Elle aurait pu crever. Après tout, le monde n'avait pas besoin d'elle. Ce constat la blesse et renforce sa dévotion envers l'ancienne avocate : elle au moins, elle mise sur elle ! « Il est sûr'ment mort, alors... » lui fait-elle enfin remarquer. Elle doute que ce soit nécessaire. Mais plus que la pertinence d'une telle affirmation, c'est le ton sur lequel elle l'a prononcée qui parvient à l'étonner. Depuis quand est-elle capable d'évoquer un tel sujet sans la moindre chaleur ? Et pourquoi les regrets ne viennent pas l'assaillir ? Sa remarque, qui plus est, vient enfin faire céder une autre porte de sa conscience. « Et mes parents aussi ! » Les larmes roulent et ses lèvres vrillent. La tête basse, elle ancre ses mains au plan de travail. Elle lutte contre les images sombres qui viennent l'assaillir. Elle perçoit les visages de ses géniteurs engloutis dans une marée de rôdeurs. Elle a chaud. Elle a froid. Ses membres tremblent comme s'ils refusaient désormais son autorité.

Elle écrase finalement le dos de sa main sur ses joues pour en chasser le flot de perles aqueuses. June ne pleure pas, elle ! Jamais ! D'un mouvement rageur, la gamine tranche la courgette en deux parts. Elle plaque l'une d'elle contre la poitrine de l'ancienne avocate. Entièrement focalisée sur l'évasion de l'espoir qu'elle avait su maintenir jusque-là au sujet de ses parents, elle semble oublier complètement les préceptes de base de la cuisine. « Comme ça, c'est meilleur ! Pis vous pouvez choisir si vous v'lez la mélanger dans les pâtes ou la becqueter à part ! » explique-t-elle sur un ton étrangement calme. Elle n'a même pas vraiment conscience de ce qu'elle est en train de faire tant le contrecoup de sa prise de conscience est violent. Elle voue toutes son énergie à combattre cet ennemi intérieure, le chagrin, qui tente de l'engloutir. Elle doit tenir bon ! À quoi s'attendait-elle ? Bien sûr qu'ils sont morts ! Elle le savait ! Elle n'a pas le droit d'être triste ! C'est de sa faute, c'est elle qui a refusé de voir la vérité en face ! « Vous avez très faim ? » Sans attendre la réponse, elle verse la totalité du paquet de pâtes dans la casserole, quand bien même l'eau de cette dernière commence à peine à chauffer. Elle n'est plus aux commandes, en cet instant. Elle agit comme une automate dénuée de programmation logique. « Sûre qu'vous voulez pas d'vin ? » demande-t-elle à nouveau tout en se dirigeant déjà vers la cave. Elle pousse la porte au lieu de la tirer et corrige bien vite le tir. Elle s'enfonce dans les profondeurs de la maison. Peut-être que June n'a pas envie de lui faire confiance pour l'alcool. Mais elle, en ce moment, elle pourrait engloutir n'importe quoi pour peu que ça apaise son esprit. « J'crois qu'on a du whisky quelqu'part, aussi ! » Enfin, si Clayton n'a pas déjà fini la bouteille...


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MessageSujet: Re: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them - Page 2 EmptyJeu 12 Déc 2019 - 23:49
Zelda était étonnante. Sans rien laisser paraître, elle comprenait parfaitement ce que l’avocate lui expliquait. Qu’il s’agisse de son agresseur ou du fait que l’épidémie leur donnait une seconde chance. Fort Ward était cette seconde chance. Ils pouvaient refonder le monde en le purgeant de ses pires tares. L’Homme s’était toujours sorti grandi de toutes les grandes périodes de crise de son existence et celle-ci ne ferait pas exception.

- Vous êtes bien moins bête que vous ne le laissez entendre, lui souffla June, à la fois comme un reproche que comme un compliment.

Par la suite, la situation se dégrada. L’adolescente songea à la – très – probable mort de ses géniteurs et décrocha de la réalité. La demi-courgette qu’elle reçut en pleine poitrine fit la rouquine ouvrir des yeux ronds. Les gestes de son hôte étaient mécaniques, incontrôlées, désorganisés. Elle posa le légume sur le plan de travail et continua d’observer Zelda qui disparut dans les entrailles de la maison. Comme le venin d’une morsure de serpent, la peine devait être purgée de la plaie si on voulait espérer être de l’avant. Si la gamine craquait maintenant, ce n’était pas si mal.

En ne la voyant pas remonter tout de suite, la quarantenaire se décida tout de même à la rejoindre – manquerait plus qu’elle ait fini sous un roulement de tonneaux. Elle la trouva dans les ténèbres, peinant à trouver ce qu’elle désirait dans l’encombrement de la pièce. Il y avait effectivement de belles réserves en liqueurs ici mais ce n’était pas ce qui intéressait l’avocate dans l’immédiat.

- Je ne suis pas un monstre. Je ne vais pas vous reprocher de pleurer vos parents, assura-t-elle de sa voix sans couleur, vous êtes encore jeune.

Ce n’était pas de la compassion, c’était un constat. Zelda n’avait que 14 ou 15 ans, l’adolescence n’était pas la meilleure période pour gérer ses émotions mais c’était la meilleure pour apprendre. Mieux valait qu’elle évacue son chagrin, elle n’en sera que plus réceptive lorsque la source sera tarie. June s’approcha de quelques pas mais ne fit pas un geste qui pourrait encourager à une étreinte affectueuse. Elle la toisait toujours avec le même éclat impénétrable dans son regard d’émeraude.

- Se libérer ses illusions de l’espoir, c’est le premier pas vers la clairvoyance. C’est voir les choses telles qu’elles sont et plus telles que vous voudriez qu’elles soient, elle ne cherchait pas à la consoler mais à ancrer dans la douleur des mots qui ne la quitteront jamais, vous avez raison : notre ancien monde a été noyé et nous sommes sur l’arche. Prenez le temps de pleurer les victimes du déluge puis souvenez vous que nous avons une mission en tant que survivants : s’assurer qu’une fois les eaux décrues, nous ayons rétabli les bases des générations futures.


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MessageSujet: Re: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them - Page 2 EmptyVen 13 Déc 2019 - 12:02
L'obscurité de la cave a quelque chose de rassurant. Sa fraîcheur aussi. Les ténèbres capte les éclats de ses sanglots tandis qu'elle tente d'apprivoiser les sentiments puissants qui l'engloutissent. Il y a le chagrin, bien sûr. Ce dernier donne naissance à une douleur qui étrille son âme et son coeur sans le moindre répit, sans la plus petite once de compassion. Mais il y a aussi la colère. Une colère froide, absolue. Et entièrement dirigée contre elle-même. Elle s'en veut d'avoir espéré. Elle regrette de s'être voilée la face. Elle s'est dupée toute seule. Ces volutes de déception et de souffrance viennent l'assaillir. Elle fait de son mieux pour résister, pour défendre les remparts de sa conscience. Les flots de larmes continuent de couler sur ses joues et pourtant elle les ignore. Elle en oublie même la présence de June, là, à l'étage. Elle a envie que le temps s'écoule et emporte avec lui ce maelström de tristesse et de hargne. Oui, le temps guérit tout. Elle le sait bien, ça. Il faut lui faire confiance. Il faut attendre que les jours s'écoulent et que la douleur s'envole. Mais les secondes, en cet instant, se sont figées. Comme si elles s'étaient liguées contre la jeune australienne. Comme si elles cherchaient à lui faire payer de la plus cruelle des manières son optimisme naïf. Elle a elle-même creusé le puits dans lequel elle sombre à présent. Elle a refusé la vérité. Et cette dernière, évidemment, l'a rattrapée. Ses pensées défilent comme les souvenirs d'une personne dont l'existence s'achève. Quelque chose est véritablement en train d'agoniser dans les tréfonds de son être. Son innocence ? Sa naïveté ? Son optimisme ? Peut-être un peu tout ça à la fois ?

Elle s'adosse à l'un des supports boisés et se laisse glisser au sol. Elle considère la bouteille d'alcool qu'elle tient entre les mains. Dans les films, c'est ainsi que les personnages noient leur chagrin. Il semblerait que l'ivresse soit un remède efficace, à défaut d'être sain, pour lutter contre la réalité. Zelda considérait cette option comme une forme de lâcheté. Aujourd'hui, elle l'adoube. Elle comprend. Mais l'effort qu'il lui faudrait faire pour porter l'alcool à ses lèvres semble bien trop difficile à consentir. L'arrivée de June est presque inattendue. Un peu dérangeante. Et puis rassurante, aussi. Encore une fois, les impressions se contredisent. La voix de la rouquine résonne dans le creux de la cave et l'australienne lâche un petit soupir désabusé. Ses propos sont dénués de la moindre chaleur. Est-elle seulement capable de leur insuffler un peu de douceur ? Elle lui affirme qu'elle n'a rien d'un monstre et qu'elle ne souhaite pas l'empêcher de pleurer ceux qui lui ont donné la vie et qui ont perdu la leur. Parce qu'elle est jeune. Ces derniers mots sonnent comme une forme d'insulte. « Et alors quoi ? » crache-t-elle avec plus de véhémence qu'elle l'aurait souhaité. « J'peux être faible parce que j'suis jeune, c'est ça ? » Son jeune âge lui accorde des privilèges dont elle ne veut plus. Elle ne les a pas mérités. Et elle aurait dû s'en débarrasser bien plus tôt. Zelda décoche un regard désabusé à son aînée. Elle devrait ressentir de la honte, peut-être, en s'adressant à elle de cette manière. Et de la peur, si elle était avisée. Mais June n'est, en cet instant, qu'une congénère qui envahit son espace de tranquillité, son champ de désolation. « J'crois pas qu'la stupidité soit un droit ! » Et elle a été bien stupide sur ce coup-là, c'est évident. La gamine écrase ses larmes d'un mouvement rageur du poignet. La dernière chose dont elle ait besoin en cet instant, c'est qu'on lui trouve des excuses ou qu'on lui témoigne de la compassion.

Ce qui tombe plutôt bien puisque l'ancienne avocate fédérale n'a rien d'une psychologue ou d'une assistante sociale. Ses mots suivants sont aussi pragmatiques que l'adolescente pouvait s'y attendre. Oui, ils sont sur une arche et oui, ils incarnent le renouveau de l'humanité. C'est une évidence à laquelle il est aisé de se raccrocher mais qui ne lui procure pas un réel réconfort. Elle n'est peut-être pas à sa place, ici ? Les gens qu'elle côtoie méritent sûrement d'incarner le futur. Elle, elle n'est rien de plus qu'une gamine qui n'arrive même pas à dompter le passé. « Vous avez raison ! » reconnaît-elle. « Et en même temps, qu'est-ce que vous avez tort... » June lui fait penser à un mode d'emploi qui contient toutes les explications nécessaires pour faire fonctionner une vie. Mais un mode d'emploi ne tient pas compte des personnes qu'il est sensé instruire. Il se contente de délivrer des instructions sans se soucier de la faculté de compréhension de ses lecteurs. Il n'est qu'une chose inanimée. Un recueil théorique qui n'a que faire des sentiments ou des contradictions humaine. Zelda se redresse et reste à une distance acceptable de la rouquine. Dans le fond, elle ne fait que conserver les frontières imposées quelques secondes plus tôt par la Boss. Elle la toise, défiante. « C'est à quel moment, hein ? » Ce nouveau monde qu'elle souhaite bâtir... Est-ce qu'il sera destiné aux Hommes ou aux automates qui auront accepté de laisser leur humanité dans leur sillage. « C'est à quel moment qu'votre coeur a cessé d'battre, exact'ment ? » Les sillons humides sur ses joues s'abreuvent de nouvelles larmes. Elle sait qu'elle n'a pas le droit de poser une telle question. Elle sait aussi que June incarne la vérité et... qu'on ne peut pas blâmer la vérité. Mais elle est la seule personne dans cette cave, à part elle. Et la seule contre qui son agressivité peut se manifester. Ce n'est pas mérité. Ce n'est pas juste. Mais qu'est-ce que c'est agréable...


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June D. Phelbs
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MessageSujet: Re: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them - Page 2 EmptyDim 15 Déc 2019 - 16:56
Sous le poids de la tristesse, l’impertinence de l’adolescente prenait le pas sur la maturité de la jeune femme en devenir. Immobile, l’avocate dardait ses yeux pénétrant sur la gamine qui se permettait de laisser sortir son venin. Un pur paradoxe alors qu’elle venait de s’insurger quant à son droit à la « stupidité » que de lui faire ensuite une remarque quant à son manque de « cœur ». Une autre de ces notions toute faite colportée par les gens qui ne connaissaient rien au fardeau des vraies responsabilités. Plus glaciale que jamais, June fixait son hôtesse aveuglée par ses larmes. Elle était à mille lieux de l’attendrir ou de susciter sa compassion. Bien au contraire.

- Mon cœur me sert à irriguer mes organes et en cela, il fonctionne très bien, rétorqua-t-elle froidement, si vous faites toutefois références à une empathie inutilement exacerbée, je crains malheureusement de n’en avoir jamais vu l’intérêt. Au cas où vous l’avez oublié, ce sont exactement 258 personnes qui vivent ici. 258 bouches à nourrir, 258 individus à protéger, 258 survivants à occuper pour ne pas leur laisser l’occasion de penser à tout ce qu’ils ont perdu.

Elle fit un pas vers l’adolescente, le visage fermé, le regard noir. La rouquine l’avait toujours dit : elle n’avait pas de temps à perdre avec les gamineries et n’entendait pas prendre un rôle dans les dramas de Zelda. Ce n’était pas comme si elle était largement dispensable.

- L’Histoire n’a pas été faite par des gens qui ont du cœur mais pas ceux qui ont su prendre les bonnes décisions au bon moment. Je vous rappelle que Troie est tombée pour un conflit de « cœur ». Ça ne fait jamais bon ménage avec le rôle d’un dirigeant.

June fit volte-face et abandonna là l’adolescente en larmes. Elle atteignait le bas de l’escalier quand elle lui lança :

- Inutile de revenir me voir tant que vous n’aurez pas remis vos idées en place. J’ai bien mieux à faire que de jouer la maman. Et monter éteindre vos plaques si vous souhaitez passer la soirée à vous morfondre.

Sur ces derniers mots cinglants, elle disparut dans la cage d’escalier. Elle récupéra son manteau puis sortit de la maison de Clayton sans un regard en arrière. Son seul regret, c’était l’irrégularité de Zelda. Elle pouvait être étonnamment mature ou insupportablement puérile. Afin d’accomplir tout ce qui était à sa portée, l’adolescente allait nécessairement devoir changer.


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