The Walking Dead RPG

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- Some people are lost in their fires, others are forged in them -
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Zelda Anderson
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MessageSujet: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them EmptyLun 2 Déc 2019 - 19:16
Combien de fois s'est-elle réveillée, en sueur, dans son lit ? Combien de fois a-t-elle eu du mal à s'endormir en songeant à la révolte de Ray et de ses acolytes ? Sur le moment, les sentiments l'ont épargnée. Les remords n'étaient pas aussi mordants qu'ils le sont aujourd'hui. Oui, à présent, ils la dévorent. Elle regrette son inaction. Elle regrette de ne pas avoir fait confiance à Madisson. Elle regrette à peu près tout ce qui a mené à cette rébellion, en fait. Et, surtout, son manque de courage. Elle n'a pas trouvé la force de parler à June pour lui avouer sa part de responsabilité. Elle craint la réaction de la rouquine lorsqu'elle lui exposera la vérité. L'adolescente se pensait forte, parée à faire face aux défis du monde extérieur et à prendre une véritable place au sein de la communauté. Mais les faits lui ont prouvé le contraire et la prise de conscience est douloureuse. Bien davantage que le laissent supposer ses sourires ou ses plaisanteries. Elle porte un masque d'abnégation. Ce dernier semble capable de leurrer la plupart de ses congénères. Mais pas elle-même. Non, ce serait bien trop facile s'il suffisait d'ignorer le passé pour l'empêcher de s’agripper à ses pensées. « Merde ! » la réflexion de Dean extirpe Zelda de ses réflexions nimbées de regrets. Elle questionne son camarade du regard puis tourne les yeux dans la direction qu'il désigne au petit groupe. Elle reconnaîtrait cette tignasse rousse entre mille. La femme qui se tient sur le rivage est bien June. Son coeur s'emballe et sa gorge s'assèche. « Si on n'bouge pas, elle nous verra pas ! » renchérit Tom, le plus proche ami de Dean. L'adolescente tourne un regard sceptique dans sa direction. « Jurassic Park ! » explique-t-il, fier comme un paon. Elle hausse les épaules. S'il le dit... « On annule la mission ? » propose Dean. La mission.. C'est sûr qu'il sera plus difficile de boire une bouteille de vin avec la boss juste à côté d'eux... Zelda observe le rosé, emballé dans du journal, qui'elle tient à la main. « Qu'est-ce qu'ils font dans les films, les bandits ? Quand la police risque d'tout foutre en l'air ? » demande-t-elle à ses deux camarades, regard espiègle à l'appui. « Si tu veux tuer Phelbs, ce s'ra sans moi ! » prévient Tommy. L'adolescente lève les yeux au ciel. Les garçons... « Rhooo ! Mais non ! Ils les corrompent ! » Les deux mecs échangent un regard, sceptiques. « Heu.. J'pense pas qu'ce soit possible d'corrompre un t-rex... » Elle sourit, un peu malgré elle. C'est vrai que l'analogie est plutôt pertinente. « Laissez faire l'experte ! »

L'experte en question fait déjà moins la maline lorsqu'elle s'avance vers la rouquine. Son air assuré s'évanouit aussitôt que ses camarades ne peuvent plus distinguer son visage. Mais les dés sont jetés, maintenant. Elle ne peut plus reculer ou alors on la prendra pour une lâche. Tommy et Dean se moqueront d'elle, c'est évident. Elle en entendra parler pendant quelques longues semaines. L'avantage, c'est qu'elle resterait en vie... Zelda chasse cette perspective de ses pensées et franchit avec prudence les derniers mètres qui la séparent de la dirigeante. Elles n'ont pas vraiment parlé depuis leur retour. Elle ne sait pas si la femme qui est revenue est la même que celle qui est partie, quelques jours plus tôt, pour guerroyer. « J'ai un p'tit cadeau pour vous ! » annonce-t-elle directement en lui tendant la bouteille. « J'crois qu'c'est une bonne bouteille ! En tout cas elle était rangée en hauteur donc j'me dis qu'c'est pas un hasard... » Oui, Clayton voulait probablement la garder pour une bonne occasion. Mais avec un peu de chance, ce dernier ne remarquera pas l'absence de ladite bouteille. On a le droit de rêver, non ? « Et j'tiens à dire que j'l'ai obtenue tout à fait légalement ! » Elle insiste sur ce dernier mot tout en sachant que ce n'est pas le plus adapté à la situation. Les jeunes n'ont pas droit à leur ration d'alcool. Alors c'est plutôt difficile - et inconscient - d'arguer qu'elle l'a obtenue en respectant les règles.  « 'Fin... à peu près ! » corrige-t-elle d'elle-même, songeant qu'une faute avouée est à moitié pardonnée. Elle avait presque oublié la nature des sentiments puissants que June lui inspire. Ce mélange de peur et d'admiration. Ce désir de lui plaire et cette incapacité à la satisfaire. Les vestiges de son air confiant s'effacent totalement tandis que la gamine se tourne en direction de l'eau. « J'ai fait une connerie, June ! » souffle-t-elle. C'est étrange, cette impression de soulagement lorsque l'on avoue une faute. Les premiers chevrons sont difficiles à faire sauter mais les suivants se brisent presque naturellement pour laisser place à la vérité. « Une belle connerie, même...  » Elle creuse un sillon dans le tapis de galets du bout du pied. Sa nervosité s'exprime de bien des manières en cet instant. Elle est incapable de regarder son aînée dans les yeux ou de maîtriser les tremblements qui parcourent son être Mais elle a fait le premier pas. Et elle n'a pas envie de reculer. « C'est pour ça qu'j'essaie de vous corrompre avec une bouteille ! » avoue.-t-elle. Elle se demande un instant si son stratagème fonctionne puis se rappelle qu'elle n'a même pas exposer la nature de ses manquements à l'égard des remnants.

Elle prend une profonde inspiration puis fait céder le barrage de sa retenue. Foutue pour foutue... De toute façon, plus elle attend et plus elle risque de terminer sa vie comme compagne de cellule de Steeve... « J'savais pour Ray et les autres. Qu'ils allaient prendre les armes, j'dis ! L'matin d'la révolte, j'les ai entendus en parler et ils avaient l'air vraiment sérieux ! Mais j'ai rien dit à Madi. Parce que... Ben... » L'adolescente marque une pause, cherchant les mots qui pourraient décrire au mieux la raison de son inaction. En fait, il n'y en a qu'un qui convienne. « Parce que j'la connais pas et que comme j'la connais pas, j'peux pas lui faire super confiance ! J'ai pensé qu'elle était p-t-être dans l'camp des r'belles ou qu'elle voudrait profiter d'l'occasion pour prendre l'pouvoir. Un truc comme ça... » Elle sait bien qu'elle s'est trompée mais sur l'instant, comment deviner les intentions de Madisson avant que les choses s'enveniment ? « Pis elle fait d'belles phrases, là ! Et les gens qui font d'belles phrases, souvent, c'est des politiciens ! Et les politiciens, c'est des menteurs ! Si j'ai bien compris, en tout cas! » Bon, l'avantage, c'est qu'il n'y en a plus beaucoup. Quoi qu'il en soit, aux yeux de Zelda, l'argument est tout à fait valable.  «  J'veux dire... Hitler c'était un politicien quand même ! Et r'gardez c'qu'il a fait ! » June sera peut-être contente d'apprendre qu'elle est attentive en cours ? « Après j'dis pas qu'Madisson, c'est Hitler, hein ! » Elle hausse les épaules. Elle s'enfonce, là ! Alors il vaut peut-être mieux ne pas en dire davantage. Au final, elle a avoué sa faute et exprimé les raisons qui l'ont poussée à la commettre. Elle doute que la rouquine ait besoin d'en savoir plus. « Déjà, elle a pas d'moustache... » Un pâle sourire vient éclaircir ses traits juvéniles. Cette tentative d'humour est un brin déplacée mais elle a l'avantage d'ôter un peu de la pression qui continue de peser sur ses épaules. « J'me dis qu'j'dois être punie ? Mais p-t'être qu'on peut aussi éviter la prison à vie ? Trouver un compromis, quoi... » Zelda est réaliste. Elle a commis une faute et il faudra probablement en payer le prix. Mais en exposant elle-même la vérité à June et, en plus, en lui offrant une bouteille, il y a sûrement un moyen de régler le problème sans perdre un bras, une jambe ou la liberté...


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June D. Phelbs
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MessageSujet: Re: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them EmptyMar 3 Déc 2019 - 13:43
Debout sur le sable, le vent froid et marin déployait sa longue chevelure exceptionnellement lâchée sur ses épaules. Ses mèches de feu tournoyaient, s’entortillaient et elle ne faisait pas l’effort de les discipliner. Elle avait choisi exprès de s’éloigner du cœur de la communauté, afin de s’accorder quelques minutes de réflexions.

« Et maintenant ? » Cette question lui tournait en tête comme un disque rayé. D’ordinaire, elle détestait dormir car elle trouvait que c’était autant d’heures de perdues mais aujourd’hui, elle rêverait de pouvoir tuer cette voix à coup de somnifères. « Et maintenant ? » c’était ce que tout le monde se demandait en attendant qu’elle livre la réponse. Elle était avocate, pas générale. Elle connaissait la noirceur de l’humain, le crime organisé, même l’exploitation de personnes… mais la guerre ? C’était un tout autre domaine. C’était un conflit durable, c’était des tonnes de ressources dilapidées dans le simple but de vaincre. June ne pouvait plus faire marche arrière. Plus maintenant qu’ils avaient massacré des dizaines de ces survivants d’Eden et tout simplement parce qu’elle refusait de jouer à la tortue en priant pour que la carapace ne se brise pas. Porter les estocades, c’était peut-être la stratégie qui les sauverait en fin de compte.

La voix de Zelda la tira de sa contemplation pensive de l’horizon. Le visage neutre, elle l’écouta avouer qu’elle essayait de l’amadouer avec une bouteille de vin. La rouquine prit la dite offrande entre ses doigts pour l’examiner rapidement mais restait silencieuse. L’adolescente avait à se faire pardonner paraissait-il ? Immobile, l’avocate la fixait de ses yeux perçants.  

- Si vous vous sentez coupable, c’est une punition suffisante, trancha-t-elle finalement de son timbre abrupte, avoir une information mais ne pas savoir l’utiliser, c’est comme ne rien savoir du tout. Avec le temps, vous allez devoir apprendre à discerner les personnes qui peuvent vous aider de celles dont il faut vous méfier.

La quarantenaire disait aussi cela parce qu’elle avait entendu parler de l’altercation avec Terrance. La jeune fille aurait pu, au lieu d’aller essayer d’obtenir un lance-roquette, aller prévenir le laboratoire avec Casey – ça aurait pu éviter à Friedrich de se faire tirer dessus. Elle aurait aussi pu exposer le leader de cette fronde devant tout le monde, ça aurait pu décourager plusieurs de ses suiveurs de savoir qu’ils s’acoquinaient avec un criminel potentiel.

- Mais vous m’aviez prévenue sur Ray Robertson et je n’ai pas pris la menace suffisamment au sérieux. Vous avez accompli votre mission, je vous félicite pour ça.

C’était sincère. Zelda avait tenu son rôle, elle avait alerté sur le rebelle et avait continué à l’espionner. La rouquine ne pensait simplement pas qu’il oserait franchir le pas sans avoir une majorité claire dans la communauté. C’était sans compter sur l’absence des forces vives et sa volonté qui tenait plus de l’anarchie que de la démocratie. Peut-être aussi doutait-elle un peu du sérieux de sa source. De ce point de vue, l’incident a été réglé de la meilleure façon possible – ou presque.

- Madisson est comme vous, elle apprend. Travailler ensemble vous ferait progresser toutes les deux.

« Progresser », le mot était lâché. Si elle les utilisait d’une certaine manière, comme elle utilisait tout le monde, June voyait quelque chose de prometteur en elles. La cadette Summer pouvait être modelée en digne successeuse ou en bras droit compétent ; l’adolescente pourrait quitter le cocon de l’enfance pour devenir une femme forgée et taillée pour ce monde impitoyable. La rouquine ne voulait pas d’enfant mais n'échappait pas à l’instinct de reproduction par transmission.

- Et j’ai du mal à me situer dans votre comparaison : est-ce que vous m’associer à Hitler et c’est pour ça que vos amis ne m’approchent pas, toujours indéchiffrable, elle fit un signe de tête en direction des jeunes restés – bien – en retrait, ou est-ce que mes phrases ne sont pas assez bien pour que vous m’assimiliez à une politicienne ? Ce qu’elle n’était pas, mais ça restait déroutant pour une avocate fédéral de s’entendre dire par une mineure qu’elle n’était pas assez éloquente, oh, d’ailleurs, elle rendit la bouteille de vin à la gamine, vous vous êtes fourvoyée dans votre larcin : le vin rosé se conserve très mal passé un an. Je vous conseille de le remettre où vous l’avez trouvé et de laisser quelqu’un d’autre s’empoisonner.


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Zelda Anderson
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MessageSujet: Re: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them EmptyMar 3 Déc 2019 - 23:47
Elle avait presque oublié le poids des silences de June. C'est un véritable fardeau. Le chant des vagues qui s'écrasent contre le rivage avec cette rassurante régularité ne suffit pas à la détester de cette impression tenace de culpabilité.  Mais le fait est qu'elle préfère encore le calme que la tempête qui, inexorablement, lui succédera. Le ton abrupte de la rouquine est plus désagréable que les plus puissants éclats de voix. Ses regards perforent l'âme sans la moindre compassion. Et elle, elle n'est qu'une adolescente face à une prédatrice bien trop imposante. Les frissons se matérialisent. Elle suppose qu'elle n'aurait pas du évoquer le sujet, tout compte fait. Elle se sent un peu comme l'animal qui regrette de s'être fait prendre dans un collet. C'est facile d'avoir des regrets quand il est trop tard, non ? La sentence de June est pourtant bien différente de celle qu'elle redoutait. Encore une fois, la boss la prend à contre-pied... Oui, elle se sent coupable ! Et c'est déjà une torture en soi. Mais est-ce que les raisons qui justifient ce sentiment sont pour autant nobles ? « Je n'me sens pas coupable pour les bonnes raisons, j'crois... » avoue-t-elle. Elle suppose que June lit en elle comme dans un livre ouvert. Peut-être plus aisément encore. Zelda éprouve le besoin de se confier totalement à son aînée maintenant qu'elle a déjà fait céder les premiers pierres du barrage. « J'm'en fiche qu'Ray ou Edward soient morts. Ils ont été lâches et ils ont menacé la vie de gens auxquels je tiens. Vous savez c'que j'ai r'ssenti quand j'ai vu Edward allongé sur le sol ? » demande-t-elle tout en faisant un effort considérable pour tenter de croiser le regard de son interlocutrice.  « D'la satisfaction ! » Elle ne voit pas quel autre mot elle aurait pu utiliser pour qualifier cette impression. « Parce qu'j'savais qu'il pourrait plus faire d'mal et qu'j'aurais un voisin dangereux d'moins !  J'aurais pas voulu appuyer sur la détente mais... j'suis contente que quelqu'un l'ait fait ! » Ses yeux glissent en direction de l'eau qui lèche de temps en temps ses bottes. « Et parfois j'me dis que c'est une bonne chose que cette révolte ait éclaté. Si Ray et les autres avaient été arrêtés avant d'pouvoir vraiment faire des conneries, ils auraient pas été mis hors d'état d'nuire.  » Et pourtant, elle continue de culpabiliser, sans savoir vraiment pourquoi. Peut-être parce que, justement, elle s'en veut de penser que la révolte n'était pas forcément une si mauvaise chose ?

Elle ne sait pas si June les aurait fait exécuter ou emprisonner à vie. Mais elle a compris, maintenant, qu'il était parfois nécessaire de tuer des gens. Ce n'est pas beau. C'est n'est pas bien. Mais c'est comme ça !  « Si vous m'punissez pas c'est parce que j'ai pas fait une bêtise, en fait, c'est ça ? Et c'est pas non plus parce que vous m'avez pas écoutée quand j'vous ai dit qu'Ray était dangereux, j'me trompe ? Vous vouliez qu'ça arrive ! » Et c'est pour ça qu'elle la félicite. Zelda fait une légère grimace. Est-ce qu'elle extrapole complètement ? Perd-t-elle la tête ? S'abandonne-t-elle à des fantasmes qui n'ont pas lieu d'exister ? Elle est perdue. Mais c'est une constante dès lors qu'elle échange avec la rouquine. « Vous êtes comme ça, June ? » Est-ce que c'est le genre de choses qu'elle pourrait faire ? La jeune australienne ne sait plus que croire. Elle ne sait même plus si elle peut se faire confiance à elle-même tant elle a l'impression d'avoir changé depuis l'exécution du prisonnier par Aodhan. Sa question est donc parfaitement sincère. Nimbée de candeur. « J'crois qu'je suis en train de devnir folle... » souffle-t-elle, davantage pour elle-même que pour la boss. Ou alors elle vient peut-être de faire un autre pas en direction de l'âge adulte ? Elle ne pensait pas que les responsabilités pouvaient induire de la culpabilité. Et elle n'est pas certaine de pouvoir gérer le poids de ce nouveau sentiment. Ses épaules restent bien frêles...

Elle trouve tout de même la force de sourire quand June évoque Madisson. Oui, elle suppose qu'elle aimerait bien travailler avec la secrétaire. Elle est plus vielle et aurait donc des choses à lui apprendre. L'ennui c'est que la jeune femme ne semble pas vraiment l'apprécier. Elle lui a parlé plutôt sèchement à la bibliothèque. Pour sa défense, il est vrai qu'elle n'a pas non plus agi très intelligemment. Les torts sont peut-être partagés ? « Vous croyez qu'elle s'rait prête à faire l'effort d'm'avoir dans ses pattes ? » questionne-t-elle, curieuse. « J'l'aime bien, Madisson, moi ! Mais j'pense pas qu'ce soit très réciproque. Et puis... Si j'traîne avec elle j'vais sûrement finir par lui r'ssembler et... enfin elle... C'est pas vous, quoi ! » Ce n'est pas à cause du froid que ses joues se teinte d'une jolie couleur rosâtre mais bien à cause de la gêne qu'elle ressent immédiatement. Elle n'aime pas vraiment complimenter les gens. Elle ne sait pas pourquoi elle trouve cet exercice compliqué. Au final, il s'agit simplement de dire la vérité. Mais c'est juste que ce genre de choses ne se disent pas. Parce qu'elle dévoile un pan de sentiments qu'il n'est pas facile d'exposer. Mais elle fait encore moins la maline, Zelda, quand la rouquine lui demande si elle l'associe à Hitler - désignant au passage le reste du petit gang qui est resté à l'écart - ou si ses phrases ne sont seulement pas assez bien pour qu'elle l'associe à une politicienne.  « C'est un peu une question piège, ça ! » Même totalement ! « Mais non, j'crois pas qu'vous soyez comme Hitler ! Et pour les phrases, j'voulais juste dire que quand c'est une personne d'votre... comme vous qui les prononce, ça fait déjà plus normal ! » Les vieux ont le droit de faire des belles phrases. Les jeunes, non ! Sinon on se moque d'eux ! Elle a pu le remarquer dès ses premiers jours d'école. Il faut parler comme une chiffonnière pour se fondre dans la masse. « Et vous faites pas trop d'soucis pour mes amis ! » ajoute-t-elle en désignant à son tour d'un signe du menton le petit groupe resté à l'écart, maladroitement caché. « C'est juste qu'ils ont peur de vous ! D'ailleurs c'est assez chouette parce qu'ils doivent sûr'ment m'trouver très courageuse d'parler avec vous ! Ça leur montre qu'on est potes !  Et ça, vous pouvez m'croire, ça ouvre quelques portes ! » assure-t-elle en lui décochant un air mutin. Et puis, bien sûr, elle se rend compte qu'elle ne peut pas trop parler de cette manière à la boss. « Enfin quand j'dis qu'on est potes j'veux surtout dire qu'on a... des relations professionnelles ? » Elle lève ses deux paumes en signe d'apaisement. Non, elles ne sont pas potes. Elle, est elle simplement une groupie  - parmi tant d'autres - de la leader des Remnants. June occupe une place importante dans l'existence de Zelda mais ce n'est probablement pas réciproque. L'adolescente essaie de faire de son mieux pour s'en rappeler. Même si ça la blesse !

Quoi qu'il en soit, un autre verdict vient de tomber : la bouteille de rosé n'est plus bonne à consommer. La gamine la récupère et l'observe avec scepticisme. Le vin a pourtant une belle couleur et de jolis reflets. Mais bon... Elle hausse les épaules et la récupère. « C'est sûr'ment pour ça qu'elle était planquée en hauteur, alors ! » Clayton voulait éviter qu'elle la prenne ? Ce qui veut dire qu'il est au courant qu'elle lui emprunte des bouteilles. Mince, ça pue ! Un nouveau silence se prolonge. Zelda se perd dans ses pensées et suppose qu'il en va de même pour son aînée. Oui, elle aussi doit avoir des soucis. Et ils sont sûrement plus importants que les siens. En fait, elle doit probablement la déranger. La jeune australienne se mordille la lèvre et hésite à tourner les talons pour la laisser seule. « J'me doute bien qu'si vous aviez des soucis, vous préféreriez en parler à quelqu'un d'autre. Et aussi qu'les ados sont pas les meilleurs psychologues du monde ! Mais d'temps en temps j'donne d'bon conseils, j'crois ! » argue.-t-elle, hésitante. « On pourrait peut-être jouer au jeu du j'te confie un truc, tu m'en confies un autre et voir où ça nous mène ? » Elle pense que c'est une bonne idée. Non seulement c'est amusant mais en plus ça leur permettrait peut-être de soulager un peu leurs pensées respectives ? « Ou alors j'peux aussi vous dire qu'j'me suis un peu foirée avec Rrroza et que j'lui ai avoué que vous m'aviez envoyée l'espionner ? » elle esquisse une grimace. Elle ne sait pas si c'était la meilleure manière de mettre le sujet sur le tapis. Mais au moins, c'est fait. Et dire qu'il faudra encore qu'elle lui parle de Terrance...


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June D. Phelbs
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MessageSujet: Re: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them EmptyMer 4 Déc 2019 - 12:02
Cette enfant ne cessait donc jamais de parler. Il y avait au moins un avantage à son flot de parole, c’était que Zelda n’était pas difficile à déchiffrer. June déployait beaucoup d’efforts pour analyser les gens et ainsi savoir comment les exploiter, l’adolescente était un livre ouvert. L’avocate ne prit pas la peine de répondre à toutes ses questions, car elle n’entendait ni entrer dans le jeu du bavardage, ni lui laisser entendre que ce comportement lui plaisait. Son babillage avait présentement l’effet de la distraire de ses réflexions bloquées dans un cul-de-sac, alors elle n’y mit pas fin.

Elle conserva un mystérieux silence sur la question de « était-elle comme ça » ; du genre à laisser passer une telle révolte simplement pour se débarrasser des gêneurs. La réponse était sans doute plus complexe qu’un « oui » ou qu’un « non ». La rouquine ne pouvait décemment pas s’en prendre à Ray avant qu’il agisse, sans quoi son geste aurait été vu comme de la justice préventive – ce qui n’était jamais bien vue. Toutefois, attendre qu’il fasse le premier geste n’avait pas été sans conséquence.

- Travailler avec quelqu’un ne veut pas dire l’apprécier, rappela-t-elle à propos d’une hypothétique collaboration avec Madisson.

Quant à son compliment, l’avocate le prit pour ce qu’il était : l’admiration candide d’une enfant. De la même façon que la crainte de ses amis était juvénile. Elle ne s’en plaindrait pas outre-mesure mais ne manqua pas la jeune fille sur la petite fierté qu’elle tenait du simple fait de se retrouver à discuter :

- Si je prends la peine de vous parler et de vous confier une mission, c’est parce que je crois que vous pourriez devenir un atout important, Zelda. Si vous n’y voyez qu’un prétexte pour vous pavaner auprès de vos amis, peut-être devrais-je m’adresser à quelqu’un de plus mature.

Son ton était froid et cassant. Elle n’avait que faire de ménager ses émotions d’enfant – ce n’était pas d’une enfant dont elle avait besoin. Si June avait accepté d’accorder un brin de confiance à son interlocutrice, c’était parce qu’elle avait su prouver que sous son épaisse couche de puérilité se cachait une personnalité en pleine transformation précoce vers l’âge adulte. Elle ferait émerger le meilleur de Zelda, dusse-t-elle fracasser sa carapace d’adolescence et la plonger violemment dans le bain glacé des grandes personnes. Mais voilà qu’elle lui proposait de jouer aux confidences en avouant une autre de ses fautes.

- Asseyez-vous, dit-elle sèchement en pliant les genoux en exemple.

La rouquine s’installa dans le sable humide, jambes remontées afin de pouvoir y appuyer ses bras. Le vent automnal fit de nouveau onduler sa chevelure de feu dont elle écarta les mèches les plus indisciplinées de son visage. La quarantenaire poussa un soupir et consentit à un vrai discours de mentor – qu’à défaut de s’amuser avec elle, elle instruise quelque chose à Zelda.

- Vous allez devoir choisir : être une enfant ou être une adulte ? Une adulte ne peut pas se contenter « d’un peu foirer » son travail et n’en avoir rien à faire, c’était l’impression qu’elle donnait en balançant ça après son histoire de confidences, ça s’appelle la conscience professionnelle. Si vous devez faire quelque chose, vous le faites bien ou vous ne le faites pas ; ce que je vous demande n’a rien d’un jeu. Roza est dangereuse, elle a prémédité de me tuer au moins une fois et la garder sous contrôle est ca-pi-tal, elle avait appuyé sur ce dernier mot pour qu’il rentre bien dans le crâne dure de la gamine, peut-être un jour essaiera-t-elle encore de nous nuire et peut-être que ce jour-là, la réussite ou l’échec de son entreprise aurait dépendu de si vous aviez su rester discrète en l’approchant.

June parlait déjà au conditionnel car elle estimait que Zelda était grillée désormais. La russe jouer les rustres mais elle n’était pas complètement stupide ; elle ne ferait jamais confiance à une personne, même une adolescente, qui avait ouvertement clamé être là pour faire un rapport à l’avocate. Heureusement, elle avait d’autres as dans sa manche… comme ce que la jeune nonne pouvait raconter à William qui lui pourrait lui rapporter.

- Rien n’est anodin, même ce qui vous parait insignifiant, elle lui laissa avaler cette conclusion et reprit sur leur sujet premier, et la question n’est pas de savoir si je voulais que Ray Robertson se révolte mais d’analyser comment son action a pu être tournée à mon avantage. C’est comme dans un procès : l’important n’est pas de donner la vérité mais de donner la vérité que l’on veut que les autres croient pour l’emporter – ce n’est pas la même chose, ses prunelles impénétrables se posèrent sur la jeune fille, pour être capable de faire ça, il ne faut pas s’engager émotionnellement. La mort de quelqu’un, même d’un détracteur, ne doit pas vous attrister ou vous satisfaire. Vous devez gardez en tête votre objectif et vos ambitions ; vous demander : « quel message je veux faire passer ? », « quelles seront les conséquences de sa mort ? », « me sera-t-il plus utile en vie ? ».

Peut-être était-ce son ancien métier qui l’avait déshumanisée. Pendant des années où elle s’était spécialisée dans les actes criminels, June ne voyait plus les cadavres que comme des preuves à charge ou à décharge. Des lignes dans un dossier qu’elle pouvait faire parler comme elle le souhaitait. Tout en conversant, le bout des doigts de sa main gauche suivait machinalement le souvenir funeste gravé sur la paume de sa main droite.

- Si vous faites ça, vous contrôler la vérité et vous lui faites dire ce que vous avez envie.

Et ainsi, personne ne se demandait si Ray avait raison ou ne songeait à reprendre son mouvement. Il n’était plus qu’un fout furieux qui avait tenté d’anéantir leurs espoirs de guérison et la rouquine était cette leader magnanime qui avait condamné les coupables sévèrement mais justement, en refusant la voie de la mise à mort. Les frondeurs voulaient l’affaiblir, ils n’avaient fait que la renforcer.


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MessageSujet: Re: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them EmptyVen 6 Déc 2019 - 4:48
Elle ne trouve rien à opposer à l'argument de son aînée. Effectivement, Madisson et elle n'ont pas besoin de s'entendre pour travailler ensemble. La nature de ce travail, par contre, demeure encore incertaine. Zelda ne se voit pas passer la journée dans un bureau pour classer des dossiers. C'est peut-être utile mais c'est loin de vendre du rêve. Elle aura droit au sale travail, celui que même une assistante n'a pas envie de faire. Devenir l'esclave d'une esclave ? Non merci ! Elle préfère rester agent secret et espionner les rebelles qui menacent le groupe. Mais il est vrai qu'il lui faudra auparavant apprendre à ne pas mettre les pieds dans le plat. Toujours est-il que les collègues ne doivent pas forcément s'apprécier pour remplir leur tâche. Après tout elle a déjà fait des exposés, lorsqu'elle était plus jeune, avec des camarades qu'elle n'appréciait pas du tout ! « C'est vrai... » reconnait-elle dans un souffle. Si elle n'alimente pas le sujet, peut-être que la rouquine oubliera sa drôle d'idée ? En tout cas la suite n'annonce rien de bon. La boss pointe du doigt son manque de maturité et semble penser qu'elle prend son rôle à la légère. La gamine hausse les épaules et détourne le regard. « Non, c'est pas ça ! Pas ça du tout ! » assure-t-elle. Bien sûr qu'elle tire une certaine fierté de sa relation, qu'elle estime privilégiée, avec June. Mais elle veut véritablement se rendre utile, pas profiter de l'aura que cela lui faire gagner auprès de ses camarades. Enfin, pas seulement en tout cas. « J'veux vraiment vous aider, vous et l'reste du groupe ! C'est juste que... » Que la bonne volonté ne suffit pas ? Qu'elle n'arrive pas à trouver les clefs qui lui permettraient de faire la fierté de la rouquine ? Elle soupire. « C'est juste qu'je sais pas toujours comment faire ! » Elle est capable de suivre des instructions. Elle sait plus ou moins s'adapter en fonction des impératifs. Mais elle n'a rien d'une espionne confirmée. Elle essaie d'apprendre sur le tas mais elle reste une enfant au milieu d'enjeux qu'elle peine à comprendre. Et puis, oui, à prendre au sérieux.

La suite est du même ton. Tout d'abord, ce n'est qu'une impression. Celle d'avoir franchi une limite invisible mais bien réelle, d'avoir dépassé les bornes. Zelda pressent que les mots qu'elle a prononcés n'étaient pas ceux que June souhaitait entendre. L'adolescente s'est déjà demandée si la franchise était un atout ou une faiblesse. Les adultes semblaient l'encourager pour peu qu'elle soit accompagnée de tact et de retenue. À ses yeux, c'était un non-sens parfait. Mais avec l'âge, elle comprend simplement qu'il y a des choses qui peuvent être dites et d'autres qu'il vaut mieux garder pour soi. Et puis, surtout, qu'il existe une façon de les exposer. Elle sait déjà que les prochains mots de June seront acerbes. Le regard qu'elle lui a décoché était encore plus froid que d'ordinaire. Elle ne pensait pas qu'une telle chose était possible... Elle ne songe pas à objecter que les galets sont froids ou qu'elle préfère rester debout lorsque la rouquine lui intime l'ordre de s'asseoir. Elle l'imite docilement, arborant l'air penaud qui sied tant à ceux qui savent qu'ils sont en tort. La gamine tripote nerveusement ses doigts lorsqu'elle est gratifiée d'une morale exemplaire. Elle suppose que c'est ce que les gens que June accablait au tribunal devaient ressentir. Non, elle n'en mène pas large... Son regarde s'attarde longuement sur ses bottes quand la rouquine évoque les responsabilités, la conscience professionnelle ou son manque de maturité. Tout ceci a des relents d'ultimatum. Mais ce qui blesse Zelda, hormis le fait d'être réduite à son rôle d'enfant, c'est  bien le fait de l'avoir déçue. « J'suis désolée... » souffle-t-elle. Elle n'a pas le moindre argument qui lui permettrait de nuancer sa responsabilité. Elle a bien merdé. Et en plus, elle a été l'avouer avec un sourire à la boss. Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez elle ? « Laissez-moi une chance d'arranger les choses avec Roza ! » Non, elle refuse de croire que sa faute est irréparable. « J'vous décevrai plus ! » assure-t-elle dans la foulée. Elle ne sait pas comment, ni quand, mais elle parviendra à gagner la confiance de la russe. « Et je n'la laisserai pas vous faire du mal ! Si elle s'en prend encore à un membre du groupe, j'la tuerai ! » Ses lèvres vrillent quand elle se rend compte de ce qu'elle vient de dire. Et pourtant c'était spontané. Oui, elle pense qu'elle serait capable de tuer une femme qui a fait couler le sang de sa nouvelle famille. En fait, peut-être qu'elle aurait déjà dû le faire. Le visage d'Ela flotte un instant dans ses pensées. « J'vous jure que j'la tuerai ! » En faisant ce serment, ce sera peut-être plus facile d'appuyer sur la détente ? Elle n'a plus vraiment le choix, désormais.

June ne tarde pas avant de lui exposer son pragmatisme. Elle distingue la vérité de celle que l'on impose. Son aînée voit les choses telles qu'elles sont, sans s'embarrasser du prisme des émotions ou de la morale. Zelda relève péniblement son regard pour le poser dans celui, indéchiffrable, de son interlocutrice. Parfois, elle lui fait penser à une machine. Sans coeur, sans émotions d'aucune sorte. Entièrement dévouée à une tache qu'elle accomplit pourtant avec indifférence. L'adolescente frissonne. « On dirait qu'les gens n'sont que des outils, pour vous... » glisse-t-elle sur un ton qui allie admiration et étonnement. « Des outils qu'on peut j'ter quand ils n'sont plus utiles ! » Ce constat l'horrifie. Et la séduit. Ne plus rien ressentir, n'est-ce pas une bénédiction ? Il n'y a plus de regrets, plus de pleurs. La jeune australienne se fait hésitante. Elle tente de formuler à plusieurs reprises des mots qui lui permettraient de s'élever contre l'insensibilité de son interlocutrice. C'est sûrement ce qu'il faut faire, non ? Sortir des phrases convenues, visant à souligner les dysfonctionnements moral de l'ancienne avocate. « Apprenez-moi, June ! » Son regard se fait plus sombre, plus décidé. « Montrez-moi comment de'vnir comme vous ! J'en ai marre d'toutes ces illusions qui m'rendent faible ! » Oui, elle veut se délester de cette cape d'innocence et d'immaturité. Elle veut voir le monde comme il est, pas comme elle s'entête à croire qu'il est. Mais pour ça, elle doit lutter contre elle-même. Est-ce seulement une bataille dont elle peut sortir gagnante ? « Un jour, j'veux être capable d'prendre votre place ! » Elle devrait sûrement rougir en évoquant cette ambition. Elle a l'impression de lui avouer une forme de trahison. Est-ce qu'on peut parler de remplacer la reine quand cette dernière est encore vivante ?

Elle joint à nouveau ses mains. Sa naïveté persistante la pousse à s'enfermer dans le silence. Les remontrances ne sont jamais agréables. Même lorsqu'elles sont justifiées. Surtout lorsqu'elles sont justifiées. L'adolescente se redresse et prend un peu d'élan pour balancer la bouteille dans l'eau de la baie. Elle se retourne ensuite pour observer Dean et Tom. Elle  ne distingue pas leurs visages mais imagine aisément leur air surpris. Elle s'en moque. En cet instant, elle ne songe qu'à June. Qu'à lui plaire. Qu'à rattraper ses erreurs et à se reprendre en main. Les bêtises sont terminées. Elle ne sera plus cette enfant que la rouquine a toutes les raisons de condamner. À partir d'aujourd'hui, les choses vont changer ! L'enfant revient prendre place en face de la boss et son regarde s'attarde sur la cicatrice qu'elle porte dans le creux de la paume droite. « Vous vous êtes fait ça comment ? » Elle désigne la chair meurtrie d'un mouvement du menton, au cas où sa question semblait trop vague. Il est difficile d'étouffer sa curiosité. Mais elle suppose que ce trait de caractère n'a rien de honteux. C'est une bonne chose, même, pour une espionne. « Vous semblez tout savoir de moi mais j'me rends compte que je n'sais pratiquement rien d'vous... » déplore-t-elle. Elle éprouve le besoin de connaître cette femme pour, elle l'espère, mieux la comprendre. Alors elle a une idée. « Clayton rentrera tard ce soir et Kassidy n'est pas là ! Ça vous dirait d'v'nir manger à la maison ? » propose-t-elle, sur le ton d'une personne qui ne pense pas avoir beaucoup de chance d'obtenir une réponse positive. « J'vous assure qu'vous avez d'bonnes chances d'survivre à ma cuisine ! » Elle a sûrement connu bien pire ! Elle se risque à lui adresser un sourire animé, une fois n'est pas coutume, par cette candeur qui détonne tant avec le pragmatisme de la rouquine.


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MessageSujet: Re: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them EmptyVen 6 Déc 2019 - 13:36
- Je viens de vous dire de ne pas vous laisser guider par vos émotions, rappela-t-elle alors que la gamine assurait qu’elle serait capable de tuer Roza, si une telle chose se produit, il faudra tirer le meilleur de cet événement et ne pas en faire une simple vengeance.

D’aucun dirait qu’elle ne ressentait rien, mais c’était faux. June avait simplement toujours su dissocier ce qu’elle percevait de ce qu’elle voulait. Elle avait grandi à une époque où il était encore très difficile pour les femmes d’avoir de grandes ambitions, surtout pour elle, dont les parents menaient une vie éteinte et sans prétention. Se donner des objectifs et les atteindre, ça avait été sa manière d’appréhender la vie. L’adolescente qu’elle avait été ne pensait déjà qu’en profit et en perte. Ses amis étaient ceux qui lui étaient utiles, d’une manière ou d’une autre.

- Les gens sont des outils, reconnut-elle, mais est-ce grave ? Que se passe-t-il si un garagiste essaye de démonter un pneu avec un marteau ? Ou peindre la carrosserie avec un tournevis ? La question était bien entendu rhétorique, mon rôle ici est comme celui d’un garagiste. Je dois m’assurer que chaque outil est au bon endroit pour que la voiture – notre communauté – fonctionne. Si une pièce se met à nuire à l’intégrité du moteur, je dois le savoir et utiliser encore les bons outils pour éviter qu’il n’explose.

La métaphore ne pouvait être mieux choisie. Elle était ce cheffe d’orchestre indispensable à l’équilibre du nouveau monde ; et les survivants avaient beau se gargariser d’idéaux de liberté hérités de leur société déchue, l’autoritarisme avait quelque chose de tranquillisant. La rouquine leur enlevait des épaules le poids des décisions et des responsabilités, ils n’avaient qu’à être utiles à leur échelle pour payer leur loyer. L’Homme n’était jamais plus serein psychologiquement que sous un tel régime. Et si chaque outil faisait ce qu'il voulait, ce serait l'anarchie.

June demeura silencieuse ensuite, parce qu’elle ne sut pas vraiment comment prendre la demande de Zelda. Celle de « devenir comme elle ». Elle n’en avait pas peur, elle se demandait au contraire si la jeune fille aurait le cœur suffisamment accroché pour vivre sa formation jusqu’au bout. Déjà avant, l’avocate n’était pas réputée pour être une formatrice douce et compréhensible. Elle était stricte ; le bon travail était reconnu quand il l’était mais le mauvais travail ne lui échappait pas.

- Penses-tu que beaucoup de monde savent beaucoup de choses de moi ? Rétorqua-t-elle en ouvrant complètement sa paume pour exposer sa double cicatrice, suite à la demande de l’adolescente.

Sans doute que personne, sinon Valentine, ne pourrait prétendre avoir correctement creusé sous la surface. Il y avait des questions que seule la française lui avait posées et celle-ci était également la seule à avoir obtenu des réponses. Les yeux d’émeraude de la rouquine se posèrent sur la jeune fille, désormais debout face à elle. Il y a quelque chose de saugrenu dans le fait de l’entendre l’inviter à dîner mais elle avait finalement abouti sa réflexion. Elle avait son jugement sur Zelda.

- Ok. J’ai déjà survécu à ma propre cuisine, ça ne peut pas être pire.

Elle dut toutefois avoir pris l’adolescente au dépourvu, autant par sa réponse positive que par ce qui s’apparentait à une plaisanterie. June se montrait glacial mais elle était loin d’en vouloir personnellement à sa cadette. Elle savait que cette dernière était trop jeune pour faire une différence fondamentale, les enjeux en lisse la dépassaient de très loin. Ses missions ne comportaient alors rien de crucial pour le camp. Pas encore.

- Je vous raconterai ce qui m’est arrivé, dit-elle mystérieusement en se relevant, une fois chez vous, elle observa brièvement la bouteille de rosé qui flottait péniblement sur les reflux de la mer et ajouta : si vous voulez une vrai motivation, ne cherchez pas à devenir « comme » moi. L’Histoire n’a jamais retenu les deuxièmes, June emboîta le pas à la gamine, cherchez à devenir meilleure que moi.  


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MessageSujet: Re: Some people are lost in their fires, others are forged in them   Some people are lost in their fires, others are forged in them EmptySam 7 Déc 2019 - 9:24
L'adolescente arbore un sourire désabusé, véritable signe d'impuissance, lorsque que la rouquine lui rappelle qu'elle ne doit pas se laisser guider par ses sentiments. Comment faire alors que les émotions l'étreignent continuellement en présence de June ? Elle hoche faiblement la tête. Oui, elle sait qu'il ne faut pas céder aux appels omniprésents du naturel, qu'elle doit étouffer sa conscience et renflouer tout ce qui fait d'elle, dans le fond, une humaine. Elle a compris les paroles de son aînée. Mais les mettre en pratique lui est tout simplement impossible. Elle ne peut pas tourner le dos à ce qu'elle est d'un simple claquement de doigt. Tout ceci semble bien facile pour la boss. Elle a sûrement des années d'expérience dans le domaine de l'indifférence ou de la maîtrise de soi. Zelda, de son côté, n'est qu'une boule de pulsions imposées par l'adolescence. Sa spontanéité est l'une des composante fondamentales de sa nature d'enfant. En fait l'australienne a l'étrange sensation que, quoi qu'elle puisse dire en cet instant, elle ne fera que souligner le fait qu'elle est incapable d'appliquer la rigueur vantée par la rouquine. Finalement le mieux, lorsque tout ce que l'on peut dire ne ferait rien d'autre que vous desservir, c'est encore de garder le silence ? Quelques instants plus tard, lorsqu'elle fait remarquer à son interlocutrice que cette dernière semble considérer les gens comme des outils et que cette dernière lui explique que c'est bel et bien le cas, l'enfant entrouvre la bouche. Surprise, il lui faut un instant pour digérer l'information que vient de lui donner June. Elle assume. Non, mieux encore : elle se défend !

La petite blonde n'arrive pas à se délester de cette impression tenace de désapprobation, qu'elle ne devrait pas adhérer à une telle vision des gens. Mais si l'exemple du garagiste repose sur une froide logique, il n'en reste pas moins qu'il est pertinent. Elle lâche un soupir désabusé. « Vous avez réponse à tout, vous, hein ? » Un sourire se dessine à l'extrémité de ses lèvres. Elle l'envie. Elle aimerait aussi avoir des certitudes absolues, des repères qui jalonnent son existence et qui l'empêchent de se perdre dans les méandres de la vie. June sait où elle va. Et comment ! Zelda, elle, doute d'un simple lendemain. « J'crois qu'je comprends... » hésite-t-elle. « Quand on décortique les choses pour ne leur laisser que l'essentiel, elles deviennent bien plus simples. Bien plus claires, plutôt. Et c'est là qu'on peut prendre les meilleures décisions ! » Non, ce n'est peut-être pas une mauvaise chose de laisser de côté les sentiments. Ces derniers viennent toujours complexifier les choses. Ils vous entraînent dans des réflexions qui vous font perdre de vue l'essentiel ! « En fait, on d'vient des garagistes qui doivent seul'ment trouver l'meilleur outil pour résoudre un problème et permettre à la voiture d'reprendre la route ! » résume-t-elle, revenant à l'exemple cité par son aînée. Oui, tout ceci n'a rien de bien sorcier quand on y pense. Il suffit de laisser les sentiments de côté, donc. Facile, n'est-ce pas ? « J'vais garder ça à l'esprit ! » promet-elle. Si elle doute qu'elle puisse parvenir à écarter ses émotions de ses décisions, rien ne l'empêche d'essayer... Et puis peut-être que June était aussi comme elle à son âge, non ? L'expérience et le temps lui ont permis de devenir la dirigeante qu'elle est aujourd'hui. C'est en forgeant que l'on devient forgeron, dit-on. Peut-être que tout ceci, dans le fond, n'est qu'une histoire de patience.

Elle ingère l'information et se rend compte qu'elle a peut-être atteint son quota de discussions sérieuses, remettant en doute les fondements de ces convictions, pour aujourd'hui. Elle s'intéresse alors aux cicatrices de la boss. Cette dernière répond à sa question par une autre question. Elle aurait peut-être dû s'y attendre. Cette femme ne lui a jamais semblé du genre à se confier aux autres. Elle a donc un avis déjà tranché sur le sujet. « Non, j'pense pas qu'les gens peuvent s'vanter d'vous connaître... » reconnait-elle. L'adolescente observe avec attention les deux cicatrices et imagine la raison qui explique leur présence. « Mais c'est stratégique, j'me dis ? Vous voulez pas qu'ils vous cernent ? Comme ça, ils n'sont pas capables d'prévoir votre prochain coup ? » L'image d'un plateau d'échec flotte dans ses pensées. Son père aimait beaucoup ce jeu. Enfin, à l'entendre, c'était beaucoup plus qu'un simple divertissement... C'était un art délicat, requérant rigueur et concentration. Peut-être que la vie n'est qu'une grande partie d'échec, pour June ? Quoi qu'il en soit cette réflexion est bien vite balayée lorsque la rouquine accepte de venir manger chez elle. Zelda écarquille les yeux, surprise qu'elle accède à sa demande. « Pour de vrai ?! » La surprise est perceptible dans son ton et l'adolescente faut aussitôt de son mieux pour réprimer cette trace d'émotion. Elle croit y être parvenue lorsqu'elle reprend la parole. « Nous verrons bien qui de nous deux cuisine le plus mal, comme ça ! » Elle a l'impression d'être une automate tant sa phrase est dénuée de la moindre trace de vie. Ses joues s'empourprent. C'était évident qu'elle imitait son aînée, là, non ? La gamine a l'impression que c'est une étrangère qui s'est exprimée à sa place. La boss, de son côté, lui assure qu'elle lui expliquera l'origine de ses cicatrices et l'incite à la surpasser, non à l'imiter. L'australienne lâche un petit amusé. Elle ne voit déjà pas comment elle pourrait égaler cette femme alors... la dépasser ? Chaque chose en son temps... « Si un jour j'devais vous surpasser, j'pense qu'vous m'feriez disparaître ! M'semble pas qu'les garagistes aiment la concurrence...  » glisse-t-elle. Elle lui décoche un regard qui allie crainte et plaisanterie. Oui, elle doute que cette femme accepterait de se faire surpasser. Personne n'aime ça ! Zelda a envie de creuser le sujet et de questionner la rouquine pour s'assurer que ce serait bel et bien le cas. Mais quelque chose lui dit que la réponse soulèverait davantage de doutes que de certitudes... « On y va ? » propose-t-elle en désignant la direction à emprunter. Oubliant, évidemment, que ce n'est guère nécessaire. Ici, c'est le royaume de June. Cette dernière doit le connaître par coeur !

Il ne leur faut guère longtemps avant d'arriver sous le petit proche de la demeure qu'elle partage avec Clayton et Kassidy. Les lumières sont éteintes, signe qu'aucun des deux n'a modifié son emploi du temps. Mais alors qu'elle s'apprête à faire glisser la poignée, la gamine marque un temps d'arrêt. Elle se retourne vers son aînée et arbore un air ennuyé. « Mmh... Ca vous dérange d'attendre ici deux p'tites s'condes ? » Bien que l'intonation évoque la question, ce n'est qu'une impression. « Faut juste qu'je vérifie un truc ! » Elle fait de son mieux pour retrouver un visage inexpressif puis se glisse à l'intérieur de la maison. Ceci fait, elle s'active comme jamais et récupère les chaussettes qui traînent sur le sol. Un rapide passage dans la cuisine lui permet de récolter la vaisselle sale pour la glisser dans l'évier. Empressée, l'enfant fait simplement de son mieux pour rendre l'endroit présentable en un laps de temps raisonnable. Puis elle vient enfin ouvrir la porte à son invitée de marque, abandonnée à l'extérieur. « Si vous voulez bien vous donner la peine d'entrer... » glisse-t-elle solennellement en libérant l'accès à son modèle. Franchement, elle n'a aucune idée de la manière dont elle doit se comporter en tant qu'hôte. Elle écarte une chaussette oubliée du bout du pied, espérant que son aînée ne le remarquera pas. Puis elle lui indique le canapé et écarte rapidement les livres et autres esquisses de devoirs qui le jonchent pour lui ménager une place. « Bon ! Heu... Vous voulez un truc à boire j'me dis ? » S'il y a bien une constante avec l'être humain, c'est son besoin de s'hydrater. Reste à savoir ce que la boss préfère. « Alors l'ancien proprio avait une cave remplie de bouteilles de vin ! Sinon on a aussi de l'eau ! On a fini le thé la s'maine passée alors... ben... y'en a plus ! Donc... Vin ou eau ? » Est-ce que June boit de temps en temps de l'alcool ? En tout cas, le choix est simple. Elle laisse à June le soin de choisir puis trottine jusqu'à la cuisine pour fouiller les placards. « J'espère qu'vous aimez les pâtes, par contre ? » grimace-t-elle en se rendant compte que les possibilités se limitent à peu près à cette option. « J'peux mettre des courgettes dedans ! Ou du sel ! » Ils devront absolument aller se ravitailler demain. Là, c'est un peu la misère ! « Ou les deux, en fait ! » Soyons folles ! Zelda se rend bien compte qu'inviter la rouquine a la maison n'était pas forcément une bonne idée. Elle a l'impression d'être une soupape sous pression et, donc, sur le point d'exploser. Elle ne peut pas décevoir cette femme !


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