The Walking Dead RPG

The Walking Dead RPG

Partagez
- The Beauty and the Beast -
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
June D. Phelbs
Leader | Remnants
Administrateur
June D. Phelbs
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Variable
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 10/01/2018
Messages : 1180
Age IRL : 29
MessageSujet: Re: The Beauty and the Beast   The Beauty and the Beast - Page 2 EmptyLun 4 Fév 2019 - 23:31
June la laissa déblatérer sa diatribe jusqu’au bout. Patiemment, elle fixait la prisonnière qui enchaînait péniblement comparaisons et métaphores pour tenter d’ébranler les certitudes de l’avocate. En vain, bien évidemment. Il fallait reconnaître que la jeune femme en avait finalement plus dans la tête qu’elle ne le laissait sous-entendre à première vue, mais n’avait-elle pas dit que sa salive était précieuse ? Pour quelqu’un qui prétendait avoir soif, elle n’avait pas l’air si décidée de recevoir sa ration. La fierté était vraiment une chose stupidement inexplicable par moment.

- Joli cours d’histoire, commenta-t-elle simplement, même si le choix de l’interprétation vous fait rater l’essentiel.

La rouquine n’allait pas perdre de son précieux temps à débattre avec elle au sujet de la guerre du Vietnam. C’était tout simplement hors sujet et inintéressant ; d’autant qu’à ses yeux, les deux situations n’étaient pas comparables. Quant à comparer Fort Ward aux nazis, c’était absurde. Les allemands défendaient la suprématie d’une « race » unique, elle posait les premières pierres d’un monde idéal pour toute l’humanité. Les raids, les enlèvements et les conflits étaient les maux nécessaires à cette ambition dont le résultat serait indiscutable – et indiscuté. June posa alors un genou au sol pour se tenir à la même hauteur que son interlocutrice. La gourde – dont elle avait bien remarqué qu’elle attirait le regard de Roza – était toujours serrée entre ses doigts fins.

- Les égyptiens, les grecs, les romains… sont-ils vraiment tombés ? La question était rhétorique de son point de vue, elle n’attendit pas de réponse, les souverains sont tombés, les armées sont tombés, mais leur héritage est immortel, elle hocha légèrement la tête avant d’illustrer, on visitait encore les pyramides des milliers d’années après, on étudiait encore le monde grec à notre époque, les romains ont inventé les routes modernes et forgé l’identité de toute une partie de l’Europe…, c’était sans citer d’innombrables trésors culturels tirés de ces temps révolus, ils ont gagné, asséna la quarantenaire, et c’est ce que j’entends faire ici. Remporter toutes les petites batailles n’a aucune importance. Au final, on aura construit les bases du nouveau monde.

Bien sûr que de l’angle d’une personne comme la russe, ces affirmations pouvaient être prises pour un délire mégalomaniaque, mais l’avocate était consciente de ce qu’impliquait ce projet. Ce rêve. Les risques, les sacrifices, les obstacles. On la détesterait, on tenterait de l’attendre bien des fois, elle mourrait sans doute prématurément, mais son œuvre perdurera. Les empereurs étaient bien certains de leur succès avant de conquérir, sans quoi l’histoire les aurait oubliés.

- Pensez-y, dit-elle avant de poser la gourde au sol et de s’en aller sans se retourner.

***

Il ne pleuvait pas ce jour-là. Elle avait troqué son imperméable ciré pour un manteau simple, sobre, et aussi noir que ses cheveux tirés n’étaient flamboyants. Ce n’était cette fois pas Arizona qui montait la garde mais Michelle. June la salua brièvement avant d’ouvrir la porte qui ferait la lumière perle du jour inonder la prison de Roza. Elle n’avait toujours pas mangé depuis son arrivée, le temps devait se faire long.

- Bonjour. Vous avez réfléchi à ma proposition ? Demanda-t-elle laconiquement en guise de salutation.


Survive is about foresight
« About anticipating your opponent's moves and devising counter measures. The winner plots one step ahead of the enemy. And plays her trump card just after they play theirs. It's about making sure you surprise them. And they don't surprise you. »
Titres:
 
Revenir en haut Aller en bas  
Roza Votiakova
Motherrr Rrrrussia
Graphiste & modératrice
Roza Votiakova
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Un M16 et un pistolet 9 mm avec silencieux ainsi que deux couteaux poing américain
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 15/02/2017
Messages : 2384
Age IRL : 31
MessageSujet: Re: The Beauty and the Beast   The Beauty and the Beast - Page 2 EmptyMar 5 Fév 2019 - 11:42
Comment ça ? Bien sûr qu'ils sont tombés ! Sourcils froncés, elle suit les mouvements de la rousse avec une attention bien particulière, bien curieuse de voir où elle veut en venir. Elle n'a vraisemblablement peur de rien, la cheffe, s'approcher de la sorte d'une Roza, c'est déjà dangereux, alors une Roza pas lavé, ça devait titiller les narines. Aussi, elle s'écarte un peu pour mieux se coller au mur et s'éloigner encore un peu, question de fierté, encore là. La gourde qu'elle tient, elle ne la regarde même pas, elle préfère se focaliser les doigts en parfait état qui la retiennent. June ne brille pas pour les travaux manuel, ça lui saute aux yeux. Que pouvait-elle bien faire avant tout ça pour se retrouver propulser en cheffe ? Sa carrure générale éloigne la piste militaire, son élocution aisé, sa pseudo démonstration de puissance verbale, son attitude hautaine, une femme de la politique, peut-être ?

Ses réflexions ne vont pas plus loin, la quadragénaire brille dans son discours qui remet à plat les ambitions qu'elle porte pour son groupe. Que peut-elle répondre à ça ? Rien, absolument rien, elle marque un point l'ex avocate. Pensez-y... C'est là dessus qu'elle la quitte, mais il a tout de même une petite victoire pour l'encrée, la gourde, elle est juste sous son nez. Elle attend que la porte se referme avant de la saisir et prend sur elle pour en économiser le contenu. Des petits gorgées par ci, d'autres par là, le tout est bien espacé dans le temps et elle en vient même à coller la gourde contre le grillage dans l'espoir d'y récupérer quelques gouttes de pluie.

À peine deux heures de passées et elle s'avance vers la porte close pour taquiner un peu Arizona. "Hey.... T'connais l'blague d'la saucisse dans l'micro-onde ?" Une petite dédicace pour Connor et Riley où elle ne trouva en retour que l'écho de sa propre voix.

****

Quatre jours sans manger, l'irritabilité prend de plus en plus de place dans le cerveau de la russe dont les réserves de graisses commencent déjà à manquer pour retrouver un semblant d'équilibre. Elle a passé la nuit à refaire à son échange avec la rouquine pour y extirper tous les détails que la cheffe avait évoqué. Elle a évalué le ranch et la prison à une trentaine de personnes, un bon début, elle désirait savoir leurs armements, leurs alliés ainsi que leur niveau de vie. Elle n'avait plus qu'à broder un peu là dessus pour gagner du temps.

Un tour de clé, et la revoilà, la seule âme qui s'accorde à échanger quelques mots avec elle, un acte pas si anodin que ça, c'est le seul qui lui redonne une petite part d'humanité. "Droit au but, hein. Je t'imaginais pas du genre à sauter les préliminaires." Faux. Coincée comme elle est, finalement, c'est pas bien étonnant. Dans un gros effort, elle se hisse à nouveau contre le mur pour s'y adosser, fierté, quand tu nous tiens... "Tu es partie un peu vite hier. Tu m'as pas dit ce que tu comptais faire des survivants du ranch. Ça m'a coupé dans ma réflexion." Elle pose sa tête lourde contre le mur de bois et retrouve aussitôt son silence. Le plus ironique là dedans, c'est qu'elle ne connait pas l'emplacement du camp unifié, mais ça, elle compte bien le garder pour elle et pourquoi pas sortir une destination aléatoire, loin de Tacoma et qui lui ferait gagner un peu de temps.


JUST A ROSE, ROOTED IN THE DIRT.

Revenir en haut Aller en bas  
June D. Phelbs
Leader | Remnants
Administrateur
June D. Phelbs
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Variable
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 10/01/2018
Messages : 1180
Age IRL : 29
MessageSujet: Re: The Beauty and the Beast   The Beauty and the Beast - Page 2 EmptyMer 6 Fév 2019 - 14:48
Ça aurait été trop beau. Qu’elle coopère directement, que l’avocate n’ait plus qu’à piocher les informations qui l’intéressaient. Encore une fois, la carte qu’elle détenait en disait long sur la psychologie de Roza. Elle était obstinée, déterminée et intelligente. Un vrai chien de chasse qui ne lâchait sa proie que lorsqu’elle avait rendu le dernier soupir. Alors elle ne parlerait pas aussi facilement, elle gagnerait du temps. C’était presque dommage qu’elle s’y prenne avec aussi peu de subtilité.

- Et si je vous disais que je ne leur ferai rien, répondit-elle sans prendre le temps de s’attarder sur la pique sur les préliminaires, je suis prête à reconnaître que si les choses se sont envenimées avec eux, comme avec le lycée, c’était en partie à cause de la forme de notre proposition, elle croisa les doigts devant elle, l’air aussi détendue que si elle donnait un cours, l’urgence de la situation est réelle : les survivants doivent travailler ensemble, c’est la seule réponse viable à une catastrophe de cette ampleur, les dégâts collatéraux de l’épidémie n’étaient plus à démontrer : leur civilisation était tombée, tout simplement, notre approche pourrait être vue comme… expéditive, mais il faut connaître notre histoire pour comprendre, dans ses yeux verts, il n’y avait que le reflet de Roza, rien de déchiffrable ni de palpable, nous avons très tôt été attaqués par des personnes cherchant à nous voler, puis il a été difficile de nourrir tout le monde. Le moral a baissé, une personne s’est suicidée, et nous avons à nouveau échappé de peu à une extinction.

June ne cherchait bien évidemment pas à émouvoir son interlocutrice. Son but était plutôt de lui démontrer que l’ordre du monde avait un sens. Que de sa lorgnette, elle voyait peut-être les agissements de Fort Ward comme fondamentalement mauvais mais en vérité, ils étaient comme tous les autres : le produit des épreuves qu’ils avaient enduré. La réponse qu’ils avaient trouvé étaient la plus évidente à leurs yeux et preuve en étaient qu’ils ne faisaient pas totalement fausse route : ils avaient une longueur d’avance sur toutes les autres communautés qu’ils avaient croisés.

- Là où je veux en venir, c’est que nous savons exactement de quoi nous parlons et nous sommes véritablement la seule solution durable à ce qui s’est passé, un tressaillement de ses lèvres esquissa vaguement un sourire, honnêtement, pensiez-vous que votre mode de vie au Garfield Highschool était viable sur le long terme ? Qu’auriez-vous fait une fois votre rayon d’expédition complètement asséché ? Ou si votre population dépassait de trop vos moyens ? Ou pour vous prémunir de toutes les potentielles maladies qui surviennent lorsque les conditions d’hygiène se dégradent ? Elle ne poursuivrait pas l’énumération, Roza comprendrait l’idée, vous bricoliez avec des débris. Vous viviez dans un entre deux, comme si un jour, les choses allaient revenir à la normale, même si vous n’en aviez pas conscience, elle feignit un signe de tête approbatif, je comprends. Tirer un trait définitif sur le passé est difficile. Ce que je voudrais proposer au ranch, c’est un vrai avenir. Et vous pourriez les aider à y avoir accès.


Survive is about foresight
« About anticipating your opponent's moves and devising counter measures. The winner plots one step ahead of the enemy. And plays her trump card just after they play theirs. It's about making sure you surprise them. And they don't surprise you. »
Titres:
 
Revenir en haut Aller en bas  
Roza Votiakova
Motherrr Rrrrussia
Graphiste & modératrice
Roza Votiakova
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Un M16 et un pistolet 9 mm avec silencieux ainsi que deux couteaux poing américain
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 15/02/2017
Messages : 2384
Age IRL : 31
MessageSujet: Re: The Beauty and the Beast   The Beauty and the Beast - Page 2 EmptyMer 6 Fév 2019 - 19:06
Le couperet tombe, la rousse affirme qu'elle ne ferait rien aux survivants du ranch, elle embraye aussitôt avec le lycée, excusant presque le génocide pur et simple de tout un camp pour une erreur de forme. Pour le moment, l'affamée tend l'oreille, elle n'a rien de mieux à faire de toute façon et s'approche à petits pas vers le grillage, seule fenêtre d'ouverture vers le monde extérieur. Ses doigts se glissent entre la ferraille et à mesure que la rousse avance dans son récit, la russe en serre davantage le fer entre ses doigts tremblants. Elle ne doit surtout pas la regarder, son air distant et détendu l'agace alors qu'elle parle de l'extermination de tout ses proches comme étant une simple erreur de méthodes. Ça donne des envies de meurtre que d'entendre ça, c'est une insulte directe à tous les morts. La cheffe présente ensuite son groupe comme étant la seule solution viable. Ces derniers gèrent peut-être une partie de Seattle, mais qu'est-ce qui lui permettait de dire que son groupe était le seul à posséder cette force ? Sa prétention n'a vraiment pas de limite et c'est toujours aussi éreintant. Mais elle n'en dit rien, elle attend, elle réunit le peu de lucidité qu'il lui reste pour s'imprégner des paroles soufflés, la base de l'art de la guerre, savoir pour prévoir afin de pouvoir.

Elle a alors deux façons de prendre le long discours, deux points de vue bien particulier : l'accepter et l'entendre ou le rejeter et s'en indigner. De toute évidence, son absence de subtilité ne va pas l'aider à masquer sa position. "Putain, June. Est-ce que tu t'entends parler ?" Elle ne sait plus par où commencer et rebondit maladroitement : "Ok, c'est à cause de la forme tu dis ? Revenons en arrière, au lycée, ça a été simple : vivre sous les règles de ton camp ou mourir. Premier cas de forme." La façon dont ça s'est terminé n'avait nullement besoin d'être soulignée. "Ensuite, le ranch. On kidnappe une gamine, quelques gars et on vous colle un ultimatum, deuxième cas de forme, mais le fond reste identique... vivez en esclavage ou crevez." Et juste pour en rajouter une couche, peut-être craint-elle de ne pas être comprise : "Prenons aussi l'exemple de cet instant même, je suis prisonnière, privée d'eau et de bouffe. Sois je vis dans tes conditions, sois je meurs dans ta geôle. Encore une fois, autre forme, même fond." Elle n'est plus très lucide par moment, parfois ça déraille dans sa petite tête et ça radote : "Bref. Quelque soit la manière dont tu le présente, le fond reste le même, vivre à genoux ou crever." Une dernière répétition, ça ne fait pas de mal : "C'pas ta putain de forme le problème, c'est ton putain de fond et tu le sais très bien." Elle s'en détourne de la grille et balaye mollement l'air devant elle de sa main valide, luttant pour ne pas dresser son majeur.

Un bon premier point de survolé, la suite maintenant, le sujet du lycée, le sujet le plus piquant.
"Qu'est-ce qu'on aurait fait ?" C'est qu'elle a quand même osé lui poser la question la rousse et pour le coup, ça réveille un peu ses nerfs. Lentement, elle se détache de la petite fenêtre. "On le saura jamais." Certes, c'est pas très constructif, mais faut que ça sorte. "On aurait certainement survécu, difficultés après difficultés." Ses yeux rougissent et la piquent, les larmes peinent à trouver leur chemin, ça brûle."Comme tu viens de le dire toi même en fait, vous avez été attaqué et vous avez survécu." C'est encore facile d'inverser les rôles, l'histoire se répète sans cesse. "Pourquoi vous nous avez pas laissé la même opportunité ? Du temps... juste un peu de temps." Elle s'approche encore dans une démarche difficile, en logeant le mur, son regard noir cherche à engloutir les émeraudes qui lui font face. "Tes actes et ton blabla me font penser à une race supérieure qui joue la carte du colonisateur bienveillant. De la merde bien 'Ricaine quoi, à la sauce héros du monde désireux de sauver des gens qui n'en ont ni le besoin, ni l'envie." Elle s'essouffle à force de déblatérer et rencontre bien des difficultés à déglutir que sa voix s'en fait cassante et enrouée par moment. À un petit mètre de l'avocate, elle s'arrête dans un profond soupir, ça tourne et elle s'en retrouve ironiquement frappée à retardement par ses propres mots. "J'crois qu'on perd notre temps, toutes les deux..." Elle voit maintenant venir le discours de sourd et ajoute pour se faire comprendre : "Les colonisateurs ont toujours refusé d'assumer la violence qu’ils infligeaient aux peuples colonisés..." Elle marque une pause et écrase ses paupières humides du bout de ses doigts sales. Elle peinait à s'exprimer de façon fluide dans son état et se coupait régulièrement, ne sachant déjà plus ce qu'elle avait dit et ne pas dit. "Ils se sont toujours caché derrière l'excuse du devoir rendu aux races inférieures." Le ton a nettement changé, on est passé du sarcasme à un haut niveau de lassitude. "Et tu es exactement comme eux, June." Dans l'esprit de la slave, c'était clair maintenant, June en était un parfait ctrl+c / ctrl v version post-apocalyptique. "C'est pas un avenir pour le ranch que tu souhaites, c'est un avenir pour ton groupe. Si tu tenais tant que ça à ce que le ranch soit sauvé, alors tu ferais des livraisons de vivres et d'armes sans contrepartie." Ce n'était qu'un exemple, mais un exemple qui en disait long.


JUST A ROSE, ROOTED IN THE DIRT.

Revenir en haut Aller en bas  
June D. Phelbs
Leader | Remnants
Administrateur
June D. Phelbs
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Variable
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 10/01/2018
Messages : 1180
Age IRL : 29
MessageSujet: Re: The Beauty and the Beast   The Beauty and the Beast - Page 2 EmptyMer 6 Fév 2019 - 23:08
- Voyons Roza, je pensais que nous avions une conversation entre personnes honnêtes, ironisa-t-elle froidement, les tendances colonialistes sont de la merde bien 'ricaine ? Dans ce cas, afin de vous conforter dans votre vision sélective du monde réel, nous éviterons de parler de l'URSS et de son comportement vis-à-vis de ses voisins européens. Je m'en voudrais de froisser la haute opinion que vous avez de votre pays d'origine.

C’était le point de départ pour démontrer à sa cadette qu’elle se complaisait, une fois encore, dans une version biaisée et subjective de la situation. Les différences entre Fort Ward et toutes les nations colonisatrices étaient flagrantes pourtant : lorsque les espagnols parcouraient les mers, c’était en quête de richesses ; lorsque les français s’étaient installés en Afrique, c’était pour redorer le blason d’une nation fragilisée ; lorsque les britanniques étaient partis pour le nouveau monde, c’était pour étendre leur empire. Tout ce que cherchait Bainbdrige, c’était d’offrir un monde meilleur. Ils n’avaient rien à gagner et tout à perdre dans cette démarche, sur le court terme en tout cas.

- Vous êtes si immatures…, souffla-t-elle en jaugeant les déplacements de son interlocutrice, sans chercher à fuir son regard, les deux femmes en charge du ranch m’ont sorti la même rhétorique toute fait. Parfaitement puérile, hypocrite et contre-productive. Vous voyez, la première différence entre vous et moi, c’est que je suis capable de reconnaître mes erreurs, droite comme un piquet, elle donnait sa leçon devant un animal en cage, je vous rappelle que lors de la rencontre avec le lycée, c’est une personne de chez vous qui a ouvert le feu en premier. La même chose s’est produite au ranch, alors que notre approche était pacifique et ouverte à la discussion.

Et ça, c’était indéniable. Les membres de Fort Ward n’avaient jamais attaqué les premiers, ils n’avaient fait que réagir. Les victimes pouvaient se plaindre, geindre, dresser des doigts accusateurs, mais au final : ils étaient responsables de ce qui s’était passé. A être trop imbu d’eux-mêmes, à présumer de leur force de frappe, ils avaient appris à leur dépend qu’on ne jouait pas aux devinettes avec des vies en jeu.

- Mettez-vous à notre place, demanda-t-elle en sachant pertinemment que c’était à la limite de l’insulte pour Roza, comment étions-nous censés savoir que le lycée – ou le ranch – étaient en fait peuplés de survivants décents ? Si on vous laissait ce « temps », qui dit que vous n’auriez pas été ces prochaines personnes à venir nous piller pour gérer une difficulté ? La rouquine se pinça les lèvres avant d’asséner froidement, n’avez-vous jamais rien volé à d’autres survivants, Roza ? Des gens dont vous pensiez que de toute façon, ils méritaient moins leurs vivres que vous ? Nouvelle pause pendant laquelle elle étudia les traits de la tatouée, ce n’est pas notre politique : nous agissons pour toute l'humanité, pas uniquement pour nous. Et dans un monde idéal, je ferai peut-être des livraisons gracieuses de vivre, souligna la quarantenaire avec un ersatz de rire sans joie, mais le feriez-vous vous-mêmes, Roza ? Car elle devait le savoir, ce monde n’était pas idéal, et avant que vous vous gargarisiez du nombre de victimes que nous avons fait chez le ranch, je vous invite à faire un peu de mathématique. Combien de personnes sont réellement mortes par notre faute ? Combien de chez nous en avez-vous tués l'automne dernier ?

Si la russe était honnête, alors elle verrait bien que le ratio n’était pas comparable. Les gens d’Issaquah étaient effectivement plus meurtriers que ceux de Fort Ward et alors, de facto, les soupçons théoriques que venaient d’évoquer June étaient fondés.


Survive is about foresight
« About anticipating your opponent's moves and devising counter measures. The winner plots one step ahead of the enemy. And plays her trump card just after they play theirs. It's about making sure you surprise them. And they don't surprise you. »
Titres:
 
Revenir en haut Aller en bas  
Roza Votiakova
Motherrr Rrrrussia
Graphiste & modératrice
Roza Votiakova
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Un M16 et un pistolet 9 mm avec silencieux ainsi que deux couteaux poing américain
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 15/02/2017
Messages : 2384
Age IRL : 31
MessageSujet: Re: The Beauty and the Beast   The Beauty and the Beast - Page 2 EmptyLun 11 Fév 2019 - 11:44
C'est qu'elle était crevée la russe, une phrase mal tournée et la rousse s'emballait pour causer URSS inutilement. "Mais nan June... C'que j'voulais dire... c'est qu'la connerie 'ricaine, c'est surtout le blabla qui gravite autour, t'sais, l'syndrome super héro." Elle comptait lui déballer les grandes lignes de la guerre d'Irak pour mieux illustrer ses propos avec l'exemple du pétrole caché derrière la chasse au tyran. Elle se ravisa bien soudainement, finalement exténuée rien qu'à l'idée, sans compter qu'elle n'y voyait déjà plus l'intérêt. Gagner du temps, c'était une chose, autant là, on était clairement dans le perte de temps. Elle balaya alors l'air devant elle pour dégager cette parenthèse maladroite comme on repoussait une mouche reloue. "J'suis bien conscience de l'histoire de mon pays. Ne t'méprends pas, y a rien à froisser là dedans." Énonça-t-elle en levant son index face à elle, désignant ironiquement sa propre silhouette toute cabossée. Fallait aussi dire que dans son état, s'exprimer pleinement n'avait rien d'aisé. La faute à qui ? Si June voulait un interlocuteur qui tienne un peu la route, la base, c'était de le nourrir et de lui accorder au moins une nuit complète, là, elle causerait bien.

"C'est marrant. Non, c'était pas vraiment marrant, le ton n'y était pas. "Trois personnes différentes, trois vécus différents, trois éducations différentes et pourtant... même "immaturité..." Elle fait même l'effort de lever un bras pour mimer une guillemets, l'autre bras abîmé et douloureux pendouillait sagement contre le mur seul l'épaule et le dos maintenaient le tout contre debout contre le mur. "Y a des coïncidences rigolotes." Ou comment inviter la quadragénaire à se poser quelques questions sur sa façon de voir le monde. Elle qui dit savoir reconnaître ses erreurs, c'était peut-être l'occasion de commencer à y songer.

"Sally lockharts." Le nom de la première victime des pillards était marmonné tout bas, comme pour elle même. "Revois ta copie. Le lycée n'a pas tiré en premier." C'était plus le même ton, là, c'était craché au visage comme un fait tout aussi irréfutable que répugnant et elle la défiait d'oser la contredire. Elle appuya bien sur le pas afin qu'il ne subsiste aucune ambiguïté. L'indignation restait dure à éteindre et son regard chargé de fureur faisait office de revolvers. Si c'était une technique de la rousse pour observer et décrypter les traits d'une Roza pleinement convaincue par ce qu'elle avançait, c'était réussi. "Tu n'y étais pas, c'est évident" Ce genre de détails, on s'en souvenait, la rousse devait se limer les ongles sur son île ce jour là.

"Et putain... Tu t'entends vraiment pas parler... sauveurs de toute l'humanité, pacifique, qui tendent la main, pas perso pour un sous... ok ça, tu as le droit d'y' croire... mais pourquoi justifier juste derrière votre attaque sous prétexte qu'il y avait une possibilité qu'on devienne une future menace ? Je veux dire, c'est pas juste complètement contradictoire et salement prématuré comme jugement ?" Le grand écart lui parait tellement grand qu'elle en vient à s'en inquiéter pour son propre mental, elle doit délirer. "Nan ? Ou alors c'est le mien de cerveau qui est pété ? Si c'est le cas je t'en prie... : un steak, un verre, une douche, un chauffage d'appoint, une nuit de sommeil et on peut le remettre en marche." La russe passa lentement sa main sale sur son visage, la fatigue ne l'aidant pas à être comprise, elle commence déjà à être lasse, le cerveau commençait à peiner pour s'accrocher à sujet.

La carte de la comparaison, June abusait là, clairement. "Laisse tomber l'analogie, June. Sans déconner..." Elle ne savait pas si elle devait rire ou pleurer, finalement, elle n'en avait la force ni pour l'un, ni pour l'autre. "J'ai vécu le tuer ou être tuée plusieurs fois, on m'a brisé les côtes, j'ai pris une balle dans l'épaule, dans le mollet et pour finir on m'a explosé le bras avec une batte de base-ball..." Et putain, tout ces morts... un frisson lui échappa puis elle se reprit : "J'ai perdu beaucoup, plus que certains, moins que d'autres....  Et t'sais quoi ? Malgré tout, je n'ai jamais volé personne. C'est même l'inverse." Quand on avait plus grand chose à perdre, c'était l'avantage de ce genre de situation. "Donc oui, June, pour répondre à ta question, oui, je le ferais. Et après, j'ferais des routes sûres et j'inviterai les communautés aux commerces, j’appellerai aussi les uns et les autres à la solidarité envers chaque camp. Je leur laisserai des cartes en mains, des vraies cartes." Pas celle que June offrait, tachées de sang et d'intimidation. "C'est comme ça que je souderai l'humanité." Elle le pensait et c'était franc, énoncé sur le même ton que la vérité déployée sur le lycée quelques secondes plus tôt. Y avait quand même un point sur lequel elles étaient finalement d'accord, celui d'une humanité qui travaille ensemble pour survivre, et mine de rien, rien qu'avec ça, la russe revoyait sa propre copie. "T'sais, j'ai déjà vendu mes services pour une bouchée de pain alors que c'était pas la faim qui me manquait." Surtout ces derniers temps au No Man's Land, plus sa vie de survivant presque entière à tendre la main dans l'espoir de se racheter pour ses erreurs passées, ce n'est pas rien et merci qui... ? La rousse devait peiner à voir ou elle voulait en venir, mais pour elle, tout était clair. "Et si c'était à refaire... Je le referais. Parce que j'ai vécu dans ce monde. Je le comprends." La russe profita de la proximité avec la quadragénaire pour la dévisager de ses azurs teintés de rouge, noyés entre fatigue et rage. "Tu crois pouvoir le comprendre ? Détrompe toi, tu en es loin. Tu veux créer un nouvel ordre, mais tu n'utilises que la solution de l'esclavagisme, les menaces et la violence... Tu arriveras jamais à rien dans ce monde, pas d'puis ta tour d'ivoire Stalinienne." Le genre d'ordure qui ne vivait que pour lui et son élite, finalement, la comparaison n'était pas si mauvaise et lui vola - avec l'aide du froid - un autre frisson incontrôlé. "Il te manque un community manager, un chargé de comm' et un bon négociateur. J'postule si tu as une place." Ouais, c'était surtout un pet dans l'eau ça. La raisonner semblait impossible, il fallait qu'elle lutte pour ne pas écouter la petite voix qui fredonnait à ses oreilles, celle qui lui ordonnait de sauter à pleines dents sur la carotide de June. Y avait quand même quelques petits trucs qui la retenait, qu'il s'agisse de la surveillante juste derrière, armée et en pleine forme, ou le fait qu'elle devrait à la suite affronter à elle seule tout un camp d'endoctrinés, c'était déjà vouée à l'échec, y avait de quoi la retenir, pour le moment.


JUST A ROSE, ROOTED IN THE DIRT.

Revenir en haut Aller en bas  
June D. Phelbs
Leader | Remnants
Administrateur
June D. Phelbs
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Variable
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 10/01/2018
Messages : 1180
Age IRL : 29
MessageSujet: Re: The Beauty and the Beast   The Beauty and the Beast - Page 2 EmptyJeu 14 Fév 2019 - 12:39
Qu’elle était belle cette vision. Celle d’un monde unifié par l’amour de son prochain, la solidarité désintéressé et la grandeur d’âme des survivants. Heureusement qu’elles n’étaient que deux dans cette cabane car après ces belles paroles, il y en aurait plus d’un qui seraient prêts à faire de Roza le nouveau Messie – et le prochain Martyr du monde occidental. En affrontant les billes froides de la russe, l’avocate aurait bien aimé être convaincue. Elle savait apprécier l’éloquence et malgré son apparence, malgré ses manières, malgré son état, sa prisonnière était encore capable d’une étonnante vivacité. Mais contrairement à toutes ces personnages qui couraient après un idéal facile et accessible, la rouquine avait accepté de voir le monde en face – et ce n’était pas beau à voir.

- Je ne m’attendais pas à ce que vous compreniez.

Sa voix aseptisée avait tranché calmement suite à la diatribe de sa cadette. Elle ne perdrait pas plus de temps dans cet échange stérile. Ses yeux verts se portèrent alors brièvement vers la petite ouverture grillagée qui faisait office de fenêtre. Vaguement rêveur, envolé sur un horizon qu’elle était bien la seule à voir. La tatouée ne savait pas à quel point à se fourvoyait en lui affirmant qu’elle n’arriverait jamais à rien. Au contraire : June avait toujours réussi à avoir ce qu’elle voulait. C’était une question de force de caractère, d’obstination, de travail. Libérée de toutes les entraves qui faisaient aux Hommes perdre leur chemin, elle n’avait ni œillère, ni cache-œil. Et elle avançait.

- Une autre personne a essayé de défendre ce que vous me dites : un monde basé sur la bonté, l’entraide, l’amour du prochain… c’était Jésus Christ, compara-t-elle non sans une pointe d’ironie, et au final, on sait tous comment il a terminé.

Tué par les romains. Ces mêmes guerriers colonialistes auxquels Roza comparait les habitants de Fort Ward un peu plutôt. L’analogie de la situation donnerait presque le vertige. A la différence que si elle devait s’en débarrasser, l’avocate ne ferait pas l’honneur à la captive d’une exécution publique et pompeuse – ce serait lui donner bien trop d’importance. La russe terminerait sans doute comme tous les autres rebuts de l’apocalypse traînés secrètement sur le camp : enfermée dans le laboratoire pour servir de cobaye jusqu’à ce que mort s’en suive.

- Et le monde s’est construit selon les principes de ceux qui l’ont exécuté, pas selon les siens.

Car l’Histoire n’était que guerres, conflits, vols, pillages, et incidents diplomatiques. Il n’y avait que peu d’actes de bonté ou de bravoure. L’humanité était une race névrosée des stigmates de son passé, consciemment ou non. On pouvait lutter à contre-courant ou on pouvait en tirer des leçons et se servir des outils disponibles. En fin de compte, les bonnes actions n’auront jamais rien accompli de grandiose. Même dans l’univers, la lumière n’est qu’une pièce rapportée et sporadique dans un océan infini de ténèbres.

- Mais il n’y a rien de biblique dans votre situation, je vous assure.

Après un dernier regard hautain, June se détourna pour quitter le minuscule espace qui servait de prison. Avant que sa silhouette ne soit rognée puis masquée par l’embrasure de la porte qui se rétrécissait, elle glissa un glacial « A bientôt, Roza » qui ne laissait rien présager de bon.


Survive is about foresight
« About anticipating your opponent's moves and devising counter measures. The winner plots one step ahead of the enemy. And plays her trump card just after they play theirs. It's about making sure you surprise them. And they don't surprise you. »
Titres:
 
Revenir en haut Aller en bas  
Contenu sponsorisé
Fiche de personnage
MessageSujet: Re: The Beauty and the Beast   The Beauty and the Beast - Page 2 Empty
Revenir en haut Aller en bas  
- The Beauty and the Beast -
Page 2 sur 6Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
 Sujets similaires
+
 Sujets similaires
-
» III.04 - Beauty and the Beast [Feat. Bobby]
» Itchi
» bullets are the beauty of the blistering sky ☮ YONA
» [A besoin d'une validation, seconde page] ♫ This is a beauty presentation ♪
» Wolf Raphaël ft Jung Dae Hyun [BAP] & Seo Jun Wan ft Yang Yoseob [Beast]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: RP Terminés-
Sauter vers: