The Walking Dead RPG

The Walking Dead RPG

Partagez
- Play nice -
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Valentine V. James
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes:
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 14/04/2018
Messages : 211
Age IRL : 26
MessageSujet: Re: Play nice   Play nice - Page 3 EmptyMer 3 Avr 2019 - 23:11
Valentine hocha la tête. Elle avait faim, mais aucunement l’intention de réitérer la scène qui venait de se tramait. Parfois, l’impression lui venait d’être spectatrice de sa propre vie sans pour autant avoir de contrôle dessus, et cela la gênait, cela la gênait énormément. Elle regardait June sortir deux boites et laisser le contenue tomber dans une casserole. Baked Bean et Pulled Pork. Elle se disait qu’elle aurait bien mangé des champignons et des oeufs avec ça.  Ça lui aurait rappelé des heures bien plus nonchalantes à Londres. Le monde avait bien changé, et désormais, les dîners semblaient se résumer à cela. Même s’il était rare, désormais, qu’elle ne se laisse aller à la voie de conserve. Elle connaissait le luxe du repas chaud, et elle aimait le côté trop salé de ce genre de repas. toujours mille fois trop de sel, pour quelques souvenirs qui revenait de temps en temps. Était-ce ce laisser aller à la nostalgie que de se remémorer. Valentine s’y laissait aller de temps en temps, regardant le passé avec tendresse, et désormais peu de tristesse.

Elle soupire longuement, et finit par de rasseoir à la table, croisant les bras sur sa poitrine, inspirant et expirant. Pendant que le repas chauffait, et que les odeurs s’échappait de la casserole, elle se rendait compte à quel point en l’espace de quelques semaines … quelques mois, elle était devenu tant impliqué dans la vie du camp. Que ce soit pour les plantations, où pour son organisations, ou pour sa politique, elle avait mis les pied en plein dedans. Ah, bien sur qu’on était venu la chercher, mais elle ne pouvait pas se dédouaner de cette manière là encore longtemps. L’horticultrice soupire longuement. Peut être devait-elle l’accepter, mais pour l’instant, elle ne le souhaitait pas. Elle envisageait tout cela comme la conséquence de ces conversations avec June, et non pas comme une conséquence de ce qui se passaient entre elles. Et elle ne comptait sur personne du camp pour faire la distinction, et surtout pour faire preuve de discernement. Les gens préfèrent les ragots. Le plus croustillant le mieux, surtout si cela venait à concerner June. Toute faille devait être bonne à être utilisée, ou à s’y engouffrée. Valentine fut sortie de sa pensive méditation par la question que lui posa June. Elle tourne la tête, et penche la tête sur le côté. Elle penche la tête sur le côté. « Et l’ont dit aux autres d’aller se faire respecter ailleurs ?  » Répondit-elle. « Tout le monde a souffert. Les mères ont perdu leurs enfants, les enfants leur parents, les hommes ont été tués, humiliés, les femmes ont perdu leur dignité, ont été violées. La fin du monde aura été dure pour tout le monde. Il ne s’agit plus d’une compétition à qui à le plus souffert, mais bien à qui survivra le plus longtemps, et qui veut trouver sa place dans ce monde. Homme ou femme, ça n’a pas d’importance. »

Valentine était convaincue que chercher à retrouver leur vie d’avant était une chimère à laquelle il ne fallait pas s’abonner. Leur vie précédente était morte et enterrée comme les milliards de personnes qui aujourd’hui errait les rues les yeux vitreux. Valentine voulait survivre, vivre mais ne pas se laisser aller de fausses promesses d’une vie qui ressemblerait à celle d’avant. Il fallait trouver sa place dans un monde qui avait voulu les exterminer jusqu’au dernier. La jeune femme sourit à June. « Tu ne penses pas ?  » reprit-elle. «  Je ne me verrais pas animer un groupe de parole sur ce genre de choses. On fait face à ses choses là avec dignité.»

Être survivant, ce n’était pas être simplement survivre à la marée d’infectés des villes, mais se survivre à soi même, et à ce qui était arrivé. Valentine hoche les épaules. De toute manière, les choses étaient ainsi.



    l'apocalypse
    APOCALYPSE [əˈpɒkəlɪps] n.f 1. an event involving destruction or damage on a catastrophic scale. 2. the complete final destruction of the world, as described in the biblical book of Revelation.
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
June D. Phelbs
Leader | Remnants
Administrateur
June D. Phelbs
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Variable
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 10/01/2018
Messages : 1044
Age IRL : 28
MessageSujet: Re: Play nice   Play nice - Page 3 EmptyJeu 4 Avr 2019 - 0:25
Les lèvres de June se plissèrent en une moue approbatrice et convaincue. Sa complice était dans le juste une fois de plus : la cause féministe était obsolète. Cet axe était vraisemblablement une impasse, parce que c’était l’Homme, dans son ensemble et en tant qu’espèce, qui avait souffert. La tête penchée sur le côté, alourdie par la migraine, elle observait son invitée avec intérêt. Son sourire sublimait ses traits intelligents. L’avocate expira ce qui ressemblait à l’ébauche d’un rire et consentit à répondre posément :

- Tu as parfaitement raison. C’est une fausse piste.

Quelque part, elle était toujours en quête de l’argument miracle. Celui qui lui permettrait d’économiser des vies et des balles, donc de rentabiliser les ressources humaines dont ils disposaient. Comme elle l’avait dit en récupérant le pouvoir – ou en le prenant – après la mort tragique des Chambers, la rouquine était convaincue que la force ne devait être que la mesure de dernier recours. Ils seraient véritablement une communauté puissante lorsqu’ils n’auraient plus besoin de prouver cette suprématie à coup de MP5. Et ces derniers temps, elle avait l’impression d’avoir souvent dû en venir aux expéditions armées, voire punitives.

- Tu te souviens de comme c’était avec Benjamin, n’est-ce pas ? Évoqua-t-elle en jetant distraitement un œil à sa casserole, d’abord on vivait dans l’ignorance, puis on s’est mis à piller les gens les uns après les autres, sans vraiment s’interroger sur après.

Sur ce qu’ils feraient quand toutes les cibles à leur portée seraient mortes, quand ils n’auraient plus personne à voler et qu’il aurait été trop tard pour penser à se débrouiller par eux-mêmes. June avait voulu changer ça. Ancrer l’avenir de Fort Ward dans le marbre et, au passage, lui donner la grandeur que le couple Chambers n’avait fait que fantasmer. Ils se basaient sur leur simple capacité à raser les autres pour asseoir leur domination mais en réalité, le pouvoir devait se traduire à tous les niveaux.

- On a déjà changé ça, on a fait plus que ce qu’ils n’auraient jamais fait et pourtant, j’ai l’impression que leur ombre est toujours là.

Que le « Chamberisme » veillait le moindre de leur pas, le moindre de leur décision. La quarantenaire voyait cette chimère comme une menace latente, le gouffre dans lequel elle pourrait tomber si elle perdait de vue ses objectifs. Quelle ironie. Être si visionnaire, s’arranger pour avoir toujours trois coups d’avance, mais continuellement se sentir prise entre un marteau et une enclume.

- Je n’ai pas peur, précisa-t-elle pour ne pas que Valentine y voit une sorte de confidence fébrile, c’est plus une…, elle chercha ses mots en retirant leur déjeuner du feu, c’était chaud, une sensation, comme un bruit de fond, elle attrapa un dessous de plat pour venir poser le récipient sur la table, mais c’est rien.


Survive is about foresight
« About anticipating your opponent's moves and devising counter measures. The winner plots one step ahead of the enemy. And plays her trump card just after they play theirs. It's about making sure you surprise them. And they don't surprise you. »
Titres:
 
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
Valentine V. James
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes:
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 14/04/2018
Messages : 211
Age IRL : 26
MessageSujet: Re: Play nice   Play nice - Page 3 EmptyDim 14 Avr 2019 - 22:29
Un paradis pour la femme violée, la femme bafouée, la mère oubliée, la femme perdue, la femme sans dent, la femme vendue. Un enfer pour l’homme violé, l’homme oublié, le père saccagé, l’homme humilié, l’homme affamé, l’homme outragé. Il n’y avait pas de bon discours. Mais il était certains qu’il y en avait des mauvais. Sans l’ombre d'un doute, y’en avait il une tripoté de mauvais. Valentine n’était certaine qu’appuyer sur les anciennes blessures était la démarche à suivre. Ce dont elle se souvient en faisant route vers Bainbridge Island avec son père, c’était la promesse. La promesse timide d’un endroit sauf. Une rumeur à la troisième personne du singulier. Ils faisaient route vers un trayon d’espoir dans une monde d’obscurité. Sur la route, les survivants en parlaient comme d’une terre promise sauvegardé par la localisation et par les murs et certainement par tout le reste, mais tout le reste c’était bien trop technique, pas assez… vendeur. Ce qui est vendeur, ce n’est pas vraiment l’espoir. C’est la promesse de faire au mieux avec les moyens du bords, et d’essayer chaque jour, chaque matin de faire en sorte d’aller aux de la de ses propres attentes. Mettre tout le monde au turbin, ainsi était-ce. « Il n’y a pas de bon discours. Peut être faut il laisser les gens venir à nous. Quand je suis arrivée, c’était la promesse de quelque chose d’autre que la terreur la nuit cloitrée dans le coffre de la voiture. C’est la rumeur qui m’a fait venir. Le problème est que la réputation  « Chamberiste » peut précéder. »

Dans les yeux de June ce n’était pas de la crainte. De l’inquiétude ? Non … comme le sentiment de savoir qu’ils payeraient les pots cassés du type avant eux. Valentine ne s’estimait pas parfaite, et n’estimait pas le camp comme parfait et à l’abri de critique. Mais, il revenait de loin, ça c’était certain. Quand June lui parle de Chambers, elle hoche la tête. Une période, où Valentine était restée quasi cloitrée chez elle, incapable de voir l’espoir, ou même le projet comme quelque chose de viable, pleurant encore, hurlant toujours en plein milieu de la nuit. « Doutes-tu ? » lui demande t-elle en regardant la casserole fumante. Valentine n’allait pas encore lui laisser de temps de répondre. Peut être même June ne lui répondrait pas, trop de fierté dans le regard de la rousse pour avoir une quelconque franchise sur certaines émotions, ou certains sentiments. Valentine fait glisser la tresse de ses cheveux sur son épaule gauche, avant de poser sa main dans la paume de sa main, et le coude sur la table. « Des choses terribles ont été faites. Terribles. Elles sont malheureusement les fondations de ce que nous sommes, de ce que nous vivons, de ce qu’est cette communauté. La survie de chacune des personnes ici a été échangée contre la mort, l’assassinat, ou le sacrifice de quelqu’un. Si ce n’est pas la peur que tu as de perdre tout ce que nous avons construit, tout ce que tu as construit, alors je ne peux pas comprendre. » commence t-elle. Nonchalante, elle plonge une une grande cuillère dans la casserole, sans demander la permission avant de la porter à sa bouche. « Admettons, un bruit de fond qui t’inquiète, l’ombre des conséquences de vies volées qui traînent au coin de l’oeil, l’entrée de nouvelles têtes dans le camp, ne doivent pas te faire perdre de vue l’objectif que tu t’es fixée, c’est tout ce qui importe. Pour le reste, je suis certaine que tu feras preuve d’inventivité, et que certaines initiatives t’étonneront, qui sait. » fit elle en haussant les épaules. « Tant que les estomacs sont pleins, et qu’à la fin de la journée, la promesse d’un repas chaud est tenue. Je suis certaine que les gens iront plus loin que prévu pour protéger cela.  » Elle regarde June, en tapotant avec sa cuillère sur le bord de la casserole. « C’est ce que je proposerais, plutôt qu’un discours : Un repas chaud. » Ponctua t-elle en se laissant tomber sur le dossier de sa chaise, en regardant le plafond, le sourire aux lèvres, se souvenant d'une vie d'avant.

Tout le monde avait subit l’ignoble hiver. Et tout le monde connaissait le soulagement d’une soupe chaude faîte par sa mère, ou sa grand mère, dans une assiette creuse un peu vieillotte avec un morceau de pain. C’était la chose la chose la plus simple au monde, mais peut être un souvenir universel qui avait traversé les temps, les âges et les générations.  



    l'apocalypse
    APOCALYPSE [əˈpɒkəlɪps] n.f 1. an event involving destruction or damage on a catastrophic scale. 2. the complete final destruction of the world, as described in the biblical book of Revelation.
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
June D. Phelbs
Leader | Remnants
Administrateur
June D. Phelbs
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Variable
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 10/01/2018
Messages : 1044
Age IRL : 28
MessageSujet: Re: Play nice   Play nice - Page 3 EmptyMar 16 Avr 2019 - 12:27
Doutait-elle ? June n’aimait pas la simple idée que ce verbe fasse partie de son vocabulaire, alors elle demeura silencieuse. Elle n’avait pas grandi avec des doutes. Depuis son enfance, elle savait ce qu’elle voulait : s’émanciper, s’affirmer, devenir importante. De sa vie, elle ne s’était permise aucune hésitation, car elles étaient à son sens synonymes de perte de temps. Malgré la migraine qui lui rongeait la matière grise, l’avocate essayait d’identifier s’il y avait du vrai dans les suppositions de sa cadette. Avait-elle la moindre considération pour toutes les vies qu’ils avaient arrachées ? Est-ce que ce bruit de fond était la conséquence d’une course effrénée ? Une course pour échapper aux fantômes laissés dans leur sillage. Des spectres qui réclamaient leur dû. Mais n’était pas le lot de tous les souverains de l’histoire ? Elle avait les épaules pour ça.

La suite des encouragements de Valentine suscita l’esquisse d’un sourire sur son visage aux traits tirés. Sa franchise invariable avait cette valeur qu’on ne pouvait pas douter de sa sincérité. Aussi déterminée était-elle, savoir qu’elle ne voguait pas entièrement à contre-courant était toujours une nouvelle appréciable. C’était pour les gens comme la française qu’elle voulait le plus réussir ce pari de fonder la civilisation de demain ; ceux qui méritaient le plus de survivre.

- Le repas chaud n’est pas une mauvaise idée, approuva-t-elle en servant les deux assiettes.

Ses orbes d’émeraude se posèrent sur la jeune femme face à elle, l’étudièrent en silence. Jamais auparavant June n’aurait parié que viendrait le jour où la personne dont elle estimerait le plus les conseils serait une horticultrice de vingt-six ans. Pas plus qu’elle n’aurait pensé, en voyant la pauvre petite chose fragile et blessée qu’elle était en arrivant, que Valentine prendrait peu à peu autant de place.

- Et dans ce cas, ça rend ton rôle encore plus essentiel, ajouta la rouquine en entamant son assiette.

Le but n’était pas de lui mettre la pression, de la menacer ou de faire peser le poids du camp sur ses épaules. Au contraire : c’était la preuve que la quarantenaire avait toute confiance en sa complice. Ce serait peut-être même la première fois qu’elle déléguerait une tâche les yeux quasi-fermés. Après quelques bouchées, June suspendit ses gestes. Sa carrière avait toujours été une croisade solitaire, mais la française lui faisait sentir comme il pouvait être agréable d’avoir du renfort. De ne pas être seule. Pour ça, elle pourrait bien laisser passer la lumière à travers son épaisse carapace.

- Ça m’arrive peut-être des fois. De douter.

Pourquoi toutes ces nuits blanches sinon ? Pourquoi toutes ces heures passées à conceptualiser leur avenir ? Pourquoi toute cette énergie dépensée et tous ces sacrifices ? Le doute était tapi dans l’ombre de sa rigueur. Refuser sa présence, c’était le spolier de son pouvoir. Mais en compagnie de Valentine, l’avocate acceptait de reconnaître que parfois – seulement parfois – elle avait des failles.


Survive is about foresight
« About anticipating your opponent's moves and devising counter measures. The winner plots one step ahead of the enemy. And plays her trump card just after they play theirs. It's about making sure you surprise them. And they don't surprise you. »
Titres:
 
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
Valentine V. James
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes:
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 14/04/2018
Messages : 211
Age IRL : 26
MessageSujet: Re: Play nice   Play nice - Page 3 EmptyMar 23 Avr 2019 - 21:57
Que répondraient les fantômes si on leur posait des questions ? Elle se demandait … Elle n’était ni croyante ni superstitieuse au sens strict du terme, mais elle avait beaucoup de mal à ne pas croire au retour de bâton, qu’il soit juste ou non. L’idée de karma lui semblait un peu trop belliqueuse pour qu’elle n’y croit. Mais l’idée qu’une action en enchaînant un autre, jusqu’à un jour revenir ne lui semblait pas si étrange que cela. En regardant les plantes grandir, c’était la philosophie qu’elle avait adoptée. Une graine entraîne un fruit, mais le fruit en entraîne un nombre incalculable. C’était douteux comme comparaison, mais elle trouvait qu’elle illustrait plutôt bien son point. Douter… voilà un concept qui était propre à toute personne plus ou moins saine d’esprit. Tout comme la peur, Valentine estimait qu’à eux deux, ils étaient le fuel qui alimentait chacune de ses décisions. Elle n’avait pas peur d’avoir peur, ni honte, ni culpabilité. Sans peur et sans reproche, il n’y que de téméraires idiots, la peur est l’amie de la vie, elle prévient le corps, et fait réagir l’instinct. Ainsi, Valentine avait survécu. La jeune femme ne pouvait concevoir l’idée de perdre ce lieu. Elle y vivait, elle y survivait, regardait le ciel avec toute la sincérité du monde, et appréciait le calme, ce calme que tous avaient considéré comme acquis. Le temps et le calme, deux luxes qu’elle appréciait chaque jour où elle pouvait ouvrir les yeux.

Non, ils n’étaient pas tout blanc. Personne ne l’était. Elle trouvait l’hypocrisie incroyable dans ce nouveau monde et ne savait jamais vraiment comment mettre le doigt dessus. La barrière de langue l’empêchait. Elle n’était pas de mal à s’exprimer, elle n’avait pas d’handicap à ce niveau là. Mais il était vrai que malgré sa maitrise de la langue de Shakespeare, il y avait des moments, où la frustration de ne pas pouvoir s’exprimer dans toutes les subtilités qu’elle souhaitait l’obligeait à se taire plutôt qu’à passer pour une idiote, ou pire, une ingrate. Et une ingrate, ça elle ne l’était pas. Ou du moins, elle faisait en sorte de ne pas être considérée comme telle. Mais il était difficile de lui donner cette étiquette. Après tout, elle s’occupait de faire en sorte qu’un repas arrive à la table de chacun et de cette manière, personne ne viendrait lui demander quoique ce soit.  Elle expire longuement, alors qu’elle regarde le repas devant elle. Fut une époque, elle aurait certainement tiré la gueule. Les temps d’apocalypse apprennent à apprécier les choses simples à défaut de réelle humilité. « C’est plus rassurant que tu doutes. » commence t-elle, en cherchant les bons mots. « Chambers n’a pas douté assez souvent et regarde où ça l’a mené.  Il faut douter, mais pas trop. Juste histoire de se poser les bonnes questions pour obtenir des résultats. » fit elle en portant à sa bouche une cuillère du repas que June venait de lui servir.

« Mon rôle est crucial ? » fit elle sur le ton de rhétorique. Elle réfléchissait, quelques secondes. Crucial ? Elle n’en savait rien. Elle n’était pas non plus certaines qu’elle puisse être capable de continuer une vie végétalienne, surtout quand on connaissait les efforts abattus par d’autre. Un premier pas vers autre chose peut être. Il était vrai qu’il était facile de se reposer sur les plantations, et de croire que cela pourrait subvenir aux besoins de chacun. Ça satisfaisait les siens jusqu’à une certaine mesure, elle ne dirait pourtant jamais non à un poulet rôti. Quelques choses qui sent bon dans un four un dimanche midi à la campagne. Elle soupire longuement. « J’ai accepté de m’occuper des plantations par soucis de préservation. Si la bise venait, et que j’étais la seule cigale, on risquait vite de m’arracher les ailes et de me prendre mes provisions. C’est ainsi que j’ai vu les choses, et c’est ainsi que j’ai pris la décision. J'adore ce que je fais, là n'est pas la question, et j'en apprécie aussi la responsabilité. Mais quand tu m'as démarchée la première fois, c'était ma raison.  » honnêteté à couper au couteau. Elle n’y était pas allé par pure bonté d’âme. Certes, sa passion aidait, son métier aussi, mais elle avait calculer ses chances de survie, et le bien de l’intérêt commun allait avec le sien. Les choses étaient allés très vite. Il n’y avait ni ambitions, ni besoins d’affirmation, simplement le calcul froid et pragmatique d’une survivante capable au mieux de faire pousser des fruits, au pire de tuer quelqu’un sur un énorme malentendu. « Crucial peut être. Mais il ne faut pas oublier que la soupe chaude, les plats de légumes ça va bien pendant un temps. Pour ce qui d’agrandir les plantations ça ne devrait pas être trop difficile, il faut cependant élargir ses horizons quant à l’auto-suffisance. Je n’ai qu’une domaine d’expertise et celui ci se limite aux cruciaux poireaux.  »

« Ne doutes pas trop tout de même, June. Il parait que c'est mauvais pour le sommeil et les mal de crâne. » déclara t-elle en riant doucement, se concentrant un instant sur son assiette, avant de regarder quelques secondes dehors. Pas un bruit, paisible, voilà ce qu'il fallait préserver, entre le doute et la certitude. En essayant de rester dans le juste milieu.



    l'apocalypse
    APOCALYPSE [əˈpɒkəlɪps] n.f 1. an event involving destruction or damage on a catastrophic scale. 2. the complete final destruction of the world, as described in the biblical book of Revelation.
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
June D. Phelbs
Leader | Remnants
Administrateur
June D. Phelbs
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Variable
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 10/01/2018
Messages : 1044
Age IRL : 28
MessageSujet: Re: Play nice   Play nice - Page 3 EmptySam 27 Avr 2019 - 3:28
Benjamin Chambers n’avait pas su assez douter et se poser les bonnes questions. Sans le savoir, Valentine venait de faire mouche. C’était certes Siobhan qui tirait les ficelles dans l’ombre de son mari mais la question n’était pas là. L’avocate ne voulait pas se retrouver comme eux : asphyxiés par l’idée qu’il se faisait de leur pouvoir et de leur idéologie. Sa politique était dure, exigeante et alimentée par son carriérisme pathologique, mais il se trouvait que l’objectif officiel affiché était sincère : donner à Fort Ward l’importance qui lui était promise. Son accomplissement personnel rejoignait le bien collectif, tant qu’elle ne se perdait pas en chemin.

- Je crois que c’est la fourmi qui fait les réserves pendant que la cigale danse tout l'été, mais je vois l’idée, souffla-t-elle à propos du parallèle de son invitée.

Elle comprenait même très bien parce qu’au final, la réaction de la française avait été la même que la sienne : assurer ses arrières et faire coordonner cette manœuvre avec une action de bien commun. Une sorte d’égoïsme communautaire ; peut-être un reste de leur société profondément libérale. Chacun pour soi et les progrès individuels devraient tirer l’ensemble du groupe vers le haut. La conclusion de sa cadette, sur le fait que son domaine d’expertise se limitait à la soupe de poireaux, lui tira un léger sourire entre deux bouchées.

- Si ça peut te rassurer, ce ne sont pas encore les doutes qui m’empêche de dormir, répliqua-t-elle simplement.

C’était ses réflexions interminables, ses projections sur l’avenir, les bilans qu’elle se faisait des mois passés. Tout était l’objet d’un calcul : comment consommaient-ils ? Comment dépensaient-ils leurs ressources ? Quels chantiers devaient être priorisé ? Quelle proportion de la population se rendait effectivement utile ? Le dernier recensement les montait à 220. C’était peu et énorme à la fois, compte tenu des volumes des autres camps qu’ils rencontraient.

- Et on ne s’arrêtera pas à l’agriculture, promit-elle avec tranquillité, cela fait un moment que j’entends des propositions de poser des filets et/ou développer notre flotte. Pour de la pêche et autre. Ça ne me parait pas idiot, jugea June sans pouvoir s’empêcher de déjà réfléchir à la mise en œuvre de ce projet, on est sur une île et si un jour le pont d’Agathe s’effondre, on sera bloqués ici. Des bateaux polyvalents seraient utiles dans tous les cas.

Car malheureusement, leurs zodiacs étaient limités. Ils ne pouvaient pas transporter énormément de monde ni énormément de charge. Sans compter qu’ils étaient assez gourmands en carburant. Quand il était question de nourrir deux centaines de personnes, ce n’était pas rentable de se rabattre exclusivement sur leur utilisation.


Survive is about foresight
« About anticipating your opponent's moves and devising counter measures. The winner plots one step ahead of the enemy. And plays her trump card just after they play theirs. It's about making sure you surprise them. And they don't surprise you. »
Titres:
 
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
Valentine V. James
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes:
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 14/04/2018
Messages : 211
Age IRL : 26
MessageSujet: Re: Play nice   Play nice - Page 3 EmptyJeu 9 Mai 2019 - 21:52
Elle sourit. June avait raison, c’était bien la fourmi. Il semblait que Valentine perdait ses classiques au fur et à mesure du temps. Elle ne détestait pas l’anglais, elle aimait la manière dont les phrases allaient au but et était économe de fioritures. Tout le contraire du français, cette langue estampillée difficile qui l’était sans grande raison sauf celle de se vouloir … jolie. Et tout ce qui était joli était compliqué. Sa langue maternelle lui manquait terriblement, c’était peut être la seule chose qui lui manquait encore aujourd’hui. Valentine avait, certes, mis la passé à sa place, il n’en demeurait pas moins que c’était d’entendre ce français qu’elle aimait tant, ne serait-ce que de temps en temps. De savoir peut être … à quoi ressemblait son pays. Parfois, elle y pensait, parfois elle n’y pensait pas trop, cela la rendait triste. Ses yeux comme d’habitude se perdent un peu quand elle y repense, une habitude qui ne lui déplaisait pas, mais qui elle pouvait le comprendre pouvait sembler un peu … impoli.

Les doutes ne l’empêchaient pas de dormir. Une bonne nouvelle. La française hoche la tête, comprenant bien qu’il ne s’agissait pas de se faire bouffer par le doutes et les incertitudes mais de les accepter comme motifs de motivation pour donner du rythme à l’ambition. Comment appréhender le monde ? Ce nouveau monde hostile ? Beaucoup l’avait avant eux. Avec d’autre obstacle, mais Valentine avait eu assez de cours d’histoire et vu assez de documentaire historique pour raccrocher son espoir aux leçons du passé à l’époque du Far West. L’adversité avait quelque chose d’injuste et de cruelle, le monde était devenu difficile, sauvage, et farouche. Les bateaux, l’agriculture, la pêche. Une vie autre, une vie simple, une vie comme celle à laquelle Valentine aspirait avant, tranquillement assise sous la pergola de la maison de sa mère, à attendre que le soleil ce couche sur les champs de lavandes. « C’est une bonne idée la pêche. Mon père me disait qu’il y avait des saumons et des truites dans le coin. L’idée d’un poisson grillé me semble … d’une impertinence incroyable. » fit elle en se mettant à rire de bon coeur.

Le pont d’Agathe s’effondrerait. Cela semblait certain, du moins pour June, et Valentine voulait bien croire les paroles de son aînée. Sans entretien des infrastructures, certains édifices étaient condamnées à se fissurer, tomber, s’écrouler tout simplement. Quand on voyait les crevasses sur certaines routes victime du temps et de la nature, Valentine ne put qu’hocher la tête. Petit à petit, certaines traces de civilisations étaient vouée à disparaitre, ne serait sauver que ce chacun avaient cru bon de sauver, certains livres, certaines photos. Les tableaux finiraient poussiéreux, une pensée certaine pour la Joconde, qui, Valentine l’espérait avait été victime du temps ou d’un vandalisme, tant elle détestait cette peinture. « De toute manière notre appréhension du monde a changé. Trouver des moyens qui accélèrent notre indépendance est … sans doute la clef… ou du moins la meilleur chemin qui s’offre à nous. L’idée d’une flotte est étrangement apaisante … Non ? C’est surement moi.. » fit elle pensive en regardant son assiette. Elle avait toujours trouvé les bateaux, et les mouvements des coques sur l’eau d’une incroyable indolence, avec pourtant cette capacité de voguer et de rapporter de quoi nourrir un port. « Nous avons des pêcheurs dans le lot ? Ou c’est entreprise qui s’apprendra sur le tas ? … Le poisson grillé ce n’est pas pour tout de suite. » Elle regarde June. « Ne serait-ce pas plus simple d’aller rapatrier des bateaux directement des ports ? Est ce trop dangereux ? » Elle hausse les épaules. « Ce n’est clairement pas un projet sans lequel je risque d’avoir beaucoup d’expertise. »



    l'apocalypse
    APOCALYPSE [əˈpɒkəlɪps] n.f 1. an event involving destruction or damage on a catastrophic scale. 2. the complete final destruction of the world, as described in the biblical book of Revelation.
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
Contenu sponsorisé
Fiche de personnage
MessageSujet: Re: Play nice   Play nice - Page 3 Empty
Revenir en haut Aller en bas  
- Play nice -
Page 3 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
+
 Sujets similaires
-
» 05. The games we play
» Bérénice - Faris
» Paris-Nice (PT) >>> Avant mardi 16h00
» Le Carnaval de Nice
» Bérénice, Prêtre de la déesse Athéna

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: RP Terminés-
Sauter vers: