The Walking Dead RPG

The Walking Dead RPG

Partagez | 
- Feelings and resentments... -
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Joann Cain
Modératrice
avatar
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Carabine Winchester - 9 mm - Couteau de survie
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 02/09/2017
Messages : 1130
Age IRL : 32
MessageSujet: Feelings and resentments...    Dim 24 Juin 2018 - 14:21
Feelings and resentments...


tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a woman my girl. but for now it’s time to run...


Fort Ward le 24 juin 2018

Ses yeux s'attardaient à cette fumée nocive, blanche comme les nuages qu'elle observait à travers elle, contrastant avec le ciel bleu. Elle avait mal certes, plus mal qu'elle n'en aurait eu physiquement si on lui avait planté un coutelas dans la gorge, plus mal que les milliers de maux s'étant déversé sur le monde pour le faire suffoquer. La brise jouait dans ses cheveux, entre ses cils, caressait sa peau devenue bien froide depuis qu'il avait disparu. Le temps s'était arrêté en même temps que son cœur à l'instant précis où elle s'était trouvée face à Donovan, lorsqu'il lui avait dit. Songeant à cela, Cain recracha un énième rond de volute toxique entre ses lèvres roses et redressa le buste pour fixer non plus la voûte au dessus d'elle, mais la terre sous laquelle il reposait. Des tas de choses lui revenaient chaque jour, de son odeur à la clarté malsaine de ses prunelles aciers, à son timbre qui, peu à peu, s'effaçait de sa mémoire comme s'il n'était plus capable, là où il était, de la conseiller. Swann était devenu quasiment muet dans son cœur mais quelques murmures purement fictifs noyaient encore son crâne, attisant la haine maladive envers une fille qui n'avait encore de visage.

Le filtre entre les dents, la Canadienne se redressa, quittant l'herbe fraîche pour s'approcher de la tombe et arracher, à pleine paume, l'espèce de tige fleurie qui pointait fièrement entre les grains bruns. Pas de fleurs, laisser pousser cette chose ici en revenait à lui imposer sa mort et ça, elle n'en avait aucune envie. La tige quitta la terre en un bruit déchirant qui sonna merveilleusement clair dans sa poitrine, les racines entre les doigts, Joann agrippa la cigarette entre ses lèvres puis fixa les pétales soyeux de ce bouton voué à crever comme ce qui n'avait plus aucune place sur cette foutue planète. Elle la balança un peu plus loin, sur ce petit monticule similaire, de toutes ces putains de fleurs qu'elle avait arraché de sa tombe avant de tourner les talons pour rejoindre la baraque vide. Chaque fois, passant le seuil d'entrée ou du jardin, elle s'attendait à le voir, mais si à l'heure actuelle elle capturait quelque chose, ce n'était que le fruit de son imagination.

- Il faut qu'tu fiches le camp, Somma-t-elle à ce spectre n'ayant d'existence que dans son esprit rendu malade par le deuil. Tu n'es plus là, alors tires toi je t'en prie.

Son cœur se serra, et le vent jouant dans les voilages du salon la poussa à fermer les yeux, sentant quasiment cette présence dans son dos pour mieux serrer les poings. Rouvrant les paupières, Joe s'activa subitement vers les marches, suivie de près par le chien qui la veillait comme si on lui avait demander de le faire. Là haut, elle ouvrit la porte et l'envoya s'encastrer dans le mur pour s'empresser vers l'armoire devant elle. Les battants grincèrent, butèrent contre leurs gonds et enfin ses mains s'attardèrent au quelques petites choses qu'il lui avait légué bien malgré lui. Des vêtements, des livres, des tas de choses inutiles qu'elle fixa en laissant les larmes de rage perler à ses cils et mourir à son menton. Ses doigts serrèrent une première étoffe jusqu'à la balancer dans la chambre, puis une deuxième, une troisième et tout le contenu de l'étagère quand jusqu'à laisser apparaître les montres qu'il possédait. Ton cœur est mort à la seconde où on te l'a annoncé... Pensa-t-elle machinalement avant d'agripper l'un des bracelets pour toiser la petite aiguille qui trottait dans le cadran.

Reculant, la trentenaire se laissa choir sur le rebord du lit puis passa les pouces sur le verre entre ses doigts. Elle l'avait vu la porter peut-être une fois, et quand bien même avait-il pu y tenir, désormais elle n'appartenait plus qu'au souvenir qu'il était pour elle. Redressant le bras, Joann ferma les yeux et envoya le verre se briser sur un recoin de la table de chevet. Le craquement fêla presque son cœur avant qu'elle rouvre les prunelles et esquisse un sourire en toisant l'éclat du cadran, l'aiguille ne bougeait plus, le temps s'était figé.... Mais dans ce geste haineux, passionné sans doute, elle découvrit autre chose et sentit sa poitrine se comprimer. Ce n'était qu'une boite, dissimulée au mieux, qui venait de rejoindre le parquet suite au choc contre le chevet. Stoïque une seconde, elle l'agrippa après s'être baissée, prête à l'ouvrir avant de déglutir et de lui faire rejoindre l'armoire, en un bruit sourd, pour quitter la pièce et claquer la porte derrière elle. [...] La matinée avait laissé place au soleil plus chaud de l'après midi, et si elle avait déserté les lieux pour errer un moment dans le camp, ce n'était que pour réfléchir à ce qu'il aurait voulu, ce qu'il ne lui avait pas dit ni donné. A cette putain de boite de velours qu'elle n'avait pas ouverte, à ce qu'ils auraient pu être s'il n'avait pas disparu. Dégageant une perle à ses cils, balançant le mégot d'une énième cigarette entre les vagues rendues plus bleues par le temps estivale, Joann tourna les traits vers un groupe à quelques pas de là pour mieux soupirer en voyant Amrani. Sans doute encore à expliquer les directives à ces cons de nouveaux venus auxquels elle ne voulait guère se mêler.

- Encore à pousser au cul ceux qui dans trois jours s'bougeront plus ? Lui lâcha-t-elle, sans bonjour, sans politesse aucune, dardant son regard sombre sur les cadavres que ramassaient ces chers petites mains. Tu les as récupéré où ceux là ? A Renton ? Dans c'ranch de mes deux ? Elle savait bien que non, mais évoquer l'endroit où était mort son petit ami la poussait à garder le cap sur ce qu'elle même désirait. Tu perds ton temps Amrani, personne ne croit en toi, Siffla-t-elle avant de passer dans le dos de l'Israelienne pour mieux s'approcher de son oreille, un sourire mauvais aux lèvres. Tu n'as pour entourage qu'un ramassis d'abrutis, tous plus cons les uns qu'les autres, qui s'permettent aussi de saper ton autorité, rends toi à l'évidence... Tu feras pas long feu. Lui sourit-elle. Tu n'es pas Stan, encore moins Phelbs, ni même Floyd... tu n'es rien. Quant à Lawrence, elle ne lui arrivait pas à la cheville, ne la frôlait même pas, autant éviter au nom de son ami d'être éclaboussé par tant d’inaptitude.

Elle ignorait encore que cette dernière avait poussé une gueulante sur les terres alliées, cela changerait peut-être la donne, néanmoins pour le moment, la blesser encore semblait plus apaisant, agréable, que de subir l'absence de l'homme qu'elle aimait.

made by LUMOS MAXIMA



by anaëlle.
Young blood, run like a river. Young blood, heaven need a sinner, you can't raise hell with a saint. Young blood came to start a riot, don't care what your old man say. But we gonna raise hell anyway.
Showing no mercy
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
Ela Amrani
Leader | Remnants
avatar
Fiche de personnage
Survit depuis le : 05/11/2017
Messages : 316
Age IRL : 25
MessageSujet: Re: Feelings and resentments...    Mer 27 Juin 2018 - 16:56
Doucement, Ela préparait son départ de Bainbridge. Il lui restait encore une personne quelques personnes à aller trouver – dont une en particulier, mais elle ne cessait de repousser le moment – mais elle avait rassemblé ses affaires et se préparait pour un départ qui prenait des allures d’un départ définitif, ou presque. En effet, il fut convenu qu’Ela siègerait à Renton, quand June garderait le Fort. Si au début, l’israélienne avait nourri l’espoir d’y être rejointe par Merl, elle avait aussitôt renoncé au vue de comment s’était déroulée leur première sortie avec ces nouveaux alliés. Elle avait également estimé que son histoire de cœur ne valait pas le sacrifice de renoncer, alors qu’elle venait de commencer. Ce qu’elle allait créer, cette alliance, cet avenir, c’était beaucoup trop important pour renoncer par amour. Merl n’était pas obligé de la suivre, il était probable qu’il préfère même renoncer à cette histoire que d’accepter de la voir partir pour ne revenir que… rarement. Il devrait s’y faire, ou alors Ela assumerait les conséquences de son choix. Elle n’était pas tout à fait seule dans cette entreprise. Elle savait que quelque part, tu étais là. Pour elle. Abel. Merl avait su la toucher, apaiser son cœur et le faire battre à nouveau, mais tout comme lui serait à jamais à Ruby, elle serait à jamais à toi. Elle ne renonçait pas. Elle refusait de chasser cette présence, douce et rassurante, revenue lui réchauffer la poitrine alors qu’autour d’elle, tout allait à va-l’eau. Elle acceptait la possible fin de son histoire avec l’aîné des Rogers, parce qu’elle pouvait presque sentir ta main sur son épaule, pour la soutenir. Tu n’étais peut-être qu’un fantôme, un sujet de son imagination, mais l’effet était pourtant le même ; tu étais là, à lui souffler ta force.

Aujourd’hui ne faisait pas exception quand non loin d’elle s’éleva la voix de Joann Cain. Une des personnes qu’elle devait encore voir avant de partir. Elle lui avait laissé, temps à leur retour de Renton, pour accuser le coup, et déverser sa colère primaire. Ce jour-là, elle n’avait pas oublié les quelques mots qu’elle lui avait hurlé alors que l’israélienne prétendait ne pas avoir entendu. Un regard échangé avec Stanley l’avait découragé à intervenir. Il avait eu raison ; ce n’était ni l’heure, ni le moment. Ela était responsable de la mort de Swann, non pas parce qu’elle l’avait provoqué, mais parce qu’elle était la seule responsable des hommes qui l’avaient accompagné là-bas. Elle assumait entièrement cette responsabilité, elle en portait le fardeau, la peine également. Parce qu’elle estimait beaucoup le jeune Blackmore. Il était doté d’une rare intelligence pour son âge, possédait une éducation que bien peu avaient, ou avaient conservée, de leurs jours. Il avait gardé bien des secrets pour lui, et le couple qu’il avait formé avec Joann détonait. La peine de la brune n’en était que plus compréhensible. Ayant elle aussi senti ce trou béant au creux de sa poitrine. L’israélienne savait mieux que personne ce que la jeune femme traversait. Aussi savait-elle ne pas s’offusquer du ton que la jeune femme employait pour s’adresser à elle.

Entourée de trois jeunes gens qui s’en allaient pour rejoindre l’équipe formée par Merl et Valentine, ils hésitèrent en voyant la hargne de Cain se diriger droit vers leur dirigeante. Mais mouvement de tête, elle leur indiqua de ne pas intervenir. Aucun des trois ne déserta la place pour autant. Posément, elle voulut répondre : « Ils partent dans les champs…. » Mais Joann s’en fichait bien des réponses de l’architecte. Tu perds ton temps Amrani, personne ne croit en toi. L’israélienne se tut, légèrement raidie en la sentant se glisser derrière elle pour lui souffler la violence de ses pensées dans le creux de l’oreille. Tu n'as pour entourage qu'un ramassis d'abrutis, tous plus cons les uns qu'les autres, qui s'permettent aussi de saper ton autorité, rends toi à l'évidence... Tu feras pas long feu. Tu n'es pas Stan, encore moins Phelbs, ni même Floyd... tu n'es rien. L’architecte savait l’origine de cette haine. Mais Joann n’en touchait pas moins un point sensible. Ela était seule dans son combat. Elle s’en était rendu compte à Renton, devant l’indiscipline des siens, et du peu de sérieux qu’ils lui avaient accordé dehors. Beaucoup avaient été surpris de la soufflante et de la déception qu’avait exprimé Ela, suite aux opérations, encore plus quand elle avait exclu Jane… et les deux Rogers. Malgré cet échec – du point de vue d’Ela – l’architecte ne renonçait pas. Elle ferait quelque chose de ces gens, de cet endroit. Et elle n’avait besoin d’aucune aide, si ce n’est de la tienne.

Cain glissée dans son dos, Ela n’hésita même pas sur la réplique qu’elle lui donna. Loin du beau discours conciliant, l’israélienne plia légèrement les jambes et envoya son coude dans le creux du ventre de Joann, lui coupant le souffle. Ela pivota et d’un coup puissant, envoyant sa jambe dans celles de Joann pour lui faire perdre l’équilibre. Un dernier geste, et l’israélienne laissa la jeune femme tomber lourdement à terre – devant les trois jeunes, surpris, ainsi que les quelques témoins présents autour. Ela fit un pas en avant, se mettant sur le côté de Joann et la toisant de toute sa hauteur. Cet enchainement, combien de fois Cain ne le lui avait pas fait lors des entrainements de Stanley ? Pour une fois, l’architecte pouvait lui rendre la pareille. Et elle n’avait pas ménagé son effort, connaissant les capacités de la brune. Elle posa son pied sur son flanc, exerçant une légère pression. « La différence, Joann, c’est que je n’ai pas la prétention de les égaler. » Dit-elle d'une voix grondante mais mesurée. Ela n’était pas une Supernova, comme June, elle n’avait pas besoin de briller pour se sentir entière. Quand aux hommes qu’elle venait de citer, elle savait qu’elle avait plus besoin d’eux que l’inverse, et demandait leur conseil avec humilité. « Je suis désolée, pour la perte que tu viens de subir. J’en assume l’entière responsabilité, même si j’étais sur une autre mission à ce moment-là. » Elle l’avait appris plus tard, trop tard, et n’avait pas su savoir qui était responsable. « Je sais ce que tu traverses. » Et elle ôta son pied du ventre de Cain, reculant d'un pas. Parce qu’encore aujourd’hui, tu lui manquais. Et que ta présence fantomatique la rassurait, quand la solitude était trop grande.
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
Joann Cain
Modératrice
avatar
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Carabine Winchester - 9 mm - Couteau de survie
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 02/09/2017
Messages : 1130
Age IRL : 32
MessageSujet: Re: Feelings and resentments...    Mer 27 Juin 2018 - 18:18
Feelings and resentments...


tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a woman my girl. but for now it’s time to run...


Son prénom lui traversa le crâne sous le timbre du jeune homme. Il grésilla comme un écho lugubre, cette sorte de résonance qu'elle entendait se réverbérer dans la baraque vide, la nuit, quand le cauchemar la prenait, quand ses doigts douloureux grattaient, creusaient, raclaient la terre pour le tirer de cette maudite tombe. Ce timbre ci, la déstabilisa une minute, d'ailleurs ses cils pointaient déjà un point invisible à la recherche de sa silhouette, celle qui l'inviterait à pleurer encore, celle qui – malgré tous les souhaits et vœux qu'elle pourrait faire désormais – ne réapparaîtrait jamais. Elle l'avait entendu, suspendue à ce souffle n'ayant d'existence que dans son crâne, et la sentence fut un vague souvenir de ce qu'elle avait déjà fait endurer à la trentenaire dans le dos de laquelle elle était tapie. Un creux vibrant, électrisant, se forma dans son ventre, pile dans le diaphragme, lorsque le coude de l'architecte s'y enfonça. Pliée en deux, Cain reprit une inspiration sifflante, et n'ayant guère le temps de répliquer, elle se sentit vaciller lorsque la jambe fine de l’israélienne balaya les siennes comme de vulgaires brindilles. Cain rouvrit les yeux brusquement sur le ciel bleu, les nuages blancs, et si l'espace d'un instant elle cru sentir darder sur elle ses prunelles aciers, ce ne furent que celles de Ela qui la toisait de toute sa hauteur. La haine grandissait malgré la tristesse, malgré les mots, pourquoi diable son spectre la torturait-il de la sorte alors que celui de chair et d'os, de sang et de désir pour elle, l'avait tant aimé ? Pourquoi la dévaloriser ici, face à une femme qu'elle méprisait jusqu'à lors du moins, jusqu'à l'entendre parler après avoir déposé la semelle, sur son flanc, comme si elle n'était plus la prédatrice mais la proie ? A des kilomètres des rôles qu'elles occupaient, l'une et l'autre, lorsqu'elles en étaient aux prémices de leur propre survie.

Les images passées défilaient dans son crâne, des sourires mauvais qu'elle avait pu lui servir en usant de cette même prise pour la foutre à terre, des lames qu'elle arrêtait avec aisance, en une habilité impérieuse et menaçante, à quelques centimètres à peine de la gorge de la veuve quand Stanley les entraînait. C'était si facile à l'époque d'anticiper ses gestes, à l'heure actuelle l'absence de son ange la rendait faible, acide, aigrie....... inutile. D'un geste sec, et en l'entendant reprendre alors qu'elle même n'avait guère encore sifflé, Cain agrippa le pied de Armani et le tordit pour la pousser à la rejoindre le sable. Son corps s'étala aussi vite que le sien était parti rencontrer les grains plus tôt et, avant de ramper jusqu'à elle pour la surplomber – sans quitter le sol – à son tour, elle dévia brutalement les yeux vers le trio n'ayant toujours pas trouvé bon de déguerpir. Cela sembla suffire, ce ramassis de débiles foutait le camp, la laissant seule avec celle qui ne reniait guère être responsable de sa mort plus tôt, cependant ce qui intéressait davantage la Canadienne était ce qu'elle avait lâché ensuite. Des images fictives grésillaient dans son crâne, entrecoupées par les regards soucieux de Swann, au point de lui faire secouer la tête pour mieux lover ses billes brunes, amères et gavées de maux déchirants, dans ceux de l’israélienne.

- T'étais où ?!! Feula-t-elle à quelques centimètres des traits trop gracieux de cette leader en laquelle elle ne croyait pas, à défaut de lui qui l'imaginait faire de grandes choses.

Se remémorant ce qu'il avait pu lui dire à son sujet, Joann retint sa main à quelques pas de la gorge de la trentenaire au sol, puis serra le poing en sentant une larme rouler sur sa joue, cette dernière traversa la courbe de sa pommette, fila à son menton, pour enfin terminer sa course sur le top porté par son adversaire.

- T'étais pas avec lui ? Pourquoi ?

Ce n'était que des questions, certes sifflées par le timbre éraillée d'une femme blessée, dans la gorge de laquelle le chagrin s'accumulait, mais elle désirait des réponses. Reculant, Cain se laissa choir dans le sable, assise, avant de glisser ses doigts tremblants aux mèches de ses tempes. Elle l'entendait encore, comme un soupir soufflant sur son cœur, comme s'il désirait qu'elle ait encore confiance en lui pour des choses qu'elle n'aurait guère soutenues de son propre chef. Fermant les yeux une seconde, elle les rouvrit et observa les vagues devant elles deux, silencieuse, morte à l'intérieur. Morte depuis l'instant où lui l'était sans qu'elle le sache encore.

- Comment j'peux t'tenir responsable si t'étais pas là bas avec lui, si..... Une autre larme fila ses cils et roula pour mourir sur le jeans couvrant ses jambes qu'elle termina par fléchir. Il avait confiance en toi Ela, il est mort parce qu'il avait confiance en c'que tu lui inspirais, en ce qu'il croyait voir sortir de toi putain ! Son regard rougi par les larmes pointa Amrani. Sans l'avoir décelé elle même avant, grâce aux mots de la jeune femme près d'elle, Joann comprenait enfin pourquoi elle lui en voulait tant. Swann croyait en l'architecte alors qu'elle même n'y croyait pas, qu'un instant dans son existence elle s'était crue dévalorisée, en l'ayant pourtant à elle seule, à coté de cette femme d'ambassadeur. Et j'étais pas là........... moi non plus..... Il m'aimait, il m'faisait confiance, il m'a donné sa vie et j'étais pas là...........

Un sourire étira ses lèvres malgré les larmes qui dégoulinaient sans qu'elle puisse les contrôler. Elle verrait ses faiblesses tout comme elle n'avait eu de cesse de pointer les siennes, de les retourner à son avantage pour briller davantage qu'Ela, pour être plus importante aux yeux de personnes qu'elle n'appréciait même pas, pour des gens qu'elle méprisait.

- L'pire c'est que, t'es peut-être la seule qui peu comprendre ouais, ça m'fait clairement chier, mais.... Déglutissant, Joe reporta les billes sur la mer à quelques mètres, laissant le vent jouer dans ses mèches brunes, donnant à ce souffle extravaguant, qui lui remémorait sa voix, l'audace de tempérer son cœur et clarifier ses idées. il avait raison sur la plupart des choses qu'il m'a dites, alors pourquoi ce serait pas l'cas encore maint'nant, même s'il est plus auprès d'moi ?

Elle l'évoquait elle, sa voisine actuelle, peut-être pourrait elle l'élever là où Swann espérait la voir s'élever, allez savoir.... Elle peinait à comprendre ce qu'il voulait désormais alors que, quand il était encore présent, un simple regard suffisait.

made by LUMOS MAXIMA



by anaëlle.
Young blood, run like a river. Young blood, heaven need a sinner, you can't raise hell with a saint. Young blood came to start a riot, don't care what your old man say. But we gonna raise hell anyway.
Showing no mercy
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
Ela Amrani
Leader | Remnants
avatar
Fiche de personnage
Survit depuis le : 05/11/2017
Messages : 316
Age IRL : 25
MessageSujet: Re: Feelings and resentments...    Jeu 5 Juil 2018 - 19:38
L’instant d’après, l’israélienne perdait l’équilibre et s’étalait dans la poussière à côté de Cain. Elle aurait pu le voir venir, mais des combats au corps à corps, Ela avait encore beaucoup à apprendre. Elle était touchée par la perte de Joann, le souvenir de ta mort résonnant en elle alors que la brune l’incendiait du regard. Elles n’avaient jamais été amies. Joann n’avait jamais manqué une seule occasion de lui rappeler à quel point elle était faible, lente, prévisible. Que l’architecte monte au pouvoir aux côtés de June ne lui avait arraché qu’un rictus blasé. Et une fois de plus, Ela avait rajouté un nom dans la liste de ces personnes qui ne croyaient pas en elle. Une liste tellement longue, dans laquelle elle avait dû se résoudre à y inscrire le nom de Merl. Cette solitude lui semblait cruelle certains soirs. Mais elle ne renonçait pas. Car si personne ne croyait en elle en l’état, son abandon serait condamné par tous. Et malgré le froid, la distance dans son regard, il y avait encore de l’orgueil dans son cœur, et une volonté farouche de faire bouger les choses. La défiance de Joann ne l’étonnait guère. Et sa réaction face à la violence qu’avait exprimée Ela n’aurait pas dû la surprendre. Pourtant, elle chuta.

Surprise, elle ne lui envoya pas moins un regard courroucé qui ne l’atteignit pas. Joann envoya les trois jeunes balader et Ela ne fit aucun geste pour les retenir. Si Joann voulait régler ses comptes, Ela ne lui ferait pas ce plaisir de servir de punching-ball. Elle pouvait rendre les coups. Cain la surplomba, avançant sa main vers la gorge de l’israélienne qui la regardait sans ciller, malgré les battements de son cœur affolé. Elle la déviait d’aller jusqu’au bout de son geste. Déjà, Ela rassemblait une poignée de sable entre ses doigts, prête à la lui lancer au visage si nécessaire. Mais malgré tout, l’architecte restait persuadée que cela n’irait pas jusque-là. Joann souffrait. Terriblement. Et malgré leurs différends, la jeune femme savait qu’Ela était la seule qui pouvait réellement comprendre la tempête qui faisait rage en elle. Et elle avait raison.

Une larme salée s’écrasa sur son top, alors que Cain reculait, s’affaisait sur le sable à côté d’elle. Lentement, la veuve se redressa en silence, son regard posé sur elle était moins amène, plus conciliant. Elle écouta les paroles de Joann sans intervenir, sans l’interrompre. Pudiquement, elle tourna les yeux vers la mer quand elle se fut assuré que la colère de Joann ne se retournerait pas à nouveau contre elle. Pliant les jambes, elle s’appuya en arrière sur ses mains. Elle l’écouta, encaissa les paroles de la brune, baissant les yeux quand elle lui cracha les espoirs que Swann avaient pour elle. S’apaisant enfin, en même temps qu’elle. Elle comprenait ce qu’elle disait, mais elle laissa un instant le bruit des vagues faire écho à ses paroles, avant de se décider à parler. « Abel est toujours là, partout où je vais. Partout où je pose mon regard. Surtout en cette période, il est toujours là. Je pourrais presque sentir sa main posée sur mon épaule. » Parce que tu étais encore son seul soutien aujourd’hui. Celui qui lui permettait de se sentir moins seule en ces temps troublés. Elle tourna la tête vers Joann, pour la regarder avec douceur. Elle n’avait pas pitié de la brune, comment le pourrait-elle ? C’était de la compassion, parce qu’elle savait ce qu’elle traversait en ce moment.

« Swann est une personne unique. Je pense qu’il n’y a que toi qui puisse te targuer d’avoir pu le comprendre et l’aimer, entièrement. Il était l’une des rares personnes à croire en ce que je faisais, du moins j’espérais que ce soit ça. » Elle détourna la tête vers l’horizon. « J’ai pris la décision de le laisser avec Stanley, Donovan et les autres parce que je le pensais plus en sécurité avec eux qu’avec moi. Avec une poignée de gens, je suis allée intercepter les enfants que ces gens avaient tenté de cacher. » Elle se redressa pour poser un avant-bras sur son genou, laissant son autre main jouer avec le sable. « Je savais aussi qu’en le laissant là-bas, il y aurait quelqu’un pour me faire un retour franc sur ce qu’il s’est réellement passé. » Parce que la solitude d’Ela la forçait à prendre ses précautions. Elle n’ignorait pas les détracteurs à sa prise de pouvoir, le peu de sérieux qu’elle avait auprès des autres. Après les rapports de Ray, Stanley et Donovan, elle avait compté sur le franc parlé de Swann pour la mettre face aux erreurs qu’elle avait pu commettre. Il y avait Merl, aussi, dans ce groupe, mais le Kansan ne voyait pas toujours les choses de la bonne manière. Et la réaction qu’il avait eue ce jour-là lui avait prouvé que la franchise de Swann aurait été plus fiable. Malheureusement…

« J’ai appris pour sa mort au moment même où Atkins s’en servit comme prétexte pour abattre l’une des leurs. Mais s’il a été témoin de sa mort, il a été incapable de me donner une description fiable du responsable. » Elle regarda Joann, posa sa main sur son avant-bras pour y exercer une légère pression. « Tu n’aurais rien pu faire pour changer les choses, pas plus que moi. » Puis elle laissa retomber sa main. « Ce que je peux te dire, c'est que le temps apaisera la douleur. Cela dit, tu n’es pas obligée de me croire … Cela fait deux ans que je discute avec mon défunt mari tous les soirs. » Un humour triste qui tomba à plat. Parce qu'elle n'était pas douée pour ça. Mais aussi parce que l’émotion dans sa voix était encore palpable, même après tout ce temps. Même après sa rencontre avec Merl. « La mort de Swann reste ma responsabilité. Parce que j’étais la responsable sur les lieux, mais surtout parce qu’il fait partie des miens… Et malgré tout le ressentiment que tu peux avoir pour moi, toi aussi, tu fais partie des miens, Joann. » Elle ne s’était pas réjouie ce jour-là non. Elle ne s’était pourtant pas montrée à l’enterrement de Swann, mais c’est parce  qu’elle avait compris la rancœur et la haine de Joann. Il avait fallu le temps, mais le bon moment … c’était maintenant.
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
Joann Cain
Modératrice
avatar
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Carabine Winchester - 9 mm - Couteau de survie
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 02/09/2017
Messages : 1130
Age IRL : 32
MessageSujet: Re: Feelings and resentments...    Ven 6 Juil 2018 - 11:21
Feelings and resentments...


tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a woman my girl. but for now it’s time to run...


Elle ne la cernait pas, c'était bien là son problème. Si elle avait toujours trouvé les aspirations de Swann comme véridiques et très envisageables, ce qu'il pensait au sujet de cette femme, à coté d'elle, la dépassait cruellement. A son regard Ela n'avait pas l'étoffe de June, elle n'en avait aucune sinon celle d'une veuve trop attachée aux souvenirs de son mari. Elle n'avancerait jamais et ne ferait jamais se repousser les frontières de leur havre de paix. C'était sans nul doute l'unique sujet sur lequel elle n'était pas d'accord avec lui, un sujet qu'elle évitait où étouffait dans l’œuf en se servant de ce dont il ne pouvait se passer, dont elle même ne pouvait se passer : le sexe. Un frisson désagréable lui rongea l'échine à la pensée que jamais plus elle ne sentirait son corps se tendre sur le sien, que jamais plus il ne râlerait à son oreille, que jamais plus elle ne lui dirait ô combien elle l'aimait. Refermant plus fort les bras sur ses genoux, elle revint à l'architecte et à ce qu'elle lui disait.

Il est encore là.... Effectivement, peu importait d'où ça venait mais cette même impression, évoquée par la brune, s'imposait à elle dans la baraque vide. Dès lors qu'un courant d'air froid fondait sur ses épaules nues, des lors qu'elle voyait un voilage se soulever sous la brise. Pire encore étaient les instant où elle croyait voir la brume impalpable de son spectre. Et oui l'étudiant croyait en Amrani, elle ne se fourvoyait pas, cependant Cain ne savait pas ce qui le motivait chez cette femme, ce qui le fascinait tant malgré ses airs robotiques. Oui elle l'aimait, l'avait aimé sans doute dès les premiers instants. Joann avait apprécié sa manière d'être, sa façon de l'aduler et de fantasmer sur elle au point de la désirer et de faire tout, absolument tout, ce qu'elle lui suggérait. Elle avait eu cette emprise forte et malsaine qu'elle n'avait eu sur aucun autre, avec Swann tout était plus fort, toujours plus fort.......

La laissant poursuivre, quelques clichés factices – pour ne pas y avoir été – lui traversaient le crâne. Des enfants.... Là aussi elle n'en aurait jamais, jamais malgré l'envie pesante que de mélanger leurs sangs plus qu'il n'était question de devenir mère. Il ne l'avait même pas su, tout comme elle n'avait même pas su qu'il désirait lui demander quelque chose sans en avoir eu le cran. Une autre larme quitta ses paupières qu'elle ferma en sentant le regard brun de l'israélienne peser contre elle. Elle imprimait ses dire, ses excuses et le fait qu'elle se sentait responsable, mais finalement, cette femme ne l'était pas une seconde. Propulsée Leader sans y être préparée, trop douce pour se faire respecter. Un peu comme elle qui s'était vue devenir épouse sans en avoir l'âge ou la maturité, trop faible pour comprendre qu'elle se ferait dévorer par les aspirations horribles de feu son putain de mari. La manière dont Ela évoquait Swann était belle, franche et sans détour, jamais elle ne l'aurait cru capable de faire reposer autant d'espoirs sur les épaules de l'étudiant que bien des autres détestaient. Amrani, tout comme elle, avait décelé quelque chose dans les yeux gris de Blackmore.... A sa boutade, n'en étant pas forcément une, elle avait même émit un rictus et attendu sa conclusion, qui l'avait obligé à rouvrir les yeux pour les planter dans les siens alors qu'elle retirait la main, rassurante en un sens, de son épaule.

Les siens.... La concernant les siens n'étaient que lui et Lawrence, ensuite Casey et Stan puis Donovan. Le reste n'étaient que des parasites inutiles, sans importance, de la chair à canon pour ne pas se salir les mains. Le silence se fit pourtant avant qu'elle se hasarde à ouvrir la bouche, laissant le temps aux vagues de chanter leurs louanges désespérées comme celles qui berçaient les restes fumants de son cœur. La Canadienne le savait, elle s'en doutait, elle aurait dû se protéger et ne rien lui donner, ne rien offrir. Elle n'aurait jamais dû s'enfoncer dans l'amour, aussi sombre était-il entre eux, parce que la souffrance actuelle était immonde, insupportable. Pour autant les mots de la trentenaire firent échos en elle, la poussant à se relever et à la toiser. S'il voyait quelque chose en elle, il fallait qu'elle le voit elle aussi, qu'elle la pousse et qu'elle devienne ce que lui imaginait possible. En son souvenir, en sa mémoire, pour ne pas qu'il soit mort en vain, qu'il perdure dans ses propres prunelles et dans le comportement encore trop mécanique et tendre de la femme à son flanc.

- J'aurai pu mourir à sa place. Lâcha-t-elle sincère. Elle aurait préféré et savait parfaitement qu'il l'aurait vengé à son tour, avec sadisme et froideur, comme dans cette putain de bibliothèque. J'ai vécu énormément de choses, si ça devait être l'heure de quelqu'un j'aurai préféré qu'ce soit la mienne et pas celle de... Encore une fois elle peinait à prononcer son prénom mais Ela comprendrait. Mais, t'es pas responsable, tu n'étais pas là, s'il y a des responsables ce sont tous ces connards qui sapent ton autorité, qui sont trop cons pour voir plus loin, ce qu'on leur propose... Ce que tu leur proposes.

Un vague sourire étira ses lèvres. Ça lui coûterait de le dire, ça lui coûterait de le faire les premiers temps, mais si Swann estimait Ela capable de quitter son putain de cocon pour devenir un papillon de nuit, quelqu'un d'important, mieux valait qu'elle l'aide elle plutôt que de la laisser aux mains de quelqu'uns de bien trop doux qui n'en ferait qu'une loque sans espérance ou ambition.

- Pour lui, je t'aiderai....... Ce sera difficile Ela, faudra faire des choix et des choses qui ne te ressemblent pas, mais t'as pas l'choix, c'est moi où toutes ces enflures qui t'saperont à la moindre occaz', moi ou personne. Les yeux dans les siens, elle lui tendit la main. Y a du boulot, mais plus personne ne t'écrasera si tu suis c'que je te dis, j'vais pas prendre ta place et j'en ai rien à foutre qu'on l'croit. T'as des choses à m'apprendre, j'en ai à t'offrir mais ce sera très laid, peut-être même sanglant. Mais on s'fait pas respecter en jouant les mamans avec des ado boutonneux n'ayant pour aspiration dans la vie que d'défoncer tout c'qui bouge.

made by LUMOS MAXIMA



by anaëlle.
Young blood, run like a river. Young blood, heaven need a sinner, you can't raise hell with a saint. Young blood came to start a riot, don't care what your old man say. But we gonna raise hell anyway.
Showing no mercy
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
Ela Amrani
Leader | Remnants
avatar
Fiche de personnage
Survit depuis le : 05/11/2017
Messages : 316
Age IRL : 25
MessageSujet: Re: Feelings and resentments...    Dim 15 Juil 2018 - 14:10
J'aurai pu mourir à sa place. Ces mots résonnèrent en elle, car c’était exactement ce qu’elle avait crié à tous ceux qui avaient tenté de la calmer, à ta mort. Parce qu’elle avait hurlé, cogné, griffé et mordu. Elle s’était débattue avec tant de hargne qu’ils avaient dû l’assommer de médicaments, pour le bien des autres. La drogue avait tué la colère en elle, la laissant seule se débattre à l’intérieur d’elle-même. Et petit à petit, elle avait éteint tout ce qui faisait d’elle la personne qu’elle était avant. Ce petit caractère pincé qu’elle avait, la détermination et la hargne. Aujourd’hui encore, elle la cherchait. Mais trop longtemps éteinte, propulsée trop rapidement au sommet, l’esprit d’Ela cafouillait encore, présentait des failles que de trop nombreuses personnes percevaient chez elle. Elle n’était peut-être pas aussi solide que June, peut-être avait-elle trop de cœur. Ce qui la poussait à continuer sa lutte, ce n’était pas vraiment les autres autour d’elle, c’était plus grand que ça. Elle devait préparer l’avenir des générations futures. Mais le respect des générations actuelles n’en étaient pas moins importantes, déterminantes. Ela faisait de son mieux, mais pour le moment, cela restait insuffisant.

Alors Cain se leva, et l’israélienne la suivit du regard, un peu curieuse – un soupçon méfiante, aussi. Elle savait ce que la brune ressentait, à l’époque, elle aurait tout donné pour échanger sa place avec la tienne. C’aurait été plus facile, plus facile que de survivre sans toi. Elle avait beau s’être relevée aujourd’hui, elle savait qu’elle ne serait plus jamais vraiment la même. Tout comme Joann. Plus rien ne serait jamais pareil pour elle. L’ex-Escort-girl fit dévier la conversation sur elle, surprenant l’architecte qui la regarda avec attention. Parce que Joann et elle n’avaient jamais eu d’affinités, et que ce qui les reliait aujourd’hui était un deuil qu’elles devaient toutes les deux porter.

En lui proposant son aide, Joann lui tendit la main, l’avertissant toutefois de la difficulté de la tâche. L’israélienne emmagasinait les informations, saisissait l’importance de ce que Joann lui offrait. La brune semblait vouloir faire, pour les espoirs que Swann avait fondé sur elle. Ela voyait une occasion en or de parvenir à ses fins avec l’appui nécessaire et le respect qui lui était dû. Ce serait difficile, c’était certain. Ela se heurtait depuis un moment déjà à tous ceux qui la jugeaient trop faible pour diriger. Seule dans sa quête, sans même la présence de Merl à ses côtés, l’israélienne n’avait pas le soutien nécessaire pour rivaliser avec la prestance de June. C’était plus compliqué pour elle, Joann le savait. Ela finit par prendre la main que Joann lui tendait pour se relever. A hauteur de Cain, l’architecte trouvait la situation à la fois étrange et réconfortante. « Ce ne sera pas facile, en effet. Mais il y a des difficultés qui valent la peine d’être surmontées. »

*****

1er juillet, sur la route de Renton.


Ela avait quitté Merl tôt dans la matinée, le laissant seul … chez elle. Le souvenir de leur dernière étreinte encore bien imprimée dans son esprit, jusqu’au plus profond de son être, Ela partait presque sereine. Presque. Cette nuit lui laissait un goût de trop peu, mais ce qui l’attendait était plus important encore. Et Merl le savait autant qu’elle. Le convoi était prêt à partir, tout le monde embarquait mais Ela ne vit pas Joann dans la foule. Elle monta en voiture, aux côtés d’un jeune soldat au volant – le fourgon rempli de matériel pour l’avant-poste – il démarra, mais juste avant d’enlever le frein à main, la portière conducteur s’ouvrit brutalement. Cain. Sans ménagement, elle fit descendre le soldat du fourgon et prit le volant. Ela retint un sourire du coin des lèvres avant de tourner la tête vers la route qui s’ouvrait devant elles. « Bonjour Joann… Il est un peu tard, tu ne trouves pas ? » Dit-elle avec légèreté pour souligner son léger retard. Ela était étrangement détendue, confiante. Il fallait aussi dire que la nuit dernière avait été des plus tendres.
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
Joann Cain
Modératrice
avatar
Fiche de personnage

Vos équipements
Armes: Carabine Winchester - 9 mm - Couteau de survie
Equipements:
Spécificités du personnage:
Survit depuis le : 02/09/2017
Messages : 1130
Age IRL : 32
MessageSujet: Re: Feelings and resentments...    Dim 15 Juil 2018 - 20:16
Feelings and resentments...


tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a woman my girl. but for now it’s time to run...


C'était ce qu'elle avait toujours fait finalement non ? Manipuler, à sa guise, modeler à sa façon, façonner ce qui n'était qu'une pâte et en faire quelque chose de plus fort, rigide, précieux ? Exactement. C'était ce qu'elle avait toujours fait sans se soucier de l'impacte que ses agissements pouvaient avoir sur les autres mais, aujourd'hui, et après cette discussion particulière sur la plage avec Amrani, l'enjeu était bien plus général que personnel. Elle le faisait pour lui mais tout autant pour elle sans être certaine que ce soit le cas. Ela avait vécu la même chose qu'elle, et si à l'époque elle ne s'était pas penchée sur elle, le fait de partager quelque chose de similaire pouvait lentement lui ouvrir les yeux. Certes elles ne seraient jamais amies, mais un lien se forgerait. Peut-être que d'autres ne le verraient pas se solidifier, mais finalement c'était sans doute mieux. L'Israélienne s’endurcirait, on ne la verrait pas dans son ombre, et elle obtiendrait le respect de tous ces cons n'ayant guère encore compris que stagner c'était lentement crever. Si elle y avait un intérêt autre que d'assouvir les désirs de Blackmore, post mortem ? Évidement que oui. Après tout, deux leaders proches d'elle ce n'était guère négligeable.

Tout en descendant son sac, elle observa Joy qui tirait sur un joint en observant la tombe de son frère. L'aînée ne viendrait pas, Joe avait eu beau la pousser en ce sens, rien n'y faisait, elle n'avait et n'aurait jamais aucune prise sur cette fille. Elle la reverrait bien assez tôt, peut-être avec de bonnes nouvelles, peut-être avec un cadeau éphémère n'étant que la mort de cette blonde, qui lui permettrait de passer outre l'absence du dernier membre de sa famille encore debout deux mois plus tôt. Le sac prêt, Cain le déposa sur la dernière marche de l'escalier et sortit l'écrin de sa poche avant de s'adosser au rebord de l'évier de cuisine. Il avait jeté son alliance ici même, et si aujourd'hui l'envie de se débarrasser de cette bague la prenait, le désir de la porter était bien plus fort. Le saphir rejoignit son annulaire avant qu'un sourire étire ses lèvres. Elle était à lui jusqu'à ce que la mort vienne l'embrasser et lui permette de le rejoindre.... […] Plus tard, elle embarqua le chien et le fit monter dans la jepp que Clayton occupait, prête à s'installer avec le routier pour subitement arrêter son geste et remarquer Ela plus loin. Ni une ni deux, la Canadienne la rejoignit, vira le chauffeur de sa place initiale et s'empressa de prendre le volant du van sous un bonsoir ironique de la passagère.

- Rien qu'ça tu devrais revoir Amrani. Lâcha-t-elle en un rictus.

Ouais, fallait qu'elle se détende, que ses mots soient plus naturels et fluides, que personne n'ait l'impression qu'elle ait parcouru mille encyclopédies et mille dicos avant d'ouvrir la bouche. Oh elle la changerait sûrement pas en elle, ça non c'était peine perdue et ça ne servirait très clairement à rien, mais qu'au moins Ela paraisse plus forte et pas outrée de lâcher un juron bien cinglant par ci par là. Sans en rajouter encore, la trentenaire enclencha le contact, jeta un œil au rétro, puis accéléra en direction de la barricade ouverte.

- Mais t'as raison, j'ai du retard pour un truc en particulier. Sourcil arqué, prunelles rivées dans le miroir central lui rendant le reflet des véhicules à leur suite, Cain se permit de lui offrir un regard et un sourire sincère. Après tout, à sa place, l'escort aurait certainement fait ravaler sa putain de langue à la pétasse ayant osé l'insulté de terre sèche. J'suis désolée pour les horreurs que j't'ai balancé c'jour .... Et j'pense que pour repartir sur de bonnes bases, clairement d'zéro même, c'est pas plus mal d'te dire ça.

Au moins qui était fait, s'il fallait qu'elle l'aide, qu'elle lui permette de s'élever et de tenir tête à un ramassis de crétin qui n'étaient pas foutus de se tirer les doigts du cul pour autre chose que se branler dans leur coin, il fallait bien entamer sur des bases claires, sans animosité, sans reste et traces d'une relation passée quasiment inexistante.

made by LUMOS MAXIMA



by anaëlle.
Young blood, run like a river. Young blood, heaven need a sinner, you can't raise hell with a saint. Young blood came to start a riot, don't care what your old man say. But we gonna raise hell anyway.
Showing no mercy
Revenir en haut Aller en basVoir le profil de l'utilisateur  
Contenu sponsorisé
Fiche de personnage
MessageSujet: Re: Feelings and resentments...    
Revenir en haut Aller en bas  
- Feelings and resentments... -
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
+
 Sujets similaires
-
» Reese-My feelings are too loud for words and too shy for the world.
» [Carte] Fie toi à ton intuition - Trust your feelings
» /!\ Fight your feelings » In Guk x Moon Kyu
» [M] ▲ CHARLIE HUNNAM - Cause most of our feelings, they are dead.
» How long can we hide our feelings like that? | Jike. [HOT] + Terminé.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: Archives RP :: RP Terminés-
Sauter vers: