The Walking Dead RPG

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- Oops, I did it again -
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MessageSujet: Oops, I did it again   Jeu 14 Juin 2018 - 21:54

Alicia Chamberlain
24 ans Américaine Femme de ménage Travelers

i've got a war in my mind


Avant toute chose, autant le dire maintenant comme ça on en parle plus. Je suis une fille qui n'aime pas les chichis alors ne vous attendez pas à toutes ces formules de politesse, le vouvoiement à outrance ou je ne sais quoi. La familiarité, ça me connaît, je préfère un salut à un bien le bonsoir gente dame. D'ailleurs, communiquer oralement n'est pas mon fort, en revanche à l'écrit, ça ne me pose pas de souci. Par ce biais, je suis une autre personne au point que, souvent, les gens me lisant doutaient que j'en sois l'auteure, c'est pour dire. En un mot, je suis taciturne, oui. Du coup, on me trouve au premier abord froide, au second et au troisième aussi, jusqu'à comprendre que je ne tire pas la gueule parce que je vais mal ou à cause de vous, non, je suis comme ça. Et comme cerise sur le gâteau, j'ai une fierté plutôt mal placée par moment, sans aller jusqu'à me croire supérieur à tout le monde, mais disons que je peux être arrogante et penser être un peu mieux que vous.

Lorsqu'on ajoute les traits précédents, autant dire que le mélange n'est pas des plus agréables pour mes interlocuteurs, à une exception ; lorsqu'il y a de l'action. Pas au sens physique, quoi que, même si je ne suis pas Wonderwoman, je ne manque pas de courage lorsque je dois faire face à un adversaire. Ma vaillance est sans faille ! Mais revenons-en à nos moutons, la bataille verbale. Ça, ça me plaît et la pugnacité est au rendez-vous, mais aussi de manière générale car je fais preuve de combativité. Il ne s'agit pas du seul atout en ma possession pour survivre, je suis loin d'être idiote et jamais je ne foncerai tête baissée. J'opte pour la réflexion, une arme non-mortelle, mais affûtée, elle se révèle redoutable ! Toujours observer et voir les différentes possibilités qui s'offrent à moi, tout comme chercher les sorties avant même d'avoir les deux pieds dans une pièce. Une fois à l'intérieur et sûre d'être en sécurité, je fouille de manière méthodique en respectant toujours le même ordre. Une sorte de toc si vous le souhaitez, mais il faut savoir se dicter et respecter des règles sans quoi, l'erreur n'est jamais bien loin.

Forcément, ce trait ne va pas sans mon côté pointilleuse, et oui. En même temps, si je ne le suis pas, comment m'assurer que les règles soient bien appliquées ? Quand on me le reprochait, je disais toujours que c'était de la minutie parce que ce mot passait étonnement mieux, il sonne plus positivement que l'autre. Sinon, sachez que malgré le fait que j'aime batailler, je ne suis pas bornée pour autant, donc si on me demande de faire un truc et qu'on me prouve que c'est la meilleure chose, je le fais sans rechigner. La discipline a toujours été présente dans ma vie, c'est une forme de respect en fait. Mais si vous décidez de jouer avec moi en me titillant un peu trop, gardez bien à l'esprit que je n'oublie pas et que la vengeance est un plat qui se mange froid. Oh oui, ma rancune est tenace. Peu importe où et quand, mais je finirai par vous rendre la pareil, croyez-moi, je saurai faire preuve d'un acharnement sans relâche. Pas que pour ça cela dit, ma hargne ne me quitte jamais. Si j'ai décidé ou que je dois faire quelque chose, peu importe si je dois y passer des heures et des heures alors que ça prendrait normalement que quelques minutes, je ne lâcherai pas le morceau et finirai par y arriver.



and blood on my hands


Petit bout de femme, je mesure tout juste un mètre soixante pour, à la dernière pesée, cinquante kilos, pas plus. Depuis, j’ai évidemment perdu du poids, par moment beaucoup, d’autres où j’en reprenais un peu. En fait, tout dépend des saisons et de ce que je peux trouver à manger. Pour le reste, il suffit de me regarder ; brune aux yeux marrons, comme mes parents. Avant, je n’étais pas plus féminine que ça, juste le minimum disons. Il m’arrivait à des occasions spéciales ou fêtes de famille d’être sur mon trente-et-un, mais ça s’arrêtait là. Aujourd’hui, je porte ce que je peux trouver de pratique sans pour autant ressembler à un sac car je trouve qu’il est important de continuer à prendre un minimum soin de soi. Pas pour les autres hein, mais pour soi tout simplement.

Sinon, pour ce que je possède en ce moment, voici la liste :
- Un couteau donné par mon père
- SIG Sauer lui appartenant aussi que Bradley a récupéré lors de notre fuite de Twisp, mais aucune munition, je le garde par sentimentalisme car je ne sais même pas tirer.
- Des cahiers remplis, un autre commencé et des stylos car j’aime mettre sur papier ce qui me passe par la tête.
- Un fruit, en général une pomme ou deux.
- Un truc en plus à manger en fonction de ce que je trouve.
- De l’eau.
- Une tenue complète de rechange propre.
- Une couverture.
- Une petite casserole.
- Une photo de famille.
- La montre de Brad que je ne peux pas porter car trop grande.

Voilà pour l’essentiel. Il peut y avoir quelques changements, mais en gros c’est ce que j’ai.

a storm is coming


Ma vie d’avant… Commençons par le commencement alors ! Je suis née le 1er décembre 1993 à l’hôpital de Brewster à l’Est de l’Etat car là où vivaient mes parents, aucun service de ce type n’existait. Oh, il y avait bien un médecin de campagne, mais ça s’arrêtait là. Nous vivions à Twisp, un petit village de même pas 1 000 âmes, enfin, d’êtres humains car les animaux étaient bien présents, bien plus que la verdure qui, elle, dépendait vraiment des saisons et des précipitations pluvieuses. Je suis fille unique au grand désespoir de mes parents qui auraient aimé avoir un autre enfant, mais rien à faire. Ma mère, Sandra, travaillait dans la station-service du village tandis que mon père, Edward bossait dans un magasin de bricolage. Nous ne menions pas la grande vie, mais en toute franchise, à aucun moment j’ai eu le sentiment de manquer de quelque chose. C’est vrai, tout ce que les gens de mon âge possédaient, je les avais aussi, enfin, à peu près. Certes, j’avais un téléphone portable, mais un bas de gamme, j’avais des chaussures semblables à des Convers, c’était à s’y méprendre, mais ça n’en était pas, elle provenait d’un magasin discount. Mais moi, ça m’allait. De toute manière le choix ne s’offrait pas à moi.

Les relations avec mon père ont toujours été un peu étrange lorsque je comparais avec mes amis. J’éprouvais un réel respect pour lui, s’il me demandait quelque chose, je faisais sans rechigner. Je me souviens d’une amie qui me demandait au début s’il était violent avec moi car elle ne comprenait pas que je lui dise Amen à tout. Évidemment, papa n’était pas comme ça, mais ils m’ont élevé avec cette notion de respect envers les aînés. Elle était toujours présente avec maman, mais de manière plus détendue si je peux dire. Elle m’apprenait à ne pas me laisser marcher dessus en me rabâchant sans cesse que je devais garder la tête haute quelques soient les difficultés rencontrées, quelques soient les bâtons mis dans les roues, peu importait. Rester forte, sûr de moi pour ne pas montrer mes faiblesses ou ma peur et ainsi se protéger. Tiens, d’ailleurs, on ne dirait pas lorsqu’on me voit aujourd’hui, mais petite j’étais une gamine super souriante ! Ça vous en bouche un coin hein !

Sinon, au niveau de ma scolarité, je faisais plutôt partie de la seconde moitié des élèves, celle tirant la moyenne de classe vers le bas. Je travaillais plus ou moins mes devoirs et écoutais avec plus ou moins d’attention les cours. Mes notes décevaient mes parents qui espéraient tant me voir faire de grandes études, presque davantage pour eux que pour moi car eux n’avaient pu faire autre chose et ils misaient beaucoup sur moi. Du moins jusqu’à la fin du collège. Pour info, celui-ci était situé à une petite dizaine de kilomètres, à Winthrop. Bref, ils durent donc se rendre à l’évidence ; les études ne m’intéressaient pas alors que j’avais potentiellement les capacités de réussir. J’ai toujours été comme ça. Si je n’accrochais pas avec un truc, impossible pour moi d’y accorder plus de temps que ça. Surtout qu’à la fin, j’étais plus intéressée par les garçons qu’autre chose, donc difficile de garder toute sa concentration !

Jusqu’à ce moment-là, il s’agissait de simples échanges de baisers, des pseudos coups de foudre, mais la première fois où j’ai véritablement ressenti quelque chose de spécial pour un garçon, c’était au lycée de Omak. Matthew, un type bien bâti et coqueluche de l’établissement. Autant dire que je visais haut, mais ça a bien failli réussir ! Je me suis pourtant acharnée en tentant un peu tout et n’importe quoi, même à assister à ses matchs de football, à le ‘’croiser’’ de manière parfaitement involontaire dans les couloirs… Au final, c’est en dernière année que j’ai connu mon premier petit-ami ; Vince. Peut-être pas le plus beau, mais il était marrant et attentionné.

Ça n’a évidemment pas duré plus de quelques mois car mine de rien, j’avais presque une heure de route avec le car rien que pour faire le trajet aller entre la maison et le lycée. Donc une fois les cours terminés, on ne se voyait presque plus. De toute manière, j’ai toujours voulu quitter ce trou perdu pour Seattle, ’’au moins là-bas je trouverais facilement du travail’’, voilà ce que je me disais à l’époque. Avant même d’envisager un départ, il me fallait de l’argent pour éviter de me retrouver à la rue en y arrivant à peine. Du coup, je me mis à travailler pendant un peu plus d’un an dans le village et ses environs, que ce soit dans des magasins, des dinners ou même en m’occupant de gosses. Bref, je me fichais pas mal du boulot tant que je pouvais mettre de côté.

Et c’est seulement durant l’été 2014 que je pus enfin rejoindre Seattle. Mes parents étaient forcément attristés de me voir partir aussi loin, mais ils étaient préparés à force de m’entendre le leur rabâcher. Ils m’aidèrent à trouver un petit logement et surtout à y emménager. Vu la faible superficie, je pris le minimum vital à part au niveau des fringues parce que je ne me voyais pas en acheter rapidement. Mis à part cette grosse partie, le reste était constitué de quelques photos, de mon doudou car oui, je dors toujours avec même aujourd’hui, et de quelques babioles pour décorer qui me sont chères.

Les premiers jours et même le premier mois, je ne m’inquiétais pas de ne rien trouver malgré les heures passées à scruter les petites annonces et les kilomètres marchés de manière quotidienne. Je me disais simplement que c’était normal, qu’en me trouvant dans une grande ville, il semblait logique que les réponses mettent un peu plus de temps à arriver, que les façons d’agir étaient différentes et qu’il s’agissait là d’un petit temps d’adaptation nécessaire. Je ne visais pas des postes de DRH hein, mais malgré mes petites expériences, les commerçants tenaient absolument à ce que j’ai un diplôme. En fait, c’est bien simple, peu importait l’offre d’emploi à laquelle je répondais, dès qu’une réponse m’était donnée, on m’indiquait que sans tel ou tel diplôme, mon profil ne les intéressait pas.

Je savais qu’il n’y avait pas de sous-métier, mais je dois bien avouer que ma fierté en prit un coup lorsque la seule réponse positive me parvint pour être femme de ménage dans une entreprise spécialisée. Mais j’acceptais sans rechigner car mes économies que je pensais confortables s’amenuisaient de plus en plus et je ne désirais pas demander de l’aide à mes parents. Déjà, parce que ce serait un constat d’échec dans mes envies d’ailleurs et en plus, ça les inquiéterait et ils se priveraient pour moi. Ensuite, parce que l’entreprise de Monsieur Smith formait elle-même les personnes recrutées, pas besoin de diplôme ! Autant dire qu’après plus d’un trimestre à courir après un boulot, j’étais malgré tout très heureuse.

Le patron était incroyablement humain, il dirigeait sa boîte en cherchant à nous écouter et à nous impliquer pour les salariés le souhaitant. Monsieur Smith savait se montrer ferme lorsqu’il le fallait, mais lorsqu’on le voyait, il s’adressait à chacun de nous individuellement, un peu comme le pilier d’une famille. Il m’accorda même quelques jours de repos pour les fêtes de cette fin d’année 2014, ce qui me permit de rentrer chez mes parents.

Si de base je pensais y rester un semestre tout au plus afin de mettre de côté tout en cherchant autre chose, il s’avérait que l’ambiance était si agréable qu’on se sentait tous très bien dans cette entreprise. Le travail en lui-même n’était pas des plus plaisants, souvent seule, il fallait se lever souvent très tôt pour se rendre dans des bureaux avec des fenêtres donnant sur d’autres bureaux, mais le salaire était plutôt bon, sans être mirobolant bien entendu, mais suffisant malgré tout pour éviter de devoir compter chaque centime dépensé. J’y fais d’ailleurs la rencontre d’Oliver, un technicien, qui me rappelait en bien des points mon amour d’adolescence, sauf que là, il s’agissait d’une relation parfaitement superficielle. On se voyait lorsque nous en avions avis, il s’écoulait parfois deux semaines sans que même un simple sms soit échangé, mais ça nous convenait très bien à l’un et à l’autre.


on the highway to hell


En toute franchise, et je pense comme la grande majorité d'entre-nous, je ne croyais pas un seul instant à toutes ces histoires. Pour moi, il s'agissait d'un énième canular ou une sorte de théorie du complot dont Internet foisonnait. J'étais bien plus proche de croire aux vidéos montrant des pseudos esprits ou ovnis que ces trucs avec des morts se relevant. Info exclusive et tout le baratin habituel des médias pour faire cliquer un maximum de personnes. Même Monsieur Smith s'y précipitait et nous disait de vite partir loin des grandes villes, alors autant dire que lorsqu'il nous annonça au cinquième jour à cause des recommandations des autorités suite au nouveau virus, qu'il nous mettait tous au chômage technique, un rire m'échappa. Dans mon esprit, il nous foutait tous à la porte et dans une merde sans nom en faisant le jeu stupide des médias dont notre chère nation était friande. Oui, je sais, j'aurais dû l'écouter davantage car dans l'histoire, c'est moi la conne.

Aujourd'hui, je lui en suis reconnaissante car il m'a offert l'opportunité de prendre des affaires et de rentrer chez mes parents à Twisp, sans quoi, je serais certainement restée bien plus longtemps. Après tout, quitte à ne pas pouvoir travailler, autant quitter la folie de la ville et rejoindre ma campagne natale qui me manquait. Le seul hic, et de taille, était que Mademoiselle Chamberlain ne fut pas la seule à avoir cette ingénieuse idée à peine le jour levé sur ce sixième jour. Des bouchons comme jamais je n'en ai connu dans ma courte vie de citadine, un cauchemar bruyant dans une chaleur étouffante où l'impatience et la fébrilité étaient les maîtres-mots. Pour ne rien arranger à la panique de plus en plus présente, y compris chez moi, on vit quelques véhicules militaires. Ce qui ne laissait rien présager de bon. Le trajet qui me prenait d'ordinaire quatre petites heures avec la radio, car oui, j'avais une vieille Lincoln Continental Mark III des années 70 dans un sale état, me prit facilement le triple, si ce n'est plus car je ne regardais plus à la fin. Le pire, c'est que tout ce retard a été pris sur la première moitié du trajet, après ça roulait bien mieux. En arrivant enfin à la maison, je me sentis soulagée et bien plus à l'abri ici qu'avec toute cette folie régnant à Seattle. Du moins, c'était mon premier sentiment en coupant le moteur, mais quand je vis la lumière s'allumer devant la porte d'entrée avec mon père munit d'un fusil, un très léger doute me gagna.

Mes parents croyaient dur comme fer à toutes ces histoires. Doucement, mais sûrement, mon avis changeait aussi. Les choses devenaient de plus en plus étranges, le doute s’immisçait à cause des différences entre les discours ou actes des autorités et tout ce qu'on pouvait voir. La situation est sous contrôle, évidemment que l'autre glandu élu n'allait pas nous dire autre chose sous peine de voir les gens dérailler encore plus ou d'assister à un soulèvement populaire. Quelque part, je peux comprendre, ce n'était pas illogique d'avoir des mots rassurants. Dans notre patelin, les autorités locales proposèrent le 20 octobre aux plus âgés de rejoindre un petit camp de fortune monté dans la salle des fêtes à la va-vite pour tenter de parer à l'urgence. L'idée était bonne, mais le succès ne fut pas au rendez-vos puisque par-ici, les gens ont toujours été extrêmement attachés à leurs terres.

De notre côté, nous nous occupions du jardin et tentions de faire des réserves. Plus les jours passaient, plus j'étais heureuse de me trouver ici car lorsque nous avions des informations sur ce qui se déroulait en ville, il y avait de quoi paniquer et être terrorisé. Mais le pire a été d'entendre à travers les médias le mot épidémie mondiale à la fin du mois vers le 21 ou 22 octobre donc. Ça m'a glacé le sang. Le chaos se généralise, même dans notre village. Au lieu de se serrer un minimum les coudes, les gens laissent leur égoïsme parler. Des cambriolages, des magasins vandalisés et même les premiers meurtres depuis belle lurette. J'allais beau avoir vingt-deux ans, mon père m'interdisait de sortir de la maison, aucun passe-droit pour ma mère non plus. Seul et armé, il rôdait autour de notre habitation et de notre terrain pour surveiller qu'aucun pillard ne s'approche, il mit même pas mal de petites pancartes ayant l'inscription si vous n'êtes pas invité, passez votre chemin ou une balle vous tuera pour dissuader quiconque avec des envies de passer le grillage. Durant plusieurs jours, j'ai essayé de joindre certaines personnes du boulot, mais aucun résultat. La saturation bien trop importante des lignes nous coupait du monde extérieur au final.

A force d'argumenter, papa accepta de nous libérer à la seule condition que nous restions à ses côtés, ce qu'on accepta. L'idée était simple ; quitte à devoir rester ici, autant renforcer au maximum l'habitation. A coup de planche, de marteau, de vis et de perçage, les fenêtres du rez-de-chaussée furent condamnées. J'aurais bien aimé qu'on puisse le faire de manière plus solide avec des briques carrément, mais papa me rétorquait à chaque fois qu'on ne pouvait de toute manière pas le faire pour la porte d'entrée, alors autant fermer les fenêtres et les volets et ajouter ces planches pour limiter les zones d'effraction possibles.

La première fois où nous avons vu l'un de ces infectés, ça devait être dans les derniers jours d'octobre. Je me souviens être dans mon ancienne chambre à regarder à l'extérieur où une épaisse fumée noire provenant du centre du village envahissait doucement le ciel. Je vis une silhouette à une cinquante de mètres au niveau de l'entrée de la propriété sur la route. On aurait dit une sorte de robot se retrouvant face à un obstacle infranchissable pour lui pile sur le trajet entré dans son système. Il tapait contre, puis reculé par moment d'un pas avant de recommencer à se trouver bloqué. Je ne réalisais pas encore ce que c'était, j'avais vu des images quand Internet fonctionnait encore, mais les infectés étaient bien plus vifs, du coup, ça n'en était pas forcément un pour moi, je me disais qu'il s'agissait d'un humain comme vous et moi, mais en état de choc.
Je sortis alors de ma chambre et de la maison pour en parler à papa qui faisait encore le tour de la maison. Il m'intima l'ordre de rentrer et qu'il s'en chargeait. Pour faire court, il s'approcha de ça en gonflant la poitrine un peu à la manière d'un duel entre coqs, avant de reculer en s'emmêlant les pinceaux et de tomber au sol pour au final lui tirer à plusieurs reprises jusqu'à l'effondrement total de l'infecté. J'étais en larmes en voyant la scène, dans ma tête, mon père venait de tuer quelqu'un, alors je lui sautais dessus à peine la porte d'entrée franchie. Lui-même était choqué par son acte et nous expliqua en regardant dans le vide tout ce qui s'était joué. A quoi ça ça ressemblait, le fait d'avoir dû violemment tirer son bras que l'infecté tenait fermement, bref, toutes les raisons y compris pourquoi il dût tirer à trois reprises malgré que les deux premières balles touchassent l'emplacement du cœur, ce qui ne stoppa pas la créature. Viser la tête ne fut qu'une tentative hasardeuse, mais qui fonctionna. Il ressortit peu après, toujours avec son fusil, mais surtout avec sa masse. Papa voulait effectuer de morbides tests pourtant bien utiles. A cause des coups tirés, d'autres infectés vinrent contre le grillage, heureusement, non-groupés. Il les élimina et la conclusion fit donnée ; toujours viser la tête.

A la même période, les coupures de courant commençaient à se produire de manière régulière. L'avantage de vivre en milieu rural qu'était le nôtre, était d'être habitué d'une certaine manière. Cela n'arrivait pas quotidiennement et encore moins plusieurs fois par jour avant, mais disons que ça arrivait assez fréquemment. Nous avions donc un petit stock de bougies pour nous éclairer, on faisait avec. Et puis, une ultime coupure ne signifiant pas simplement de devoir allumer des bougies, non, celle-ci fut définitive. Encore une fois, nous étions chanceux puisque la cheminée servait parfaitement de moyen de chauffe l'hiver, le bois ne manquant pas, et nous l'utilisions déjà pour cuisiner. Évidemment, de manière modérée car rapidement nous remarquions que la fumée sortant de la cheminée était un moyen idéal pour signifier notre position.

Notre maison étant un peu à l'écart, nous nous sentions protégés et n'avions pas totalement conscience de la tournure des choses. Sans être totalement en décalage non plus, mais le retour à la réalité fut d'une violence incroyable pour maman moi qui purent enfin partir avec papa dans le centre du village à la mi-novembre. C'était la première fois depuis mon retour que l'opportunité se présenta, autant dire que nous nous ne sommes pas faites prier pour l'accompagner. Jusqu'ici, il nous préservait de ce qui se déroulait vraiment et préférait nous savoir à deux à la maison lorsqu'il partait que de laisser l'une de nous seule. Mais cette fois, malgré notre force limitée, papa avait besoin d'aide et de bras. Son but ? Remplir au maximum son pick-up de denrées en tout genre pour au moins passer l'hiver car la saison était toujours rude dans le coin.
Écarquillés, mes yeux scrutaient chaque bâtiment, chaque rue, chaque ombre. Comment était-il possible de passer d'un village paisible où il faisait bon vivre à une sorte de bidonville en si peu de temps ? Maman aussi avait du mal à reconnaître l'endroit, elle qui vivait ici depuis près de cinquante ans. En passant devant le garage, je compris d'où provenait la fumée noire d'octobre. La bâtisse avait flambée et, avec elle, les pneus qu'elle stockait.
Papa donna à maman et moi un marteau, pour elle, et un couteau de chasse, pour moi. Il nous refit un petit speech sur la manière de procéder et, surtout, nouvelle interdiction de s'éloigner les uns des autres à plus d'un mètre. Nous fîmes le tour des commerces jugés utiles à commencer par les supérettes où le vide avait déjà été plus que fait. Un râle se faisait entendre de l'extérieur et papa voulut s'en charger seul, mais pour une fois, les femmes de la famille firent bloc pour lui rappeler ses propres consignes. Ce fut donc ensemble que nous entrions pour y voir ce qui restait de Monsieur Anderson, le sexagénaire propriétaire des lieux. Il rampait tel un ver, incapable de se mouvoir autrement. Il fallait bien avouer que sans le bas du corps, c'était compliqué. Pour ne rien vous cacher, en le voyant ma première réaction n'a pas été de crier de peur ou de vouloir fuir, non, ça a été de vomir. Comme prévu, papa s'occupa de lui et le cacha ensuite derrière le comptoir, mais la traîné de sang et autre liquide du restant de corps humain ne donnaient clairement pas envie d'attarder son regard vers le sol. Nous nous hâtions de remplir l'arrière du véhicule et le plus inquiétant fut de ne voir personne, même pas un chien. Où était passé les habitants ?

L'hiver 2015-2016 fut incroyablement rude. En plus des températures très basses, nous évitions d'allumer trop souvent le feu pour éviter d'attirer l'attention, nous tenions autant que possible avant de craquer. Prévoyant comme toujours, mon père avait prévu dès l'été le bois nécessaire, mais les bûches ne partaient pas très vite pour le coup. Pour positiver, nous nous disions qu'au moins, nos vivres ne pourriraient pas trop vite et que les infectés ne se montraient pas trop. A l'inverse, sortir ressemblait à un parcours du combattant, les journées étaient à la fois incroyablement longues à cause de l'ennui et le fait d'être bloqués, tout en étant courte puis que c'était l'hiver. Niveau loisirs, nous nous occupions essentiellement grâce à la lecture, les jeux de société, la nostalgie nourrit par les albums photos passés en revus et l'écriture pour moi. Enfin, pas dans le sens noble, je ne comptais pas faire de roman, c'était simplement pour me vider la tête en notant tout et n'importe quoi. Pour le côté survie en lui-même, nous étions rodés. Chacun prenait son tour de garde sans broncher. Nous restions quasiment tout le temps à l'étage que ce soit pour surveiller, manger, dormir, travailler etc, étant donné que, pour rappel, les fenêtres du bas étaient condamnées. Papa nous donnait des sortes de cours pour pêcher, poser des pièges, chasser ou autres joyeusetés dont on se fichait royalement avant. Si la majorité de ces choses seraient utiles une fois cette saison passée, cela ne nous empêchait pas de parvenir à attraper des lapins par exemple.

Puis, la famille s'agrandit. Le patriarche ne nous laissa guère le choix d'ailleurs. Il était tombé sur Bradley, une connaissance de mon enfance lorsque nous étions à l'école primaire ensemble. Je ne savais même pas qu'il vivait encore ici, enfin bon. Il n'était vraiment pas au mieux de sa forme, et c'était peu dire, il était sacrément amoché tant physiquement que psychologiquement, au point où papa le prit tout d'abord pour l'un de ces infectés tellement il semblait sans vie. Après l'avoir examiné sous toutes les coutures pour s'assurer qu'aucune blessure grave ne soit présente, il l'invita à rester. Ce fut donc en ce début du mois de janvier 2016 que nous nous trouvions désormais à quatre.

Petit-à-petit, Brad retrouva du poil de la bête et sortit de son mutisme. Il nous raconta l'histoire sordide l'ayant conduit à cet état. Le matin de sa rencontre avec papa, sa femme qui traînait une sale grippe ne pouvant être soignée faute de médicaments, n'était plus elle-même. Des râles raisonnaient dans leur chambre, ce qui le réveilla, et il pensa forcément à l'une de ces choses qui était parvenue à entrer chez eux, mais non, cela provenait de sa femme. Il batailla avec pendant une bonne demie-heure d'après lui même s'il était extrêmement compliqué de juger le temps passé, il lui parla, essaya de la raisonner avant de comprendre que sa moitié avait quitté ce corps qui, maintenant, était sans vie. Épuisé par le manque de sommeil des derniers jours à veiller sur elle, il échappa de peu à une morsure. Lui aussi avait pu voir les infectés à l'action et elle en était un. Ne pouvant se résoudre à la laisser ainsi, il lui assena un violent coup de batte en pleine tête, puis un second, puis un troisième jusqu'à ce que le corps soit au sol, inerte. De cet événement tragique, nous apprenions donc une chose importante ; si notre corps nous lâche, notre âme se fait la malle, logique, mais il ne reste pas pour autant mort, non, il se transforme.

Lorsque la neige commença enfin à fondre, j'étais partagée entre la joie de pouvoir de nouveau sortir plus aisément et l'appréhension sur le danger que ça apporterait. Nous étions bien décidés à ne pas passer un hiver supplémentaire de la sorte et pour se faire, nous nous étions missionnés de replanter des légumes, des fruits et tout ce qui se conservaient facilement et de mangeable forcément. Et puis, ça nous nourrirait aussi sans oublier tout ce qui touchait à la cueillette. Et oui, la campagne, c'est le pied pour ça ! C'est d'ailleurs lors d'une sortie fruitière fin mars 2016 que je dusse affronter un infecté et, surtout, m'en débarrasser. Avec Bradley, nous étions plus sortis pour nous promener et nous vider la tête, mais à chaque fois, nous ne pouvions nous empêcher de remplir nos sacs, c'était une habitude ma foi logique. En voyant un pommier, je le traînais en un sens pour le lui montrer, ça me donnait bien envie d'une tarte aux pommes, mais ça ne risquait pas d'arriver. Quoi qu'il en soit, nous regardions les alentours de l'arbre et ratissions l'herbe haute, mais pas suffisamment bien puisque nous nous sommes faits surprendre par deux rôdeurs qui semblaient bondir de nulle part. Brad devait avoir une odeur particulière puisque tous les deux se jetèrent sur lui. Pris par surprise, il se débattît pour les repousser et l'un d'eux pivota ensuite la tête vers moi. Dans la panique, j'ai l'impression d'avoir mis trois heures à sortir le couteau de son étui mis à ma ceinture, au point où cet infecté se trouvait dangereusement prêt de moi. Brad, lui, avait trébuché et maintenait la tête de l'autre le plus loin possible de lui, sauf qu'il ne parvenait pas à prendre sa machette. Une grande inspiration plus tard, il ne m'était pas difficile de voir que la situation était mal partie et que cette fois je me devais d'agir. Dans un cri mêlant rage et auto-motivation, je frappai à plusieurs reprises le rôdeur en face de moi, tantôt la lame le touchait, tantôt non, jusqu'au coup fatidique qui le stoppa, mais je ne le réalisais pas immédiatement et je continuais à lui asséner deux ou trois autres coups avant de m'arrêter et de le voir s'effondrer. Le second, bien trop occupé avec mon ami, ne me vit pas arriver et je mis toutes mes forces pour le jeter au sol. Ce ne fut pas une réussite, mais cela permit à Bradley de pivoter pour prendre son arme et l'achever.

Après cette première, j’eus d'autres occasions de réitérer l'acte. Si au début j'avais extrêmement de mal car une part de moi ne parvenait pas à admettre qu'en face ce n'était plus une personne mais une chose, au fil des mois et de plantages de lame, je réussissais à me détacher de ça et à avoir davantage confiance en moi. En revanche, jamais nous nous étions réellement préparés à ce qui se déroula en juillet 2016. Si à d’innombrables reprises nous avions évoqués le sujet, jamais nous ne nous étions retrouvés en confrontation directe avec. De quoi puis-je bien parler ? D'une mauvaise, très mauvaise rencontre avec d'autres Hommes. La première fois que nous avions eu affaire avec ce groupe de trois hommes et une femme la méfiance était de mise car il s'agissait du premier, nous nous étions trouvés en confiance. Ils se montraient courtois, souriants et plein de bonne volonté. Ils souhaitaient se rendre utile et prouver leur bonne foi, montrer qu'ils savaient être utiles et qu'à huit, nous pouvions faire bien plus pour survivre. Ils revinrent une première fois, puis une seconde, mais de nuit pour nous surprendre et nous attaquer. Papa était de garde à ce moment-là et il fut le premier à tomber, silencieusement puisque nous ne réalisions qu'une fois les premiers coups donnés contre la porte ce qui se jouait. Bradley regarda à travers une fenêtre pour essayer de voir ce qui se passait et il informa ma mère et moi que de ce qu'il distinguait, il ne pouvait s'agir que d'humains. Ce qui se confirma puisque Karen, la femme du groupe, indiqua leur présence et qu'ils devaient entrer rapidement, qu'ils étaient en danger. Maman se précipita vers l'escalier et hurla en disant qu'elle arrivait, mais à peine la dernière marche franchie un énorme coup de feu se fit entendre, puis encore un autre. Voyant ma mère pleine de sang tomber violemment en arrière je me mis à hurler à la mort. Brad récupéra la seule arme à feu restante, un pistolet SIG Sauer, étant donné que l'autre était le fusil que mon père avait sur lui. Il riposta et des échanges de coups de feu se firent entendre dans notre maison. Tétanisée, je m'étais mise au sol, les mains sur les oreilles tandis que je craquais et me mettais à pleurer. Pourquoi agissaient-ils ainsi ? Dans quel but ? Je ne comprenais pas à ce moment-là.

Maman reçut deux nouvelles balles alors que le chargeur du pistolet était à presque vide. Me tirant par le bras afin de me relever, Bradley me secoua en m'ordonnant de réagir. Nous devions fuir, pas le choix. C'était ça ou la mort, ça paraissait tragiquement évident. Il tira une nouvelle fois pour nous faire gagner un peu de temps, puis une dernière sauf qu'une balle ne sortit. A sec. Nous enjambions alors la fenêtre de ma chambre qui donnait sur le perron. Par chance, le groupe en entier était entré dans la maison, alors, ni une ni deux, nous nous empressions de sauter et surtout de fuir. C'est durant cette fuite que l'on vit mon père gisant au sol la gorge tranchée, mais pas le temps de s'arrêter malheureusement, et puis, à quoi bon ? Ça se voyait qu'il nous avait quitté. On courut une bonne jusqu'à se trouver à l'autre bout du village sans prêter attention aux quelques rôdeurs se trouvant sur la route, nous les évitions méticuleusement. A bout de souffle, nous nous cachons dans une grange. Autant dire que nous n'avons pas fermé l’œil de la nuit.

On patienta jusqu'au surlendemain matin, affamés, assoiffés et totalement épuisés. Nous n'avions rien avec nous et je voulais absolument retourner à la maison. Brad accepta, mais il souhaitait d'abord s'y rendre pour s'assurer que le groupe n'était plus présent. Un peu plus d'une heure après, il revint, m'annonçant que c'était bon. Sur le chemin, il me confessa avoir dû achever papa. Maman était définitivement partie le soir de l'attaque. Il les avait mis à l'arrière de la maison et les avait recouverts d'un drap. Son geste me touchait énormément. Nous nous empressions de récupérer des affaires et vêtements, du côté de la nourriture, il n'y avait plus rien. Quant à la maison en elle-même... Elle était sans dessus-dessous. Si je pensais prendre le pick-up de papa, c'était raté, les autres l'avaient embarqué, mais pas ma vieille voiture. Ils auraient pu siphonner le réservoir, mais non. Peut-être n'y avaient-ils pas pensé. Je laissais Bradley conduire qui nous fit sortir du village par la route principale sans avoir une direction précise en tête.

Nous roulions, mais la voiture faisait des siennes et aucun de nous n'avait des connaissances pour y faire quoi que ce soit. Nous perdions presque plus de temps à attendre et tenter des réparations de fortune sans y connaître quoi que ce soit. Le dernier jour, nous avions seulement réussi à rouler cinq petits kilomètres avant que le moteur ne réponde plus. Au total, nous avions seulement parcourus une centaine de kilomètres sur des routes sinueuses et montagneuses avant de nous résoudre à abandonne le véhicule au niveau de Azwell... Nous l'avions poussé pour lmettre à l'eau plutôt que de le laisser sur la route, sait-on jamais. Le coin était très tranquille, pire que Twisp ! On y resta deux bonnes semaines, le temps de reprendre des forces. La veille de notre départ de cet endroit, Bradley me parla de ce dont il avait entendu à propos de Seattle et des camps militarisés. Ne sachant pas où nous rendre plus que ça et nous doutant bien qu'à deux ce serait compliqué, nous nous sommes alors dit que nous devions tenter le coup, même si le trajet s'annonçait extrêmement long et dur. On longeait la route sans l'emprunter, ça ajoutait de la difficulté et, malgré la zone rurale dans laquelle nous étions, nous préférions ne prendre aucun risque. Nous tentions de démarrer des véhicules se trouvant sur la route ou dans les villages, mais rien à faire, aucun ne démarrait même les rares avec la clé sur le contact.

L'avancée était lente et difficile, nous avions de plus en plus besoin de nous poser et à chaque fois plus longuement. Mais nous ne désirions pas abandonner, alors nous nous remettions en route au bout d'un moment. Il n'y a qu'à l'approche de l'hiver 2016 où nous décidions de le passer à l'abri. Le précédent fut rude et pourtant, la chance était de notre côté avec le milieu dans lequel nous nous trouvions à cette époque. Là, c'était bien différent. Nous nous installions alors dans la maison au bout du petit bled de Grotto. Les premiers temps de notre arrivée, nous visitions quotidiennement plusieurs habitations pour nous constituer un stock de vêtements, couvertures, ustensiles, outils et matériaux en tout genre, sans oublier bien évidemment de quoi manger et boire. Je dirais que les trois quarts de l'endroit était totalement vide, quant au reste et bien, nous faisions en sorte de l'éviter ou de l'attirer au niveau de la route principale. Lorsqu'il le fallait, nous éliminions, mais pas un seul de nos congénères présents, c'était très étrange. Être en tête-à-tête constamment facilitait automatiquement les choses dans notre relation, si bien que naturellement, nous étions en quelque sorte ensemble. C'était étrange à se dire, enfin, non, nous nous ne le disions pas, nous laissions les choses se faire. Après tout, autant profiter surtout que nous nous entendions vraiment bien.

Si nous avions tenté d'être aussi prévoyants que possible, autant dire que pour la nourriture, ce fut une autre paire de manche. Pour le reste, ça allait, nous étions équipés de cinquante couches et nous allumions régulièrement un feu. L'eau n'était pas non plus un problème la neige présente, il suffisait de la faire fondre. La chasse nous permettait de tenir, mais jamais j'aurais cru un jour dire qu'une soupe de légumes frais me manquerait. Pourtant c'était le cas. En guise de compensation, Bradley avait dégotté des sachets de soupe instantanée. C'était toujours ça. A la fin février 2017, nous reprenions la route avec une certaine hâte. Si l'an passé nous parvenions à nous occuper, c'était non seulement parce que nous étions quatre, mais aussi parce qu'à la maison nous avions bien plus de choses. Malgré plusieurs tentatives, seul un jeu de cartes fut trouvé. Un brin sentimentale, je le gardais avec moi.

Plus nous avancions, plus les infectés se faisaient nombreux. Quoi de plus logique après tout ? Jusqu'alors, nous étions toujours restés en pleine campagne et les rares villes par lesquelles nous sommes passés, nous les traversions à vitesse grand V par peur d'y faire de mauvaises rencontres. Un peu contradictoire avec notre but de rejoindre Seattle, je vous l'accorde. Du coup, nous passions par des chemins de randonnées ou commencions à créer le nôtre. Plutôt que de suivre la route en forme de U, nous allions tout droit, du moins nous essayions. Ça représentait une perte de temps colossale et parfaitement stupide. Je pense que je peux même dire parfaitement con. L'inconscience idéale, pire que des gosses, y compris lorsqu'il pleuvait comme vache qui pisse. Par un temps horriblement couvert, venteux et pluvieux de mai de la même année, nous étions dans les environs de High Rock, toujours sur nos chemins de traverses un peu au milieu de nulle part. Le sol était extrêmement glissant avec cette boue omniprésente et Bradley perdit ses appuis et l'équilibre. Il partit dans une chute sans fin faisant des roulis-boulis jusqu'à s'arrêter enfin en contre-bas de la pente. Ses gémissements étaient horribles à entendre, il hurlait à la mort, et pour cause, il ne réussissait plus à bouger le moindre doigt, que ce soit aux mains ou aux pieds. On aurait dit un mannequin de crash-test malmené, sauf que là, il s'agissait de la réalité et qu'il agonisait. Il me suppliait de l'achever, ses cris si forts s'affaiblissaient de plus en plus, mais il continuait à me demander l'indemandable. Il se vidait de son sang et commençait à en cracher. Abattue et résignée à ne pas le voir souffrir davantage, je dépose un baisser sur son front. En larmes, je finis par saisir mon couteau et le libérer. Complètement effondrée, j'ai éprouvé les plus grandes difficultés à l'abandonner définitivement car sa perte serait alors réelle. Il me fallut plusieurs heures avant de le faire. Je récupérasse le maigre contenu de son sac et son pistolet toujours sans munition avant de partir.

Quelques jours plus tard, au plus bas moralement, alors que j'avais finalement trouvé un abri à High Rock, en sortant pour simplement marcher un peu, je tombe nez-à-nez avec un chien très affectueux. Ça me surprend, et pas qu'un peu. Je n'ai jamais eu un bon feeling avec ces animaux, je ne sais pas pourquoi, mais lui était ravi de me trouver. Une voix enfantine se fit alors entendre et le chien dressa les oreilles pour s'y diriger. Par automatisme, je me mis à le suivre, du moins j'essayais car lui courait à toute allure tandis que je peinais à avancer comme il se devait. Black était donc son nom... Pour un chien beige, pourquoi pas. A vue de nez, le gosse avait une dizaine d'années et je le voyais mal survivre seul avec son animal de compagnie. Et ses parents accoururent, apeurés et faussement menaçant. Il suffisait de regarder leurs mines décomposées et les mains tremblantes. Quelques mots échangés plus tard, les voilà rassurés au point de me proposer de les accompagner. J'avais une gueule si dégueulasse que ça pour être prise en pitié ? Aucune idée, mais j'acceptais, je ne me voyais vraiment pas me remettre de la disparition de Bradley en étant seule, j'avais besoin d'un peu de temps.

Les quelques jours prévus s'allongèrent en semaines, puis en mois. Moralement, voir une famille continuer de vivre presque normalement faisait un bien fou, c'était réellement plaisant. Pour un peu, j'aurais presque pu me sentir en faire partie, mais je n'en avais pas envie. Pas maintenant. Nous avons longuement échangé sur nos modes de vie et la manière dont on voyait les choses. Ils souhaitaient rester dans le coin tandis que je désirais repartir avec le même objectif ; Seattle pour y trouver un camp. Pour eux, il en était hors de question car une ville représentait bien trop de danger et qu'aucune garantie d'y trouver un semblant de civilisation. Je les comprenais sincèrement, je suis une fille de la campagne, mais après avoir parcouru tant de chemin et avoir passé autant de temps sur les routes, je ne me voyais pas ne pas tenter de me rendre dans la grande ville de l’État. Sinon tout ce temps ne serait qu'une perte ayant causé la mort de Bradley. Je ne pouvais pas l'accepter. C'est donc en octobre 2017 que je quitte Rayan, Stella, le petit Marty et la boule de poils mal nommée Black.

Si je partais en étant bien décidée et motivée, le moment choisi ne fut pas forcément le meilleur puisque la pire saison approchée. Avec la baisse des températures et les nuits plus fraîches, je commençais à regretter un peu ma décision, mais au final, peu importait la date ou du moins la période, il était évident que j'aurais eu à un moment ou à un autre des regrets pour une raison ou une autre. Continuant vers le sud, je fis une halte de près d'une semaine aux abords de Novelty qui se trouvait être le carrefour entre deux chemins bien différents. Le premier, le plus rapide pour me rendre à Seattle était de prendre plein ouest pour schématiser. Mais ça signifiait passer par Redmond et être déjà en pleine ville. Le second chemin consistait à faire un détour par le sud et Sammamish, passer tout près d'Issaquah pour finalement remonter et arriver au niveau de Factoria. Il y en avait bien un dernier via Renton, mais là, ça faisait une sacrée traversée. Au final, à part reporter l'arrivée tant redoutée en ville, et m'allonger considérablement le nombre de kilomètres, ça ne servait à rien. Les températures continuant de baisser à vue d’œil, j'optais pour la solution la plus directe.

Me voilà dans une vraie ville à Redmond donc, en décembre 2017, ce qui était un peu angoissant. Le moindre petit bruit m'inquiétait, je tenais en permanence mon couteau dans la main. La faim se faisait de plus en plus sentir, mon ventre criait famine à m'en faire souffrir jusqu'à me paralyser complètement. J'avais le sentiment de perdre la tête, je mangeais à même le sol de l'herbe gelé dans l'espoir de me remplir l'estomac et de faire cesser ces douleurs, sauf que ça ne passait pas et que je le régurgitais peu après. A ma dernière tentative, je me rappelle sentir avoir des vertiges et la tête qui tourne, puis, le trou noir jusqu'à me retrouver sur dans un lit avec une main attachée aux barreaux de celui-ci. Oh oui, moi aussi je me suis dit que ça puait, et pas qu'un peu. J'imaginais le pire, logique hein. Sauf que non, j'avais été retrouvée à quelques mètres de la maison d'un couple âgé qui m'avait vu par l'une des fenêtres m'effondrer. Trevor et Haylie, la soixantaine passée bien plus en forme que moi. Par précaution, ils avaient préféré m'attacher, je ne leur en voulais pas, à la place je les remerciais.

J'ai presque fait que de dormir durant trois jours, réveillée par les besoins naturels en tout genre. Retrouvant enfin des forces, ils m'expliquèrent alors que je me trouvais dans une sorte de quartier sécurisé par les habitants eux-mêmes. Tous n'étaient pas des résidents d'avant, mais ensemble, ils sécurisèrent la zone comportant pile dix maisons pour un peu moins de trente habitants. Chacun d'entre eux se montraient très accueillants, trop même, ça donnait l'impression d'être dans une sorte de secte ou de monde parallèle, au choix. Les deux petits vieux étaient presque les plus normaux de tous. Entre garde, chasse aux infectés, jardinage et les autres activités classiques en tant de survie, il y avait de quoi faire. Ce qui me plaisait dans cet endroit, c'était le côté carré des choses. Les rôles étaient attribués de manière aléatoire chaque début de semaine et tout le monde respectait cela sans broncher. Du moins, au début, car à force, je commençais à saturer de ce côté dictatorial où on ne pouvait pas faire ce que l'on désirait quand on le voulait. Ce n'était définitivement pas fait pour moi. En avril 2018, je prends la décision de les quitter, mais sachant très bien que ces moutons ne verraient pas d'un bon œil un départ pour l'équilibre de leur groupe, j'attendis mon tour pour faire partie de l'équipe de nettoyage à l'extérieur du camp pour prendre la poudre d'escampette.

Depuis, je vagabonde dans Seattle et ses environs à la recherche d'un camp sans la folie et l'ambiance étrange régnant sur celui des petits-vieux. De manière un peu trop idéaliste, j'espère sincèrement en trouver un qui serait une sorte de mini Etats-Unis en fait. Oh, vous pouvez rire, moi-même je trouve ça idiot, mais c'était l'espoir qui nous animait Bradley et moi, l'espoir qui nous poussa à quitter notre petit coin de Twisp ou tous les autres petits nids plus ou moins douillets que nous nous étions créés au fil des mois et de nos arrêts.


time to meet the devil

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Zack M. Atkins
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MessageSujet: Re: Oops, I did it again   Ven 15 Juin 2018 - 0:48
SALUT


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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Oops, I did it again   Ven 15 Juin 2018 - 1:20
KAMMTHAAAR ! Et quand tu rrrugis, tu fais ce brrruit ciiiiii : vrrroum-vrrroum !


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Eleanor C. Hopper
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MessageSujet: Re: Oops, I did it again   Ven 15 Juin 2018 - 8:18
C’est mon camiooooooon !

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MessageSujet: Re: Oops, I did it again   Ven 15 Juin 2018 - 8:24
Je suis étonné que personne ne l'ai faite celle-là encore ...



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MessageSujet: Re: Oops, I did it again   Ven 15 Juin 2018 - 8:28
Salut :MisterGreen:

Je savais que Kammthaar vous plairait à tous les deux

Jenna : c'est parce que la version de Max Raabe est mieux :111:
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MessageSujet: Re: Oops, I did it again   Ven 15 Juin 2018 - 8:49
Bordel Kammthar ça fait un moment que je l'avait pas écouté xD

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