The Walking Dead RPG

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- A ghost full of colors -
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: A ghost full of colors   Lun 29 Jan 2018 - 23:02
- Ok. S’il y a un problème, vous venez tout de suite me chercher, d’accord ?

Selene attendit que les deux garçons aient hoché la tête pour quitter la chambre. Depuis trois semaines, elle était remplie de couvertures et d’affaires pour bébé que les jeunes parents n’avaient jamais le temps de ranger. La musicienne avait quitté l’infirmerie après un peu moins de quinze jours, toujours fragile mais définitivement tirée d’affaire. Elle n’avait alors pas attendu longtemps pour entamer quelques exercices physiques et s’investir sur le camp à la hauteur de ses moyens, en dépit des nuits affreusement courtes qu’elle passait. Si le graffeur était volontaire pour l’aider, il ne pouvait pas allaiter à sa place, alors c’était à la jeune maman de se réveiller à chaque hurlement nocturne. Ce n’était plus bizarre, c’était même un moment privilégié entre elle et sa fille qu’elle affectionnait énormément.

Ils n’avaient pas vraiment les compétences pour le savoir avec certitude, mais Elizabeth avait l’air de grossir convenablement. Sa peau s’était ambrée légèrement, ses grands yeux dévoraient le monde qui l’entourait. Bien entendu qu’ils ne pouvaient encore lire les horreurs cachées en filigrane dans les regards tendre de ses parents, ni la tristesse dans leurs sourires. La musicienne arborait un grand manteau noir, ceinturé à la taille, récupéré il y a peu dans les affaires d’Abigail. Une façon de se souvenir et de partager avec son amie défunte sa nouvelle vie. Elle lui manquait. Toujours. Sans doute à jamais.

Dehors, la neige avait bien fondu, laissant la place à un ciel maussade. Un classique de l’état de Washington. Au moins il ne pleuvait pas. De loin, la pianiste fit un signe à Juliet qui s’occupait de ses chevaux. De temps à autre, ils baissaient la tête pour arracher de grosses touffes d’herbe humide. Un grand sourire fendit le visage de Selene : elle allait enfin pouvoir monter, « pour de vrai ». D’ici qu’elle ait repris quelques forces encore. En attendant, ce n’était pas son professeur d’équitation qu’elle cherchait, mais le père de son bébé. Elle le trouva derrière la bibliothèque, occupé avec différentes bombes de peintures. Visiblement, le manque de sommeil et la paternité l’inspiraient, parce que l’esquisse de son œuvre se dessinait déjà à grands traits.

- Hey, fit-elle pour manifester sa présence, ça ne te dérange pas d’avoir du public ?

Ses yeux étincelants, en dépit des cernes, le fixaient affectueusement alors qu’elle s’arrêtait à une distance raisonnable pour le laisser s’exprimer. Les mains dans les poches, la jeune femme essayait de distinguer ce que le graffeur avait l’intention d’immortaliser sur leur mur. Quoique ce soit, elle le trouvait déjà magnifique mais n’était peut-être pas la plus objective dans les parages. Devançant la question, elle rassura Eli d’une voix douce :

- Elizabeth est changée et elle a mangé y’a pas une heure, je l’ai laissée à Ruben et Joachim. A priori, elle devrait dormir jusqu’à… ce que son estomac la réveille, elle rit doucement avant d’oser plaisanter sur ce qui faisait malheureusement leur quotidien depuis longtemps, c’est dingue la ressemblance entre notre fille et un rôdeur…


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MessageSujet: Re: A ghost full of colors   Mar 30 Jan 2018 - 22:07
Putain, c'que cette odeur m'avait manqué. L'acidité de la peinture prend à la gorge, monte doucement à la tête. Ça fait si longtemps que j'n'ai même pas pris la peine de me couvrir le visage : fuck off, que je respire les couleurs à pleins poumons. Le cliquetis des billes qui frappent dans la bombe que j'agite, le caps qu'il faut gratter du bout de l'ongle pour en déloger la peinture séchée, la mélodie du gaz pulsé, la matière posée sur le mur bruni par le temps, les formes apposées qui y prennent vie ; c'était mes journées, mes nuits : aujourd'hui, c'est juste un après-midi volé dans une vie très remplie.

Je savais depuis longtemps, bien sûr, que dès l'instant où je deviendrais père, je ne vivrais plus que de ça. Et c'que j'aime bercer Effy, la prendre dans mes bras, lui attraper les pieds, lui parler, en espagnol, en anglais, tout pourvu qu'elle s'accroche à ma voix. Et la petite  s'en amuse parfois, avant de vite reporter son attention sur un autre amas de couleurs. Je n'lui en veux pas, sa fascination candide pour ce qui l'entoure et son manque cruel de concentration me rappelle énormément mes belles années d'enfance. Tant qu'elle me gratifie d'un regard de temps en temps...

J'sors le croquis préparatoire plié dans ma poche, l'observe une seconde et finis de placer mes repères sur le mur de la bibliothèque. Totalement pris dans ce labeur, j'esquisse de quelques jets les grands contours du visage de ma mère. C'est sans tristesse, sans vraiment de regrets. Plus tard, je dépeindrai aussi Selene, notre fille, et tous ceux qui voudront se prêter au jeu. J'ai bien l'intention d'exploiter ces précieuses bombes jusqu'à leur tout dernier souffle puis ratisser la ville pour en trouver d'autres.

Le graff prend un peu plus de deux mètres de haut pour quatre de large. Loin d'être l'un des plus grands de ma piètre carrière - parce que le matériaux de base reste quand même limité -, ça reste un morceau tout à fait honorable. Pour sûr qu'à part aux yeux de mes quelques amis, ça paraîtra comme une belle perte de temps pour les autres. Peu importe.

Je change de couleur, chope le orange et le remue quand Selene arrive dans mon dos. "Hey," J'lui réponds dans un petit sourire agréablement surpris - puis teinté d'une fierté difficile à masquer. "Non, du tout.. Mais j'suis rouillé, alors juge moi en silence s'teuplait." J'lui avise un sourire rieur, et diffuse un nuage orangé sur l'applat encore un peu trop pâle du visage. Rapidement, je change à nouveau pour un bleu pâle assez chaud. Juste histoire de placer le fond sur lequel je jerai ressortir des traits plus fins. "Et tu-" Selene me devance : je lui jète un regard par dessus mon épaule, un peu contrarié qu'elle ait laissée Effy à des adolescents - et puis un peu plus détendu à sa plaisanterie qui flirte gentiment avec le glauque. "Peut-être qu'elle va les bouffer." J'secoue la tête, prends un peu de recul. Mon sweat était brun, mais il est déjà parsemé de petites éclaboussures de couleurs et ça n'est que le début d'une longue bataille. C'est toujours mieux que les effusions de sang, cela dit. "Ce manteau te va bien. Tu fais parisienne, dans l'genre." Tu colles bien à l'image que j'en ai, anyway. J'attaque les contours supérieurs des yeux avec la bombe de noire flanquée d'un caps beaucoup plus fin ; je place les iris qui n'sont pour l'instant que deux gros points, puis la ligne de la mâchoire et des cheveux. Je donne encore un petit coup d'oeil au dessin que je me cache bien de montrer à Selene et le range dans ma poche, laissant au passage une jolie trace noire sur le haut de mes fesses. Finalement, c'est beaucoup de petits gestes très rapidement enchaînés. "T'sais, juste avant l'épidémie, j't'avais dit que j'avais été sponsorisé. J'aurais pu partir à l'étranger pour graffer, exposer, p'têtre même en France et... Rah, le timing a été une pute, j'te jure." J'étais littéralement à deux doigts de pouvoir en vivre. De pâtes et d'eau, certes, mais en vivre quand même. De prouver à mes parents que j'avais eu raison de m'acharner, et... bordel, ce virus de merde a tout gâché. La frustration m'arrache un bref soupir. Je recule à nouveau pour vérifier les proportions et en profite pour voler un rapide baiser sur la joue de la pianiste. "Mais bon, t'es une bonne consolation." Une taquinerie, bien évidemment, appuyée par un sourire joueur - non, les effluves de peinture et le manque de sommeil ne jouent pas en ma faveur.



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MessageSujet: Re: A ghost full of colors   Mer 31 Jan 2018 - 11:58
La jeune femme rit volontiers lorsqu’Eli poursuit sa plaisanterie. Le vent rabattit quelques mèches brunes devant son regard qui le remercia tandis qu’il complimentait son manteau. Elle lui aurait volontiers ressorti la tirade du Titanic, mais dans un flash mélancolique, elle se souvint lui avoir déjà fait le coup. La musicienne se contenta alors d’englober l’ébauche, d’essayer de deviner ce que son petit-ami avait l’intention de créer. Comme il ne lui rappelait, il aurait pu vivre de son art. Elle l’imaginait aisément, étaler ses émotions à grands coups de bombes de peinture. Certaines personnes ne sauraient pas le voir, mais elle lisait toute la sensibilité du graffeur dans ses jeux de couleurs. Elle aurait aimé pouvoir en faire autant… rappeler à la vie la personne qu’elle avait été. L’étudiante, l’artiste.

- Une bonne consolation ? Répondit-elle d’un air faussement offusqué, quand un voyou capable de faire deux-trois jolis tags sort avec la prochaine étoile montante des pianistes solistes romantiques… on se demande qui est la consolation de qui, taquina Selene en lui pinçant une joue.

En fin de compte, le mexicain avait déjà ses sponsors, elle n’était qu’une universitaire anonyme et pas spécialement plus douée que les autres. Il avait bien plus de chance qu’elle d’accéder à son rêve ; mais maintenant, ils ne le sauraient jamais. Quelle était sa vocation aujourd’hui ? Elle n’était pas certaine de l’avoir trouvée. Pourtant, après tout ce temps, désormais qu’ils étaient installés depuis plus d’un an, la musicienne commençait à se dire que leurs vies ne pourraient se limiter à ça. Fouiner dans les maisons abandonnées et les magasins désaffectés pour trouver des conserves, tout risquer à chaque fois qu’ils passaient leurs grilles…

- Je trouve que c’est super, dit-elle un peu plus sérieusement, que tu reprennes le graff’, elle eut un mince sourire et désigna son esquisse, on est chez nous ici alors… vu qu’on est partis pour y être un moment, on pourrait l’égayer un peu ; et sincèrement, on a un artiste sponsorisé chez nous, on ne va pas cacher ses œuvres derrière la bibliothèque, ses fossettes se creusèrent plus encore, ses orbes bleus brillant intensément en croisant le regard de son petit-ami, et puis… j’ai pas envie qu’Elizabeth grandisse dans le décor déprimant d’une prison…

Des murs blancs, usés, la peinture qui s’écaillait, des box impersonnels, des chambres trop petites. Cet endroit n’était pas fait pour être chaleureux et pourtant, ils en avaient fait un foyer. Il y avait néanmoins plus à faire, tellement plus, et ces derniers temps – peut-être était-ce le fait de devenir mère – mais Selene se mettait à penser en plus grand. Il n’était plus question de batailler à court terme, mais de voir le long terme. L’ombre des assassins d’Alma planait encore, ils devraient s’y confronter un jour, mais ensuite ? Si affrontement il devait y avoir, ça ne devrait pas être pour se venger. Ça devrait être pour quelque chose de plus grand que ça.

- Je me dis qu’on peut y arriver, tu sais ? Reprit-elle un peu fébrilement, faire en sorte que ça marche durablement, la voir grandir…, elle haussa les épaules, je suppose que je ne peux pas être maman et penser le contraire… ça ne te fait pas peur ?


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MessageSujet: Re: A ghost full of colors   Dim 4 Fév 2018 - 18:05
"Outch, touchay." L'accent français est lamentable, l'air faussement vexé bien plus réussi. C'la dit, c'est vrai que le contraste peut être étrange entre l'élégance d'une pianiste et celle, bien différente, d'un graffeur. On nous aurait regardé d'un drôle d'oeil. Mais finalement, en grimpant dans nos sphères respectives, on aurait fini par côtoyer les mêmes snobs de critiques d'art.

Un peu distrait par la conversation, j'reprends l'ouvrage en délaissant mon modèle. D'toutes façons, les traits et les proportions de son visage, à force de le dessiner, je les ai bien gravées dans ma mémoire. Alors les yeux prennent plus de profondeur, les tracés se précisent. Le nuage de couleur prend doucement la forme d'Alma, reconnaissable par son grand regard noir et ses lèvres rondes. J'ai un nouveau sourire, quand elle part dans de grands projets de ravalement.

“Je pourrai faire quelque chose de plus coloré devant. Genre une grande fresque à la mexicaine, tu vois ? 'Me faudra d'autres bombes par contre. ” Mes origines sont une inspiration discrète dans mon style d’aujourd’hui. Juste par quelques tourbillons de couleurs. Mais à Elizabeth, il ne restera que ça et les rares histoires dont je me souviens. Elle voudra, un jour ou l'autre, comprendre d'où elle vient. "J'en connais un qui trouvera que ces sensibleries sont une perte de temps, d'ailleurs. Rien que pour voir sa tête, j'te jure que..." Je refrène l'élan de rancœur avant de n'trop m'y enfoncer. Non sans un petit rire soufflé. La tension n'est pas prête de passer, non.  Alors j'lâche les valves dans la peinture, définis le nez, le coeur de sa bouche. La suite des paroles de Selene m'apaise également. J'lui avise un regard par dessus mon épaule, un petit sourire avant de reporter mon attention sur le mur. "Non," ça n'me fait pas peur. "C'est sûr qu'on n'est jamais hors de danger, mais on commence à connaître la routine." Je hausse les épaules, m'arrête un instant pour parler, la bombe à la main. "On peut encore agrandir cet endroit, l'améliorer, accueillir de nouvelles personnes dignes de confiance... Peut-être que quand Effy aura l'âge de conscience, elle grandira dans une petite ville qu'on aura aidé à bâtir." J'me coince la bombe sous le bras pour me frotter les mains et les réchauffer. "Il doit bien y avoir une raison pour qu'on ait survécu jusque là, qu'elle soit née malgré des conditions désastreuses... C'pas de la chance à ce stade, c'est un signe." J'esquisse un mince sourire convaincu ; sans l'être moi-même vraiment. Plus encore aujourd'hui, on est obligés d'être optimiste. De s'raccrocher au concept de miracle. Tout pour n'pas céder à la panique. J'rattrape la peinture et viens estomper quelques endroits directement au doigt. Le croquis froissé dans ma poche, j'le ressors pour l'asperger de peinture orange - le détruisant au passage, pour la bonne cause. J'm'en sers pour appliquer la couleur sur le dessin, créer quelques effets. Une fois que c'est fait, je recule pour poser un regard sur l'oeuvre complète. "M'restera les détails à mettre au pinceau... j'vais attendre que ça sèche." Mais globalement, c'est fini, et je suis assez fier du résultat. J'n'aurai pas le ressenti d'Alma, mais elle doit rougir et fulminer depuis le ciel : elle n'aurait jamais avoué apprécier de se faire tirer le portait de celle manière là.



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MessageSujet: Re: A ghost full of colors   Lun 5 Fév 2018 - 22:36
Il n’avait pas peur, alors elle sourit. Une de ses expressions mystérieuses, héritées de l’adolescence, qui creusaient ses fossettes et masquaient ce qu’elle ressentait. En vérité, Selene partageait son optimisme – pour une fois – mais elle était morte de trouille. Pendant deux ans, elle s’était battue pour les autres, mais elle avait survécu pour elle-même. Sa mort lui aurait apparut comme une fatalité qui en avait déjà emporté bien d’autres. Aujourd’hui, elle réalisait qu’elle devait exister pour deux. Allait-elle réussir ? Ferait-elle les bons choix ? Lui donnerait-elle un bon exemple ? Alors oui : elle voulait agrandir la prison, la rendre viable pour des dizaines de personnes, permettre à Elizabeth de grandir au milieu de gens civilisés. En paix.

- Oui… sans doute…

Elle n’avait jamais cru aux « signes » mais ferait une exception. Son petit-ami reprenait son œuvre, donnait naissance à un souvenir plus grand que nature, à grands traits de couleurs. Duncan pourrait dire ce qu’il voudrait, la pianiste aimait voir Eli s’exprimer, elle aimait le rendu de son talon, elle aimait à se dire qu’il rendait cet endroit à son image. S’il le fallait, elle s’occuperait de lui trouver les bombes pour cette fameuse fresque mexicaine, lui soufflerait ses envies, ses inspirations. Elle pourrait lui jouer des airs au kalimba qu’il retranscrirait visuellement. Des gerbes en kaléidoscope. Lorsqu’enfin l’artiste s’éloigna de sa création, la jeune femme souffla à mi-voix :

- Elle est belle…

Sa mère, bien sûr. Sublimée par son fils orphelin. Selene passa un bras sous le sien pour se blottir contre lui, poser la tête sur son épaule. Et si elle lui demandait, saurait-il esquisser Abigail ? Elle n’avait pas de photo et depuis le temps, ses souvenirs s’étaient floutés, mais la musicienne gardait en tête quelques images nets. Surtout ses yeux azurés, infiniment tristes, les lignes mélancoliques de ses traits, la souffrance qui transpirait de son corps fragile. Pourtant elle était forte. Plus qu’elle.

- Je t’ai déjà parlé d’Abigail ? Demanda-t-elle faiblement, sachant pertinemment que non.

Uniquement le strict minimum du moins. Qu’elle était une amie très précieuse, qu’elles étaient inséparables, que la jeune maman s’était sentie effroyablement responsable de sa mort, que sa chambre était un sanctuaire. Elle n’avait pas été capable de l’achever, c’était William qui l’avait fait. Eli ne devait pas non plus savoir que la musicienne s’était lancée dans une vendetta aveugle contre les responsables ; il ne savait que l’épisode violent que Duncan lui avait raconté. Rapidement mis au placard par la mésaventure avec les cannibales.

- Elle me manque des fois… j’avais l’impression qu’elle et moi on était… pareilles, tu vois ? Son regard restait perdu sur le grand graffiti, on se comprenait sans se parler et tu nous aurais vues, on était tout le temps ensembles… c’était différent de ce que j’ai avec Andrea, mais…

Elle suspendit sa phrase dans un haussement d’épaule, secouée d’un bref frisson. Il ne faisait pas chaud, même avec son manteau et serrée contre son petit-ami.


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MessageSujet: Re: A ghost full of colors   Lun 12 Fév 2018 - 13:13
Abigail fait partie de ces souvenirs que j'ai tout juste effleuré à défaut de trouver le courage de vraiment le déterrer. C'est que le sujet semble sensible, gorgé de violence. Les quelques mots que m’en a touché Duncan suffisent à ce que je préfère l’éviter. La Selene vengeresse et meurtrière, ça n’est pas une image que j’aime entretenir. "Un peu." Je souffle simplement, dans un demi-sourire compatissant. La jeune mère se love contre mon bras, me fait baisser le nez vers elle. Pendant son discours, elle a l'air de trouver une maigre de stabilité à contempler la peinture. Sûrement pour ne pas totalement décrocher vers le passé. "Je vois, je crois." Ca me rappelle Roza. A la différence près que je n'ai pas eu de vengeance à mener. Lisandro avait suggéré qu'elle ait retourné son arme contre elle, mais... Si l'idée paraissait plausible sur le moment, c'est tout le contraire en y repensant. Ca n'était pas son genre. Du tout. Quoiqu'il en soit, et de la même manière qu'Abigail ne verra jamais Selene devenue mère, la russe ne verra pas à quel point j'ai changé.

Elle ne finit pas sa phrase, se coupe dans un frisson et laisse le reste à l'imagination. Moi aussi, c'est vrai, je commence à sentir le froid m'engourdir les orteils et les doigts. "Viens, on peut parler à l'intérieur.." Je délie nos bras pour prendre sa main, la conduis sur quelques pas pour emprunter les marches menant à l'entrée arrière du bâtiment. On traverse le bureau, passe le premier post de garde et bifurque au fond à gauche pour rejoindre la grande salle de lecture.

La bibliothèque est un peu réarrangée et les livres ont pris la poussière, mais les romans ont tenu la tête hors de l'eau à bien du monde ici - moi compris. Alors l'endroit est sans doute l'un des moins froids de la prison. Façon de parler. En tout cas, on n'se ferait pas déranger par les cris du bébé, qui, je dois bien l'avouer, commence déjà - ridiculement - à me manquer. Je la relâche, lui tire une chaise pour l’inviter à s’asseoir et fais de même à ses côtés, face à une petite table ronde. Sur celle-ci, une bougie bien entamée qui sert aux lecteurs tardifs. Sinon, rien qu’un film blanc de poussière. J’y pose les coudes, me frotte brièvement les mains entre elles dans l’espoir de leur arracher un peu de chaleur. J’y souffle un petit nuage de vapeur et reprends celles de la brune, les love doucement entre mes paumes. “Tu crois qu’elle m’aurait bien aimé ? Abigail.” J’hausse le sourcil en relevant les yeux vers elle. Si elle était vraiment l’identique de la pianiste, ç’aurait été quitte ou double, j’imagine. Quoi qu’un miracle ne se produit pas deux fois. “Comment vous vous êtes rencontrées ?”



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MessageSujet: Re: A ghost full of colors   Mar 13 Fév 2018 - 7:49
La musicienne suivit son petit-ami qui l’entraina vers l’intérieur du bâtiment. Chaque fois qu’elle entrait dans cette bibliothèque, elle avait un flash : elle, Duncan et Gabriel, qui la découvrait. Le lendemain de leur arrivée. C’était comme si ce souvenir était ancré sur le pas de la porte, s’activait à son passage, bien qu’il se soit désormais couvert de poussière, à l’instar des meubles. Dans la grande salle de lecture, il ne faisait pas spécialement plus chaud que dehors. Au moins, ils étaient à l’abri du vent et en compagnie des centaines de livres qui les accompagnaient dans cette fin du monde. Eli lui tira une chaise, Selene s’assit en rejetant sa crinière incroyablement longue en arrière. Les jambes croisées, elle réfléchissait à la question qui lui était posée.  

- Hum…

En toute honnêteté, elle supposait que non. Abigail l’aurait trouvé trop « gentil », trop « faible ». De façon générale, elle était plus violente et plus implacable que ne l’était la pianiste. Le graffeur, de son côté, l’aurait certainement trouvée trop froide. Pourtant, la jeune femme savait que ça ne cachait que des émotions exacerbées : comme elle, l’irlandaise était hypersensible et ruminait inlassablement la perte de sa sœur, dont elle se sentait responsable. Mais le chagrin s’était mué en rage, la rage en une colère brûlante et inextensible qui la consumait de l’intérieur.

- Ça aurait été compliqué, admit-elle avec un petit sourire nostalgique, et elle aurait mis un certain temps à accepter pour le bébé.

Parce que c’était dangereux, parce que ça écartait Selene de sa voie. De leur voie. Avec le recul, la musicienne avait presque honte de cette époque. Quand elles se croyaient toutes les deux supérieures à tout et à tout le monde, prête à marcher droit vers la folie et à donner la mort à tour de bras. Il lui avait fallu presque deux ans pour réaliser qu’il n’y avait aucune gloire à retirer dans un destin ensanglanté… ce n’était que la solution facile. Alors que prendre le risque de vivre et de survivre avec raison… ça, c’était dur. Surtout pour elle.

- En fait… quand j’étais toute seule dehors, j’ai rencontré un type… extraordinaire, lâcha-t-elle faute de meilleur mot, je ne crois pas que je l’aurais approché avant pourtant… il était gigantesque, balafré et… un peu simplet, il fallait l’admettre, mais il avait un cœur énorme. Je crois aussi qu’il avait un truc pour toutes les jeunes femmes, précisa la pianiste dans un petit rire mélancolique, mais il m’a sauvée, la première fois que j’ai vraiment été confronté à tout un groupe de rôdeurs, et on s’est enfuis ensemble.

C’était si loin ! Eli ne verrait sans doute pas en quoi cette précision était importante, parce qu’il n’avait connu ni Dwight, ni Ziggy, ni Juliane et qu’elle n’en avait certainement jamais parlé. Pourtant, cette exploration catastrophique dans un Hole food market de Seattle, Selene ne l’oublierait jamais. Comme une vieille leçon qui avait posé les jalons de celle qu’elle était aujourd’hui. Ce jour-là, elle avait pour la première fois eu une terreur viscérale, elle avait su ce que signifiait coopérer, elle avait frôlé la mort d’un cheveu, et elle avait tué… encore. Fermant mentalement la parenthèse, pour ne pas que son petit-ami ne s’aperçoive de son trouble, elle se redressa dans son dossier et poursuivit :

- Il s’appelait Bobby, je suis restée un peu avec lui. Il connaissait déjà Abigail. Ils avaient dus se séparer pour qu’elle retrouve sa grande sœur mais quand elle l’a fait, elle a contacté Bobby avec un talkie qu’ils avaient échangé, la pianiste haussa les épaules, c’est comme ça que je l’ai vue la première fois. Ça faisait deux ou trois mois que tout avait commencé… on était deux des protégées de Bobby, car il y en avait d’autres… Juliane, Harriet, Breann…, ça a été compliqué à ce moment. On devait se réunir chez un autre mec, un petit groupe de cinq-six, pour l’hiver. Mais la sœur d’Abigail avait été mordue, d’ailleurs, elle s’appelait Kathlyn aussi, mais la jeune maman n’en dit rien, Bobby était blessé et les autres voulaient l’achever sans sommation. C’était le début, tu vois ? On était… pas encore « comme maintenant »… alors j’ai pris le parti d’Abigail. Comme ça dégénérait, elle a préféré partir avec sa sœur. Je l’ai suivie, mais en plein hiver, avec les rôdeurs, on ne savait pas vraiment se défendre… on a été séparées.

Car à ce moment-là, elles n’étaient que deux jeunes femmes qui survivaient par chance et par un instinct combatif, tempétueux, mais brouillon. Elles étaient loin de ce qu’elles deviendraient, à des kilomètres de la femme que Selene était aujourd’hui.

- On ne s’est retrouvées qu’au printemps. Dans un refuge dont nous avait parlé Bobby. Elle avait passé l’hiver seule dans la forêt…

Sans hygiène, à galérer pour manger, dormir, se battre. La mort de Kathlyn sur les épaules et la conscience. L’irlandaise avait été profondément traumatisée, bien avant que la musicienne ne soit marquée à vie. Elles étaient deux sensibilités fracassées par ce nouveau monde. C’était sans doute pour ça qu’elles s’entendaient si bien…


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