The Walking Dead RPG

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- Only us. /!\ -
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MessageSujet: Only us. /!   Mar 2 Jan 2018 - 13:42
« Elle est… Minuscule. » Souffla Ruben, à la fois débordée par l’émotion et impressionné par ce qu’il avait vu.

Il était tard, et elle était née. La nuit avait eu le temps de recouvrir le ciel d’un voile sombre, impénétrable. Le froid était toujours aussi glaçant, et le passage vers la nouvelle année n’avait absolument rien changé à cet état de fait. Finalement, après des heures de travail, et l’inquiétude qui allait avec, le calme était revenu sur le campement, à l’instar du monde qui n’avait pas tremblé malgré la naissance de l’enfant de Selene et Eli. Andrea ne put s’empêcher d’esquisser un sourire, parce qu’elle avait pourtant senti le changement, pour sa part. Comme une évidence venant la heurter de plein fouet, implacable et profond.

« Toi aussi tu as été minuscule comme ça… » Murmura-t-elle en avisant son neveu d’un regard moqueur. Avec sa prothèse désarmée et sa main, elle put estimer une taille, grotesque lorsqu’on le voyait aujourd’hui, adulte. « Je m’en souviens encore ! » Ajouta-t-elle avec un petit rire amusé.
« N’importe quoi… ! » S’offusqua le garçon avant de lui demander de ne rien dire.

Les souvenirs étaient là, cependant. Elle revoyait l’instant où elle s’était penchée par-dessus le berceau pour le voir. De ses premiers jours à la maison, de ses premiers cris aussi. Du désespoir de sa grande sœur lorsqu’elle ne parvenait pas à dormir plus de quelques heures, et de la bienveillance de sa mère. Tout ça était dans sa chaire, comme des instants de bonheur qui venaient de lui revenir en mémoire. Ruben se rendait compte alors : Effy, comme lui l’avait été à l’époque, étaient des porteurs de lumière. Capable de pacifier de sa simple présence une zone de guerre.

C’était en ça que tout était différent. Et elle pouvait l’affirmer clairement : tout le reste n’avait plus aucune importance désormais. Que ça soit son bras absent ou la menace des hommes de l’extérieur. Il n’y aurait rien pour retirer son euphorie, et cette dernière durerait plusieurs jours, où elle se retrouverait sur un petit nuage avec les autres du campement.

Les muscles tirés par la fatigue, elle se stoppa devant sa chambre. Ses yeux scrutèrent l’infirmerie au bout du couloir, la porte s’ouvrit et la silhouette haute de Lisandro s’en extirpa avant de gagner l’extérieur. Les épaules voûtées par l’exercice que l’accouchement avait été, même pour lui, et la difficulté de la chose. L’angoisse de perdre Selene ou la petite en moins, désormais. Ruben la fixa et la sortit de ses pensées :

« J’vais dormir, tu viens ? » Demanda-t-il.

Elle se tourna, hocha la tête, lui offrit un sourire :

« J’fais un dernier tour et j’arrive. » Affirma-t-elle avant de remonter le couloir pour aller à la suite de l’homme, laissant Ruben tout seul.

Pas que ça le gênait. Son neveu s’effondra sur son lit, et ne mit que quelques minutes à s’endormir profondément. Elle, elle s’avança vers le chilien, sortant après lui. Ses pieds foulèrent la neige fraiche qui recouvrait de quelques centimètres l’entrée. La naissance avait empêché la prison de tourner durant quelques heures, et le temps en avait profité pour faire sa besogne. D’ici demain midi, les choses seraient revenues à la normale, elle n’en doutait pas.

« Pas trop fatigué ? » Demanda-t-elle à l’homme, en serrant un gilet de sa seule main contre elle.

L’air frais la réveilla, lui donna l’impression de faire disparaître les traces de fatigue sur son visage. Un frisson lui remonta la colonne, alors qu’elle remontait péniblement son col pour protéger sa nuque.




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MessageSujet: Re: Only us. /!\   Mar 2 Jan 2018 - 23:08
Aux premières lueurs de l’aube, Eli avait débarqué dans l’infirmerie en panique, parce que Selene avait ses premières contractions. La vie à la prison avait été mise sens dessus dessous, tout n’était plus qu’une question de course contre la montre. Ces longues heures étaient devenues des secondes, et en un rien de temps, la prison qui s’agitait d’un recoin à un autre était devenue si calme que même la petite fille d’Effy se reposait auprès de sa mère et de son père. La dernière fois qu’il avait fait un accouchement, c’était il y a plus de dix ans. Bien sûr, il avait montré calme, confiance, alors que dans sa poitrine la nervosité lui enserrait la gorge. Il avait fait de son mieux, et le résultat était là : tout le monde était en vie, en bonne santé. L’expérience l’avait grisé d’euphorie, le soulagement était tel qu’il se sentait pousser des ailes ce soir. Effy ramenait la vie à l’intérieur de cette prison. C’était un tel enchantement. Et plus aussi, voir Eli devenir père, il sentait une certaine fierté dans son cœur, ce genre de fierté paternelle quand il avait vu que son fils devenait père à son tour. Il ne se trouvait pas encore assez vieux pour être grand-père, et pourtant. C’était ce qu’il était, peu importe qu’il fuyait encore un peu ce statut. Plus personne n’était dupe, ni Eli, ni Selene. Ni qui que ce soit d’ailleurs.

Ils avaient fait l’une des choses les plus dangereuses dans ce monde détruit ; mettre un enfant au monde, sur une Terre aussi hostile relevait du miracle. De l’inconscience aussi, et de chance. Tout ce petit monde allait bien. C’était ce qui importait le plus. L’hiver allait être difficile pour elle, pour elles deux. Pendant longtemps encore, Selene devrait avoir de la force pour deux, et la petite Effy ? Elle devra avoir cette force pour survivre aux conditions d’aujourd’hui. Tout cela ne faisait que commencer, mais ce soir la prison était silencieuse, apaisée. Effy était née. Ils s’inquièteraient demain de ce qu’il convenait de faire pour la survie de l’enfant. Ce soir, tout le monde avait le droit de faire une pause, de puiser de l’espoir et du courage dans cet événement important pour la vie du camp. Quelques mots échangés, des accolades, Lisandro avait fini par laisser Selene, Eli et leur fille se reposer dans l’infirmerie. Ils passeraient probablement la nuit là-bas, auquel cas, Lisandro allait devoir dormir ailleurs. Mais retourner dans la chambre qu’il avait partagé avec Alma lui faisait beaucoup moins peur, surtout depuis qu’ils étaient venus ranger les affaires de la mexicaine avec Eli. Des traces d’elle resteraient néanmoins, mais le chilien pouvait y remettre les pieds avec le cœur plus léger.

Dehors, il prit la peine de se poser quelques minutes, sentir le vent froid lui piquer les joues, éclaircir son cerveau épuisé. Malgré toute la fatigue qu’il avait accumulée aujourd’hui, il se sentait terriblement vivant. Euphorique, presque. L’adrénaline n’avait pas encore quitté ses veines et il n’était pas encore prêt à aller se reposer comme le désiraient ardemment les deux parents. Qu’ils se reposent seulement, les prochaines nuits à venir risquaient de devenir les plus longues jamais connues. Il entendit quelqu’un s’approcher de lui, jusqu’à ce qu’il ne tourne la tête et ne reconnaisse Andrea. Son visage était comme illuminé par ce même bonheur aperçu sur le visage de Selene et d’Eli – et probablement le sien. Effy était le petit miracle de tout le monde ici, un peu d’espoir. « Oui et non… On verra quand l’adrénaline sera retombée. » Dit-il avec un grand sourire. Il était éreinté, mais avec cet éclat de vie qu’on ne lui connaissait plus depuis longtemps. En voyant Andrea frissonner à son côté, le chilien s’empressa de lui donner sa veste, il avait de toute façon trop chaud. Sans rien lui proposer, il la posa sur ses épaules, la rabattant sur le devant pour lui tenir chaud. « Tiens, tu seras mieux. » Ils pouvaient tout aussi bien rentrer tous les deux, mais Lisandro voulait encore un peu profiter de l’éclat envoutant de la lune. Et puis, il réalisa. Il regarda la jeune femme à ses côtés. « J’voulais encore te dire merci. » Et il se pencha pour lui embrasser la joue, une main posée sur ses épaules. Dans une attitude digne de lui, avant que le drame n’arrive, avant qu’il ne perde toute cette chaleur qui faisait de lui ce qu’il était. L’embrasser sur la joue était tout naturel, il en oubliait presqu’il s’agissait d’Andrea, qui ne supportait pas ça d’ordinaire. « Merci de ne pas m’avoir laissé abandonner. » Il laissa trainer un peu sa main sur son épaule, le regard brillant dans le sien, avant de croiser les bras comme pour se réchauffer. Il n’avait pas froid, pas vraiment. Il bouillait de l’intérieur, touché par cet éclat de vie. Le cœur et l’âme réchauffés à la satisfaction et à la fierté d’avoir assisté à tout cela. Et c’était en partie grâce à Andrea, qui l’avait empêché de baisser les bras.
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MessageSujet: Re: Only us. /!\   Mar 2 Jan 2018 - 23:37
« Tu vas t’endormir directement, j’en suis persuadée ! » Blagua-t-elle avec un sourire en coin.

Le contre coup de l’adrénaline. Une fois celle-ci écoulée, il n’y aurait plus rien pour le retenir de s’effondrer de sommeil, surtout après une journée aussi chargée en émotion. Il devrait refaire le plein, comme un peu tout le monde à la prison. L’espace d’une journée, c’était comme si le pire était finalement oublié. Comme s’il n’y avait plus rien à dire sur les horreurs. Le temps était en suspens, retenu par le pouvoir d’un petit être minuscule, comme le disait si bien Ruben. Andrea avait l’impression d’être tante pour la seconde fois. Et elle prenait ce rôle très à cœur, comme avec son propre neveu.

Duncan avait eu raison en ces mots : ils étaient comme une famille. Tous n’étaient pas arrivés au même moment, mais il n’y avait pas de mouton noir, d’élément qu’on laissait en arrière. Elle ne put s’empêcher de sourire, en croisant les bras sur sa poitrine pour se réchauffer. Pile avant que Lisandro ne se déleste de son manteau pour le lui mettre sur les épaules. Elle n’eut pas le cœur de l’en empêcher, même si le geste, la considération, avait le don de la gêner. Elle esquissa un petit sourire, glissant ses bras dans les manches de la veste pour en profiter.

Elle n’eut plus à sentir la morsure du froid. Juste l’odeur enveloppante de l’homme qui venait de lui laisser son vêtement. Un parfum qu’elle trouvait rassurant sur l’instant, probablement aidé par l’euphorie du moment. La voix du chilien capta son attention une poignée de seconde, avant qu’elle ne sente sa main sur son épaule, et ses lèvres contre sa joue. La métisse fronça les sourcils de surprise, tournant le regard vers lui pour le scruter. Qu’est-ce qu’il se passait ? Elle ne perdit pas son sourire pour autant, alors qu’il la remerciait.

« Tu n’as pas à faire ça. » Souffla-t-elle, en sentant que son timbre était peut-être trop sérieux pour ce que c’était. Elle ne parlait pas de son geste. Parce que… Dans les faits, exceptionnellement aujourd’hui, ça ne la dérangeait pas. « J’veux dire… Me remercier. C’est normal. » Précisa-t-elle. « Je t’ai prévenu que je ne te laisserais pas tomber. »

Et comme elle lui avait dit, elle ne lui avait pas laissé le choix. De toute façon. Elle refusait qu’il finisse comme elle. Car au fond, c’était la sensibilité de Lisandro qui le définissait en tant que personne. Pas plus faible, ou plus forte. En tant qu’humain, avant tout. Et d’une certaine manière, Andrea se retrouvait envier sa capacité à accepter toutes ses émotions. Même celles en trop.

« Et puis… Tu aurais pu manquer ça. Tu t’en serais voulu toute ta vie. » Souffla-t-elle. Bref regard. Puis le froid. « Viens, rentrons. Sinon tu vas mourir congelé. » Rit-elle en attrapant la poignée, pour tirer.

A peine à l’abri du toit, à moitié à l’intérieur de la prison, la brune tourna le regard vers son voisin, alors que son sourire s’agrandissait. Ses cheveux étaient parsemés de flocons, dont certains se glissèrent dans le col de son vêtement.

« Tu as… » Elle fit un signe avec sa main. Probablement que c’était la même pour elle, elle ne s’en rendait pas compte. « Attend. » Exigea-t-elle en se frottant doucement la main sur son pantalon pour la réchauffer.

Ses doigts passèrent dans les cheveux de Lisandro, et avec attention et douceur, elle dégagea la neige qui s’y était glissée.




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MessageSujet: Re: Only us. /!\   Mer 3 Jan 2018 - 13:25
Il eut un éclat de rire, bref. Oui, il était possible qu’il s’endorme à peine sa tête posée sur l’oreiller. Mais en attendant, il ne sentait pas encore la fatigue, elle était latente encore. Mais dans ses veines, l’adrénaline et l’euphorie avaient encore le dessus. Il planait quelque peu. Mais au sourire qu’arborait Andrea, il savait qu’elle aussi profitait de ce moment suspendu que la naissance d’Effy leur avait offert à tous. Elle devrait sourire plus souvent comme ça, la femme de glace était belle, mais celle qui souriait l’était d’autant plus. Oh bien sûr, il ne lui dirait pas. Lisandro voulait profiter de cet instant avec elle, pas la faire se fermer comme une huître devant un compliment probablement mal perçu. C’était Andrea, il savait qu’elle n’avait pas envie d’entendre ce genre de chose, que ce soit sincère n’y changerait rien. Rien que de la remercier, elle reprenait ce ton un peu trop sérieux pour la situation. Il lui sourit, leva les yeux au ciel. « Je sais, mais tout le monde n’y aurait pas mis autant de force et de détermination. » Et de cœur aussi, sans doute. On n’agit pas de la sorte pour une personne insignifiante. La prison est une grande famille, il en avait pris conscience quand Andrea s’était décidée à le sortir de son trou. Chacun de ses membres étaient importants. Et surtout, celui lui avait permis d’apprendre à connaitre un peu mieux la jeune femme.

Puis elle avait raison, il s’en serait voulu toute sa vie d’avoir manqué un tel événement. Où même d’en arriver à se déconnecter tellement des vivants qu’il aurait été là sans l’être. Sans pouvoir goûter au bonheur de ce moment, à l’espoir né dans son cœur. C’était un moment d’allégresse qu’il aurait pleuré ne pas connaitre. « Eli ne m’aurait pas pardonné si j’avais manqué ça. » Il pouvait lui pardonner d’avoir aimé sa mère, dans son dos. Mais si Lisandro avait laissé tomber, lui-même ne se serait pas pardonner. Andrea l’invita à rentrer, avant que tous les deux ne se transforment en bonhomme de neige et il s’empressa de la suivre, lui donnant raison. La neige n’avait pas encore cessé de tomber, la prison recouverte d’un manteau blanc brillait sous la lune, comme une multitude de petits diamants bruts. Il jeta un dernier coup d’œil au paysage dehors, avant de rejoindre Andrea à l’intérieur.

Quand il la regarda, le sourire d’Andrea le surpris. Il sourit également, sans savoir ce qui l’amusait de la sorte. Et elle le surprit encore, en se rapprochant de lui pour enlever les flocons de neiges dans ses cheveux. Il la laissait faire, la scrutant pendant qu’elle le débarrassait de la neige dans ses cheveux. Elle avait à peine fini qu’à son tour, il leva la main pour enlever quelque peu la neige de ses cheveux bouclés. Il s’attarda un instant, un peu grisé par cette proximité et ce geste envers elle. « Tu es si belle quand tu souris. » Et sans lui laisser le temps de répondre et de contester ses dires, il se pencha pour l’embrasser. Capturant son visage d’une main, il déposa ses lèvres sur les siennes comme une caresse d’abord, avant de laisser l’adrénaline dans ses veines prendre possession de lui, ajoutant un peu de fièvre à ce baiser qui se fit plus appuyer alors qu’il se rapprochait d’elle, la faisant reculer jusqu’au mur du couloir derrière elle pour la caler un peu plus contre lui. Sa main sur sa joue glissa dans son cou, tandis que son autre main se glissa sur sa hanche. Il ne la retenait pas prisonnière, pas le moins du monde, mais grisé par les émotions qui l’avaient porté toute la journée, il s’était laissé aller à une chose qu’il n’aurait jamais osé faire en temps normal.
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MessageSujet: Re: Only us. /!\   Mer 3 Jan 2018 - 14:40
Elle ne parvenait pas à se défaire de son sourire, virant les derniers flocons de neige des cheveux de Lisandro, sans s’attarder sur le fait que le geste en lui-même pouvait peut-être prêter à confusion. Elle ne pouvait pas faire ça avec n’importe qui. Cependant, il s’agissait de lui, seulement de lui, et elle se sentait assez en confiance, assez euphorique pour ne pas voir le double sens et la tendresse que ça impliquait forcément. Elle n’était plus familière avec ce qui prêtait à confusion, pas lorsqu’elle était en première ligne. En fine observatrice, elle pouvait le voir chez les autres, mais coupée depuis trop longtemps de la chaleur humaine et des sentiments doux, elle ne parvenait pas à les reconnaître.

Elle frémit cependant lorsqu’il en fit autant pour elle, le souffle soudainement coupé. Ce fut à cet instant qu’elle réalisa ce que c’était, en réalité. Ses yeux s’arrondirent, et elle sentit comme le poids du monde pesait sur son ventre. Creusée par l’idée folle d’avoir fait quelque chose de mal, trop vite et trop tôt surtout, elle déglutit avec peine, alors que Lisandro, lui, se retrouvait comme transportée par la chose. Il se laissait faire, tant pis si à la fin, le courant l’emportait loin du rivage qu’il perdait pied. Et sa voix effleura ses tympans, alors qu’elle déglutit avec peine :

« Tu… Quoi ? » Murmura-t-elle, comme à bout de souffle.

L’instant d’après, les lèvres du Chilien effleuraient les siennes et ce fut comme si toute volonté la quittait. Ses forces s’évaporèrent, et Andrea se retrouva partagé entre l’adrénaline qui parcourait ses veines, faisant vibrer en elle une corde sensible qu’elle n’avait plus entendue depuis des années, et la culpabilité profonde qui l’étreignait. En une seconde, toute l’agitation dans sa tête s’arrêta alors qu’elle répondit doucement au baiser. Sa main s’agrippa au bras de l’homme, remontant jusqu’à son épaule pour ne plus le lâcher.

Elle n’aurait su dire ce qu’il lui arrivait, ni pourquoi elle se laissait finalement faire. Pourquoi elle se montrait entreprenante à son tour. Andrea se sentait entre deux chaises : dans l’obligation de songer au passé quand elle se forçait à aller vers l’avenir. Et le doute s’installa irrémédiablement en elle, comme une boule au creux de son ventre dilué par la chaleur vive qu’elle ressentait. C’était là cependant, un nœud douloureux qui réclamait du sens à tout ça, là où elle était incapable d’en donner. Qu’est-ce qu’elle faisait ?

« Qu’est-ce que tu fais ? » Murmura-t-elle contre ses lèvres, durant un bref instant de lucidité.

Bref, vraisemblablement. Car la seconde d’après, sa main s’aventura dans la chevelure du chilien, ses doigts s’y mêlèrent, et son corps épousa celui de l’homme pour s’y blottir. Elle n’avait pas assez d’un bras pour le retenir, ni pour redécouvrir des sensations qu’elle avait oublié. Ben était le dernier à lui avoir offert, et il n’était plus là. Elle avait raté cinquante rendez-vous avec un avenir possible, celui-ci cependant s’imposait désormais à elle, et elle ne pouvait pas le manquer.

C’était tout simplement fou, elle le savait. Le genre d’erreur qu’elle ne commettait jamais, ni avant ni maintenant. Andrea s’était privée de bien des choses dans sa vie, encore plus dans cette nouvelle existence. Des choses qui lui semblaient interdites, et qu’elle ne réclamait pas. Par fidélité, par devoir, et finalement par honte. Elle ne s’en sentait pas méritante, alors cet échange qu’elle reprit et approfondit, lui donnant un caractère passionné qu’elle ne réservait qu’à son ex-fiancé, était comme un OVNI dans le paysage. Une erreur qu'elle s'accordait, pour une fois.




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MessageSujet: Re: Only us. /!\   Mer 3 Jan 2018 - 16:10
Il n’aurait jamais pensé faire une chose aussi folle que celle-ci. Cela ne lui avait jamais effleuré l’esprit jusqu’alors. Grisé par cette sensation formidable de sa proximité, Lisandro avait franchi les dernières barrières qui existaient entre eux en se laissant transporter par le flot d’émotion qui le guidait. Cette euphorie qui ne l’avait pas quitté depuis la naissance de la petite lui avait donné des ailes. Il n’était pas vraiment certain de savoir si ce qu’il faisait était bien ou mal. Il s’en fichait en cet instant. Car en posant ses lèvres sur celles d’Andrea, il ne ressentait ni peine, ni douleur. Au fond, bien cachée, il sentait la culpabilité le guetter alors qu’une voix lui murmurait qu’hier encore l’absence d’Alma lui déchirait le cœur. Mais il avait décidé de ne pas l’entendre et de se laisser porter par cette allégresse et cette passion que la brune lui rendait. Il aurait le temps plus tard de réfléchir à ce qu’il faisait, à s’en vouloir peut-être, à se justifier. Mais en cet instant rien d’autre ne comptait que le corps d’Andrea épousant le sien et ses lèvres qui répondaient fiévreusement à son baiser. Un bref instant, elle lui demanda. Mais il n’avait pas la réponse. « Je n’sais pas. Peu importe. » Souffla-t-il en redoublant d’ardeur de la sentir réceptive. Elle ne l’avait pas repoussé, elle ne s’était pas dérobée. Au contraire, elle l’étreignait avec force. Son cœur semblait reprendre vie, jusqu’à vouloir s’échapper de sa cage thoracique. La main sur sa hanche la pressa un peu alors qu’il sentait une chaleur nouvelle lui nouer le ventre. Sa main dans sa nuque la maintenait contre lui, alors que leur étreinte redoublait d’ardeur et que le souffle lui manquait.

Haletant, il mit fin à ce baiser, plongeant quelques instants dans son regard, se demandant soudain si c’était bien ce qu’elle voulait. S’ils n’étaient pas en train de commettre une erreur. Probablement que si, mais dans les yeux de la brune il y avait la même envie, un laisser-aller qu’il ne lui connaissait pas, elle qui était toujours tellement dans la retenue. Un instant, il eut envie de lui demander si elle voulait qu’ils arrêtent. Mais avant même que le moindre son ne s’échappe de sa gorge, il se ravisa pour l’embrasser à nouveau, égoïste. Il l’embrassa avec fougue, avant de renverser sa tête en arrière pour venir embrasser sa joue, puis le creux de son cou. « J’ai envie de toi, cariña. » Gronda-t-il près de son oreille. Sentant sa main s’agripper à ses cheveux, il vint titiller le lobe de son oreille de ses dents, le souffle court. A présent, ses deux mains à sa taille, il en laissa une glisser plus bas jusqu’à venir caresser le galbe de ses fesses. Se pressant contre elle, il sentait le désir lui nouer le bas-ventre et le faire chavirer en un instant. C’était une sensation brutale, nullement menée par une quelconque tendresse ou un amour naissant. Il n’y avait qu’elle et lui. Deux êtres abîmés par ce nouveau monde, et qui cherchaient à se reconstruire. Il n’y avait qu’eux deux, puisant dans l’autre ce dont ils avaient désespérément besoin pour se raccrocher à ce qui restait d’espoir. Et oubliant, pendant un moment ces chaînes qui les retenaient à ceux qu’ils avaient aimé et perdu. Elle n’était pas Alma, et il n’était pas Ben. Mais en cet instant, Lisandro s’en fichait. Il n’y avait qu’elle, Andrea, et il avait envie d’elle, à tel point que cela lui faisait mal. Il la voulait tout entière, et il voulait lui donner tout ce qu’il lui restait à offrir, peu importe ce dont il s’agissait réellement.

Il remonta jusqu’à ses lèvres, lui témoignant de tout ce désir qu’il avait pour elle. C’était tellement soudain, tellement inattendu qu’il ne chercha pas à comprendre. Il laissait aller, tout simplement. Contre ses lèvres, il souffla deux mots : « Pas ici… » Le couloir n’était pas une bonne idée, il y avait encore bien des gens éveillés dans cette prison. A la place, il délogea Andrea du mur, continuant à la serrer tout contre lui, il se mit à reculer, l’entrainant avec lui. Pendant un temps qui lui sembla une éternité, il l’amena jusqu’à la bibliothèque, s’arrêtant sur le chemin pour profiter au mieux de ces baisers échangés. Ils s’arrêtèrent juste devant la porte, Lisandro étreignait toujours Andrea étroitement, une main descendue jusqu’à son fessier, tandis que l’autre tenait étroitement sa taille contre lui. Il embrassa Andrea avec passion, soupirant contre ses lèvres, vibrant du désir qu’elle faisait naître en lui. Il n’ouvrit pas la porte, pas tout de suite. Il voulait savoir. Il voulait qu’elle lui dise. Il voulait qu’elle aussi, ait envie de lui. Alors il mit fin à leur baiser remonta l’une de ses mains pour caresser son visage et repositionner une mèche de cheveux derrière son oreille. Le regard de Lisandro était sombre du désir qu’il éprouvait pour elle, son palpitant résonnait dans ses oreilles, lui qui pensait qu’il ne réagirait plus à rien, ni à personne. A quelques centimètres de ses lèvres, il exigea, gronda. : « Dis-le-moi, Andrea. » Parce qu'elle avait toujours droit à une porte de sortie, il patienta. Caressant du bout des doigts la ligne fine de son cou.
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MessageSujet: Re: Only us. /!\   Mer 3 Jan 2018 - 17:04
Sa déclaration la fit vibrer. Sa respiration se coupa. C’était là sa seule réponse, la seule qu’elle attendait vraiment au fond. Parce qu’il n’y avait qu’un homme en ayant vraiment envie pour l’embrasser avec autant d’ardeur et de passion. Si c’était évident, ça ne coûtait rien de le lui dire, parce qu’Andrea avait besoin de ça pour l’accepter, pour savoir que c’était vraiment en train de se passer. Après deux ans d’un désert autant sentimental que sexuel, elle avait mis sous cloche toutes ces envies, sans s’attendre à ce qu’un homme puisse venir les chercher un jour. Qui aurait pu avoir envie d’une femme de glace comme elle au fond ? Toujours dans la retenu, dans la pudeur, qui cachait jalousement ses secrets comme ses sentiments…

C’était absurde, forcément. Mais en même temps trop réel pour ne pas qu’elle s’en rende compte. Elle pouvait éprouver autant la tendresse et la chaleur de ses baisers que le frottement de sa barbe contre sa peau sombre. Andrea huma son parfum, s’en enivra, son cœur s’affolant au passage. Elle avait l’occasion de s’en échapper mais n’osa pas le faire. Plus que ça, elle n’en avait aucune envie. Elle aurait pu fuir, oui, et en d’autres circonstances elle l’aurait probablement fait. Mais Lisandro avait su voir la brèche, pour autant qu’il faille appeler cet instant ainsi. Une brèche

Contre la porte de la bibliothèque, acculée mais pas sans moyen de s’en tirer, elle scruta le regard du chilien. Le lui dire ? Même si elle était grande, elle se sentait comme écrasée par l’homme en face d’elle, si proche d’elle. Si proche alors qu’elle avait toujours tout fait pour maintenir une distance de sécurité avec les autres. Pour se protéger, de tout. Du bien comme du pire. Du mieux comme du mal. Cet échange, elle ne parvenait pas à le qualifier. Sur son échelle de l’acceptable à la culpabilité, elle le trouvait hors propos. Il était l’inédit, ce contre temps qu’elle n’avait pas calculé ou planifié. Ce qu’elle ne maitrisait pas et qui la rendait folle.

Le lui dire, alors ? Non, elle ne le pouvait pas.

Andrea ne parlait pas de ces choses-là, pas seulement parce qu’elle était pudique. C’était ce qui relevait de l’intime, de son intime, et qui n’avait pas de mot. Sa main s’aventura juste sur la poignée, qu’elle ouvrit d’un mouvement sec. Il n’eut droit comme réponse qu’une œillade brillante, qui le défiait de renoncer maintenant. Parce qu’elle, elle recula d’un pas et se défit lentement de son manteau trop grand qui tomba au sol. Elle découvrit son pull, qu’elle attrapa par le bas pour le faire remonter le long de sa taille. Sous celui-ci, elle ne portait qu’un débardeur blanc qui marquait ses formes généreuses et le contour de son soutien-gorge.

Son haut trouva le même chemin que les autres, comme le petit poucet qui marquait sa voie jusqu’à elle. Ce fut assez pour le faire revenir alors qu’il refermait derrière lui pour lui offrir cette intimité. Très vite, elle se retrouva avec l’homme tout contre elle, et elle entreprit à les mettre sur un pied d’égalité avant toute chose. Juste pour pouvoir éprouver sa peau de la plus délicieuse des manières. Juste pour ressentir ce que c’était, pour la première fois depuis longtemps. Ses lèvres épousèrent son cou, la ligne de sa mâchoire, remontèrent jusqu’à son oreille. Capturèrent sa bouche.

Elle buta contre une chaise, se retint de justesse à la table derrière elle. Délogeant l’assise, elle se fit installer avec une pointe d’empressement sur la surface qui la retenait. Sa poitrine se gonfla, elle capta le regard fiévreux de Lisandro sur l’instant, alors qu’elle remontait ses jambes le long de sa taille pour le ceinturer. Andrea esquissa un sourire. Loin d’être timide, il provoquait. Il aguichait. S’il le trouvait si beau, alors il aurait envie de l’embrasser encore, et encore, jusqu’à en perdre haleine.




La médiocrité commence là où les passions meurent. C'est bête mais j'ai besoin de cette merde pour sentir battre mon cœur.
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