The Walking Dead RPG

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- Don't let it snow -
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MessageSujet: Re: Don't let it snow   Ven 29 Déc 2017 - 20:25
Elle était indulgente avec Swann à ce sujet, les amalgames étaient monnaie courante quand les gens autour d’elle réalisaient qu’elle n’était pas américaine. La plupart des gens sautaient vite à des conclusions hâtives, exactement comme venait de le faire Swann. Ela Amrani, ce n’était pas très américain, en effet. Autant à l’époque, le cliché l’agaçait. Aujourd’hui, cela n’avait plus aucune espèce d’importance. Le monde avait autre chose à faire que de se préoccuper d’une veuve israélienne. La plupart du temps, ils ne faisaient même plus attention. Quand tu étais là, c’était encore différent. Disons que ton visage passait difficilement inaperçu, le Moyen-Orient était ancré sur tes traits. Une couleur de peau plus foncée, burinée. Des cheveux aussi noirs que les ailes du corbeau. Un regard sombre, un peu dur diront certains, mais ce n’était qu’une façade. Tu avais le regard le plus doux qu’elle n’ait jamais croisé. Un regard qui lui manque.

Elle prit son hésitation pour de l’embarras. Elle lui pardonnait déjà cette indiscrétion et sa maladresse. « Ce n’est rien. » Cela étant, il continua sur sa lancée, là où la politesse de certaines personnes les aurait poussées à se taire ou à changer de sujet. La jeunesse n’excusait pas tout, mais l’israélienne possédait beaucoup de patience et d’indulgence à revendre. La jeune femme n’était pas du genre impulsive ou susceptible. Mais elle prit le temps pour répondre, tellement de temps que le jeune homme enchaîna sur une autre question indiscrète, posé sur un ton si détaché qu’il aurait pu être blessant. Comment faisait-il pour enchainer les questions aussi maladroites ? Comment faisait-il pour être aussi indélicat sans le faire exprès ? Ela prit une profonde inspiration intérieure, ne montrant rien à l’extérieur. Elle avait le contrôle de ce chagrin, de cette douleur. Elle n’était pas assez malmenée que pour laisser le masque se fissurer plus que nécessaire. Mais son regard était absent, à des années d’ici. Sa voix était égale, sans tremblement, mais d’une douceur qui n’était pas sans rappeler le sujet douloureux qu’elle abordait pour lui. « Mon mari venait d’être affecté à Washington, oui. Nous devions rester dix mois. » Au final, cela faisait deux ans déjà. Ils avaient voulu une famille, elle avait porté un enfant, quatre mois. Mais tu fus tué par l’un de ces pilleurs. Rien qu’au souvenir, son ventre se tordit, mais elle retint le geste de se protéger le ventre. Un réflexe qui la prenait parfois, quand elle se perdait dans le chagrin, le souvenir de ce qu’elle avait perdu. Mais elle était maitresse d’elle-même, alors si la douleur lui tordait le ventre, son visage n’était que marbre. « Il suffit les questions indiscrètes, Swann. La jeunesse n’excuse pas tout. » Son ton était ferme, sans le réprimander de quoi que ce soit, elle fermait la discussion à ce sujet. Elle ne souhaitait pas parler de cet enfant qui n’avait pas vécu avec lui. Le sujet était intime, personnel. Elle releva la tête vers le garçon, dessinant un faux sourire au coin des lèvres, à peine perceptible. « Ce monde n’est peut-être pas fait pour des enfants, faites attention avec Joann. » C'était une mise en garde bienveillante. Elle avait perdu le sien, peut-être était-ce une bonne chose. Ce monde était si hostile de nos jours. Elle ne voulait plus d’enfants. Parce qu’elle voulait le tien si fort que cela lui tordait le cœur et l’âme.
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MessageSujet: Re: Don't let it snow   Ven 29 Déc 2017 - 23:41
Touchée. Sur encore un mètre ou deux, le jeune homme poussa son engin, un sourire en coin collé sur les lèvres. Il n’avait pas mal pris la répartie d’Ela, bien au contraire : elle signifiait qu’il avait atteint un point sensible. Trop sensible. Donc il parierait qu’elle avait perdu son ou ses enfant(s). Il n’avait pas fait attention à elle au début de l’épidémie, à sa grossesse, puis sa fausse couche… à cette époque, il vivait encore dans un monde d’illusion, se contentait de se laisser porter. Alors il n’imaginerait pas le véritable scenario mais au moins, il savait que la reine de glace était lézardée.

- On fait attention, rétorqua-t-il machinalement en faisant volte-face, on n’en veut pas.

Ils en avaient parlé, non ? Que ni l’un ni l’autre ne s’envisageait parent. Alors Swann était sincère en affirmant qu’ils n’avaient l’intention de procréer. Néanmoins, face à l’imperceptible sourire de l’architecte, l’étudiant ne pouvait se mentir à lui-même : ils ne prenaient aucune précaution. Ils s’aimaient, corps et âme, sans la moindre retenue, avec une passion fougueuse et brûlante. Le reste passait alors au second plan et malgré leurs caractères prompts à tout calculer, à tout prévoir, jamais ils n’avaient pensé à la contraception. Le jeune homme n’irait pas admettre devant son aînée qu’il allait trouver un moyen d’en parler à Joann prochainement, alors il préféra changer le sujet en jouant encore un peu de sa prétendue innocence :

- Désolé… pour les questions. En fait… quand on a eu à faire une mission ensemble, j’ai réalisé que tu faisais partie de ceux qui étaient là au tout début, et je ne te connaissais même pas, sa voix n’était pas assez coloré mais s’armait parfaitement d’un son d’honnêteté, ce n’est pas obligatoire, on est très nombreux, mais… ça m’a rappelé que ma mère s’était demandée pourquoi ton mari n’avait pas été nommé à la place de Benjamin Chambers, il haussa les épaules dardant sur elle ses yeux froids, il devait y connaître au moins autant en politique et devait avoir déjà vu un pays en guerre…

Ça ne pouvait pas qu’être un préjugé. L’Israël était en guerre depuis sa création ; des conflits sanglants entrecoupés de trêves trop courtes. Une confrontation interminable et sans issue. Alors dans son parcours, feu monsieur Amrani avait forcément eu à voir les effets directs de ce désastre, à observer la souffrance des gens, à entendre les colères du peuple, à partager leurs craintes, à compatir à leur blessure. Son avis aurait pu éclairer celui d’un homme dont le peuple n’avait jamais vu les horreurs qu’à travers la télévision. Un homme qui ne savait pas à quoi il était confronté.

- Mais j’ai compris que tu n’as pas envie d’en parler, assura-t-il en amorçant son demi-tour pour reprendre le travail.
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MessageSujet: Re: Don't let it snow   Mar 2 Jan 2018 - 15:05
Swann possédait l’art et la manière de poser les questions qu’il ne fallait pas, avec une indiscrétion qui frôlait l’indécence. Quant à savoir si c’était consciemment ou non, c’était une autre question. La jeune femme lui laissait le bénéfice du doute, il possédait encore l’arrogance de la jeunesse, et la confiance que lui assurait son statut social d’autrefois. Il est de ces personnes qui jusqu’à la fin se croiront d’un statut supérieur à d’autres. Et bien qu’elle-même faisait de son mieux, l’israélienne ne pouvait nier qu’elle venait d’un monde différent de certains. Un monde privilégié, et élitiste, dans lequel il fallait se battre également pour se faire respecter, mais les armes étaient différentes que celles des autres classes sociétaires. Elles étaient plus fourbes et plus pernicieuses. Swann Blackmore venait également de ce monde-là. Comme elle, ce monde était si profondément ancré en lui qu’il pensait pouvoir agir avec elle comme s’ils se connaissaient depuis longtemps, comme si le fait d’appartenir à la même classe sociale pouvait excuser ses indiscrétions. Bonne de nature, Ela décidait de lui pardonner pour cette fois. Sans se douter un seul instant que les questions pouvaient être posées à dessein, pour scruter ses réactions.

Il s’excusa par ailleurs, nourrissant la patience et l’indulgence de l’israélienne. Mais… ça m’a rappelé que ma mère s’était demandée pourquoi ton mari n’avait pas été nommé à la place de Benjamin Chambers. Elle regarda le garçon, un instant. A vrai dire, l’idée n’avait même pas été évoquée. Ni entre eux, ni à la table des réunions qui avaient été organisées au début et auxquelles ils avaient rapidement été évincés. Les personnalités dirigeantes du camp s’étaient servies du prétexte de la fausse-couche d’Ela pour t’écarter définitivement. Parce qu’il fallait que tu prennes soin de ta femme qui ne parvenait pas à se remettre de cette perte, ils t’avaient laissé tranquille afin que vous puissiez faire votre deuil et surmonter cette épreuve. Mais quand vous aviez remonté la pente, Ela et toi, il était trop tard déjà. Les portes de cette haute sphère politique s’étaient refermées. Les raisons étaient évidentes. Elle était en train d’y réfléchir quand il renchérit, refusant la forcer à parler si elle ne le voulait pas. Quelque part, il avait raison. Les Blackmore étaient là depuis si longtemps, et ils ne se connaissaient que de nom. Il y avait beaucoup de gens au camp, certes. Ils avaient perdu beaucoup de monde aussi ces derniers temps. Il était peut-être temps de cesser de fermer la porte à quiconque essayait d’entrer pour vous connaitre un peu mieux, et de s’intéresser aux autres. « Non… Ce n’est pas ça. » Elle s’interrompit. Essayant de trouver quelque chose à dire pour ne plus se faire réfractaire à cette conversation. « Disons qu’il n’est pas très convenable de poser des questions aussi personnelles comme premier abord. » Sa voix était égale, un peu comme celle du jeune homme.

« Si ta mère pensait réellement cela, c’est qu’elle a l’esprit plus ouvert que la plupart des américains dans ce cas. » Fit-elle enfin, pour réengager la conversation. Elle tourna la tête vers le garçon avec indulgence. Ela semblait toujours haut perché, comme inatteignable. Pourtant, il avait touché des points sensibles à l’intérieur d’elle, avec seulement quelques mots. Elle croisa le regard bleu du garçon. « Voyons, vous avez peut-être accepté un Président Noir, mais accepter qu’un arabe dirige Fort Ward ? Vraiment ? » Ils avaient bénéficié de cette étiquette dès l’instant où les titres ont commencé à ne plus vouloir rien dire. Ambassadeur d’Israël, l’amalgame était facile. Swann venait justement de le démontrer, quelques instants plus tôt. Peu importe tes compétences, Abel, tout le monde vous avait rapidement assimilé aux quelques personnes qui avaient mis à mal ce pays le onze septembre, et ceux responsables des divers attentats un peu partout dans le monde. « Que faisait ta famille, avant le début de tout ceci, Swann ? » Elle continuait de saler derrière lui, mais elle décidait d’essayer de ne pas fermer la porte qu’il avait entrouverte. « Tu as raison, nous sommes ici depuis le début et nous ne nous connaissons pas. » Pour justifier le fait qu’elle commençait à s’intéresser à lui.
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MessageSujet: Re: Don't let it snow   Ven 5 Jan 2018 - 14:17
Swann releva moins la pique que la bonne appréciation faites à sa mère. Plus encore maintenant, il était fier de la famille Blackmore et de ce qu’ils avaient accompli. Au milieu de tous ces survivants issus de milieu modestes, il se sentait comme naturellement supérieur. Le jeune homme s’arrêta alors à nouveau pour la laisser croiser son regard et préciser sa pensée. L’architecte marquait un point : sans être politiquement engagé, l’étudiant savait que jamais son peuple n’aurait fait élire un président originaire du Moyen-Orient. C’était viscéral, même pour ceux qui se disaient ouvert, même pour ceux qui prônaient l’acceptation : l’occident avait peur des arabes – et de toutes les ethnies qui leur étaient amalgamées. C’était comme ça. Rien que le fait de dire « arabe » sonnait presque comme une insulte, c’était la preuve que leur cerveau était conditionné à leur sujet.

- C’est sans doute vrai, admit-il sans se mouiller.

Il était plus prudent de ne pas entrer dans le débat. Swann prenait la précaution de ne pas valider sa supposition, pour ne pas se fermer un contact si un jour elle renouait avec les hautes sphères ; toutefois, il n’en était pas encore à s’improviser défenseur des israéliens. Ela devait de toute façon préférer la sincérité que les manières. Il lui tourna donc le dos pour recommencer à pousser son outil, le bout du nez férocement glacé par les températures.

- Mon père était chef d’opération dans une entreprise boursière, répondit-il, le nom de la société n’importait plus aujourd’hui, il gérait une équipe de traders, mettait en place les stratégies, surtout. Ma mère était dans la même entreprise en responsable du service juridique. Tous les deux ont commencé au bas de l’échelle et ont travaillé dur pour monter.

De véritables produits du capitalisme et de la réussite à l’américaine. C’était l’image que le cadet Blackmore gardait d’eux aujourd’hui. Pas celle de leur absence, ni des week-ends entiers passés entre sa sœur tyrannique et sa nounou. Ses parents étaient ses modèles. Il voulait être comme eux et encore maintenant, il était presque certain de suivre ce que son père aurait fait. Parfois, il se prenait même à penser qu’il n’était pas mort. Une chimère. En plus de deux ans, il aurait déjà su revenir à Bainbridge Island…

- Quant à Joy, elle… elle vivotait, de petits boulots en petits boulots. Elle était un peu le vilain petit canard de la famille, ajouta-t-il non sans aucun scrupule de tacler sa sœur dans son dos, moi je faisais des études d’économie à l’université de Washington, précisa-t-il pour finir.

Et voilà le tableau Blackmore. Presque parfait du point de vue de Swann, un pedigree qui lui valait complètement de se compter comme l’élite virtuelle du camp. Les autres ne lui arrivaient pas à la cheville. Comme il s’était déjà fait la remarque : son argent de poche mensuel devait valoir plus d’un an de salaire des gens comme Clayton ou Merl. Ils n’étaient réellement pas du même monde.
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MessageSujet: Re: Don't let it snow   Mar 9 Jan 2018 - 17:54
L’intolérance et le racisme ne s’était pas évaporé avec ce qu’il restait de l’ancienne société humaine. Elle était toujours profondément ancrée dans les veines de certains. Tu n’aurais jamais pu parvenir jusqu’à la tête de ce clan, pas plus qu’ils n’ont voulu de toi pour apporter les conseils avisés que tu aurais pu avoir pour eux. Le poste d’ambassadeur impliquait autant les connaissances des jeux politiques qu’un certain talent de médiation et de négociation pour parvenir à mettre tout le monde d’accord sur un point sans en arriver à ce que tout le monde s’écharpe pour des broutilles. Une négociation politique était toujours délicate, en ce sens que personne ne voulait céder du terrain à l’autre. En tant qu’ambassadeur d’un pays arabe, il fallait beaucoup de patience, et d’indulgence. Surtout pour un aussi petit pays qu’Israël. Mais tu faisais au mieux jusqu’alors. Les dirigeants du Fort n’avaient pas voulu de ces compétences, se contentant d’eux-mêmes et de leur savoir-faire. Après tout, cette situation était temporaire.

Elle écouta le parcours professionnel de ses parents avec un intérêt non feint, les siens aussi avaient des origines modestes. C’était grâce à leur force de caractère et leur volonté de vivre sans plus jamais souffrir du besoin, qui leur avait permis de mettre leur unique fille à l’abri. Ela aurait pu connaitre la misère, grâce à eux, elle avait eu la chance de briller, de s’offrir des études à la hauteur de ses rêves. Jusqu’à ce qu’elle te rencontre, que son monde s’équilibre avec le tien. Peut-être s’est-elle laissé assombrir par ton éclat, peut-être. Mais pas un seul instant, l’israélienne avait remis votre histoire en question, ni avant, ni aujourd’hui. Vous vous aimiez tous les deux, et jamais il n’avait été question d’avantager les envies de l’un au détriment de l’autre. Ela n’avait pas souffert de ces trois ans, à parcourir le monde, c’était une occasion unique. La voie de Swann semblait alors toute tracée, quand sa sœur semblait se laisser porter par le courant. « La voie qu’ont choisi tes parents n’était pas plus facile que la politique… Surtout pour des enfants. » Elle jeta un coup d’œil à Swann. Deux parents aux vies bien remplie, cela laissait-il du temps pour la vie de famille ? Quand vous aviez essayé d’avoir un enfant, vous étiez conscient que ton travail te tiendrait un peu éloigné d’eux, mais Ela ne travaillant pas tant que tu étais sous mandat, il y aurait toujours quelqu’un avec cet enfant. Ensuite, tu aurais repris un travail plus posé, pour te permettre de te consacrer au mieux à cette vie de famille. Tout était alors tout tracé. Si seulement… « Ce n’était peut-être pas facile pour ta sœur de trouver sa place. » Si elle vivotait ainsi, c’était qu’elle ne se sentait pas appartenir à ce monde, à contrario de Swann qui semblait vouloir suivre le chemin de ses parents.

Le suivant en train de frayer un chemin dans la neige, elle continua. « Tu voulais entrer dans ce monde-là ? » La rue se terminait à trois cent mètres, mais leur travail ne s’arrêterait pas là. Il y avait encore du chemin à faire. Et Ela, désireuse de bien faire, se disait qu’il était peut-être temps, en effet, d’apprendre à connaitre ses voisins. Elle avait noté à quel point les gens du Fort ne se connaissaient pas, à quel point ils n’étaient désunis. Dehors, les opérations dirigées par la milice permettait de resserrer les liens, de faire front commun – et encore – mais au sein de leur forteresse, la défiance régnait entre eux, divisant la population du Fort. Si le Sénateur Chambers ne trouvait pas une solution pour resserrer les liens fragiles entre les gens, le campement risquait – tôt ou tard – de s’autodétruire.
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MessageSujet: Re: Don't let it snow   Mer 10 Jan 2018 - 19:35
Swann haussa les épaules. Son aînée essayait de chercher des excuses à sa grande sœur mais pour lui, c’était plutôt tout le contraire : une enfant gâtée qui avait profité du fait que les parents soient occupés à leur offrir une vie digne de ce nom pour jouer la rebelle. C’était facile de s’amuser à martyriser son frère pour s’affirmer, n’est-ce pas ? Ou à s’appliquer à se faire virer de l’école privée ? Ou à jouer les adolescentes indépendantes mais rester dormir chez papa-maman pour ne pas avoir à payer les courses ? Oui, aux yeux de l’étudiant, Joy était surtout une fainéante qui avait abusé de ses avantages dans la vie. Le pire c’était qu’il suffisait de voir la façon avec laquelle elle était parvenue à s’affirmer sur le camp pour comprendre qu’elle avait les qualités pour être quelqu’un d’important. Elle aurait pu… mais avait préféré se transformer en une parodie vulgaire et violente d’elle-même.

- Bien sûr, j’avais déjà fait un stage d’observation dans l’entreprise de mes parents, répondit-il à la question d’Ela comme si c’était évident.

Est-ce qu’elle le voyait faire autre chose, honnêtement ? Ce monde-là, c’était le sien. Un monde de profiteurs et de manipulateurs. Certainement pas un hasard que la personnalité du cadet des Blackmore avait tourné de la sorte mais il n’allait pas s’en cacher. Les gens qui crachaient sur le capitalisme, c’était comme ceux qui se rendaient à un meeting anti-pollution en voiture à essence. Un courant de mode, pour s’affirmer, parce que contester est la manière la plus naturel d’exprimer son insatisfaction personnelle. Mais sans ce « capitalisme » tellement critiqué, ses détracteurs n’auraient ni ordinateurs, ni internet, ni téléphone pour lui vomir dessus. Profiter du système et l'utiliser pour le dénigrer. C’était stupide.

- Du coup, je n’ai pas trouvé ça difficile, protesta-t-il, je n’ai pas beaucoup vu mes parents, oui, mais… ils travaillaient durs. Ça ne m’a pas empêché de trouver ma place alors que Joy est née avant moi et que son activité favorite était de me rabaisser, il ne s’en plaignait pas, le relief de sa voix restait sur celui de la conversation, elle est juste un peu bête, c’est comme ça.

Swanna faisait preuve d’une double mauvaise foi. Déjà parce qu’il savait pertinemment que son aînée n’était pas stupide – elle avait largement eu l’occasion de le prouver. Ensuite, parce que ce serait mentir que de nier que l’obstination de ses parents à le citer en modèle pour comparer le comportement de sa sœur devait avoir marqué cette dernière. Il était l’héritier parfait, elle était le vilain petit canard. Et jamais il n’avait fait un geste pour que Lilian et Stuart cessent de dénigrer Joy vis-à-vis de lui. Non, au contraire, il jubilait chaque fois qu’elle était reléguée au second plan pour que l’attention de leurs géniteurs se concentre sur lui.

- On ne choisit pas sa famille, je suppose…, conclut l’étudiant, un peu mesquin.

Une déclaration détachée, volontairement blessante pour celle que ça concernait. Un voile de fumée aussi, car la réalité était tout autre : il l’aimait sa sœur. Aussi insupportable était elle.
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MessageSujet: Re: Don't let it snow   Jeu 11 Jan 2018 - 12:28
Une évidence pour ce garçon qui avait vu ses parents évoluer dans un monde qu’il considérait comme le sien, également. Aucun doute. La question de l’israélienne semblait même le surprendre. Effectivement, pourquoi en aurait-il été autrement ? Intérieurement, elle souriait, sans rien en laisser paraitre. Elle continuait de saler le sol qu’il déblayait devant elle. Swann semblait ne jamais être en proie au doute. Sa vie était comme, toute tracée, avant que l’épidémie ne décime ce monde et tous les plans qu’ils avaient pu entreprendre. Elle aussi, sa vie avait semblée toute tracée, évidente. Elle avait encore tellement de choses à vivre à tes côtés. Mais le monde avait été surpris par un imprévu de taille. Tous ces plans n’avaient plus aucun sens désormais. Cette voie toute tracée pour lui non plus.

Il rabaissait sa sœur sans sourciller, avec cette même arrogance et méprise qu’ont les gens de bonnes familles envers un parent médiocre, pas à la hauteur de leurs espérances. Elle n’avait pas cette arrogance, ayant eu des parents venant tous les deux de milieux modestes, aucun des deux n’avaient cherché à s’élever d’une quelconque manière dans la société. Seule leur fille l’avait fait, sans jamais l’avoir prémédité, qui plus est. Elle n’avait pas la prétention de savoir comment elle aurait réagi, en voyant ses enfants se perdre dans des voies plus obscures mais… cela n’avait plus d’importance. Elle n’aurait jamais d’enfant. Puis dans ce monde, était-ce réellement une bonne idée ? Ce monde était hostile à l’innocence des enfants. Elle en revint à Swann, peu indulgent au sujet de sa sœur. On ne choisit pas sa famille, disait-il. Peut-être, mais on pouvait l’aimer, malgré tout. Elle ne dit rien cela dit. Ce n’était pas son rôle de le convaincre de laisser une chance à sa sœur, ni de se mêler des histoires de famille. « Je suppose… » Répéta-t-elle, songeuse. La conversation s’arrêta là, alors qu’ensemble ils reprirent leur tâche en silence. La porte entre eux était ouverte, les premières barrières de l’indifférence également. Ela avait fait l’effort de ne pas se fermer à lui et à ses questions indélicates, elle espérait ne pas devoir le regretter un jour.

- FIN -
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